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Avant l'abbatiale de Saint-Denis
et jusqu'au roi Dagobert, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés était
la nécropole royale des rois mérovingiens (VIe et VIIe siècles).
De nombreux rois de la première dynastie et leurs épouses y furent
inhumés. Il y avait là une basilique et un monastère qui furent
dédiés à saint Germain vers 754, en mémoire de l'évêque de Paris.
L'abbaye est détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, réédifiée
à la fin du Xe. Au milieu du XIIe siècle, le nombre de religieux
augmentant, un nouveau chœur
gothique plus vaste, voûté d'ogives, remplaça l'ancien. Il fut consacré
en 1163 en présence du pape Alexandre III. Les bâtiments monastiques
sont reconstruits au début du XIIIe siècle.
Jusqu'au XVIIIe siècle, l'abbaye est un centre spirituel, intellectuel
et artistique, célèbre pour ses moines copistes.
En 1631, les Mauristes s'installent à Saint-Germain-des-Prés et
vont y briller avec la présence de Jean Mabillon (1632-1707) et
de Bernard de Montfaucon (1655-1741).
Les Mauristes étant autant architectes que moines, les travaux vont
s'enchaîner. Notons : de 1644 à 1646, la charpente qui couvrait
la nef et les bas-côtés
fait place à des voûtes d'ogives semblables à celles du chœur
; en 1656, c'est le dallage qui est refait. À cette occasion, on
découvre les tombeaux des rois mérovingiens. Le sarcophage de saint
Germain est placé sous le nouveau maître-autel.
À la Révolution, l'abbaye est dissoute. L'église est affectée au
service paroissial, mais sera fermée en 1793, tandis que les bâtiments
conventuels seront vendus. De 1794 à 1802, une raffinerie de salpêtre
est installée dans l'édifice cultuel, ce qui cause des dégâts considérables.
L'église est rendue au culte en avril 1803.
En 1819, une nouvelle
chapelle axiale, construite par l'architecte Étienne-Hippolyte
Godde, remplace l'ancienne. À la même époque, on pense démolir
la nef car elle est
minée par des eaux gorgées de salpêtre. Heureusement, en 1822, l'architecte
Godde la reprend en sous-œuvre, répare la tour occidentale et fait
démonter les deux étages des tours qui encadrent le chœur.
Puis Victor Baltard. se charge de la décoration intérieure
(remplacement des chapiteaux et appel aux peintres parisiens pour
multiplier les fresques et les tableaux).
Malgré les transformations intervenues au fil du temps, l'église
Saint-Germain-des-Prés a gardé les éléments d'origine qui lui confèrent
un aspect gothique primitif, très proche du style roman,
notamment dans les chapelles du déambulatoire,
comme la chapelle
Sainte-Geneviève. Cet aspect roman tardif est rare dans
les églises de Paris
Le visiteur remarquera les beaux chapiteaux
sculptés de la nef.
Ce sont souvent des copies réalisées au XIXe siècle. Les originaux
sont conservés au Musée national du Moyen Âge.
Les vitraux sont du XIXe siècle, de l'atelier parisien Henri
Gérente. Cependant, il subsiste deux
vitraux du XIIIe siècle dans la chapelle
rayonnante Sainte-Geneviève (baies 2
et 4).
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Vue générale de la nef de Saint-Germain-des-Prés. |
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Points
essentiels sur l 'architecture.
La nef porte le marque de l'art roman de l'Ile-de-France,
alors que le chœur,
le déambulatoire
et les chapelles rayonnantes, qui remontent au milieu du XIIe
siècle, révèlent l'influence du gothique primitif,
un style encore très proche de l'art roman.
La voûte quadripartite, mise en place par les mauristes, est
du XVIIe siècle. Les chapiteaux des piles de la nef
, typiques de l'art roman, sont, pour un grand nombre, des
copies du XIXe siècle.
Notons que la nef
et le chœur
ont pris un coup de jeune depuis la longue restauration entreprise
durant les années 2010.
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Le clocher-porche de l'église Saint-Germain-des-Prés (d'une hauteur
de 64 mètres) vu depuis le boulevard Saint-Germain. |

Le portail actuel a été construit par le maître maçon
Marcel Le Roy en 1607-1608.
Il abrite les vestiges du premier portail daté de 1163.
Le clocher-porche, construit entre 990 et 1014,
est le plus ancien de Paris.
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Le portail méridional date de l'époque mauriste (1644-1646).
Il a été réalisé dans le style baroque italien,
alors à la mode dans l'architecture religieuse. |

Le linteau sculpté qui surmonte le portail de la fin du XIIe siècle
est orné de la Cène. |
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Le portail
médiéval.
Selon les bénédictins, les statues-colonnes du portail médiéval
du XIIe siècle représentaient des rois mérovingiens. Un document
de Bernard de Montfaucon daté de 1729 en donne le dessin complet.
Personnifiant des rois, les statues ont été entièrement détruites
lors des massacres de septembre 1792 à l'abbaye. Cependant,
en étudiant ce dessin, les historiens actuels y décèlent plutôt
des personnages de l'Ancien Testament. Elles ont été remplacées
au XIXe siècle par de simples colonnes monocylindriques.
Quant à la Cène sur le linteau, les têtes du Christ et des
apôtres ont été martelées lors de ces mêmes funestes événements.
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Ces
chapiteaux de la fin du XIIe siècle, décorés de feuillages et de harpies,
surmontent des colonnes du XIXe siècle.
Les statues-colonnes d'origine ont été brisées lors des massacres
de septembre 1792. |

L'église Saint-Germain-des-Prés (ici vue du sud) étale ses 75 mètres
(hors tout) le long du boulevard Saint-Germain.
Les arcs-boutants ont été refaits par l'architecte Étienne-Hippolyte
Godde en 1823. |

Le beffroi, qui abrite les cloches, est daté du XIe siècle.
Selon les historiens, il a vraisemblablement subi quelques restaurations
au XIXe siècle, sans toutefois que son aspect roman en soit
altéré. |

Buste de Jean Mabillon (1632-1707)
sur le mur du presbytère de l'église,
place Saint-Germain-des-Prés. |
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Architecture
extérieure.
Tout le côté sud, ainsi que la façade ouest sont accessibles
aux visiteurs. Le côté nord ne l'est quasiment pas.
Le chevet est accessible en rentrant dans le petit square
Félix Desruelles dédié à la mémoire de Bernard Palissy.
On y trouve un beau portique
en grès créé par le sculpteur Jules Coutan (1848-1939)
pour le pavillon de la manufacture
de céramique de Sèvres lors de l'Exposition universelle
de 1900.
Au sud, l'élévation de la nef
date du XVIIe siècle. On remarquera l'intéressant portail
en style baroque italien construit par les mauristes
dans les années 1644-1646. Ce style était en faveur
dans l'architecture religieuse du milieu du XVIIe siècle,
une époque où l'uniformité du style d'un édifice n'était
pas le souci majeur des architectes.
Chevet et arcs-boutants ont été construits au XIIe siècle.
Ces arcs-boutants sont considérés comme les plus anciens
d'Île-de-France (sans oublier qu'ils ont été refaits
au XIXe siècle). Le chevet était autrefois dominé par
deux tours du XIe siècle qui ont été détruites au XIXe.
En fait de tours, Saint-Germain-des-Prés n'a plus que
le clocher-porche
érigé entre 990 et 1014. C'est l'un des plus anciens
de France. Le dernier étage a été restauré au XIXe siècle.
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Square Félix Desruelles et sa statue de Bernard Palissy
(bronze de Louis-Ernest Barrias)
devant le chevet de l'église, au sud.

