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Notre-Dame de la Consolation, statue du XIVe siècle, détail

Avant l'abbatiale de Saint-Denis et jusqu'au roi Dagobert, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés était la nécropole royale des rois mérovingiens (VIe et VIIe siècles). De nombreux rois de la première dynastie et leurs épouses y furent inhumés. Il y avait là une basilique et un monastère qui furent dédiés à saint Germain vers 754, en mémoire de l'évêque de Paris.
L'abbaye est détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, réédifiée à la fin du Xe. Au milieu du XIIe siècle, le nombre de religieux augmentant, un nouveau chœur gothique plus vaste, voûté d'ogives, remplaça l'ancien. Il fut consacré en 1163 en présence du pape Alexandre III. Les bâtiments monastiques sont reconstruits au début du XIIIe siècle.
Jusqu'au XVIIIe siècle, l'abbaye est un centre spirituel, intellectuel et artistique, célèbre pour ses moines copistes.
En 1631, les Mauristes s'installent à Saint-Germain-des-Prés et vont y briller avec la présence de Jean Mabillon (1632-1707) et de Bernard de Montfaucon (1655-1741).
Les Mauristes étant autant architectes que moines, les travaux vont s'enchaîner. Notons : de 1644 à 1646, la charpente qui couvrait la nef et les bas-côtés fait place à des voûtes d'ogives semblables à celles du chœur ; en 1656, c'est le dallage qui est refait. À cette occasion, on découvre les tombeaux des rois mérovingiens. Le sarcophage de saint Germain est placé sous le nouveau maître-autel.
À la Révolution, l'abbaye est dissoute. L'église est affectée au service paroissial, mais sera fermée en 1793, tandis que les bâtiments conventuels seront vendus. De 1794 à 1802, une raffinerie de salpêtre est installée dans l'édifice cultuel, ce qui cause des dégâts considérables. L'église est rendue au culte en avril 1803.
En 1819, une nouvelle chapelle axiale, construite par l'architecte Étienne-Hippolyte Godde, remplace l'ancienne. À la même époque, on pense démolir la nef car elle est minée par des eaux gorgées de salpêtre. Heureusement, en 1822, l'architecte Godde la reprend en sous-œuvre, répare la tour occidentale et fait démonter les deux étages des tours qui encadrent le chœur. Puis Victor Baltard. se charge de la décoration intérieure (remplacement des chapiteaux et appel aux peintres parisiens pour multiplier les fresques et les tableaux).
Malgré les transformations intervenues au fil du temps, l'église Saint-Germain-des-Prés a gardé les éléments d'origine qui lui confèrent un aspect gothique primitif, très proche du style roman, notamment dans les chapelles du déambulatoire, comme la chapelle Sainte-Geneviève. Cet aspect roman tardif est rare dans les églises de Paris
Le visiteur remarquera les beaux chapiteaux sculptés de la nef. Ce sont souvent des copies réalisées au XIXe siècle. Les originaux sont conservés au Musée national du Moyen Âge.
Les vitraux sont du XIXe siècle, de l'atelier parisien Henri Gérente. Cependant, il subsiste deux vitraux du XIIIe siècle dans la chapelle rayonnante Sainte-Geneviève (baies 2 et 4).

La nef de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris
Vue générale de la nef de Saint-Germain-des-Prés.

Points essentiels sur l 'architecture.
La nef porte le marque de l'art roman de l'Ile-de-France, alors que le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, qui remontent au milieu du XIIe siècle, révèlent l'influence du gothique primitif, un style encore très proche de l'art roman.
La voûte quadripartite, mise en place par les mauristes, est du XVIIe siècle. Les chapiteaux des piles de la nef , typiques de l'art roman, sont, pour un grand nombre, des copies du XIXe siècle.
Notons que la nef et le chœur ont pris un coup de jeune depuis la longue restauration entreprise durant les années 2010.

ARCHITECTURE EXTÉRIEURE

Le clocher-porche de l'église Saint-Germain-des-Prés (d'une hauteur
de 64 mètres) vu depuis le boulevard Saint-Germain.

Le portail actuel a été construit par le maître maçon
Marcel Le Roy en 1607-1608.
Il abrite les vestiges du premier portail daté de 1163.

Le clocher-porche, construit entre 990 et 1014,
est le plus ancien de Paris.



Le portail méridional date de l'époque mauriste (1644-1646).
Il a été réalisé dans le style baroque italien,
alors à la mode dans l'architecture religieuse.

Le linteau sculpté qui surmonte le portail de la fin du XIIe siècle est orné de la Cène.

Le portail médiéval.
Selon les bénédictins, les statues-colonnes du portail médiéval du XIIe siècle représentaient des rois mérovingiens. Un document de Bernard de Montfaucon daté de 1729 en donne le dessin complet.
Personnifiant des rois, les statues ont été entièrement détruites lors des massacres de septembre 1792 à l'abbaye. Cependant, en étudiant ce dessin, les historiens actuels y décèlent plutôt des personnages de l'Ancien Testament. Elles ont été remplacées au XIXe siècle par de simples colonnes monocylindriques.
Quant à la Cène sur le linteau, les têtes du Christ et des apôtres ont été martelées lors de ces mêmes funestes événements.

Chapiteaux de harpies sur le portail gothique Chapiteaux de harpies sur le portail gothique
Ces chapiteaux de la fin du XIIe siècle, décorés de feuillages et de harpies, surmontent des colonnes du XIXe siècle.
Les statues-colonnes d'origine ont été brisées lors des massacres de septembre 1792.

L'église Saint-Germain-des-Prés (ici vue du sud) étale ses 75 mètres (hors tout) le long du boulevard Saint-Germain.
Les arcs-boutants ont été refaits par l'architecte Étienne-Hippolyte Godde en 1823.

Le beffroi, qui abrite les cloches, est daté du XIe siècle.
Selon les historiens, il a vraisemblablement subi quelques restaurations
au XIXe siècle, sans toutefois que son aspect roman en soit altéré.

Buste de Jean Mabillon (1632-1707)
sur le mur du presbytère de l'église,
place Saint-Germain-des-Prés.

Architecture extérieure.
Tout le côté sud, ainsi que la façade ouest sont accessibles aux visiteurs. Le côté nord ne l'est quasiment pas. Le chevet est accessible en rentrant dans le petit square Félix Desruelles dédié à la mémoire de Bernard Palissy. On y trouve un beau portique en grès créé par le sculpteur Jules Coutan (1848-1939) pour le pavillon de la manufacture de céramique de Sèvres lors de l'Exposition universelle de 1900.
Au sud, l'élévation de la nef date du XVIIe siècle. On remarquera l'intéressant portail en style baroque italien construit par les mauristes dans les années 1644-1646. Ce style était en faveur dans l'architecture religieuse du milieu du XVIIe siècle, une époque où l'uniformité du style d'un édifice n'était pas le souci majeur des architectes.
Chevet et arcs-boutants ont été construits au XIIe siècle. Ces arcs-boutants sont considérés comme les plus anciens d'Île-de-France (sans oublier qu'ils ont été refaits au XIXe siècle). Le chevet était autrefois dominé par deux tours du XIe siècle qui ont été détruites au XIXe.
En fait de tours, Saint-Germain-des-Prés n'a plus que le clocher-porche érigé entre 990 et 1014. C'est l'un des plus anciens de France. Le dernier étage a été restauré au XIXe siècle.


