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Page créée en janv. 2012
Chapiteau dans la nef

À Châtillon-sur-Indre, la collégiale romane Saint-Outrille aurait été fondée au Xe ou au XIe siècle pour accueillir les reliques du saint. La construction de l'église actuelle commence dans le dernier quart du XIe siècle (chœur, abside) et se poursuit au XIIe (transept, absidioles). Qui étaient ses commanditaires? Selon les historiens, vraisemblablement les Plantagenêt, comtes d'Anjou et suzerains de Châtillon jusqu'en 1205. Au cours du XIIe siècle, le projet initial se vit transformé, la nef fut rehaussée et élargie par l'adjonction d'étroits collatéraux. Une chapelle latérale (qui demeure la seule) fut construite au XVe siècle en style gothique. C'est aussi en gothique que nous apparaît la croisée du transept. Tout le reste est en roman. Au XIXe siècle, les campagnes de restauration se sont succédé. Loin d'être toujours respectueuses du passé, elles ont néanmoins permis à l'essentiel du remarquable décor sculpté de la collégiale d'arriver jusqu'à nous.
L'église Saint-Outrille perdit son appellation et devint Notre-Dame avant la Révolution. En 1791, elle devint église paroissiale et fut réquisitionnée pour un curé constitutionnel. En 1862, elle fut classée Monument Historique.
À part quelques statues anciennes, l'église Notre-Dame regorge de très beaux chapiteaux romans historiés ou à motifs floraux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Cette page en donne un très large aperçu.

Vierge en bois noir dans le chœur
Vue d'ensemble de la nef de l'église Notre-Dame
Vue d'ensemble de la nef de l'église Notre-Dame
L'église a une voûte très haute et des chapiteaux élevés que l'on observe mieux avec une paire de jumelles.
Vers la croisée du transept, la nef s'élève à 15,50m. En arrivant vers la façade ouest, elle s'élève à 17m : la brisure des arcs doubleaux s'accentue.
Vue de l'église depuis le donjon médiéval
Vue de l'église depuis le donjon médiéval
La façade ouest et le côté sud
La façade ouest et le côté sud
Le transept sud et le chevet
Le transept sud et le chevet
Porte romane sur le côté nord
Porte romane sur le côté nord

Pignon sud du transept. La sculpture romane ci-contre participe de l'édification morale de son époque. On y voit, à gauche, un épisode de la vie de saint Outrille. À droite, des méchants sont précipités par des diables dans la gueule d'un léviathan aux dents bien pointues. La hauteur où a été placée cette sculpture signifie sans doute qu'elle provient d'un édifice antérieur.

Sculpture du pignon sud du transept
Sculpture du pignon sud du transept
Le Christ en majesté entre deux anges
Partie supérieure du transept sud et ses fenêtres romanes
Partie supérieure du transept sud et ses fenêtres romanes
Sculpture romane historiée dans le pignon sud du transept
Sculpture romane historiée dans le pignon sud du transept (voir le commentaire à gauche)
Le bloc sculpté dont elle fait partie vient certainement d'un édifice antérieur.
Modillons romans sur le côté sud
Modillons romans sur le côté sud
Le portail central de la façade ouest
Le portail central de la façade ouest

Le portail central. Restauré en 2002 et 2006, il abonde en thèmes iconographiques. L'étendue de son bestiaire roman est impressionnant : oiseaux, monstres, griffons, dragons, etc. Si on leur ajoute les anges et les sirènes, rien n'y manque. Sur le chapiteau de droite (voir en haut), on découvre Adam et Ève chassés du jardin d'Éden.
Sur la photo ci-dessus, on aperçoit, à droite et à gauche, d'étranges départs d'arcs qui semblent soit cassés, soit jamais prolongés. Il doit s'agir des arcs d'un narthex... qui n'a peut-être jamais été construit.
Quant au portail sud, il est surmonté à droite d'un fragment d'inscription latine qui évoque la collégiale Saint-Outrille : «sic Austregisilus Frivola de demone mu...» (Outrille délivra Frivola d'un démon). Là aussi, il doit s'agir d'un fragment d'une église antérieure. Il évoque un miracle d'Outrille qui aurait eu lieu, selon la tradition, dans la petite ville voisine de Bridoré.

