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Page créée en nov. 2015
Piéta de Conrad Meyt, 1532 (détail)

Après la construction successive, depuis le IVe siècle, de plusieurs églises se remplaçant les unes les autres, la cathédrale Saint-Jean fut restaurée et rénovée au XIe siècle par le grand bâtisseur que fut l'archevêque Hugues de Salins (1031-1066). Rien ne subsiste de cet édifice. Durant le Haut Moyen Âge, Besançon possédait deux cathédrales : Saint-Jean et Saint-Étienne (l'ancien martyrium). Les chanoines de ces deux édifices, situés dans la partie ouest de la ville, se jalousaient et réclamaient la primauté de leur église sur le diocèse. À la fin du XIe siècle, ce conflit larvé aboutit à la querelle des chapitres dont Saint-Jean sortit vainqueur au début du siècle suivant, après l'intervention du pape franc-comtois Calixte II. L'archevêque Anséri (1117-1134) décida alors de reconstruire sa cathédrale afin d'asseoir cette primauté par une taille qui en imposât (décennie 1120). L'architecture paléochrétienne du Haut Moyen Âge servit de modèle, et l'on garda deux chevets pour respecter la cathédrale précédente. En dépit d'un changement d'axe, la nouvelle construction resta sans transept à cause de contraintes topographiques. Les murs et l'abside occidentale de ce monument roman du XIIe siècle sont toujours en place, ainsi que de nombreux chapiteaux.
La charpente en bois brûla en 1212, sans trop dégrader les murs. Il s'ensuivit d'importants travaux (voûte d'ogives en pierre, solidification des piliers, mise en place d'un faux triforium, etc.). L'architecte se livra à un véritable rhabillage gothique de la cathédrale pour la rapprocher au mieux du style en vogue (voir le long encadré proposé). À la Renaissance, on construisit des chapelles latérales au sud, la partie nord étant occupée par le cloître des chanoines (voir plan).
La cathédrale de Besançon possède deux chœurs. Une réforme de Charlemagne imposa au clergé de célébrer l'office face à l'est tout en restant face au fidèles. Il fallait donc construire un chœur à l'ouest. La réforme ne s'imposa guère. Cependant les villes de Besançon, Verdun et Nevers conservent toujours des cathédrales à deux chœurs. En 1729, le chœur oriental de Saint-Jean s'écroula. Il fut reconstruit (tout comme le clocher et deux travées) selon les normes du temps. C'est actuellement le magnifique chœur du Saint-Suaire, embelli de toiles d'art religieux du XVIIIe siècle.
Sous la Révolution, Saint-Jean ne subit guère de dommages. Au XIXe siècle, une dernière transformation toucha la nef pour accroître la clarté dans l'édifice, l'architecture romane dégageant en général beaucoup de pénombre.
La cathédrale Saint-Jean est très riche en œuvres d'art, notamment de toiles d'époque Louis XV. Lors de la construction de la citadelle par Vauban, son ancienne rivale, Saint-Étienne, fut détruite. Certains des trésors qu'elle renfermait rejoignirent Saint-Jean. À voir aussi la magnifique Piéta de Conrad Meyt, datée de 1532. Enfin, il est probable que la cathédrale possédait des vitraux anciens, mais il n'en reste rien. L'abside du Saint-Suaire a reçu des vitraux à thèmes floraux au XIXe siècle. Le chœur roman (à l'ouest) et les chapelles latérales sont ornés, quant à eux, de vitraux contemporains. Le premier, de Jacques Le Chevallier, les secondes, de Jean-Jacques Gruber.

La Résurrection de Carl van Loo, 1750 (détail)
Vue d'ensemble de la nef et du chœur roman de la cathédrale Saint–Jean.
Vue d'ensemble de la nef et du chœur roman de la cathédrale Saint-Jean.
Le chœur roman brille de tout l'éclat de ses vitraux contemporains (atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle).
La cathédrale Saint-Jean vue depuis le toit du musée du Temps.
La cathédrale Saint-Jean vue depuis le toit du musée du Temps.
Le portail nord et son fronton dédié à saint  Jean.
Le portail nord et son fronton dédié à saint Jean.
Il a été reconstruit dans les années 1730, par un architecte resté anonyme,
après l'écroulement du clocher en 1729.
Vue partielle du palais épiscopal
Vue partielle du palais épiscopal
Ici, l'ancienne chapelle Saint-Nicolas.
Le chevet ouest roman de la cathédrale Saint-Jean
Le clocher de la cathédrale Saint-Jean.
Le clocher de la cathédrale Saint-Jean.
Il date du début du XVIIIe siècle.
Sur chaque côté se trouve un balcon à garde-corps en fer.
Ces balcons servaient pour les ostensions du Saint Suaire.
Le dôme du clocher est dû à l'architecte Nicolas Nicole.
La galerie néogothique a été construite au XIXe  siècle.
La galerie néogothique a été construite au XIXe siècle.
Elle conduit au jardin épiscopal. Voir le plan plus bas.
Saint Jean et son aigle
Saint Jean et son aigle
dans le médaillon du fronton de la façade.
Œuvre du sculpteur Just Becquet, 1892.
Cul-de-lampe avec tête d'homme et grotesque.
Cul-de-lampe avec tête d'homme et grotesque.
Chevet OUEST de la cathédrale Saint-Jean.
À DROITE ---»»»
Le magnifique chevet OUEST roman est orné
de culs-de-lampe très travaillés.
On peut l'admirer sans difficulté en sortant
de la cathédrale par la galerie néogothique.
Le chevet EST baroque vu depuis la cour de l'ancienne Maîtrise.
Le chevet EST baroque vu depuis la cour de l'ancienne Maîtrise.
Chevet et clocher ont été reconstruits au XVIIIe siècle après l'effondrement de la tour.

La querelle des chapitres, XIIe-XIIIe siècles (1/3). Cette querelle fait partie intégrante de l'histoire de Besançon. Elle a empoisonné l'archevêché pendant deux siècles et dressé les chanoines en deux groupes farouchement antagonistes. Son origine est la présence à Besançon de deux cathédrales, ce qui n'était pas très rare à l'époque mérovingienne. Le chanoine Monnot [cf source] nous apprend que les évêchés mérovingiens comprenaient généralement trois édifices religieux : la cathédrale, le baptistère et le martyrium. Si le baptistère est un petit bâtiment, en revanche, le martyrium, suite aux dons pour honorer les martyrs locaux, peut prendre les proportions d'une cathédrale. C'est là que sont conservées les reliques. Souvent, l'évêque gardait ce monument sous sa juridiction immédiate et c'est ainsi que le martyrium devenait une seconde cathédrale ; son clergé, un second chapitre de chanoines. Le martyrium de Besançon était dédié à saint Étienne.
La querelle des chapitres part d'une affaire de préséance avec, bien sûr, les droits et privilèges qui l'accompagnent. Partons d'un constat : Au XIe siècle, la cathédrale Saint-Jean était regardée par tous comme l'église-mère du diocèse. Cependant, entre 1033 et 1050, l'archevêque Huges de Salins fit reconstruire l'église Saint-Étienne en un vaste édifice qui dominait la cité, non loin de Saint-Jean. Son chapitre cohabitait avec le chapitre cathédral. Ensemble, ils élisaient l'archevêque et suivaient la liturgie selon les règles assignées à chacun d'entre eux, Saint-Jean conservant toujours la primauté. Mais l'animosité était permanente.
En 1092, Hugues III étant archevêque, le chapitre de Saint-Étienne revendiqua pour son église le titre d'église-mère. Le principal argument (donné par les cahiers de la
Renaissance du Vieux Besançon) était que l'église de Besançon était désignée dans les plus anciens titres de la ville comme «église de Saint-Étienne».   ---»»» 2/3.