Square Félix Desruelles et sa statue de Bernard Palissy
(bronze de Louis-Ernest Barrias)
devant le chevet de l'église, au sud.

Les bras nord et sud du transept possèdent chacun une très vaste
verrière qui inonde l'église de lumière dès que le soleil brille.


On ne peut que rester ébahi devant la dimension de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés avant la Révolution.

1628 : émoi au monastère.
L'étendue de l'abbaye dans le dessin ci-dessus porte à penser que les moines, avant la Révolution, considéraient qu'ils habitaient une ville dans la ville. C'est un peu ce que confirme leur attitude en 1628. François Ribadeau Dumas dans son Histoire de Saint-Germain-des-Prés, raconte l'épisode survenu cette année-là :
«Le bruit court, en 1628, que Paris va s'agrandir et absorber le faubourg Saint-Germain. Les religieux s'y opposèrent violemment : de tous temps il a été reconnu que le faubourg, et l'abbaye qui le commande, sont "comme une ville entièrement distincte et séparée de Paris", et que l'abbaye y possède "sa juridiction particulière, soit pour le spirituel, soit pour le temporel". On lui donna raison.»


1674 : nouvel émoi au monastère.
Au XVIIe siècle, l'abbaye touchait les droits de justice sur l'ensemble du faubourg Saint-Germain. La population y étant devenue très dense, ses droits «entraînaient de très grosses sommes et de beaux revenus pour l'abbaye», écrit Ribadeau Dumas dans son Histoire de Saint-Germain-des-Prés.
On trouvait les droits de haute et basse justice, incluant droits de déshérence, d'aubaine, de bâtardise et de confiscation, droits de franchise, marché, police, voirie, lettres de maîtrise.
«En outre, ajoute l'auteur, le casuel des offices de la juridiction produisait de très fortes sommes à l'abbé, car il avait droit de provision et de nomination.» Il s'agit l'argent reçu pour la célébration des messes et des différents actes liturgiques occasionnels.
En mars 1674, le roi Louis XIV rendit un édit qui supprimait toutes les justices particulières, les réunissant à l'autorité du nouveau Châtelet de Paris [en quelque sorte le tribunal principal de la capitale].
Aussitôt, branle-bas de combat au monastère qui présenta immédiatement un recours au roi. Le sieur Pélisson, maître des requêtes, chargé de par le roi, de l'économat de l'abbaye, dressa l'inventaire des pertes pécuniaires et morales attendues.
Louis XIV accepta de faire une concession : il laissa aux religieux les droits de justice à l'intérieur des murs de l'abbaye et sur les terres hors de Paris.

Les tours jumelles de chœur.
Le dessin ci-contre de l'abbaye avant la Révolution montre que le chœur était surmonté de deux hautes tours. Si l'on y ajoute la tour-porche à l'ouest, l'église abbatiale dominait tout le quartier avec ses trois tours. Cette disposition architecturale était toutefois rare.
Dans Ile-de-France romane (Zodiaque, 1983), Anne Prache rappelle que cette formule, sans doute née à Trèves, connut un certain succès en Lorraine et en Champagne. En Île-de-France, elle apparaît d'abord à Saint-Germain-des-Prés à Paris, à Melun et, dans l'Oise, à Morienval. On la retrouve ensuite à Senlis et à Chartres.
L'historienne note que les sites retenus par les constructeurs sont, au début, situés dans des villes directement liées à la royauté capétienne. Bien souvent, ces villes sont d'une certaine importance. Ériger deux clochers a un coût. Et un seul suffit pour un édifice paroissial.
Les tours jumelles de chœur de l'église Saint-Germain-des-Prés ont été démolies à la Restauration. Dans son histoire de l'abbaye, François Ribadeau Dumas rappelle le contexte après le Concordat :
«Minée par le salpêtre et l'humidité, menaçant ruine, l'église offrait toujours de réels dangers. L'édifice menaçait de s'écrouler. Il fallut étayer les arcs en plein cintre de la nef et du transept.»
En 1821, décision fut prise de démolir les parties hautes des tours jumelles pour n'en laisser que le soubassement. On abattit celle du Midi, côté boulevard Saint-Germain, appelée Turris major ou Turris magna. Puis la tour Nord, sur l'actuelle rue de l'Abbaye, appelée la Turris minor ou Turris parva, fut à son tour arasée.



Le massif carré au milieu de la photo correspond aux parties basses
de la tour nord qui s'élevait à la naissance du chevet (voir dessin).
Cette tour nord est contemporaine du clocher-porche (XIe siècle).

Les parties hautes de ces tours nord et sud, qui servaient de clocher,
ont été démolies en 1822.

Portique de la manufacture de Sèvres.
Jules Coutan, 1900.
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église.


Allégorie féminine de la céramique et des arts de Sèvres.
Portique de la manufacture de Sèvres.
Jules Coutan, 1900.
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église.


Chapelle Saint-Symphorien.

Narthex donnant accès à la chapelle Saint-Symphorien.

La chapelle Saint-Symphorien.
Dans cette petite chapelle, qui offre le spectacle de ses vieilles pierres restaurées, sont honorés saint Symphorien et saint Germain. Sur le plan pratique, un office religieux y est célébré tous les jours, ce qui permet aux visiteurs de continuer à déambuler dans l'église sans déranger.
On trouve dans la chapelle une dalle qui commémore l'emplacement où s'est peut-être trouvé le premier tombeau de saint Germain (qui fut inhumé en l'an 576).
Vers 1010, la chapelle est agrandie. On y célébrera l'office pour les laïcs de l'abbaye.
En 1816, le passage qui relie la chapelle au bas-côté sud de l'église est obturé lors de l'installation de la statue de Notre-Dame de la Consolation.
En 1971, la Mairie de Paris et le service des Monuments historiques font entreprendre des fouilles, ce qui permet de mettre à jour des vestiges de différentes époques, notamment des fondations du VIe siècle.
Deux œuvres sont intéressantes : la Vierge à l'Enfant du XIVe siècle (ci-dessous) et la fresque du XIIIe siècle sur l'intrados de l'arc triomphal du chœur.


Vierge à l'Enfant
Fragment de retable du XIVe siècle.
Chapelle Saint-Symphorien.

Vitrail du XVIIe siècle
à frange florale.
Chapelle Saint-Symphorien.

Détail du côté sud de l'église avec la coupolette
qui surmonte la chapelle Saint-Maur.

Fresque du XIIIe siècle à l'intrados de l'arc triomphal.
Le Christ est entouré de l'ange de Matthieu et de l'aigle de Jean.
Chapelle Saint-Symphorien.

Allégorie de la céramique et des arts de Sèvres, 1900.
Jules Coutan (1848-1939).
Square Félix-Desruelles à côté du chevet de l'église.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS

La nef et son élévation sud.
Le mur du bas-côté sud remonte au XIIe siècle.
L'église a reçu une décoration peinte au XIXe siècle, travaux entrepris sous la direction de Victor Baltard.
Voir l'élévation nord et sa suite de grands tableaux plus bas.
Notre-Dame de la Consolation
Plan de l'église Saint-Germain-des-Prés.
CHAPITEAUX ROMANS (XIe SIÈCLE)

Samson et le lion.

La Visitation.

