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Page créée en août 2011
Refonte en juil. 2026
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L'église Saint-Dominique se situe dans le faubourg Saint-Jacques. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que ce quartier prend son essor avec la création de l'abbaye de Port-Royal, du couvent des Oratoriens et, sur le plan scientifique, de la création de l'Observatoire. Au XIXe, le boulevard de Port-Royal est tracé, les immeubles sortent de terre.
Le besoin d'un édifice cultuel conduit à la construction, de 1913 à 1921 (avec une interruption due à la Grande Guerre), de l'église Saint-Dominique sur des plans de l'architecte Georges Gaudibert.
Au XIXe siècle, la révolution industrielle marque profondément le secteur du bâtiment qui profite de nouveaux matériaux, notamment la chaux hydraulique, le ciment à prise rapide et les mastics. La métallurgie se développe, bouleversant les standards de la construction, notamment à Paris : feuilles de cuivre pour les toitures, la fonte avec les églises Saint-Eugène et Saint-Augustin, le fer avec Notre-Dame-du-Travail-de-Plaisance, les ciments industriels (utilisés notamment dans le Dauphiné qui produit les matériaux sur place), et finalement le ciment armé et la brique armée qui multiplient les possibilités offertes aux architectes.
À Paris, la première église construite en ciment armé (on dira plus tard béton armé) est Saint-Jean-de-Montmartre.
L'église Saint-Dominique devait à l'origine être en pierre. Mais, à la fin de la Grande Guerre, en même temps qu'on modifia quelques parties du plan, on délaissa la pierre au profit du ciment armé. Ce qui, bien sûr, revenait moins cher. À la suite de Saint-Jean-de-Montmartre, Saint-Dominique est l'une des premières églises construites en ciment armé à Paris.
Le style de l'église rappelle peu ou prou les édifices romano-byzantins, très à la mode à cette époque.
L'intérieur est recouvert d'un enduit, sans fausses pierres. L'ornementation est marquée par le style Art déco.
Hormis la présence de statues d'un style moderne, l'édifice s'orne de grandes peintures murales, de vitraux mis en place en 1940-1941 et d'un Chemin de croix réalisé en mosaïque par l'atelier parisien des frères Mauméjean.
Toutefois, l'aspect blanc-jaune intérieur de l'église est un peu déroutant et en atténue presque le caractère sacré.

La nef de Saint-Dominique
La nef et le chœur de l'église Saint-Dominique.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-DOMINIQUE

L'église vue depuis la rue de la Tombe-Issoire (près du métro Saint-Jacques).

Le portail orienté au sud-est et son bas-relief de saint Dominique.

Le tympan du portail sud est orné d'une semi-mosaïque.

Saint Dominique dans le bas-relief du portail sud-est (créé en 1946).

Semi-mosaïque du tympan.
Saint Dominique reçoit l'église des mains du cardinal Amette (carton de Marie-Cécile Schmitt).
Le cardinal est mort en 1920, l'inauguration a eu lieu en 1921. L'artiste a néanmoins fait figurer le prélat dans son œuvre car il s'était très impliqué dans la construction de l'église.

Louis Jouvet.
Quand saint Dominique ressemble à Louis Jouvet ! Tout simplement parce que l'acteur a servi de modèle au sculpteur André Bourroux !
De part et d'autre, on remarque un chien et une étoile. L'artiste s'est inspiré des écrits de Jacques de Voragine dans la Légende dorée sur la naissance du saint.

ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-DOMINIQUE

La nef et le bas-côté gauche.
On aperçoit au centre la statue de saint Dominique et,
à sa droite, les peinture murales de la chapelle Sainte-Catherine de Sienne.

Plan de l'église Saint-Dominique.

Vitrail de saint Jean l'Évangéliste (1940)
Ateliers Barillet et Le Chevallier.
On reconnaît, à droite et à gauche, l'agneau et l'aigle.
Ce type de vitrail à trois lancettes orne la façade et le bas-côté droit de la nef.

Vitrail de saint Jean-Baptiste, détail.
Ateliers Barillet et Le Chevallier.

