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Page créée en déc. 2011
Piéta dans l'entrée de l'église

La ville d'Arras disposait jusqu'à la Révolution d'une grande cathédrale. Vendue comme bien national, elle est transformée en carrière par un marchand hollandais. En 1804, Napoléon Ier refuse d'accorder des subsides pour la restaurer. Elle est alors rasée et le terrain transformé en jardin. Pour le besoin du culte, il s'avère rapidement nécessaire de bâtir une nouvelle église. Construite sur la place de la Préfecture, la première pierre en est posée en 1839. Son architecte, Joseph-Auguste Traxler (1796-1856), l'a conçue en style néo-classique en s'inspirant notamment de l'église Saint-Philippe-du-Roule à Paris. Lors des travaux de terrassement, on découvre les tombeaux de différents prélats (notamment deux évêques des XIIe et XIIIe siècles) et on met à jour les fondations du bras de croix de l'ancienne cathédrale. Traxler décide alors de bâtir l'église sur ces fondations : l'église est allongée, élargie ; puis le chœur sera agrandi et la hauteur de l'édifice augmentée de deux mètres. Consacrée en 1846, sa décoration se poursuivra durant le Second Empire.
Saint-Nicolas en Cité est riche en œuvres d'art (sculptures, tableaux) et - chose rare - de trois beaux confessionnaux. Quatre de ses vitraux relatent le mal des Ardents et le miracle du «saint cierge» de 1105.

Vue d'ensemble de l'église
Vue d'ensemble de la nef de Saint-Nicolas en Cité et du chœur
Le plan de l'architecte Traxler est basilical : une large nef et deux bas-côtés assez étroits.
L'extérieur de l'église
Vue d'ensemble de Saint-Nicolas en Cité
Le chevet plat et le clocher
Le chevet plat et le clocher

Architecture. Fidèle au style néo-classique, la façade reçoit un portique à quatre colonnes. Celles-ci sont surmontées d'un fronton triangulaire qui ne sera jamais orné du bas-relief prévu à l'origine : un saint Nicolas entouré de deux personnages. L'entablement ne possède pas de frise non plus. Les chapiteaux ioniques des colonnes viennent un peu rompre la rusticité de l'architecture.

Le plan de l'ancienne cathédrale
Saint Nicolas-en-Cité est insérée dans le transept de l'ancienne cathédrale Notre-Dame
Piéta du XVIIe siècle
Piéta du XVIIe siècle
dans l'entrée gauche de l'église
Les vitraux de l'église sont dus au maître-verrier Pierre Turpin
sur des dessins de Charles Hollart. Ils illustrent, d'une part
l'histoire de l'évangélisation de la ville d'Arras,
d'autre part le miracle du mal des Ardents.
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
«Saint Diogène évangélise nos ancêtres
et dédie en ce lieu une église à la Sainte Vierge, An 390». Cliquez sur le vitrail.

La cathédrale gothique d'Arras a été mise en chantier vers 1160. Longue de 116 mètres, sa construction nécessitera des travaux colossaux : ils vont s'échelonner sur quatre siècles avec une longue interruption de 1250 à 1372. Elle est édifiée sur une large crypte romane dont les voûtes supportent le sol du déambulatoire et celui des chapelles d'aile. La cathédrale intègre la chapelle dite de «l'Aurore», lieu supposé de l'apparition de la Vierge en 1105 pour remettre le cierge miraculeux et permettre de soigner le mal des Ardents. La nef, construite dans la première moitié du XIIIe siècle a été reprise dans la seconde moitié du XIVe. Quant aux grandes voûtes à trente mètres de hauteur, consolidées par les arcs-boutants extérieurs, elles ne voient le jour qu'au XVe siècle. Le projet initial, très ambitieux, avait prévu sept tours. En fait, il sera donné à l'unique tour, construite sur la façade, de dominer la ville du haut de ses soixante mètres (voir le plan relief ci-dessous).
Source : «Arras, de Nemetacum à la Communauté urbaine», Alain Nolibos, édité par la Voix du Nord, ISBN : 2-84393-071-5

