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Page créée en nov. 2014
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L'église Saint-Louis-des-Invalides, appelée aussi cathédrale aux Armées, comprend deux corps de bâtiments distincts, mais liés : l'église des Soldats et l'église du Dôme. Après la cathédrale Notre-Dame et le Sacré-Cœur de Montmartre, l'église Saint-Louis est l'un des édifices les plus fréquentés de Paris. Le tombeau de Napoléon Ier n'y est bien sûr pas étranger, tout comme le musée de l'Armée logé dans les bâtiments qui ceinturent la cour d'honneur.
Construite à la fin du XVIIe siècle, l'église des Soldats possède une architecture de style classique le plus traditionnel, comme l'est celle de l'église Notre-Dame à Versailles, datée de la même époque.
En 1671, l'architecte et ingénieur du roi Libéral Bruant (1635-1697) dresse le plan général des Invalides à la demande de Louis XIV et assure la réalisation des bâtiments. Ceux-ci incluent une petite chapelle, totalement intégrée dans le bâti.
En 1676, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) remplace Libéral Bruant. C'est lui qui conçoit les plans de l'église Saint-Louis actuelle et en supervise la construction.
Au Grand Siècle, l'église des Soldats et l'église du Dôme constituaient un seul édifice cultuel : le Dôme abritait la nef ; l'église des Soldats abritait le chœur. Le maître-autel était commun.
Aujourd'hui la séparation est assurée par une grande verrière à travers laquelle on peut apercevoir le tombeau de Napoléon. Les visiteurs ne peuvent pas passer d'un espace à l'autre : l'entrée dans l'église des Soldats est libre ; la visite du Dôme est payante.
L'ensemble de ces imposants bâtiments du XVIIe siècle, entourés d'espaces verts, constitue l'un des quartiers les plus chics de Paris. On y trouve des ministères et de nombreux hôtels particuliers.

Vue d'ensemble de la nef de l'église Saint-Louis-des-Invalides
Vue d'ensemble de l'église des Soldats.
ASPECT EXTÉRIEUR DES INVALIDES

La cour d'honneur des Invalides est reconnue comme un chef d'œuvre architectural.
Elle a été conçue par Libéral Bruant (1635-1697), architecte du roi Louis XIV.
Sculptures sur les toits de la cour d'honneur des Invalides

L'histoire de la construction.
Tout part de la volonté de Louis XIV de pourvoir à la subsistance et à l'entretien de ses soldats vieillis ou estropiés. Ses ordonnances de janvier et mars 1670 officialisent la création d'une «maison de retraite» à Paris sur des terrains situés dans la plaine de Grenelle. (Les terrains seront achetés de 1671 à 1692.) Au total, plus de 100 hectares.
En 1671, l'architecte Libéral Bruant (1635-1697) fut chargé d'en dessiner les (vastes) plans. La première pierre fut posée en novembre de la même année et les soldats invalides occupèrent les lieux dès mars 1675. On éleva des bâtiments annexes en 1691, notamment pour le boucher et le pourvoyeur. D'autres suivirent au XVIIIe siècle.
Cependant, Louis XIV ne fut pas satisfait de la chapelle érigée par Bruant, qu'il jugeait insuffisante. D'après une image d'époque, sans dôme ni flèche, rien ne la distinguait au sein des bâtiments. Or le roi prévoyait d'y organiser des solennités et d'y assister lui-même. Il fallait faire plus grand.
C'est Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de Versailles, qui fut chargé en 1676 de ce nouvel édifice composé de deux bâtiments distincts, mais habilement reliés : l'église des Soldats et l'église du Dôme.
En 1924, l'historien Louis Hautecœur a montré que la source d'inspiration de Jules Hardouin-Mansart n'était autre que le projet de son grand-oncle, François Mansart, établi pour l'érection d'une chapelle funéraire des Bourbons à Saint-Denis, un projet jamais exécuté.
L'
église des Soldats, la plus utile et la plus urgente, fut bâtie de 1677 à 1679 ; l'église du Dôme, entre 1677 et 1706.
La Révolution transforma l'église du Dôme en temple de Mars, mais la détériora. L'érection des cénotaphes de Turenne, de Vauban, du roi Joseph et du roi Jérôme la dégrada encore en obligeant à fermer une partie des baies.
La construction du tombeau de Napoléon de 1843 à 1861 n'arrangea pas les choses, un tombeau «dont la majesté ne rachète pas le mal qu'il a fait à l'édifice, en en détruisant l'équilibre et en rompant les proportions», écrit Maurice Dumolin dans Les églises de France, Paris et la Seine en 1936.
Sources : 1) «Saint-Louis des Invalides», la Nuée Bleue ; 2) «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané 1936.


