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Page créée en juillet 2016
Vierge à l'Enfant devant un vitrail de Maria Elena Vieira Da Silva

Avec la cathédrale et la basilique Saint-Rémi, l'église Saint-Jacques est la seule église médiévale de Reims qui soit parvenue jusqu'à nous (avant la Révolution, on en comptait plus d'une trentaine). Son origine est assez bien connue. Le quartier de la Couture, où elle se trouve, fut concédé aux Rémois par l'archevêque Guillaume de Champagne en 1182 pour y construire des échoppes et des maisons. Située hors les murs, cette zone se présentait en fait comme une extension de la ville. Auparavant, c'était un terrain cultivé sur lequel l'abbaye de Saint-Denis percevait des dîmes. Pour compenser la perte de revenus, l'archevêque Guillaume accorda à l'abbaye une rente annuelle de douze livres.
L'église Saint-Jacques fut évidemment bâtie pour subvenir aux besoins spirituels de la nouvelle communauté. On sait qu'elle était déjà en travaux en 1190. On construisit d'abord le chœur, puis le transept et les deux premières travées de la nef (appelées «double-travée»). Le tout fut terminé vers 1200. Enfin vint le reste de la nef jusqu'à la façade. Selon l'historien Peter Kurmann, cette partie fut construite en deux temps. Le rez-de-chaussée fut achevé avant 1235. Après un arrêt des travaux assez long, la construction reprit vers 1250-1260. Tout porte à penser que l'édifice était achevé en 1270.
Le style de l'édifice est homogène. On note un aspect roman évident au premier niveau de la nef (arcades, piliers, chapiteaux), niveau qui est surmonté par un triforium en gothique rayonnant (style en vogue au moment de la suite des travaux, vers 1250-1260). Au XVIe siècle, tout le chœur fut détruit (sans doute pour être agrandi). Les architectes choisirent le style gothique dans le sanctuaire pour respecter l'harmonie de l'ensemble quand on le regarde depuis l'avant-nef, mais bâtirent les chapelles latérales du chœur en style Renaissance. Leur beauté est aujourd'hui bien mise en lumière par les vitraux modernes de l'artiste Maria Elena Vieira Da Silva.
Notons enfin que, en 1854, l'architecte Narcisse Brunette se livra à des réparations et des reconstructions fort importantes - et dont l'ampleur paraît aujourd'hui injustifiée. Ainsi, tout le croisillon nord du transept fut reconstruit en l'agrandissant, la croisée refaite et la double-travée adjacente altérée ; d'autres éléments voisins furent reconstruits à l'identique. Au cours du premier conflit mondial, l'église eut beaucoup à souffrir. En 1920, l'architecte Henri Deneux y mit au point sa technique de couvrement de la nef en éléments de ciment armé. Cette technique fut ensuite utilisée à grande échelle à la cathédrale.

Christ en croix dans le chœur
Vue d'ensemble de la nef de l'église Saint-Jacques.
Vue d'ensemble de la nef de l'église Saint-Jacques.
Le premier niveau date du tout début du XIIIe siècle, les niveaux supérieurs sont de la seconde moitié de ce même siècle.
La façade occidentale de l'église.
La façade occidentale de l'église.
Pour l'historien Peter Kurmann, avec son immense pan de mur terminé
par trois pignons, elle est unique dans la France septentrionale.
Sculptures florales au-dessus d'un pilier du portail nord (XIIIe siècle).
Sculptures florales au-dessus d'un pilier du portail nord (XIIIe siècle).
Le portail nord date du XIIIe siècle
La partie centrale de la façade illustre un thème typiquement rémois
La partie centrale de la façade illustre un thème typiquement rémois :
deux niches situées entre les trois portails (aménagement reproduit à Saint-Rémi).
En 1827, on a placé les trois statues que l'on voit dans les niches :
saint Jacques est entouré de saint Jean l'Évangéliste et de saint Pierre.
Saint Jean l'Évangéliste et son aigle dans une niche de la façade.
Saint Jean l'Évangéliste et son aigle dans une niche de la façade.
Statue installée en 1827.
Saint Jacques dans la niche centrale
Saint Jacques dans la niche centrale
de la façade.
Statue installée en 1827.
«««--- À GAUCHE
Le portail nord date
du XIIIe siècle.
Sculptures florales au-dessus d'un pilier du portail nord
Sculptures florales au-dessus d'un pilier du portail nord
(premier tiers du XIIIe siècle).
Le chevet de Saint–Jacques a été entièrement reconstruit au XVIe siècle.
Le chevet de Saint-Jacques a été entièrement reconstruit au XVIe siècle.
Plan de l'église Saint-Jacques
Plan de l'église Saint-Jacques

