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Page créée en sept. 2013
Vierge à l'Enfant dans un vitrail Renaissance

L'abbatiale de la Trinité de Fécamp est l'une des plus importantes églises de Normandie. D'abord par la taille : 127 mètres de long, autant que la cathédrale de Paris ; ensuite par les richesses qu'elle contient, notamment en ornementations Renaissance ; par le rayonnement culturel de l'abbaye sur toute la région ; enfin parce qu'elle a servi de référence à des dizaines d'églises normandes pendant plusieurs siècles.
Tout commence avec saint Waninge qui fonde à Fécamp un monastère de moniales vers 658. Le bâtiment est détruit par les Vikings au IXe siècle. En 911, avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte, Rollon devient premier duc de Normandie. Les anciens vikings deviennent constructeurs et organisateurs. Richard Ier fait construire une église en face du palais ducal. Elle est consacrée en 990. Son fils Richard II y fait venir Guillaume de Volpiano, jusque-là à Cluny. Depuis l'abbaye commence alors la reconquête monastique de la Normandie. Le pèlerinage du Précieux Sang amène de nombreux pénitents. Se révélant trop petite, Guillaume de Ros, troisième abbé de Fécamp, dirige la construction d'un plus plus vaste édifice : une église romane, qui est consacrée à la Sainte-Trinité en 1106. Détruite par un incendie en 1168, il n'en reste que deux chapelles rayonnantes dédiées à saint Pierre-et-Saint Paul et à saint Nicolas dans le déambulatoire nord.
Grâce aux puissants moyens financiers de l'abbaye, Henri de Sully, abbé de 1140 à 1188, entreprend la construction d'un nouvel édifice, gothique celui-là. Il sera achevé par son successeur Raoul d'Argences (abbé de 1190 à 1219). La construction rapide (cinquante ans) garantit une unité de style. Les travaux des siècles suivants ne modifieront pas son allure générale : tour-lanterne ajoutée vers 1250, suppression des tribunes du déambulatoire, nouvelle chapelle axiale en gothique flamboyant vers la fin du XVe siècle, clôture des chapelles en style Renaissance, etc.
À la Révolution, l'abbaye est fermée, les moines sont dispersés, les biens monastiques vendus ou détruits. L'église devient paroissiale en 1803. Les bâtiments qui entourent l'ancien cloître accueillent l'hôtel de ville. En 1840, l'abbatiale de la Trinité à Fécamp fait partie du premier inventaire des monuments historiques français.

La Dormition de la Vierge (extrait), XVe siècle
Vue d'ensemble de l'abbatiale de la Trinité
Vue d'ensemble de l'abbatiale de la Trinité
Les nombreuses fenêtres en verre blanc et la blancheur de la pierre rendent l'édifice extrêmement lumineux.
La longueur de la collégiale la transforme en un véritable  vaisseau dans la ville.
La longueur de la collégiale la transforme en un véritable vaisseau dans la ville.
Les ruines du château comtal en face de la collégiale
Les ruines du château comtal en face de la collégiale
C'est tout ce qu'il reste du château des ducs de Normandie, Richard Ier et Richard II.
Le château fut délaissé par Guillaume le Conquérant qui lui préféra Caen.
La tour-lanterne est en gothique normand (deuxième quart du  XIIIe siècle)
La tour-lanterne est en gothique normand (deuxième quart du XIIIe siècle)

Il existe assez de vestiges du chœur du premier édifice roman de l'abbé Guillaume de Ros pour comprendre qu'il était entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvraient des chapelles rayonnantes. Il nous en reste deux : la chapelle Saint-Pierre-et-Saint-Paul et la chapelle Saint-Nicolas, toutes deux du côté nord. L'édifice fut consacré en juin 1106. L'archevêque de Rouen, Guillaume Bonne-Ame, consacra la pierre du grand autel ; Serlon, évêque de Séez, celle de la chapelle Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Les sources nous apprennent que ces pierres existaient toujours en 1740. Après l'incendie de 1168 qui dévasta l'église presque entièrement, on doit à l'abbé Henri de Sully la reconstruction du chœur (moins les parties épargnées par l'incendie), du transept (moins la tour-lanterne) et de la dernière travée de la nef (ou la première si l'on compte à partir du chœur). Toute cette partie de l'église appartient au style gothique de la seconde moitié du XIIe siècle. Cette reconstruction s'est achevée en 1187, année de la mort de l'abbé de Sully. On est peu renseigné sur la construction des quatre travées suivantes (début du XIIIe siècle). On sait en revanche que les cinq dernières travées, d'un gothique plus affirmé, et la façade sont l'œuvre de l'abbé Raoul d'Argences.
Source : «L'église de la Trinité de Fécamp» de Jean Vallery-Radot, éditions Henri Laurens

La façade occidentale est de style classique
La façade occidentale est de style classique. L'ancienne façade tombant en ruine, l'architecte Gallot fut chargé d'en concevoir une nouvelle, construite en 1748, et objet de bien des critiques.
Statue de Richard Ier, duc fondateur, sur la façade occidentale.
Statue de Richard Ier, duc fondateur, sur la façade occidentale.
La statue est du XIXe siècle.
Le transept sud date de la fin du XIIe siècle,
Le transept sud date de la fin du XIIe siècle,
la tour-lanterne date du deuxième quart du XIIIe siècle.
Le portail sud est en style gothique normand
Le portail sud est en style gothique normand
(Ici, la partie supérieure)
Maquette contemporaine de l'abbatiale exposée dans le transept
Maquette contemporaine de l'abbatiale exposée dans le transept
Élévations nord vues depuis le chœur (début du XIIIe siècle)
Élévations nord vues depuis le chœur (début du XIIIe siècle)
Vitrail du XIXe siècle
Vitrail du XIXe siècle
La Résurrection
L'Ascension (vitrail du XIXe siècle)
L'Ascension (vitrail du XIXe siècle)
L'Assomption (vitrail du XIXe siècle)
L'Assomption (vitrail du XIXe siècle)

On sait que le jubé de l'abbatiale fut construit entre 1420 et 1504 et qu'il était monumental. Il disposait d'une galerie supérieure où pouvaient s'assembler plus de trente musiciens et choristes. Mais on n'en possède aucune représentation. Beaucoup de jubés furent détruits dès le XVIIIe siècle : les chanoines étaient souvent impatients de dégager la perspective du chœur pour donner tout son éclat à la brillance des cérémonies. Le jubé de Fécamp ne fut détruit qu'en 1803. Dès qu'il reçut l'arrêté préfectoral, l'abbé de l'époque,un dénommé de Valville, s'empressa de le faire casser en une nuit à coups de masse pour mettre les Fécampois, soucieux de sa conservation, devant le fait accompli. Il en reste des morceaux épars. Les principaux sont dans le transept nord. Les bas-reliefs à droite, avec des angelots tenant un écusson, sont les anciens frontons des portes des chapelles rayonnantes nord.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

Bas–côté sud avec ses bas–reliefs (anciens frontons des chapelles rayonnantes nord) sous les fenêtres
Bas-côté sud avec ses bas-reliefs (anciens frontons des chapelles rayonnantes nord) sous les fenêtres
Le baptême du Christ
Le baptême du Christ
Bas-relief sur bois du sculpteur havrais Haumont, 1830
Vitrail du XIXe siècle
Vitrail du XIXe siècle
Le duc Richard Ier consacre
l'abbatiale en 990
SÉRIE DE BAS-RELIEFS DANS LE BAS-CÔTÉ SUD
Angelots tenant un écusson (anciens frontons des chapelles)
Angelots tenant un écusson (anciens frontons des chapelles)
Angelots tenant un écusson
Angelots tenant un écusson
Le Christ en jardinier apparaissant à sainte Madeleine
Le Christ en jardinier apparaissant à sainte Madeleine
Ancien élément du jubé détruit en 1803
L'élévation de la nef comprend trois étages :
L'élévation de la nef comprend trois étages :
grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes

Le bas-relief du baptême du Christ a été exécuté sur bois par le sculpteur havrais Haumont en 1830. À cette époque, Le Havre et ses chantiers navals réputés comptaient une remarquable industrie de sculpture sur bois : les navires se devaient d'arborer de belles figures de proue.
Le baptême du Christ est un panneau très travaillé : la scène se déroule sur un fond de montagnes, de plantes et de palmiers.

