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Page créée en février 2012
Médaillon Cécilia Odes

La ville d'Angers possède une richesse rare : la quasi-totalité des œuvres en plâtre réalisées par le sculpteur angevin Pierre-Jean David (1788-1856), dit David d'Angers, avant leur transformation en bronze ou en marbre. Ce que propose cette galerie n'est rien moins que l'œuvre véritable de l'artiste, ciselée par ses mains. En effet, la finition en d'autres matériaux, notamment le bronze, est laissée à des spécialistes. On y trouve de magnifiques statues en pied, une collection de bustes et des médaillons de bronze, dont des répliques peuvent être achetées à la boutique.
La galerie est installée dans l'ancienne église gothique de l'abbaye Toussaint du XIIIe siècle ou, plus exactement, dans l'architecture restaurée qui a relevé les ruines. La voûte s'étant effondrée en 1810, l'église resta à l'air libre jusque dans les années 1980. Elle devint musée lapidaire en 1841. La restauration la coiffa d'une vaste verrière qui garantit aux œuvres exposées une luminosité naturelle maximale. Un bien bel endroit pour un sculpteur d'exception.

Jean-Bart
La grande salle de l'entrée
La grande salle de l'entrée (à gauche, statue de Gutemberg)
C'est la nef de l'ancienne église de l'abbaye Toussaint
La porte d'entrée en style gothique
La porte d'entrée en style gothique
C'est la façade de l'ancienne église de l'abbaye Toussaint.
Claude-Bernard Bichat
Claude-Bernard Bichat
Modèle du bronze à la Faculté de Médecine de Paris, 1855
Jean Bart
Jean Bart
Modèle de bronze à Dunkerque, 1845

David d'Angers. Pierre-Jean David naît à Angers en 1788 d'un père menuisier- ébéniste. Il va avoir une enfance peu banale : à cinq ans, il suit son père, engagé volontaire dans l'armée de la République, sur le théâtre vendéen! Quelques années plus tard, revenu à Angers, il suit des cours d'ébénisterie pour aider aux besoins de sa famille. Ses capacités artistiques remarquées, il s'en va à Paris et suit les cours de l'École des Beaux-Arts. Il fréquente l'atelier du sculpteur Roland et travaille à la décoration du Louvre pour gagner sa vie. En 1809, à la suite d'une médaille obtenue à l'Académie, il est remarqué par le peintre Louis David. Lauréat du second prix de Rome en 1810 avec «Othryades», il reçoit une pension de la ville d'Angers. En 1811, c'est la consécration : il reçoit le Grand Prix de Rome pour «La Mort d'Épaminondas» et part en Italie. La même année, il envoie à sa ville natale ses deux œuvres primées à Rome. C'est le début de la collection que le sculpteur souhaite offrir à sa ville. Quelques années plus tard, il ajoutera «d'Angers» à sa signature «P.J. David». À partir de 1840, il ne signera plus que «David d'Angers».
À Rome, il intègre l'atelier de Canova (1757-1822) et réalise ses première médailles, dont celle de Cecilia Odescalchi avec laquelle il eut une idylle romantique.
En 1817, revenu en France, il obtient sa première commande : la statue du Grand Condé pour le pont Louis XVI (actuel pont de la Concorde). Les drapés du costume et le dynamisme du mouvement de la statue suscitèrent l'admiration du public. De nombreuses commandes suivirent. David d'Angers choisit de privilégier la sculpture des grands hommes, ceux qui incarnent les valeurs morales, le génie, la vertu, le courage héroïque... Il fait alors partie intégrante du monde romantique parisien et côtoie Victor Hugo, Lamartine, Chateaubriand, fréquente le salon de madame Récamier. En 1826, il est élu membre de l'Institut de France et, la même année, professeur aux Beaux-Arts. En 1827, il reçoit l'importante commande du fronton du Panthéon à Paris, œuvre qui sera achevée en 1837. Durant toute sa carrière de sculpteur, David d'Angers va produire maints ouvrages visibles aux quatre coins de la France, et même