Les chapiteaux de Saint-Jacques.
Les chapiteaux du premier niveau de la nef, comme celui donné ci-contre en (1), méritent un commentaire. Il faut d'ailleurs leur ajouter ceux de la façade occidentale vus plus haut. Si l'on suit la terminologie de l'historienne Denise Jalabert, cette famille de chapiteaux appartient au type de la «flore généralisée» de la première moitié du XIIIe siècle. L'historien Peter Kurmann précise dans son article sur Saint-Jacques dans la revue du Congrès archéologique tenu en Champagne en 1977 : «La plupart d'entre eux sont décorés de feuilles à larges tiges s'enroulant en des crochets en grande majorité épanouis. D'autres feuilles plus petites se collent sur les larges tiges dans une rangée qui prend naissance au-dessus de l'astragale.» (L'astragale est la moulure qui sépare le chapiteau et le fût du pilier).
Le chapiteau donné dans la photo ci-contre en (2) appartient aussi à cette catégorie bien qu'on y voie des fleurs sculptées sans ordonnancement particulier et avec des pétales qui ressortent nettement. Notons que cet aspect reflète d'ailleurs très bien le côté sauvage de la nature. La thèse de Denise Jalabert, exposée dans son ouvrage La Flore sculptée des monuments du Moyen Âge en France, paru en 1965, a suscité maintes critiques. Il semble en effet hors de portée des historiens d'ordonner les sculptures de chapiteaux médiévaux selon un système chronologique ou de les classer par école. Il y a trop d'inconnus dans les noms des sculpteurs et les dates. Seul un rangement par famille de fleurs et de feuilles peut être tenté.

Le clocher est surmonté d'un lanternon construit pour remplacer la flèche abattue par un ouragan en déc. 1711.
Le clocher est surmonté d'un lanternon construit pour remplacer la flèche abattue par un ouragan en déc. 1711.
Il a été à nouveau détruit en 1918 et refait.
Le Baptême de Clovis.
Le Baptême de Clovis.
Vitrail historié datant de 1933.
Atelier Jacques Simon, Reims.
Statue moderne
Statue moderne
de la Vierge à l'Enfant.
Chapiteau à thème floral sur les colonnes jumelles de la nef.
1 : Chapiteau à thème floral sur les colonnes jumelles de la nef.
Son type artistique a été appelé «flore généralisée».
Clé de voûte du XIIIe siècle
Clé de voûte du XIIIe siècle
dans un collatéral.
Chapiteau à thème floral sur les colonnes jumelles de la nef.
2 : Chapiteau à thème floral sur les colonnes jumelles de la nef.
Clé de voûte du XIIIe siècle dans un collatéral.
Clé de voûte du XIIIe siècle dans un collatéral.
Élévations sud de la nef (XIIIe siècle).
Élévations sud de la nef (XIIIe siècle).

L'élévation sud de la nef. Les deux travées les plus à gauche sont appelées «double-travée». Elles auraient été achevées vers 1210. La pile qui divise en deux cette double-travée est la seule pile faible de l'église (la partie en vis-à-vis, qui est au nord, a été entièrement refaite et transformée en 1854 par l'architecte Narcisse Brunette). Les cinq autres travées (la cinquième à droite sort du cadre de la photo)

ont été construites entre 1210 et 1230. L'alternance pile forte - pile «faible» n'a plus qu'un intérêt artistique puisque la voûte au-dessus de ces travées est quadripartite. L'alternance vise en quelque sorte à répéter le schéma artistique de la double-travée, notamment en adoptant un dessin différent pour les colonnettes selon qu'elles sont fixées sur une pile faible ou une pile forte.

Chapiteau du triforium
Chapiteau du triforium
Vers 1250-1270.
Chapiteau du triforium
Chapiteau du triforium
Vers 1250-1270.

