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Page créée en avril 2012
Le Christ en croix du père Aupetit (1998)

Le 5 janvier 1945, dans la nuit, deux vagues de bombardiers alliés détruisent la ville de Royan à 85%. L'église néogothique Notre-Dame, construite en 1874, est rayée de la carte. Dans le cadre de la reconstruction de la ville, c'est l'architecte Guillaume Gillet qui est choisi pour bâtir la nouvelle église. Pour le maire de l'époque, Max Brusset, il faut la faire le plus haut possible, pour que «Royan ne soit pas une ville couchée, mais une ville debout». Bâtie de 1955 à 1958 et résolument contemporaine, en forme de mandorle (amande), l'église élève sa nef à 35 mètres de hauteur et son clocher à 60 mètres. Entièrement construite en ciment armé, elle met à profit les derniers acquits de la technologie : un système de poteaux porteurs en béton. L'ensemble sera couvert d'une voûte, elle aussi en béton, épaisse seulement de six centimètres.
Malheureusement le béton (fabriqué avec le sable humide de la Gironde) va se révéler de mauvaise qualité : le sel de l'air marin attaque la bâtiment au point de le mettre en péril. Des restaurations (difficiles) vont s'imposer très tôt. Après 1958, les crédits publics étant épuisés, des initiatives privées vont se charger de la décoration interne, notamment de l'originale statuaire et des vitraux. En revanche, le grand orgue est conçu grâce aux dommages de guerre reçus par la ville. Il est inauguré en 1964. L'église est classée Monument historique en 1988 et labellisée «Monument du XXe siècle» en 2004.

La Vierge dans le vitrail de la Multiplication des pains de Martin-Granel (1995)
Vue d'ensemble de la nef
L'imposante nef de l'église Notre-Dame

Architecture. L'église Notre-Dame, en ciment armé, est en forme de mandorle. Elle fait 45 mètres de long sur 22 mètres de large. Elle a été construite en respectant la règle liturgique qui fixe l'orientation d'une église : le chœur à l'est et le parvis à l'ouest.
Grâce aux avancées de la technologie, la voûte n'a qu'une épaisseur de 6 cm, ce qui a permis la suppression des piliers intérieurs et l'amincissement des murs extérieurs.
Ces murs sont en fait des éléments porteurs de dix centimètres d'épaisseur. Ils sont

reliés entre eux par une verrière qui totalise 500 mètres carrés.
La voûte culmine à 35 mètres tandis que le clocher est à 60 mètres.
Plus de deux mille personnes peuvent prendre place dans la nef et le chœur. Et toutes peuvent voir le maître-autel.
À noter que l'architecte, Guillaume Gillet, qui considérait Notre-Dame de Royan comme son chef d'œuvre est enterré au niveau du bas-côté gauche de l'église.

Conformément à l'orientation liturgique,
Conformément à l'orientation liturgique,
le portail de l'église Notre-Dame s'ouvre à l'ouest.
L'église Notre-Dame de Royan
L'église Notre-Dame de Royan
telle qu'on l'aperçoit depuis la rue du 5 janvier 1945
Statue de saint Antoine de Padoue avec l'Enfant
Statue de saint Antoine de Padoue avec l'Enfant
(Œuvre en cuivre repoussé de Jean-Pierre Pernot)
Chapelle de la Vierge dans la nef
Chapelle de la Vierge dans la nef
au-dessous des tribunes du premier étage
Chapelle de la Vierge
Chapelle de la Vierge
La statue de la Vierge à l'Enfant date du XIXe siècle.
Le baptistère dans l'absidiole droite
Le baptistère dans l'absidiole droite
Bénitier dans l'entrée
Bénitier dans l'entrée
Conçu par l'architecte Guillaume Gillet

Les vitraux de Notre-Dame de Royan. Faute de financement, leur installation va s'étaler dans le temps. Ils sont de trois sortes : les verrières verticales de la nef, les vitraux losangés des bas-côtés (symbolisant les stations du Chemin de croix) et le triangle vitré du chœur. ---»»»

