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L'église Saint-Louis-des-Invalides, appelée
aussi cathédrale aux Armées, comprend deux corps de bâtiments
distincts, mais liés : l'église des Soldats et l'église
du Dôme. Après la cathédrale
Notre-Dame et le Sacré-Cœur
de Montmartre, l'église Saint-Louis est l'un des édifices les
plus fréquentés de
Paris. Le tombeau de Napoléon Ier n'y est bien sûr pas étranger,
tout comme le musée de l'Armée logé dans les bâtiments qui ceinturent
la cour d'honneur.
Construite à la fin du XVIIe siècle, l'église des Soldats
possède une architecture de style classique le plus traditionnel,
comme l'est celle de l'église Notre-Dame
à Versailles,
datée de la même époque.
En 1671, l'architecte et ingénieur du roi Libéral Bruant
(1635-1697) dresse le plan général des Invalides à la demande de
Louis XIV et assure la réalisation des bâtiments. Ceux-ci incluent
une petite chapelle, totalement intégrée dans le bâti.
En 1676, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) remplace Libéral Bruant.
C'est lui qui conçoit les plans de l'église Saint-Louis actuelle
et en supervise la construction.
Au Grand Siècle, l'église des Soldats et l'église du Dôme
constituaient un seul édifice cultuel : le Dôme abritait
la nef ; l'église des Soldats abritait le chœur. Le
maître-autel était commun.
Aujourd'hui la séparation est assurée par une grande verrière à
travers laquelle on peut apercevoir le tombeau de Napoléon. Les
visiteurs ne peuvent pas passer d'un espace à l'autre : l'entrée
dans l'église des Soldats est libre ; la visite du
Dôme est payante.
L'ensemble de ces imposants bâtiments du XVIIe siècle, entourés
d'espaces verts, constitue l'un des quartiers les plus chics de
Paris.
On y trouve des ministères et de nombreux hôtels particuliers.
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Vue d'ensemble de l'église des Soldats. |
| ASPECT EXTÉRIEUR
DES INVALIDES |
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La cour d'honneur des Invalides est reconnue comme un chef d'œuvre
architectural.
Elle a été conçue par Libéral Bruant (1635-1697), architecte
du roi Louis XIV. |
| Sculptures sur les
toits de la cour d'honneur des Invalides |
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L'histoire
de la construction.
Tout part de la volonté de Louis XIV de pourvoir à la
subsistance et à l'entretien de ses soldats vieillis
ou estropiés. Ses ordonnances de janvier et mars 1670
officialisent la création d'une «maison de retraite»
à Paris
sur des terrains situés dans la plaine de Grenelle.
(Les terrains seront achetés de 1671 à 1692.) Au total,
plus de 100 hectares.
En 1671, l'architecte Libéral Bruant (1635-1697)
fut chargé d'en dessiner les (vastes) plans. La première
pierre fut posée en novembre de la même année et les
soldats invalides occupèrent les lieux dès mars
1675. On éleva des bâtiments annexes en 1691, notamment
pour le boucher et le pourvoyeur. D'autres suivirent
au XVIIIe siècle.
Cependant, Louis XIV ne fut pas satisfait de la chapelle
érigée par Bruant, qu'il jugeait insuffisante. D'après
une image d'époque, sans dôme ni flèche, rien ne la
distinguait au sein des bâtiments. Or le roi prévoyait
d'y organiser des solennités et d'y assister lui-même.
Il fallait faire plus grand.
C'est Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de Versailles,
qui fut chargé en 1676 de ce nouvel édifice composé
de deux bâtiments distincts, mais habilement reliés
: l'église des Soldats et l'église du Dôme.
En 1924, l'historien Louis Hautecœur a montré que la
source d'inspiration de Jules Hardouin-Mansart n'était
autre que le projet de son grand-oncle, François Mansart,
établi pour l'érection d'une chapelle funéraire des
Bourbons à Saint-Denis,
un projet jamais exécuté.
L'église des Soldats, la plus utile et la plus urgente,
fut bâtie de 1677 à 1679 ; l'église du Dôme,
entre 1677 et 1706.
La Révolution transforma l'église du Dôme en
temple de Mars, mais la détériora. L'érection des cénotaphes
de Turenne, de Vauban, du roi Joseph et du roi Jérôme
la dégrada encore en obligeant à fermer une partie des
baies.
La construction du tombeau de Napoléon de 1843 à 1861
n'arrangea pas les choses, un tombeau «dont la majesté
ne rachète pas le mal qu'il a fait à l'édifice, en en
détruisant l'équilibre et en rompant les proportions»,
écrit Maurice Dumolin dans Les églises de France,
Paris et la Seine en 1936.
Sources : 1) «Saint-Louis
des Invalides», la Nuée Bleue ; 2) «Les églises de France,
Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané 1936.
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La façade de l'église des Soldats donne sur la Cour d'honneur. |
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La
façade.
Elle comprend deux niveaux, riches chacun de huit colonnes
ioniques groupées par deux. Le tout est surmonté d'un
fronton triangulaire.
Au premier étage, on aperçoit la statue de Napoléon
Ier en redingote, dénommée «Petit Caporal». C'est une
œuvre de Charles-Émile Seurre (1798-1858).
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La célèbre façade de l'entrée de l'Hôtel des Invalides,
sur la place des Invalides, face à la Seine. |
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| ASPECT INTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE DES SOLDATS |
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La suite d'arcades en plein cintre est surmontée d'arcades en anse
de panier.
Les pilastres sont ornés de plaques commémoratives dédiées à certains
grands chefs militaires de l'armée française.
À l'entablement sont suspendus des drapeaux pris à l'ennemi. |
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Architecture
intérieure de l'église des Soldats.
L'élévation est à trois niveaux. La nef, à sept travées, est
bordée d'arcades en plein cintre qui la séparent des deux
bas-côtés.
Au deuxième niveau de l'élévation, les larges tribunes, bordées
d'un garde-corps, s'ouvrent sur la nef par une suite d'arcades
en anse de panier.
Conformément au style classique, sur les piles de la nef sont
plaqués des pilastres coiffés de chapiteaux corinthiens. Ornés
de plaques commémoratives dédiées à certains grands chefs
militaires de l'armée française, ces pilastres réunissent
les deux premiers niveaux de l'élévation, tandis que leurs
chapiteaux viennent buter sur un large entablement qui reçoit
une série de hautes fenêtres en plein cintre.
Dans les bas-côtés, deux autels latéraux en légère saillie
rompent la monotonie de la pierre.
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Le chœur
s'étale sur deux travées. Il est surmonté d'un arc triomphal
qui donnait au Grand Siècle accès à l'église du Dôme,
là où se trouve le tombeau de Napoléon.
Au-dessus de la nef, la voûte en berceau est scandée de fins
arcs-doubleaux ornés de couronnes royales, de fleurs de lys
et de rosaces.
La verrière est entièrement en verre blanc, d'où une excellente
luminosité.
Ce très bel ensemble architectural qu'est l'église des
Soldats offre une impression de grande cohérence artistique.
Notons que la façade
qui donne sur la Cour d'honneur est séparée de l'église
des Soldats par un vestibule qui est englobé dans la galerie
de la cour, comme le montre le plan ci-dessous.
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La réunion de l'église des Soldats et de l'église du Dôme
constitue l'église Saint-Louis des Invalides. |