Plan relief du musée des Beaux Arts d'Arras
Notre-Dame en Cité, l'ancienne cathédrale d'Arras
Plan relief, Musée des Beaux-Arts d'Arras

L'architecte Joseph-Auguste Traxler a régné sur l'architecture et l'urbanisme arrageois pendant 25 ans (jusqu'en 1853). Sa plus importante réalisation est sans conteste l'église Saint-Nicolas en Cité construite dans un style néo-classique déjà pratiqué dans la capitale. Mais son choix ne fait pas l'unanimité. La revue Les rues d'Arras s'en prend à «cet édifice élevé dans le style néogrec qui chaque jour perd de son prestige». Dans Le vieil Arras, un historien écrit son mépris pour ce monument qu'il qualifie «d'affeuse église... avec péristyle de goût prétendument grec et clocher de goût prétendument romain». En fait, ces critiques sont issues de partisans du néogothique, style jugé plus chétien. Elles illustrent la polémique qui, dans les années 1840, a opposé dans toute la France les «Grecs» et les «Goths».
Source : «Arras, de Nemetacum à la Communauté urbaine», Alain Nolibos, édité par la Voix du Nord, ISBN : 2-84393-071-5

Piéta du XVIIe siècle
Piéta dans l'entrée de l'église, le visage de la Vierge
Élévations gauches dans la nef
Élévations gauche dans la nef
Les chapiteaux ioniques sont l'œuvre, en 1861, de Jean-Baptiste Robert, sculpteur arrageois.
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
Histoire de l'évangélisation d'Arras
«Sur l'ordre de saint Vaast un ours s'enfuit à travers les ruines»
(P. Turpin sur des dessins de Ch. Hollart)
Buste du Christ de douleur
Buste du Christ de douleur
devant la plaque commémorative du Calvaire
qui était installé à l'emplacement du chœur actuel
Tableau «La Sainte Famille»
Tableau «La Sainte Famille»
Auteur inconnu
Confessionnal (fin XVIIIe et XIXe siècles)
Confessionnal (fin XVIIIe et XIXe siècles)
Angelots sur un arc décoratif de la voûte La voûte et ses arcs décoratifs

CI-DESSUS
La voûte et ses arcs décoratifs

«««--- À GAUCHE
Angelots sur un arc décoratif de la voûte
Confessionnal di «de Marie l'Égyptienne»
Confessionnal (fin XVIIIe et XIXe siècles)
dit «de Marie l'Égyptienne»

Marie l'Égyptienne. Dans La Légende dorée, Jacques de Voragine nous renseigne sur cette sainte dont l'histoire connaît plusieurs versions. Née en Égypte, à partir de l'âge de douze ans et pendant dix-sept ans, elle fit métier de fille publique. Voulant suivre des habitants de sa ville qui partaient à Jérusalem pour adorer la Sainte Croix, elle vendit son corps pour payer son passage sur le bateau. À Jérusalem, une force invisible l'empêcha de rentrer dans l'église. Elle comprit sa situation et pleura sa vie «criminelle» en se déchirant la poitrine. Implorant la Sainte Vierge, elle promit de renoncer au monde et de vivre dans la chasteté. Elle passe alors le Jourdain et vit dans le désert où elle ---»»»

Angelots et colombe du Saint-Esprit sur un arc de la voûte
Angelots et colombe du Saint-Esprit sur un arc de la voûte
Tableau «Le Christ au jardin des Oliviers»
Tableau «Le Christ au jardin des Oliviers», Auteur inconnu

---»»» rencontre le père Zosime et lui raconte son histoire. Elle vit là depuis quarante-six ans, nue, en mangeant uniquement les trois pains qu'elle avait en arrivant. Elle lui demande de revenir à Pâques avec une hostie consacrée pour qu'elle puisse communier. Le jour dit, le père se tient sur la rive du fleuve, se préparant à le traverser. Mais il voit Marie marcher sur les eaux et venir à sa rencontre. Elle communie et s'en retourne en le priant de revenir à la prochaine fête de Pâques. L'année suivante, il ne la voit pas depuis la rive. Il traverse donc le Jourdain et la découvre morte, étendue sur le sable. Il veut l'ensevelir, mais, sans bêche, c'est un travail épuisant. Alors un lion s'approche, lui donne de l'aide et s'en retourne. (La Légende dorée)
Marie l'Égyptienne est souvent représentée entièrement nue, le corps caché par ses très longs cheveux.