La chaire à prêcher, de 1883, est en style néo–gothique
La chaire à prêcher, de 1883, est en style néo-gothique

La chaire à prêcher et le banc d'œuvre, réalisés par le sculpteur de Louvain, Goyers, datent de 1883. La chaire, typique du style néo-gothique, très à la mode au XIXe siècle, affiche une statuaire impressionnante. Sur le socle, on trouve le Christ, les évangélistes et saint Grégoire-le-Grand. Sur la cuve : six apôtres. Sur les rampes : des saints et des docteurs de l'Église. L'abat-son n'est pas en reste : des petites niches abritent des statuettes personnifiant les vertus chrétiennes. Cette belle chaire à prêcher fut très admirée lors de l'Exposition des Beaux-Arts du Palais de l'Industrie à Paris en 1883.

Le socle de la chaire à prêcher avec le Christ et les évangélistes
Le socle de la chaire à prêcher avec le Christ et les évangélistes
Abat–son de la chaire
L'abat-son de la chaire à prêcher contient des petites niches
qui abritent des statuettes symbolisant les vertus chrétiennes.

L'abbaye de la Trinité sous l'ancien régime. Il est une année importante dans l'histoire des abbayes françaises, celle de 1516. Cette année-là, François Ier et le pape Léon X signent le Concordat de Bologne : le système de la commende est mis en place. Évêques et «patrons» des abbayes sont choisis par le roi. Les abbés cessent d'être élus par les moines et ne résident quasiment plus dans leur abbaye. Les postes sont attribués à titre de gratification à des clercs ou des laïcs, toujours des nobles, parfois des enfants. À Fécamp, Henri II de Lorraine-Guise est nommé abbé à l'âge de trois ans, en 1617. De 1669 à 1672, c'est le roi exilé Jean Casimir de Pologne qui occupe la charge.
Bien sûr, ce qui intéresse, ce sont les gros revenus qui vont avec, appelés la mense abbatiale. N'étant pas sur place, ces abbés négligent l'entretien de l'abbaye, qui souvent se dégrade. Dans les faits, c'est un prieur qui dirige le monastère avec comme moyens financiers, la mense conventuelle. Jusqu'en 1519, Fécamp eut de la chance. L'abbé Antoine Bohier, grand mécène, homme d'Église, magistrat et diplomate, y introduit la Renaissance italienne, d'où les clôtures sculptées des chapelles rayonnantes. Bohier, abbé de 1505 à 1519, est aussi l'un des plus riches et des plus illustres prélats de France en ce début de XVIe siècle. Les guerres de Religion sont une période de décadence pour l'abbaye. En 1562, les Protestants attaquent les églises de la ville. L'abbaye est menacée, les religieux s'arment et se postent en sentinelles sur les remparts. Fécamp change plusieurs de mains (ligueurs, troupes d'Henri IV). Parmi les moines, l'observance de la règle se relâche ; eux-mêmes sont souvent dépravés. L'abbaye commence le XVIIe siècle dans un état pitoyable : au manque de foi s'ajoutent la ruine du portail gothique occidental et la disparition des objets du trésor. Confiés aux moines et à leur famille pour éviter les rapines de ces temps troublés, aucun n'est revenu !
Tout va changer avec l'arrivée des mauristes en 1649, à la demande de l'abbé Henri de Bourbon (fils naturel d'Henri IV). Ces réformateurs zélés font respecter la règle et restaurent enfin le niveau spirituel (et matériel) de l'abbaye qui peut briller d'une nouvelle renommée. Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

Le banc d'œuvre de Goyers (1883)
Le banc d'œuvre de Goyers (1883)
Bas–côté nord vu depuis le déambulatoire
Bas-côté nord vu depuis le déambulatoire
La voûte de la nef en croisée d'ogives
La voûte de la nef en croisée d'ogives
Vitrail du XIXe siècle
Vitrail du XIXe siècle
Le duc Richard Ier devant la Vierge
La Vierge à l'Enfant
La Vierge à l'Enfant
Statue polychrome du XVIIe siècle
L'archange Gabriel au sommet de la chaire
L'archange Gabriel au sommet de la chaire

LE CHŒUR DE L'ABBATIALE DE LA TRINITÉ

Le chœur avec le pilastre nord, ancien élément du jubé,  et ses sculptures
Le chœur avec le pilastre nord, ancien élément du jubé, et ses sculptures
Sur le haut du pilastre, le bas-relief mutilé représente la Flagellation.
Les statues à mi-hauteur (saints patrons de Fécamp) sont de 1875 (atelier Bonnet à Rouen).
Une des quatre stalles d'honneur
Une des quatre stalles d'honneur
dans le chœur (1750)
Lion sculpté sur l'accoudoir d'une stalle d'honneur
Lion sculpté sur l'accoudoir d'une stalle d'honneur
Saint Taurin, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Saint Taurin, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Début du XVIe siècle
Abside de l'abbatiale de la Trinité
Grotesque roman dans un chapiteau du chœur
Grotesque roman dans un chapiteau du chœur

Les trois verrières du chœur sont l'œuvre d'Arnoult de Nimègue, maître verrier hollandais, au début du XVIe siècle. On sait qu'il a travaillé à Rouen entre 1500 et 1512, notamment à l'abbatiale Saint-Ouen et à l'église Saint-Godard. Ses trois verrières de Fécamp représentent, à droite, sainte Suzanne, richement habillée sous un luxueux dais semi-circulaire. À gauche, saint Taurin, vêtu d'une chasuble bleu et or. Au centre, la représentation de la Trinité, la moins belle des trois, est celle que l'on voit le moins. À noter qu'est posé sur le giron de sainte Suzanne un bijou au bout d'une chaîne. Ce bijou est «monté en chef d'œuvre» (morceau de verre totalement enchâssé dans le vitrail et qui demeure la griffe des meilleurs maîtres). Ce bijou bleuté est bien visible sur l'image à droite où il est cerclé d'un trait noir.

Le chœur et l'abside
Le chœur et l'abside
Les trois verrières d'Arnoult de Nimègue sont cachées par le baldaquin.
Partie haute du baldaquin (vers 1750)
Partie haute du baldaquin (vers 1750)
Chapiteaux sculptés dans le déambulatoire nord :
Chapiteaux sculptés dans le déambulatoire nord :
restes de l'église romane de Guillaume de Ros

À DROITE ---»»»
Imposant pilier autour du chœur
avec rangée de colonnettes ornées de chapiteaux à thème floral
Sainte Suzanne, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Sainte Suzanne, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Début du XVIe siècle
Abside de l'abbatiale de la Trinité

Le chœur de l'abbatiale est l'œuvre des moines mauristes au XVIIIe siècle, lorsque Montboissier de Canillac, noble attaché au service du roi Louis XV, était abbé (de 1745 à 1761). Le réaménagement du chœur fut conduit de 1747 à 1751 : disparition des clôtures Renaissance, baldaquin, nouveau maître-autel et nouvelles stalles.
Le baldaquin de style rocaille, réalisé par De France, a le fâcheux inconvénient de cacher les vitraux d'Arnoult de Nimègue. Néanmoins, son bois doré resplendit d'angelots et de guirlandes de fleurs.
Le maître-autel en marbre blanc, commandé par l'abbé Bohier au Génois Girolamo Viscardo en 1507, est remarquable par ses bas-reliefs. Au niveau médian, on trouve cinq panneaux représentant la Trinité, la Pentecôte, le Baptême du Christ. Aux extrémités, les ducs de Normandie Richard Ie et Richard II. Malheureusement, comme on le voit sur une photo plus bas, ces sculptures sont à moitié cachées par un crucifix et six candélabres, disposés sur l'autel juste devant... Au-dessus (et cette fois bien visible depuis le chœur et la chapelle de la Vierge),   Suite ---»»»

Le Père Céleste, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Le Père Céleste, vitrail d'Arnoult de Nimègue
Début du XVIe siècle
Abside de l'abbatiale de la Trinité
Imposant pilier autour du chœur
Le maître–autel du début du XVIe siècle
Le maître-autel du début du XVIe siècle
La partie médiane est cachée par des candélabres et un porte-crucifix.
Le baldaquin, détail de la partie haute
Le baldaquin, détail de la partie haute
(vers 1750)
Chapiteau avec grotesques ailés dans le chœur
Chapiteau avec grotesques ailés dans le chœur
(restes romans?)

