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Page créée en déc. 2014
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La basilique Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours se dresse tout à côté du cimetière du Père-Lachaise.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce quartier de l'Est parisien vit sa population - essentiellement ouvrière - augmenter. En 1872, pour répondre aux besoins cultuels, on érigea une chapelle dédiée à saint Hippolyte. Deux ans plus tard, une reproduction de l'icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours fut placée dans la chapelle. La vie de l'édifice fut alors prise en charge par la congrégation des Rédemptoristes (qui se consacre à l'évangélisation des populations pauvres). La ferveur religieuse s'accrut : une archiconfrérie se créa autour de l'icône.
Entre 1892 et 1896, la chapelle cèda la place à une grande église néogothique bâtie sur les plans d'un architecte de la congrégation, frère Gérard. En 1905, devenu propriété de l'État, l'édifice est acquis par la Ville.
À partir de 1911, il servit d'aide à l'église Saint-Ambroise, selon l'article de Maurice Dumolin en 1936 dans Les églises de France, Paris et la Seine.
En 1960, les Rédemptoristes abandonnèrent l'église qui devint paroissiale et, en 1966, elle fut élevée au rang de basilique mineure par le pape Paul VI.
Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours n'est pas l'église la plus intéressante de Paris. Elle n'abrite guère de richesses artistiques, hormis le gisant en marbre d'Alphonse de Liguori, créateur de la congrégation des Rédemptoristes, et un Chemin de croix fait de tableaux du XIXe siècle créés par les établissement Alcan.
Quant aux vitraux, ils sont contemporains et peuvent simplement être qualifiés de «chatoyants».

La nef de l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours
La nef de l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours vue depuis l'entrée.
La voûte est ogivale.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-PERPÉTUEL-SECOURS

L'église vue depuis le cimetière du Père-Lachaise et le boulevard de Ménilmontant.

Architecture extérieure.
Les deux photos données ici ont été prises depuis le cimetière du Père Lachaise.
Hormis l'architecture néogothique traditionnelle, on remarque adossées aux croisillons du transept deux tours d'escalier octogones. La fine flèche qui surmonte la croisée du transept possède la même forme que ces tours d'escalier.
Sur la photo de droite, on note que l'abside (qui abrite le sanctuaire) est moins haute et moins large que la nef.


Le chevet de l'église.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-PERPÉTUEL-SECOURS

L'élévation de la nef. est à trois niveaux.

Architecture intérieure.
Le style néogothique choisi par l'architecte est très harmonieux. C'est une imitation réussie du gothique du XIVe siècle.
Une fois passé le vestibule (ou avant-nef), le visiteur découvre une élévation à trois niveaux, une large nef à six travées doubles, bordées de bas-côtés simples, eux-mêmes surmontés de tribunes, un transept et un chœur.
Les travées doubles de la nef, séparées par des piles fasciculées, sont recoupées par deux arcades en cintre brisé. Une colonne à chapiteau feuillagé fait la jointure entre les deux arcades. L'architecte a opté pour une arcature simplifiée : deux voussures plates et un intrados nu.
Chaque travée se termine par un petit espace (ou chapelle) fermé par un mur plein, dont l'ornement principal est un tableau illustrant une station du chemin de croix.
Au deuxième niveau de l'élévation, les tribunes s'ouvrent sur la nef par une suite de quadruples baies en cintre brisé. Enfin, le dernier niveau reçoit les fenêtres hautes divisées en trois baies inégales.
L'œil averti notera que les étages de l'élévation sont nettement séparés, un double ruban fin et nu soulignant la césure entre l'un et l'autre. L'élévation ne privilégie pas l'élancement des parois, un choix que la grande largeur de la nef autorise, sans risque pour le fidèle de se sentir un peu écrasé par la pierre.
Néanmoins, l'architecte a conservé un peu de l'impression d'élancement en n'incorporant aucun chapiteau sur les piles fasciculées. Celles-ci montent sans interruption jusqu'à la retombée des voûtes au troisième niveau. Cette alternance de piles avec ou sans chapiteau donne à la nef un regain d'équilibre et d'élégance.
Depuis Vatican II, le chœur a pris possession des deux travées droites au-delà du transept. Ces dernières reçoivent maintenant l'autel de messe. Elles sont prolongées par l'ancien chœur qui s'étale sur deux petites travées droites et une abisde à trois pans. Cet ancien chœur est en fait le sanctuaire d'origine. Il est moins haut et moins large que la nef (voir photo du chevet plus haut).
Comme la nef, l'ancien chœur s'élève sur trois niveaux : couloir, tribunes et hautes fenêtres. Notons que le couloir, assez étroit, est toujours très éclairé pour mettre en valeur le Christ en croix installé dans l'axe.