en Suisse et aux États-Unis. Monuments funéraires, statues, bustes, médaillons, bas-reliefs se succèdent au gré des commandes. On compte trente statues en pied, cent dix bustes et sept cent cinquante médaillons de bronze.
Le sculpteur usait d'un moyen très personnel pour choisir le mode d'expression qui honorerait un personnage. Au mort glorieux, David pouvait opter pour une statue en pied ; pour les vivants, ceux qui lui semblaient «supérieurs» avaient droit à un buste, les autres à un médaillon. David d'Angers a toujours été intéressé par les visages des gens qu'il rencontrait et surtout par les têtes. Adepte - comme beaucoup à son époque - de la phrénologie, il disait lire sur la tête d'une personne, sur son crâne, dans la forme de son nez ou de son front les traits de son caractère et le résumé de sa vie morale et physique.
En octobre 1848, David entra en politique. Il devint maire du 11e arrondissement de Paris (le 6e actuel), mais refusa le poste de directeur des Beaux-Arts que lui proposait Lamartine. Député du Maine-et-Loire en 1848, il ne fut pas réélu en 1849. Au coup d'État de décembre 1851, il partit en exil. Ses dernières œuvres furent inaugurées sans lui. On le vit en Belgique, en Grèce, puis il s'installa à Nice (qui, rappelons-le, faisait partie du royaume de Piémont-Sardaigne et ne sera français qu'en 1860). Finalement, il put obtenir un passeport français en 1854. Il se rendit en Anjou, puis à Paris, où, rongé par le désespoir et la maladie, il mourut en janvier 1856. David d'Angers est enterré au Père-Lachaise.
David d'Angers n'a jamais détruit les épreuves en plâtre qu'il façonnait pour les monuments, statues ou bustes dont il est l'auteur. Soigneusement emballées, elles étaient envoyées à Angers et exposées quand la place le permettait. Sa ville natale créa la «galerie David» en novembre 1839. Il préféra ne pas assister à son inauguration, craignant de ne pouvoir supporter le choc émotionnel!

Source : «la Galerie David d'Angers», Éditions Ouest-France

Vue d'ensemble de la galerie et de sa verrière
Vue d'ensemble de la galerie et de sa verrière
Général Bonchamp
Général Bonchamps, moulage fait en 1883
Marbre à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), 1825
L'ancien cloître de l'abbaye Toussaint (reconstruit au XVIIe siècle)
L'ancien cloître de l'abbaye Toussaint (reconstruit au XVIIe siècle)

«Grâce aux prisonniers!». À la Restauration, les familles des victimes vendéennes de la Révolution reçurent le droit d'honorer leurs morts. Le roi autorisa l'érection d'un monument funéraire au général Bonchamps.
En octobre 1793, les blancs, vaincus devant Cholet, refluaient vers Saint-Florent avec leurs prisonniers. Le général vendéen Bonchamps avait reçu une balle dans le dos et suivait à demi-mourant. Arrivé dans le village, depuis son lit de mort, il ordonna qu'on fît grâce aux prisonniers républicains retenus dans l'église de Saint-Florent-le-Vieil et qui étaient menacés de mort par des chouans prêts à se venger. Le propre père du petit Pierre-Jean David, engagé volontaire dans l'armée de la République, était parmi eux.
L'œuvre de David d'Angers, très symbolique dans son appel à la clémence, s'inspire clairement des nus de l'Antiquité. Il est toujours accompagné de la légende : «Grâce aux prisonniers!». Vous pouvez en acquérir une réplique en plâtre à la boutique de la galerie.
Le monument funéraire fut inauguré en 1825 en présence des survivants et suscita une vive émotion. Il est visible dans une des chapelles de l'église Saint-Florent à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).
Source : «la Galerie David d'Angers», Éditions Ouest-France

Statues, bas-reliefs et médaillons dans l'entrée de la galerie Statues, bas-reliefs et médaillons dans l'entrée de la galerie Bas-relief «La Mort d'Épaminondas»
Bas-relief «La Mort d'Épaminondas», œuvre qui obtint le Grand prix de Rome en 1811
David d'Angers par Falguière
David d'Angers par Falguière
Plâtre avec une patine de terre cuite
Le départ des volontaires de 1792, modèle à demi-grandeur, 1831-1835
Le départ des volontaires de 1792, modèle à demi-grandeur, 1831-1835
Arc de triomphe de Marseille
Bichat avec un enfant
Bichat avec un enfant
Modèle du bronze à Bourg-en-Bresse, 1843
La galerie vue depuis l'abside de l'ancienne église
La galerie vue depuis l'abside de l'ancienne église
Jean Bart
Jean Bart
Modèle de bronze à Dunkerque (partiel)

