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Page créée en 2011
La Vierge à l'enfant, bois polychrome du XVIIe siècle

La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers fait suite à un premier édifice du XIe siècle, sûrement déjà de grande taille puisqu'il accueillit un concile en 1100. La cathédrale actuelle est une église-halle de style gothique Plantagenêt. Sa construction a commencé vers 1160, sous Henri II Plantagenêt, et s'est achevée en 1379, année de sa consécration. Au cours de ces deux siècles, les architectes qui se sont succédé n'ont pas dévié des plans initiaux, ce qui confère à l'édifice une grande uniformité doublée d'un équilibre architectural plutôt séduisant.
À la Révolution, comme bien d'autres, la cathédrale a été transformée en temple de la Raison, puis rendue au culte en 1795. En 1912, elle est élevée au rang de basilique mineure.
Evidemment, même si l'on est loin de l'atmosphère de recueillement des églises romanes, Saint-Pierre ne manque pas d'atouts. La cathédrale propose de très beaux autels baroques venus des abbayes et des couvents de Poitiers et une somptueuse verrière des XIIe et XIII siècles. Notez ses trois points phare : le vitrail de la Crucifixion dans le chevet, l'un des tout premiers du monde chrétien, les stalles considérées comme les plus anciennes de France et le grand orgue de tribune, aux sonorités magnifiques, qui nous est parvenu intact de l'Ancien Régime.

Vue générale de la nef de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers
Vue générale de la nef de la cathédrale Saint-Pierre.

Architecture. L'architecture de Saint-Pierre de Poitiers est typique d'une église-halle avec sa hauteur sous voûte quasi identique dans la nef et les bas-côtés : 30 mètres et 24 mètres. Il n'y a ni chapelle latérale, ni chapelle absidiale digne de ce nom. La longueur de la cathédrale est de 100 m, sa largeur au transept, de 50 m.
Saint-Pierre de Poitiers relève du style gothique Plantagenêt : des voûtes bombées

sur plan carré (semblables aux coupoles d'Aquitaine), des murs latéraux divisés en deux niveaux : grandes arcatures aveugles surmontées de baies géminées (dont beaucoup ont des vitraux de verre blanc, ce qui apporte une lumière considérable dans la nef), une absence d'arcs-boutants extérieurs compensée par de puissants contreforts.

Aspect extérieur de la cathédrale
La vue générale extérieure montre bien deux caractéristiques de la cathédrale : les deux
tours posées en angle et la présence de contreforts massifs en lieu et place d'arcs-boutants.
La façade de la cathédrale avec ses trois portails et sa rose
Entre les tours, Saint-Pierre de Poitiers adopte le schéma courant des trois portails,
le portail central étant surmonté d'une rosace.
Le portail central illustrant le Jugement dernier
Le portail central, enrichi de très belles voussures, illustre le thème du Jugement dernier
avec la Résurrection des Morts et le Pèsement des Âmes.

Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan
Elévations à deux niveaux dans la nef
Vue intérieure de l'élévation très sobre dans la nef : arcature aveugle au premier niveau, puis baies
géminées au second. Une coursière ornée de nombreux modillons sépare les deux niveaux.
Le choeur de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers
Vue générale du chœur. Au premier plan, de dos, la cathèdre de l'archevêque

Le chevet de Saint-Pierre est creusé de trois absidioles peu profondes, chacune logeant un retable. En fait, c'est une paroi de 30m de haut, ornée de trois autels baroques, chacun surmonté d'un très beau vitrail.
On aperçoit, sur la gauche, l'autel central, celui de la Vierge de

l'Assomption, et un peu plus loin (au centre de l'image) l'autel de Marie-Madeleine. A l'extrême-gauche de l'image, une représentation de la Vierge à l'enfant en bois polychrome.