Les Fonts baptismaux. |

Chapelle des Morts.
Aux généraux morts au champ d'honneur |

Le bas-côté gauche aboutit à la chapelle des Fonts. |

Chemin de croix, station IV :
Jésus rencontre sa mère. |

Borne commémorative de la seconde guerre mondiale.
Elle célèbre la Voie de la Liberté en 1944 |

Le Christ en croix, détail. |
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Les
bornes des guerres mondiales.
Dans l'avant-nef et le bas-côté droit sont placées deux
bornes de pierre.
La première consacre la Voie sacrée de la guerre
1914-1918 (photo donnée ci-dessous). On y lit l'inscription
: En hommage à leur sacrifice est enclose dans cette
borne une parcelle de terre sacrée des champs de bataille
de 1914-1918.
La seconde borne consacre la Voie de la Liberté
de 1944. L'inscription du socle rappelle qu'elle renferme
des parcelles de terre des cimetières américains en
France.
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Chemin de croix, station VIII :
Jésus console les filles de Jérusalem. |

Autel latéral gauche.
À la mémoire des militaires français morts en opération
extérieure |

Tableau dans une chapelle latérale.
Mort de saint Louis ? Copie ? |
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Plaque Inter arma caritas
dédiée aux infirmières de l'armée française
lors du premier conflit mondial. |

Tableau moderne représentant saint Joseph.
Autel latéral gauche. |

Plaque dédiée au maréchal Leclerc. |
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L'allée principale est fermée par une somptueuse double-porte
grillagée. |

La double-porte grillagée de l'allée principale, détail. |

Cet autel latéral droit est dédié à un double souvenir
:
1) celui des soldats d'Indochine dont les corps n'ont
pas été retrouvés ;
2) au maréchal de France de Lattre de Tassigny et des
soldats tombés en Indochine. |

La présence de ce Christ au tombeau, dans le bas-côté
droit, intrigue fort les visiteurs.
C'est une reproduction d'une œuvre de Hans Holbein le
Jeune exposée au musée de Bâle. |
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Drapeaux et galerie du deuxième niveau de l'élévation.
L'imposante suite de lunettes avec ses fenêtres de verre blanc
garantit un très bon éclairage à l'ensemble de l'église. |
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Borne consacrée à la Voie Sacrée de 1914-1918. |