---»»» Grâce à une souscription publique ouverte par le journal Sud-Ouest, le maître-verrier Claude Idoux crée le vitrail du chœur représentant l'Assomption de la Vierge (en même temps qu'elle foule aux pieds le serpent). Le vitrail fut posé en 1958.
Pour la nef, l'architecte voulait une verrière qui pût mettre en valeur l'édifice. Il eut du mal à imposer le maître-verrier Henri Martin-Granel. Laissant de côté les personnages et les visages, celui-ci va réaliser un canevas de couleurs douces, rappelant le tissage, et prompt à la contemplation spirituelle (voir ci-contre).
Enfin, les vitraux des bas-côtés, dus aussi à Martin-Granel, veulent symboliser le Chemin de croix et ses personnages par des couleurs. Largement abstraits, le Christ y est représenté par le rouge. Puis le bleu, le jaune, le vert se succèdent pour y représenter la Vierge, Véronique, Simon, etc. Le maître-verrier réalisa dix-huit stations au lieu des quatorze traditionnelles (choix qui fut validé par la commission diocésaine). À l'époque, cette réinterprétation s'inséra logiquement dans le cadre rénovateur du Concile Vatican II et des innovations liturgiques qu'il proposa.
Enfin, en 1995, Martin-Granel put étaler son style propre en réalisant pour les chapelles absidiales des vitraux figuratifs originaux sur les scènes de la vie de la Vierge et du Christ. Ils rappellent le style des bandes dessinées, mais le maître y exhibe un art consommé de l'imitation de la mosaïque.

Vitrail des scènes de la vie de Jésus
Vitrail des scènes de la vie de Jésus
La Pêche miraculeuse (Maître-verrier Henri Martin-Granel, 1995)
Structure des grandes verrières
Structure des grandes verrières
verticales de la nef. Elle rappelle le tissage.
(Maître-verrier Henri Martin-Granel)
Chemin de croix
Chemin de croix
Station V
«Jésus aidé par le Cyrénéen»
Vitrail des scènes de la vie de la Vierge créé par  Henri Martin-Granel (1995)
Vitrail des scènes de la vie de la Vierge créé par Henri Martin-Granel (1995)
L'Annonciation, la Nativité et la Fuite en Égypte
Chapelle latérale Sainte-Thérèse de Lisieux
Chapelle latérale Sainte-Thérèse de Lisieux
La statue très moderne de sainte Thérèse est l'œuvre
de l'artiste Nadu Marsaudon (1951)
Les impressionnants bas-côtés rappellent le matériau de base de l'église : le ciment armé.
Les impressionnants bas-côtés rappellent le matériau de base de l'église : le ciment armé.
Ici, le bas-côté droit
Sainte Thérèse de Lisieux
Sainte Thérèse de Lisieux
Statue de Nadu Marsaudon, 1951

Les œuvres d'art de Notre-Dame. Le budget affecté à la construction de l'église n'incluait aucun décor. L'architecte Guillaume Gillet décida donc de dessiner lui-même le mobilier liturgique (maître-autel, autels latéraux, bénitiers, etc.) et d'inclure la dépense dans l'enveloppe budgétaire. Le Christ en croix qu'il proposa - fort peu ---»»»

Vitrail de la Passion : le Calvaire
Vitrail de la Passion : le Calvaire
(Henri Martin-Granel, 1995)
Chapelle latérale Saint-Joseph
Chapelle latérale Saint-Joseph
et sa statue de saint Joseph due à Jacques Perret
Suite de chapelles latérales dans le bas-côté droit
Suite de chapelles latérales sur le bas-côté droit

---»»» académique - fut d'ailleurs refusé par les autorités religieuses. L'installation du décor plastique - en fait la statuaire - est due à des initiatives privées. Elle suscita maintes polémiques. En autres, la qualité des œuvres se devait de respecter le style du bâtiment. Les artistes (Watkin, Pernot, Perret, Mausaudon, Aupetit) utilisèrent les matériaux les plus variés : le bois et la pierre bien sûr, mais aussi le cuivre et le fer calciné (pour la statue de Jeanne d'Arc de Jaques Perret notamment).