Les bras nord et sud du transept possèdent chacun une très vaste
verrière qui inonde l'église de lumière dès que le soleil brille.
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On ne peut que rester ébahi devant la dimension de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés
avant la Révolution.

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1628 :
émoi au monastère.
L'étendue de l'abbaye dans le dessin ci-dessus porte à penser
que les moines, avant la Révolution, considéraient qu'ils
habitaient une ville dans la ville. C'est un peu ce que confirme
leur attitude en 1628. François Ribadeau Dumas dans son Histoire
de Saint-Germain-des-Prés, raconte l'épisode survenu cette
année-là :
«Le bruit court, en 1628, que Paris
va s'agrandir et absorber le faubourg Saint-Germain. Les religieux
s'y opposèrent violemment : de tous temps il a été reconnu
que le faubourg, et l'abbaye qui le commande, sont "comme
une ville entièrement distincte et séparée de Paris",
et que l'abbaye y possède "sa juridiction particulière, soit
pour le spirituel, soit pour le temporel". On lui donna raison.»
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1674 :
nouvel émoi au monastère.
Au XVIIe siècle, l'abbaye touchait les droits de justice sur
l'ensemble du faubourg Saint-Germain. La population y étant
devenue très dense, ses droits «entraînaient de très grosses
sommes et de beaux revenus pour l'abbaye», écrit Ribadeau
Dumas dans son Histoire de Saint-Germain-des-Prés.
On trouvait les droits de haute et basse justice, incluant
droits de déshérence, d'aubaine, de bâtardise et de confiscation,
droits de franchise, marché, police, voirie, lettres de maîtrise.
«En outre, ajoute l'auteur, le casuel des offices de la juridiction
produisait de très fortes sommes à l'abbé, car il avait droit
de provision et de nomination.» Il s'agit l'argent reçu pour
la célébration des messes et des différents actes liturgiques
occasionnels.
En mars 1674, le roi Louis XIV rendit un édit qui supprimait
toutes les justices particulières, les réunissant à l'autorité
du nouveau Châtelet de Paris [en quelque sorte le tribunal
principal de la capitale].
Aussitôt, branle-bas de combat au monastère qui présenta immédiatement
un recours au roi. Le sieur Pélisson, maître des requêtes,
chargé de par le roi, de l'économat de l'abbaye, dressa l'inventaire
des pertes pécuniaires et morales attendues.
Louis XIV accepta de faire une concession : il laissa aux
religieux les droits de justice à l'intérieur des murs de
l'abbaye et sur les terres hors de Paris.
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Les tours
jumelles de chœur.
Le dessin ci-contre de l'abbaye avant la Révolution montre
que le chœur était surmonté de deux hautes tours. Si l'on
y ajoute la tour-porche à l'ouest, l'église abbatiale dominait
tout le quartier avec ses trois tours. Cette disposition architecturale
était toutefois rare.
Dans Ile-de-France romane (Zodiaque, 1983), Anne Prache
rappelle que cette formule, sans doute née à Trèves, connut
un certain succès en Lorraine et en Champagne. En Île-de-France,
elle apparaît d'abord à Saint-Germain-des-Prés à Paris,
à Melun et, dans l'Oise, à Morienval. On la retrouve ensuite
à Senlis et à Chartres.
L'historienne note que les sites retenus par les constructeurs
sont, au début, situés dans des villes directement liées à
la royauté capétienne. Bien souvent, ces villes sont d'une
certaine importance. Ériger deux clochers a un coût. Et un
seul suffit pour un édifice paroissial.
Les tours jumelles de chœur de l'église Saint-Germain-des-Prés
ont été démolies à la Restauration. Dans son histoire de l'abbaye,
François Ribadeau Dumas rappelle le contexte après le Concordat
:
«Minée par le salpêtre et l'humidité, menaçant ruine, l'église
offrait toujours de réels dangers. L'édifice menaçait de s'écrouler.
Il fallut étayer les arcs en plein cintre de la nef et du
transept.»
En 1821, décision fut prise de démolir les parties hautes
des tours jumelles pour n'en laisser que le soubassement.
On abattit celle du Midi, côté boulevard Saint-Germain, appelée
Turris major ou Turris magna. Puis la tour Nord,
sur l'actuelle rue de l'Abbaye, appelée la Turris minor
ou Turris parva, fut à son tour arasée.
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Le massif carré au milieu de la photo correspond aux parties basses
de la tour nord qui s'élevait à la naissance du chevet (voir dessin).
Cette tour nord est contemporaine du clocher-porche (XIe siècle).

Les parties hautes de ces tours nord et sud, qui servaient de clocher,
ont été démolies en 1822.
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Portique de la manufacture de Sèvres.
Jules Coutan, 1900.
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église. |
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Allégorie féminine de la céramique et des arts de Sèvres.
Portique de la manufacture de Sèvres.
Jules Coutan, 1900.
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église.
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Fresque du XIIIe siècle à l'intrados de l'arc triomphal.
Le Christ est entouré de l'ange de Matthieu et de l'aigle de Jean.
Chapelle Saint-Symphorien. |

Allégorie de la céramique
et des arts de Sèvres, 1900.
Jules Coutan (1848-1939).
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église. |
| ASPECT INTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS |
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La nef et son élévation sud.
Le mur du bas-côté sud remonte au XIIe siècle.
L'église a reçu une décoration peinte au XIXe siècle, travaux entrepris
sous la direction de Victor Baltard.
Voir l'élévation nord et sa suite de grands tableaux plus
bas. |

Plan de l'église Saint-Germain-des-Prés. |
| CHAPITEAUX
ROMANS (XIe SIÈCLE) |
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Samson et le lion. |

La Visitation. |

Christ en majesté dans une mandorle. |

La Vie monastique.
Est-ce un rappel, par saint Benoît,
de l'obligation de l'observance de la Règle ? |

Le Sacrifice d'Abraham (Ancien Testament).
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.
Cette scène est associée à
La mort de Jésus (Nouveau Testament). |