La querelle des chapitres (2/3).
---»»»  Autrement dit que Saint-Étienne avait la primeur historique. La première construction de la cathédrale Saint-Jean remonterait, quant à elle, à la première moitié du IVe siècle. Dans son ouvrage sur le Vieux Besançon Religieux, le chanoine Monnot écrit que le chapitre de Saint-Étienne prétendit avoir perdu la primauté à la suite d'un incendie. Quoi qu'il en soit, les historiens s'accordent pour reconnaître que les premiers siècles du christianisme bisontin restent obscurs.
Devant l'exigence des chanoines de Saint-Étienne, l'archevêque Hugues III, qui savait user d'autorité, refusa. Plus tendre, son successeur, aux prises avec la querelle, préféra démissionner (1107). Le diocèse fut alors administré par l'archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne. Acquis à Saint-Jean, il ne changea rien à la situation. Peu après, il devint légat du pape Pascal II. Celui-ci confirma en 1112 le privilège de Saint-Jean, à la satisfaction du nouvel archevêque de Besançon, Guillaume d'Arguel.
Le chapitre de Saint-Étienne s'obstina et fit intervenir ses relations à Rome. Pascal II convoqua un concile, en 1115, sous la responsabilité de son légat, Guy de Bourgogne. Ce concile se tint à Tournus et confirma le droit de Saint-Jean. La Comté étant terre d'Empire, les chanoines se tournèrent alors vers l'empereur romain germanique Henri V, qui accepta d'intervenir en leur faveur. Ils envoyèrent des émissaires à Rome et, en 1116, Pascal II désavoua son légat, annula l'arrêt du concile pour vice de forme et proclama la «maternité» de Saint-Étienne. L'archevêque de Besançon, Guillaume d'Arguel, qui avait obtenu du même Pascal II la confirmation du statut d'église-mère pour Saint-Jean, démissionna de sa charge.
Anséri, le nouvel archevêque (choisi volontairement hors du clergé bisontin) joua la carte de l'apaisement, tandis que Pascal II, de son côté, prenant conscience qu'il avait été manipulé, revenait en partie sur sa décision. Il mourut en janvier 1118. Le pape Gélase II lui succéda sur le trône de saint Pierre pendant un an et s'éteignit à son tour en   ---»»» 3/3.

Cul-de-lampe roman
Cul-de-lampe roman
dans le chevet OUEST.
Statue (XIXe siècle ?)
Statue (XIXe siècle ?)
dans la galerie néogothique.
Cul-de-lampe roman
Cul-de-lampe roman
dans le chevet OUEST.

La querelle des chapitres (3/3).
---»»»  janvier 1119. Enfin, tout parut s'éclaircir quand Guy de Bourgogne, ancien légat et soutien de Saint-Jean, fut élu pape sous le nom de Calixte II. En 1121 et à nouveau en 1122, dans une bulle, le Souverain pontife cassa la décision de Pascal II et condamna les manœuvres du chapitre de Saint-Étienne. Ce dernier ne put que s'incliner.
Mais la querelle prit une autre tournure. L'archevêque de Besançon, Anséri, toujours en place et toujours partisan de l'apaisement, céda au doyen de Saint-Étienne - en guise de compensation - ses droits sur l'important archidiaconé de Salins. Quarante ans passèrent. L'un des successeurs d'Anséri, l'archevêque Herbert, très jaloux de ses droits, exigea de récupérer ses privilèges sur Salins. Malheureusement pour lui, il avait été nommé par Frédéric Ier durant le schisme impérial (1163-1170). Sa récupération des droits sur Salins fut annulée en 1196, bien sûr après moult débats, au motif qu'elle avait été prise par un schismatique.
Le chapitre de Saint-Étienne ne rendait toujours pas les armes : il semblait ne tenir aucun compte du pouvoir juridictionnel de l'archevêque, pouvoir auquel il était naturellement soumis. De la fin du XIIe au début du XIIIe siècle, les procès s'accumulèrent en cour de Rome. Les chanoines de Saint-Étienne s'opposaient systématiquement à toute décision des archevêques. En réponse, en 1212, le légat du pape promulgua des statuts canoniaux sévères pour Saint-Étienne. En 1238, les chanoines furent même excommuniés par l'archevêque pour avoir bravé un interdit. Auparavant, en 1218, ils avaient renouvelé sur le pape Honorius III les pressions que leur prédécesseurs avaient exercées sur Pascal II.
La solution définitive ne vint que dans les années 1253-1254. Le légat Hugues de Saint-Cher imposa la fusion des deux chapitres. Au terme d'une négociation que l'on imagine difficile, en prenant soin de ménager les droits de chacun, le légat rédigea le règlement de 1253, ratifié par le pape Innocent IV en 1254. Ce règlement établissait l'unification progressive des deux chapitres et la répartition des archidiaconés, d'ailleurs réduits en nombre. On ne parla plus désormais que du «chapitre de Besançon».

Sources : 1) La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006) ; 2) Le Vieux Besançon religieux du chanoine Antoine Monot, Imprimerie de l'Est, 1956

LA PORTE NOIRE (Année 175 de notre ère, empereur Marc-Aurèle)
La Porte Noire (construite en 175 de notre ère) est le vestige romain le plus prestigieux de Besançon
La Porte Noire (construite en 175 de notre ère) est le vestige romain le plus prestigieux de Besançon. On aperçoit, sous l'arc, la porte nord de la cathédrale.

Bas-relief sur la Porte Noire.
Bas-relief sur la Porte Noire.
Scène mythologique.

Bas-relief sur la Porte Noire.
Bas-relief sur la Porte Noire.
Une scène avec des soldats romains.

L'histoire de la Porte Noire. En général, en venant du centre ville de Besançon pour aller à la cathédrale, on passe nécessairement par la Porte Noire. On voit d'ailleurs, dans la photo ci-dessus à gauche, la porte nord de la cathédrale à travers l'arc de la Porte Noire.
Cet arc de triomphe est le plus beau des vestiges de l'époque romaine qui subsistent à Besançon. Érigé en 175 de notre ère, il symbolise le loyalisme des Séquanes envers Rome et son empereur d'alors, Marc-Aurèle. Son décor sculpté illustre, soit des scènes de la mythologie, soit des combats contre les barbares.
Les siècles ont réduit la taille de l'arc. À l'époque romaine, le niveau du sol était plus bas, la porte cintrée paraissait dont plus haute. D'autre part, l'entablement actuel était surmonté d'un socle sur lequel se dressait une statue en bronze de l'empereur, debout dans un quadrige. Enfin, il n'y avait pas de bâtiment à droite et à gauche. À l'époque romaine, la Porte Noire était totalement dégagée. Au Moyen Âge, elle servait d'entrée au quartier capitulaire.
Source : panneau touristique à côté de la Porte Noire.

À DROITE ---»»»
Bas-relief sur une colonnette de la Porte Noire.
On aperçoit, à gauche, deux petits personnages (des enfants ?) au milieu des feuillages.
Mur et colonnette avec bas-reliefs.
Mur et colonnette avec bas-reliefs.
La Porte Noire de Besançon.
Bas-relief sur une colonnette de la Porte Noir
L'ABSIDE DU SAINT-SUAIRE (XVIIIe siècle)
Vue d'ensemble de l'abside du Saint-Suaire avec sa gloire et sa croix  triomphante.
Vue d'ensemble de l'abside du Saint-Suaire avec sa gloire et sa croix triomphante.
Décor Régence dû à l'architecte parisien Germain Boffrand.
Milieu du XVIIIe siècle.

L'abside du Saint-Suaire (1/2).
Le clocher et l'abside ont été construits dans les années 1730 par l'architecte Jean-Pierre Galezot, après l'écroulement du précédent clocher en 1729 (ce qui entraîna l'effondrement de l'abside et de deux travées de la nef). Le financement des travaux fut assuré d'une heureuse façon. La riche abbaye de Luxueuil, dans les Vosges, avait perdu son titulaire, l'abbé de Bauffremont, en 1733. Le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, accorda au chapitre de Saint-Jean les bénéfices de l'abbaye. Luxeuil n'eut ainsi plus de titulaire de 1733 à 1741.
---»»» Suite 2/2 plus bas à gauche.