La façade de l'église des Soldats donne sur la Cour d'honneur.

La façade.
Elle comprend deux niveaux, riches chacun de huit colonnes ioniques groupées par deux. Le tout est surmonté d'un fronton triangulaire.
Au premier étage, on aperçoit la statue de Napoléon Ier en redingote, dénommée «Petit Caporal». C'est une œuvre de Charles-Émile Seurre (1798-1858).


La célèbre façade de l'entrée de l'Hôtel des Invalides,
sur la place des Invalides, face à la Seine.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE DES SOLDATS

La suite d'arcades en plein cintre est surmontée d'arcades en anse de panier.
Les pilastres sont ornés de plaques commémoratives dédiées à certains grands chefs militaires de l'armée française.
À l'entablement sont suspendus des drapeaux pris à l'ennemi.

Architecture intérieure de l'église des Soldats.
L'élévation est à trois niveaux. La nef, à sept travées, est bordée d'arcades en plein cintre qui la séparent des deux bas-côtés.
Au deuxième niveau de l'élévation, les larges tribunes, bordées d'un garde-corps, s'ouvrent sur la nef par une suite d'arcades en anse de panier.
Conformément au style classique, sur les piles de la nef sont plaqués des pilastres coiffés de chapiteaux corinthiens. Ornés de plaques commémoratives dédiées à certains grands chefs militaires de l'armée française, ces pilastres réunissent les deux premiers niveaux de l'élévation, tandis que leurs chapiteaux viennent buter sur un large entablement qui reçoit une série de hautes fenêtres en plein cintre.
Dans les bas-côtés, deux autels latéraux en légère saillie rompent la monotonie de la pierre.

Le chœur s'étale sur deux travées. Il est surmonté d'un arc triomphal qui donnait au Grand Siècle accès à l'église du Dôme, là où se trouve le tombeau de Napoléon.
Au-dessus de la nef, la voûte en berceau est scandée de fins arcs-doubleaux ornés de couronnes royales, de fleurs de lys et de rosaces.
La verrière est entièrement en verre blanc, d'où une excellente luminosité.
Ce très bel ensemble architectural qu'est l'église des Soldats offre une impression de grande cohérence artistique.
Notons que la façade qui donne sur la Cour d'honneur est séparée de l'église des Soldats par un vestibule qui est englobé dans la galerie de la cour, comme le montre le plan ci-dessous.


La réunion de l'église des Soldats et de l'église du Dôme constitue l'église Saint-Louis des Invalides.

Les Fonts baptismaux.

Chapelle des Morts.
Aux généraux morts au champ d'honneur

Le bas-côté gauche aboutit à la chapelle des Fonts.

Chemin de croix, station IV :
Jésus rencontre sa mère.

Borne commémorative de la seconde guerre mondiale.
Elle célèbre la Voie de la Liberté en 1944

Le Christ en croix, détail.

Les bornes des guerres mondiales.
Dans l'avant-nef et le bas-côté droit sont placées deux bornes de pierre.
La première consacre la Voie sacrée de la guerre 1914-1918 (photo donnée ci-dessous). On y lit l'inscription : En hommage à leur sacrifice est enclose dans cette borne une parcelle de terre sacrée des champs de bataille de 1914-1918.
La seconde borne consacre la Voie de la Liberté de 1944. L'inscription du socle rappelle qu'elle renferme des parcelles de terre des cimetières américains en France.


Chemin de croix, station VIII :
Jésus console les filles de Jérusalem.

Autel latéral gauche.
À la mémoire des militaires français morts en opération extérieure

Tableau dans une chapelle latérale.
Mort de saint Louis ? Copie ?

Plaque Inter arma caritas
dédiée aux infirmières de l'armée française
lors du premier conflit mondial.

Tableau moderne représentant saint Joseph.
Autel latéral gauche.

Plaque dédiée au maréchal Leclerc.

L'allée principale est fermée par une somptueuse double-porte grillagée.

La double-porte grillagée de l'allée principale, détail.

Cet autel latéral droit est dédié à un double souvenir :
1) celui des soldats d'Indochine dont les corps n'ont pas été retrouvés ;
2) au maréchal de France de Lattre de Tassigny et des soldats tombés en Indochine.

La présence de ce Christ au tombeau, dans le bas-côté droit, intrigue fort les visiteurs.
C'est une reproduction d'une œuvre de Hans Holbein le Jeune exposée au musée de Bâle.

Drapeaux et galerie du deuxième niveau de l'élévation.
L'imposante suite de lunettes avec ses fenêtres de verre blanc
garantit un très bon éclairage à l'ensemble de l'église.