Christ en majesté dans une mandorle.

La Vie monastique.
Est-ce un rappel, par saint Benoît,
de l'obligation de l'observance de la Règle ?

Le Sacrifice d'Abraham (Ancien Testament).
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.
Cette scène est associée à
La mort de Jésus (Nouveau Testament).

L'Ascension du Christ (Nouveau Testament).
Peinture murale de Paul Flandrin, frère d'Hippolyte.
Cette scène est associée
au trône du Jugement dernier (Nouveau Testament).

Architecture de la nef.
Avec ces arcades en plein cintre, l'architecture de la nef est typique de l'art roman. Le massif carré des piles est cantonné de quatre colonnes engagées en trois-quarts de cylindre. La colonne face à la nef - de couleur grise et mouchetée - s'élève jusqu'au chapiteau qui reçoit la retombée des ogives. À l'époque romane, quand la nef était couverte d'une charpente, cette colonne devait s'élever sur toute la hauteur du mur gouttereau.
Contrairement à l'art gothique, il n'y a aucun jeu, plus ou moins sophistiqué, de colonnettes montantes.
Les cinq travées de la nef datent en partie du premier quart du XIe siècle. Mais elles ont été très remaniées aux XVIIe et XIXe siècles. Toutes les piles se terminent par des chapiteaux à feuillages ou à scènes historiées. En 1843, lors des travaux d'embellissement dirigés par Victor Baltard, tous ces chapiteaux ont été retaillés ou remplacés par des copies. Les originaux sont conservés au musée du Moyen Âge.
Les voûtes quadratiques, mises en place à l'initiative des mauristes, datent des années 1644-1646.
L'intérieur de l'église frappe par ses coloris et sa décoration. Fresques, tableaux et toiles marouflées recouvrent l'édifice depuis le XIXe siècle. Au-dessus des arcades, les fresques exposent des associations d'épisodes de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament (voir explications plus bas).
Le mur du bas-côté sud reste nu (photo ci-dessus). Celui du bas-côté nord, qui jouxtait jadis le cloître des moines, est embelli de très beaux tableaux du XIXe (voir plus bas).

Notre-Dame de la Consolation
Notre-Dame de la Consolation
Marbre, XIVe siècle.
Cette statue provient de Notre-Dame de Paris.

Le bas-côté sud vu depuis le transept.
La voûte ogivale date de l'époque mauriste (XVIIe siècle).
À l'arrière-plan, la statue Notre-Dame de la Consolation.

La trahison de Judas (Nouveau Testament) et Joseph vendu par ses frères (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin.

Les peintures murales d'Hippolyte Flandrin (1809-1864).
Ces peintures doivent retenir l'attention du visiteur au moins à deux titres : l'unité picturale et les liaisons entre l'Ancien Testament et le Nouveau. L'artiste a mis à profit les conseils d'un père jésuite, le R.P. Cahier, et ceux de son ami peintre Dominique Ingres.
Sur le premier point, Hippolyte Flandrin a réalisé un travail remarquable. Ses vingt-quatre scènes peintes à la cire n'incluent guère de détails que personne ne verra depuis le sol. Chacune d'entre elles contient les personnages nécessaires dans un décor minimaliste, toujours sur un fond bleu soutenu, rappelant les fresques de Giotto. Il avait eu l'occasion de goûter la saveur des œuvres de son grand prédécesseur lors de son séjour en Italie après avoir obtenu le premier prix de Rome de peinture en 1832.
Trente ans plus tard, l'église Notre-Dame des Champs dans le 6e arrondissement de Paris reprendra le principe de la frise scénique au-dessus des arcades de la nef. Vingt-deux toiles du peintre Joseph Aubert (1849-1924) viendront y décrire des épisodes de la Vie de Marie.
À Saint-Germain-des-Prés, Hippolyte Flandrin a eu de la chance : son bandeau scripturaire allait être abondamment éclairé par les hautes fenêtres (à tel point que l'excès de luminosité rend parfois les peintures illisibles). Il en a eu beaucoup moins à l'église Saint-Vincent-de-Paul dans le 10e arrondissement. Par manque de lumière, la frise des saints qui avancent vers le chœur (réalisée par ses soins entre 1848 et 1853) est noyée dans une pénombre intense et on ne la voit pas sans un puissant éclairage électrique !
Le second point qui doit susciter l'intérêt du visiteur est didactique : les peintures sont en effet associées par couple dans les écoinçons au-dessus de chaque arcade de la nef. Un épisode de l'Ancien Testament accompagne celui du Nouveau qu'il est - bibliquement - chargé d'annoncer. Cette course aux symboles n'a rien d'évident. Ainsi Joseph vendu par ses frères annonce la trahison de Judas (ci-dessus); Jonas rejeté par la baleine annonce la Résurrection du Christ (ci-dessous) et le Passage de la Mer rouge, le Baptême de Jésus (plus bas).
On se situe là au cœur de l'intense travail mené par les érudits médiévaux et les Docteurs de l'Église pour démontrer que l'Ancien Testament contenait dans ses germes l'annonce du Nouveau. Rappelons qu'à la même époque les Juifs experts de la Torah reprochaient aux chrétiens, dans leur étude des Écritures, de voir des symboles partout...
Le visiteur constatera ainsi que le buisson ardent de Moïse est associé à l'Annonciation de Marie et qu'Adam et Ève chassés du Paradis préfigurent la Nativité.
Dans le bandeau, il y a toutefois une travée qui viole ce principe associatif. Ce sont les deux fresques peintes par Paul Flandrin, frère d'Hippolyte, mort en 1864, à cinquante-cinq ans. L'Ascension y est accompagnée, selon l'Évangile de Matthieu, du trône du Jugement dernier. Hippolyte Flandrin n'a pas eu le temps d'achever sa grande œuvre à l'église Saint-Germain-des-Prés. Pour saluer son talent, son buste est exposé dans le bas-côté nord.
Entre les grandes fenêtres, l'artiste a peint des personnages de l'Ancien Testament : patriarches et juges au nord, rois et prophètes au sud.
Dans le bras nord du transept, les peintures à la cire seront réalisées, après la mort d'Hippolyte, par son condisciple Sébastien Cornu (1804-1870). Parmi elles, on remarque la grande fresque de l'Invention de la vraie Croix.
Le décor polychrome, de style byzantin est l'œuvre d'Alexandre Denuelle.
Ce décor a parfois été décrié. Ainsi Maurice Dumoulin écrit en 1926 dans son article pour les Églises de France Paris et la Seine : «De 1843 à 1861, Hippolyte Flandrin décora le chœur, puis la nef, de peintures justement célèbres, malheureusement entourées d'une déplorable ornementation de Denuel.»
En 1966, pour le Dictionnaire des églises de France, Yvan Christ, membre de la Commission du Vieux Paris et vice-président de l'Association nationale pour la protection des ville d'art, parle lui aussi d'une «déplorable polychromie exécutée par Denuelle». Yvan Christ se montre même assez négatif sur l'œuvre de Flandrin. «Il s'agit certes d'un ensemble fort respectable, écrit-il, qui est loin d'être dépourvu de mérite, mais qui n'avait pas sa place dans un tel vaisseau où il ne contribue pas peu à jeter la confusion.» Il est vrai que, dans la nef romane du XIe siècle, le visiteur ne verra pas de «vieilles pierres» puisqu'elles sont toutes peintes.
Sources : 1) «Saint-Germain-des-Prés au fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame ; 2) «Dictionnaire des églises de France», Robert Laffont, 1966.

