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Page créée en juin 2014
«La Piéta» d'Alfred Boucher, détail

La construction de l'église Saint-Laurent de Nogent-sur-Seine a commencé pendant la guerre de Cent Ans, l'année 1421 exactement. Cette année-là, on entreprit d'élever l'abside et le chœur. En 1500, on continua avec la nef, les bas-côtés et les chapelles latérales nord et sud. Ce n'est qu'en pleine Renaissance, en 1551, que l'on commença la construction des bas-côtés du chœur et des chapelles qui les bordent. Au niveau architectural, l'église présente un grand intérêt : celui d'une construction interrompue, sans doute par manque de financement. Les piliers, que ce soit dans la nef, les bas-côtés ou le chœur, semblent coupés : ils sont prêts à recevoir la suite de l'élévation... qui n'est jamais venue. Ces interruptions sont bien visibles sur les photos de cette page. Le deuxième intérêt de l'église concerne son côté artistique. Commencée en 1421, à l'époque du gothique tardif, elle a vu son chœur s'enrichir, en 1551, de chapelles nord et sud conçues dans un beau style Renaissance, que ce soit à l'intérieur ou sur les façades extérieur de l'édifice.
Le côté artistique de l'église Saint-Laurent est rehaussé par la présence de nombreux tableaux, la plupart inscrits au titre des Monuments historiques, et souvent anonymes. Cette page en reproduit une bonne partie. Il faut signaler aussi la présence de grandes statues de plâtre dues aux maîtres locaux : Paul Dubois, Alfred Boucher, Marius Ramus. Enfin, l'orgue de tribune et son magnifique buffet de style Renaissance méritent d'être signalés.

«Le Martyre de saint Laurent» attribué à Eustache Lesueur, XVIIe siècle, détail
Vue d'ensemble de l'église Saint-Laurent à Nogent-sur-Seine
Vue d'ensemble de l'église Saint-Laurent à Nogent-sur-Seine
Sur le mur est de la nef, la fresque date du XVIIe siècle.

Architecture. Longueur de l'église : 52 mètres ; largeur : 30 mètres et hauteur de la nef : 16 mètres. Voir la toile de Vernet «Le Livon» avec l'église Saint-Laurent au musée Paul-Dubois-Alfred-Boucher de Nogent-sur-Seine.
On voit, dans le haut de la photo ci-dessus, que les piliers de la nef ont été interrompus. Ils reçoivent les charpentes de la voûte selon un dispositif architectural qui n'a rien d'orthodoxe. De toute évidence, les plans initiaux de l'architecte prévoyaient une voûte en pierre plus élevée que la simple voûte en bois qui recouvre la nef. Ces piliers interrompus se voient aisément sur les photos de la nef, des bas-côtés et du chœur. Y a-t-il eu un problème de financement une fois la

guerre de Cent Ans terminée? Un problème qui a contraint l'architecte (ou son successeur) à rabattre les prétentions architecturales de l'église? En général, ces problèmes de financement touchaient moins les chapelles latérales car elles étaient privées : financées et meublées par les riches bourgeois de la ville, elles pouvaient à l'occasion accueillir un caveau familial. Même s'il fallait attendre un siècle ou deux pour les construire, elles finissaient toujours par l'être (voir le cas de la cathédrale d'Amiens). Ce n'était pas le cas pour les élévations de la nef ou pour la voûte dont la construction ne se traduisait pas par un bénéfice tangible pour le donneur.

La façade occidentale date du début du XVIe siècle
La façade occidentale date du début du XVIe siècle
La tour clocher a été ajoutée à la Renaissance.
La porte Saint-Michel
La porte Saint-Michel
Porte du transept nord en gothique flamboyant
Le côté nord du chevet
Le côté nord du chevet
La décoration Renaissance, qui encadre de grandes baies en plein-cintre,
y est plus élaborée que celle des chapelles latérales du chœur au sud.
Ces chapelles du côté nord datent de 1554.
Le chevet vu du côté sud avec ses chapelles Renaissance
Le chevet vu du côté sud avec ses chapelles Renaissance

«««--- À GAUCHE

Fenêtre Renaissance
dans une chapelle latérale
du chœur
Le mascaron de l'archivolte
Le mascaron de l'archivolte
de la fenêtre Renaissance
Sculpture gothique dans les voussures
Sculpture gothique dans les voussures
de la porte Saint-Michel (transept nord)
Deux anges dans le fronton Renaissance
Deux anges dans le fronton Renaissance
de la porte du transept sud
Porte Renaissance du transept sud
Porte Renaissance du transept sud

La partie extérieure de Saint-Laurent présente un double intérêt. Avec une construction qui s'étale sur plus d'un siècle, on y observe des portes en gothique flamboyant, d'autres en style Renaissance. Les décorations des chapelles du chœur et les pilastres (ci-dessous) retiennent aussi l'attention.