Borne consacrée à la Voie Sacrée de 1914-1918.

Plaque dédiée au maréchal Alphonse Juin
sur un pilier de la nef.

Plaque dédiée au comte de Martimprey,
gouverneur de Paris, détail.

Christ au tombeau de Hans Holbein le Jeune, détail.

La chaire à prêcher date de la Restauration.
Marbre blanc et bronze doré, style rocaille, 1827.

Ornementation en bronze doré sur la cuve de la chaire à prêcher :
hommes, femmes et enfants convergent, de droite et de gauche, vers Jésus.

Saint Luc et saint Marc sur le côté de la chaire à prêcher.

Saint Matthieu et saint Jean sur le côté de la chaire à prêcher.

Des Peaux-rouges à Paris sous Louis-Philippe.
En 1845-1846, trois groupes d'Indiens des hautes plaines d'Amérique du Nord séjournent en Europe. Le peintre américain George Catlin leur servit en quelque sorte de directeur artistique (tout en essayant de vendre les nombreux dessins qu'il avait réalisés sur eux).
Ces indiens vont en Angleterre, puis en France.
Le roi Louis-Philippe, qui était resté très américanophile depuis son séjour aux États-Unis durant la Révolution, se fit présenter, en 1845, les quatorze Ioways, et, en 1846, les onze Ojibwas qui leur succédèrent.
Dans son récit de leurs pérégrinations européennes, Georges Catlin a relaté l'impression que leur laissa Paris :
«L'un des aspects positifs de Paris, comparé à Londres, fut qu'ils y virent moins de pauvres et de mendiants, et que les maisons étaient plus propres.
En revanche, le grand nombre de chiens les étonna si fort qu'ils allèrent jusqu'à tenir le compte du nombre de femmes accompagnées de chiens rencontrées en une heure de promenade dans les rues, 631 au total. Ils en conclurent que les femmes préféraient les chiens aux enfants, ce qui les choqua fort, surtout après avoir visité l'Hospice des Enfants trouvés, où ils s'étonnèrent que les Français n'adoptent pas les orphelins avant les chiens.
Ils souhaitèrent ensuite visiter l'hôpital pour chiens, dont ils se firent mettre à la porte par des dames en colère car leur apparence effrayait les "pauvres bêtes", puis le marché aux chiens, où, d'abord entourés de vendeurs empressés, ils tentèrent d'acheter un chien bien gras pour le manger, jusqu'à ce qu'ils fussent chassés par les cris des marchands horrifiés.
Ils furent étonnés également par l'institution des Invalides, si éloignée de leur coutume de mettre à mort les vieillards et les guerriers gravement blessés lors des périodes de famine.»
Source : «Sur le sentier de la découverte, Rencontres franco-indiennes du XVIe au XXe siècle», Réunion des musées nationaux, 1992.


Drapeaux pris à l'ennemi.

La voûte et ses arcs doubleaux.
Couronne et feuillage
Couronne et feuillage.
Fleur de lys
Fleur de lys.
Fleur ou rosace
Fleur ou rosace.
Trois motifs décoratifs de la voûte.

Les Commandements de Dieu et les commandements de l'Église
sont rappelés sur le dosseret de la chaire à prêcher.

Un ange dans l'ornementation de la chaire à prêcher.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE DES SOLDATS

Vue d'ensemble du chœur de l'église des Soldats.
La présence des drapeaux tricolores rappelle qu'en ce lieu sont célébrées
les funérailles religieuses des soldats de l'armée française morts en opération.

Au travers de la verrière on aperçoit le tombeau de Napoléon Ier.

Le lutrin du chœur.

Plaque dédiée au comte d'Ornano, partiel.

Vierge à l'Enfant.
L'ORGUE DE TRIBUNE DE L'ÉGLISE DES SOLDATS

L'orgue de tribune possède un buffet remarquable qui étincelle dans la clarté de la nef.

L'orgue de tribune
Cet orgue est l'œuvre du facteur du roi, Alexandre Thierry. Il a été construit entre 1679 et 1687, puis restauré plusieurs fois. Le buffet date de 1683.
Le dessin est de la plume de Jules Hardouin-Mansart, la réalisation est due à Germain Pilon. À noter que la première représentation du Requiem de Berlioz a été donnée à l'église Saint-Louis-des-Invalides en 1837.


Atlante et chérubins dans le buffet de l'orgue de tribune (1683).

Deux chérubins dans un médaillon du buffet d'orgue.


«««--- Atlante du buffet d'orgue.
1683
La nef et l'orgue de tribune vus du chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané, 1936
+ «Saint-Louis des Invalides», La Nuée bleue, collection La Grâce d'une cathédrale.
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