La Résurrection du Christ (Nouveau Testament) et Jonas rejeté par la baleine (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin.

Les chapiteaux de la nef et des bas-côtés.
Ils sont au nombre de quarante et viennent du XIe siècle. Le XIXe les a amplement restaurés. Douze d'entre eux, en mauvais état, ont été remplacés par des copies. Les originaux sont conservés au Musée national du Moyen Âge.
Il n'est pas simple d'identifier les thèmes illustrés par les sculpteurs médiévaux (sans aucun doute sur prescription de l'abbé). Certains comportent des scènes énigmatiques peuplées de monstres ou d'animaux fabuleux. (Voir ceux de la collégiale Saint-Denis à Amboise). À l'époque, plusieurs ateliers devaient se partager la tâche.
On remarque Samson et le lion, Daniel dans la fosse aux lions, la Visitation et plusieurs chapiteaux relatant la vie monastique et l'obligation de l'observance de la Règle.
Source : «Saint-Germain-des-Prés au fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame.


Daniel dans la fosse aux lions.

Sirènes et poissons.
«««--- Adam et Ève chassés du paradis (Ancien Testament)
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.
Cette scène est associée à La Nativité (Nouveau Testament).

Le Baptême du Christ (Nouveau Testament) et Le Passage de la Mer rouge (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin.

La Nativité.

Les béliers.

Les animaux fantastiques.

L'Agneau de Dieu au-dessus de feuillages.

Personnages de l'Ancien Testament : Moïse, Job, Aaron et Josué.
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin.

La Dispersion de la tour de Babel (Ancien Testament)
Cette scène est associée à La Mission des apôtres (Nouveau Testament).
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.

L'Institution de l'Eucharistie (Nouveau Testament) et La bénédiction de Melchisedech (Ancien Testament).
Peintures murales d'Hippolyte Flandrin.
LA CHAIRE À PRÊCHER DU XIXe SIÈCLE
La chaire à prêcher
La chaire en marbre blanc, du XIXe siècle, est d'inspiration néo-classique.
De part et d'autre, allégories de la Nouvelle Loi et de l'Ancienne Loi.
La chaire à prêcher
La Nativité par Hippolyte Flandrin.

L'Ancienne Loi.
Allégories des Lois par
Georges Jacquot (1794-1874).

La Nouvelle Loi.

L'arrivée mouvementée des mauristes à Saint-Germain-des-Prés.
Avec le Concile de Trente, le monde des monastères se transforme en Europe. Les congrégations se répandent. Ce sont des regroupements de communautés régulières, en quelque sorte des sous-familles religieuses chargées de faire appliquer la Réforme.
Elles ont toutes un but précis : «insuffler un esprit de corps essentiel à la réussite de l'action», écrit Sophie Hasquenoph dans Histoire des ordres et congrégations religieuses en France du Moyen Âge à nos jours. Ces congrégations et leur esprit nouveau «mettent l'accent, poursuit l'historienne, sur les points essentiels que sont la vie commune, la pauvreté, le respect pour les moines de la clôture et la célébration de l'office divin, mais aussi l'importance du travail intellectuel.»
En août 1618, le roi Louis XIII reconnaît l'existence de la congrégation de Saint-Maur, comme fille de celle de Saint-Vanne, originaire de Verdun et créée trois décennies plus tôt. Saint-Vanne se rattachait au Saint Empire romain germanique ; Saint-Maur était totalement française.
Dès septembre suivant, le monastère parisien des Blancs-Manteaux introduit la réforme mauriste en son sein. Sophie Hasquenoph souligne une différence de taille avec les principes monastiques précédents : les moines font désormais profession de stabilité pour la congrégation et non plus pour un monastère. Ainsi, via les transferts, on pourra utiliser au mieux les compétences de chacun, ce qui permettra accessoirement de lutter contre la commende.
Le 14 février 1631, la congrégation de Saint-Maur s'installa à Saint-Germain-des-Prés qui allait devenir l'abbaye-mère de la congrégation. Mais un problème surgit aussitôt : le monastère s'était déjà rallié à une autre congrégation, moins puissante et ne rassemblant que peu de monastères : la congrégation de Chezal-Benoît.
Née au début du XVIe siècle, son but était - déjà - de restaurer l’observance bénédictine primitive pour en finir avec le relâchement et contrer le principe de la commende.
Les religieux de Chezal-Benoît «introduisirent des poursuites contre Saint-Maur, écrit François Ribadeau Dumas, actionnèrent le Parlement... et obtinrent l'expulsion de Saint-Maur du monastère !»;
Ainsi, le 12 septembre 1631, des conseillers du roi vinrent à l'abbaye, munis d'un arrêt. Des religieux étaient en prière, d'autres en assemblée. Le prieur, le père Claude Cotton, rappela aux intrus que le roi et le pape avaient approuvé la réforme de Saint-Maur. Qui avait donc le front de s'y opposer ? On accorda un délai, mais cinq mauristes durent partir.
François Ribadeau Dumas conte la suite de l'aventure : «Nouvelle plainte. On en référa au Grand Conseil qui avait ordonné expulsion. L'affaire fut alors portée au Conseil privé du roi, qui immédiatement envoya ses gardes à l'abbaye, pour empêcher que l'on fît violence aux moines. On cassa l'arrêt du Grand Conseil. Le roi scella ses lettres patentes extraordinaires.»
Les choses se simplifièrent rapidement car, dès mars 1636, les moines de la congrégation de Chezal-Benoît s'unirent à ceux de Saint-Maur. Ils purent néanmoins garder leurs privilèges et obtinrent que le nom de Chezal-Benoît fût attribué à une «province» mauriste.


Chaire à prêcher : deux cariatides soutiennent l'abat-son.

Un avis très négatif sur la chaire à prêcher.
En 1958, dans son Histoire de Saint-Germain des Prés, Abbaye royale, François Ribadeau Dumas se montre très critique envers la chaire de l'église.
Il écrit : «Une chaire massive, énorme, pesante, de marbre et de bronze, dessinée par Quatremère de Quincy dans un style opulent et néo-byzantin, à l'instar de la chaire de Saint-Clément à Rome, écrasée d'un baldaquin effrayant, fut taillée par Godde en 1828. Elle s'écroula plusieurs fois, mais fut, hélas, consolidée. On souhaite sa rapide disparition.»


Soubassement de la chaire à prêcher :
«Jésus prêchant sur la montagne»
«Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.» (Saint Luc, chap 12).

L'Annonciation
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin.

Le bas-côté nord et ses grands tableaux du XIXe siècle.
À droite, le monument commémoratif d'Hippolyte Flandrin (voir plus bas).
Voûtes, intrados et tombées d'ogives ont été peints par Alexandre Denuelle (1818-1879)


Vitrail à thème géométrique dans la nef.
Atelier Henri Gérente (?), XIXe siècle.

«La Mort de Saphira»
Toile de Sébastien Le Clerc (1676-1763).

«L'entrée du Christ à Jérusalem»
Toile de Laurent de la Hyre, XVIIe siècle.

«Saint Philippe baptisant l'eunuque de la reine de Candace»
Toile de Nicolas Bertin, 1718.

