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Page créée en 2011
La Vierge à l'Enfant

L'église Saint-Porchaire de Poitiers fait partie des rares églises à double-nef, comme celle de Saint-Sauveur à Caen. Elle est issue d'une église primitive carolingienne du IXe siècle dont il ne reste qu'un mur de façade et la crypte. Dans la seconde moitié du XIe siècle, adossé à ce mur, on construisit un superbe clocher roman. Puis l'église elle-même fut reconstruite de 1509 à 1520.
L'église présente deux nefs gothiques côte-à-côte : l'une, au nord, construite pour les paroissiens ; l'autre, au sud, pour les moines desservant l'église. Rien ne les sépare si ce n'est trois piliers cylindriques.
Un des autels possède un retable baroque tout à fait remarquable. De la sorte, l'église Saint-Porchaire de Poitiers présente à elle seule une évolution de l'art religieux sur sept siècles : carolingien, roman, gothique et baroque!
Porchaire était l'abbé de la communauté de saint Hilaire à la fin du VIe siècle. À sa mort, il fut enterré dans un endroit tout proche de l'église actuelle. Sa tombe devint un lieu de vénération. À la fin du IXe siècle, ses restes furent transportés dans une crypte au-dessous d'un sanctuaire que l'on venait de construire (à l'endroit de l'église actuelle).

Statue de saint Hilaire
Vue d'ensemble de la nef
Vue des deux nefs en entrant dans l'église

Architecture. Les colonnes qui séparent les nefs n'ont pas de chapiteaux : les nervures de la voûte sortent directement des colonnes (art gothique finissant) ce qui offre un effet de légèreté très agréable dans cet espace réduit (allure dite en palmier). Le magnifique déambulatoire de l'église Saint-Séverin à Paris présente un effet similaire et décuplé puisqu'on le compare habituellement à une forêt de palmiers.


Le superbe clocher-porche roman de Saint-Porchaire
Il est adossé à un mur carolingien du IXe siècle
et a failli être détruit en 1843.

1843, Prosper Mérimée se débat à Poitiers pour sauver la tour romane de Saint-Porchaire.

Début des années 1840, la tour de Saint-Porchaire menace ruine. Le conseil municipal de Poitiers vote sa démolition en 1843, mais les antiquaires font appel de la décision. Le Ministère s'en mêle. Le 4 juin 1843, l'ordre est donné d'empêcher la démolition de la tour ; un architecte est nommé pour superviser les travaux nécessaires à sa conservation. 9 500 francs sont prévus pour les travaux, partagés entre le Ministère et la ville. Mais la municipalité de Poitiers n'a pas dit son dernier mot et essaie de torpiller le projet. Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, écrit à Ludovic Vitet, président de la commission, le 14 septembre 1843 : «Il nous est arrivé une assez ennuyeuse affaire pendant votre absence. Vous vous rappelez que nous avions donné 5 000 francs à la tour de Saint–Porchaire à Poitiers et que nous avions invité le Conseil municipal à nous donner le reste, c'est-à-dire 4 500 francs. On lui avait communiqué à cet effet les plans et devis de Joly [l'architecte]. Le Conseil municipal là-dessus, nomme une commission, première grossièreté ;

Le clocher de Saint-Porchaire date du dernier tiers du XIe siècle : rez-de-chaussée vouté d'un berceau en plein cintre ; au-dessus deux étages et la toiture en pavillon. En 1843, le conseil municipal décida de détruire le clocher pour élargir la rue. Il fut sauvé par l'intervention de Prosper Mérimée qui le fit classer au titre des Monuments Historiques.


Le haut du clocher porche et ses magnifiques arcs en plein cintre

Le portail roman et ses chapiteaux

---»» 1843, Prosper Mérimée se débat à Poitiers pour sauver la tour romane de Saint-Porchaire (suite) :

seconde grossièreté, cette commission se compose des mêmes qui avaient déclaré la démolition nécessaire. Deux officiers du génie, un ingénieur des Ponts et Chaussées et les architectes de la Ville et du département, tous les deux furieux de n'être pas employés par nous. Les conclusions ont été telles qu'on pouvait le prévoir. On a décidé que le projet ne valait rien, que le devis était trop faible, qu'il fallait 40 000 francs et des contreforts extérieurs, chose matériellement impossible, puisqu'il s'agirait alors de boucher une rue. Le Conseil municipal nous a donc écrit avec une politesse assez impertinente ces belles conclusions, et le Préfet nous engage à nommer une autre commission. Mais qu'en résultera-t-il? Le Conseil municipal renommera la sienne et nous nous trouverons avec de nouveaux frais et du temps perdu, exactement dans la même position. Voici ce que nous avons résolu (...). C'est de faire continuer les travaux avec nos 5 000 francs. De pourvoir l'année prochaine au surplus du devis, et en attendant d'écrire au Préfet que nous nous passerons du concours de la ville, et que nous espérons qu'elle se passera du nôtre à l'avenir (...). Joly [l'architecte] s'est engagé sous sa responsabilité à consolider la tour. Il a déjà fait ses preuves, et ce me semble, nous ne risquons rien.»
Source : «La naissance des Monuments historiques, la correspondance de Prosper Mérimée avec Ludovic Vitet (1840-1848)», Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Ministère de l'Éducation nationale.