L'ange porteur de la croix triomphante
L'ange porteur de la croix triomphante
dans l'abside du Saint-Suaire.
Couples d'anges au sommet des pilastres
Couples d'anges au sommet des pilastres
dans l'abside du Saint-Suaire.
Ils portent les instruments de la Passion et divers objets qui s'y rapportent (bourse de Judas, coq de saint Pierre, etc.). Cette série d'anges est due au sculpteur Julien Chambert, chargé des travaux de l'abside en 1746.
Anges au sommet d'un pilastre

L'abside du Saint-Suaire (2/2).
---»»»   Les travaux intérieurs de l'abside et des deux chapelles au nord et au sud (qui sont inséparables de l'abside centrale) s'étalent de 1740 à 1756. C'est l'architecte parisien Germain Boffrand (1667-1754), élève de Jules-Hardouin Mansart, qui fut choisi pour toute la structure de l'ornementation, qui est de modèle Régence. Grâce à un don de deux mille livres du chanoine Boitouset, on put concevoir un décor grandiose, appuyé sur les principes baroques et enrichi de toiles de maître. À Besançon, ce fut une révolution esthétique. Jusque-là, on ne voyait dans la région que des retables de menuiserie adossés à la paroi (voir celui de l'église Saint-Maurice à Gray-de-la-ville).
La verrière très colorée de l'abside date du XIXe siècle. Au XVIIIe, plus soucieux de lumière, on installa du verre blanc dans les fenêtres. La pénombre, résultat de ces verres colorés, n'est ni plus ni moins qu'une violation de l'art baroque dont l'esthétique ne peut vraiment s'apprécier que dans la clarté. Enfin, pour abriter le Suaire de Besançon, Germain Boffrand opta pour un autel à la romaine, c'est-à-dire détaché du mur. Il y logea un coffre où fut déposée la relique. Le Suaire fut détruit pendant la Terreur.
Source : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006).

Vue du second niveau de l'élévation dans l'abside du Saint–Suaire, côté sud.
Vue du second niveau de l'élévation dans l'abside du Saint-Suaire, côté sud.
L'abside du Saint–Suaire et ses tableaux du XVIIIe siècle a été conçue par l'architecte Germain Boffrand.
L'abside du Saint-Suaire et ses tableaux du XVIIIe siècle a été conçue par l'architecte Germain Boffrand.
Le Cardinal Mathieu, archevêque de Besançon.
Le Cardinal Mathieu, archevêque de Besançon.
Œuvre de Bourgeois, 4e quart du XIXe siècle.
Abside du Saint-Suaire.
«Le Portement de croix»
«Le Portement de croix»
de Jean-François de Troy, 1751.

Le Saint-Suaire de Besançon (1/2). C'est une relique assez mystérieuse, qui est apparue - ou a été redécouverte - entre 1519 et 1523 à l'ancienne église Saint-Étienne de Besançon. Comme ce linge a été détruit en 1794, les historiens sont parfois un peu perplexes pour en cerner tous les aspects. On est sûr qu'il s'agit d'une copie partielle du célèbre Saint-Suaire de Lirey en Champagne, qui est ensuite passé à Chambéry et à Turin. Si l'on en croit l'article de Bernard de Vregille dans les Cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, les reproductions de la relique disparue montre le Christ en pied, poignets liés, entouré des instruments de la Passion. Seul le visage du Christ aurait été copié (ce qui est logique puisqu'il n'y a que le visage sur le Saint-Suaire de Lirey). Notre historien précise : «On sait d'autre part que vers 1440 et jusqu'en 1453, le Suaire de Lirey fut entre les mains de Marguerite de Charny, veuve d'Humbert, comte de la Roche en Montagne, qui le conservait habituellement à Saint-Hippolyte, en Franche-Comté. Il est facile de supposer que, durant ce séjour comtois (où il y eut des ostensions locales), une copie du Suaire aura été prise à l'intention de Saint-Étienne de Besançon.»
---»»» Suite 2/2 plus bas.

«La Mise au tombeau»
«La Mise au tombeau»
de Charles-Joseph Natoire, 1755.
«La Descente de croix»
«La Descente de croix»
de Charles-Joseph Natoire, 1755.
«Le Portement de croix», détail
«Le Portement de croix», détail
de Jean-François de Troy, 1751.
Simon le Cyrénéen aide le Christ à porter sa croix.
«La Résurrection»
«La Résurrection»
de Carl van Loo, 1750.
«Jésus au jardin des Oliviers»
«Jésus au jardin des Oliviers»
de Jean-François de Troy, 1751.
Aperçu de l'abside du Saint-Suaire et de son côté  sud.
Aperçu de l'abside du Saint-Suaire et de son côté sud.

Les tableaux de l'abside du Saint-Suaire (2/2)
---»»»    jardin des Oliviers et le Christ portant sa croix sur le Calvaire. Bien que le peintre ait dépassé les soixante-dix ans, ce choix a été expliqué par la réputation de de Troy de travailler rapidement. En effet, dès le mois de décembre 1751, les toiles sont expédiées depuis Rome (où vit de Troy) vers Besançon, via Marseille. Vers la même époque, de Troy reçoit la commande d'un Martyre de saint Étienne pour la chapelle du même nom, au nord de l'abside du Saint-Suaire.
Carl van Loo réagit fort mal. Il refuse d'honorer ses engagements au prétexte que les toiles de de Troy ont été peintes à Rome. En fait le chapitre comprend que le peintre cherche, par n'importe quel moyen, à se défaire de la commande. La concurrence d'un autre artiste lui a-t-elle déplu? C'est probable. Les chanoines se tournent donc vers un autre grand nom de la peinture française au XVIIIe siècle : Charles-Joseph Natoire (1700-1777). En avril 1753, celui-ci accepte, dans un premier temps, de peindre une grande toile illustrant la Prédication de saint Ferréol et saint Ferjeux pour la chapelle sud, attenante à l'abside du Saint-Suaire. Pour 1500 livres. L'œuvre arrive à Besançon en 1755. En juin 1753, Natoire prend à sa charge l'exécution des deux dernières toiles du cycle : La Descente de croix et la Mise au tombeau, là encore pour 1500 livres chacune. Peintes à Rome, les deux œuvres arrivent à Besançon au début de l'année 1756.
Le 4 mars de la même année, l'autel de l'abside, celui de Saint-Étienne et celui des saints Ferréol et Ferjeux sont consacrés par l'archevêque.
Source : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006).

L'archevêque et duc Louis François de Rohan-Chabot.
L'archevêque et duc Louis François de Rohan-Chabot.
Œuvre de Georges-Philippe Clésinger
2e quart du XIXe siècle.
Abside du Saint-Suaire.
L'entrée de l'abside du Saint-Suaire
L'entrée de l'abside du Saint-Suaire
À l'arrière-plan, la chapelle Saint-Étienne.

Les tableaux du Saint-Suaire (1/2).
Ces tableaux ont une histoire et comme rien ne paraît simple en ce monde, celle-ci met en exergue la jalousie et la susceptibilité entre artistes, que leur grand talent semblait pourtant placer au-dessus de ces bas sentiments.
En 1748, le chapitre de Saint-Jean établit l'ornementation de l'abside et son iconographie : il fait choix de cinq tableaux illustrant les derniers moments de la vie du Christ, du jardin des Oliviers à la Résurrection. Les chanoines s'adressent alors au peintre parisien considéré comme le meilleur de son temps : Carl Van Loo (1705-1765). Celui-ci demande 2500 livres par toile. Par manque de ressources, on se contenta au début d'une seule toile, la principale, celle de la Résurrection. Pour 2250 livres. Le chapitre lui demanda d'y faire figurer le Saint-Suaire (qui de fait est tenu par l'ange de droite dans le tableau). En 1750, la toile arriva à Besançon.
De nouveaux dons permirent de concrétiser la suite du cycle. Carl Van Loo accepta de prendre en charge les quatre toiles qui restaient pour 1600 livres chacune. À condition que sa femme reçoive une reproduction du Saint-Suaire sur drap d'or (!) Le peintre accrut par la suite ses exigences, mais s'engagea néanmoins à peindre deux toiles pour le montant prévu (3200 livres en tout) : La Descente de croix et la Sépulture de Notre-Seigneur. Nous sommes en mars 1751.
Sans doute lassé de ces exigences, le chapitre se tourne vers un autre peintre, Jean-François de Troy (1679-1752), et lui commande deux toiles du cycle pour 1500 livres chacune : Le Christ au
---»»» Suite 2/2 ci-dessous à gauche.