L'histoire de la nef médiévale. Les cinq travées occidentales de Saint-Jacques ont donné lieu à des interprétations contradictoires. Elles ont été construites en deux fois : d'abord le rez-de-chaussée, qui possède un indéniable cachet roman, puis le triforium, en gothique rayonnant et la voûte. On constate, sur la photo ci-dessus de l'élévation sud, une alternance de piles fortes et de piles «faibles» (les colonnes doubles jouent le rôle des piles faibles, mais n'en sont pas). On en déduit, de prime abord, que le plan prévoyait une voûte sexpartite. On sait pourtant que la voûte construite dans la deuxième moitié du XIIIe siècle était quadripartie (dite «à plans barlongs»), rendant inutile l'alternance fort-faible. Que s'est-il donc passé?
Une première interprétation nous est donnée par l'architecte Louis Demaison dans son article sur l'église Saint-Jacques rédigé à l'occasion du Congrès archéologique tenu à Reims en 1911. Celui-ci écrit : «Vers le début du XIVe siècle eut lieu une reconstruction partielle ; on refit l'étage supérieur du portail, les murs, les fenêtres, le triforium et les voûtes des cinq premières travées de la nef.» Ce qui signifie, ni plus ni moins - et l'historien Peter Kurmann le souligne - que toute la nef aurait été achevée au début du XIIIe siècle, voûte sexpartite comprise. On ne voit pas pourquoi la fabrique de l'église aurait dissipé ses fonds dans le simple plaisir de changer partiellement l'architecture. Aucun ouragan destructeur n'étant signalé dans les relations, il n'y avait pas de réparations importantes à apporter. Et le procédé visant à modifier une large partie de l'édifice pour le plaisir, après un laps de temps aussi court, ne s'est jamais rencontré. Dans son article sur Saint-Jacques, écrit lors du Congrès archéologique tenu en Champagne en 1977, l'historien Peter Kurmann contredit son collègue avec diplomatie : «Je crois que les choses se passèrent différemment, écrit-il. Pour quelles raisons les parties élevées à plus de deux tiers   ---»» Suite 2/2

---»»  (2/2)   de la nef auraient-elle été démolies?» Kurmann rappelle qu'il n'y a pas de trace de «soudure» architecturale dans la liaison entre la cinquième et la «sixième» travée, c'est-à-dire là où l'on pourrait s'attendre à voir une rupture de la construction. Il opte donc pour un arrêt des travaux - ce qui est hautement probable compte tenu des difficultés habituelles de financement. Les étapes s'échelonnent alors de manière logique. Une fois terminée la double-travée (travées 6 et 7 près du transept), sous l'influence des avancées architecturales, on change les plans pour adopter une voûte à plans barlongs (quadripartite). Puis on élève «les grandes arcades et les collatéraux sur toute la longueur de la nef, probablement de l'est à l'ouest, y compris le rez-de-chaussée de la façade» (Kurmann). Cette construction a dû se terminer vers 1235 au plus tard. Notons que les piles faibles doivent impérativement être remplacées par des piles quasi fortes afin de soutenir la nouvelle forme de voûte prévue - d'où la présence de colonnes doubles alternant avec les grosses piles rectangulaires. On remarquera que l'alternance fort-faible a été appliquée dans le dessin des colonnettes, selon le schéma de la double-travée (départ du sol ou départ du chapiteau), ceci afin d'assurer l'homogénéité de la nef et son harmonie.
Relevant les particularités artistiques du deuxième niveau, Kurmann écrit que les niveaux supérieurs n'ont pas pu être élevés avant 1250-1260. Ainsi, une fois bâtis les arcades et les collatéraux, l'activité du chantier aurait cessé pendant vingt à trente ans. (Pour que le culte pût avoir lieu, il suffisait de couvrir les travées occidentales d'une toiture provisoire.) L'intervalle 1250-1260, donné par Kurmann pour la reprise des travaux, se trouve confirmé par les formes du triforium et le décor végétal des chapiteaux. Le style roman imprègne le premier niveau, mais, au-dessus, c'est un gothique rayonnant arrivé à maturité qui est à l'honneur. Le triforium est ainsi une succession de baies à quatre arceaux trilobés. Quant au style floral des chapiteaux, il a lui aussi évolué. Peter Kurmann écrit à ce sujet : «Les tailloirs polygonaux et