Chapiteau
Chapiteau sculpté des colonnes du porche
On y voit des lions, des oiseaux. Sur la colonne de droite, Daniel est
dans la fosse aux lions. Il est sauvé par la main de Dieu.
Chapiteau
Chapiteau sculpté des colonnes du porche
L'église Saint-Porchaire de Poitiers
Un des deux vitraux latéraux (réalisés en 1912 dans un ton grisaille) exposant des symboles liturgiques.
Les deux autels
Vue d'ensemble des deux autels.
À gauche, l'autel majeur (celui des paroissiens). À droite, l'autel de la Vierge dans la nef des moines.
Symboles liturgiques dans les vitraux
église Saint-Porchaire de Poitiers
Vue de la nef et du côté gauche avec ses chapelles latérales
L'autel latéral
À DROITE, Chapelle latérale du Sacré Cœur ---»»»
Le Sacré Cœur est entouré de la statue de sainte Radegonde (à gauche) et de sainte Thérèse de Lisieux (à droite).
Ces chapelles latérales très peu profondes ont été rajoutées vers le milieu du XVIe siècle
Vitrail des évangélistes
Vitrail des évangélistes
Vitrail des évangélistes : Marc et son lion (l'animal du désert, là où commence la prédication) et Matthieu
avec un homme ailé (car Matthieu commence son évangile par le rappel de la généalogie du Christ)
Vitrail des évangélistes : Luc et le taureau (animal du sacrifice), Jean et l'aigle
(les versets de Jean transportent le lecteur vers les hauteurs divines).

Les vitraux de Saint-Porchaire ont été réalisés en 1912 par Henri Carot (1850-1919).
En privilégiant une tonalité en grisaille, l'artiste est resté fidèle au goût de la fin du XVe siècle (le chœur a été achevé en 1520). Dans la nef, D. Carot a réalisé quatre vitraux latéraux représentant les quatre Évangélistes. On remarque que les visages sont blancs, ce qui leur donne l'apparence de statues de marbre. Chaque évangéliste tient une banderole

(appelée phylactère) où sont écrits les premiers mots de son évangile.
Il est intéressant de voir que les vitraux sont dissymétriques : celui de Luc et Jean (ci-dessus) est plus grand que l'autre (présence d'architecture sous leurs pieds). Le plus grand vitrail se trouve dans la nef des moines (au sud).

L'autel majeur
L'autel majeur dans la nef nord dédiée au culte des paroissiens.
Le magnifique retable est de style baroque. Au premier plan, l'autel servant au culte face au fidèle.

Vitrail de l'autel majeur : le Christ ressuscité apparaît à Marie-Madeleine qui apporte des aromates pour embaumer le corps.

Marie-Madeleine porte une robe et un manteau. On remarque des fourrures qui bordent les manches de la robe. C'est conforme aux vêtements des dames de la fin du XVe siècle.

L'autel majeur
L'autel du premier plan est orné des quatre Évangélistes

La Vierge portant l'Enfant
(bois polychrome du XVIIe siècle)
L'autel majeur
Le retable baroque de l'autel majeur
Vitrail de la Nativité
Vitrail de la Nativité de l'autel de la Vierge
Autel de la Vierge
L'autel de la Vierge (nef des moines). A gauche, statue de saint Porchaire, à droite celle de saint Hilaire.
Le vitrail de la Nativité surplombe l'autel.

Le vitrail de la Nativité retient l'intérêt. Henri Carot s'est inspiré d'un tableau de Barth Zeiblom, un peintre de la seconde moitié du XVe siècle. Saint Joseph y est vêtu d'un costume bourgeois, commun à l'époque. Il a une bourse à la ceinture et sa main gauche tient une bougie. L'Enfant Jésus est posé à terre. En effet, ce n'est qu'au XVIe siècle qu'on prendra l'habitude de le représenter sur de la paille.

Devant le vitrail se tient la statue de la Vierge portant l'Enfant en bois polychrome du XVIIe siècle (voir ci-dessus à gauche). Le contraste est saisissant entre le visage de la Vierge qui semble complètement dépitée par le spectacle des hommes, et l'attitude de l'Enfant qui montre le ciel pour lui redonner espoir.

La nef des moines
La nef sud dédiée au culte des moines. Au fond l'autel de la Vierge.

À DROITE, chapelle latérale sud, saint Joseph est entouré du curé d'Ars et de saint Antoine de Padoue ---»»»
Chapelle latérale

Vue des deux nefs depuis l'autel majeur (celui de la nef des paroissiens)
La chaire à prêcher, sur la droite, date du XVIIe siècle.

Documentation : feuillets disponibles dans l'église
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