Les vitraux de l'abside du Saint-Suaire
Les vitraux de l'abside du Saint-Suaire
sont à motifs floraux et datent du XIXe siècle
Lors de la construction (années 1740 et 1750), le chapitre
fit installer du verre blanc dans les fenêtres.
Le pavement de l'abside du Saint–Suaire a été dessiné par l'architecte Gaëtan Guérinot en 1869.
Le pavement de l'abside du Saint-Suaire a été dessiné par l'architecte Gaëtan Guérinot en 1869.
Au centre, il symbolise la Jérusalem idéale, tandis que les quatre médaillons, dans les coins,
représentent les palais de David, de Salomon, d'Hérode et de Pilate.

Le Saint-Suaire de Besançon (2/2).
---»»»   Pourquoi en a-t-on fait une copie? Il y avait une petite cérémonie théâtrale (un «jeu») le dimanche de Pâques à Saint-Jean, devant les deux chapitres de Saint-Jean et de Saint-Étienne réunis. Était-ce, pour reprendre le terme de Bernard de Vregille, dans le but de rendre cette cérémonie «plus expressive»? Nul ne sait. Toujours est-il que le mécanisme de la foi dévote suivit son cours : on oublia bien vite le «jeu» et on porta une vénération particulière à ce tissu, regardé comme une relique authentique de la Passion du Christ. Lors des ostensions du Saint-Suaire, les pèlerins affluaient, et les aumônes remplissaient les caisses du chapitre de la cathédrale. Aucune suspicion ne s'éleva jamais envers l'authenticité du Suaire, alors que celui de Lirey dut subir un examen rigoureux mené par les évêques successifs de Troyes. Le Saint-Suaire de Besançon eut un impact considérable sur la vie sociale, économique et même politique de la ville. Son histoire s'arrêta brusquement en 1794 quand les révolutionnaires de la Terreur détruisirent la relique.
Source : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006), article L'Apparition du Saint-Suaire de Bernard de Vregille.

Le plan. Vu la présence de deux absides (comme à Nevers et à Verdun) et l'exiguïté du terrain, qui a entraîné de fortes contraintes sur les extensions de l'édifice au cours des siècles, un plan semble nécessaire pour comprendre la disposition générale du monument. Les contraintes topographiques font aussi qu'il n'y a jamais eu de transept à Saint-Jean.
La partie la plus ancienne est à l'ouest : c'est l'abside romane. La partie moderne (parce que reconstruite après l'effondrement du clocher en 1729) est à l'est : c'est l'abside du Saint-Suaire avec les deux chapelles nord et sud qui la bordent.
Le développement de l'église a fait que la partie nord a tout de suite été occupée par le cloître des chanoines et ses dépendances. On n'a donc pas pu y construire de chapelles latérales (qui se trouvent uniquement au sud). Les XVIIIe et XIXe siècles bâtirent une sacristie et une galerie néogothique où trônent quelques statues.
Les chapelles latérales, toutes situées au sud, sont assez profondes. Elles ont été construites entre la seconde moitié du XIIIe siècle et le début du XIVe. La chapelle Bonvalot, de biais, date de la Renaissance (XVIe siècle). En fait, elles ont toutes été plus ou moins rebâties au cours des siècles.
Enfin, l'horloge astronomique du XIXe siècle (que l'on peut visiter) se situe au rez-de-chaussée de la tour du clocher, construite, comme l'abside du Saint-Suaire, dans les années 1730.

Plan actuel de la cathédrale Saint-Jean
Plan actuel de la cathédrale Saint-Jean
CHAPELLE ABSIDIALE SAINT-ÉTIENNE (À L'EST)
La chapelle Saint-Étienne et son étrange couple gisant-transi  du XVIe siècle.
La chapelle Saint-Étienne et son étrange couple gisant-transi du XVIe siècle.
Tombeau de Ferri Carondelet (†1528), archidiacre au chapitre de Saint–Jean.
Tombeau de Ferri Carondelet (†1528), archidiacre au chapitre de Saint-Jean.
Marbre, 1534 (Flandres).
Le gisant, en haut, est accompagné, en bas, de son transi.
Chapelle Saint-Étienne.
«La Mort de Saphire et d'Ananie»
«La Mort de Saphire et d'Ananie»
de Franken Ambrosius (?), 1er quart du XVIIe siècle (?)
Chapelle Saint-Étienne.
«Le Martyre de saint Étienne» de Jean-François de Troy, 1750 Buste de Monseigneur Ludovic Besson
Buste de Monseigneur Ludovic Besson
Évêque de Nimes (†1883)
«««--- À GAUCHE
«Le Martyre de saint Étienne»
Jean-François de Troy, 1750.
Chapelle Saint-Étienne
CHAPELLE ABSIDIALE SAINT-FERRÉOL-ET-SAINT-FERJEUX (À L'EST)
La chapelle Saint-Ferréol-et-Saint-Ferjeux (sud)
La chapelle Saint-Ferréol-et-Saint-Ferjeux (sud)
Son autel a été consacré en mars 1756.
LA NEF ET LES ÉLÉVATIONS

L'architecture de la nef (1/3).
La nef de la cathédrale Saint-Jean et ses élévations méritent une attention particulière. La querelle des chapitres opposa les chanoines de Saint-Jean à ceux de Saint-Étienne, de la fin du XIe siècle au début du XIIe. L'archevêque Anséri obtint du pape Calixte II en 1121 l'affirmation de la primauté définitive de Saint-Jean. Les historiens sont d'avis que cette victoire décida vraisemblablement le prélat à lancer la construction d'une cathédrale digne de ce nom. Le choix porta sur un modèle d'architecture paléochrétienne - à deux chevets comme le précédent édifice. Ce modèle en vogue jusqu'aux Carolingiens se voit dans la photo de la nef ci-dessous. Une série d'arcades en plein cintre retombe sur des piles (qui étaient rondes à l'époque) ; le tout est surmonté d'une forte corniche courant le long de l'arcature. Trois grands arcs diaphragmes reposant sur des piles cruciformes plus robustes rompent la continuité de l'ensemble. Le retour à l'antique paléochrétien se fit aussi dans le choix de murs parfaitement lisses et de (petites) fenêtres ébrasées vers l'intérieur et l'extérieur. On poussa l'imitation jusqu'à assembler de gros blocs de pierre, taillés avec une bretture. Cet instrument, manié par les tailleurs de pierre de l'époque romaine, était une hache dont le tranchant était pourvu de dents). La bretture laisse des traces caractéristiques lors de la coupe - les brettelures -, mais assure une belle régularité aux surfaces. On voit encore un grand nombre de brettelures sur les parois.
Pour l'ornementation intérieure et le décor sculpté, en revanche, on revint à la mode du temps. Le raffinement fut de mise, notamment dans les deux absides. Il fallait bien veiller à concrétiser la primauté de Saint-Jean sur Saint-Étienne... Ainsi, l'abside romane reçut de forts beaux chapiteaux historiés. Ceux des piles de la nef seront   ---»»» Suite 2/3.