Les stalles du XIIIe siècle
Les stalles de Saint-Pierre comptent parmi les plus anciennes de France (milieu de XIIIe siècle).
Leur aspect robuste cache, au niveau supérieur, une multitude d'écoinçons très variés.
Peinture murale du XVIIe siècle : "Jésus à Gethsémani"
Peinture sur un mur de la nef «Jésus à Gethsémani» (fin du XVIIe siècle)
La cathédrale Saint-Pierre compte beaucoup de peintures de cette sorte. Elles ont toutes étaient recouvertes de peinture à la Révolution, mais on les redécouvre depuis le XIXe siècle.
Autel de Saint-Laurent dans le chevet nord
Autel du chevet nord dédié à saint Laurent
Le somptueux vitrail historié qui le surmonte date
de la fin du XIIe - début du XIIIe siècle.
Autel de la Vierge de l'Assomption dans le chevet central
Grand autel baroque au centre du chevet dédié à la Vierge de l'Assomption
Cet autel provient de l'abbaye de la Trinité à Poitiers.
Cliquez sur l'image pour la voir en gros plan et en vue horizontale.
Autel de Sainte-Marie-Madeleine dans le chevet sud
Autel du chevet sud dédié à sainte Marie-Madeleine
Comme au-dessus de l'autel dédié à saint Laurent, le vitrail historié date de la fin du XIIe - début du XIIIe siècle.
Vitrail historié des XIIe-XIIIe siècle
Vue en gros plan d'un vitrail historié du chevet (fin XIIe, début XIIIe)
Statue dans le croisillon nord
Statue dans le retable du croisillon sud

«««--- À GAUCHE
Vue du transept et du croisillon nord

La cathédrale Saint-Pierre, de style gothique Plantagenêt, dégage une indiscutable impression de robustesse et d'uniformité des lignes.

Vue du transept et du croisillon nord
Vitrail historié des XIIe-XIIIe siècle
Vue en gros plan d'un vitrail historié du chevet (fin XIIe, début XIIIe)
La cathédrale Saint-Pierre présente quelques magnifiques vitraux historiés du Moyen Âge que vous pouvez afficher dans la galerie des vitraux+
Chaire à prêcher dans le bras sud du transept
Chaire à prêcher sculptée dans la pierre
Croisillon sud du transept, retable du Saint Sacrement
Vierge à l'enfant de Biarbeau, XVIIe siècle
Vierge à l'enfant du XVIIe siècle de Pierre Biarbeau
dans l'autel de la Vierge de l'Assomption.
Peinture murale dans la nef : "La Sainte Famille"
Peinture sur un mur de la nef : «La Sainte Famille»
Cette peinture date de 1670-1675. Elle a été commandée à l'époque par le chapelain de la cathédrale. A la Révolution, elle a été recouverte
d'un badigeon, mais dégagée en 1847.

VIERGE A L'ENFANT CI-DESSUS : C'est une terre cuite polychrome grandeur nature.
A noter que, parmi toutes les icônes de la Vierge présentées à Bernadette Soubirous, c'est ce visage de Marie qui, pour la petite paysanne de Lourdes, se rapproche le plus de celui de «La Dame» de la grotte (précision indiquée sur un panneau près du retable).

«La Sainte Famille» : Au centre se trouve l'enfant Jésus. Au-dessus de lui, Dieu le père et une colombe (symbolisant le Saint Esprit). A gauche, Anne et Joachim, les parents de Marie. A droite, Marie et Joseph, les parents de Jésus. Dans les médaillons sont représentés les grands événements de la vie de la Vierge.

Tableau de Nicolas Finson : "La Résurrection"
Peinture sur bois dans le chevet : «La Résurrection» de Nicolas Finson, maître poitevin du XVIe siècle
Chapelle du Saint Sacrement dans le bras sud du transept
Chapelle du Saint Sacrement
Ce magnifique retable baroque se trouve dans le croisillon sud du transept.
Il provient du couvent des Dominicains à Poitiers et a été
transporté à la cathédrale en 1792.
Au centre se trouve un tableau de 1620 illustrant l'institution
du Rosaire par saint Dominique au XIIIe siècle.
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan.
Vitrail de la Crucifixion, l'un des tout premiers du monde chrétien
Vue d'ensemble du collatéral nord
Vue du collatéral nord avec ses voûtes bombées qui
culminent à 24m. Au fond, l'autel Saint-Laurent.

««--- La Crucifixion, vitrail axial du chevet (au-dessus de l'autel de la Vierge de l'Assomption).
Ce vitrail est l'un des plus anciens du monde chrétien. Cliquez sur l'image pour afficher le vitrail en gros plan.
Lire les détails au-dessous.