---»»» une châsse reliquaire en marbre de Carrare, du début du XVIe siècle aussi, montre les douze apôtres, chacun dans une niche coquillée. La châsse est entourée des statues de sainte Suzanne et de saint Taurin, également du XVIe siècle. Au-dessus, un Christ doré portant sa croix en taille réelle. ---»»»

---»»» Les stalles datent de la même époque : 1750. Les quatre stalles d'honneur sont toujours en place et présentent un très beau travail de sculpture sur bois. Écussons, vertus cardinales, symboles de la Trinité et de la Justice divine embellissent ce beau mobilier d'église (voir l'une des stalles d'honneur plus haut). Les blasons qui ornaient ce mobilier et qui rappelaient les abbés et les nobles qui avaient dirigé l'abbaye ont été mutilés à la Révolution. Les dorsaux des stalles et leurs sculptures d'évêques, de rois et de saints ont été déposés en 1802 dans la chapelle de la Vierge.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

La châsse du maître-autel représente les  douze apôtres dans des niches coquillées (XVIe  siècle).
La châsse du maître-autel représente les douze apôtres dans des niches coquillées (XVIe siècle).
Statue de sainte Suzanne
Statue de sainte Suzanne
dans le chœur (XVIe siècle)
Statue de saint Taurin
Statue de saint Taurin
(XVIe siècle)
Le chœur et les stalles de 1750
Le chœur et les stalles de 1750
La tour-lanterne culmine, à l'intérieur, à 37  mètres.
La tour-lanterne culmine, à l'intérieur, à 37 mètres.

L'architecture de la tour-lanterne. La tour-lanterne du XIIIe siècle est de style gothique normand. Elle est haute de 37 mètres à l'intérieur et de 60 mètres à l'extérieur. Son architecture tourne autour du chiffre 3, symbole de la Trinité.
On voit bien la présence de ce chiffre 3 sur la partie intérieure. Les quatre murs sous la voûte sont partagés en trois arcades. Le premier niveau est à son tour divisé en trois fenêtres aveugles de mêmes dimensions, tandis que chacun des trois compartiments du niveau supérieur (qui reçoit la retombée d'ogives) se caractérise par une grande fenêtre entourée de deux petites arcades aveugles.
Plus amusants sont les grotesques au bas du premier niveau. On peut en voir un reproduit ci-dessus à droite. Une paire de jumelles est indispensable pour les observer.

La clé de voûte de la tour–lanterne
La clé de voûte de la tour-lanterne
À DROITE ---»»»
Culot sous le premier niveau de la tour-lanterne : amusant grotesque
Le lutrin du XIXe siècle
Le lutrin du XIXe siècle
Sculptures en bois doré sur le pied du lutrin
Sculptures en bois doré sur le pied du lutrin
Culot sous le premier niveau de la tour-lanterne : amusant grotesque

LE TRANSEPT NORD ET LA CHAPELLE DU CALVAIRE

L'élévation ternaire du transept nord et son horloge du XVIIe  siècle
L'élévation ternaire du transept nord et son horloge du XVIIe siècle

C'est dans le transept nord que l'on trouve le plus d'éléments mutilés de l'ancien jubé. Ainsi les deux groupes d'orants de part et d'autre de l'autel du Calvaire, mais surtout un assemblage de sculptures (scellées entre elles) dans un enfeu. On peut y voir des moines, une Vierge à l'Enfant, le Père Céleste, le Christ ressuscité, le Christ tenant sa croix, etc. Quelques extraits en sont donnés ici.

L'horloge de 1667 indique les marées
L'horloge de 1667 indique les marées
L'ange timonier au centre tourne lui aussi avec les heures.

Vue d'ensemble du transept nord et de la chapelle du Calvaire
Vue d'ensemble du transept nord et de la chapelle du Calvaire
Le calvaire et l'autel en bois, tous deux du XIXe siècle, sont dus à l'ébéniste fécampois Caron.
Éléments disparates du jubé dans un enfeu du transept nord
Éléments disparates du jubé dans un enfeu du transept nord

L'horloge de 1667, œuvre d'Antoine Bessac, est un monument en soi. Elle donnait l'heure aux moines pendant leurs prières, mais aussi à la population à l'extérieur puisqu'un mécanisme savant la reliait aux cloches.
Elle possède en plus une particularité tout à fait remarquable : la portion de cercle à côté de l'ange timonier change de couleur selon la marée! (Voir l'image en bas à gauche.) Elle est verte à marée haute et noire à marée basse.
Tout le mécanisme de l'horloge est resté manuel. Les tentatives d'électrification sont restées vaines.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

À DROITE ---»»»
Éléments disparates du jubé. Détail : Le Christ réssuscité
Tableau anonyme dans le transept nord
Tableau anonyme dans le transept nord
L'ange timonier au centre de l'horloge
L'ange timonier au centre de l'horloge
Tableau anonyme
Tableau anonyme
dans le transept nord
Éléments disparates du jubé
Éléments disparates du jubé
La colombe tenue par le Père Céleste
Éléments disparates du jubé
Éléments disparates du jubé
Détail : Le baiser de paix de deux moines
Éléments disparates du jubé
Éléments disparates du jubé
Sculptures d'orants à gauche de l'autel
Éléments disparates du jubé
Éléments disparates du jubé
Sculptures d'orants à droite de l'autel

L'abbaye pendant la Révolution. Aucun Fécampois ne se plaignait de l'abbaye. Les moines, assurant un rôle social essentiel, distribuaient aux indigents pains et vêtements tous les jours. Un mémoire en informe même l'Assemblée nationale. Pourtant la situation va se dégrader. En automne 1789, les députés votent la suspension du recrutement monastique, menaçant l'avenir des abbayes. Le 2 novembre 1789, c'est la nationalisation des biens du clergé. Les moines ne peuvent plus utiliser librement leurs revenus. Leurs œuvres pieuses sont en danger. La municipalité s'inquiète. Le coup de grâce survient le 13 février 1790 : les ordres contemplatifs sont supprimés. Ordre est donné aux moines de quitter le monastère, qui sera vendu pour renflouer les caisses. Les religieux ont deux possibilités : rejoindre l'abbaye de Jumièges, la seule encore ouverte dans le département, ou abandonner la vie monastique. Certains, pressés par une Administration impatiente, quitteront en effet la vie monacale, mais, sur les vingt-deux moines alors présents, on ne sait pas exactement combien.
En juin 1791, les révolutionnaires passent à la pratique : l'abbaye est fermée, les moines sont dispersés. En mars 1792, les bâtiments sont vendus. Entre-temps, le visage religieux de Fécamp a été remodelé. La ville n'a plus que deux paroisses : la Trinité et Saint-Étienne. La Révolution a donc transformé l'abbatiale en église paroissiale. L'offensive révolutionnaire contre le catholicisme s'accroît : la Trinité sert au culte de la déesse Raison. La statue de sainte Suzanne, achetée au début du XVIe siècle par l'abbé Bohier, est choisie pour symboliser la déesse. Ultime coup : en mars 1794, sous la Terreur, le conseil municipal décide de fermer les églises de Fécamp et de supprimer le culte catholique. L'abbé Le Tellier, curé constitutionnel, est jeté en prison. L'ancienne abbatiale sert d'abord de salle de réunion aux révolutionnaires de la ville, puis de caserne à un bataillon de soldats de Beauvais qui la saccagent. Les clôtures Renaissance des chapelles et les statues du jubé en sortent mutilées. Bien sûr, l'orfèvrerie du culte a disparu et quatre cloches sur les cinq ont été fondues.
En juin 1795, le culte catholique est rétabli. L'abbé Le Tellier, jeté en prison un an plus tôt, est libéré et reprend l'exercice du culte à la Trinité. Il poursuit sa tâche jusqu'au Concordat de 1802 qui réorganisera l'Église de France.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