«Saint Jean à Patmos»
«Saint Jean à Patmos»
de Guillaume-Francis Colson, 2e quart du XIXe siècle.
Chérubin dans le retable
Chérubin dans le retable
de la chapelle
Saint-Ferréol-et-Saint-Ferjeux
«La Prédication de saint Ferréol et de saint  Ferjeux»
«La Prédication de saint Ferréol et de saint Ferjeux»
de Charles-Joseph Natoire, 1754.
«La Prédication de saint
«La Prédication de saint
Ferréol et de saint Ferjeux»
Détail
Charles-Joseph Natoire
1754
LA NEF ET LES ÉLÉVATIONS
Photo de l'architecture n° 1 : la nef, les arcades nord et les  fenêtres romanes.
Photo de l'architecture n° 1 : la nef, les arcades nord et les fenêtres romanes.

Photo n°1 : Les piles rondes ont été renforcées au XIIIe siècle par un double jeu de trois colonnettes, côté nef et côté collatéral. Sur les piles cylindriques, plus massives (on en voit une dans la moitié gauche de la photo), les colonnettes furent incrustées.

Jonction entre les colonnettes et le bandeau mouluré.
Jonction entre les colonnettes et le bandeau mouluré.
Photo de l'architecture n° 2

Photo n°2 : Au XIIIe siècle, lors du voûtement de la cathédrale, l'architecte a voulu donner l'impression que les colonnettes, qu'il avait rajoutées le long des piles de la nef, traversaient la corniche.

Chapiteau roman du XIIe siècle sur une pile de la nef.
Chapiteau roman du XIIe siècle sur une pile de la nef.
Les feuillages sur les colonnettes de droite sont du XIIIe siècle.

L'architecture de la nef (2/3).
---»»»   moins élaborés. Pour l'éclairage, on abandonna les normes romanes (qui n'apportaient qu'une pénombre intense) au profit d'une innovation récente appliquée à la grande abbatiale de Cluny III : une suite de fenêtres groupées par trois (celle du centre étant plus grande que les deux autres), ouvertes au second niveau de l'élévation. La photo n°5 permet de comprendre l'architecture retenue pour ces fenêtres au niveau d'une travée. Les trois ouvertures du XIIe siècle sont dans la partie supérieure. Au-dessous se trouvaient les fausses tribunes appelées aussi ouvertures sur combles. À l'époque, elles étaient obstruées par une paroi de pierre : l'arcature aveugle. Il n'y avait ni colonnettes au premier plan, ni retombées de voûtes (puisqu'une charpente en bois fermait les trois vaisseaux). Ce schéma de fausses tribunes surmontées de trois fenêtres était assez fréquent dans l'art roman tardif et le premier âge gothique. À Saint-Jean, l'architecte tira même profit du poids moindre de la voûte en bois du monument pour alléger la structure du second niveau de l'élévation, économisant ainsi du matériau.
La reconstruction du XIIIe siècle. En 1212, un incendie détruisit la charpente de l'édifice roman. Une série de quêtes va assurer des fonds suffisants pour rebâtir. On choisit évidemment de couvrir l'ensemble par des voûtes d'ogives en pierre. À condition de veiller à la robustesse de toutes les parties porteuses. Il fallut donc repenser entièrement la structure des élévations.
Le premier effort de l'architecte, qui reste inconnu, intervint sur les piles de la nef. Les piles rondes, jugées trop minces, furent renforcées, côté nef et côté collatéral, par une série de trois colonnettes qui recevraient les retombées des voûtes. Les piles furent en fait entièrement reconstruites (on imagine de solides cintres en bois soutenant les arcades de chaque côté pendant les travaux). À leur sommet, l'architecte réinséra les chapiteaux romans en opérant les aménagements nécessaires. Dans les piles cylindriques, plus robustes, des grands arcs diaphragmes, on se contenta d'incruster les deux séries de colonnettes.
Se posait alors le problème des futurs voûtains qui viendraient mourir au-dessus des fameuses fenêtres, groupés par trois, au dernier niveau de l'élévation. Comment renforcer le mur roman pour qu'il supporte le poids de la pierre? À cette fin, l'architecte créa une arcature de trois arcs, en avant du mur. Les arcs seraient soutenus par quatre colonnettes de près de trois mètres de haut. Pour obtenir un ensemble bien solide, le haut des colonnettes fut relié au mur par des tirants de fer. Quant à leur base, elle fut prise dans l'épaisseur de pierre qu'il ajouta à la corniche en l'élargissant, ce qui la rendit encore plus saillante et, de plus, permettait d'envisager une jonction élégante entre les colonnettes montantes et la retombée des voûtes (voir photo n°2). Au niveau de chaque travée, il y avait donc un espace entre ces colonnettes et le mur roman. En creusant la pierre derrière les retombées d'ogives, l'architecte réalisa une coursière d'un bout à l'autre de la nef. Ce genre de voie de circulation dans les élévations des plus grandes églises était à la mode au début du XIIIe siècle. (Voir par exemple ce que l'architecte Jean d'Andéli a bâti dans les bas-côtés de la cathédrale Notre-Dame de Rouen après l'incendie de 1200.) À Besançon, le maître maçon, décidément plein de ressources, décida d'apporter une dernière ---»»» Suite 3/3

Chapiteau roman du XIIe siècle sur une pile de la nef.
Chapiteau roman du XIIe siècle sur une pile de la nef.
Chapiteau du XIIe siècle dans la nef (partie gauche)
Chapiteau du XIIe siècle dans la nef (partie gauche)
modifié au XIIIe siècle (partie droite)
Chapiteau roman au sommet d'une pile ronde de la nef.
Chapiteau roman au sommet d'une pile ronde de la nef.
Tête de grotesque, XIIe siècle.
Chapiteau du XIIe siècle dans la nef
Chapiteau du XIIe siècle dans la nef
Assomption de la Vierge (?)

L'architecture de la nef (3/3).
---»»»   touche gothique dans l'élévation en essayant de créer un triforium. Au niveau des combles (juste devant les vitraux du XIXe siècle actuels), il fit construire une cloison englobant la rangée de colonnettes et de chapiteaux (voir la photo n°4). Juste au devant encore, il remplaça les colonnettes par des fûts plus minces, qu'il embellit par des chapiteaux à corbeille élancée. Cette structure est toujours en place aujourd'hui. Le décor était ainsi plus gothique et conforme aux normes du temps. Cette cloison d'arrière-plan fut supprimée au XIXe siècle au profit de vitraux à personnages.
Les travaux du XIIIe siècle touchèrent aussi les deux absides. Elles furent rehaussées afin que leur voûte atteigne la même hauteur que celle du vaisseau central. L'architecte put ainsi relier la coursière de la nef à celle de l'abside occidentale, moyennant quelques marches à leur jonction. La cathédrale Saint-Jean subit ainsi, au XIIIe siècle un profond rhabillage gothique sur une architecture romane.
Au début du XIXe siècle, le manque de clarté de la nef devint oppressant. À part les petites fenêtres sous les voûtains, le côté nord n'avait aucune ouverture. Des bâtiments divers s'appuyaient sur son mur. Le cardinal Mathieu, qui secoua son

monde pour résoudre ce problème, fit même remarquer qu'on ne pouvait pas lire dans la nef en plein midi !
Divers projets virent donc le jour. Au début des années 1840, après avis des commissions et de l'administration des Cultes, on décida, entre autres aménagements, d'ôter la fameuse cloison rajoutée devant les combles au XIIIe siècle, mais sans la vitrer. Le cardinal Mathieu protesta : il voulait un «triforium» éclairé. Sous la pression, le ministre revint sur sa décision et tout le faux triforium fut vitré. Ce fut d'abord, dès 1853, avec du verre blanc, puis avec des vitraux de l'atelier Champigneulle de Metz (peintre Maréchal), installés en 1873 et 1874. Les plus anciennes ouvertures, sous les voûtains, reçurent des blancs teintés avec des anges lumineux pour assurer le maximum de clarté. Le «triforium» fut orné de vitraux à personnages sur fond d'or. Plusieurs en sont donnés dans cette page. À part le Christ entouré de saint Pierre et de saint Jean-Baptiste, l'iconographie choisit de faire figurer un pape au centre de chaque triplet, entouré de deux de ses contemporains, évêque ou docteur.
Source : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006)

La voûte du XIIIe siècle.
La voûte du XIIIe siècle.
Elle a été construite après l'incendie de la charpente en bois en 1212
Vitrail «Saint Damase»
Vitrail «Saint Damase»
dans le faux triforium.
Atelier Champigneulle (peintre Maréchal)
XIXe siècle.
Photo de l'architecture n°4 : Le faux triforium avec les vitraux  du XIXe siècle.
Photo de l'architecture n°4 : Le faux triforium avec les vitraux du XIXe siècle.
Atelier Champigneulle, XIXe siècle.