La nef et son élévation nord.
Le mur orné des grands tableaux remonte au XIe siècle. Derrière se trouvait le cloître de l'abbaye.

«La résurrection de Lazare», 1677.
Toile de François Verdier (1651-1730).

Monument en mémoire d'Hippolyte Flandrin
dans le bas-côté nord.

Le baptistère dans le bas-côté nord.
Les deux chapiteaux du XIe siècle ne sont pas peints.
LE TRANSEPT ET SES CHAPELLES

L'autel de messe est installé à la croisée du transept sur un rehaussement de cinq marches.
En 1644, le grand autel fut déplacé entre les deux piliers soutenant la croisée du côté ouest,
c'est-à-dire juste derrière l'emplacement actuel.
De sorte que l'application des directives du Concile Vatican II n'a pas dû changer beaucoup les habitudes.

BRAS NORD DU TRANSEPT
Mausolée de Jean II Casimir et chapelle Saint-François-Xavier.

Jean II Casimir (1609-1672), roi de Pologne en 1648,
a été abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés en 1669.

BRAS SUD DU TRANSEPT
Chapelle Sainte-Marguerite d'Antioche.

La statue (donnée plus bas) est l'œuvre
du frère Jacques Bourlet (1663-1740), religieux de l'abbaye.

Tombeau des Castellan.
Olivier, le père, était soldat de Louis XIII et mourut au combat pendant la guerre de Catalogne en 1644. Son fils Louis fut envoyé en renfort en Crète avec son régiment par Louis XIV. Il mourut dans une charge contre les Ottomans en 1669.
Charles, un autre fils d'Olivier, abbé de Saint Aper et Silva, fit placer les cœurs de son père et de son frère dans ce mausolée où il repose lui-même, tout comme son cousin François.


Mausolée de Jean II Casimir, roi de Pologne, détail.
Le souverain offre à Dieu son sceptre et sa couronne.
Œuvre de Gaspard Marsy (1624-1681) et de son frère Balthazar Marsy (1628-1674).

«La Bataille de Berestechko» dans le mausolée de Jean II Casimir.
Bas-relief en bronze du Frère Jean-Thibaud, XVIIe siècle.
Cette bataille est une victoire du roi sur les Tatars et les Cosaques en 1651.

Bordure d'un vitrail du 1er niveau dans le transept.

Bordure des verrières du transept.
Les fleurs de lys des coins ont
échappé aux révolutionnaires !

La voûte de la croisée est ornée des quatre archanges.

Les vitraux du transept. À partir du XVIIe siècle, les prélats ont cherché à disposer de plus de lumière dans les églises. La conception des vitraux a donc changé. Bien souvent, ils restaient en verre blanc. Seule la bordure recevait des dessins colorés à thème religieux ou floral.
Dans le transept, le visiteur curieux pourra voir de près la bordure des grandes verrières qui n'est rien moins qu'une très belle galerie de fleurs.


BRAS SUD DU TRANSEPT
Il est baigné dans une intense lumière.
À gauche, la chapelle Sainte-Marguerite.
Au centre, le monument aux Castellan.

BRAS SUD DU TRANSEPT
Tombeau d'Olivier et de Louis Castellan
par François Girardon (1628-1715) .
Il est orné des allégories de la Piété et de la Fidélité.
Une partie de l'œuvre a disparu.

Bordure des verrières du transept.

Bras nord du transept.
Autel Saint-François-Xavier et
peintures murales du XIXe siècle de Sébastien Cornu.

La tradition présente toujours sainte Marguerite d'Antioche terrassant le dragon.
Sous les pieds de la sainte, on voit la gueule de la bête et l'une de ses pattes armée de griffes.

«Descente de Jésus aux Limbes», 1870.
Sébastien-Melchior Cornu (1804-1870).


Sainte-Marguerite d'Antioche (1730).
Œuvre de frère Jacques Bourlet (1663-1740).
La sainte tient la croix et terrasse le dragon.


Statue de la Fidélité
Tombeau des Castellan
XVIIe siècle.

Transfiguration et Ascension du Christ.
Peintures murales de Sébastien Cornu dans le bras nord du transept.
Bandeau aux signes du Zodiaque réalisé par Alexandre Denuelle.

Les opinions négatives sur l'œuvre peinte.
L'image ci-dessus donne une idée concrète du travail qu'Hippolyte Flandrin, Alexandre Denuelle et, plus tard, Sébastien Cornu réalisèrent dans la nef, les bas-côtés, le transept et le chœur de l'église dans les années 1840-1860. Les élévations, les piliers, les écoinçons, les intrados, les retombées d'ogives, les voûtes, tout est recouvert de scènes peintes et de décorations en tout genre. L'aspect roman a complètement disparu. Aux XIXe et XXe siècles, bien des amoureux de l'art médiéval ont pesté contre cette disparition.
Ainsi François Ribadeau Dumas, en 1958, ne recule pas devant les mots acerbes dans son Histoire de Saint-Germain des Prés, Abbaye royale. On lit :
«Vint ensuite le peintre Hippolyte Flandrin, qui peignit de 1842 à 1861 toute l'église de bariolages de style roman ou pseudo-mérovingien (!), tourna, comme autour d'un mirliton, des rubans peints autour des colonnes, se livra à mille fantaisies, mille copies ou similis, et brossa de larges fresques panoramiques au-dessus des arcades, tout au long de la nef, "dans le style chrétien", à la manière de Puvis de Chavannes et des peintres du XIXe !
Le décorateur Denuelle bariolait, teintait, décorait (...) Raies rouges et vertes sur fond crème, étoiles d'or, piliers verts ! Zigzags de toutes couleurs... Une réelle aberration de l'esprit et du goût. L'ensemble paraît aujourd'hui monstrueux (...).»

En note, l'auteur ajoute : «On ne compte plus les artistes, les écrivains, les hommes de goût, les érudits et personnalités qui depuis cent ans réclament la suppression des peintures dont on a accablé l'église Saint-Germain-des-Prés (...)»
Il donne en exemple l'opinion de Joris-Karl Huysmans, en 1898, dans son roman à succès La Cathédrale [qui contient une longue description de la cathédrale de Chartres] : «J'aime à me figurer que jamais le sanctuaire de Chartres ne fut [sic] travesti par des bariolages, comme ceux que nous devons subir à Saint-Germain-des-Prés... Car ce système de tatouage rétrécit l'espace, abaisse les voûtes, appesantit les colonnes ; il supprime pour tout dire, l'âme mystérieuse des nefs, tue la sombre majesté des allées, avec ses vulgaires dessins de frettes, de grecques, de losanges, de croix, semés sur les piliers et sur les murailles, englués de jaune de cassonade, de vert de chicorée, de lie de vin, de gris de lave, de rouge de brique, de toute une série de nuances fades et sales ; sans compter l'horreur des voûtes constellées d'étoiles qui paraissent découpées dans du papier d'or et collées sur un fond de bleu perruquier, de bleu à laver le linge !»



Tympan de la grande verrière du bras nord du transept, XVIIe siècle.
Au centre, le triangle de Jéhovah.

Saint François-Xavier
par Guillaume Coustou.
Cette statue vient de la maison professe des Jésuites.

Statue de la Piété dans le tombeau des Castellan, détail.