Couronnement d'un pilastre sur le côté sud
Couronnement d'un pilastre sur le côté sud
L'aspect Renaissance est bien visible.
Le campanile au sommet du clocher (daté de 1521)
Le campanile au sommet du clocher (daté de 1521) se termine
par la statue colossale de saint Laurent.
Le côté nord avec des fenêtres à remplage flamboyant
Le côté nord présente quatre pignons (trois sont visibles sur la photo) avec des fenêtres à remplage flamboyant
encadrées d'archivoltes. Le portail à double baie (porte Saint-Michel) est donné en gros plan plus haut.
LES CHAPELLES LATÉRALES DU BAS-CÔTÉ SUD
La nef et les chapelles latérales du bas–côté sud
La nef et les chapelles latérales du bas-côté sud
La majorité des vitraux est en verre blanc. L'église bénéficie ainsi d'une grande luminosité.
Statue de la Vierge dans l'absidiole sud
Statue de la Vierge dans l'absidiole sud
XIXe siècle
LA CHAPELLE DES FONTS BAPTISMAUX
Autel de saint-Jean-Baptiste
Autel de saint-Jean-Baptiste
Chapelle des Fonts Baptismaux
Statue de Jean-Baptiste enfant
Saint Jean-Baptiste enfant
Plâtre de Paul Dubois. Voir l'épreuve en bronze au musée de Nogent/Seine
Le bas–côté sud et ses chapelles latérales
Le bas-côté sud et ses chapelles latérales
LA CHAPELLE SAINT-LOUIS
La voûte de la chapelle latérale sud Saint–Louis
La voûte de la chapelle latérale sud Saint-Louis
et ses décorations typiques du XIXe siècle
Bas–relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas et les trois pucelles
Bas-relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas et les trois pucelles
Chapelle des Fonts Baptismaux
Voir la légende de saint Nicolas à l'église Saint-Étienne d'Arcis-sur-Aube
Bas–relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas fait apporter du ravitaillement
Bas-relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas fait apporter des vivres
Bas–relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas apaise la tempête
Bas-relief de la Légende de saint Nicolas : Saint Nicolas apaise la tempête
La chapelle Saint-Louis avec décorations
La chapelle Saint-Louis avec décorations
et vitrail du XIXe siècle
Un ange tenant un écusson
Un ange tenant un écusson
Un ange portant la couronne royale
Un ange portant la couronne royale
À DROITE ---»»»
Anges sur la voûte de la chapelle Saint-Louis
Statue de saint Louis (XIXe siècle)
Statue de saint Louis (XIXe siècle)
Chapelle Saint-Louis
«Saint Jean–Baptiste enfant», partie centrale
«Saint Jean-Baptiste enfant», partie centrale
Anonyme XVIIIe siècle
Un ange portant l'Enfant
Un ange portant l'Enfant
sur un mur de la chapelle Saint-Louis
À DROITE ---»»»
Saint Georges et sainte Anne dans la chapelle Saint-Louis
(Atelier Claudius Lavergne, Paris, XIXe siècle)
Saint Georges et sainte Anne
Saint Georges et sainte Anne
Détail : Sainte Anne avec Marie
Saint Georges et sainte Anne dans la chapelle Saint-Louis
«Sainte Famille au lys»
«Sainte Famille au lys»
Anonyme, XVIIe ou XIXe siècle, huile sur toile
LA CHAPELLE SAINT-FIACRE
La chapelle latérale sud «Saint–Fiacre»
La chapelle latérale sud «Saint-Fiacre»
Statue de saint Fiacre
Statue de saint Fiacre
XVIe siècle [base Palissy]
Chapelle latérale sud Saint-Fiacre
LA CHAPELLE SAINT-VINEBAULT ET SA VERRIÉRE RENAISSANCE
L'autel de la chapelle latérale sud «Saint–Vinebault»
L'autel de la chapelle latérale sud «Saint-Vinebault»
Sa décoration est typique du XIXe siècle.
Statue de saint Vinebault
Statue de saint Vinebault
(XIXe siècle?)
Vinebault est un saint de Champagne
sur lequel on possède peu d'informations.
Sa vie est peut-être légendaire.

