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En 1923, le père Daniel Brottier prend en
charge les Orphelins d’Auteuil, dans la partie sud du 16e arrondissement
de Paris. La petite chapelle de l'établissement, dépassée par les
ans, ne répond pas à ses goûts. Il en veut une autre, grande et
moderne qui puisse aussi servir de lieu de culte aux habitants du
quartier. Mais les fonds manquent totalement.
Il se livre alors à la prière et invoque Thérèse de
l’Enfant-Jésus qui vient d'être béatifiée par
le pape Pie XI. Les sommes nécessaires pour lancer les travaux
sont bientôt réunies. Est-ce la conséquence
des prières ou le fait de se trouver dans un quartier huppé
de la capitale ? On ne sait.
La même année, le Carmel de Lisieux envoie quelques
reliques de Thérèse Martin. La construction est achevée
dès 1925. De style néogothique, la chapelle a la taille d'une
véritable église. Son aspect blanc, très lumineux
est coloré par les vitraux de l'atelier Mauméjean,
datés de l'année 1927. Il est vraisemblable que l'édifice
possède une ossature métallique contre laquelle ont
été assemblés des moellons, un procédé
de fabrication qui garantit robustesse et rapidité de la
construction ainsi que des coûts réduits.
Les chapiteaux
de la nef rappellent les différentes activités exercées
par les apprentis d'Auteuil.
L'un des points intéressants de l'édifice est la grande
quantité de vitraux historiés. Le transept offre deux
grandes verrières : l'une est la présentation
de la chapelle à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
; l'autre illustre la cérémonie
de canonisation de Thérèse Martin en 1925 à
Rome. La dernière grande verrière est celle de la
façade. Elle rappelle l'engagement de sainte Thérèse
: Je ferai tomber
du Ciel une pluie de roses.
Dans les chapelles latérales, quatorze baies ornées
de créations Mauméjean veulent offrir à la
jeunesse l'exemple de figures saintes : sainte
Geneviève ; sainte
Jeanne d’Arc ; saint
Joseph, patron des apprentis ; etc. Les vitraux des fenêtres
hautes affichent les litanies
de la Vierge selon un schéma répétitif.
C'est aussi à l'atelier Mauméjean que sont dues les
mosaïques
du Chemin de croix, toutes situées au soubassement des
autels latéraux.
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Vue d'ensemble de la chapelle Sainte-Thérèse. |
| ARCHITECTURE EXTÉRIEURE
DE LA CHAPELLE SAINTE-THÉRÈSE |
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La façade et le côté sud (au sens liturgique)
de la chapelle.
La chapelle Sainte-Thérèse est orientée sud-est
- nord-ouest.

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La façade néogothique ---»»»
Sa grande verrière est entièrement visible depuis
la nef.
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Les gargouilles néogothiques de la chapelle suivent un seul modèle. |

Groupe sculpté de la Sainte Famille
sur un bâtiment annexe dans le parc des Apprentis d'Auteuil. |

Statue de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus,
détail. |
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Le chevet de la chapelle est orienté au nord-ouest. |

Statue de sainte Thérèse
dans le parc des Apprentis d'Auteuil. |
| LA NEF ET LE TRANSEPT
DE LA CHAPELLE SAINTE-THÉRÈSE |
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L'élévation de la chapelle est à deux niveaux qu'aucune
corniche ne sépare.
(Le filet blanc qui court au bas des fenêtres du second niveau est
tout simplement le fil électrique qui alimente les projecteurs.) |

Autel dans l'avant-nef.
Le soubassement de tous les autels latéraux
comporte une station du Chemin de croix. |

Chapiteau néogothique : le musicien. |
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Architecture
intérieure.
La nef offre un très bel élancement néogothique.
Au premier niveau, des chapelles uniformes, en légère
saillie sur les murs gouttereaux (ci-contre à
gauche un archétype de ces chapelles), engoncées
dans des arcades en tiers-point, sont séparées
par de massifs piliers à chapiteaux. Des faisceaux
de colonnettes s'élèvent sans interruption
jusqu'à mi-hauteur du second niveau.
Les retombées des voûtes reposent sur des
chapiteaux floraux, tout comme les formerets qui terminent
les murs gouttereaux. Le tracé des courbures
aboutit à la juxtaposition des chapiteaux où
viennent reposer les arcs diagonaux et les formerets.
Pour assurer l'équilibre global des formes, l'architecte
a choisi la même largeur pour les baies basses
et les baies hautes. De la sorte, le nu du mur qui entoure
les ouvertures hautes est assez large.
L'impression générale dégagée
par cette élévation est celle de la beauté
alliée à la robustesse.
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| LE CHEMIN DE CROIX
ET LES MOSAÏQUES DE L'ATELIER MAUMÉJEAN |
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Chemin de croix, station VI : Véronique essuie la
face de Jésus.
Mosaïque de l'atelier Mauméjean, Paris. |