Bras nord du transept avec vue vers le baptistère.
La peinture de l'Invention de la Vraie Croix qui orne ce bras
du transept est la plus grande de l'église.

Dans le bras sud du transept, la chapelle Saint-Maur,
construite par les mauristes, date de 1644.

La coupolette de la chapelle Saint-Maur et sa peinture de
l'Apothéose de saint Maur par Jean Restout (1692-1768).

La chapelle Saint-Maur.
C'est un endroit négligé par les visiteurs. Le beau tableau de La Vierge au pied de la croix attire tant le regard qu'on en oublie de lever la tête. Pourtant, juste au-dessus, s'offre une coupolette sur pendentifs ornés d'angelots sur fond bleu. La petitesse du lieu accroît la beauté de la décoration. Bien peu de visiteurs sortent de l'église en ayant admiré l'Apothéose de saint Maur par Jean Restout cachée dans l'élévation (peinture donnée plus bas).


«L'Invention de la Vraie Croix»
Peinture murale de Sébastien Cornu (1804-1870) dans le bras nord du transept.
Devant l'impératrice Hélène, une jeune fille morte ressuscite au contact de la croix : c'est la preuve qu'il s'agit bien de la Vraie Croix.

«La Vierge au pied de la croix soutenue par un ange»
Attendite et videte si est dolor sicut dolor meus
(Regardez et voyez s’il est une douleur semblable à ma douleur)
(Lamentations de Jérémie)

L'Apothéose de saint Maur.
par Jean Restout, 1756.
Coupolette de la chapelle Saint-Maur dans le bras sud du transept.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS

Le chœur et l'abside de l'église Saint-Germain-des-Prés.
Au premier plan : LE CHŒUR LITURGIQUE
Les vitraux sont des créations de l'atelier Henri Gérente en 1846-1848 sur des cartons d'Hippolyte Flandrin.

Chœur et abside.
La construction du chœur et de son abside remonte au milieu du XIIe siècle. Ils portent tous deux la marque du gothique primitif et rappellent le chœur de la cathédrale de Sens.
La brochure Saint-Germain-des-Prés au fil du temps sépare le chœur en deux. La première travée constitue le chœur liturgique, ce qu'Yvan Christ dans le Dictionnaire des églises de France nomme l'avant-chœur. C'est là que sont célébrés les offices depuis le réaménagement de 2012. Les autres travées et l'abside constituent le chœur gothique appelé aussi chapelle des Saints-Apôtres.
Dans les deux chœurs, l'élévation est à trois niveaux, mais seul le chœur liturgique a gardé sa disposition gothique d'origine. Cette travée soutenait les deux tours du chœur (dont les parties hautes ont été démolies en 1822). C'est pourquoi «l'architecte du XIIe siècle, écrit Maurice Dumoulin en 1936 dans Les églises de France, Paris et la Seine, a doublé la paroi des tours d'un contre-mur et l'a décoré d'une arcature semblable aux baies des tribunes des travées suivantes dont nous connaissons ainsi la disposition primitive.»
De la sorte, l'élévation du chœur primitif présentait au deuxième niveau (photo ci-dessous) une suite de fenêtres géminées en tiers-point, chaque fenêtre étant à son tour partagée en deux arcs brisés. La surface des écoinçons ainsi créés a été mise à profit par Alexandre Denuelle tandis qu'Hippolyte Flandrin a enrichi les niches par des représentations des Vertus théologales et cardinales. Ne pouvant être vues que de biais et souvent dans la pénombre, la qualité de ces peintures ne peut pas vraiment être appréciée.
Le troisième niveau présente une arcade aveugle en cintre brisé (voir photo) ornée elle aussi de peintures de Flandrin.
En 1644-1646, les mauristes transforment le chœur gothique : les tribunes deviennent triforium et le deuxième niveau perd en hauteur ce qu'il rétrocède au troisième. En conséquence, les baies s'agrandissent. Il s'agit sans doute, pour les nouveaux occupants des lieux, d'augmenter la surface vitrée pour gagner en luminosité.
Au deuxième niveau, les mauristes remplacent les arcs brisés des petites baies par des linteaux, selon l'exemple donné par l'église Saint-Pierre de Montmartre.
Un lien avec le passé subsiste néanmoins. Selon Maurice Dumoulin, les colonnettes en marbre qui soutiennent les linteaux des mauristes doivent provenir de la basilique du VIe siècle. Et les bâtisseurs du XIIe siècle les auraient réemployés.
Dans la partie tournante du chœur, comme il arrive souvent, les arcs ne reçoivent qu'une seule baie. Il y en a deux dans les arcs latéraux.
Les très classiques vitraux de l'abside ont été réalisés, au XIXe siècle, par l'atelier Henri Gérente sur des dessins d'Hippolyte Flandrin. Le vitrail de la baie axiale (n°100) porte une signature complète.


Chœur liturgique : le 2e niveau et ses fenêtres gémellées gothique du XIIe siècle.
Dans les niches, Hippolyte Flandrin a peint des figures symbolisant les Vertus théologales et cardinales.
Ici, les Vertus théologales (côté nord) : Foi, Espérance, Charité et Patience.
Chœur liturgique : le 3e niveau et son arcade gothique. Ici le côté nord. ---»»»
Le roi mérovingien Childebert et sa femme Ultrogothe présentent l'église à saint Germain.
À gauche, Doctrovée, premier abbé.

Élévation sud du chœur liturgique (première travée du chœur).
Les peintures murales de cette travée sont la plupart du temps plongées dans la pénombre.
En bas, la Montée au Calvaire par Hippolyte Flandrin.

Les côtés nord et sud de la première travée du chœur
soutenaient autrefois les deux clochers du chœur.

La Montée au Calvaire
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin (années 1840).

L'Entrée du Christ à Jérusalem.
Peinture murale d'Hippolyte Flandrin (années 1840).

Les Vertus théologales Charité et Patience
dans les niches du côté nord du chœur liturgique.
LE CHŒUR GOTHIQUE DU XIIe SIÈCLE ET SES TRANSFORMATIONS PAR LES MAURISTES AU XVIIe

La voûte étoilée et les décorations du XIXe siècle offrent un spectacle rare dans un chœur du XIIe siècle !
Aux deux derniers siècles, les amoureux des vieilles pierres et les défenseurs de l'art gothique ont détesté ce décor.
LES VITRAUX DE L'ABSIDE DE l'ATELIER HENRI GÉRENTE (1846-1848) DANS L'ABSIDE

Baie 101 : La Vierge à l'Enfant.

Baie 100 : Le Christ.

Baie 102 : Saint Jean-Baptiste.

L'élévation du chœur est à trois niveaux.
Un faisceau de colonnettes, bien mis en évidence, par la peinture,
monte depuis le chapiteau jusqu'à la retombée des voûtes.
Au XVIIe siècle, les mauristes ont réduit la hauteur
du deuxième étage au profit de l'étage supérieur.

Hippolyte Flandrin a orné les écoinçons des grandes arcades latérales du chœur avec les douze apôtres.
Ils sont emmenés en cortège vers le Christ (l'agneau pascal), guidés par Pierre au nord et Paul au sud.
Le riche décor de rinceaux a été réalisé par Alexandre Denuelle.

Dans l'axe, l'écoincon est orné de l'Agneau pascal et entouré du Tétramorphe.
Décoration d'Alexandre Denuelle (années 1840).

