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Le quartier parisien de Belleville correspond
à l'ancien village de Belleville-sur-Sablon, peuplé de maraîchers
et de vignerons. Tout proche de Paris,
ce village était aussi, au XVIIIe siècle, un lieu de villégiature
des riches bourgeois de la capitale.
L'édifice actuel a été édifié à l'emplacement d'une ancienne église
bâtie en 1548 et refaite en 1635.
Sa construction, de 1854 à 1859, a été confiée à l'architecte Jean-Baptiste
Lassus (1807-1857). Après sa mort, la tâche a été reprise par
son élève Casimir Truchy. L'inauguration eut lieu le 11 août 1859.
Avec Eugène Viollet-le-Duc, Jean-Baptiste Lassus est à l'origine
du renouveau néogothique au milieu du XIXe siècle.
L'église Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville suit les principes traditionnels
du néogothique du XIXe : large nef
à arcades brisées, piliers multilobés ornés de chapiteaux à crochets,
voûte sur croisée d'ogives, grandes verrières au troisième niveau
de l'élévation, déambulatoire
et chapelle axiale
de la Vierge décorée à la mode de l'époque.
L'église est intéressante pour ses vitraux.
Réalisés par les maîtres verriers Louis-Charles Steinheil et Auguste
de Martel, ils illustrent des épisodes de l'Ancien Testament, de
la vie de saint Jean-Baptiste et de la vie de la Vierge. Leur style
est un pastiche de celui des maîtres du XIIIe siècle.
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La nef de l'église Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville.
Longueur hors-œuvre : 68 mètres
Largeur : 25 mètres. |
| ASPECT EXTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-BELLEVILLE |
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L'imposante façade de l'église donne sur la rue de Belleville.

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La façade comporte trois portails, une rose et deux
tours-clochers surmontées de flèches symétriques.
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Saint Jean-Baptiste
Statue sur le trumeau du portail central.
XIXe siècle.
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Portail ouest du transept.
François Morlot, archevêque de Paris, et la Religion présentent
l’église de Belleville à saint Jean-Baptiste. |

Le Père céleste entouré d'anges et de scènes de la vie de saint
Jean-Baptiste
Aimé-Napoléon Perrey (1813-1883)
Tympan du portail central de la façade. |
| ASPECT INTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-BELLEVILLE |
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Elévation droite dans la nef de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville.
C'est du style néogothique le plus traditionnel. |

Plan de l'église Sainte-Jean-Baptiste-de-Belleville. |
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Architecture
intérieure.
Dans la description de l'intérieur de l'édifice qu'il propose
en 1936 dans Les églises de France, Paris et la Seine,
l'historien Maurice Dumolin écrit : «L'église est un pastiche
du style du XIIIe siècle, traité avec soin et avec goût.»
On pourrait ajouter qu'elle dégage une atmosphère de piété
fort commune de par ses éléments architecturaux néogothiques
très ordinaires. On y cherchera en vain quelques éléments
originaux.
Une fois passé le vestibule (ou l'avant-nef), l'édifice présente
une nef à quatre travées, flanquée de bas-côtés simples et
de chapelles peu profondes. Puis suit un transept
peu saillant, prolongé d'un chœur
formé d'une travée droite et d'une abside pentagonale. Entourant
le chœur,
un déambulatoire
ouvre sur cinq chapelles rayonnantes.
La chapelle
rayonnante axiale, dédiée à la Vierge, est encadrée par
les sacristies.

Dans la nef, les piles multilobées sont surmontées de chapiteaux
à crochets supportant des arcades brisées.
Sur chacune de ces piles, une colonne adossée s'élève face
à la nef et monte jusqu'à la voûte. D'abord isolée jusqu'aux
arcades, cette colonne s'associe ensuite à deux colonnettes
qui s'appuient sur des culots ornés de têtes humaines, soulignant
ainsi l'aspect néogothique de la structure. Photo ci-contre.
Un ultime chapiteau assure la jonction entre ce faisceau montant
et la retombée des voûtes.
Entre l'arcature du premier niveau et les fenêtres hautes,
l'architecte a placé une rangée d'oculi quadrilobés. Aucune
corniche ne vient interrompre l'élancement de l'élévation
à mi-hauteur.
Les têtes humaines qui ornent les culots, reproduisent les
traits de l'architecte Jean-Baptiste Lassus (1807-1857).
du curé Langlois et des conseillers municipaux de Belleville
à l'époque de la construction.
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Les vitraux.
Pastiches du XIIIe siècle, ce sont des créations des verriers
Louis-Charles Steinheil et Auguste de Martel.
On y voit des saints et des scènes de l'Ancien Testament rangées
dans l'ordre chronologique (Création, Arche
de Noé, Tour de Babel, Job, Tobie, Samson, Josué, David,
Salomon, Judith, etc.). Notons la représentation, dans le
style du XIIIe, d'un éléphant
de guerre.
Les vitraux d'abside illustrent des scènes
de la Vie de Jésus, ceux de la chapelle
de la Vierge, des scènes
de la Vie de Marie.
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Structure des chapiteaux et des colonnettes
sur les piles de la nef. |

