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Page créée en janv. 2011
Apothicairerie, pots en faïence de Nevers

L'Hôtel-Dieu de Tournus trouverait son origine dans un premier bâtiment du IXe siècle, construit en dehors des remparts de la ville. Détruit pendant les guerres de Religion, il est reconstruit, puis abandonné en 1613. Un nouvel édifice est bâti dans la rue des Lambrois, cette fois en pleine ville. Partie d'une petite salle plutôt minable, le nouvel hospice va bénéficier, dès 1661, du soutien de l'abbé de Tournus (et futur cardinal de Bouillon) et de dons importants. Le but n'est pas de soigner, mais de porter assistance aux démunis, service assuré par des sœurs hospitalières. Grande salle, apothicairerie, pièces de service, logement des religieuses, tout cela voit le jour avant la fin du XVIIe siècle.
Le manque de place et la promiscuité aidant, une deuxième salle commune est construite - à angle droit de la première - au début du XVIIIe siècle, séparant les hommes des femmes. Puis une chapelle prend place entre les deux. Une troisième salle est achevée en 1792. Mais les fonds pour l'entretien et les soins aux malades et aux miséreux sont toujours chiches.
Arrive la Révolution. Les biens de l'Hôtel-Dieu sont confisqués. Les religieuses deviennent des «citoyennes employées au service des pauvres». Sous le Second Empire, des travaux d'aménagement et de modernisation sont entrepris malgré les difficultés financières. Au XXe siècle, nouvelles transformations (électricité en 1914). Mais c'est bientôt la fin. Maternité et chirurgie quittent l'hôpital en 1974. Les salles communes sont désaffectées en 1978. L'Hôtel-Dieu est fermé en 1982.

Lits vus depuis un lit
Salle des soldats
La salle des soldats s'offre au regard des visiteurs dès l'entrée dans l'Hôtel-Dieu.

Description. La salle des soldats est l'une des trois salles communes de l'Hôtel-Dieu de Tournus. C'est aussi la dernière qui ait été construite. Son achèvement date de 1792. Ces trois salles communes, disposées en croix, rassemblent en tout cinquante-trois lits en chêne. Elles ont volontairement été bâties selon des dimensions impressionnantes : 21 mètres de long, 11 de large et une hauteur sous plafond de près de 9 mètres. A l'époque, on pensait qu'il fallait évacuer les miasmes en suspension dans l'air. Un grand volume associé à de larges fenêtres y pourvoyaient aisément. Notons que ces grandes baies - six dans chaque salle - sont placées à plus de trois mètres de haut afin d'éviter les courants d'air au niveau des malades. Un couloir étroit entre le mur et les lits permettaient aux religieuses d'accéder aux fenêtres.
Évidemment, en hiver, chauffer un aussi grand volume n'était pas chose facile. On peut supposer qu'il y avait des cheminées. De fait, une seule est parvenue jusqu'à nous : celle de la salle des soldats (visible sur la photo ci-dessus, à l'arrière-plan).

Il faut imaginer aussi des chaufferettes ou des bouillottes utilisées à titre individuel. Ensuite, au XIXe siècle, le progrès permit d'installer des poêles (on en voit un au milieu de la salle des soldats). Souvent, les convalescents se réunissaient sur des chaises ou des bancs, autour du poêle, pour avoir moins froid.
L'Hôtel-Dieu de Tournus a été construit près d'un cours d'eau. C'était la règle pour les hôpitaux de l'ancien temps : assurer l'évacuation des eaux usées par des canalisations qui servaient d'égouts et qui se jetaient dans une rivière toute proche (à Tournus, la Saône). Ces canalisations couraient autour du bâtiment et au-dessous. C'était efficace pour l'hygiène, mais l'humidité permanente rendait les locaux insalubres.
Sur le plan de l'esthétique des salles, on remarquera les flammèches en bois au-dessus de chaque lit. L'établissement est géré par l'Église : elles symbolisent l'âme des malades.
SourceL'Hôtel-Dieu de Tournus» de Christelle Rochette

Entrée de l'Hôtel-Dieu
Le Jardin des simples
Le Jardin des simples
CI-DESSUS, l'entrée de l'Hôtel-Dieu de Tournus
EN HAUT ET À DROITE, le jardin des simples
(c'est-à-dire les plantes médicinales de base)
À DROITE, la cour intérieure ---»»»
Le musée Greuze se trouve dans l'aile du fond.
Chapelle du Saint-Sacrement
La Chapelle du Saint-Sacrement (entre la salle des femmes et la salle des soldats)
À l'arrière-plan, l'ouverture donne accès à la salle des hommes.
Un lit de chêne
Un lit de chêne
Un rideau permettait d'apporter un minimum
d'intimité au malade.
Les salles communes ont été désaffectées en 1978.
Salle des hommes
La salle des hommes. Elle donne accès à une petite chapelle, appelée ici «chapelle Notre-Dame» (voir ci-dessous)
Vitrail dans la chapelle Notre-Dame
Chapelle Notre-Dame, le vitrail du côté droit
Chapelle Notre-Dame
Chapelle Notre-Dame
(au fond de la salle des hommes)
Tableau de la Vierge en majesté
Chapelle Notre-Dame
Tableau de la Vierge en majesté
(auteur anonyme)
Chapelle Notre-Dame, le plafond peint
CI-DESSUS