L'Ascension du Christ (Nouveau Testament).
Peinture murale de Paul Flandrin, frère d'Hippolyte.
Cette scène est associée
au trône du Jugement dernier (Nouveau Testament). |
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Architecture
de la nef.
Avec ces arcades en plein cintre, l'architecture de
la nef est typique de l'art roman. Le massif carré des
piles est cantonné de quatre colonnes engagées en trois-quarts
de cylindre. La colonne face à la nef - de couleur grise
et mouchetée - s'élève jusqu'au chapiteau qui reçoit
la retombée des ogives. À l'époque romane, quand la
nef était couverte d'une charpente, cette colonne devait
s'élever sur toute la hauteur du mur gouttereau.
Contrairement à l'art gothique, il n'y a aucun jeu,
plus ou moins sophistiqué, de colonnettes montantes.
Les cinq travées de la nef datent en partie du premier
quart du XIe siècle. Mais elles ont été très remaniées
aux XVIIe et XIXe siècles. Toutes les piles se terminent
par des chapiteaux à feuillages ou à scènes historiées.
En 1843, lors des travaux d'embellissement dirigés par
Victor Baltard, tous ces chapiteaux ont été retaillés
ou remplacés par des copies. Les originaux sont conservés
au musée du Moyen Âge.
Les voûtes quadratiques, mises en place à l'initiative
des mauristes, datent des années 1644-1646.
L'intérieur de l'église frappe par ses coloris et sa
décoration. Fresques, tableaux et toiles marouflées
recouvrent l'édifice depuis le XIXe siècle. Au-dessus
des arcades, les fresques exposent des associations
d'épisodes de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament
(voir explications plus
bas).
Le mur du bas-côté sud reste nu (photo ci-dessus). Celui
du bas-côté nord, qui jouxtait jadis le cloître des
moines, est embelli de très beaux tableaux du XIXe (voir
plus
bas).
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Notre-Dame de la Consolation
Marbre, XIVe siècle.
Cette statue provient de Notre-Dame
de Paris. |

Le bas-côté sud vu depuis le transept.
La voûte ogivale date de l'époque mauriste (XVIIe siècle).
À l'arrière-plan, la statue Notre-Dame de la Consolation.
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La trahison de Judas (Nouveau Testament) et Joseph
vendu par ses frères (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin. |
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Les
peintures murales d'Hippolyte Flandrin (1809-1864).
Ces peintures doivent retenir l'attention du visiteur
au moins à deux titres : l'unité picturale et
les liaisons entre l'Ancien Testament et le Nouveau.
L'artiste a mis à profit les conseils d'un père jésuite,
le R.P. Cahier, et ceux de son ami peintre Dominique
Ingres.
Sur le premier point, Hippolyte Flandrin a réalisé un
travail remarquable. Ses vingt-quatre scènes peintes
à la cire n'incluent guère de détails que personne ne
verra depuis le sol. Chacune d'entre elles contient
les personnages nécessaires dans un décor minimaliste,
toujours sur un fond bleu soutenu, rappelant les fresques
de Giotto. Il avait eu l'occasion de goûter la saveur
des œuvres de son grand prédécesseur lors de son séjour
en Italie après avoir obtenu le premier prix de Rome
de peinture en 1832.
Trente ans plus tard, l'église Notre-Dame
des Champs dans le 6e arrondissement de Paris
reprendra le principe de la frise scénique au-dessus
des arcades de la nef. Vingt-deux toiles du peintre
Joseph Aubert (1849-1924) viendront y décrire des épisodes
de la Vie de Marie.
À Saint-Germain-des-Prés, Hippolyte Flandrin a eu de
la chance : son bandeau scripturaire allait être abondamment
éclairé par les hautes fenêtres (à tel point que l'excès
de luminosité rend parfois les peintures illisibles).
Il en a eu beaucoup moins à l'église Saint-Vincent-de-Paul
dans le 10e arrondissement. Par manque de lumière, la
frise des saints qui avancent vers le chœur (réalisée
par ses soins entre 1848 et 1853) est noyée dans une
pénombre intense et on ne la voit pas sans un puissant
éclairage électrique !
Le second point qui doit susciter l'intérêt du visiteur
est didactique : les peintures sont en effet associées
par couple dans les écoinçons au-dessus de chaque arcade
de la nef. Un épisode de l'Ancien Testament accompagne
celui du Nouveau qu'il est - bibliquement - chargé
d'annoncer. Cette course aux symboles n'a rien d'évident.
Ainsi Joseph vendu par ses frères annonce la
trahison de Judas (ci-dessus);
Jonas rejeté par la baleine annonce la Résurrection
du Christ (ci-dessous)
et le Passage de la Mer rouge, le Baptême
de Jésus (plus
bas).
On se situe là au cœur de l'intense travail mené par
les érudits médiévaux et les Docteurs de l'Église pour
démontrer que l'Ancien Testament contenait dans ses
germes l'annonce du Nouveau. Rappelons qu'à la même
époque les Juifs experts de la Torah reprochaient aux
chrétiens, dans leur étude des Écritures, de voir des
symboles partout...
Le visiteur constatera ainsi que le buisson ardent
de Moïse est associé à l'Annonciation de Marie
et qu'Adam et Ève chassés du Paradis préfigurent
la Nativité.
Dans le bandeau, il y a toutefois une travée qui viole
ce principe associatif. Ce sont les deux fresques peintes
par Paul Flandrin, frère d'Hippolyte, mort en
1864, à cinquante-cinq ans. L'Ascension y est
accompagnée, selon l'Évangile de Matthieu, du trône
du Jugement dernier. Hippolyte Flandrin n'a pas
eu le temps d'achever sa grande œuvre à l'église Saint-Germain-des-Prés.
Pour saluer son talent, son buste
est exposé dans le bas-côté nord.
Entre les grandes fenêtres, l'artiste a peint des personnages
de l'Ancien Testament : patriarches et juges au
nord, rois et prophètes au sud.
Dans le bras nord du transept,
les peintures à la cire seront réalisées, après la mort
d'Hippolyte, par son condisciple Sébastien Cornu
(1804-1870). Parmi elles, on remarque la grande fresque
de l'Invention
de la vraie Croix.
Le décor polychrome, de style byzantin est l'œuvre d'Alexandre
Denuelle.
Ce décor a parfois été décrié. Ainsi Maurice Dumoulin
écrit en 1926 dans son article pour les Églises de
France Paris et la Seine : «De 1843 à 1861, Hippolyte
Flandrin décora le chœur, puis la nef, de peintures
justement célèbres, malheureusement entourées d'une
déplorable ornementation de Denuel.»
En 1966, pour le Dictionnaire des églises de France,
Yvan Christ, membre de la Commission du Vieux Paris
et vice-président de l'Association nationale pour la
protection des ville d'art, parle lui aussi d'une «déplorable
polychromie exécutée par Denuelle». Yvan Christ se montre
même assez négatif sur l'œuvre de Flandrin. «Il s'agit
certes d'un ensemble fort respectable, écrit-il, qui
est loin d'être dépourvu de mérite, mais qui n'avait
pas sa place dans un tel vaisseau où il ne contribue
pas peu à jeter la confusion.» Il est vrai que, dans
la nef romane du XIe siècle, le visiteur ne verra pas
de «vieilles pierres» puisqu'elles sont toutes peintes.
Sources : 1) «Saint-Germain-des-Prés
au fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame
; 2) «Dictionnaire des églises de France», Robert Laffont,
1966.
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La Résurrection du Christ (Nouveau Testament) et Jonas
rejeté par la baleine (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin. |
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Les
chapiteaux de la nef et des bas-côtés.
Ils sont au nombre de quarante et viennent du XIe siècle.
Le XIXe les a amplement restaurés. Douze d'entre eux,
en mauvais état, ont été remplacés par des copies. Les
originaux sont conservés au Musée national du Moyen
Âge.
Il n'est pas simple d'identifier les thèmes illustrés
par les sculpteurs médiévaux (sans aucun doute sur prescription
de l'abbé). Certains comportent des scènes énigmatiques
peuplées de monstres ou d'animaux fabuleux. (Voir ceux
de la collégiale
Saint-Denis à Amboise). À l'époque, plusieurs ateliers
devaient se partager la tâche.
On remarque Samson et le lion, Daniel dans la fosse
aux lions, la Visitation et plusieurs chapiteaux relatant
la vie monastique et l'obligation de l'observance de
la Règle.
Source : «Saint-Germain-des-Prés
au fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame.
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Daniel dans la fosse aux lions. |