Architecture intérieure.
En entrant par la porte sud-ouest, le visiteur pénètre dans une travée barlongue qui sert d'avant-nef. Puis suit une autre travée barlongue qui ouvre sur un grand espace central carré couvert d'une coupole basse. Au-delà vient le chœur composé d'une travée et d'un hémicycle entouré d'un étroit déambulatoire.
La coupole hémisphérique, d'une largeur de 12 mètres, repose sur un tambour circulaire ajouré porté par une couronne d'arcatures.
Le vaisseau central, est bordé de deux bas-côtés découpés chacun en quatre espaces. Le plus étendu, de forme oblongue, fait face au vaste espace circulaire central. Il est voûté d'un plafond à caissons et surmonté d'une tribune, elle-même voûtée en berceau et éclairée par quatre fenêtres.
Les autres espaces des bas-côtés s'inscrivent dans les travées barlongues et sont voûtés de petites coupoles. Les bas-côtés se terminent, de chaque côté du chœur, par des chapelles absidiales à cinq pans, voûtées en cul-de-four (chapelle Sainte-Catherine-de-Sienne et chapelle du Sacré-Cœur).
Le chœur, en hémicycle, possède cinq arcades portées par des colonnes à chapiteaux évasés. Le déambulatoire n'est ouvert d'aucune fenêtre. La voûte en cul-de-four est décorée d'une fresque de Maurice Rocher (1918-1995) et Paul Vigroux (1921-1985), intitulée La Résurrection. Elle est surmontée du Père céleste.
Avec des piles peintes en jaune, une arcature blanche et une fresque Art déco aux couleurs assez sombres, le chœur de Saint-Dominique n'est pas le plus beau de Paris.
La partie ouest de l'édifice est occupée par la chapelle de la Vierge. Elle est voûtée de caissons et contient la totalité des panneaux du Chemin de croix créé par l'atelier Mauméjean.


La coupole est à une hauteur de 26,50 mètres. Sa largeur est de 12 mètres.

On remarquera la décoration originale créée par l'architecte Georges Gaudibert
pour encadrer les quatre fenêtres du tambour supportant la coupole.

La chaire à prêcher de l'église est en béton.
Elle est ornée de mosaïques des frères Mauméjean.

Mosaïque des frères Mauméjean
sur le dosseret de la chaire à prêcher.
Elle illustre la vision du saint dans la Légende dorée.

Baptistère
Le Baptême de saint Dominique

Peinture murale de Paul Charaval (1877-1961), 1943.
Au-dessus, un vitrail dédié à saint Jean-Baptiste et créé en 1940.

Baptistère
Fonts baptismaux ornés de mosaïque
devant la peinture murale de Paul Charavel.

Jeanne d'Arc
Roger de Villiers.

Bas-côté gauche. À l'arrière-plan, la chapelle de la Vierge.
Christ en croix (sculpture anonyme) et vitraux de l'atelier Barillet (1941).

Vitrail de saint Thomas d'Acquin (1940)
Atelier Barillet et Le Chevallier.

La nef et le bas-côté droit.

Le Magnificat
Ateliers Louis Barillet et Jacques Le Chevallier.

Saint Dominique
Il porte son livre et son rosaire.
Statue de Camille Debert.

Au sud-ouest, le bas-côté gauche est fermé par le baptistère.
La partie centrale des bas-côtés est couverte d'un plafond à caissons.

Détail du plafond à caissons du bas-côté gauche :
chaque caisson est orné d'une croix et de quatre roses.

Une frise Art déco parcourt le bas-côté et le mur de la façade.
(Frise due à Boignard)

Le Magnificat, détail.
Ateliers Louis Barillet et Jacques Le Chevallier.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-DOMINIQUE

Le chœur de l'église Saint-Dominique.

Saint Jean-Baptiste

La bienheureuse Anne-Marie Javouhey,
fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.
Sculpture du frère trappiste Marie Bernard en 1951.

Le chœur et l'abside.
La voûte en cul-de-four est décorée d'une fresque de Maurice Rocher (1918-1995)
aidé de Paul Vigroux (1921-1985), intitulée La Résurrection.

Saint Dominique, détail.
Statue de Camille Debert.

Le déambulatoire est un simple couloir
entre l'abside et le chœur.


«««--- La Résurrection, 1946

Fresque de Maurice Rocher (1918-1995)
avec l'aide de Paul Vigroux (1921-1985).