Le département de l'Aube est connu pour ses verrières Renaissance (XVIe et XVIIe siècles), voir notamment la ville de Troyes. L'église Saint-Laurent de Nogent-sur-Seine ne possède que quelques timides réemplois de verrières de la 1ère moitié du XVIe siècle. On peut les voir dans le tympan du vitrail de la chapelle Saint-Vinebault. Ils sont donnés ici en gros plan. Le reste du vitrail est en verre blanc.

«Fuite en Égypte»
«Fuite en Égypte»
Eugène Devéria (1805-1865)
Huile sur toile, 1837
«Fuite en Egypte» d'Eugène Devéria, détail
«Fuite en Egypte» d'Eugène Devéria, détail
La chapelle latérale sud Saint–Vinebault
La chapelle latérale sud Saint-Vinebault
Vue d'ensemble avec les réemplois Renaissance dans le vitrail
Un ange musicien dans le réemploi des vitraux Renaissance
Réemploi Renaissance dans le tympan gauche du vitrail
Réemploi Renaissance dans le tympan gauche du vitrail
Chapelle Saint-Vinebault (1ère moitié du XVIe siècle)
Réemploi Renaissance dans le tympan droit du vitrail
Réemploi Renaissance dans le tympan droit du vitrail
Chapelle Saint-Vinebault (1ère moitié du XVIe siècle)
Statue de saint Leu (XIXe siècle?)
Statue de saint Leu (XIXe siècle?)
Chapelle Saint-Vinebault
Partie principale du réemploi droit : la Vierge  ou une sainte (?)
Partie principale du réemploi droit : la Vierge ou une sainte (?)
Vitrail Renaissance (1ère moitié du XVIe siècle)
Chapelle Saint-Vinebault
«««--- Un ange musicien dans le réemploi des vitraux Renaissance
Partie haute du tympan droit du vitrail
Un ange dans le tympan gauche
Un ange dans le tympan gauche
du vitrail de la chapelle Saint-Vinebault
Époque Renaissance
«Sainte Famille»
«Sainte Famille»
Anonyme, XVIIe siècle
Un ange dans le tympan droit
Un ange dans le tympan droit
Vitrail Renaissance
«Saint François»
«Saint François»
Anonyme, XVIIIe siècle
Huile sur toile
LA CHAPELLE LATÉRALE SUD «SAINTE-MADELEINE»
L'autel et l'Arbre de l'apparition à Marie-Madeleine Statue de saint Marthe
Statue de saint Marthe
ou de saint Marie, mère de Jacques
«Le Martyre de saint Laurent»
«Le Martyre de saint Laurent»
Vitrail contemporain de Max Ingrand
(deuxième moitié du XXe siècle)
Voir le commentaire sur le «style Max Ingrand» à l'église
Saint-Pierre d'Yvetot et sur Max Ingrand lui-même à la même église.
«««--- À GAUCHE

L'autel et l'Arbre de l'Apparition
à Marie-Madeleine
XVe ou XVIe siècle? [Base Palissy]

Sur le phylactère qui entoure le tronc de l'Arbre se trouvent les mots de Jésus à Marie-Madeleine, le dimanche de la Résurrection : «Noli me tangere» (Ne me touche pas).

«Le Martyre de saint Laurent» (Max Ingrand)
«Le Martyre de saint Laurent» (Max Ingrand)
Le martyre du saint (cuit sur un brasier) en gros plan
«Le Martyre de saint Laurent»
«Le Martyre de saint Laurent»
Détail avec le personnage à la tête de diable cornu
(Max Ingrand)
Statue de Marie-Madeleine
Statue de Marie-Madeleine
Chapelle Sainte-Madeleine
«Agonie du Christ» Anonyme, XVIIe siècle «Le Martyre de saint Laurent» (Max Ingrand)
«Le Martyre de saint Laurent» (Max Ingrand)
Détail : L'empereur Valérien assiste au supplice