Série de sculptures romanes à la droite du portail central
Série de sculptures romanes à la droite du portail central
Premier chapiteau : Adam et Ève chassés du jardin d'Éden
Série de sculptures romanes à la gauche du portail central
Série de sculptures romanes à la gauche du portail central
Grandes élévations de la nef vers la façade ouest
Grandes élévations de la nef vers la façade ouest
Du côté de la façade ouest, la nef culmine à 17 mètres.
Arbre de Jessé
Arbre de Jessé : Jessé couché
(Atelier Lobin, Tours, fin XIXe siècle)
Cloche fondue en 1772 et seule rescapée de la Révolution
Cloche fondue en 1772 et seule rescapée de la Révolution
Gravement endommagée par les bombardements de juin 1940,
elle s'est tue définitivement.
Arcades dans la nef
Arcades dans la nef
Nous sommes ici près de la façade ouest. Si le style roman prévaut
vers le transept, les arcades de la nef s'orientent plus
vers le gothique primitif quand on approche de la partie ouest.
Arbre de Jessé
ARBRE DE JESSÉ
Vitrail de l'atelier Lobin à Tours
(fin XIXe siècle)

Voir de très beaux Arbres de Jessé à :
Saint-Étienne à Beauvais
Sainte-Madeleine et Saint-Nizier à Troyes
Saint-Pierre à Dreux
Lutrin dans le transept
Lutrin dans le transept
Statue de saint Jean
Calvaire en vitrine : Statue de saint Jean
Bois, XVe siècle?
Chapelle du baptistère ou des Sorbiers (XVe siècle)
Chapelle du baptistère ou des Sorbiers (XVe siècle)
Seule chapelle latérale de l'église, elle est en style gothique.
L'impressionnant collatéral droit
L'impressionnant collatéral droit. Le collatéral gauche est du même style.
Tableau dans la nef (XVIIIe siècle)
Tableau dans la nef (XVIIIe siècle?)
Une sirène sur un cul-de-lampe de la nef
Une sirène sur un cul-de-lampe de la nef

Le renouveau du vitrail au XIXe siècle. Le XVIIIe siècle n'a pas été propice à l'art du vitrail : il resta en sommeil. Au début du XIXe, grâce à des hommes comme Alexandre Brongniart, le très actif directeur de la Manufacture de porcelaine de Sèvres de 1800 à 1847, cet art se mit à revivre. Brongniart fit créer pour la chapelle royale de Dreux une verrière originale qui contribua, avec d'autres œuvres, à relancer l'intérêt des érudits et des amateurs d'art pour le vitrail. Cet intérêt artistique retrouvé s'engloba dans un renouveau général des arts religieux.
Peintres et maîtres-verriers fondèrent des ateliers à Paris, Tours, Bourges, Chartres, Toulouse, Grenoble, partout où de grandes cathédrales pouvaient les inspirer. L'objectif premier était de tenter de recréer des vitraux à la manière des maîtres du Moyen Âge et de la Renaissance, vitraux appelés «archéologiques» par certains érudits, plutôt que «néoromans» ou «néogothiques». Grâce à sa position centrée dans l'Hexagone, l'Indre allait accueillir des peintres venus de la France entière.
Le chantier qui s'offrait aux ateliers était énorme. La mémoire de la technicité avait disparu. Il leur fallut se lancer dans de multiples essais pour maîtriser les cuissons, retrouver les couleurs (notamment les nuances de bleu et de pourpre), et, plus important encore, essayer de comprendre la symbolique des vitraux médiévaux. La maîtrise de la technique revint, mais la symbolique fit naître beaucoup de questions. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que sa compréhension parut enfin maîtrisée. Encore que certaines énigmes subsistaient. Par exemple, il fallut attendre l'année 1940 et l'ouvrage «Le Bestiaire du Christ» de Louis Charbonneau-Lassay pour comprendre le pélican, un oiseau qui personnifie le Christ. Jésus a donné son sang pour sauver l'humanité comme cet oiseau au long bec perce sa propre chair - du moins le croyait-on - pour laisser ses petits se nourrir de son propre sang!
Les vitraux des cathédrales de Tours, Bourges et Chartres ont beaucoup servi dans ces recherches de technique et de symbolique. Une question se posait aux ateliers du XIXe siècle : fallait-il copier ou imiter? Copier les grands vitraux des cathédrales pour les replacer dans les verrières plus petites des églises des bourgs et des villages nécessitait de revoir l'échelle des peintures... au risque de casser la cohérence des œuvres. Quant à l'imitation, elle se heurtait, comme on l'a vu plus haut, à l'incompréhension de la pensée médiévale et de sa symbolique religieuse. La création des vitraux «archéologiques» en pâtit, même au sein des meilleurs ateliers, comme celui de Lobin à Tours.