La représentation de Jérusalem au bas de la croix dans la  chapelle du Calvaire (XIXe siècle)
La représentation de Jérusalem au bas de la croix dans la chapelle du Calvaire (XIXe siècle)

LE TRANSEPT SUD ET LA CHAPELLE DES FONTS BAPTISMAUX

Magnifique symétrie ternaire dans le transept sud
Magnifique symétrie ternaire dans le transept sud
La Dormition de la Vierge dans sa niche (1495)
La Dormition de la Vierge dans sa niche en anse de panier (1495)

La Dormition de la Vierge. On ne possède aucun document certifiant la date d'exécution de la dormition de l'abbatiale de Fécamp. Une tradition orale rattache l'œuvre à l'année 1495 (date de la commande par le prieur Robert Chardon). De même, le sculpteur en est inconnu. Certaines sources optent pour l'artiste rouennais Pierre des Aubeaux. Au niveau du style, cette œuvre a marqué son époque. Les personnages n'ont plus le caractère atemporel de jadis, figés dans la même attitude. Ils sont maintenant pleins de vie, exprimant des émotions différentes (recueillis, rêveurs ou ---»»»

Vitrail dans le transept sud
Vitrail dans le transept sud
Rondel de séraphins aux ailes rouges (fin du XIVe siècle)
La chapelle des Fonts baptismaux
La chapelle des Fonts baptismaux (à l'arrière-plan) est éclairée par trois vitraux enrichis de réemplois.

Architecture. Plus apparent encore qu'au transept nord, le transept sud brille d'une magnifique symétrie ternaire : division en trois travées, division horizontale en trois étages, chacun d'entre eux ouvert de trois lancettes en arc brisé. Les trois étages ne se tiennent pas dans le même plan vertical : le rez-de-chaussée est prolongé par la chapelle des Fonts baptismaux qui abrite les tombeaux des ducs Richard Ier et Richard II.. Le transept sud contient quelques très belles œuvres d'art de la Renaissance qui sont données ci-dessous : la Dormition (groupe sculpté polychrome de 1495) surmontée de l'Assomption (ci-dessous), orants appartenant à l'ancien jubé et vitraux (dont des réemplois de verrières de l'église Saint-Léger disparue).

Au–dessus de la Dormition : l'Assomption entourée de quatorže attributs bibliques de la Vierge
Au-dessus de la Dormition : l'Assomption entourée de quatorze attributs bibliques de la Vierge (sur quinze en tout)
Vue d'ensemble de la Dormition de la Vierge (1495)
Vue d'ensemble de la Dormition de la Vierge (1495)

---»»» angoissés), et vêtus comme au XVe siècle, parfois d'une manière recherchée. Cette œuvre (très parlante pour la mentalité médiévale) eut beaucoup de succès et l'on venait la voir de fort loin.
Le premier plan montre la Vierge, comme endormie. Le deuxième plan présente saint Jean, légèrement derrière, un apôtre portant la navette, puis saint Pierre au centre (qui lit une prière) et saint André à droite (qui souffle dans l'encensoir). Les sources divergent sur l'identité des personnages du troisième plan. Certains auteurs y voient le reste des apôtres (il est vrai que les personnages sont au nombre d'onze - Juda est absent). Pour d'autres, ce sont de simples spectateurs, des Fécampois recueillis ou regardant ailleurs.
À noter que cette sculpture magnifique a été mutilée à la Révolution. Des personnages ont été décapités (sans doute par des soldats du bataillon de Beauvais - voir l'abbatiale sous la Révolution plus haut). Il fut restauré par l'abbé de Valville (celui-là même qui fit détruire le jubé en 1803). Quatre têtes, qui n'ont pu être retrouvées, ont été remplacées, soit par des moulages, soit par des chefs venant d'autres groupes sculptés. Le personnage central du troisième plan, qui n'a pas grand-chose à voir avec les autres, est la tête d'un Laocoon. Le deuxième sur la droite serait le poète Posidippe. Entre les deux, le personnage portant un capuchon pourrait être Robert Chardon, le donateur.
Source : 1) «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions ; 2) «L'église de la Trinité de Fécamp» de Jean Vallery-Radot, éditions Henri Laurens.

Transept sud : Groupe sculpté droit (ancien élément du jubé)
Transept sud : Groupe sculpté droit (ancien élément du jubé)
devant la dormition de la Vierge
Vitrail Renaissance
Vitrail Renaissance
dans le transept sud
Grotesques dans la bordure du vitrail
Statue de saint Benoît
Statue de saint Benoît
(XIXe siècle)
Chapelle des Fonts baptismaux
Statue de saint Méen (1829)
Statue de saint Méen (1829)
Transept sud
Œuvre du sculpteur havrais Haumont
Transept sud : Vitrail Renaissance d'une Vierge à l'Enfant  (vers 1530) entouré de blasons
Transept sud : Vitrail Renaissance d'une Vierge à l'Enfant (vers 1530) entouré de blasons
La Dormition de la Vierge (1495)
La Dormition de la Vierge (1495)
Au premier plan : saint Jean, saint Pierre et saint André
Groupe sculpté gauche (ancien élément du jubé)
Groupe sculpté gauche (ancien élément du jubé)
devant la dormition de la Vierge
Transept sud
La Vierge et l'Enfant (vers 1530) sur un très beau décor  d'un bleu profond
La Vierge et l'Enfant (vers 1530) sur un très beau décor d'un bleu profond
Transept sud : l'Assomption de la Vierge (fin du XVe siècle)
Transept sud : l'Assomption de la Vierge (fin du XVe siècle)

Le pas de l'ange n'est qu'une partie d'une construction gothique datée de 1420. Elle est reliée à une légende : celle de l'origine du nom de l'abbaye. Alors que les gens étaient rassemblés en 938 pour savoir quelle dédicace choisir (on notait la présence du duc Guillaume Longue-Épée, de l'archevêque de Rouen, des chanoines, de la cour et des fidèles), la légende raconte qu'un vieillard, vêtu de blanc, fendit la foule et s'en fut droit vers l'autel. Là il déposa un couteau portant l'inscription : «au nom de la sainte et indivisible Trinité». Puis l'ange disparut dans les airs en laissant l'empreinte de son pied dans la pierre. Son message s'imposait de lui-même : l'abbatiale sera dédiée à la Sainte Trinité. Une part de cette légende est néanmoins l'expression d'une réalité. Les sources rappellent que, au Xe siècle, déposer un couteau sur l'autel servait à concrétiser la donation d'une terre à une église. Voir l'histoire du «Pas-de-Dieu» à l'église Sainte-Radegonde de Poitiers.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

Vitrail avec un décor floral et liseré Renaissance
Vitrail avec un décor floral et un liseré Renaissance
Verrière du transept sud
Un évêque et sa mitre
Un évêque et sa mitre
Vitrail médiéval enchâssé dans la verrière
centrale du transept sud
Édicule gothique du pas de l'Ange (année 1420)
Édicule gothique du pas de l'Ange (année 1420)
Transept sud
À gauche, un groupe d'orants, élément de l'ancien jubé.
Chapelle des Fonts baptismaux
Chapelle des Fonts baptismaux
Transept sud
Ici reposent les ducs de Normandie
Richard Ier († 996), petit-fis de Rollon et Richard II († 1026).
Cette chapelle, autrefois indépendante, fut intégrée à l'église
romane lors de sa construction, à la fin du XIe siècle.
Le pas de l'Ange
Le «pas de l'Ange» au premier plan
Derrière, des personnages dont la plupart sont mutilés.

LE DÉAMBULATOIRE ET LES CHAPELLES RAYONNANTES SUD

Déambulatoire sud avec la chapelle Saint–Joseph et la chapelle des Saints–Patrons
Déambulatoire sud avec la chapelle Saint-Joseph et la chapelle des Saints-Patrons
Le déambulatoire de l'abbaye resplendit de superbes clôtures Renaissance.