L'abbaye de tous les Saints. Au XIe siècle, un membre du canon de la cathédrale d'Angers crée une aumônerie charitable. Celle-ci devient une abbatiale, l'abbaye de la Toussaint, au XIIe siècle. Vers 1230, l'église abbatiale est reconstruite avec transept, voûte d'ogives en gothique Plantagenêt et statues-colonnes le long des élévations (on en voit encore quelques-unes de nos jours). Elle est si belle et si élégamment construite qu'elle servira d'inspiration aux architectes jusqu'au début du XIXe siècle.
En 1627, l'abbaye est rattachée à celle de Sainte-Geneviève à Paris. Les bâtiments conventuels sont alors reconstruits en style classique. Le cloître date de cette époque, ainsi qu'un bâtiment devenu depuis bibliothèque municipale. En 1730, c'est un chœur orné d'une grande rosace qui est ajouté au pignon oriental. (C'est là que sont exposés les bustes de David d'Angers.)
À la Révolution, l'État récupère l'abbatiale. L'armée s'installe dans les bâtiments conventuels. L'église, laissée à l'abandon, se dégrade vite. En 1810, les voûtes s'effondrent. Elles ne seront jamais reconstruites. En 1841, le fondateur du musée archéologique y crée un musée lapidaire, les pierres étant les seuls objets qui résistent aux intempéries... Mais ce qui reste du bâtiment se dégrade encore plus. Néanmoins, il reste une belle ruine romantique qui est classée Monument historique en 1902.
En 1980, l'architecte en chef Pierre Prunet propose de réhabiliter l'édifice en lui laissant toutefois son caractère de belle ruine. Une grande verrière va remplacer son ancienne voûte angevine ; nef et chœur seront aménagés pour recevoir l'œuvre que David d'Angers a offerte à sa ville natale. L'ensemble est achevé en 1984 et ouvert au public.
Source : «La Galerie David d'Angers», Éditions Ouest-France

Prosper Mérimée passe à Angers en 1835 et 1847. La Collégiale Saint-Martin et son état de délabrement avancé lui posent un gros souci. La commission des Monuments historiques (que l'écrivain représente) voudrait évidemment la sauver. Le propriétaire privé, quant à lui, accepte de la vendre, mais deux personnes s'y opposent : l'évêque et le maire. Si elle est rétablie en tant que paroisse, elle va venir prendre une part des revenus de la cathédrale. D'où le refus de l'évêque. Le maire d'Angers, de son côté, prétexte un manque de fonds pour ne pas s'engager. Toutefois il propose à Mérimée de vendre l'église abbatiale Toussaint pour acquérir la collégiale Saint-Martin. Dans une lettre datée du 31 mai 1847, Mérimée donne son opinion à Ludovic Vitet, président de la commission :
«Il existe à Angers au milieu même de la ville une église ruinée qu'on nomme Toussaint. Elle a été donnée au Musée et sert à remiser les fragments de monuments qui ne craignent pas la pluie. Il n'y a pas de voûtes. C'est une fort belle église du XIIIe siècle dont il ne reste que les quatre murs. Peut-être, a dit M. Giraud [le maire], la ville consentirait-elle à céder Toussaint pour contribuer à l'acquisition de St-Martin, où le Musée serait logé.
Après avoir examiné Toussaint, je trouve que ce serait dommage, et l'échange ne me plairait pas 1°- parce que le mérite de cette ruine est évident pour tout le monde, plus évident que le mérite carlovingien de St-Martin, 2°- parce que ce serait découvrir St-Pierre pour couvrir St-Paul, encourir le reproche de vandalisme et nous faire honnir par tous ceux qui ne connaissent pas notre misère.»

Source : «La Naissance des Monuments historiques, la correspondance de Prosper Mérimée avec Ludovic Vitet (1840-1848)», édité par le Ministère de l'Éducation nationale, comité des travaux historiques et scientifiques.

Balzac et Armand Carrel
Balzac, écrivain (1799-1850), buste offert au modèle en 1844
Armand Carrel, journaliste (1800-1836), buste élevé à sa mémoire, 1838
Goethe
Goethe, réalisé à Weimar en 1829
Buste offert au modèle en 1831
Paganini
Paganini, violoniste et compositeur (1784-1840)
Premier buste en bronze à cire perdue, 1830-1833
Vue du premier étage
Vue du premier étage
Le bout de rosace que l'on aperçoit à droite correspond à l'abside de l'ancienne église
Victor Hugo
Victor Hugo, poéte et écrivain romantique (1802-1885)
Buste offert au modèle, 1837
Dessin : «David d'Angers modelant le buste de Thieck»
Dessin : «David d'Angers modelant le buste de Thieck»
par le peintre Charles-Christian Vogel von Vogelstein
La scène se situe à Dresde dans l'atelier du peintre en 1834.
Ludwig Tieck
Ludwig Tieck
Poète et homme de lettres allemand
(XIXe siècle)

Dessin représentant David d'Angers
Dessin représentant David d'Angers

«««---
Ludwig Tieck est considéré, à la suite de Goethe comme le chef de file du romantisme allemand.