La fresque de Maurice Rocher.
Le Christ ressuscité, entouré des pierres du tombeau, occupe le centre de la fresque.
En revanche, Maurice Rocher n'a pas représenté de soldats romains.
Dans la moitié gauche, un ange annonce la nouvelle de la Résurrection aux saintes femmes, tandis que saint Jean-Baptiste se tient à côté.
Dans la moitié droite, cinq figures fondatrices de l'Église et de l'ordre dominicain sont représentées : Pierre, Paul, Augustin et Dominique. La cinquième, qui ne semble pas avoir d'auréole, n'est pas identifiable.
Cette scène, plutôt austère dans son choix de couleurs, est surmontée du Père céleste tenant un orbe qui ressemble plus à une grosse pierre qu'à une sphère.
Dans Paris et ses églises de la Belle Époque à nos jours (Picard, 2007), Antoine Le Bas rappelle que cette œuvre correspond en fait à ce qu'on attendait, en 1946, d'un art sacré «soucieux d'éviter la mièvrerie» et qu'il faut replacer dans son contexte, c'est-à-dire, «hiératique et monumental».


LES DEUX CHAPELLES ABSIDIALES

Chapelle Sainte-Catherine-de-Sienne
(absidiole gauche).

La chapelle Sainte-Catherine de Sienne.
Cette chapelle est ornée de quatre huiles sur toile évoquant la vie de la sainte et peints par Jeanne Simon de 1929 à 1935.
Dans le 3e panneau (photo ci-contre, au centre), l'artiste, à l'image des anciens maîtres, s'est représentée avec ses enfants et petits-enfants.


Le Christ apparaissant à sainte Catherine de Sienne, détail.
Jeanne Simon (années 1929-1935).

Saint Jean-l'Évangéliste, détail :
l'aigle de saint Jean.

Chapelle du Sacré-Cœur
(absidiole droite).
Elle est ornée d'une toile de Pauline Caspers (1865-1946).

Sacré-Cœur
Pauline Caspers (1865-1946)
LA CHAPELLE DE LA VIERGE ET SON CHEMIN DE CROIX DES ATELIERS MAUMÉJEAN

Chapelle de la Vierge.
Toutes les stations du Chemin de croix se trouvent dans cette chapelle. On en voit trois mosaïques sur la gauche.

L'Annonciation
Bas-relief de Claude Bouscau (1909-1985).

La Vierge à l'Enfant, détail.
Pierre dorée, artiste anonyme. La statue est là depuis 1921.
Chapelle de la Vierge.

La Nativité
Vitrail de l'atelier Barillet, 1941.

La Crucifixion
Vitrail de l'atelier Barillet, 1941.

Chemin de croix, station I :
Jésus est condamné à mort.
Mosaïque Mauméjean.

Le Couronnement de la Vierge
Atelier Barillet.

L'Annonciation
Atelier Louis Barillet.

«««--- Chemin de croix, station III :
Jésus tombe sous le poids de la croix.
Mosaïque Mauméjean.

Chemin de croix, station IV :
Jésus rencontre sa mère.
Mosaïque Mauméjean.

Chemin de croix, station V :
Simon le Cyrénéen aide Jésus.
Mosaïque Mauméjean.

Les Noces de Cana
Atelier Louis Barillet (1880-1948).

Chemin de croix, station VIII :
Jésus console les filles de Jérusalem.
Mosaïque Mauméjean.

Chemin de croix , station XI :
Jésus est attaché à la croix.
Mosaïque Mauméjean.
CHAPELLE NOTRE-DAME DU BONHEUR

Chapelle Notre-Dame-du-Bonheur aménagée dans l'ancienne sacristie.

La chapelle Notre-Dame du Bonheur date de 1990. Le mobilier, l'autel, le pupitre et le Christ sont de Madeleine Diener. La statue de Notre-Dame du Bonheur est une reproduction en grandeur originale de la Vierge à l'Enfant de l'église d'Ollioules dans le Var.


Notre-Dame du Bonheur

La nef et l'orgue de tribune vus du chœur.

L'orgue de tribune.
L'orgue a été construit par le facteur Merklin en 1909, puis installé dans l'église en 1945 et inauguré par Marcel Dupré. Après une révision de grande ampleur, il a été à nouveau inauguré en 1962 avec la participation de Pierre Cochereau.


Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané, 1936
+ «Paris et ses églises de la belle époque à nos jours», éditions Picard, 2007
+ «Vingt siècles d'architecture religieuse en France» de Jean-Michel Leniaud,, CNDP, 2007
+ panneaux d'information dans l'église.
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