reculés par rapport au feuillage, leurs feuilles en grande partie serrées et aux surfaces souvent boursouflées les font comparer aux chapiteaux des quatre travées occidentales de la cathédrale de Reims qui doivent être datées de la seconde moitié du XIIIe siècle». On peut voir ci-dessus deux exemples de ces chapiteaux en gothique rayonnant.
Conséquence : compte tenu de la reprise au XIXe siècle de la double-travée nord par Narcisse Brunette, la seule pile faible (et réellement faible) visible dans l'église Saint-Jacques est la colonne centrale de la double-travée méridionale, donnée ci-contre à droite.
Récapitulons à présent les différentes étapes de la construction médiévale et Renaissance de l'église :
vers 1183 - avant 1200 : construction du chœur et du transept sur le terrain de la Couture concédé par l'archevêque ;
1200-1210 : construction de la double-travée adjacente au transept (en quelque sorte les 6e et 7e travées) ;
changement de projet pour la voûte des cinq travées restantes qui sera quadripartite et non plus sexpartite ;
1210 - avant 1235 : construction du rez-de-chaussée de la nef (les cinq travées restantes) avec reprise, pour les colonnettes engagées, du schéma adopté dans la double-travée (afin de respecter l'harmonie de l'ensemble) ;
arrêt des travaux (1235 - après 1250) ;
après 1250 jusqu'à 1270 : construction des étages supérieurs des cinq travées de la nef et de leur voûte quadripartite ;
XVIe siècle - jusqu'à 1548 : destruction du chœur, puis construction d'un nouveau chœur gothique avec ajout de chapelles latérales Renaissance.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 78e session, Reims, 1911, article de Louis Demaison ; 2) Congrès archéologique de France, 185e session, Champagne, 1977, article de Peter Kurmann.

Pile faible dans la double-travée méridionale.
Pile faible dans la double-travée méridionale.
C'est la seule pile réellement faible qui subsiste
dans l'église actuelle après la décision
de passer à une voûte quadripartite au-dessus
des cinq travées ouest qu'il restait à construire (décision prise après 1210).
Le style est du XVIe siècle : la pile a donc été reprise en sous-œuvre à cette époque.
Quatre illustrations du baptême (moderne, Clovis, un catéchumène des premiers siècles et le Christ).
Quatre illustrations du baptême (moderne, Clovis, un catéchumène des premiers siècles et le Christ).
Vitraux de l'atelier rémois Jacques Simon datés de 1933. On peut les voir au-dessus d'un local attenant à la nef.

Les vitraux de l'église Saint-Jacques. Les vitraux actuels de l'église forment trois groupes distincts : ceux de 1933 (donnés ci-dessus) réalisés par l'atelier rémois Jacques Simon, auxquels il faut rajouter le vitrail de Jésus prêchant, donné plus bas) ; ceux réalisés par le peintre tchèque Joseph Sima, puis par Maria Elena Vieira Da Silva dans les années 1960 et 1970 (ils ornent l'abside et les chapelles latérales du chœur) ; enfin les vitraux (assez pauvres) de la nef réalisés par Benoît Marq au début du XXIe siècle. Tous ces artistes ont œuvré au sein de l'atelier Simon à Reims.
L'un des clous de la vitrerie de l'église, c'est sans aucun doute la création de Maria Helena Vieira da Silva dans les chapelles qui encadrent le chœur. De grandes photos de ces chapelles sont données dans cette page. On pourra juger comme les verrières, qui semblent elles-mêmes reproduire la structure des vieilles pierres, s'intègrent à merveille dans l'ensemble, accroissant d'ailleurs l'atmosphère de méditation de l'endroit. Le point négatif est qu'elles sont assez sombres et l'on se doute qu'elles laissent passer très peu de lumière. Il n'est guère possible de s'en rendre compte car des projecteurs éclairent les chapelles presque en permanence (voir les différentes photos proposées).
On sait que l'église Saint-Jacques a beaucoup souffert de la première guerre mondiale. Mais qu'en était-il de ses vitraux avant 1914? Dans son article sur Saint-Jacques paru dans la revue du Congrès archéologique tenu à Reims en 1911, l'historien Louis Demaison rapporte qu'il y avait des vitraux anciens épars dans les