Sirènes et poissons. |
«««--- Adam
et Ève chassés du paradis (Ancien Testament)
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.
Cette scène est associée à La
Nativité (Nouveau Testament). |
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Le Baptême du Christ (Nouveau Testament) et Le Passage de
la Mer rouge (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin. |

La Nativité. |

Les béliers. |

Les animaux fantastiques. |

L'Agneau de Dieu au-dessus de feuillages. |
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Personnages de l'Ancien Testament : Moïse, Job, Aaron et Josué.
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin. |

La Dispersion de la tour de Babel (Ancien Testament)
Cette scène est associée à La Mission des apôtres (Nouveau
Testament).
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin. |

L'Institution de l'Eucharistie (Nouveau Testament) et La
bénédiction de Melchisedech (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin. |
| LA CHAIRE À PRÊCHER
DU XIXe SIÈCLE |
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La chaire en marbre blanc, du XIXe siècle, est d'inspiration
néo-classique.
De part et d'autre, allégories de la Nouvelle Loi et de
l'Ancienne Loi. |

La Nativité par Hippolyte Flandrin. |
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L'Ancienne Loi. |
Allégories des
Lois par
Georges Jacquot (1794-1874). |
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La Nouvelle Loi.
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L'arrivée
mouvementée des mauristes à Saint-Germain-des-Prés.
Avec le Concile de Trente, le monde des monastères se
transforme en Europe. Les congrégations se répandent.
Ce sont des regroupements de communautés régulières,
en quelque sorte des sous-familles religieuses chargées
de faire appliquer la Réforme.
Elles ont toutes un but précis : «insuffler un esprit
de corps essentiel à la réussite de l'action», écrit
Sophie Hasquenoph dans Histoire des ordres et congrégations
religieuses en France du Moyen Âge à nos jours.
Ces congrégations et leur esprit nouveau «mettent l'accent,
poursuit l'historienne, sur les points essentiels que
sont la vie commune, la pauvreté, le respect pour les
moines de la clôture et la célébration de l'office divin,
mais aussi l'importance du travail intellectuel.»
En août 1618, le roi Louis XIII reconnaît l'existence
de la congrégation de Saint-Maur, comme fille de celle
de Saint-Vanne, originaire de Verdun et créée trois
décennies plus tôt. Saint-Vanne se rattachait au Saint
Empire romain germanique ; Saint-Maur était totalement
française.
Dès septembre suivant, le monastère parisien des Blancs-Manteaux
introduit la réforme mauriste en son sein. Sophie Hasquenoph
souligne une différence de taille avec les principes
monastiques précédents : les moines font désormais profession
de stabilité pour la congrégation et non plus pour un
monastère. Ainsi, via les transferts, on pourra utiliser
au mieux les compétences de chacun, ce qui permettra
accessoirement de lutter contre la commende.
Le 14 février 1631, la congrégation de Saint-Maur s'installa
à Saint-Germain-des-Prés qui allait devenir l'abbaye-mère
de la congrégation. Mais un problème surgit aussitôt
: le monastère s'était déjà rallié à une autre congrégation,
moins puissante et ne rassemblant que peu de monastères
: la congrégation de Chezal-Benoît.
Née au début du XVIe siècle, son but était - déjà -
de restaurer l’observance bénédictine primitive pour
en finir avec le relâchement et contrer le principe
de la commende.
Les religieux de Chezal-Benoît «introduisirent des poursuites
contre Saint-Maur, écrit François Ribadeau Dumas, actionnèrent
le Parlement... et obtinrent l'expulsion de Saint-Maur
du monastère !»;
Ainsi, le 12 septembre 1631, des conseillers du roi
vinrent à l'abbaye, munis d'un arrêt. Des religieux
étaient en prière, d'autres en assemblée. Le prieur,
le père Claude Cotton, rappela aux intrus que le roi
et le pape avaient approuvé la réforme de Saint-Maur.
Qui avait donc le front de s'y opposer ? On accorda
un délai, mais cinq mauristes durent partir.
François Ribadeau Dumas conte la suite de l'aventure
: «Nouvelle plainte. On en référa au Grand Conseil qui
avait ordonné expulsion. L'affaire fut alors portée
au Conseil privé du roi, qui immédiatement envoya ses
gardes à l'abbaye, pour empêcher que l'on fît violence
aux moines. On cassa l'arrêt du Grand Conseil. Le roi
scella ses lettres patentes extraordinaires.»
Les choses se simplifièrent rapidement car, dès mars
1636, les moines de la congrégation de Chezal-Benoît
s'unirent à ceux de Saint-Maur. Ils purent néanmoins
garder leurs privilèges et obtinrent que le nom de Chezal-Benoît
fût attribué à une «province» mauriste.
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Chaire à prêcher : deux cariatides soutiennent l'abat-son. |
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Un
avis très négatif sur la chaire à prêcher.
En 1958, dans son Histoire de Saint-Germain
des Prés, Abbaye royale, François Ribadeau Dumas
se montre très critique envers la chaire de l'église.
Il écrit : «Une chaire massive, énorme, pesante, de
marbre et de bronze, dessinée par Quatremère de Quincy
dans un style opulent et néo-byzantin, à l'instar de
la chaire de Saint-Clément à Rome, écrasée d'un baldaquin
effrayant, fut taillée par Godde en 1828. Elle s'écroula
plusieurs fois, mais fut, hélas, consolidée. On souhaite
sa rapide disparition.»
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Soubassement de la chaire à prêcher :
«Jésus prêchant sur la montagne»
«Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.»
(Saint Luc, chap 12). |

L'Annonciation
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin. |
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Le bas-côté nord et ses grands tableaux du XIXe siècle.
À droite, le monument commémoratif d'Hippolyte Flandrin (voir plus
bas).
Voûtes, intrados et tombées d'ogives ont été peints par Alexandre
Denuelle (1818-1879)