«««--- À GAUCHE
«Agonie du Christ»
Anonyme, XVIIe siècle
«Saint Bruno»
«Saint Bruno»
Anonyme, XVIIe siècle, huile sur toile
Copie du tableau de Pier Francesco Mola, la Vision de saint Bruno,
peinte vers 1663-1666.
Saint Bruno est ici peint en habit de chartreux.
Sainte Geneviève
Sainte Geneviève
Anonyme, marbre
XVIIe siècle
«Saint Bruno», détail
«Saint Bruno», détail
Anonyme, XVIIe siècle, huile sur toile

La toile anonyme de «Saint Bruno» est une copie du tableau de Pier Francesco Mola, la Vision de saint Bruno, peinte vers 1663-1666 et exposé au Getty Museum de Los Angeles. La toile présente le saint dans une posture riche en symboles : le corps à terre et le bras levé vers le ciel. On pourra voir avec intérêt une disposition semblable (quoique dans un contexte différent) dans le Christ au jardin des Oliviers d'Eugène Delacroix à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul à Paris, 4e.

La statue de sainte Geneviève, est en marbre et date du XVIIe siècle. À cette époque, on la regardait comme une Vierge à l'Enfant. À la Révolution, elle devint allégorie de la Justice. Elle retrouva sa vocation religieuse de sainte au XIXe siècle. Source : panneau dans la nef

L'ABSIDIOLE SUD ET LES CHAPELLES DU CHŒUR CÔTÉ SUD
Vue d'ensemble de l'absidiole sud (chapelles du chœur côté sud)
Vue d'ensemble de l'absidiole sud (chapelles du chœur côté sud)
Cette partie de l'église a été commencée en 1551 (tout comme l'absidiole nord).
«Conversion de Marie–Madeleine»
«Conversion de Marie-Madeleine»
Auguste Barthélemy Glaize, 1844, huile sur toile

La toile ci-dessus intitulée «la Conversion de Marie-Madeleine» est présentée comme appartenant au style «pompier», un style qui fleurit en France et en Europe vers le milieu du XIXe siècle. Au-delà des définitions habituelles du terme pompier en matière d'art, on constate que le peintre a illustré ce thème bien connu du Nouveau Testament d'une manière un peu simpliste, comme un bon élève. Certes, Glaize sait dessiner et peindre, mais de sa toile ne ressort aucun génie. Il n'y a aucune recherche dans les mouvements, dans les expressions des visages ou la disposition des personnages. Rassurons-nous, tout le monde est là : Jésus, Marie-Madeleine, les auditeurs, les arbres ainsi que l'arrière-plan. Mais la toile n'a pas de souffle. Le tableau, de style symboliste, du Moïse mourant en vue de la terre promise, donné plus bas est bien différent.

Statue de la Vierge
Statue de la Vierge
Calvaire du XVIIe siècle
Statue de saint Jean
Statue de saint Jean
Calvaire du XVIIe siècle
La voûte Renaissance du bas–côté dans l'absidiole sud
La voûte Renaissance du bas-côté dans l'absidiole sud
On remarquera les doubleaux plein-cintre ornés de dix caissons (photo ci-dessus) et prenant
appui sur des pilastres cannelés (photo à gauche). Les voûtes sont appareillées comme des coupoles.
Bas–côté et chapelles du chœur côté sud
Bas-côté et chapelles du chœur côté sud
La porte est surmontée d'un beau Calvaire du XVIIe siècle. (La Vierge et saint Jean sont donnés plus bas.)
À droite, la chapelle Saint-Nicolas et son retable.
La clé de voûte richement travaillée
La clé de voûte richement travaillée
de la chapelle de la Vierge (chapelle du chœur côté sud)
Agnus Dei : sculpture sur la voûte de la chapelle  de la Vierge
Agnus Dei : sculpture sur la voûte de la chapelle de la Vierge
Instruments de boucher sur la voûte
Instruments de boucher sur la voûte
de la chapelle de la Vierge
«Conversion de Marie–Madeleine»
«Conversion de Marie-Madeleine»
Auguste Barthélemy Glaize, 1844, huile sur toile
Détail : Marie-Madeleine
Le visage du Christ sur la voûte
Le visage du Christ sur la voûte
de la chapelle de la Vierge
«Moïse mourant en vue de la Terre promise»
«Moïse mourant en vue de la Terre promise»
Eugenio Teixera, XIXe siècle, huile sur toile
L'inscription en arabe, sur le pourtour du cadre, signifie «Dieu unique»