diverses fenêtres de l'église. Néanmoins, seules les trois fenêtres hautes de l'abside avaient conservé leurs vitraux complets du XVIe siècle. Il en donne la description.
Dans la fenêtre centrale (là où Joseph Sima a créé une grande croix blanche à cheval sur les deux panneaux), le panneau de gauche illustrait la fontaine de vie : «le Christ en croix, dont le sang est recueilli dans une vasque placée à ses pieds» (Demaison). De part et d'autre se tenaient Marie-Égyptienne portant trois pains et Marie-Madeleine qui tenait un vase de parfums. Le panneau de droite accueillait une Résurrection avec des gardes vêtus d'une armure du XVIe siècle. Les deux panneaux de la fenêtre de droite illustraient des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament : Moïse sur le Sinaï, le Serpent d'airain, Jésus au milieu des docteurs et la Multiplication des pains. Dans la fenêtre gauche était représenté le martyre d'un saint que Louis Demaison n'est pas parvenu à identifier. Il précise qu'on y trouvait ce qu'on peut regarder comme des éléments traditionnels de l'iconographie : un chevalet, les pieds du martyr chargés de meules, le bourreau, le prince qui préside à l'exécution, son sceptre à la main. Dans une autre scène, le saint est décapité. On trouvait ensuite le donateur, sa femme et ses trois filles, accompagnés de leurs saints patrons. Enfin, au pied du chef de famille, on pouvait voir un blason appartenant à la famille de Thumery.
Source : Congrès archéologique de France, 78e session, Reims, 1911, article de Louis Demaison sur l'église Saint-Jacques.

Le collatéral nord vu de l'entrée.
Le collatéral nord vu de l'entrée.
On observe l'alternance des piles fortes (rectangulaires) et des piles «faibles» (colonnes gémellés).

À DROITE ---»»»
Clé de voûte du XIIIe siècle dans un collatéral.
Chemin de croix moderne
Chemin de croix moderne
Station 1 : Jésus est condamné.
Clé de voûte du XIIIe siècle dans un collatéral
Voûte des cinq travées occidentales.
Voûte des cinq travées occidentales.
Leur dessin à plan barlong date de la deuxième moitié du
XIIIe siècle, après le changement de plan intervenu vers 1210.
Collatéral sud érigé au début du XIIIe siècle.
Collatéral sud érigé au début du XIIIe siècle.
Il est éclairé par les vitraux modernes de Benoît Marq créés vers 2010.
Jésus prêchant à ses disciples
Jésus prêchant à ses disciples
Vitrail de l'atelier rémois Joseph Simon, 1933.
Élévations de la double travée méridionale (avant 1210).
Élévations de la double travée méridionale (avant 1210).
L'histoire de cette double-travée est développée dans l'encadré ci-contre.
Chapiteaux à thème floral.
Chapiteaux à thème floral.
Ce style correspond à la deuxième moitié du XIIIe siècle.
Triforium à quatre baies en tiers–points dans la double–travée méridionale (avant 1210).
Triforium à quatre baies en tiers-points dans la double-travée méridionale (avant 1210).