Sculpture sur bois «Marie l'Égyptienne»
Confessionnal - Sculpture sur bois «Marie l'Égyptienne»
Vitrail XIXe siècle Confessionnal (fin XVIIIe et XIXe siècles)
Confessionnal (fin XVIIIe et XIXe siècles)
«««--- Vitrail Le Miracle des Ardents
«L'évêque Lambert console les malades atteints
du mal des Ardents An 1105» . Cliquez sur le vitrail.

Le mal des Ardents Certains historiens s'emballent un peu vite sur ce mal en prétendant que l'on sait très bien de quoi il s'agissait. Ainsi Éric Bilouez dans son ouvrage «À la table des seigneurs, des moines et des paysans au Moyen Âge» (Éditions Ouest France) affirme catégoriquement qu'il s'agissait de l'ergotisme. Autrement dit que la cause du mal était une substance toxique «produite par un champignon microscopique (l'ergot de seigle) qui parasitait les épis de céréales et, en premiers lieu, ceux du seigle». C'est aller un peu vite en besogne. Certes la conclusion est séduisante, mais fondamentalement, deux causes différentes peuvent très bien produire les mêmes effets. Il est donc plus prudent de s'en remettre à une expression comme : «On pense que».
Dans les faits, d'après les récits qui nous sont restés, le Mal brûlait ceux qui en étaient atteints et les rongeait petit à petit. Souffrant d'une chaleur interne atroce, ils étaient pris de convulsions, de délires, de cécité, le tout parfois aggravé d'éruptions cutanées. Le mal survenait aussi surtout en période de famine, période où l'on est un peu amené à manger n'importe quoi.
Le miracle de la guérison de 1105
En 1105, 144 malades souffrent du Mal des Ardents dans la cathédrale d'Arras.

Deux ménestrels de la région, Norman et Itier, sont brouillés à mort parce que l'un a tué le frère de l'autre. La nuit, tous les deux ont une vision. La Vierge leur apparaît et leur tient à chacun le même discours : «Allez à Arras voir le prêtre Lambert de Guînes (en fait l'évêque) ; avec lui, visitez les malades dans la cathédrale ; puis une femme vêtue de blanc descendra du chœur et vous remettra un cierge. Vous donnerez à boire aux malades de l'eau contenant de la cire de ce cierge et vous la répandrez sur leurs plaies.» L'apparition y mettait une condition formelle : Norman et Itier devaient se réconcilier avant. Les deux ménestrels se rendent à Arras séparément et vont trouver l'évêque l'un après l'autre. Celui-ci comprend que les deux hommes se haïssent et qu'ils ne peuvent pas avoir mis au point une supercherie pour abuser de sa crédulité. Poussés par l'évêque, Norman et Itier se réconcilient. Puis tous trois se rendent à la cathédrale auprès des malades et y passent une nuit de prières. Le jour suivant est le dimanche de la Pentecôte 28 mai 1105. Au premier chant du coq, la Vierge, toute de blanc vêtue, descend du chœur avec un cierge qu'elle remet aux ménestrels. On mit quelques gouttes de cire du Saint Cierge dans de l'eau et les malades qui en burent furent sauvés.
Source : «Notre-Dame des Ardents» (CIF Editions)

Bas-côté droit avec la chapelle absidiale Saint-Nicolas
Bas-côté droit avec la chapelle absidiale Saint-Nicolas
Statue de saint Nicolas
Statue de saint Nicolas
dans la chapelle absidiale droite
XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
Vitrail «Le Calvaire miraculeux érigé sur la Porte Notre-Dame entre la ville et la cité An 1738»
Bas-côté gauche
Bas-côté gauche. Au fond la Piéta du XVIIe siècle
On remarquera les belles coupoles ajourées du plafond.
Chapelle absidiale droite Saint-Nicolas
Chapelle absidiale droite Saint-Nicolas
et son autel-retable
Tableau «L'Adoration des mages»
Tableau «L'Adoration des mages», auteur inconnu
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
«Étienne évêque d'Arras est investi par
le roi Charles III de la justice
seigneuriale sur la cité, An 920»
Tableau «L'Adoration des mages»
Tableau «L'Adoration des mages» de Pierre-Paul Rubens
Copie exécutée par Laure Chatillon en 1850