Plaque dédiée au maréchal Alphonse Juin
sur un pilier de la nef. |

Plaque dédiée au comte de Martimprey,
gouverneur de Paris, détail. |

Christ au tombeau de Hans Holbein le Jeune, détail. |

La chaire à prêcher date de la Restauration.
Marbre blanc et bronze doré, style rocaille, 1827. |
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Ornementation en bronze doré sur la cuve de la chaire à prêcher :
hommes, femmes et enfants convergent, de droite et de gauche, vers
Jésus. |

Saint Luc et saint Marc sur le côté de la chaire à prêcher. |

Saint Matthieu et saint Jean sur le côté de la chaire à prêcher. |
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Des Peaux-rouges
à Paris sous Louis-Philippe.
En 1845-1846, trois groupes d'Indiens des hautes plaines d'Amérique
du Nord séjournent en Europe. Le peintre américain George
Catlin leur servit en quelque sorte de directeur artistique
(tout en essayant de vendre les nombreux dessins qu'il avait
réalisés sur eux).
Ces indiens vont en Angleterre, puis en France.
Le roi Louis-Philippe, qui était resté très américanophile
depuis son séjour aux États-Unis durant la Révolution, se
fit présenter, en 1845, les quatorze Ioways, et, en
1846, les onze Ojibwas qui leur succédèrent.
Dans son récit de leurs pérégrinations européennes, Georges
Catlin a relaté l'impression que leur laissa Paris
:
«L'un des aspects positifs de Paris, comparé à Londres, fut
qu'ils y virent moins de pauvres et de mendiants, et que les
maisons étaient plus propres.
En revanche, le grand nombre de chiens les étonna si fort
qu'ils allèrent jusqu'à tenir le compte du nombre de femmes
accompagnées de chiens rencontrées en une heure de promenade
dans les rues, 631 au total. Ils en conclurent que les femmes
préféraient les chiens aux enfants, ce qui les choqua fort,
surtout après avoir visité l'Hospice des Enfants trouvés,
où ils s'étonnèrent que les Français n'adoptent pas les orphelins
avant les chiens.
Ils souhaitèrent ensuite visiter l'hôpital pour chiens, dont
ils se firent mettre à la porte par des dames en colère car
leur apparence effrayait les "pauvres bêtes", puis le marché
aux chiens, où, d'abord entourés de vendeurs empressés, ils
tentèrent d'acheter un chien bien gras pour le manger, jusqu'à
ce qu'ils fussent chassés par les cris des marchands horrifiés.
Ils furent étonnés également par l'institution des Invalides,
si éloignée de leur coutume de mettre à mort les vieillards
et les guerriers gravement blessés lors des périodes de famine.»
Source : «Sur le sentier de la
découverte, Rencontres franco-indiennes du XVIe au XXe siècle»,
Réunion des musées nationaux, 1992.
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Drapeaux pris à l'ennemi. |

La voûte et ses arcs doubleaux. |

Couronne et feuillage. |

Fleur de lys. |

Fleur ou rosace. |
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| Trois motifs décoratifs
de la voûte. |
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Les Commandements de Dieu et les commandements de l'Église
sont rappelés sur le dosseret de la chaire à prêcher. |

Un ange dans l'ornementation de la chaire à prêcher. |
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| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE
DES SOLDATS |
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Vue d'ensemble du chœur de l'église des Soldats.
La présence des drapeaux tricolores rappelle qu'en ce lieu sont célébrées
les funérailles religieuses des soldats de l'armée française morts
en opération. |

Au travers de la verrière on aperçoit le tombeau de Napoléon Ier. |

Le lutrin du chœur. |

Plaque dédiée au comte d'Ornano, partiel. |

Vierge à l'Enfant. |
| L'ORGUE DE TRIBUNE
DE L'ÉGLISE DES SOLDATS |
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L'orgue de tribune possède un buffet remarquable qui étincelle
dans la clarté de la nef. |
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L'orgue
de tribune
Cet orgue est l'œuvre du facteur du roi, Alexandre Thierry.
Il a été construit entre 1679 et 1687, puis restauré
plusieurs fois. Le buffet date de 1683.
Le dessin est de la plume de Jules Hardouin-Mansart,
la réalisation est due à Germain Pilon. À noter que
la première représentation du Requiem de Berlioz a été
donnée à l'église Saint-Louis-des-Invalides en 1837.
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Atlante et chérubins dans le buffet de l'orgue de tribune (1683). |
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Deux chérubins dans un médaillon du buffet d'orgue.
«««--- Atlante du
buffet d'orgue.
1683 |
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La nef et l'orgue de tribune vus du chœur. |
Documentation : «Paris d'église en église»,
Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et
Ané, 1936
+ «Saint-Louis des Invalides», La Nuée bleue, collection La Grâce
d'une cathédrale. |
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