LA CHAPELLE SAINT-CLAIR

Chapelle Saint-Clair
Chapelle Saint-Clair
Porte d'accès à la sacristie

LA CHAPELLE SAINT-MARTIN

Le retable de la chapelle Saint-Martin
Le retable de la chapelle Saint-Martin

Le retable de la chapelle Saint-Martin attire l'attention par ses contrastes. Entouré de fleurs, le bas-relief montre un saint Martin portant une chasuble, assisté derrière lui de trois clercs en aube. Ceux-ci portent la mître, la crosse et l'encensoir. Les décors du bas-relief sont dorés. Les personnages sont en blanc ou en gris, tandis que les visages sont de teinte naturelle.

Un prélat, peinture anonyme
Un prélat, peinture anonyme
Chapelle Saint-Clair : Bas-relief en terre cuite de la vie de saint  Clair
Chapelle Saint-Clair : Bas-relief en terre cuite de la vie de saint Clair

La terre cuite ci-dessus (première moitié du XVIIe siècle) illustre le martyre de saint Clair. Elle est située au-dessus de la porte qui ouvre la sacristie. Clair est un Anglais de Rochester venu évangéliser la Normandie au IXe siècle. On voit, à gauche, la scène de sa décapitation. Au centre, le saint porte sa tête avant de s'élever au Paradis. À droite enfin, saint Cyprien et un pélerin l'invoquent dans leurs prières.

Chapelle Saint-Martin : Saint Martin à cheval (XVIe siècle)
Chapelle Saint-Martin : Saint Martin à cheval (XVIe siècle)
Le mendiant qui l'accompagnait a été volé au XXIe siècle.
Chapelle Saint–Clair, porte d'accès à la sacristie
Chapelle Saint-Clair, porte d'accès à la sacristie
Détail du fronton Renaissance

Les chapelles du déambulatoire sud s'intègrent dans un environnement architectural exceptionnel. À la fin du XIIIe siècle, l'abbé Thomas de Saint-Benoît fit supprimer l'étage des tribunes, dégageant ainsi une magnifique perspective depuis le transept (voir photo plus bas). Depuis le transept, on aperçoit la chapelle axiale et ses grandes verrières, ce qui est très rare dans une église à chapelles rayonnantes. Les voûtes du   Suite plus bas ---»»»

LA CHAPELLE NOTRE-DAME DU BON SECOURS

La clôture extérieure de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
La clôture extérieure de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
Les vitraux en verre blanc ne possèdent que de fins liserés Renaissance.
Le somptueux retable du XVIIe siècle abrite une statue de la Vierge du XIXe
Le somptueux retable du XVIIe siècle abrite une statue de la Vierge du XIXe. Sur le fronton, une Assomption en terre cuite polychrome.
Colonne torse du retable avec pampres et oiseaux
Colonne torse du retable avec pampres et oiseaux
Chapelle Notre-Dame
Angelots tenant un écusson au-dessus de la porte
Angelots tenant un écusson au-dessus de la porte
Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
La claire-voie de la clôture
La claire-voie de la clôture
Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
Colonne torse Renaissance et encadrement de la niche
Colonne torse Renaissance et encadrement de la niche
Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
Chapelle Saint-Joseph et chapelle des Saints-Patrons
Chapelle Saint-Joseph et chapelle des Saints-Patrons
vues depuis le transept. Notez qu'il n'y a plus de tribune.

Les chapelles du déambulatoire sud. (Suite)
---»»» déambulatoire et celles des chapelles sont au même niveau. Leur importante élévation est très élégamment soulignée par de fines colonnettes, enrichies de chapiteaux légers situés juste sous la retombée des voûtes afin de ne pas briser le bel effet d'élancement.
Les clôtures Renaissance de l'abbatiale apparaissent en 1517 sous le mécénat de l'abbé Antoine Bohier (1505-1519) et sont achevées par son successeur, Adrien Gouffier (1519-1523). Leur style est clairement italien. Il annonce la Renaissance à Fécamp. À une époque encore marquée par le gothique flamboyant, ces clôtures sculptées dans la pierre de Vernon ont dû en étonner plus d'un. Il est certain que, parmi les mains expertes qui les ont créées, il y avait des Français et des Italiens. Certains artistes avaient sans doute travaillé auparavant au château de Gaillon dans l'Eure. Les clôtures sont constituées d'un soubassement, puis d'une rangée de colonnes étroites ou courent des rinceaux et des ciselages. Au-dessus, un entablement, lui aussi gorgé de motifs Renaissance. Enfin, une claire-voie finement ciselée, fermée à son tour par un étroit entablement. À l'origine, les clôtures étaient peintes et dorées, mais elles furent débadigeonnées en 1842.
Que sont devenues les clôtures? Celles qui fermaient la chapelle axiale et le chœur ont été détruites lors des réaménagements du XVIIIe siècle. Les chapelles rayonnantes du côté nord n'ont plus de porte ni de claire-voie au-dessus des colonnes (voir le détail plus bas). Celles du déambulatoire sud sont entières (à condition qu'aucun étage supplémentaire ne les ait jamais surmontées). Cependant la pierre calcaire de Vernon d'où elles sont taillées en rend les ornementations très fragiles.

LA CHAPELLE DES SAINTS-PATRONS

La chapelle des Saints-Patrons avec les vitraux de Lusson
La chapelle des Saints-Patrons avec les vitraux de Lusson

La chapelle des Saints-Patrons s'appelait autrefois la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Comme on le voit sur l'image ci-dessus (qui montre une partie de la claire-voie détruite), elle a subi le vandalisme des soldats révolutionnaires. Les blasons du soubassement ont été martelés. Son ancienne dédicace est rappelée par les deux anges du fronton qui tiennent le chef de Jean-Baptiste. La chapelle a été dédiée aux Saints-Patrons lors de la pose des vitraux créés par l'atelier parisien Lusson en 1864.
L'autel est moderne (architecte Barthélemy, 1865). En revanche, la chapelle possède une belle piscine-crédence de la fin du XIIIe siècle.

Deux anges présentent le chef de saint Jean-Baptiste dans le  plat de Salomon
Deux anges présentent le chef de saint Jean-Baptiste dans le plat de Salomon
Fronton de la porte de la chapelle des Saint-Patrons
Sculptures Renaissance de la claire-voie
Sculptures Renaissance de la claire-voie
Chapelle des Saints-Patrons
Vitrail 1864 (atelier Lusson) : La Cène
Vitrail 1864 (atelier Lusson) : La Cène
Chapelle des Saints-Patrons

Les vitraux de la chapelle, créés par l'atelier Lusson en 1864, représentent les patrons des anciennes paroisses de Fécamp. Le vitrail central représente la Cène et le Calvaire. Les vitraux de côté rappellent chacun quatre grandes figures. À gauche, saint Waning qui fonda l'abbaye au VIIe siècle, saint Nicolas, saint Léger et saint Benoît. À droite, les saints Fromond, Valéry, Thomas et Ouen. Rappelons que ces vitraux sont appelés vitraux-tableaux. Il n'y a pas de réseaux de plomb. Les artistes peignent sur du verre blanc, couleur par couleur. La cuisson fond ensuite la peinture dans la masse du verre.

Vitrail Lusson, 1864
Vitrail Lusson, 1864
Statue d'un saint évêque
Statue d'un saint évêque
Tombeau de l'abbé Thomas de Saint–Benoît (sans tête)
Tombeau de l'abbé Thomas de Saint-Benoît (sans tête)
C'est le douzième abbé de Fécamp
Début du XIVe siècle, chapelle des Saints-Patrons
Saint Thomas et saint Ouen
Saint Thomas et saint Ouen
Vitrail de l'atelier Lusson, 1864
Frise Renaissance et chapiteau sur la clôture
Frise Renaissance et chapiteau sur la clôture
L'autel de l'architecte Barthélemy, 1865
L'autel de l'architecte Barthélemy, 1865
Sur la droite, la belle piscine-crédence de la fin du XIIIe siècle et ses deux ogives
Chapelle des Saints-Patrons
Saint Waninge et saint Nicolas
Saint Waninge et saint Nicolas
Vitrail de l'atelier Lusson, 1864
Tombeau de l'abbé Robert de Putot, treižième abbé de Fécamp (1307–1326)
Tombeau de l'abbé Robert de Putot, treizième abbé de Fécamp (1307-1326)
Le soubassement présente des scènes du Nouveau Testament. Ici : la Présentation au Temple, Hérode donne
l'ordre de massacrer les premiers-nés, le Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte, la Chute des idoles.
Ce tombeau sépare la chapelle des Saints-Patrons et la chapelle Saint-Joseph.
La Crucifixion
La Crucifixion
Vitrail de l'atelier Lusson, 1864
LA CHAPELLE SAINT-JOSEPH

La chapelle Saint-Joseph présente un vitrail Renaissance qui mérite attention. Le très beau remplage a été offert par l'abbé Antoine Bohier en 1518, mais la verrière du XVe siècle, créée avant le remplage, a été remise en place. On en ignore l'auteur, mais elle présente deux belles compositions de saint Jean et de saint Pierre, données un peu plus bas en gros plan. Le tympan est garni d'une multitude d'anges portant les instruments de la Passion ou des instruments de musique.