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Vitrail à thème géométrique dans la nef.
Atelier Henri Gérente (?), XIXe siècle. |

«La Mort de Saphira»
Toile de Sébastien Le Clerc (1676-1763).
|

«L'entrée du Christ à Jérusalem»
Toile de Laurent de la Hyre, XVIIe siècle. |

«Saint Philippe baptisant l'eunuque de la reine de Candace»
Toile de Nicolas Bertin, 1718. |
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La nef et son élévation nord.
Le mur orné des grands tableaux remonte au XIe siècle. Derrière se
trouvait le cloître de l'abbaye. |

«La résurrection de Lazare», 1677.
Toile de François Verdier (1651-1730).
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Monument en mémoire d'Hippolyte Flandrin
dans le bas-côté nord. |

Le baptistère dans le bas-côté nord.
Les deux chapiteaux du XIe siècle ne sont pas peints. |
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| LE TRANSEPT ET
SES CHAPELLES |
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L'autel de messe est installé à la croisée du transept sur un rehaussement
de cinq marches.
En 1644, le grand autel fut déplacé entre les deux piliers
soutenant la croisée du côté ouest,
c'est-à-dire juste derrière l'emplacement actuel.
De sorte que l'application des directives du Concile Vatican II n'a
pas dû changer beaucoup les habitudes. |

BRAS NORD DU TRANSEPT
Mausolée de Jean II Casimir et chapelle Saint-François-Xavier.

Jean II Casimir (1609-1672), roi de Pologne en 1648,
a été abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés en 1669. |

BRAS SUD DU TRANSEPT
Chapelle Sainte-Marguerite d'Antioche.
La statue (donnée plus
bas) est l'œuvre
du frère Jacques Bourlet (1663-1740), religieux de l'abbaye.

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Tombeau
des Castellan.
Olivier, le père, était soldat de Louis XIII et
mourut au combat pendant la guerre de Catalogne en 1644. Son
fils Louis fut envoyé en renfort en Crète avec son régiment
par Louis XIV. Il mourut dans une charge contre les Ottomans
en 1669.
Charles, un autre fils d'Olivier, abbé de Saint Aper et Silva,
fit placer les cœurs de son père et de son frère dans ce mausolée
où il repose lui-même, tout comme son cousin François.
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BRAS SUD DU TRANSEPT
Il est baigné dans une intense lumière.
À gauche, la chapelle Sainte-Marguerite.
Au centre, le monument aux Castellan. |

BRAS SUD DU TRANSEPT
Tombeau d'Olivier et de Louis Castellan
par François Girardon (1628-1715) .
Il est orné des allégories de la Piété et de la Fidélité.
Une partie de l'œuvre a disparu. |
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Bordure des verrières du transept. |

Bras nord du transept.
Autel Saint-François-Xavier et
peintures murales du XIXe siècle de Sébastien Cornu. |

La tradition présente toujours sainte Marguerite d'Antioche
terrassant le dragon.
Sous les pieds de la sainte, on voit la gueule de la bête et
l'une de ses pattes armée de griffes. |
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Transfiguration et Ascension du Christ.
Peintures murales de Sébastien Cornu dans le bras nord du transept.
Bandeau aux signes du Zodiaque réalisé par Alexandre Denuelle. |
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Les opinions
négatives sur l'œuvre peinte.
L'image ci-dessus donne une idée concrète du travail qu'Hippolyte
Flandrin, Alexandre Denuelle et, plus tard, Sébastien Cornu
réalisèrent dans la nef,
les bas-côtés,
le transept
et le chœur
de l'église dans les années 1840-1860. Les élévations, les
piliers, les écoinçons, les intrados, les retombées d'ogives,
les voûtes, tout est recouvert de scènes peintes et de décorations
en tout genre. L'aspect roman a complètement disparu. Aux
XIXe et XXe siècles, bien des amoureux de l'art médiéval ont
pesté contre cette disparition.
Ainsi François Ribadeau Dumas, en 1958, ne recule pas
devant les mots acerbes dans son Histoire de Saint-Germain
des Prés, Abbaye royale. On lit :
«Vint ensuite le peintre Hippolyte Flandrin, qui peignit de
1842 à 1861 toute l'église de bariolages de style roman ou
pseudo-mérovingien (!), tourna, comme autour d'un mirliton,
des rubans peints autour des colonnes, se livra à mille fantaisies,
mille copies ou similis, et brossa de larges fresques panoramiques
au-dessus des arcades, tout au long de la nef, "dans
le style chrétien", à la manière de Puvis de Chavannes
et des peintres du XIXe !
Le décorateur Denuelle bariolait, teintait, décorait (...)
Raies rouges et vertes sur fond crème, étoiles d'or, piliers
verts ! Zigzags de toutes couleurs... Une réelle aberration
de l'esprit et du goût. L'ensemble paraît aujourd'hui monstrueux
(...).»

En note, l'auteur ajoute : «On ne compte plus les artistes,
les écrivains, les hommes de goût, les érudits et personnalités
qui depuis cent ans réclament la suppression des peintures
dont on a accablé l'église Saint-Germain-des-Prés (...)»
Il donne en exemple l'opinion de Joris-Karl Huysmans,
en 1898, dans son roman à succès La Cathédrale [qui
contient une longue description de la cathédrale de Chartres] :
«J'aime à me figurer que jamais le sanctuaire de Chartres
ne fut [sic] travesti par des bariolages, comme ceux
que nous devons subir à Saint-Germain-des-Prés... Car ce système
de tatouage rétrécit l'espace, abaisse les voûtes, appesantit
les colonnes ; il supprime pour tout dire, l'âme mystérieuse
des nefs, tue la sombre majesté des allées, avec ses vulgaires
dessins de frettes, de grecques, de losanges, de croix, semés
sur les piliers et sur les murailles, englués de jaune de
cassonade, de vert de chicorée, de lie de vin, de gris de
lave, de rouge de brique, de toute une série de nuances fades
et sales ; sans compter l'horreur des voûtes constellées
d'étoiles qui paraissent découpées dans du papier d'or et
collées sur un fond de bleu perruquier, de bleu à laver le
linge !»
|


Tympan de la grande verrière du bras nord du transept, XVIIe siècle.
Au centre, le triangle de Jéhovah.
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Saint François-Xavier
par Guillaume Coustou.
Cette statue vient de la maison professe des Jésuites. |

Statue de la Piété dans le tombeau des Castellan, détail. |
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«L'Invention de la Vraie Croix»
Peinture murale de Sébastien Cornu (1804-1870) dans le bras nord du
transept.
Devant l'impératrice Hélène, une jeune fille morte ressuscite au contact
de la croix : c'est la preuve qu'il s'agit bien de la Vraie Croix. |

«La Vierge au pied de la croix soutenue par un ange»
Attendite et videte si est dolor sicut dolor meus
(Regardez et voyez s’il est une douleur semblable à ma douleur)
(Lamentations de Jérémie) |