Photo n°4 : cette photo permet de comprendre les aménagements réalisés au XIIIe siècle et partiellement supprimés au XIXe. Au premier plan, on voit les quatre colonnettes sur lesquelles reposent les trois arcs brisés ajoutés au XIIIe siècle, en avant du mur roman. Juste derrière se touve la première rangée des combles. Les colonnettes de cette rangée ont été affinées, à la même époque, en les surmontant de chapiteaux à corbeille élancée. Enfin, tout à l'arrière s'élèvent des piliers un peu plus forts (et qui paraissent au même niveau que les vitraux, mais qui sont légèrement devant). C'est au niveau de ces colonnes que l'architecte du XIIIe, voulant créer un triforium, fit construire une cloison, supprimée au XIXe siècle au profit de vitraux à personnages.

Vitrail du faux triforium : Saint Innocent pape
Vitrail du faux triforium : Saint Innocent pape
Atelier Champigneulle, XIXe siècle.
Clé de voûte dans la nef : le Christ bénissant
Clé de voûte dans la nef : le Christ bénissant.
Clé de voûte dans la nef : l'aigle de saint Jean tient un phylactère dans l'une de ses serres
Clé de voûte dans la nef : l'aigle de saint Jean tient un phylactère dans l'une de ses serres.
Vitrail du triforium : triplet de personnages, XIXe siècle.
Vitrail du triforium : triplet de personnages, XIXe siècle.
Le Christ est entouré de saint Pierre et de saint Jean-Baptiste.
Atelier Champigneulle, XIXe siècle.
Chemin de croix, station X
Chemin de croix, station X
Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Chemin de croix, station XIII
Chemin de croix, station XIII
Jésus est descendu de la croix.
«La Vierge aux saints», détail
«La Vierge aux saints», détail
de Fra Bartolomeo, dit aussi Baccio della Porta (1472 ou 1475 - 1517)
Peinture sur bois, 1512
Bénitier sculpté dans la pierre
Bénitier sculpté dans la pierre
4e quart du XVIe siècle.
La chaire à prêcher
La chaire à prêcher
Pierre, 1459
C'est l'une des plus anciennes de France.
Loggia Renaissance
Loggia Renaissance
Cette loggia provient de l'ancienne église
Saint-Étienne, démolie à partir de 1674.
À DROITE ---»»»
Chapiteau roman dans la nef (XIIe siècle) : l'évangéliste saint Jean.
L'élévation nord avec l'orgue et la loggia Renaissance.
L'élévation nord avec l'orgue et la loggia Renaissance.
Photo de l'architecture n°3.

Photo n°3 : au second niveau de l'élévation, on voit la série de triplets créée au XIIe (et qui brille sous la clarté du jour). Elle a été modifiée au XIIIe, quand on voûta l'église de pierres. Les colonnettes, au premier plan du second niveau, datent de cette époque.

Le second niveau de l'élévation et sa double rangée  de vitraux.
Le second niveau de l'élévation et sa double rangée de vitraux.
Photo d'architecture n°5

Photo n°5 : Cette photo donne une bonne idée de l'évolution de la structure architecturale de l'élévation au-dessus des grandes arcades. Au XIIe siècle, les trois vitraux à personnages du premier niveau n'existaient pas. Cet endroit, appelé «fausses tribunes» était fermé par une arcature aveugle. Seules existaient les trois fenêtres supérieures. Au XIIe siècle, les colonnettes foncées du premier plan n'existaient pas non plus (elles ont été rajoutées au XIIIe). Enfin, la corniche possédait une «épaisseur» de moins et était moins saillante.

Élévation nord avec la loggia Renaissance sur la droite.
Élévation nord avec la loggia Renaissance sur la droite.
«La Vierge aux saints»
«La Vierge aux saints»
de Fra Bartolomeo, dit aussi Baccio della Porta (1472 ou 1475 - 1517)
Peinture sur bois, 1512.
L'archidiacre Ferri Carondelet est en rouge au premier plan.
L'orgue dans le collatéral droit.
L'orgue dans le collatéral droit.
Chapiteau roman dans la nef (XIIe siècle)
L'ange sous la cuve de la chaire à prêcher.
L'ange sous la cuve de la chaire à prêcher.
Le collatéral nord (qui n'a pas de chapelle latérale), vu ici en direction de l'est.
Le collatéral nord (qui n'a pas de chapelle latérale), vu ici en direction de l'est.
Cul-de-lampe dans la nef.
Cul-de-lampe dans la nef.
Le collatéral sud, vu ici en direction de l'abside du Saint-Suaire.
Le collatéral sud, vu ici en direction de l'abside du Saint-Suaire.
Le collatéral sud, vu ici en direction de l'est.
Le collatéral sud, vu ici en direction de l'est.
LE BAPTISTÈRE
La chapelle des fonts baptismaux.
La chapelle des fonts baptismaux.
Vitrail de l'Assomption (Atelier Gruber, XXe siècle).
Vitrail de l'Assomption (Atelier Gruber, XXe siècle).
Chapelle des fonts baptismaux.
Les fonts du baptistère sont en pierre,
Les fonts du baptistère sont en pierre,
Ils datent du XVIIe siècle.
C'est un ancien bénitier de l'église des Jacobins.
L'article du Congrès archéologique de Besançon (1960) sur la cathédrale Saint-Jean donne la date de 1691.
Grand bas-relief de la Cène, marbre, 1560 (chapelle des fonts baptismaux).
Grand bas-relief de la Cène, marbre, 1560 (chapelle des fonts baptismaux).
Œuvre sculptée par Claude Arnoux, dit Lullier, brillant artiste de la Renaissance franc-comtoise.
Ce bas-relief était jadis encastré dans le fronton d'un jubé construit vers 1560 et détruit en 1792.
La nef et quatre des cinq chapelles latérales sud.
La nef et quatre des cinq chapelles latérales sud.
De gauche à droite : baptistère, chapelle de la «Rose de Saint-Jean», chapelle Boitouset et chapelle de l'Immaculée-Conception.
CHAPELLE DE LA ROSE DE SAINT-JEAN
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
Sainte Cécile
Sainte Cécile
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
Sainte Barbe
Sainte Barbe
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
CHAPELLE BOITOUSET
La chapelle Boitouset, son arc triomphal à l'entrée et sa belle voûte à caissons
La chapelle Boitouset, son arc triomphal à l'entrée et sa belle voûte à caissons
(Chapelle fondée au XIIIe siècle et transformée au XVIIe).

La chapelle Boitouset est l'une des plus belles de la cathédrale. Fondée en 1300 sous la dédicace de saint Martin, elle a été complètement transformée entre 1628 et 1637 et devint chapelle Saint-Claude. Les maîtres d'ouvrage en étaient Claude III Boitouset, personnage important de la Comté (conseiller clerc au parlement de Dole et trésorier de la maison de l'archevêque de Besançon) et son neveu Jean-Baptiste, archidiacre de Salins. Le style artistique de la chapelle est celui de la seconde Renaissance franc-comtoise : le souci de la polychromie, par l'utilisation de matériaux similaires, mais de teinte différente, est omniprésent.
Le côté le plus surprenant de la chapelle Boitouset est l'arc triomphal par lequel elle communique avec le bas-côté sud. Cet arc, composé de colonnes corinthiennes cannelées sur piédestal, allie le marbre rouge de Sampans à l'albâtre de Saint-Lothain ou de Salins, trois localités du Jura. Au sommet, entablement et fronton font appel au marbre noir de Miéry, également dans le Jura. Malheureusement, le manque de clarté dans le bas-côté sud (même par temps très clair) ne permet pas toujours d'admirer cette remarquable structure décorative comme il conviendrait.
Le plus beau demeure à l'intérieur de la chapelle. La voûte est en caissons sculptés de fleurons tombants. Sur les murs est et ouest, un entablement de pierre de Sampans et d'albâtre domine une succession d'apôtres en bas-relief dans un décor troubadour daté de 1832 (voir photo ci-dessous).
Source : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006).

