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Page créée en 2011

Notre-Dame-la-Grande de Poitiers est une église romane dont la nef remonte au XIe siècle. Historiquement se dressait à cet endroit un temple païen, remplacé par une église déjà mentionnée au Xe siècle. Au Moyen Âge, Notre-Dame-la-Grande est à la fois une collégiale et une église paroissiale rattachée à l'évêché de Poitiers (devenu depuis archevêché).
Son architecture se caractérise par une nef très haute qui ne possède qu'un seul niveau d'élévation. Les collatéraux n'ont, eux aussi, qu'un seul niveau d'élévation, d'où cet effet d'église-halle qui serait très bien rendu si de massifs piliers assez rapprochés ne venaient casser cette atmosphère, pour la remplacer par une ambiance plus confinée et assez sombre.
Dans le deuxième quart du XIIe siècle on note un changement majeur : on détruit la façade ouest, la nef s'allonge à l'ouest de deux travées et on édifie la célèbre «façade-écran». Aux XVe et XVIe siècle, des chapelles latérales sont ajoutées, financées par de riches familles marchandes de la ville, comme la chapelle Sainte-Anne avec sa belle mise au tombeau.
La superbe façade de l'église, de style roman poitevin, illustre des pages de la Bible. Elle a été restaurée en 1992-1995.

Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, la nef
Aspect général de la nef de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers

Architecture. Notre-Dame-la-Grande fait 57 mètres de long sur 13 mètres de large. A l'origine, l'église jouxtait un cloître et une salle capitulaire. Au XIIe siècle, deux travées ont été ajoutées à l'ouest.
Comme souvent dans l'art roman, la nef est assez sombre : la voûte en pierre fragilisant l'ensemble de la structure, il y a peu d'ouvertures (vitraux) et elles ne sont pas larges. Les piliers, qui étaient déjà peints au Moyen Âge, ont été repeints au XIXe siècle quand l'ensemble de l'église a été

restauré par Joly-Leterme (1851). Le style choisi a été le «romano-byzantin» (inspiré des croisades). Il faut reconnaître qu'il donne un aspect un peu envoûtant à cette nef du XIe siècle.
La très célèbre façade de Notre-Dame-la-Grande est en style roman poitevin. Elle fait 18 mètres de haut sur 15 mètres de large. Les sculptures se succèdent sur un canevas d'arcatures aveugles : personnages, animaux fantastiques, rinceaux, etc.

Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, le côté sud
Aspect extérieur de Notre-Dame-la-Grande et de sa célèbre façade-écran


«««--- À GAUCHE, la façade en style roman poitevin
Affichez la galerie des vitraux+ pour voir la façade en gros plan.

La nef et ses piliers nord qui laissent entrevoir les chapelles latérales
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, le côté nord Le côté nord de Notre-Dame-la-Grande
avec le clocher au-dessus de la croisée.
Au niveau de la nef on voit nettement les chapelles latérales ajoutées
aux XVe et XVIe siècles. Ces chapelles étaient privées parce que
financées par les riches familles marchandes de la ville. Leur architecture est en gothique flamboyant ou en style Renaissance.

Le clocher date du XIe siècle. Comme on le voit aisément, il possède une base carrée surmontée d'un niveau circulaire coiffé d'un toit en
écailles de pierre. C'est un type de toiture fréquent dans le sud-ouest.
Les architectes du XIXe siècle l'ont souvent copié,
comme à Angoulême, à Périgueux ou à Bordeaux.

Passez la souris sur le clocher pour l'afficher en gros plan.

Le chœur avec le maître-autel et la statue de Notre-Dame des Clés.
Le vitrail derrière la statue est visible en gros plan dans la galerie des vitraux+. (Cliquez dessus.)
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, la statue de ND-des-Clés
Notre-Dame des Clés (XVIe, début XVIIe siècle - mais il s'agit peut-être d'une copie). Elle tient les clefs de la ville.
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, collatéral sud
Collatéral sud.
Si la nef est voûtée en berceau, les collatéraux sont
voûtés en arêtes (différences bien visibles sur la photo).

Fresque romane au dessus du chœur.
Avec celle de la crypte, cette fresque est la seule qui subsiste de
l'époque médiévale. Ces peintures ont été redécouvertes en 1892 et restaurées.
Les couleurs se sont légèrement estompées depuis.

On distingue, au centre, le Christ en gloire. Au-dessous (à gauche sur la photo),
la Vierge et l'Enfant et, tout autour, les apôtres et des anges.

Ces personnages et leur attitude ont-ils servi de modèle pour sculpter ceux de la façade? C'est ce que pensent certains historiens de l'art car il y a une parfaite similarité entre les deux groupes.

A droite, vitrail du miracle des clés dans la chapelle des Bardeau (XVe siècle).
Le vitrail date du XIXe siècle et a été fait à la manière du XVIe siècle.
Les vitraux de Notre-Dame-la-Grande ont tous été faits au XIXe ou au XXe siècle.
Cliquez dessus pour l'afficher en gros plan dans la galerie des vitraux+.