L'Apothéose de saint Maur.
par Jean Restout, 1756.
Coupolette de la chapelle Saint-Maur dans le bras sud du transept.
|
| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE
SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS |
|

Le chœur et l'abside de l'église Saint-Germain-des-Prés.
Au premier plan : LE CHŒUR LITURGIQUE
Les vitraux sont des créations de l'atelier Henri Gérente en 1846-1848
sur des cartons d'Hippolyte Flandrin. |
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Chœur
et abside.
La construction du chur et de son abside remonte
au milieu du XIIe siècle. Ils portent tous deux la marque
du gothique primitif et rappellent le chœur de
la cathédrale
de Sens.
La brochure Saint-Germain-des-Prés au fil du temps
sépare le chœur en deux. La première travée constitue
le chœur liturgique, ce qu'Yvan Christ dans le
Dictionnaire des églises de France nomme l'avant-chœur.
C'est là que sont célébrés les offices depuis le réaménagement
de 2012. Les autres travées et l'abside constituent
le chœur gothique appelé aussi chapelle des
Saints-Apôtres.
Dans les deux chœurs, l'élévation est à trois niveaux,
mais seul le chœur liturgique a gardé sa disposition
gothique d'origine. Cette travée soutenait les deux
tours du chœur (dont les parties hautes ont été démolies
en 1822). C'est pourquoi «l'architecte du XIIe siècle,
écrit Maurice Dumoulin en 1936 dans Les églises de
France, Paris et la Seine, a doublé la paroi des
tours d'un contre-mur et l'a décoré d'une arcature semblable
aux baies des tribunes des travées suivantes dont nous
connaissons ainsi la disposition primitive.»
De la sorte, l'élévation du chœur primitif présentait
au deuxième niveau (photo ci-dessous) une suite de fenêtres
géminées en tiers-point, chaque fenêtre étant à son
tour partagée en deux arcs brisés. La surface des écoinçons
ainsi créés a été mise à profit par Alexandre Denuelle
tandis qu'Hippolyte Flandrin a enrichi les niches par
des représentations des Vertus théologales et cardinales.
Ne pouvant être vues que de biais et souvent dans la
pénombre, la qualité de ces peintures ne peut pas vraiment
être appréciée.
Le troisième niveau présente une arcade aveugle en cintre
brisé (voir photo) ornée elle aussi de peintures de
Flandrin.
En 1644-1646, les mauristes transforment le chœur
gothique : les tribunes deviennent triforium et
le deuxième niveau perd en hauteur ce qu'il rétrocède
au troisième. En conséquence, les baies s'agrandissent.
Il s'agit sans doute, pour les nouveaux occupants des
lieux, d'augmenter la surface vitrée pour gagner en
luminosité.
Au deuxième niveau, les mauristes remplacent les arcs
brisés des petites baies par des linteaux, selon l'exemple
donné par l'église Saint-Pierre
de Montmartre.
Un lien avec le passé subsiste néanmoins. Selon Maurice
Dumoulin, les colonnettes en marbre qui soutiennent
les linteaux des mauristes doivent provenir de la basilique
du VIe siècle. Et les bâtisseurs du XIIe siècle les
auraient réemployés.
Dans la partie tournante du chœur, comme il arrive souvent,
les arcs ne reçoivent qu'une seule baie. Il y en a deux
dans les arcs latéraux.
Les très classiques vitraux
de l'abside ont été réalisés, au XIXe siècle, par
l'atelier Henri Gérente sur des dessins d'Hippolyte
Flandrin. Le vitrail de la baie axiale (n°100) porte
une signature
complète.
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Chœur liturgique : le 2e niveau et ses fenêtres gémellées
gothique du XIIe siècle.
Dans les niches, Hippolyte Flandrin a peint des figures symbolisant
les Vertus théologales et cardinales.
Ici, les Vertus théologales (côté nord) : Foi, Espérance, Charité
et Patience. |
Chœur liturgique
: le 3e niveau et son arcade gothique. Ici le côté nord.
---»»»
Le roi mérovingien Childebert et sa femme Ultrogothe présentent
l'église à saint Germain.
À gauche, Doctrovée, premier abbé. |
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Élévation sud du chœur liturgique (première travée
du chœur).
Les peintures murales de cette travée sont la plupart du temps
plongées dans la pénombre.
En bas, la
Montée au Calvaire par Hippolyte Flandrin. |
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Les côtés nord et sud de la première travée du chœur
soutenaient autrefois les deux clochers du chœur. |

La Montée au Calvaire
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin (années 1840). |
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L'Entrée du Christ à Jérusalem.
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin (années 1840). |

Les Vertus théologales Charité et Patience
dans les niches du côté nord du chœur liturgique. |
|
| LE CHŒUR GOTHIQUE DU
XIIe SIÈCLE ET SES TRANSFORMATIONS PAR LES MAURISTES AU XVIIe |
|

La voûte étoilée et les décorations du XIXe siècle offrent un spectacle
rare dans un chœur du XIIe siècle !
Aux deux derniers siècles, les amoureux des vieilles pierres et les
défenseurs de l'art gothique ont détesté ce décor. |
| LES VITRAUX DE L'ABSIDE
DE l'ATELIER HENRI GÉRENTE (1846-1848) DANS L'ABSIDE |
|

Baie 101 : La Vierge à l'Enfant. |

Baie 100 : Le Christ. |

Baie 102 : Saint Jean-Baptiste. |
|

L'élévation du chœur est à trois niveaux.
Un faisceau de colonnettes, bien mis en évidence, par la peinture,
monte depuis le chapiteau jusqu'à la retombée des voûtes.
Au XVIIe siècle, les mauristes ont réduit la hauteur
du deuxième étage au profit de l'étage supérieur. |

Hippolyte Flandrin a orné les écoinçons des grandes arcades latérales
du chœur avec les douze apôtres.
Ils sont emmenés en cortège vers le Christ (l'agneau pascal), guidés
par Pierre au nord et Paul au sud.
Le riche décor de rinceaux a été réalisé par Alexandre Denuelle. |

Dans l'axe, l'écoincon est orné de l'Agneau pascal et entouré du Tétramorphe.
Décoration d'Alexandre Denuelle (années 1840). |

Baie 100, détail : soubassement et signatures.
On lit : V.BALTAR DIR H.FLRANDRIN INV. H.GERENTE. FECIT
(V. Baltard direxit H. Flandrin invenit H.Gerente fecit) |