Baie 100, détail : soubassement et signatures.
On lit : V.BALTAR DIR H.FLRANDRIN INV. H.GERENTE. FECIT
(V. Baltard direxit H. Flandrin invenit H.Gerente fecit)

La Vierge et l'Enfant, détail.
Atelier Henri Gérente (1846-1848).

Les tombes des rois mérovingiens.
En 1656, les mauristes installèrent dans le chœur des stalles de bois sculpté avec leurs dossiers «admirablement taillés et finement détaillés, comme l'usage s'en répandait en France», écrit François Ribadeau Dumas dans son Histoire de Saint-Germain-des-Prés.
Il fallut ouvrir le sol. Et c'est là qu'on découvrit les tombeaux des rois mérovingiens.
«Les corps apparurent en entier, avec leurs vêtements, leurs ornements, poursuit Ribadeau Dumas. Les tombes les plus importantes étaient celles du roi Chilpéric II, de Bilihilde, son épouse, et du jeune Dagobert leur fils, tué dans la forêt de Livry. On les trouva dans le chœur, à deux ou trois pieds du clocher septentrional. Les ossements étaient déplacés, il était visible que ces tombes avaient été déjà visitées, et que sans doute on en avait dérobé les ornements et les bijoux. Childebert Ier, Clotaire II et les ossements de leurs épouses, furent ainsi retrouvés. On les plaça auprès des tombeaux du roi Chilpéric Ier et de Frédégonde, son épouse.»
Un nouvel autel central fut installé dans l'actuel avant-chœur, entre les deux piliers ouest.
Quelques mois plus tard, un nouveau monument contenant les restes de Childebert et d'Ultrogothe prit place au milieu du chœur. «Childebert s'y voyait, en bas-relief, tenant son sceptre d'une main et son église dans l'autre», ajoute Ribadeau Dumas.
Inutile de préciser que, dans les années 1790, les révolutionnaires se chargèrent de faire un sort à tous ces vestiges.


Décoration d'Alexandre Denuelle dans un intrados.

Dans le chœur gothqiue, les écoinçons des fenêtres sont ornés d'anges.

Clé de voûte de l'abside et sa trés riche décoration.

Baie 103 : Saint Denis.
Atelier Henri Gérente
(1846-1848).

LE DÉAMBULATOIRE ET SES CHAPELLES RAYONNANTES

Déambulatoire nord et chapelles rayonnantes.
Style gothique primitif, milieu du XIIe siècle.
Le déambulatoire et les chapelles ont été préservés de toute ornementation picturale au XIXe siècle. .

Le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes.
Le déambulatoire s'ouvre sur quatre chapelles carrées et cinq chapelles circulaires.
Cette partie de l'église a échappé, dans les années 1840-1860, au pinceau d'Alexandre Denuelle. C'est là que le visiteur pourra ressentir une véritable atmosphère de gothique primitif, un peu mêlé de roman tardif.
Déambulatoire et chapelles, le tout voûté d'ogives, remontent au milieu du XIIe siècle quand les moines décidèrent de remplacer l'ancien chœur par un nouveau, plus vaste.
L'empreinte picturale du XIXe siècle oblige à partager le déambulatoire en deux : la couronne interne (les piles qui ferment le chœur gothique) et la couronne externe (les piles qui marquent l'entrée des chapelles). La première a été abondamment bariolée par Alexandre Denuelle ; la seconde est restée à peu près intacte.
Néanmoins, tout présente un intérêt. Dans la couronne interne, on pourra admirer les très beaux chapiteaux de style roman, couverts de dorure. Le thème animal s'y multiplie : on y trouve des lions, des sphinx, des colombes. Il y en a d'autant plus que la taille des chapiteaux est imposante. Les bases des colonnes méritent aussi un coup d'œil. Elles sont sculptées en forme de griffes.
Mises à part les voûtes ogivales, le gothique primitif ne se goûte vraiment que dans les chapelles, leur soubassement et les chapiteaux des colonnes.
L'ordonnancement des arcatures aveugles dans les soubassements illustre le style gothique primitif du milieu du XIIe siècle. Malheureusemnt, sans lumière électrique, ces soubassements se voient mal car la pénombre règne. Facteur aggravant : la paroisse semble mettre un malin plaisir à obstruer les arcatures par de la végétation !
À l'entrée des chapelles, le gothique primitif offre aussi quelques beaux chapiteaux, facilement observables. Ils sont à thèmes floral et animal, parfois enrichis de masques. Plusieurs exemples en sont donnés dans cette page.
Comme dans la couronne interne, les bases des colonnes ne doivent pas être oubliées. On en trouve d'intéressantes, à thème végétal, à l'entrée des chapelles sud. Le puissant contre-jour provoqué par le verre blanc des larges baies ne sera pas un obstacle pour le visiteur passionné.
Pour le mobilier, deux tombeaux méritent attention. Celui de Guillaume Douglas († 1611) et celui de son petit-fils Jacques Douglas († 1645).
Enfin, seule la chapelle Sainte-Geneviève offre des verrières anciennes. Des morceaux de vitraux du XIIIe siècle ont été remontés dans les deux baies, avec quelques saynètes de la vie de la Vierge (voir plus bas).


Baie 11 : saint Joseph portant l'Enfant.
Atelier Henri Gérente (1846-1848) (?)

Tombeau de Jacques Douglas, détail.
La taille des doigts rappelle le style maniériste.

La chapelle Saint-Joseph dans le déambulatoire nord
et le mausolée de Guillaume Douglas († 1611).

Tombeau de Jacques Douglas († 1645)
par Michel I et II Bourdin.
XVIIe siècle.
Chapelle Sainte-Thérèse.
Jacques Douglas est le petit-fils de Guillaume Douglas.

«««--- Guillaume Douglas était un prince d'Écosse
converti au catholicisme. Il se réfugia en France
pour fuir les persécutions contre les catholiques
menées par la reine Élisabeth Ière.

Mausolée de Guillaume Douglas, détail.

Les chapelles rayonnantes nord vues depuis le chœur gothique.
CHAPITEAUX ROMANS DANS LE DÉAMBULATOIRE






«La Mission de saint Pierre»
par Étienne Jeurat, 1763.

Voûte d'ogives de style gothique primitif.
Chapelle rayonnante nord Saint-Germain.

Une voûte de style gothique primitif.
La voûte de la chapelle rayonnante Saint-Germain est caractéristique du début de l'âge gothique. L'architecture y est solide, presque austère ; sa géométrie, simple. Il faut penser à rationaliser les forces qui s'exercent : la voûte est assez basse, les murs sont encore épais. On y sent une volonté déjà tournée vers l'élan vertical, mais il faut rester prudent...
Avec leurs deux épais rouleaux, les nervures de retombée n'ont pas encore la finesse du style qui s'imposera au XIIIe siècle. Quant aux formerets, c'est un doubleau grossier qui les rattache à l'arcade en très léger tiers-point qui s'élève au-dessous.
À l'intérieur des chapelles, les chapiteaux qui reçoivent les retombées d'ogives sont à thème floral. D'une ampleur limitée, ils n'ont pas la profusion artistique des chapiteaux disposés le long du déambulatoire, ceux qui attirent l'œil quand on déambule... Quoi qu'il en soit, pour les uns et pour les autres, ce sont toujours les canons du style roman qui guident les artistes de l'époque.