LE CHŒUR DE SAINT-NICOLAS EN CITÉ

Le chœur
Vue d'ensemble du chœur de Saint-Nicolas en Cité
Autour de la Vierge en prière, huit statues représentent les vertus théologales et cardinales.
Six sont visibles sur cette photo. Voir la photo du chœur pris de biais plus bas.
La Vierge en prière dans le chœur
Au centre du chœur, la Vierge en prière
Plaques funéraires devant le chœur
Plaques funéraires de quelques évêques d'Arras devant le chœur
On y voit notamment celles de Frumault (1174-1183) et de Pierre de Noyon (1260-1280)
Ange adorateur
Ange adorateur à gauche de l'autel
Œuvre due à Louis Bougron (artiste parisien qui avait
ouvert un atelier à Arras) ou à J.B. Robert, son élève.
Ange entourant la Vierge
Ange entourant la Vierge
Il représente la Foi (il tient un calice)
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
«Aux portes d'Arras saint Vaast guérit un aveugle et un boîteux, An 500»
Ange entourant la Vierge
Ange entourant la Vierge
Il représente l'Espérance (?)
Le chœur de Saint-Nicolas en Cité
Le chœur vu de biais avec la Vierge et les vertus théologales

LE TRIPTYQUE DE CLAEISSENS (XVIe SIÈCLE)

Le triptyque de Claeissens
Le triptyque de Claeissens (1577) provient de l'abbaye de Loos. Au premier plan, les fonts baptismaux en granit de Suède. Pierre Claeissens est un peintre brugeois du XVIe siècle.
À l'origine le triptique contenait un panneau central qui illustrait la Crucifixion.
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens
Panneau «La Montée au Calvaire»
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens
Panneau «La Mise au tombeau»
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens, panneau de gauche
Une Vierge à l'Enfant accompagne
saint Grégoire et saint Ambroise
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
Le Miracle des Ardents
«En ce lieu Notre Dame remet aux ménestrels
le cierge miraculeux, An 1105»
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens, panneau «La Mise au tombeau», détail
On reconnaît Joseph d'Arimathie et son chapeau pointu, Nicodème est
au premier plan, à droite. Au second plan, saint Jean et la Vierge.
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens, panneau «La Montée au Calvaire», détail
Jésus est aidé par Simon le Cyrénéen.
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claeissens (1577)
Le lion (qui accompagne le donateur
dans le panneau de droite)
Vitrail XIXe siècle
Vitrail XIXe siècle
«Le pape Urbain II rétablit le siège épiscopal et sacre Lambert de Guines, An 1094»
Le triptyque de Claeissens
Triptyque de Claessens, panneau de droite
Saint Jérôme et saint Augustin
 Tableau allégorique
Tableau allégorique qui retrace les principaux épisodes du Christianisme, du XVIe siècle avant J.C. jusqu'au XVIe s. aps J.C.
 Tableau allégorique
Tableau Allégorique : Procession du XVIe avant J.C. jusqu'au XVIe siècle après J.C.
Détail de la partie haute
 Tableau allégorique
Tableau Allégorique : Procession du XVIe avant J.C. jusqu'au XVIe siècle après J.C.
Détail de la partie médiane
(Auteur inconnu)
La nef vue du chœur
La nef vue du chœur
L'orgue de tribune possède 23 jeux et date de 1933.

Documentation : Brochure «Saint-Nicolas en Cité» disponible dans l'église
+ «Arras, de Nemetacum à la Communauté urbaine», Alain Nolibos, édité par la Voix du Nord, ISBN : 2-84393-071-5
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