Tombeau de l'abbé Guillaume de Putot, onžième abbé de Fécamp (1285–1297)
Tombeau de l'abbé Guillaume de Putot, onzième abbé de Fécamp (1285-1297)
Chapelle Saint-Joseph
Les anges dans le tympan du vitrail Renaissance
Les anges dans le tympan du vitrail Renaissance
Vue extérieure de la chapelle Saint–Joseph
Vue extérieure de la chapelle Saint-Joseph
Les colonnes de la clôture font place ici à des balustres,
le soubassement est garni de feuilles de chardon.

La chapelle abrite un retable présenté comme
le plus monumental de l'abbatiale.
Tombeau de l'abbé Robert de Putot
Chapelle Saint-Joseph Tombeau de l'abbé Robert de Putot
Le soubassement présente des scènes du Nouveau Testament. Ici : l'Annonciation,
la Visitation, la Nativité, l'Annonce aux bergers, l'Adoration des Mages (5 et 6)
Soubassement du tombeau de l'abbé Robert de Putot :
Soubassement du tombeau de l'abbé Robert de Putot :
Annonciation, Visitation et Nativité
La claire-voie de la chapelle Saint-Joseph
La claire-voie de la chapelle Saint-Joseph
Une colonne torse du retable (XVIIe siècle)  avec la statue de saint Fiacre (1873)
Une colonne torse du retable (XVIIe siècle) avec la statue de saint Fiacre (1873)
Le retable du XVIIe siècle de la chapelle Saint-Joseph
Le retable du XVIIe siècle de la chapelle Saint-Joseph
Bas-relief de la Sainte Famille, 1869
Bas-relief de la Sainte Famille, 1869
au centre du retable
Vitrail Renaissance de la chapelle Saint-Joseph
Vitrail Renaissance de la chapelle Saint-Joseph
avec saint Pierre et saint Jean (en bas)
Balustre Renaissance de la clôture
Balustre Renaissance de la clôture
Vitrail de saint Jean (XVe siècle)
Vitrail de saint Jean (XVe siècle)
Chapelle Saint-Joseph
Vitrail de saint Pierre (XVe siècle)
Vitrail de saint Pierre (XVe siècle)
Chapelle Saint-Joseph
LA CHAPELLE AXIALE DITE «DE LA VIERGE»
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
Dans le retable, l'«Assomption» de Jean de Saint-Igny

La première chapelle axiale remonte au XIIIe siècle, s'insérant dans les chapelles rayonnantes. En 1489, l'abbé Jean Balue décide de la faire agrandir. Pour ce faire, il faut d'abord ériger une salle basse car le terrain est très en pente et la nouvelle chapelle forme saillie hors les murs de l'enceinte du XIe siècle. La nouvelle chapelle de la Vierge est en style gothique flamboyant, inondée de lumière grâce à ses grandes verrières qui l'encerclent entièrement.
C'est en 1802 que les dorsaux des stalles prennent place dans la chapelle. On peut toujours y admirer le superbe travail que les ébénistes parisiens réalisèrent en 1750 : panneaux-pilastres somptueusement décorés de symboles religieux ou musicaux, médaillons affichant les visages de personnages de l'histoire sainte ou de figures marquantes de l'abbaye. Les vitraux de la chapelle de la Vierge datent de différentes époques, du XIIIe siècle au XVIe siècle, toujours des réemplois. Leur lecture est assez difficile, une partie est cachée par le retable. Cette page donne les vitraux Renaissance du côté sud et un du côté nord.

Le retable de l'époque Louis XIII de la chapelle de la  Vierge
Le retable de l'époque Louis XIII de la chapelle de la Vierge
La voûte du déambulatoire
La voûte du déambulatoire
avec l'entrée dans la chapelle de la Vierge
«L'Assomption» de Jean de Saint-Igny (1636)
«L'Assomption» de Jean de Saint-Igny (1636)
Ce tableau, de tendance maniériste, est l'un des trois attestés de cet artiste.
Colonne du retable avec une
Colonne du retable avec une
somptueuse décoration Louis XIII
Ornementation à thème
Ornementation à thème
musical dans les boiseries

L'abbaye de Fécamp a toujours développé une riche vie musicale. Elle possédait une école réputée où les humanités exigeaient, là comme ailleurs, l'apprentissage de la   ---»»»

Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Clé de voûte de la chapelle de la Vierge
Verrière XVIe siècle sur le côté  sud
Verrière XVIe siècle sur le côté sud

---»»» musique. Des concerts étaient donnés par des clercs ou des musiciens profanes (souvent les mêmes - il suffisait de changer d'habit). C'est pourquoi les motifs musicaux sont nombreux dans la décoration de l'abbatiale, à commencer par les stalles.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de D. Bellamy et F. Pouge

Chaire à prêcher octogonale de Paul Bertrand (1902)
Chaire à prêcher octogonale de Paul Bertrand (1902)
sur un dessin d'André-Paul Leroux
dans la chapelle de la Vierge
Colonne avec décoration
Colonne avec décoration
de l'époque Louis XIII
Chapelle de la Vierge
Vitrail du XVIe siècle : Saint Maclou, sainte Marguerite, la Vierge et l'Enfant
Vitrail de Saint Maclou, sainte Marguerite et de la Vierge et l'Enfant ---»»»
Côté sud de la chapelle de la Vierge, XVIe siècle
Partie haute du retable (époque Louis XIII) avec son
Partie haute du retable (époque Louis XIII) avec son
ornementation luxuriante (modillons, feuillage, mascarons, angelots, etc.)
Chapelle de la Vierge
Vitrail de la Trinité (XVIe siècle) dans la verrière sud de la chapelle de la Vierge
Vitrail de la Trinité (XVIe siècle) dans la verrière sud de la chapelle de la Vierge (peut-être dû à Arnoult de Nimègue)

Jean Balue, abbé de Fécamp de 1465 à 1473 et de 1480 à 1482, à l'origine de l'agrandissement de la chapelle de la Vierge, inaugure involontairement le régime de la commende, avant même le Concordat de Bologne en 1516. Balue est aussi cardinal, évêque d'Évreux, aumônier de Louis XI et secrétaire d'État. Ce qui lui donne peu de temps pour s'occuper de l'abbaye. Il prit une position douteuse dans le conflit franco-bourguignon et traita avec Charles le Téméraire contre Louis XI. C'est pourquoi le roi le fit enfermer pendant onze ans dans le donjon de Loches dans une cage de fer, un système particulièrement dur de détention... que Jean Balue aurait, parait-il, lui-même inventé.