La Vierge et l'Enfant, détail.
Atelier Henri Gérente (1846-1848). |
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Les tombes
des rois mérovingiens.
En 1656, les mauristes installèrent dans le chœur des stalles
de bois sculpté avec leurs dossiers «admirablement taillés
et finement détaillés, comme l'usage s'en répandait en France»,
écrit François Ribadeau Dumas dans son Histoire de Saint-Germain-des-Prés.
Il fallut ouvrir le sol. Et c'est là qu'on découvrit les tombeaux
des rois mérovingiens.
«Les corps apparurent en entier, avec leurs vêtements, leurs
ornements, poursuit Ribadeau Dumas. Les tombes les plus importantes
étaient celles du roi Chilpéric II, de Bilihilde, son épouse,
et du jeune Dagobert leur fils, tué dans la forêt de Livry.
On les trouva dans le chœur, à deux ou trois pieds du clocher
septentrional. Les ossements étaient déplacés, il était visible
que ces tombes avaient été déjà visitées, et que sans doute
on en avait dérobé les ornements et les bijoux. Childebert
Ier, Clotaire II et les ossements de leurs épouses, furent
ainsi retrouvés. On les plaça auprès des tombeaux du
roi Chilpéric Ier et de Frédégonde, son épouse.»
Un nouvel autel central fut installé dans l'actuel avant-chœur,
entre les deux piliers ouest.
Quelques mois plus tard, un nouveau monument contenant les
restes de Childebert et d'Ultrogothe prit place au milieu
du chœur. «Childebert s'y voyait, en bas-relief, tenant son
sceptre d'une main et son église dans l'autre», ajoute Ribadeau
Dumas.
Inutile de préciser que, dans les années 1790, les révolutionnaires
se chargèrent de faire un sort à tous ces vestiges.
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Décoration d'Alexandre Denuelle dans un intrados. |

Dans le chœur gothqiue, les écoinçons des fenêtres sont ornés
d'anges. |

Clé de voûte de l'abside et sa trés riche décoration. |
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Baie 103 : Saint Denis.
Atelier Henri Gérente
(1846-1848).
|
| LE DÉAMBULATOIRE
ET SES CHAPELLES RAYONNANTES |
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Déambulatoire nord et chapelles rayonnantes.
Style gothique primitif, milieu du XIIe siècle.
Le déambulatoire et les chapelles ont été préservés de toute ornementation
picturale au XIXe siècle. . |
|
Le
déambulatoire et ses chapelles rayonnantes.
Le déambulatoire s'ouvre sur quatre chapelles carrées
et cinq chapelles circulaires.
Cette partie de l'église a échappé, dans les années
1840-1860, au pinceau d'Alexandre Denuelle. C'est là
que le visiteur pourra ressentir une véritable atmosphère
de gothique primitif, un peu mêlé de roman tardif.
Déambulatoire et chapelles, le tout voûté d'ogives,
remontent au milieu du XIIe siècle quand les moines
décidèrent de remplacer l'ancien chœur par un nouveau,
plus vaste.
L'empreinte picturale du XIXe siècle oblige à partager
le déambulatoire en deux : la couronne interne (les
piles qui ferment le chœur gothique) et la couronne
externe (les piles qui marquent l'entrée des chapelles).
La première a été abondamment bariolée par Alexandre
Denuelle ; la seconde est restée à peu près intacte.
Néanmoins, tout présente un intérêt. Dans la couronne
interne, on pourra admirer les très beaux chapiteaux
de style roman, couverts de dorure. Le thème animal
s'y multiplie : on y trouve des lions, des sphinx, des
colombes. Il y en a d'autant plus que la taille des
chapiteaux est imposante. Les bases
des colonnes méritent aussi un coup d'œil. Elles
sont sculptées en forme de griffes.
Mises à part les voûtes ogivales, le gothique primitif
ne se goûte vraiment que dans les chapelles, leur soubassement
et les chapiteaux
des colonnes.
L'ordonnancement des arcatures aveugles dans les soubassements
illustre le style gothique primitif du milieu du XIIe
siècle. Malheureusemnt, sans lumière électrique, ces
soubassements se voient mal car la pénombre règne. Facteur
aggravant : la paroisse semble mettre un malin plaisir
à obstruer les arcatures par de la végétation !
À l'entrée des chapelles, le gothique primitif offre
aussi quelques beaux chapiteaux, facilement observables.
Ils sont à thèmes floral et animal, parfois enrichis
de masques. Plusieurs exemples
en sont donnés dans cette page.
Comme dans la couronne interne, les bases des colonnes
ne doivent pas être oubliées. On en trouve d'intéressantes,
à thème végétal, à l'entrée des chapelles sud. Le puissant
contre-jour provoqué par le verre blanc des larges baies
ne sera pas un obstacle pour le visiteur passionné.
Pour le mobilier, deux tombeaux méritent attention.
Celui de Guillaume Douglas ( 1611) et celui de
son petit-fils Jacques Douglas ( 1645).
Enfin, seule la chapelle Sainte-Geneviève
offre des verrières anciennes. Des morceaux de vitraux
du XIIIe siècle ont été remontés dans les deux baies,
avec quelques saynètes de la vie de la Vierge (voir
plus
bas).
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Baie 11 : saint Joseph portant l'Enfant.
Atelier Henri Gérente (1846-1848) (?) |

Tombeau de Jacques Douglas, détail.
La taille des doigts rappelle le style maniériste. |
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La chapelle Saint-Joseph dans le déambulatoire nord
et le mausolée de Guillaume Douglas ( 1611).
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Tombeau de Jacques Douglas ( 1645)
par Michel I et II Bourdin.
XVIIe siècle.
Chapelle Sainte-Thérèse.
Jacques Douglas est le petit-fils de Guillaume Douglas.

«««--- Guillaume
Douglas était un prince d'Écosse
converti au catholicisme. Il se réfugia en France
pour fuir les persécutions contre les catholiques
menées par la reine Élisabeth Ière. |
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Mausolée de Guillaume Douglas, détail. |

Les chapelles rayonnantes nord vues depuis le chœur gothique.
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| CHAPITEAUX
ROMANS DANS LE DÉAMBULATOIRE |