La construction de l'église Saint-Laurent a commencé en 1421, en pleine guerre de Cent Ans. Nogent-sur-Seine se trouvait alors dans le domaine anglo-bourguignon. On peut s'étonner que la paroisse ait trouvé un financement pour bâtir une nouvelle église en un temps où le peu d'argent disponible semblait devoir se diriger vers les armées et la guerre. En fait, la construction de nouvelles églises et la reconstruction d'églises partiellement détruites par les sièges, les armées de passage ou les bandes d'écorcheurs n'ont pas attendu la fin des combats, c'est-à-dire l'année 1453, pas plus que la fin officielle de la guerre, c'est-à-dire le traité de Picquigny entre Édouard IV d'Angleterre et Louis XI en 1475. On trouve une analyse intéressante de ce phénomène dans un article de la Revue d'histoire de l'Église de France paru en 1934 : «La reconstitution des églises après la guerre de Cent Ans» d'André Lesort. Peu avant 1453, les combats ont connu une trève de cinq ans signée à Tours en 1444 entre Charles VII et Henri VI. Le roi de France prit aussitôt des mesures pour relancer l'activité économique. Au niveau du Clergé, cela se traduisit pas la récupération des terres de certaines abbayes, la mise en culture de domaines restés en friches et... la réactivation des redevances des paysans. En mars 1449, les Anglais s'emparent de la ville de Fougères, proclamant ainsi la fin de la trève. Mais les combats (où les Anglais seront sans cesse battus par une armée royale bien réorganisée) ne vont pas reprendre partout. Certaines régions du royaume, comme la Bretagne dès 1395, connaissaient déjà la paix. ==> Suite plus bas

La remarquable voûte polychrome de la chapelle Saint–Nicolas (absidiole sud)
La remarquable voûte polychrome de la chapelle Saint-Nicolas (absidiole sud)
Les blasons des mariniers, à qui elle est dédiée, ornent les parties de la voûte.
La voûte de la chapelle de la Vierge
La voûte de la chapelle de la Vierge
dans l'absidiole sud
«Saint Nicolas et les trois pucelles»
«Saint Nicolas et les trois pucelles»
Toile anonyme, 4e quart du XVIIe siècle
Voir la légende de saint Nicolas à l'église Saint-Étienne d'Arcis-sur-Aube
Une voûte sur le bas-côté sud avec des inscriptions d'adoration
Une voûte sur le bas-côté sud avec des inscriptions d'adoration

Suite ==>    D'autres contrées, comme la haute Auvergne, choisissaient de signer des pactes avec les Anglais ou les bandes de pillards pour s'assurer la paix et la sécurité... moyennant finances évidemment. Une fois que la sécurité était assurée, on se remettait à bâtir. Dans les régions plus exposées comme le Nord, il arrivait souvent que les gens acceptent de verser des offrandes pour la reconstruction d'églises à condition de bénéficier d'indulgences.
André Lesort souligne que la reconstruction matérielle et la restauration religieuse n'avaient pas attendu la trêve de cinq ans pour reprendre vie. «Au plus fort de la guerre, Charles VII accorde aux villes des privilèges destinés à favoriser le relèvement de leurs remparts et le rétablissement de leurs finances», écrit-il. Il cite un certain nombre de villes concernées : Issoudun dès 1423, Orléans et Mehun-sur-Yèvre en 1430, Montargis en 1431, Melun en 1433.
Le premier acteur de cette reconstruction n'est autre que le roi. Il impose la sécurité (il fait pendre un capitaine de routiers, bâtard de Bourbon, pour montrer qu'il ne plaisante pas). En 1447, par une déclaration royale, les établissements religieux récupèrent leurs droits de haute justice et remettent leurs terres en censives.