-----------------    CINQ MÉDAILLONS DANS LES DORSAUX DES STALLES (1750)   -----------------
Saint Jérôme
Saint Jérôme
Sainte Cécile
Sainte Cécile
Saint Luc
Saint Luc
Le duc Richard Ier (ou Richard II)
Le duc Richard Ier (ou Richard II)
Guerrier casqué
Guerrier casqué
La suite des dorsaux des stalles sur le côté nord  (1750)
La suite des dorsaux des stalles sur le côté nord (1750)
Vue d'ensemble de l'autel dans son environnement de boiseries
Vue d'ensemble de l'autel dans son environnement de boiseries
Panneau-pilastre décoré
Panneau-pilastre décoré
dans les dorsaux des stalles
Le pressoir mystique?
L'ange rouge dans le soufflet du vitrail central
L'ange rouge dans le soufflet du vitrail central
( XIVe siècle)
L'ange bleu dans le soufflet du vitrail central
L'ang ebleu dans le soufflet du vitrail central
( XIVe siècle)
Statue en bois de la Vierge à l'Enfant
Statue en bois de la Vierge à l'Enfant
Chapelle de la Vierge
Époque contemporaine

«««---Le panneau à gauche est assez étonnant. Dans la partie supérieure, on y voit des grappes de raisins qui alimentent deux cylindres posés sur une table. Ces cylindres semblent agir comme des pressoirs. Tandis que, plus bas, un vase pourrait recueillir le jus de raisin. Est-ce une (très belle) allégorie du pressoir mystique, le vase recevant le sang du Christ, symbolisé par le fruit de la vigne? Voir le pressoir mystique à la cathédrale de Troyes.

Le tabernacle du Précieux Sang
Le tabernacle du Précieux Sang
Œuvre du sculpteur génois Girolamo Viscardo (1507)
La Résurrection sur le fronton du tabernacle du Précieux Sang
La Résurrection sur le fronton du tabernacle du Précieux Sang

Le tabernacle du Précieux Sang a été commandé par l'abbé Bohier en 1507 au sculpteur génois Girolamo Viscardo. Il est fait en marbre sur le modèle des tabernacles florentins du XVe siècle. Il y a plusieurs légendes à l'origine de la présence du prétendu sang du Christ dans cette relique. La principale affirme qu'elle contient le sang qui a coulé de ses plaies quand Joseph d'Arimathie et Nicodème ont descendu son corps de la croix. Cette légende, tirée des écrits apocryphes, nous apprend que Nicodème, à la fin de sa vie, donna le dépôt de ce sang à son neveu Isaac. Quand les Romains envahissent la Judée, Isaac s'enfuit à Sidon. La relique, mise à l'abri dans deux tubes de plomb, est enfouie dans le tronc d'un figuier. Peu après, Isaac livre le tronc à la mer, Dieu lui ayant dit de ne pas s'inquiéter car le tronc touchera terre à l'extrémité de la Gaule. Une fois sur le rivage de Fécamp, il est découvert par un Gaulois, nommé Bozon venu évangéliser le pays de Caux. C'est le point de départ d'une légende qui, depuis le XIIe siècle, a fait affluer de très nombreux pèlerins à l'abbatiale. ---»»»

La porte du tabernacle
La porte du tabernacle
Œuvre du sculpteur Fulconis en 1873.
Un apôtre non identifié à gauche et saint  Jean à droite
Un apôtre non identifié à gauche et saint Jean à droite
Extrait du vitrail des Apôtres (milieu du XIIIe siècle), côté nord

---»»» Les fruits du figuier assurent la prospérité de la famille, mais personne n'arrive à l'ôter de l'endroit où il se trouve. Plus tard, un étranger le fait, traîne l'arbre sur une charrette, mais l'attelage se brise. C'est à cet endroit que fut érigée l'abbaye...

Le Trinité et des blasons dans la partie basse
Le Trinité et des blasons dans la partie basse
Remplage haut du vitrail central (XIVe siècle)
LES CHAPELLES RAYONNANTES DU DÉAMBULATOIRE NORD

C'est dans le déambulatoire nord que se trouvent les seuls vestiges de l'église romane de Guillaume de Ros consacrée en 1099. Après l'incendie de 1168 ne subsistaient plus que la chapelle Saint-Pierre-et-Saint-Paul et, tout à côté, la chapelle Saint-Nicolas. On peut y ajouter une arcade avec ses piliers et une tribune dans le chœur. Ces vestiges sont néanmoins suffisants pour que les amateurs d'art roman et les architectes d'art puissent se représenter l'élévation du XIe siècle dans les chapelles rayonnantes. Mieux encore, ils peuvent reconstituer le chœur ancien : l'église de Guillaume de Ros était pourvue d'un large déambulatoire qui donnait accès à des chapelles rayonnantes alternativement rondes et carrées. Les sources nous indiquent que, à l'abbaye de

Jumièges, autre grande abbaye de Normandie, le déambulatoire n'avait pas de chapelles rayonnantes et qu'il servait de simple galerie de circulation.
C'est aussi dans les chapelles nord de l'abbatiale de la Trinité que les déprédations de la Révolution ont été les plus nombreuses. Les chapelles n'ont plus de claire-voie, les portes n'ont plus de frontons. Certains d'entre eux, qui ont néanmoins subsisté, sont exposés sous les fenêtres du bas-côté sud. Voir plus haut.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions

LA CHAPELLE SAINT-PIERRE-ET-SAINT-PAUL
Vue de la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul
Vue de la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul
La clôture avec le bas–relief Renaissance du soubassement intérieur
La clôture avec le bas-relief Renaissance du soubassement intérieur
La porte dessert la salle basse sous la chapelle de la Vierge
La porte dessert la salle basse sous la chapelle de la Vierge
À une époque où l'on voyait le diable partout,  ce culot roman représentant une
À une époque où l'on voyait le diable partout, ce culot roman représentant une
espèce de vampire malfaisant avait vraiment de quoi terrifier les esprits !
Bas-relief Renaissance de la clôture extérieure
Bas-relief Renaissance de la clôture extérieure
Bas-relief Renaissance de la clôture extérieure
Bas-relief Renaissance de la clôture extérieure

LA CHAPELLE SAINTE-NICOLAS

Vue d'ensemble de la chapelle Saint-Nicolas
Vue d'ensemble de la chapelle Saint-Nicolas
avec sa voûte en cul-de-four
Le retable de la chapelle Saint-Nicolas
Le retable de la chapelle Saint-Nicolas
XVIIe siècle
Statue de saint Clair
Statue de saint Clair
XVIe siècle
Sculptures sur les chapiteaux de la clôture
Sculptures sur les chapiteaux de la clôture

La chapelle Saint-Nicolas existait déjà au temps de l'église romane. L'un de ses points remarquables est la voûte en cul-de-four qui surplombe le retable du XVIIe siècle caractérisé par deux superbes colonnes sculptées de pampres et d'oiseaux picorant les grains de raisin. La frise de l'entablement (donnée ci-dessous) est la copie des décors de l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen.

Frise Renaissance sur l'entablement
Frise Renaissance sur l'entablement
Colonne sculptée avec pampres et oiseaux
Colonne sculptée avec pampres et oiseaux
La Flagellation, tableau anonyme
La Flagellation, tableau anonyme
Tombeau de Richard d'Argences
Tombeau de Richard d'Argences
septième abbé de Fécamp (1220-1223)
La sculpture funéraire, du XIIIe siècle, est d'une
très belle facture artistique.
Chapiteau sculpté Renaissance
Chapiteau sculpté Renaissance
avec un oiseau fabuleux
Bas-relief Renaissance sur le soubassement intérieur
Bas-relief Renaissance sur le soubassement intérieur

LA CHAPELLE SAINT-PIERRE

La chapelle Saint-Pierre
La chapelle Saint-Pierre
Le retable néo-classique de la fin du XVIIIe siècle
Le retable néo-classique de la fin du XVIIIe siècle

Au niveau des sculptures Renaissance, la chapelle Saint-Pierre est l'une des plus riches de l'abbatiale. L'encadrement de la porte, embelli de deux angelots musiciens, est somptueux. La frise de l'entablement (ci-dessous) resplendit d'un bas-relief de rinceaux et d'animaux. En revanche, le retable de la fin du XVIIIe siècle est plus chiche. La peinture de saint Pierre, que l'on voit au-dessus de l'autel (photo ci-dessus), est l'œuvre d'un membre de la fabrique, Jules Courseaux, au XIXe siècle.