Chapelle Notre-Dame
Le beau plafond est conçu
selon une voûte
peinte quadripartite.
À DROITE ---»»»

Salle des soldats
Tableau «Port de mer», vers 1670 Atelier d'Adriaen van der Cabel (Ryswyck, vers 1631 - Lyon 1705)
Tableau «Port de mer»
Tableau «David et Goliath»
Salle des soldats
Tableau «David et Goliath», anonyme, début 17e siècle
Vitrail dans la chapelle Notre-Dame
Chapelle Notre-Dame
le vitrail du côté gauche
Instruments de soins
Salle des femmes. Au premier plan, une vitrine avec des instruments de soins
Instruments de soins
Salle des femmes
Instrument de soins

Clystère «soi-même», XIXe siècle
Bouillotte, début XXe siècle

Comment soigne-t-on les malades? Sans surprise aucune, l'essentiel des soins est assuré par la purge et la saignée. Mais comme les malades arrivent souvent à l'Hôtel-Dieu avec des problèmes de carence alimentaire, le meilleur remède est encore de leur assurer une nourriture suffisante. À l'Hôtel-Dieu de Montbéliard, la ration journalière est de 500 grammes de pain. Comme il faut y ajouter des à-côtés en viande, poisson et légumes, on arrive à un régime plus que suffisant pour remettre les malades sur pied.

En dehors du jardin des simples pour pourvoir l'apothicairerie en plantes médicinales, il arrive que le personnel de l'Hôtel-Dieu cultive des légumes autour des bâtiments. C'est le cas d'Angers. Sans compter les «festins» qui sont prévus pour les jours de fête : Pâques, Noël et le jour le fête patronale de l'établissement. On peut aussi y ajouter les gâteaux pour la fête des Rois.
Source : «Les villes en France aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles» de Benoît Garnot, éditions Ophrys

Apothicairerie
La magnifique salle de stockage de l'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu de Tournus

L'apothicairerie. Admirez un moment le meuble en noyer de l'apothicairerie. Avec le dallage et le plafond peint, il fait de cette pièce l'une des plus belles pharmacies de Bourgogne. L'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu a été achevée en 1685 et nous est parvenue intacte (décor et meubles). L'armoire a été construite aux dimensions de la pièce par des menuisiers locaux. On remarquera l'élégance des colonnes torses qui séparent les emplacements prévus pour les pots et les fait ressembler à des petites niches. L'équilibre de l'ensemble est obtenu par le dernier étage : une rangée aérée, scandée de fins piliers sculptés entre lesquels trônent des vases en faïence de Nevers.
L'apothicairerie compte plus de 150 pots en faïence (la plupart de Nevers) et près de 130 flacons en verre. Tout cela peut être daté de la fin du XVIIe siècle jusqu'au début du XIXe. Les étiquettes elles-mêmes n'ont pas changé (voir

photo ci-dessous). Tous ces pots renfermaient les préparations studieusement concoctées par les «sœurs apothicaires», parfois sous le contrôle d'un apothicaire professionnel qui exerçait localement. D'où l'intérêt de disposer d'un jardin des «simples» (c'est-à-dire des plantes médicinales de base) dans une des cours de l'hôpital.
Sur la gauche de la photo, au premier plan, on distingue un mortier en bronze et son maillet utilisés pour le broyage des éléments. Le maillet est perforé d'un trou à son sommet. Comme celui de l'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu de Beaune, le maillet, d'un poids de plusieurs kilos, était actionné par une poulie (voir photo plus bas). Source :«L'Hôtel-Dieu de Tournus» de Christelle Rochette
Découvrez une apothicairerie beaucoup plus grande, celle de l'Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes.

Apothicairerie, le plafond peint
Apothicairerie
Le plafond peint avec deux angelots (auteur anonyme)
Pot en faïence de Nevers
Apothicairerie
Pot en faïence de Nevers
Pot en faïence de Nevers Trois bouteilles en verre dans l'apothicairerie
Apothicairerie
Trois bouteilles en verre : «Baume de Sura», «Eau distillée», «Teinture de Gerya»
élégamment séparées par des colonnes torses
«««---À GAUCHE, table de préparation des produits dans la petite salle de préparation
Mortier de bronze
Apothicairerie, le mortier de bronze
Petite salle avec meubles
Petite salle avec meubles entre la salle des femmes et l'apothicairerie
Salle de présentation des simples Salle des étains
Salle des étains

Les Étains. Bien des plats, assiettes et écuelles de ce vaisselier datent du XVIIe siècle. Après l'utilisation de l'étain pur (jusqu'à la fin du XVIIe), sans risque pour la santé, les potiers d'étain se sont mis à utiliser de la «claire étoffe», un alliage mêlant étain et plomb. Le danger pour l'organisme conduisit les gens à substituer leur vaisselle en étain par de la vaisselle en faïence, par ailleurs moins chère.

«««--- Salle où sont affichées des notices de présentation des «simples»
On notera le beau plafond peint dans le style de celui de l'apothicairerie.

Documentation :«L'Hôtel-Dieu de Tournus» de Christelle Rochette (l'Hôtel-Dieu éditeur)
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