Bientôt, on va pouvoir reborner les propriétés, un bornage bien mis à mal par les dévastations et les abandons. Charles VII, puis Louis IX à partir de 1461, concèdent des privilèges fiscaux ou créent des impôts spéciaux en faveur des églises. En 1482, Louis XI fait créer une foire commerciale dont bénéficie l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés pour compenser la diminution de ses revenus par suite de guerre. Après le rôle du roi de France, André Lesort dresse la liste des personnalités intervenant dans la remise en état des églises de France : le pape, le légat pontifical, les évêques, les archidiacres. Il insiste particulièrement sur les vicaires généraux et les archidiacres, les deux acteurs les plus dynamiques. Ceux-ci interviennent directement sur le terrain, secouant leur monde en brandissant parfois la menace de l'excommunication si les choses ne vont pas assez vite. Enfin, à tout cela il faut ajouter les dons des seigneuries laïques pour restaurer les églises situées sur leurs domaines, des seigneuries qui ont pourtant, fait remarquer André Lesort, plus souffert de la guerre que le Clergé et la bourgeoisie.
Source : «La reconstitution des églises après la guerre de Cent Ans» d'André Lesort. In : Revue d'histoire de l'Église de France, tome 20, n°87, pp 177-215.

LES CHAPELLES DU BAS-CÔTÉ NORD
La nef et les chapelles du bas-côté nord
La nef et les chapelles du bas-côté nord
Statue de sainte Barbe, auteur inconnu
Statue de sainte Barbe, auteur inconnu
Chapelle nord du chœur
Époque : classée en base Palissy en «temps modernes»
Vue en perspective du bas-côté nord
Vue en perspective du bas-côté nord
La coupure de l'élévation est bien visible sur la pile,
à gauche, qui ne soutient rien.
«Le Martyre de saint Laurent»
«Le Martyre de saint Laurent»
Toile attribuée à Eustache Lesueur
Huile sur toile, XVIIe siècle
Grand tableau de 3 mètres sur 2 mètres.
Vitrail «La Résurrection»
Vitrail «La Résurrection»
XXe siècle
LA CHAPELLE LATÉRALE NORD DES TRÉPASSÉS
Chapelle latérale nord des Trépassés et sa Piéta
Chapelle latérale nord des Trépassés et sa Piéta
«Saint Jérôme au désert»
«Saint Jérôme au désert»
Barbieri Giovanni Francesco dit Le Guerchin
XVIIe siècle, huile sur toile

Dans la toile de Saint Jérôme au désert du Guerchin, le visage très expressif de saint Jérôme - si bien rendu par la main du maître - est à rapprocher du visage du même saint dans une toile sur le même thème exécutée par Camille Corot et visible à l'église Saint-Nicolas-Saint-Marc de Ville-d'Avray, près de Paris. Cette toile, intitulée Saint Jérôme dans le désert et offerte par Corot à l'église, montre un regard extatique des plus intéressants.

Piéta d'Alfred Boucher, 1894
Piéta d'Alfred Boucher, 1894
Moulage en plâtre patiné, longueur 173 cm, don de l'auteur
Le visage de la Vierge
Le visage de la Vierge
dans la Piéta d'Alfred Boucher
La voûte de la chapelle des Trépassés
La voûte de la chapelle des Trépassés
et ses pittoresques clés de voûte
aux animaux ailés
«Saint Jérôme au désert», détail
«Saint Jérôme au désert», détail
Barbieri Giovanni Francesco dit Le Guerchin
Clé de voûte
Clé de voûte
Chapelle des Trépassés
Clé de voûte (chapelle des Trépassés)
Clé de voûte (chapelle des Trépassés)
Clé de voûte (chapelle des Trépassés)
Clé de voûte (chapelle des Trépassés)
LA CHAPELLE DE LA VIERGE DANS LE BAS-CÔTÉ SUD
La chapelle de la Vierge
La chapelle de la Vierge
et son bas-relief des litanies de la Vierge
La voûte de la chapelle de la Vierge
La voûte de la chapelle de la Vierge
Le Père Céleste
Le Père Céleste
Clé de voûte (chapelle de la Vierge)
Clé de voûte (chapelle de la Vierge)
«Visitation»
«Visitation»
d'après Sebastiano del Piombo
Fin XVIe - début XVIIe, huile sur toile
«Fons vitea» (la Fontaine de vie)
«Fons vitea» (la Fontaine de vie)
Élément des litanies de la Vierge
Vue d'ensemble du bas-relief en calcaire des Litanies  de la Vierge
Vue d'ensemble du bas-relief en calcaire des Litanies de la Vierge
XVIe siècle (?)
À l'origine, à la place du crucifix, se trouvait une statue de la Vierge.
Au sommet on peut voir une représentation du Père Céleste.
«Civitas Sion» (la Cité de Sion)
«Civitas Sion» (la Cité de Sion)
Élément des litanies de la Vierge
Clé de voûte dans la chapelle de la Vierge
Clé de voûte dans la chapelle de la Vierge
«Le Triomphe de la Vierge»
«Le Triomphe de la Vierge»
Tableau d'un peintre anonyme
Huile sur toile
Fin du XVIe - début du XVIIe siècle
«Le Triomphe de la Vierge», détail : la Vierge sur son char
«Le Triomphe de la Vierge», détail : la Vierge sur son char