CHAPITEAUX ROMANS DANS LE DÉAMBULATOIRE

Chapiteaux romans à feuillages et masques dans le déambulatoire.
Milieu du XIIe siècle.

La bibliothèque de l'abbaye vandalisée à la Révolution.
Dans son Histoire du vandalisme (Robert Laffont, 1994), l'historien Louis Réau relate cet épisode navrant :
«(...) le 20 août 1794 (fructidor an II), un incendie éclatait détruisant presque totalement la bibliothèque des moines et le cabinet d'antiquités formé par Montfaucon. Seuls, quelques précieux manuscrits échappèrent au désastre : mais ce fut pour prendre le chemin de Petersbourg. Un secrétaire de l'ambassade de Russie, Pierre Dubrovski, qui se trouvait sur les lieux, acheta pour quelques sols des liasses de manuscrits maculés de boue. Dans ce fonds, qui est un des trésors les plus précieux de la bibliothèque de Leningrad, se trouve notamment un exemplaire des Grandes Chroniques de Saint-Denis, enluminé par Simon Marmion et offert au duc de Bourgogne Philippe le Bon par Guillaume Fillastre, abbé de Saint-Bertin à Saint-Omer. Signalons en outre un manuscrit des Épistres de saint Jérôme en vers français que la reine Anne de Bretagne fit illustrer en 1509 par les meilleurs artistes de son temps, Jean Perréal et Jean Bourdichon pour l'offrir à son second mari Louis XII.»


Chapiteaux romans à feuillages et animaux dans le déambulatoire.
Milieu du XIIe siècle.


Déambulatoire axial.
Le décor peint appliqué par Alexandre Denuelle
au XIXe sièce crée une différence notable
entre les piliers du déambulatoire.
D'où la distinction entre couronne
interne (peinte) et couronne externe.

BASES DE COLONNES DANS LE DÉAMBULATOIRE (GOTHIQUE PRIMITIF)
MILIEU DU XIIe SIÈCLE

Le déambulatoire sud et ses chapelles rayonnantes.
Au premier plan, la chapelle Sainte-Thérèse.

Saint Maur portant sur son bras le petit
Placide qu'il vient de sauver de la noyade
(?)
(Comme si l'artiste avait voulu imiter
saint Antoine portant l'Enfant.)

Chapelle rayonnante Sainte-Geneviève.
L'arcature aveugle du soubassement donne une idée de l'architecture d'origine.
Les baies 2 et 4 reçoivent des fragments de vitraux du XIIIe siècle.

La Vierge au sourire, détail.
Le visage de la Vierge est
la seule partie sculptée.

Voir la sculpture entière plus bas.

Cette statue, constituée de trois fragments, a été découverte lors de fouilles rue de Furstemberg, en 1999.
La sculpture a dû subir un accident lors de la taille. Laisséee inachevée, elle a été réemployée dans les fondations d'un mur.
La visage de la Vierge et l'ébauche de sa couronne témoignent de la qualité des sculpteurs parisiens au milieu du XIIIe siècle.
Depuis le réaménagement des années 2010, cette statue est située à la croisée du transept.


Baie 4, détail.

Sainte Geneviève (XIXe siècle ?)
Baie 2 : saynètes du 2e quart du XIIIe siècle. ---»»»
En haut : l'Annonciation ; au-dessous, la Mission de Pierre (?)
En bas, Marie, Anne et Joachim.

Baie 4, détail : scène difficilement interprétable.

Baie 4 : vitrail à sujets imprécis.
2e quart du XIIIe siècle.

Les vitraux du XIIIe siècle.
Selon le Corpus Vitrearum, du temps de l'abbaye, le réfectoire et la chapelle de la Vierge possédaient des vitraux du XIIIe siècle, déposés pendant la Révolution. Ces deux bâtiments furent détruits en 1802 afin de percer la rue de l'Abbaye..
À l'heure actuelle, ces vitraux sont dispersés : Angleterre, Canada, États-Unis. À Saint-Germain-des-Prés, il en subsiste deux (donnés dans cette page), visibles dans les baies 2 et 4. À part quelques exceptions, leurs saynètes sont difficilement interprétables.
De son côté, dans son Histoire du vandalisme, Louis Réau relate le fait suivant :
«Les vitraux furent transportés sous le Directoire au musée des Monuments français. Lenoir [directeur du musée] note dans son Journal à la date du 5 frimaire an V : "Reçu du curé de Saint-Germain-des-Prés huit panneaux de vitraux du XIIIe siècle."»


Arcatures en style gothique primitif du milieu du XIIe siècle dans la chapelle Sainte-Geneviève.
Depuis le réaménagement des années 2010, la statue de la Vierge au sourire se trouve à la croisée du transept.

Chapelle rayonnante Sainte-Anne
Statue de l'Éducation de la Vierge (XIXe siècle ?)

Saint Joachim porte le panier d'offrandes
qui sera refusé par le grand prêtre au Temple.
Statue du XIXe siècle (?)

Il est rare de voir une statue de saint Joachim
dans une église en France.

Baie 2, détail : Marie, Anne et Joachim
2e quart du XIIIe siècle.

Baie 2, détail : «Tu es Pierre» (?)
Pierre (avec une auréole rouge) est-il envoyé en Mission par Jésus (coiffé d'une auréole verte) ?
Derrière Pierre, est-ce Marie (également avec une auréole verte) ?


Baie 2, détail : Marie (?)


Baie 2, détail : l'Annonciation.

La Vierge à l'Enfant, détail
Statue de Charles Dupaty, XIXe siècle.

Conformément au retour à l'idéal antique du XIXe siècle,
l'artiste a donné à la Vierge une tête de déesse grecque.

CHAPELLE DE LA VIERGE.
Elle a été construite par l'architecte Godde en 1819.
À droite et à gauche, deux fresques : «L'Adoration des Mages» et «La Présentation de l'Enfant Jésus au Temple».

«L'Adoration des Mages»
François-Joseph Heim (1787-1865)
Chapelle de la Vierge.

«La Présentation de l'Enfant Jésus au Temple»
François-Joseph Heim (1787-1865)
Chapelle de la Vierge.

Saint Victor est debout sur la tourelle centrale, entouré de deux anges musiciens.
La présence de ce saint, soldat romain mort martyr, reste mystérieuse.

L'orgue de tribune est de style néo-classique.
C'est un orgue moderne exécuté par les facteurs Haerpfer-Erman (1973) et Fossaert (2004-2005).

La nef de l'église Saint-Germain-des-Prés vue depuis la croisée du transept.

Documentation : «Saint-Germain-des-Prés au fil du temps», édité par la Fondation Notre-Dame
+ «Saint-Germain-des-Prés» d'Alain Erlande-Brandenburg et Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg, éditions Gisserot.
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Librairie Letouzey et Ané, 1936
+ «Corpus Vitrearum, Les vitraux de Paris, de la Région Parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais», 1978
+ «Histoire de Saint Germain des Prés, Abbaye royale» de François Ribadeau Dumas, éditions Pierre Amiot 1958
. + «Ile-de-France romane» d'Anne Prache, édition Zodiaque
+ «Histoire du vandalisme» de Louis Réau, éditions Robert Laffont, 1994
+ «Paris d'église en église», Massin éditeur
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