Vierge de Pitié
Vierge de Pitié
Auteur inconnu, 2e quart du XVIe siècle (?)
Chapelle Boitouset
La Rose de Saint-Jean
La Rose de Saint-Jean
Marbre blanc des pyrénées, XIe siècle (?)
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»

La Rose de Saint-Jean est un autel circulaire, creusé en forme de cuvette. Le pourtour est défini par des alvéoles, alors que le centre contient un chrisme (qui est le monogramme du Christ).
On voit en bas l'agneau immolé, qui symbolise le sacrifice du Christ. Puis un cercle, symbole de la perfection, avec la lettre X (dont les deux barres forment deux diamètres du cercle) et le rhô, perpendiculaire au X. Ces deux lettres sont les deux premières du mot Christ en grec. De part et d'autre de la croix verticale qui coupe le cercle en deux, se trouvent un alpha et un omega, première et dernière lettres de l'alphabet grec. Elles rappellent la parole du Christ : je suis le commencement et la fin. Enfin, au sommet du cercle et de la croix se tient l'aigle, symbole du Christ ressuscité.
Source : panneau explicatif dans la chapelle.

«Le Christ mort» de Sébastien Conca (2e quart du  XVIIIe siècle).
«Le Christ mort» de Sébastien Conca (2e quart du XVIIIe siècle).
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean».
Vitrail Saint Joseph et l'Enfant Jésus
Vitrail Saint Joseph et l'Enfant Jésus
Atelier Gruber, XXe siècle.
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
«Le Miracle de saint Théodule»
«Le Miracle de saint Théodule»
de Jan Van de Venne (2e quart XVIe siècle (?)
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean».
CHAPELLE BOITOUSET
Un des deux vitraux de la chapelle Boitouset
Un des deux vitraux de la chapelle Boitouset :
Annonciation et Nativité, XIXe siècle.
Clé pendante de la chapelle Boitouset
Clé pendante de la chapelle Boitouset
Vierge de Pitié
Vierge de Pitié
(Auteur inconnu, 2e quart du XVIIe siècle)
Chapelle de la «Rose de Saint-Jean»
CHAPELLE BOITOUSET
«La Vierge des Jacobins», XVIIe siècle
«La Vierge des Jacobins», XVIIe siècle
de Domenico Cresti, dit Le Passignano.

La Vierge des Jacobins (1/2). Ce tableau du XVIIe siècle, peint par l'artiste florentin Domenico Cresti possède une histoire intéressante. La toile, qui est de petite taille (comme on le voit sur la photo ci-contre) est rapportée de Rome en bateau, en 1632, par un abbé de la Comté, un certain Claude Menestrier. Celui-ci, qui s'était fixé à Rome, avait été nommé chanoine de Besançon par le pape Urbain II en récompense de ses mérites de prêtre érudit, lié d'ailleurs à la plupart des cardinaux romains. Il venait en France prendre possession de son bénéfice et rapportait tous les objets d'art qu'il avait acquis pendant son long séjour dans la ville éternelle. En vue du port de Marseille, dans une mer tumultueuse, la galère fit naufrage. Tous les bagages tombèrent à l'eau, mais les passagers furent secourus par des pêcheurs. Au cours des jours suivants, des toiles de l'abbé vinrent s'échouer sur le rivage dans l'état qu'on imagine. Seule une Vierge à l'Enfant arriva intacte. ---»»»

La chapelle Boitouset et son décor troubadour en bas–relief représentant des apôtres (daté de 1832).
La chapelle Boitouset et son décor troubadour en bas-relief représentant des apôtres (daté de 1832).

La Vierge des Jacobins (2/2).
---»»» Convaincu qu'il s'agissait d'un signe du Ciel, l'abbé décida d'offrir la toile au dominicains de Besançon, moines que l'on appelait aussi jacobins en raison d'un important couvent qu'ils possédaient dans la rue Saint-Jacques, à Paris. Les dominicains vouaient un culte particulier à la Vierge. Le tableau fut placé dans un cadre en bois «fait en ondes et en forme d'esbaine», rapporte le chanoine Monot [cf source] qui cite un vieux texte. La toile, surnommée la «Vierge des Ondes» devint un objet d'intense piété populaire. Elle était invoquée en cas de péril divers (guerre, épidémie, incendie, etc.).
Vint la Révolution. Le couvent des Jacobins de Besançon tomba en décadence. Comme tous les moines de France, ceux des Jacobins furent bientôt chassés de leurs bâtiments. Une partie opta pour la vie séculière, l'autre, reniant tous ses vœux, revint à la vie laïque. L'État révolutionnaire récupérait tout : immobilier, meubles et objets. Dans l'inventaire des biens du couvent, l'homme, plein de dévotion, qui gardait les clés du cadre où était placée la «Vierge aux Ondes», parvint à faire classer l'œuvre dans le lot des objets sans valeur. C'est ainsi que la toile put rejoindre la cathédrale. Dès la fin de la Révolution, elle fut honorée sous le nom de «Notre-Dame des Jacobins».
Sources : Le Vieux Besançon religieux du chanoine Antoine Monot, Imprimerie de l'Est, 1956 + Guide de la France religieuse et mystique, éditions Tchou, 1969.

CHAPELLE DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION
La chapelle de l'Immaculée Conception
La chapelle de l'Immaculée Conception
et sa magnifique voûte à liernes et tiercerons.

La chapelle de l'Immaculée-Conception a été fondée au XIIIe siècle, puis totalement repensée dans les années 1620 à la demande de François Capitain (qui a dû financer les travaux, bien que le sources ne l'indiquent pas). Pascal Brunet, dans son étude de la chapelle [cf source] nous apprend que ce prélat, si l'on en croit sa pierre tombale encastrée dans une paroi de la chapelle, était «conseiller ecclésiastique à la cour souveraine du parlement de Dole professeur à la Sorbonne, puis à l'université de Dole» et qu'il «lisait l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, l'arabe et le grec».
La chapelle de l'Immaculée-Conception, voûtée d'ogives, est un parfait exemple de la persistance du style gothique en Franche-Comté au début du XVIIe siècle. Elle comprend deux travées et un chevet polygonal. Les deux ogives de la voûte sont striées de liernes et de tiercerons qui dessinent une large étoile. L'étoile s'entremêle avec une croix aux extrémités triangulaires. L'ensemble est très harmonieux. Soulignons encore la présence d'arcs doubleaux en plein cintre dont les intrados sont ornés de caissons à l'antique.
Bien pourvue en tableaux, la chapelle n'en resplendit pas moins par une magnifique piéta de Conrad Meyt, datée de 1532. Le visage de la Vierge, baigné par les larmes et la douleur, est remarquable de réalisme (voir plus bas). Marie présente son fils devant elle en le tenant par les épaules. L'usage médiéval de faire reposer le Christ mort sur les genoux de sa mère est révolu.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 118e session, Franche-Comté, 1960, article La Cathédrale de Besançon par M. René Tournier ; 2) La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7, article de Pascal Brunet et Bernard Vregille.