La grande toile du Triomphe de la Vierge (2,7 m sur 2,2 m) possède une iconographie Renaissance. Le char est précédé de l'empereur Constantin qui porte la Croix. Les peuples prosternés rendent hommage à la Vierge. Le dernier plan pourrait représenter la cité de Jérusalem. Source : panneau dans l'église.

LE TRANSEPT NORD ET LES CHAPELLES NORD DU CHŒUR
Bas–côté nord vu du transept
Bas-côté nord vu du transept
Le culot de la photo de droite est visible au-dessus de la première arcade
«Christ entre deux saints»
«Christ entre deux saints»
Tableau anonyme
2e quart du XVIIe siècle
Culot Renaissance dans le bas-côté nord
Culot Renaissance dans le bas-côté nord
Vitrail : La Vierge et les saintes
Vitrail : La Vierge et les saintes
(Atelier Lardeur, Paris, XXe siècle)
Le Père céleste dans un tableau anonyme représentant le Christ et sa croix
Le Père céleste dans un tableau anonyme représentant le Christ et sa croix
LE RETABLE DE LA VIERGE DANS LE BAS-CÔTÉ NORD DU CHŒUR
«Portrait du Révérend Père Innocentius
«Portrait du Révérend Père Innocentius
Catalageronis Général des Capucins»
Anonyme, 1676, huile sur toile
«Christ couronné d'épines avec soldats»
«Christ couronné d'épines avec soldats»
Anonyme, Huile sur toile, XIXe siècle
Copie du tableau du Titien au Louvre
«Couronnement d'épines»
Clé de voûte dans un bas–côté
Clé de voûte dans un bas-côté
Le retable de la Vierge en bois sculpté doré du  XIXe siècle
Le retable de la Vierge en bois sculpté doré du XIXe siècle
La Vierge est entourée de sainte Marguerite et de sainte Catherine
«Crucifixion»
«Crucifixion»
Anonyme, XVIIe siècle, huile sur toile
«Vierge à l'Enfant invoquée par saint Benoît»
«Vierge à l'Enfant invoquée par saint Benoît»
Anonyme, 1er quart du XVIIe siècle, huile sur toile
Le retable de la Vierge
Le retable de la Vierge
La Visitation (XIXe siècle)
Le retable de la Vierge
Le retable de la Vierge
L'Annonciation (XIXe siècle)
Le retable de la Vierge
Le retable de la Vierge
La Vierge et l'Enfant (XIXe siècle)
Statue du curé d'Ars
Statue du curé d'Ars
à côté du retable de la Vierge
La voûte du bas–côté nord
La voûte du bas-côté nord
devant le retable de la Vierge
La chapelle Saint-Michel
La chapelle Saint-Michel
L'Archange Michel dans la chapelle Saint-Michel
L'Archange Michel dans la chapelle Saint-Michel
Vitrail du XIXe siècle : un capitaine tombe sa bourse à un mendiant
Vitrail du XIXe siècle : un capitaine tombe sa bourse à un mendiant
Vitrail offert à la mémoire du capitaine A. Morin, décédé en 1878 à 45 ans.
LA NEF, LA CHAIRE À PRÊCHER ET LES PEINTURES MURALES DU XVIIe SIÈCLE
Suite de chapelles latérales sud
Suite de chapelles latérales sud
vue entre deux piliers depuis l'absidiole nord
La chaire à prêcher est datée du 1er quart du XIXe siècle.
La chaire à prêcher est datée du 1er quart du XIXe siècle.
«Vision de saint François d'Assise à la Portioncule»
«Vision de saint François d'Assise à la Portioncule»
Tableau attribué à François Claude dit frère Luc (1615-1685)
d'après Murillo, XVIIe siècle
Huile sur toile

La Portioncule est le nom de la chapelle, à Assise, que saint François remit en état en 1209. Il y fonda son ordre des frères mineurs. La chapelle est restée un lieu célèbre d'apparitions des anges. C'est autour de ce bâtiment que fut construite la basilique Sainte-Marie-des-Anges aux XVIe et XVIIe siècles.