Chemin de croix, station VII : Jésus tombe pour la deuxième
fois. |

Chemin de croix, station VIII : Jésus console les filles
de Jérusalem. |
| «««---
Chapiteau néogothique : un prélat se promène
en récitant le Rosaire. |
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| TROIS VERRIÈRES DE CHAPELLES
LATÉRALES - ATELIER MAUMÉJEAN |
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Jeanne, le Roi du Ciel vous a désignée pour sauver la France |

Saint Martin modèle de charité |

Saint Joseph, patron des apprentis |

Chapiteau néogothique : les métiers des apprentis d'Auteuil sont répartis
au milieu d'un abondant décor floral.
Au centre, le garde-champêtre battant du tambour chemine au
milieu des feuilles de chêne. |

Chemin de croix, station IX : Jésus tombe pour la troisième fois.
Mosaïque Mauméjean, Paris. |

Chemin de croix, station X : Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Mosaïque Mauméjean, Paris. |
| QUATRE VERRIÈRES
DE CHAPELLES LATÉRALES |
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Translation de la couronne d'épines
par saint Louis roi de France |

Sainte Geneviève, veillez sur Paris |

Allez, enseignez toutes les nations |

Vitrail du second niveau.
Une rare litanie de la Vierge : la Source scellée. |
| LES GRANDES VERRIÈRES
DU TRANSEPT |
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Présentation à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
de la chapelle par le cardinal Dubos
Vitrail de l'atelier Mauméjean dans le bras droit du
transept, 1927. |
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Vitrail
du transept : Présentation à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
de la maquette de la chapelle Sainte-Thérèse par le
cardinal Dubois.
Ce vitrail rappelle un jour solennel dans l'histoire
de la chapelle : le 1er décembre 1923, Son Éminence
le cardinal Dubois, archevêque de Paris,
autorisa la construction d'un sanctuaire dédié à sainte
Thérèse de l'Enfant-Jésus.
La verrière montre le cardinal et les dignitaires qui
le suivent présentant à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
la maquette de la future bâtisse.
Si l'on suit l'inscription gravée dans la pierre à l'entrée
de la chapelle, il faut reconnaître parmi ces dignitaires
: Monseigneur Le Roy, archevêque de Carie, supérieur
général des Pères du Saint-Esprit (qui bénit et posa
solennellement la première pierre le 13 juillet 1924)
; le Révérend Père Daniel Brottier, directeur de l'orphelinat
d'Auteuil (qui y célébra la première messe, à minuit
le 25 décembre 1925) - aisément reconnaissable à sa
longue barbe blanche ; et enfin Monseigneur Le Hunsec,
évêque du Sénégal (qui y officia pontificalement à dix
heures le même jour).
L'inscription gravée indique aussi que l'édifice a été
consacré le 5 octobre 1930 par Son Éminence le Cardinal
Verdier, archevêque de Paris.
Le vitrail datant de 1927, le cardinal Verdier n'y est
pas représenté.
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Présentation à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
de la chapelle par le cardinal Dubos, détail. |

Présentation à la Vierge et à l'Enfant-Jésus
de la chapelle par le cardinal Dubos, détail.
Parmi les dignitaires, à droite, de face, l'abbé Roussel (1805-1897)
;
derrière lui, avec une longue barbe blanche, le Père Daniel
Brottier. |
| «««--- Présentation
à la Vierge et à l'Enfant-Jésus de la chapelle par le
cardinal Dubos, détail. |
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La Canonisation de sainte Thérèse à Rome en 1925
Vitrail de l'atelier Mauméjean dans le bras gauche du transept, 1927.
Dans le tympan, on remarque la présence de deux prélats avec la Sainte-Trinité. |