«La Prédication de saint Ferjeux»
«La Prédication de saint Ferjeux»
de Jean-François Baudot (?), XVIIe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception
À DROITE ---»»»
Une ogive de la voûte de la chapelle de l'Immaculée-Conception, années 1620.
Les ogives de la voûte sont riches de liernes et de tiercerons qui dessinent
une étoile. Celle-ci est mêlée à une croix qui se termine par des triangles.
L'intrados de l'arc doubleau est orné de caissons à l'antique.
«Saint Jean à Patmos»
«Saint Jean à Patmos»
de Jacques-Joseph Baudot (?), XVIIe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
Piéta de Conrad Meyt, 1532.
Piéta de Conrad Meyt, 1532.
La Vierge présente son fils. Elle ne le tient plus
sur ses genoux comme au Moyen Âge.
Vitrail «Saint Mattheus»
Vitrail «Saint Mattheus»
Atelier Gruber, XXe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception
Une ogive de la voûte de la chapelle de l'Immaculée-Conception, années 1620
Piéta de Conrad Meyt, 1532, détail
Piéta de Conrad Meyt, 1532, détail
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
«Le Martyre des saints Ferréol et Ferjeux»
«Le Martyre des saints Ferréol et Ferjeux»
Jean-François Baudot (?), XVIIe siècle
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
Vitrail «Johannis»
Vitrail «Johannis»
Atelier Gruber, XXe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
Vitrail «Ave Maris Stella»
Vitrail «Ave Maris Stella»
Atelier Gruber, XXe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
À DROITE ---»»»
Vitrail «Ave Maris Stella», détail.
Atelier Gruber, XXe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
LA CHAPELLE DES COMTES DE BOURGOGNE (ou du SACRÉ-CŒUR)
La chapelle des Comtes de Bourgogne (ou chapelle du Sacré-Cœur)
La chapelle des Comtes de Bourgogne (ou chapelle du Sacré-Cœur)
Étienne de Vienne,
Étienne de Vienne,
archevêque élu de Besançon
Édouard Baille, XIXe siècle.
Chapelle des Comtes de Bourgogne.

La chapelle des comtes de Bourgogne ou chapelle du Sacré-Cœur, créée au XIIIe siècle, a été transformée en 1746. Elle est voûtée en berceau selon les normes du classicisme et accueille huit portraits en pied peints par Édouard Baille, au XIXe siècle.
Détail pratique : la chapelle est généralement plongée dans la pénombre car seul un vitrail l'éclaire. La statue du Sacré-Cœur, qui trône à l'abside, n'est référencée dans aucune des documentations consultées. On peut en conclure que c'est une statue d'art populaire sans intérêt particulier. La chapelle possède une crypte creusée en 1875, où le cardinal Mathieu a fait transférer les ossements des comtes de Bourgogne. Les toiles représentent quelques personnalités de la famille des comtes au cours des âges.

Gérard, comte de Vienne et de Macon
Gérard, comte de Vienne et de Macon
Édouard Baille, XIXe siècle.
Chapelle des Comtes de Bourgogne.
L'Assomption
L'Assomption
Vitrail de la chapelle des Comtes de Bourgogne.
Atelier Gruber, XXe siècle.
«Saint Jean à Patmos», détail : la Bête.
«Saint Jean à Patmos», détail : la Bête.
Jacques-Joseph Baudot (?), XVIIe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
«Le Martyre de saint Étienne»
«Le Martyre de saint Étienne»
Jacques-Joseph Baudot, 4e quart du XVIIe siècle.
Chapelle de l'Immaculée-Conception.
Vitrail «Ave Maris Stella», détail

»Le Martyre de saint Vincent»
»Le Martyre de saint Vincent»
Jacques-Joseph Baudot, 4e quart du XVIIe siècle
Chapelle de l'Immaculée-Conception

LA CHAPELLE DES COMTES DE BOURGOGNE
Renaud III père de l'impératrice Béatrix
Renaud III père de l'impératrice Béatrix
Édouard Baille, XIXe siècle.
Chapelle des Comtes de Bourgogne.
Étienne de Bourgogne, chanoine de Besançon
Étienne de Bourgogne, chanoine de Besançon
Édouard Baille, XIXe siècle.
Chapelle des Comtes de Bourgogne.
LE CHŒUR LITURGIQUE ROMAN DANS L'ABSIDE OUEST
La nef romane et le bas-côté nord.
La nef romane et le bas-côté nord.
«Sainte Marguerite»
«Sainte Marguerite»
Auteur inconnu, XVIIe siècle.
Le chœur liturgique roman à l'ouest.
Le chœur liturgique roman à l'ouest.
Vitraux de Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Volet de polyptyque
Volet de polyptyque
Renobert Chevroton, abbé de Montbenoit
1er quart du XVIIe siècle.
Volet de polyptyque
Volet de polyptyque
Pierre Chevroton, capitaine d'Ornans
1er quart du XVIIe siècle.
Vitrail des litanies de la Vierge dans l'abside.
Vitrail des litanies de la Vierge dans l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Vitrail central de l'abside : «Virgo Mater»
Vitrail central de l'abside : «Virgo Mater»
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Couronnement du vitrail «Fides Spes»
Vierge à l'Enfant dans le chœur
Vierge à l'Enfant dans le chœur
Vitrail «Fides Spes» dans l'abside.
Vitrail «Fides Spes» dans l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
«««--- À GAUCHE
Couronnement du vitrail «Fides Spes»
Atelier Jacques Le Chevallier
XXe siècle.
Le chœur roman de la cathédrale Saint-Jean.
Le chœur roman de la cathédrale Saint-Jean.
Le maître-autel date de 1829.
Vitrail de l'abside «Caritas Penitentia», détail.
Vitrail de l'abside «Caritas Penitentia», détail.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Un ange en adoration sur le côté du maître-autel
Un ange en adoration sur le côté du maître-autel
par le sculpteur bisontin Luc Breton (1731-1800)
Marbre blanc.
Le chœur roman et le bas-côté sud avec l'orgue de  chœur.
Le chœur roman et le bas-côté sud avec l'orgue de chœur.
Saint Ferréol dans un vitrail de l'abside.
Saint Ferréol dans un vitrail de l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Vitrail «Caritas Penitentia» dans l'abside.
Vitrail «Caritas Penitentia» dans l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier
XXe siècle.
Vitrail de la vie de saint Ferréol et de saint Ferjeux dans l'abside, détail.
Vitrail de la vie de saint Ferréol et de saint Ferjeux dans l'abside, détail.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
À DROITE ---»»»
Saint Ferjeux dans un vitrail de l'abside, atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Saint Ferréol et Saint Ferjeux
Saint Ferréol et Saint Ferjeux
Détail d'un vitrail de l'abside
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.

Le chœur est orné de très beaux chapiteaux historiés du XIIe siècle sur les colonnettes qui entourent les fenêtres basses. Malheureusement, ils sont petits et le visiteur ne peut pas entrer dans le sanctuaire ! Seule une paire de jumelles vous permettra de les admirer. Pour les photos, un téléobjectif 300 mmm est conseillé.

La Décollation de Ferréol ou Ferjeux.
La Décollation de Ferréol ou Ferjeux.
Vitrail «Disciplina Mortificatio» dans l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
Le Christ ressuscité
Le Christ ressuscité
Couronnement du vitrail
«Disciplina Mortificatio» dans l'abside.
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
«Porte du Ciel» et «Étoile du matin»
«Porte du Ciel» et «Étoile du matin»
Vitrail des litanies de la Vierge, détail
Atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
L'Éducation de la Vierge
L'Éducation de la Vierge
Art populaire.
Saint Ferjeux dans un vitrail de l'abside, atelier Jacques Le Chevallier, XXe siècle.
La nef et l'abside du XVIIIe siècle dédiée au Saint-Suaire.
La nef et l'abside du XVIIIe siècle dédiée au Saint-Suaire.

Documentation : La cathédrale Saint-Jean de Besançon, Les cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon, numéro 7 (paru en 2006).
+ Le Vieux Besançon religieux du chanoine Antoine Monot, Imprimerie de l'Est, 1956
+ Guide de la France religieuse et mystique, éditions Tchou, 1969
+ Base Palissy : la cathédrale Saint-Jean de Besançon.
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