La légende du miracle des clefs
L'histoire raconte que, en l'an 1202, les Anglais assiègent Poitiers. Le clerc du maire se vend à l'ennemi. Contre une grosse somme d'argent, il leur livrera les clés de la ville. Le forfait doit avoir lieu le jour de Pâques.
Pendant la nuit, le clerc se rend dans la chambre du maire pour lui dérober les clés, mais elles ont disparu. Au matin, quand le maire se réveille, lui aussi se rend compte que les clés ne sont plus à leur place. Il se doute d'une trahison ; l'effroi le saisit. Il prévient aussitôt les troupes de la ville et se rend à Notre-Dame-la-Grande pour prier. Là, stupéfaction : il découvre la statue de la Vierge, les clés à la main.
Mais, pendant la nuit, la seconde partie du miracle a opéré. Devant les troupes anglaises effrayées, les apparitions de la Vierge, de saint Hilaire et de sainte Radegonde se sont succédé. Conséquence : les Anglais se sont entretués(!), le reste s'est enfui.
Cette légende est représentée dans un vitrail du collatéral nord (XIXe siècle) où l'on voit les Anglais en train de se massacrer (voir ci-dessus), mais également dans un tableau du XVIIe siècle exposé dans une chapelle latérale.
Les apparitions légendaires de la Vierge, de saint Hilaire et de sainte Radegonde ont été concrétisées sous la forme de trois statues de pierre. On peut les voir dans une chapelle de l'église Saint-Hilaire-le-Grand. Autrefois, elles ornaient la porte de la Tranchée, là où les sources situent le miracle.

 

Passez la souris sur l'image pour afficher les trois statues photographiées dans une chapelle de l'église Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers.

Sur le plan historique, on peut reprocher à cette légende un certain anachronisme. Après la mort inattendue de Richard Cœur de Lion en avril 1199, Philippe Auguste reconnaît Jean sans Terre comme son successeur (traité du Goulet en 1200). En 1202, Philippe Auguste rompt la paix et saisit les possessions du roi anglais sur le continent. Mais les comtes qui les tiennent restent fidèle à Jean. Le jeune duc de Bretagne sort alors de l'orbite du roi d'Angleterre. Il rejoint Philippe Auguste qui le proclame comte d'Anjou, du Maine, de Touraine et du Poitou. À charge pour lui d'aller conquérir ses terres(!) Le jeune duc ne tardera d'ailleurs pas à être fait prisonnier par un allié de Jean. Il meurt en 1203, probablement assassiné. Ce qui conduira ces mêmes comtes d'Anjou, du Maine, de Touraine et du Poitou à prêter hommage à Philippe Auguste.
Il est donc presque vraisemblable que Poitiers ait subi un siège en 1202, mais cela aurait été le fait d'alliés de Philippe Auguste, et non pas des «Anglais», c'est-à-dire de troupes fidèles à Jean sans Terre.
Quoi qu'il en soit, cette légende a grossi en popularité après le siège de Poitiers par les troupes de l'amiral huguenot Gaspard de Coligny en 1569.

Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, chapelle Sainte-Anne
La chapelle Sainte-Anne et sa très belle mise au tombeau

La Chapelle Sainte-Anne. Sainte Anne est la mère de Marie. On voit sainte Anne et sa fille sur le retable de pierre à gauche.
Cette chapelle latérale du côté sud (la plus grande de l'église) a été fondée en 1475 par Yvon du Fou, sénéchal du Poitou. Il a été enterré dans cette chapelle, mais, à la place de sa sépulture, il y a maintenant une belle Mise au

tombeau du XVIe siècle en pierre polychrome, œuvre d'artistes italiens.
Tout au-dessus de la Mise au tombeau subsistent encore les armoiries du sénéchal du Poitou.
Cliquez sur la Mise au tombeau pour l'afficher en gros plan dans la galerie des vitraux+.


Vue du déambulatoire, côté sud. Le chœur est simplement surélevé.
La chapelle à droite est la chapelle axiale. Dans le chœur on aperçoit la statue de Notre-Dame des Clés en pleine lumière.
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, fresque de la voûte, XIXe siècle
Voûte de la chapelle axiale.
Cette peinture n'a rien de médiéval. Elle date du XIXe siècle
quand l'architecte Joly-Leterme a fait repeindre les colonnes
et les voûtes avec des motifs romano-byzantins.

Vitrail de la Vierge en majesté (XIXe siècle)
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan.
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, chapiteau
Exemple de chapiteau de la nef : des feuillages stylisés (XIIe siècle)
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, Arbre de Jessé
Notre-Dame-la-Grande de Poitiers possède un Arbre de Jessé.
Comme les autres vitraux de l'église, ce vitrail ne remonte qu'au XIXe siècle.
Depuis Jessé, on peut y lire la descendance traditionnelle des rois : David, Salomon, Roboam... (Cliquez sur l'image de gauche pour l'afficher dans la galerie des vitraux+)

Dans l'image en gros plan ci-dessus, il faut reconnaître que les rois
ont un certain aspect «cartes à jouer» !

Saint Stéphane, vitrail du collatéral sud
Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, les grandes orgues
L'orgue de tribune

L'orgue de tribune date de 1996. Son aspect très moderne contraste avec les peintures «romano-byzantines» des piliers de la nef.
Comme souvent dans les églises, l'orgue cache le grand vitrail que l'on aperçoit, à l'extérieur, au centre de la façade. Sur la photo, on aperçoit l'organiste qui attend l'heure du concert à l'occasion des Journées du Patrimoine de septembre 2009.


La chaire en bois sculpté du XVIIe siècle
L'Arbre de Jessé est caché par le pilier situé à gauche de la chaire.

Source : «Visiter Poitiers» de Stéphane Blond (éditions Sud-Ouest) + «La Collégiale Notre-Dame-la-Grande» d'Yves-Jean Riou (Itinéraires du Patrimoine)
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