Une curiosité architecturale de l'église Saint-Jacques : la double-travée méridionale.
Même si le visiteur ne s'en doute pas quand il rentre dans l'église, il y a une partie de l'architecture qui mérite son attention : c'est la double-travée au sud (elle tient en fait la place des travées 6 et 7 si l'on compte en partant de l'avant-nef). Avec le transept sud, la double-travée (donnée ci-contre à gauche) est la partie la plus ancienne de l'édifice. Pour l'historien Peter Kurmann, elle a dû être érigée avant 1210. La double-travée est surmontée d'une voûte sexpartite, datée de la même époque, qui n'a été que peu retouchée en 1854 par l'architecte de la ville de Reims, Narcisse Brunette. La partie la plus intéressante de cette double-travée est son triforium. Une photo en est proposée ci-dessus, tandis qu'une photo du triforium des autres travées, construites après 1250, est donnée ci-dessous.
Le triforium de la double-travée est constitué de quatre arcades par travée. On s'aperçoit tout de suite que les deux arcades du milieu sont posées en retrait par rapport aux arcades latérales - alors que, dans le triforium qui sera construit après 1250, les arcades sont alignées. Les deux arcades du milieu constituent une sorte de «panneau reculé» (Kurmann) qui correspond, en largeur et en profondeur, à l'embrasure de la fenêtre haute. Il est clair que les baies de la double-travée sont plus belles que celles qui suivront après 1250. C'est pourquoi des considérations esthétiques s'imposent. Le pourtour de la fenêtre haute est mis en exergue par un élégant arc qui naît au niveau de la corniche surplombant le triforium. Cet arc est inexistant ailleurs, ce qui appauvrit l'aspect des fenêtres hautes dans les cinq travées post-1250. Au niveau des deux arcades centrales de la double-travée, l'architecte n'a pas lésiné sur les moyens pour embellir ce qui aurait dû être le schéma général de l'harmonie de l'église. En effet, une petite pile avec chapiteau sépare de chaque côté le «panneau reculé» des arcades latérales. On a ainsi deux piles, de diamètre différent et avec chapiteau, qui sont juxtaposées. Tous les chapiteaux sont au même niveau, y compris ceux qui reçoivent les retombées des voûtes. Pour ce faire, ces retombées plongent littéralement sur le triforium. L'effet esthétique global ainsi créé est tout à fait séduisant. À l'opposé, le triforium des cinq travées post-1250 (ci-dessous) paraît sortir d'un catalogue de prêt-à-construire. Ses quatre arceaux en tiers-point à redents trilobés et ses chapiteaux à feuilles resserrées paraissent bien standardisés en face de la maîtrise architecturale du concepteur du triforium à «panneau reculé».
L'historien Peter Kurmann nous apprend que c'est à l'église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne que fut construite pour la première fois toute une nef avec ce fameux «panneau reculé». Dans un article de 1966 sur cette même église, l'historienne Anne Prache défend l'idée selon laquelle les travaux dans cette dernière église se situeraient bien avant 1183. À Saint-Jacques, un détail sur les moulures du triforium pousse Peter Kurmann à penser que l'architecte connaissait Notre-Dame-en-Vaux.
A priori, rien n'empêchait les maîtres d'œuvre, après 1250, de réutiliser ce schéma esthétique de «panneau reculé» pour le triforium des cinq travées suivantes. S'ils ne l'ont pas fait, c'est probablement pour une question de coût.
Sources : Congrès archéologique de France, 185e session, Champagne, 1977, article de Peter Kurmann.

Triforium à quatre arceaux et à redents trilobés dans la nef.
Triforium à quatre arceaux et à redents trilobés dans la nef.
Style gothique rayonnant.
Le transept et son grand oculus qui reçoit un vitrail moderne.
Le transept et son grand oculus qui reçoit un vitrail moderne.
Le croisillon nord a été intégralement refait en 1854.
La nef vue depuis le chœur.
La nef vue depuis le chœur.
LE CHŒUR CONSTRUIT EN GOTHIQUE RAYONNANT À L'ÉPOQUE DE LA RENAISSANCE
Le chœur de Saint–Jacques a été construit en style gothique au début du XVIe siècle.
Le chœur de Saint-Jacques a été construit en style gothique au début du XVIe siècle.
Ce style, dépassé à l'époque, permettait s'aligner sur le style gothique de la nef.
Les vitraux des fenêtres hautes sont de Joseph Sima (XXe siècle).
Le Baptistère est placé derrière le chœur,
Le Baptistère est placé derrière le chœur,
au sein d'une architecture gothique.
Arcades en gothique flamboyant dans le chœur
Arcades en gothique flamboyant dans le chœur
(début du XVIe siècle).
Au XVIe siècle, le style Renaissance a été rejeté pour l'abside afin qu'il ne vienne pas
heurter l'aspect architectural en gothique rayonnant de la nef.
Le chœur de l'église Saint–Jacques a été édifié au XVIe siècle.
Le chœur de l'église Saint-Jacques a été édifié au XVIe siècle.
Par souci d'harmonie de l'ensemble vu depuis la nef, les constructeurs ont opté pour le style gothique flamboyant, bien que le triforium du chœur soit plus proche du gothique rayonnant.
L'architecte s'est néanmoins permis quelques libertés sur les intrados (qu'on ne voit pas depuis la nef) en y sculptant une structure en caissons typique de la Renaissance.
Élévations nord du chœur.
Élévations nord du chœur.
Le Christ en croix dans le chœur.
Le Christ en croix dans le chœur.
Statue moderne.
Arceaux trilobés dans le triforium du chœur (gothique rayonnant).
Arceaux trilobés dans le triforium du chœur (gothique rayonnant).
Chapiteaux dans le triforium du chœur (construit au XVIe siècle).
Chapiteaux dans le triforium du chœur (construit au XVIe siècle).
LA CHAPELLE ABSIDIALE SUD DE STYLE RENAISSANCE (XVIe SIÈCLE)
La chapelle absidiale sud et le chœur.
La chapelle absidiale sud et le chœur.
Les arcades en plein cintre qui font communiquer la chapelle et le chœur sont garnies, à leur intrados,
de caissons sculptés en relief, décorés de fleurons et de pointes de diamant.
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale sud
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale sud
créé par Maria Elena Vieira Da Silva,
Atelier Simon à Reims, années 1970.
La chapelle absidiale sud et son atmosphère féerique (XVIe  siècle).
La chapelle absidiale sud et son atmosphère féerique (XVIe siècle).
Les voûtes retombent sur des colonnes corinthiennes qui reprennent le parti des piles faibles de la nef (colonnes jumelles).
Les vitraux de Maria Elena Vieira Da Silva (années 1970) s'insèrent fort bien dans les vieilles pierres,
mais ils sont assez opaques. Que donnerait la photo sans l'éclairage artificiel ?
Arcature à coquilles Renaissance
Sculpture Renaissance d'un angelot