Chapelle latérale Saint-Joseph
Chapelle latérale Saint-Joseph
Statue de saint Joseph créée par Jacques Perret
Christ bourguignon du XIVe siècle
Christ bourguignon du XIVe siècle
dans le bas-côté droit
Vitrail des scènes de la vie de Jésus : la Multiplication des pains
Vitrail des scènes de la vie de Jésus : la Multiplication des pains
(Henri Martin-Granel, 1995)
Chapelle latérale Sainte-Jeanne d'Arc
Chapelle latérale Sainte-Jeanne d'Arc
et sa statue moderne de la sainte,
créée par Jacques Perret en fer calciné
Statue de Jeanne d'Arc
Statue de Jeanne d'Arc
Partie supérieure (œuvre de Jacques Perret)
Vitrail du chemin de croix
Vitrail du chemin de croix
créé par Henri Martin-Granel

Par le jeu des couleurs, l'artiste a
symbolisé les étapes du Chemin de croix
et les acteurs qui y prennent part.
La nef telle qu'on la découvre en entrant
La nef telle qu'on la découvre en entrant
L'entrée donne directement accès aux tribunes du premier étage.
L'Immaculée Conception
L'Immaculée Conception
ou «la Vierge noire» pour les Royannais
Œuvre en plomb de Gaston Watkin (1916-2011)
Vitrail des scènes de la vie de Jésus (Henri Martin-Granel,  1995)
Vitrail des scènes de la vie de Jésus (Henri Martin-Granel, 1995)
Les Noces de Cana, la Pêche miraculeuse et le Baptême de Jésus
Les tribunes du premier étage
Les tribunes du premier étage
Vitrail des scènes de la vie de la Vierge : la Nativité
Vitrail des scènes de la vie de la Vierge : la Nativité
(Henri Martin-Granel, 1995)
Chemin de croix
Chemin de croix
Station VI
«Jésus imprime sa sainte face»

Le Chemin de croix de Notre-Dame est peu banal. Il est en fait double. Dans les bas-côtés, les quatorze stations traditionnelles sont représentées par des peintures émaillées (comme celle donnée ci-dessus). Elles sont associées à dix-huit(!) stations symbolisées par des vitraux en losange et hauts en couleurs dus au maître-verrier Henri Martin-Granel. Voir le commentaire plus haut sur les vitraux de Notre-Dame.

Les élévations de la nef
Les élévations de la nef
Elles comportent deux étages de tribunes.
La hauteur est de 35 mètres.
Le chœur de l'église Notre-Dame et son vitrail en triangle
Le chœur de l'église Notre-Dame et son vitrail en triangle
du maître-verrier Claude Idoux représentant l'Assomption
Le Christ en croix
Le Christ en croix
Œuvre en bois, sculptée par le père Michel Aupetit (1998)
Le visage du Christ en croix
Le visage du Christ en croix
Père Michel Aupetit (1998)
Vitrail de l'Assomption dans le chœur (C. Idoux)
Vitrail de l'Assomption dans le chœur (C. Idoux)
La Vierge couronnée des sept étoiles
Chapelle du Sacré-Cœur
Chapelle du Sacré-Cœur
Le Christ assis
Vitrail des scènes de la vie de Jésus : le Baptême de Jésus
Vitrail des scènes de la vie de Jésus : le Baptême de Jésus
(Henri Martin-Granel, 1995)
La nef et l'orgue de tribune
La nef et l'orgue de tribune
La voûte, en forme de selle de cheval, culmine à 35 mètres de hauteur
Vitrail de la Crucifixion
Vitrail de la Crucifixion (avec un dessin «très tendre» de la Vierge et de saint Jean)
(Henri Martin-Granel, 1995)
La chapelle du Sacré–Cœur est nichée sous l'escalier d'entrée
La chapelle du Sacré-Cœur est nichée sous l'escalier d'entrée
L'orgue de tribune dû au facteur Robert Boisseau (1964)
L'orgue de tribune est dû au facteur poitevin Robert Boisseau (1964)
Vitrail de l'Assomption dans le chœur (Claude Idoux)
Vitrail de l'Assomption dans le chœur (Claude Idoux)

L'orgue de tribune. Acquis grâce à un chèque de dommages de guerre, l'orgue est dû au facteur Robert Boisseau. Il est inauguré en 1964, agrandi en 1969. Les organistes et les mélomanes le considèrent comme un instrument exceptionnel. C’est un grand seize pieds en étain martelé, le premier qu'on ait construit depuis le XVIIIe siècle. Depuis 1966, son titulaire en est Jacques Dussouil. L'instrument est classé en 2004. Il est utilisé, bien sûr, pour les offices religieux, mais aussi pour des concerts.

Les Pèlerins d'Emmaüs
Les Pèlerins d'Emmaüs
(Henri Martin-Granel, 1995)
La Cène
La Cène
(Henri Martin-Granel, 1995)
La nef et l'orgue de tribune vus du chœur La nef et l'orgue de tribune vus du chœur

Documentation : Panneaux affichés dans l'église
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