Angelot musicien jouant de la flûte
Angelot musicien jouant de la flûte
au-dessus de chapiteaux à feuilles et à têtes d'animaux fabuleux
Encadrement de la porte de la chapelle Saint-Pierre
Frise Renaissance et chapiteaux de la chapelle Saint-Pierre
Frise Renaissance et chapiteaux de la chapelle Saint-Pierre
Chapiteau Renaissance
Chapiteau Renaissance
de la clôture de la chapelle Saint-Pierre

L'abbatiale au XIXe siècle. Entre le Concordat de 1801 et la loi de Séparation de l'Église et de l'État de 1905, l'église paroissiale de la Trinité est gérée, de par la loi, par un conseil de Fabrique. Les sept membres en sont le maire de Fécamp, le curé de la paroisse, trois personnes choisies par l'archevêque de Rouen et deux autres désignées par le préfet du département de la Seine-Inférieure. L'abbatiale est vaste. Les dépenses de restauration et d'entretien sont importantes. Les revenus viennent de la location des bancs, de rentes, de legs, des quêtes, des produits des troncs, des souscriptions et donations. En 1840, l'édifice est classé monument historique, on peut donc faire appel à l'État pour les gros travaux. Néanmoins, c'est la générosité des paroissiens qui permet l'essentiel de l'embellissement. Ainsi, en 1883, le président du conseil de Fabrique offrit rien moins que la chaire et le banc d'œuvre, une grille, la verrière occidentale, l'orgue néo-gothique du chœur, un confessionnal et des ornements.

LA CHAPELLE DU SACRÉ-CŒUR

Le déambulatoire nord avec les chapelles Saint–Madeleine, du Sacré–Cœur et de Saint–Pierre
Le déambulatoire nord avec les chapelles Sainte-Madeleine, du Sacré-Cœur et de Saint-Pierre
Frise Renaissance dans l'encadrement de la porte
Frise Renaissance dans l'encadrement de la porte
Chapelle Saint-Pierre
Angelot musicien jouant de la viole
Angelot musicien jouant de la viole
Encadrement de la porte de la chapelle Saint-Pierre
L'autel du sculpteur rouennais Bonnet, 1879
L'autel du sculpteur rouennais Bonnet, 1879
Chapelle du Sacré-Cœur

Guillaume de Volpiano naît vers 962. Il est fils de comte et devient moine. Maïeul, l'abbé de Cluny, fait appel à lui pour aider à la diffusion de la réforme clunisienne. En 990, il devient abbé de Saint-Bénigne à Dijon, puis d'une cinquantaine d'autres monastères. Il accepte la charge d'abbé de Fécamp en 1001 parce qu'on lui a donné la garantie que l'abbaye serait indépendante de tout pouvoir laïc. C'est là un des points-clés de la gestion clunisienne : la réforme est impossible si les Grands gèrent les affaires des abbayes. De fait, les ducs de Normandie jugent son action et lui octroient le privilège de l'Exemption en 1006, garantie de l'indépendance.
Sous son abbatiat, Fécamp va briller d'une nouvelle dimension culturelle. Le chant grégorien est restauré. De nombreux moines, formés à la règle de Saint-Benoît, s'en iront gérer les abbayes de Normandie (Rouen, Jumièges, le Mont Saint-Michel, Bernay, Évreux) ou deviendront évêques.
Guillaume de Volpiano a passé peu de temps à Fécamp, mais il y meurt le 1er janvier 1031. L'Église catholique l'a proclamé «Bienheureux».
En 1879, on transféra dans son mausolée les restes du dernier abbé de Fécamp mort en 1848.
Source : «L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de D. Bellamy et F. Pouge, Charles Corlet Éditions

Les colonnes spiralées de la clôture Renaissance
Les colonnes spiralées de la clôture Renaissance
Haut-relief de l'autel
Haut-relief de l'autel
Sainte Maguerite-Marie Alacoque en extase
Mausolée de Guillaume de Volpiano
Mausolée de Guillaume de Volpiano
édifié en 1680
Chapelle du Sacré-Cœur
La statue du haut est moderne.

Arrivés en 1649, les mauristes ont tenu à honorer
Guillaume de Volpiano de ce luxueux mausolée
pour bien montrer que leur action s'inscrivait
dans sa ligne réformatrice.
Bas-relief Renaissance sur le soubassement
Bas-relief Renaissance sur le soubassement
Soubassement de l'autel : la translation des reliques  de Marguerite-Marie (XIXe)
Soubassement de l'autel : la translation des reliques de Marguerite-Marie (XIXe)

LA CHAPELLE SAINTE-MADELEINE

Chapelle Sainte-Madeleine
Chapelle Sainte-Madeleine
Le retable de la fin du XVe siècle
Le retable de la fin du XVe siècle
La piscine–crédence du XVe siècle
La piscine-crédence du XVe siècle
Elle est ornée d'un bel arc surmonté d'un gâble à crochets
«««--- Vieillard barbu sur un cul-de-lampe près du retable

La clôture de la chapelle Sainte-Madeleine est la plus ancienne de tout le déambulatoire. C'est par elle que commença l'embellissement des chapelles rayonnantes voulu par l'abbé Antoine Bohier au début du XVIe siècle. L'embellissement Renaissance des chapelles sud fut pris en charge par son successeur. On y trouve quelques décors gothiques notamment près du    Suite plus bas ---»»»

Décoration Renaissance près de la porte
Décoration Renaissance près de la porte
Somptueuses sculptures Renaissance sur les colonnes de la chapelle  Sainte-Madeleine
Somptueuses sculptures Renaissance sur les colonnes de la chapelle Sainte-Madeleine
Sculpture animale et chapiteaux
Sculpture animale et chapiteaux

---»»»   retable de la fin du XVe siècle. Sous ce retable, un autel néo-gothique a été installé (partiellement caché par un drap). La statue polychrome de sainte Madeleine est, elle aussi, du XVe siècle. On trouve également une belle sculpture du XVe siècle dans un cul-de-lampe près du retable : c'est un vieillard barbu qui porte un phylactère (photo donnée plus haut).

CONFESSIONNAL, PIÉTA ET ORGUE DE TRIBUNE

Confessionnal du XIXe siècle
Confessionnal du XIXe siècle
Chapelle Saint-Joseph
Sculpture en bois sur le fronton du confessionnal
Sculpture en bois sur le fronton du confessionnal
Saint Pierre accueille le pénitent

À DROITE ---»»»
Peinture murale du XIXe siècle dans
le déambulatoire nord avec la Piéta

Saint-Louis ---»»»--»»
Peinture murale du XIXe siècle
Saint-Louis
Saint Fromond et saint Valéry, vitrail XIXe siècle
Saint Fromond et saint Valéry, vitrail XIXe siècle
Chapelle des Saints-Patrons
Piéta dans le bas–côté nord
Piéta dans le bas-côté nord
(Cette sculpture vient peut-être du jubé.)
Grand vitrail de la façade occidentale : La Trinité
Grand vitrail de la façade occidentale : La Trinité
Œuvre du maître verrier rouennais Boulanger (1883)
Le balcon droit de l'orgue de tribune
Le balcon droit de l'orgue de tribune
Le buffet de chêne de style Louis XV qui vient du monastère des Bénédictines
de Montivilliers a été adapté à la façade de l'abbatiale.
Le chœur, les stalles et l'orgue de tribune
Le chœur, les stalles et l'orgue de tribune
L'orgue de tribune de Cavaillé-Coll L'orgue de tribune de Cavaillé-Coll

Les sources nous apprennent qu'un orgue existait déjà à Fécamp au XIe siècle. Cet instrument, évidemment peu pratique et qui nécessitait la force de plusieurs hommes, ne passa pas le cap de la Révolution. En 1803, on installa dans l'abbatiale l'orgue et le buffet du monastère des Bénédictines de Montivilliers qui dataient eux-mêmes de 1746. Le buffet fut adapté à la façade. L'instrument fut entièrement refait par Cavaillé-Coll, puis inauguré en 1883. Charles Gounod, qui composa à Fécamp son Ave Maria, joua sur cet orgue.


Documentation :«L'abbatiale de la Trinité de Fécamp» de David Bellamy et Françoise Pouge, Charles Corlet Éditions
+ «L'église de la Trinité de Fécamp» de Jean Vallery-Radot, éditions Henri Laurens.
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