CI-DESSUS

Arcature à coquilles Renaissance
dans la chapelle absidiale sud.

«««--- À GAUCHE

Sculpture Renaissance d'un angelot
sur un pilier séparant le chœur et la chapelle.
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale sud
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale sud
créé par Maria Elena Vieira Da Silva,
Atelier Simon à Reims.
LA CHAPELLE ABSIDIALE NORD DE STYLE RENAISSANCE (XVIe SIÈCLE)
La chapelle absidiale nord.
La chapelle absidiale nord.
L'ornementation des fenêtres est plus raffinée que dans la chapelle sud.
Le millésime « 1548» est gravé sur la deuxième arcade qui sépare la chapelle du chœur.
Clé pendante avec tête de chérubin
Clé pendante avec tête de chérubin
dans la chapelle absidiale nord.
Milieu du XVIe siècle.
Coquille Renaissance dans une arcade de la chapelle absidiale nord.
Coquille Renaissance dans une arcade de la chapelle absidiale nord.
Vue d'ensemble de la chapelle absidiale nord depuis l'autel annexe.
Vue d'ensemble de la chapelle absidiale nord depuis l'autel annexe.
Cette chapelle bénéficie d'une ornementation plus élaborée que le chapelle sud.
Coquille Renaissance avec tête de chérubin
Coquille Renaissance avec tête de chérubin
dans une arcade de la chapelle absidiale nord.
Statue moderne de saint Joseph
Statue moderne de saint Joseph
au sein d'un ancien autel Renaissance.
Chapelle absidiale nord.
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale nord
Vitrail moderne dans la chapelle absidiale nord
créé par Maria Elena Vieira Da Silva,
Atelier Simon à Reims.
Ornementation Renaissance
Ornementation Renaissance
dans l'intrados d'une fenêtre
Chapelle absidiale nord.
Statue de la Vierge à l'Enfant dans la chapelle absidiale nord.
Statue de la Vierge à l'Enfant dans la chapelle absidiale nord.
Saint Joseph dans l'autel Renaissance.
Saint Joseph dans l'autel Renaissance.
Vitrail moderne dans le chœur.
Vitrail moderne dans le chœur.

«««--- À GAUCHE
Cette statue moderne de la Vierge à l'Enfant paraît bien commune, mais il faut reconnaître que, placée devant un vitrail de Maria Elena Vieira Da Silva représenté en gros plan, elle acquiert un cachet certain.

LA CHAPELLE ANNEXE OU SACRISTIE
Vue d'ensemble de la sacristie avec sa pièce maîtresse : le Christ en croix de Pierre Jacques de Reims (†1596).
Vue d'ensemble de la sacristie avec sa pièce maîtresse : le Christ en croix de Pierre Jacques de Reims (†1596).
L'orgue de tribune est moderne.
L'orgue de tribune est moderne.
Le Christ en croix
Le Christ en croix
Œuvre en bois attribuée au sculpteur Pierre Jacques de Reims (†1596).
Le visage du Christ mort dans l'œuvre de Pierre Jacques de Reims.
Le visage du Christ mort dans l'œuvre de Pierre Jacques de Reims.
Vue de la nef et de l'orgue de tribune depuis le chœur.
Vue de la nef et de l'orgue de tribune depuis le chœur.

Documentation : Dictionnaire des églises de France, tome V, éditions Robert Laffont
+ Congrès archéologique de France, 78e session, Reims, 1911, article de L. Demaison
+ Congrès archéologique de France, 185e session, Champagne, 1977, article de Peter Kurmann.
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