La Canonisation de sainte Thérèse à Rome en 1925,
détail. |
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Vitrail
du transept : La Canonisation de sainte Thérèse de
l'Enfant-Jésus.
Ce grand vitrail de l'atelier Mauméjean illustre la
cérémonie de la canonisation de Thérèse Martin par le
pape XI le 17 mai 1925 dans la basilique Saint-Pierre
de Rome. Thérèse Martin avait été déclarée «bienheureuse»
en 1923 par ce même pape.
Au bas de la verrière, parmi la foule, on remarque trois
visages bien visibles : le premier, au centre, regarde
derrière lui ; les deux autres, sur la droite, sont
dessinés de profil. Il s'agit vraisemblablement des
donateurs de la verrière.
Dans le tympan, deux prélats sont représentés
au-dessous de la Sainte-Trinité.
Le texte du bas rappelle la formule de canonisation
prononcée par le Souverain Pontife :

POUR L'HONNEUR DE LA SAINTE
TRINITÉ ET DE CHACUNE DES PERSONNES DIVINES,
POUR L'EXALTATION DE LA FOI CATHOLIQUE ET LE PROGRÈS
DE LA RELIGION CHRÉTIENNE,
PAR L'AUTORITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, DES BIENHEUREUX
APÔTRES PIERRE ET PAUL,
ET APRÈS AVOIR MÛREMENT DÉLIBÉRÉ ET AVOIR PLUS D'UNE
FOIS IMPLORÉ LE SECOURS DIVIN,
AYANT PRIS CONSEIL DE NOS VÉNÉRABLES FRÈRES LES CARDINAUX
DE LA SAINTE ÉGLISE ROMAINE,
DES PATRIARCHES, ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES PRÉSENTS DANS
LA VILLE,
NOUS DÉCLARONS SAINTE LA BIENHEUREUSE THÉRÈSE DE L'ENFANT
JÉSUS,
NOUS LA DÉFINISSONS TELLE, NOUS L'INSCRIVONS AU CATALOGUE
DES SAINTS
ET NOUS DÉCIDONS QUE CHAQUE ANNÉE LE JOUR DE SA NAISSANCE
(AU CIEL),
C'EST-À-DIRE LE 30 SEPTEMBRE, SA MÉMOIRE SERA, DEVRA
ÊTRE PIEUSEMENT
RAPPELÉE PAR L'ÉGLISE UNIVERSELLE.
AU NOM DU PÈRE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT, AMEN.
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Tympan de la Canonisation de Sainte-Thérèse, détail :
le cardinal Dubois en prière. |

Tympan de la Canonisation de Sainte-Thérèse, détail :
Monseigneur Le Roy ou l'abbé Roussel en prière (?) |
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La Canonisation de sainte Thérèse à Rome en 1925, partie
basse.
Dans la première rangée, les trois visages reconnaissables
sont-ils ceux des donateurs du vitrail ? |
| LE CHŒUR
DE LA CHAPELLE SAINTE-THÉRÈSE |
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| LA FAÇADE
OUEST ET SON VITRAIL |
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La tribune de la façade, son orgue et le vitrail de la Pluie
de roses. |

Je ferai tomber du Ciel une pluie de roses, détail. |
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Je
ferai tombai tomber du Ciel une pluie de roses.
Le vitrail de la façade, lui aussi une création de l'atelier
Mauméjean en 1927, fait référence à un engagement qu'aurait
pris Thérèse Martin avant sa mort : une fois au paradis,
répandre un flot de grâces sur terre. Cette promesse
ne figure pas dans l'Histoire d'une âme, ouvrage
de la carmélite qui lui a valu sa canonisation. Néanmoins,
un engagement écrit dans l'un de ses manuscrits s'en
rapproche : «Je veux passer mon ciel à faire du bien
sur la terre.».
On pourra regretter la conception sans grande imagination
du vitrail de l'atelier Mauméjean. Pour une fois que
la baie de la façade n'était pas cachée par le grand
orgue...
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Je ferai tomber du Ciel une pluie de roses
Vitrail de la façade.
Atelier Mauméjean, 1927. |

Je ferai tomber du Ciel une pluie de roses, détail. |
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Documentation : site Internet de la chapelle
Sainte-Thérèse. |
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