Arbre de Jessé : le roi David jouant de la lyre
(Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle)

Arbre de Jessé : Marie tenant l'Enfant
(Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle)

C'est dans ce contexte artistique que s'insèrent les vitraux de Notre-Dame de Châtillon-sur-Indre. En 1872, l'abbé Lenoir est affecté à l'église de Châtillon. C'est un homme cultivé, amateur de beaux vitraux. Il constate que son église a besoin d'être restaurée. Alors il se met à l'ouvrage. Et bientôt une sacristie est construite avec sa verrière. Les sources nous rapportent qu'un architecte le mit en garde, en 1877, avant la venue de l'inspecteur Bœswilwald dans son église romane : il ne fallait pas montrer la sacristie à l'inspecteur de peur de susciter ses reproches car une commune qui n'a pas de ressources ne doit pas dépenser son argent en vitraux! L'année 1905 et sa célèbre loi seront pour le siècle suivant. Pour l'heure, c'était encore l'État républicain qui distribuait les fonds.
Néanmoins l'abbé poursuivit ses projets de verrière dans son église et fit appel à l'atelier de Lucien-Léopold Lobin à Tours, atelier à la pointe de la création «archéologique». Pour l'Arbre de Jessé de la façade, l'abbé prit pour modèle celui de la cathédrale de Chartres (celle de Bourges n'en a pas). À cause d'un manque évident de place, il le simplifia. Exit les quatre prophètes logés dans les bordures de l'Arbre chartrain. Lenoir en fit représenter deux (Isaïe et Aaron) dans les baies latérales de la nef. Pour l'Arbre lui-même, il retint ce qu'on pourrait appeler le minimum : un Jessé couché, puis David, Salomon et la Vierge tenant l'Enfant. Le roi David joue de la lyre, Salomon (voir en bas à gauche) porte son sceptre et son temple. Pour Isaïe et Aaron, en revanche, Lenoir s'inspira des vitraux de Bourges.
Pour la petite histoire, le texte (parfois intelligemment remanié) des phylactères portés par ces deux prophètes - et qui suivent bien évidemment les directives de l'abbé Lenoir - nous apporte la preuve d'un prélat d'une très grande culture et d'une profonde spiritualité. De la même façon, dans l'Arbre de Jessé, Marie porte une forme ronde et jaune dans sa main gauche (voir ci-contre). Est-ce un rappel de la fameuse pomme qui mit fin au jardin d'Éden? Est-ce le pain eucharistique?, s'interrogent les spécialistes. On remarque enfin que Marie est entourée de sept colombes (les sept dons du Saint-Esprit). Dans l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Chartres, dans le fleuron terminal, c'est le Christ qui a ce privilège.
Voir les explications sur l'Arbre de Jessé à la cathédrale Saint-Denis près de Paris.

Source : «Éclats de la lumière, Vitraux de l'Indre», Éditeurs : Rencontre avec le Patrimoine religieux et Conseil général de l'Indre, ISBN : 2-911948-26-2.

Arbre de Jessé : le roi Salomon
Arbre de Jessé : le roi Salomon représenté avec son sceptre et son temple
Atelier Lobin à Tours (fin du XIXe siècle)
Tableau «Le baptême de Jésus» (auteur inconnu)
Tableau «Le baptême de Jésus» (auteur inconnu)
La voûte et ses arcs doubleaux
La voûte et ses arcs doubleaux
Chapiteau : Lazare et le mauvais riche
Chapiteau : Lazare et le mauvais riche
Le mauvais riche, assailli par les démons et assoiffé, s'adresse à Abraham qui tient l'âme de Lazare
Statue de la Vierge
Calvaire en vitrine : Statue de la Vierge
Bois, XVe siècle?
Vitrail. Les archanges saint Michel et saint Raphaël
Vitrail. Les archanges saint Michel et saint Raphaël
(Atelier Lobin, Tours)
C'est vers 1880 que Mgr P.-M. Lenoir, curé de Châtillon de
1872 à 1907, a fait décorer son église par l'atelier Lobin.
Chapiteau : Combat d'êtres fabuleux
Chapiteau : Combat d'êtres fabuleux
Chapiteau : Les centaures
Chapiteau : Les centaures
Chapiteau : Daniel dans la fosse aux lions
Chapiteau : Daniel dans la fosse aux lions
Chapiteau : Visite au Saint Sépulcre
Chapiteau : Visite au Saint Sépulcre
Deux chapiteaux : Visite au Saint-Sépulcre et le montreur de singe
Deux chapiteaux : Visite au Saint-Sépulcre et le montreur de singe
Chapiteau : Combat d'animaux fabuleux
Chapiteau : Combat d'animaux fabuleux
Chapiteau : Feuillage et têtes humaines
Chapiteau : Feuillage et têtes humaines
Chapiteau : Feuillages et fruits stylisés
Chapiteau : Feuillages et fruits stylisés
Chapiteau : Feuillage avec bonhomme à barbe longue
Chapiteau : Feuillage avec bonhomme à barbe longue
Statue Vierge à l'Enfant
Statue Vierge à l'Enfant
(Bois noir, fin XVIe siècle, début XVIIe)