Fronton du Panthéon à Paris
Bas-relief de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique
Médaillon Général Kléber
Médaillon : Général Kléber

«««--- À GAUCHE
Fronton du Panthéon à Paris
commandée en 1827, achevée en1837.
«Aux grands hommes la Patrie reconnaissante»
Médaillon Cécilia Odes
Médaillon : Cécilia Odes
Jeune femme romaine, amante de David à Rome

«««--- À GAUCHE
Bas-relief de la Déclaration d'Indépendance
des Etats-Unis d'Amérique
La grande salle dans l'entrée (nef de l'ancienne église)
La grande salle dans l'entrée (nef de l'ancienne église)
On remarquera dans le transept une statue-pilier du XIIIe siècle.
Statuette Isabelle de Laurraine
Statuette Isabelle de Laurraine
Statuette Marguerite d'Anjou
Statuette Marguerite d'Anjou
Modèles de douze statuettes entourant la statue du roi René
Modèles de douze statuettes entourant la statue du roi René
Angers, 1846

Statuette Henri II Plantagenêt
Statuette Henri II Plantagenêt
Statuette Foulques Nerra
Statuette Foulques Nerra
Statuette Foulques V
Statuette Foulques V
Isabelle de Laurraine (partiel)
Statuette
Isabelle de Laurraine (partiel)
Statuette Damnaous et son bouclier
Statuette Damnaous et son bouclier
André Chénier, Daint-Just et Daunon
André Chénier, buste rétrospectif, 1839 - Saint-Just, buste rétrospectif, 1848
Daunon, conventionnel et historien (1761-1840), buste destiné au archives nationales, 1840
Vue de l'arrière-salle (le chœur de l'ancienne église)
Médaillon de Sainte-Beuve
Médaillon : Sainte-Beuve
Médaillon de Lapagerie-Bonaparte (Joséphine)
Médaillon : Lapagerie-Bonaparte (Joséphine)
«««--- À GAUCHE
Vue de l'arrière-salle (le chœur de l'ancienne église)
On reconnaît les statues de Condé, de la «jeune Grecques»
et d'Othryades (voir plus bas)
Condé, modèle en demi-grandeur
Condé, modèle en demi-grandeur
Statue pour le pont Louis XVI, Paris, 1816
Statuette en bronze de Philopœmen, guerrier grec
Statuette en bronze de Philopœmen, guerrier grec
L'œuvre en marbre est exposée au Louvre.
Dominique Larrey
Dominique Larrey
Modèle du bronze au Val de Grâce, Paris, 1846
Vue de la grande salle (nef)
Vue de la grande salle (nef)
Fénelon, Modèle du tombeau en marbre
Fénelon, Modèle du tombeau en marbre
Cathédrale de Cambrai, 1826
Bas relief «Bérézina» (partiel) de la statue de Dominique Larrey
Bas relief «Bérézina» (partiel) de la statue de Dominique Larrey

Les médaillons. David d'Angers a toujours tenu des carnets pour coucher ses impressions sur tout un tas de choses. À propos de ses médaillons, il écrit en 1835 qu'il y attache peu d'importance. Il en créera 750 durant sa vie d'artiste et les regarde comme de la simple production de masse! Il se désole de voir que, sitôt qu'il en a rendu publics quelques-uns, d'autres sculpteurs commencent à l'imiter et ne voient pas que l'Art doit être étudié dans une forme plus grandiose. L'artiste qualifie ses médaillons de simples griffonnages à propos du visage humain.
Source : «La Galerie David d'Angers», Éditions Ouest-France

Ambroise Paré
Ambroise Paré
Modèle du bronze à Laval, 1839
Ambroise Paré
Ambroise Paré
Modèle du bronze (partiel)
«La jeune Grecque», modèle du monument au général Botzaris
«La jeune Grecque», modèle du monument au général Botzaris
(Botzaris est un des chefs du mouvement de l'indépendance grecque contre les Turcs)
Marbre à Missolonghi (Grèce), 1827
Othryades, ronde-bosse
Othryades, ronde-bosse
Deuxième prix de Rome, 1810
Vue d'ensemble de la galerie depuis le premier étage
Vue d'ensemble de la galerie depuis le premier étage
Charles d'Anjou
Statuette autour du roi René
Charles d'Anjou

Documentation : «La Galerie David d'Angers», Éditions Ouest-France
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