Fresque du XVIIe siècle sur le mur de la nef
Fresque du XVIIe siècle sur le mur de la nef
Saint Laurent et saint Antoine encadrent trois blasons : les comtes de Champagne, les ducs de Nemours et Louis XIII.
Les blasons de la fresque : les comtes de Champagne, les ducs de Nemours et le blason royal de Louis XIII (XVIIe siècle)
Les blasons de la fresque : les comtes de Champagne, les ducs de Nemours et le blason royal de Louis XIII (XVIIe siècle)
Panneau en bois doré (la Vierge?)
Panneau en bois doré (la Vierge?)
sur la chaire à prêcher du XIXe siècle
«Vierge mère»
«Vierge mère»
Œuvre de Paul Dubois, XIXe siècle, moulage en plâtre
Saint Antoine
Saint Antoine
dans la fresque murale du XVIIe siècle
Dalle funéraire de Guillaume Migault
Dalle funéraire de Guillaume Migault
et Jeanne Pougeaoise, sa femme,
et de leurs enfants, XVIe siècle
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-LAURENT
Le chœur de l'église Saint–Laurent
Le chœur de l'église Saint-Laurent est la partie de la plus ancienne de l'édifice. Ses peintures murales sont du XIXe siècle.
La construction de l'église a en effet commencé par l'abside et le chœur au début du XVe siècle.
Statue de saint Laurent dans le chœur
Statue de saint Laurent dans le chœur
par Marius Ramus, XIXe siècle, plâtre
Statue de saint Roch dans le chœur
Statue de saint Roch dans le chœur
par Marius Ramus, XIXe siècle, plâtre
La coupure de la construction au XVIe siècle se voit également dans le chœur
La coupure de la construction au XVIe siècle se voit également dans le chœur,
par cette colonne cannelée, sur la gauche, à moitié engagée, qui ne soutient rien.
Clé de voûte dans le chœur
Clé de voûte dans le chœur
Clé de voûte dans le chœur
Clé de voûte dans le chœur
Le chœur et sa grille en fer forgé d'époque Louis  XV
Le chœur et sa grille en fer forgé d'époque Louis XV
Vitrail contemporain du chœur en gros plan
Vitrail contemporain du chœur en gros plan
L'ORGUE DE TRIBUNE ET SES BUFFETS DES XVIe ET XVIIIe SIÈCLES
L'orgue de tribune de l'église Saint-Laurent et son buffet  des XVIe et XVIIe siècles
L'orgue de tribune de l'église Saint-Laurent et son buffet des XVIe et XVIIe siècles
Boiseries sur le buffet
Boiserie sur le buffet
de l'orgue (1587)
Boiseries sur le buffet
Boiserie sur le buffet
de l'orgue (1587)
Les sculptures Renaissance du positif (1768)
Les sculptures Renaissance du positif (1768)
Boiserie de la tribune qui supporte l'orgue
Boiseries de la tribune qui supporte l'orgue
Boiserie de la tribune qui supporte l'orgue
Boiseries de la tribune qui supporte l'orgue

L'orgue de tribune est riche d'un très beau buffet Renaissance, qui rappelle celui de l'église Saint-Pierre à Dreux. Le grand buffet a été construit par Vrey en 1587. Le buffet du positif est daté de 1768. La tribune de bois, où est installé l'ensemble, est également remarquable.

Boiseries sur la tribune de bois
Boiseries sur la tribune de bois
Le plafond à caissons sous la tribune qui supporte l'orgue
Le plafond à caissons sous la tribune qui supporte l'orgue
La nef et le bas–côté nord vus depuis le chœur
La nef et le bas-côté nord vus depuis le chœur

Documentation : «Dictionnaire des églises de France», éditions Robert Laffond, 1971, article sur l'église Saint-Laurent de Pierre Pietression de Saint-Aubin
+ «La reconstitution des églises après la guerre de Cent Ans» d'André Lesort. In : Revue d'histoire de l'Église de France
+ notice disponible dans l'église
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