Les chapiteaux. Vers le chœur, les absidioles et le transept ils sont typiques du style roman par leurs scènes historiées. En arrivant vers la façade ouest, où l'art gothique commence à percer, les chapiteaux se banalisent. Ils montrent des archanges, des monstres, des dragons dans un abondant décor floral.

Statue Vierge à l'Enfant
Statue Vierge à l'Enfant
(Bois noir, fin XVIe siècle, début XVIIe)
Les visages
Chapiteau à scène historiée : «C'est ainsi qu'Outrille devint évêque»
Chapiteau à scène historiée : «C'est ainsi qu'Outrille devint évêque»
Le chœur, les stalles et l'absidiole droite
Le chœur, les stalles et l'absidiole droite
(Fin du XIe siècle et début du XIIe)
Statue de saint Pierre
Statue de saint Pierre
dans le transept
Le chœur et les stalles du XVIIe siècle
Le chœur et les stalles du XVIIe siècle
Vitrail : Aaron (Lobin, Tours)
Vitrail : Aaron (Lobin, Tours)
Les stalles : Animal fabuleux à tête de femme
Les stalles : Animal fabuleux à tête de femme
Les stalles : tête sculptée
Les stalles : tête sculptée
Les stalles : tête d'ange
Les stalles : tête d'ange
Statue : Le Christ Rédempteur
Statue : Le Christ Rédempteur
Vitrail, atelier Lobin
Vitrail, atelier Lobin
Scènes de la vie de Jésus
Chapelle absidiale gauche
«Notre-Dame de Châtillon»
«Notre-Dame de Châtillon»
Pierre polychrome, XVIIIe siècle
Chapelle absidiale gauche

À DROITE ---»»»
Clé de voûte à la croisée du transept
Agnus Dei
La voûte à la croisée du transept
La voûte à la croisée du transept
La croisée culmine à 20 mètres.
Élévations de la nef au niveau du chœur
Élévations de la nef au niveau du chœur
et des premières travées
Clé de voûte à la croisée du transept
Le chœur et l'abside surmontée d'une voûte en cul-de-four
Le chœur et l'abside surmontée d'une voûte en cul-de-four
(Fin du XIe siècle et début du XIIe)
Remarquable architecture romane sur les fenêtres à multi-colonnettes surmontées d'arcs à ressauts formés de trois rouleaux.
Vitrail central du chœur
Vitrail central du chœur
Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle
Scènes de la vie de la Vierge
L'autel de la chapelle absidiale gauche
L'autel de la chapelle absidiale gauche
Vraisemblablement du XIXe siècle
Vitrail central du chœur, détail
Vitrail central du chœur
Partie supérieure : «le Couronnement de la Vierge»
Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle
Chapelle absidiale droite
Chapelle absidiale droite
(Fin du XIe siècle et début du XIIe)
Chapelle absidiale gauche
Chapelle absidiale gauche
(Fin du XIe siècle et début du XIIe), À gauche, l'orgue de chœur
Vitrail gauche du chœur
Vitrail gauche du chœur
Scènes de la vie de la Vierge
Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle
Vitrail droite du chœur
Vitrail droite du chœur
Scènes de la vie de la Vierge
Atelier Lobin, Tours, fin du XIXe siècle
Le maître-autel du XVIIIe siècle
Le maître-autel du XVIIIe siècle
dans son environnement roman des XIe et XIIe siècles
La nef vue depuis le chœur
La nef vue depuis le chœur

Documentation : Brochures «Châtillon-sur-Indre, la Collégiale» et le «Circuit touristique» disponibles à l'Office de Tourisme
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