LE VITRAIL DE LA CRUCIFIXION. C'est l'un des chefs-d'œuvre de l'art du vitrail. Il se décompose aisément en trois parties. La principale est la partie centrale où se tient la croix du Supplicié sur presque la moitié de la hauteur totale. La croix est en rouge surligné de bleu, ce qui la fait bien ressortir de l'ensemble de la composition. A gauche se tiennent la Vierge et Longin (le centurion romain qui plongea sa lance dans le flanc du Crucifié). A droite, on trouve saint Jean et Stéphaton (le légionnaire qui, selon la tradition, présenta à Jésus une éponge imbibée de vinaigre). Au-dessus des bras de la croix se tiennent les dix apôtres accompagnés de la Vierge. Ensemble, ils sont tournés vers l'Ascension - la partie supérieure du vitrail. Dans cette partie se trouve le Christ en gloire dans une mandorle. Il bénit d'une main tandis que l'autre tient un livre. La mandorle est entourée - de manière surprenante - par deux anges complétement étirés et courbés qui tiennent lieu de fleurs décoratives ou de branches de rameau.
La partie inférieure du vitrail contient un carré central orné de quatre lobes. Dans le lobe supérieur, les Saintes Femmes visitent le tombeau. Le lobe de gauche relate la condamnation de saint Pierre et de saint Paul. Le carré central illustre le martyre de saint Pierre (crucifié la tête en bas) tandis que le lobe droit montre le supplice de saint Paul (décapité).
Enfin le lobe inférieur représente les donateurs : une reine et un roi agenouillés et suivis, chacun, de deux enfants. Les têtes couronnées ont été identifiées comme étant Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt. Les historiens en déduisent une fourchette pour la création de ce vitrail : entre 1161 (naissance du quatrième fils du couple royal)

et 1173 (date de la rébellion des fils contre leur père Henri II).

L'intérêt de ce vitrail repose également dans le fait qu'il rappelle les modèles syriens et hellénistiques des Ve et VIe siècles : le visage du Christ est barbu, le perizonium - morceau d'étoffe qui cache la nudité de Jésus - a la forme que l'on voit dans ces modèles, les pieds qui reposent sur un suppedaneum et enfin quatre clous et non pas trois.
La beauté de ce vitrail - situé au-dessus de l'autel - et son illustration des trois moments clés du Canon (Résurrection, Esprit qui naît du sacrifice de la Crucifixion et Ascension) résonnent aux oreilles de certains spécialistes comme une volonté délibérée de l'évêque de l'époque d'attirer dans sa cathédrale des pèlerins trop prompts à s'en aller prier au monastère Sainte-Croix, fondé par sainte Radegonde au VIe siècle, et situé cent mètres plus bas! Ce monastère avait reçu, du vivant de la sainte, un fragment de la Vraie Croix de la part de l'empereur de Constantinople, Justin, et de l'impératrice Sophie. Et ce fragment suffisait à drainer les foules... L'évêque a pu donc décider de frapper un grand coup pour contrer la concurrence en créant de toutes pièces une dévotion à la Croix dans sa cathédrale...

Source : «20 siècles en cathédrales», éditions Monum. Article «Le vitrail dans les cathédrales» par Françoise Perrot.

Retable dans le bras nord du transept
Retable dans le croisillon nord du transept
Il provient d'un couvent de la ville de Poitiers.

Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan.
Vitrail des XIIe-XIIIe siècle Nécropole de la cathédrale Saint-Pierre

CI-DESSUS, nécropole dans la nef de la cathédrale

Uun des nombreux modillons qui    ---»»»
ornent les murs de Saint-Pierre de Poitiers

«««--- un extrait des vitraux historiés (fin du XIIe, début du XIIIe siècle)

Modillon dans la nef
Vue de la nef du côté des orgues
Vue de la nef avec l'orgue de tribune
Ce grand orgue est le dernier construit par le facteur du roi François-Henri Clicquot de 1787 à 1791.
Cet instrument est arrivé intact de l'Ancien Régime. Ses sonorités sont réputées.

Source : Panneaux d'information exposés dans la cathédrale
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