Bas-côté droit et chapelles latérales.
Le bas-côté est vu ici en direction de la façade. |
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Une chapelle latérale. |

Combat à dos d'éléphant ou La bataille
de Beth-Zacharie
Détail d'un vitrail des fenêtres hautes de la nef.
XIXe siècle, pastiche du XIIIe siècle. |
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Le
combat à dos d'éléphant.
Le vitrail ci-dessus représente un épisode légendaire
de la bataille de Beth-Zacharie en 162 avant J.-C.
La bataille se déroule pendant la révolte des
Maccabées, quand le peuple se soulève contre
le roi séleucide Antiochos V Eupator.
Conté dans l'Ancien Testament au Premier Livre
des Maccabées, cet affrontement est un très
rare épisode de la Bible où interviennent des
éléphants de guerre.
Au cours de la bataille, Éléazar Avaran, frère
de Judas Maccabée, repère un éléphant particulièrement
imposant et richement caparaçonné.
Persuadé que le roi Antiochos se trouve sur l'animal,
il décide d'attaquer le pachyderme en se sacrifiant.
Se glissant sous l'éléphant, il lui perce le ventre
avec sa lance. L'animal s'effondre sur lui et
le tue. Le cartonnier a représenté, en un seul
dessin, l'attaque et l'écrasement.
Le roi Antiochos ne se trouvait pas sur l'éléphant.
La Bible relate ce geste comme un pur acte d'héroïsme.
Les Maccabées ont finalement perdu la bataille.
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L'éléphant de la Trinité
CHAPITEAU DE L'ABBAYE
AUX DAMES À CAEN,
détail.
XIIe siècle. |
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Les saints Marc, Barthélemy, Simon et Thomas
Vitraux dans les fenêtres hautes de la nef.
L'intervalle entre les lancettes a été réduit.
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Culots de colonnettes. |

Moïse tenant les tables de la Loi
XIXe sièc;le, pastiche du XIIIe sièc;le. |
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La bataille de Beth-Zacharie et
Salomé apportant la tête de Jean-Baptiste.
Vitraux dans les fenêtres hautes de la nef.
L'intervalle entre les lancettes a été réduit. |
| LE TRANSEPT DE
L'ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-BELLEVILLE |
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La Vierge et saint Jean au pied de la Croix
Auteur inconnu.
Tableau dans le croisillon droit du transept.
«««--- Croisillon droit du
transept.
On y voit le tableau de la Vierge et de saint Jean au pied de
la Croix
et la fresque d'Auguste Lenoir illustrant le Mariage de la Vierge.
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Le Mariage de la Vierge
Auguste Lenoir (1809-1892)
L'ensemble des fresques de l'église a été restauré en 1984.
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Le martyre de saint Jean l'Évangéliste
XIXe siècle, pastiche du XIIIe siècle.
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La Vierge et saint Jean au pied de la Croix, détail.
Le visage de la Vierge, est d'une profonde sensibilité. |

Saint Jean l'Évangéliste, détail.
Vitrail du bras droit du transept. |

Jean-Baptiste prêchant dans le désert
Théodore Maillot (1826-1888)
L'ensemble des fresques de l'église a été restauré en 1984. |
| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE
SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-BELLEVILLE |
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Le chœur néogothique de Saint-Jean-Baptiste est entouré d'un déambulatoire.
Comme dans la nef, le parement du deuxième niveau est percé de quadrilobes.
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Le chœur est surmonté de hautes fenêtres.
Sur les côtés, les verrières reçoivent
des saints dans un décor floral.
Sur les trois pans de l'abside, elles illustrant des épisodes
de la Vie de Jésus. |

Le transept et la nef vus depuis le chœur. |

Culots de colonnettes dans le chœur. |
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Les verrières de l'abside illustrent la Vie de Jésus. |

Saint Denys. |
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Résurrection
Portement de croix et Donateur |
Ascension
Crucifixion |
Pentecôte
Déploration |
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| LES TROIS VITRAUX DE L'ABSIDE
ILLUSTRENT LA VIE DE JÉSUS |
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| LE DÉAMBULATOIRE
ET LES CHAPELLES RAYONNANTES |
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Chapelle rayonnante Saint-Denys dans le déambulatoire. |

Sainte Marie-Madeleine au pied de la Croix, détail. |
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Le déambulatoire néogothique de l'église. |

Sainte Marie-Madeleine au pied de la Croix
Auteur inconnu. |
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Chapelle axiale de la Vierge.
Sa décoration est typique de la seconde moitié du XIXe siècle. |
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| LES VITRAUX DE LA CHAPELLE
DE LA VIERGE ILLUSTRENT LA VIE DE MARIE |
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Rose de la façade, détail. |

L'orgue de tribune est un Cavaillé-Coll de 1863, plusieurs fois restauré
depuis. |

La nef vue depuis le chœur.
Sur la gauche, la chaire à prêcher, créée dans le style du XIIIe siècle,
est due au sculpteur Perrey.
Elle est ornée d'un ange et d'une chimère fantastique. |
Documentation : «Paris d'église en église»,
Massin éditeur
«Les églises de France, Paris et la Seine» Letouzey et Ané, 1936. |
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