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«La Mission de saint Pierre»
par Étienne Jeurat, 1763. |
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Voûte d'ogives de style gothique primitif.
Chapelle rayonnante nord Saint-Germain. |
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Une
voûte de style gothique primitif.
La voûte de la chapelle rayonnante Saint-Germain est
caractéristique du début de l'âge gothique. L'architecture
y est solide, presque austère ; sa géométrie, simple.
Il faut penser à rationaliser les forces qui s'exercent
: la voûte est assez basse, les murs sont encore épais.
On y sent une volonté déjà tournée vers l'élan vertical,
mais il faut rester prudent...
Avec leurs deux épais rouleaux, les nervures de retombée
n'ont pas encore la finesse du style qui s'imposera
au XIIIe siècle. Quant aux formerets, c'est un doubleau
grossier qui les rattache à l'arcade en très léger tiers-point
qui s'élève au-dessous.
À l'intérieur des chapelles, les chapiteaux qui
reçoivent les retombées d'ogives sont à thème floral.
D'une ampleur limitée, ils n'ont pas la profusion artistique
des chapiteaux disposés le long du déambulatoire, ceux
qui attirent l'œil quand on déambule... Quoi qu'il en
soit, pour les uns et pour les autres, ce sont toujours
les canons du style roman qui guident les artistes de
l'époque.
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| CHAPITEAUX ROMANS
DANS LE DÉAMBULATOIRE |
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Chapiteaux romans à feuillages et masques dans le déambulatoire.
Milieu du XIIe siècle. |
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La
bibliothèque de l'abbaye vandalisée à la Révolution.
Dans son Histoire du vandalisme (Robert Laffont,
1994), l'historien Louis Réau relate cet épisode navrant
:
«(...) le 20 août 1794 (fructidor an II), un incendie
éclatait détruisant presque totalement la bibliothèque
des moines et le cabinet d'antiquités formé par Montfaucon.
Seuls, quelques précieux manuscrits échappèrent au désastre
: mais ce fut pour prendre le chemin de Petersbourg.
Un secrétaire de l'ambassade de Russie, Pierre Dubrovski,
qui se trouvait sur les lieux, acheta pour quelques
sols des liasses de manuscrits maculés de boue. Dans
ce fonds, qui est un des trésors les plus précieux de
la bibliothèque de Leningrad, se trouve notamment un
exemplaire des Grandes Chroniques de Saint-Denis,
enluminé par Simon Marmion et offert au duc de Bourgogne
Philippe le Bon par Guillaume Fillastre, abbé de Saint-Bertin
à Saint-Omer. Signalons en outre un manuscrit des Épistres
de saint Jérôme en vers français que la reine Anne
de Bretagne fit illustrer en 1509 par les meilleurs
artistes de son temps, Jean Perréal et Jean Bourdichon
pour l'offrir à son second mari Louis XII.»
|
|

Chapiteaux romans à feuillages et animaux dans le déambulatoire.
Milieu du XIIe siècle. |
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Déambulatoire axial.
Le décor peint appliqué par Alexandre Denuelle
au XIXe sièce crée une différence notable
entre les piliers du déambulatoire.
D'où la distinction entre couronne
interne (peinte) et couronne externe.
|
BASES DE COLONNES DANS
LE DÉAMBULATOIRE (GOTHIQUE PRIMITIF)
MILIEU DU XIIe SIÈCLE |
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Le déambulatoire sud et ses chapelles rayonnantes.
Au premier plan, la chapelle Sainte-Thérèse. |

Saint Maur portant sur son bras le petit
Placide qu'il vient de sauver de la noyade
(?)
(Comme si l'artiste avait voulu imiter
saint Antoine portant l'Enfant.)
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Chapelle rayonnante Sainte-Geneviève.
L'arcature aveugle du soubassement donne une idée de l'architecture
d'origine.
Les baies 2 et 4 reçoivent des fragments de vitraux du XIIIe
siècle. |

La Vierge au sourire, détail.
Le visage de la Vierge est
la seule partie sculptée.

Voir la sculpture entière plus
bas.

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Cette statue, constituée
de trois fragments, a été découverte lors de fouilles
rue de Furstemberg, en 1999.
La sculpture a dû subir un accident lors de la taille.
Laisséee inachevée, elle a été réemployée dans les fondations
d'un mur.
La visage de la Vierge et l'ébauche de sa couronne témoignent
de la qualité des sculpteurs parisiens au milieu du
XIIIe siècle.
Depuis le réaménagement des années 2010, cette statue
est située à la croisée du transept.
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Baie 4, détail. |

Sainte Geneviève (XIXe siècle ?) |
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Baie 2 : saynètes
du 2e quart du XIIIe siècle. ---»»»
En haut : l'Annonciation ; au-dessous, la Mission de Pierre
(?)
En bas, Marie, Anne et Joachim. |
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Baie 4, détail : scène difficilement interprétable. |
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Baie 4 : vitrail à sujets imprécis.
2e quart du XIIIe siècle. |
|
Les
vitraux du XIIIe siècle.
Selon le Corpus Vitrearum, du temps de l'abbaye,
le réfectoire et la chapelle de la Vierge possédaient
des vitraux du XIIIe siècle, déposés pendant la Révolution.
Ces deux bâtiments furent détruits en 1802 afin de percer
la rue de l'Abbaye..
À l'heure actuelle, ces vitraux sont dispersés : Angleterre,
Canada, États-Unis. À Saint-Germain-des-Prés, il en
subsiste deux (donnés dans cette page), visibles dans
les baies 2
et 4.
À part quelques exceptions, leurs saynètes sont difficilement interprétables.
De son côté, dans son Histoire du vandalisme,
Louis Réau relate le fait suivant :
«Les vitraux furent transportés sous le Directoire au
musée des Monuments français. Lenoir [directeur du
musée] note dans son Journal à la date du
5 frimaire an V : "Reçu du curé de Saint-Germain-des-Prés
huit panneaux de vitraux du XIIIe siècle."»
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Arcatures en style gothique primitif du milieu du XIIe siècle dans
la chapelle Sainte-Geneviève.
Depuis le réaménagement des années 2010, la statue de la Vierge
au sourire se trouve à la croisée du transept. |

Chapelle rayonnante Sainte-Anne
Statue de l'Éducation de la Vierge (XIXe siècle ?)
|
Saint Joachim porte le panier d'offrandes
qui sera refusé par le grand prêtre au Temple.
Statue du XIXe siècle (?)
Il est rare de voir une statue de saint Joachim
dans une église en France.
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La Vierge à l'Enfant, détail
Statue de Charles Dupaty, XIXe siècle.

Conformément au retour à l'idéal antique du XIXe siècle,
l'artiste a donné à la Vierge une tête de déesse grecque. |

CHAPELLE DE LA VIERGE. 
Elle a été construite par l'architecte Godde en 1819.
À droite et à gauche, deux fresques : «L'Adoration des Mages» et «La
Présentation de l'Enfant Jésus au Temple». |

«L'Adoration des Mages»
François-Joseph Heim (1787-1865)
Chapelle de la Vierge. |

«La Présentation de l'Enfant Jésus au Temple»
François-Joseph Heim (1787-1865)
Chapelle de la Vierge. |

Saint Victor est debout sur la tourelle centrale, entouré de deux
anges musiciens.
La présence de ce saint, soldat romain mort martyr, reste mystérieuse.
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L'orgue de tribune est de style néo-classique.
C'est un orgue moderne exécuté par les facteurs Haerpfer-Erman (1973)
et Fossaert (2004-2005). |

La nef de l'église Saint-Germain-des-Prés
vue depuis la croisée du transept. |
Documentation : «Saint-Germain-des-Prés au
fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame
+ «Saint-Germain-des-Prés» d'Alain Erlande-Brandenburg et Anne-Bénédicte
Mérel-Brandenburg, éditions Gisserot.
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Librairie Letouzey et
Ané, 1936
+ «Corpus Vitrearum, Les vitraux de Paris, de la Région Parisienne,
de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais», 1978
+ «Histoire de Saint Germain des Prés, Abbaye royale» de François
Ribadeau Dumas, éditions Pierre Amiot 1958
. + «Ile-de-France romane» d'Anne Prache, édition Zodiaque
+ «Histoire du vandalisme» de Louis Réau, éditions Robert Laffont,
1994
+ «Paris d'église en église», Massin éditeur |
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