Icône Notre-Dame du Perpétuel Secours.

L'avant-nef de l'église.

La décoration de l'église.
Le Chemin de croix est constitué de grands tableaux en arc brisé créés par les établissements Alcan au XIXe siècle. De style tout à fait académique, ces tableaux constituent l'ornementation essentielle des chapelles latérales, qui sont par ailleurs assez petites et sobrement décorées.
Les chapiteaux des piliers méritent une attention particulière : ils sont ornés de feuillages variés et abritent chacun un phylactère où est gravée une litanie de la Vierge.


Chemin de croix, station V :
Simon le Cyrénéen aide Jésus.
Établissements Alcan, XIXe siècle.

Les Fonts baptismaux.

Le bas-côté droit est bordé de petites chapelles fermées par trois murs et sobrement décorées.
La chapelle de droite abrite une statue de Padre Pio.

Chemin de croix, station XIII :
Le corps de Jésus est remis à sa mère
Établissements Alcan, XIXe siècle.

Chapiteau orné de feuilles d'ancolie
avec le phylactère Mater Purissima (Mère très pure).

Chapiteau orné de feuilles de houx
avec le phylactère Mater Castissima (Mère très chaste).

Vitrail de Marcelle Lecamp (1910-2000)
Second niveau de la nef.

Vitrail de Marcelle Lecamp (1910-2000).

Clé de voûte avec la litanie Miseris succurre perpetum
(Secours perpétuel des pauvres)
Chapiteau avec feuilles de rue ---»»»
(La rue est réputée au Moyen Âge comme anti-aphrodisiaque.)
Le phylactère porte la litanie : Regina sine labe originali concepta
(Reine conçue sans le péché originel).

Deux chapelles latérales avec leurs stations du chemin de croix.
Tous les chapiteaux sont ornés de feuilles ou de fleurs variées.

Chapiteau orné de fleurs d'églantine (?)
Le phylactère porte la litanie : Regina Prophetarum (Reine des prophètes).

Lanef de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et une partie du transept.

Chapelle latérale avec ex-voto et station du Chemin de croix.

Chapiteau orné de feuilles de cresson
avec le phylactère Regina Patriarcharum (Reine des patriarches).

Clé de voûte à thème floral.

Chemin de croix, station IX :
Jésus tombe pour la troisième fois.
Établissements Alcan, XIXe siècle.
LE TRANSEPT DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-PERPÉTUEL-SECOURS

Le bras droit du transept et son haut-relief (voir ci-contre)

Le bras gauche du transept.
L'icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours y est exposée.

Joseph le Juste, détail.
Joseph Pyrz (2003)

L'Apparition de la Vierge à saint Alphonse de Liguori
Haut-relief au dessus de la porte du bras droit du transept (auteur anonyme).

Gisant de saint Alphonse Marie de Ligori (1696-1787),
fondateur en 1732 de la congrégation du Très Saint Rédempteur.

Joseph le Juste
Joseph Pyrz (2003).

Vitrail de Marcelle Lacamp (1910-2000).
Bras gauche du transept.

Gisant de saint Alphonse Marie de Liguori (1696-1787).
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-PERPÉTUEL-SECOURS

Le chœur de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours possède un très élégant aspect néogothique.
L'autel de messe (au premier plan) est installé dans les deux travées qui s'étalent entre le transept et l'ancien chœur.

Le chœur et l'abside.
Un étroit passage apparaît dans la lumière du fond.

Ange portant un phylactère.

Vitrail de Marcelle Lecamp (1910-2000).

Le chœur est enrichi, à droite et à gauche, de deux anges sous un dais, Ils tiennent chacun un phylactère et sont logés dans des grandes niches en arcade brisé.
Dans l'image de gauche, la zone éclairée par la lumière est un étroit passage sous les tribunes.


L'autel de messe de l'église est moderne.

Le sanctuaire (ancien chœur) et le passage sous les tribunes avec l'imposant Christ en croix.

Les vitraux du chœur créés par Marcelle Lecamp (1910-2000).

Le Christ en croix dans le couloir du chœur, détail.

L'orgue de tribune est un Dargassies de 1994, révisé en 2004.

Vitrail de l'orgue de tribune (Marcelle Lecamp).


La nef et l'orgue de tribune vus depuis la croisée du transept.


Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané, 1936
+ «La Flore des Cathédrales» de Patrick Darcheville, éditions Dervy.
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