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Page créée en mars 2017
Détail du portail central : prédication de Jean-Baptiste et Résurrection des morts

Bazas est une très ancienne ville de Gironde. Souvent balayé par les envahisseurs (Vascones, Normands) ou les conquérants (Pépin le Bref, puis Charlemagne), le Bazadais, selon les chroniques, aurait eu un épiscopat depuis le Ve siècle. Cependant on ne trouve la trace d'une cathédrale que pour apprendre qu'un premier édifice a été détruit par les Normands ; puis que, à partir de 1070, il aurait été reconstruit sous l'impulsion de l'évêque Raymond II et consacré par le pape Urbain II. C'est pourquoi l'usage fait remonter la base du clocher, de style roman, au XIe siècle. Quoi qu'il en soit, le Chronicon Vazatense révèle que la pose de la première pierre de la cathédrale gothique actuelle eut lieu en 1233. Les trois portails occidentaux ne sont pas postérieurs au milieu du XIIIe siècle. Il est vraisemblable qu'ensuite la construction a progressé de l'ouest vers l'est, en conservant une partie de l'assise romane, et s'achevant par le nouveau chœur qui ne vint remplacer l'ancien qu'au XIVe siècle. Selon l'historien Jacques Gardelles, la cathédrale du XIe siècle devait déjà être un grand édifice. Son imposante largeur montre qu'on lui destinait une charpente et non pas une voûte.
Les travaux du nouvel édifice gothique avancèrent lentement à cause du manque de fonds. Deux fois, en 1308 et 1312, le pape Clément V, originaire de Bazas, dut intervenir. D'abord par des indulgences pour inciter les dons ; ensuite, en attribuant une part des revenus du diocèse à la construction. Les parties hautes de la nef, telles qu'on les voit aujourd'hui, étaient-elles bâties à cette époque? Voir l'encadré qui traite de cet intéressant sujet, développé par Jacques Gardelles. Toujours est-il que le chevet (piliers du chœur, déambulatoire et chapelles rayonnantes) était complètement achevé au XIVe siècle. Le revers de la façade ne sera terminé qu'en 1537.
En 1561, les huguenots opèrent une trouée dans l'enceinte murale («la Brèche») et pénètrent dans Bazas. Ils cassent les statues des portails, les autels et les orgues. Les archives sont brûlées, les ornements et les vases sacrés, volés. En 1577, ils se rendent maîtres de la ville et entreprennent une destruction en règle de l'édifice. Seule une rançon de dix mille écus épargnera la sculpture des portails. En dehors de la façade, ne subsistent que les murs latéraux, une partie des piliers de la nef et tout le système du chevet. En 1583, l'évêque Arnaud de Pontac lance la reconstruction, en grande partie sur sa fortune personnelle. Un de ses descendants achèvera le chantier en 1635.
À la Révolution, un travail de sape, mené à la barre de fer, détruit les dernières statues de la façade. La cathédrale de Bazas a été classée dans la première liste des monuments historiques français en 1840.
Aujourd'hui, Saint-Jean-Baptiste est l'un des plus beaux édifices religieux de Gironde. Son harmonie architecturale, voulue par Arnaud de Pontac, est tout à fait remarquable. Le visiteur portera un œil attentif aux vitraux du XIXe siècle : quelques-uns d'entre eux illustrent des scènes de la Bible rarement représentées.

La Décollation de saint Jean-Baptiste, partiel (vitrail des années 1852-1862)
Vue d'ensemble de la nef de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.
Vue d'ensemble de la nef de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.
85 mètres de long sur 23 mètres de large. La voûte centrale mesure 20 mètres de haut.
La célèbre façade occidentale de la cathédrale Saint–Jean–Baptiste
La célèbre façade occidentale de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste resplendit sous le soleil,
devant la grande Place de la cathédrale, à Bazas.
La base du clocher remonte à l'époque romane (XIe siècle).
La mairie de Bažas et l'hôtel Bourriot construit vers 1760
La mairie de Bazas et l'hôtel Bourriot construit vers 1760 (bâtiment avec son arcade
en anse de panier) ornent la Place de la cathédrale.
La tour ronde sur le côté sud de la cathédrale.
La tour ronde sur le côté sud de la cathédrale.

C'est tout ce qu'il reste «d'une tour d'escalier accolée à la
première travée du collatéral [sud] et qui est le vestige d'un
bâtiment indépendant de la cathédrale.» (Jean Vallery-Radot, Congrès archéologique de France, Bordeaux-Bayonne, 1939).
Les phylactères des pétales de la rose
Les phylactères des pétales de la rose
affichent chacun le nom d'un évêque de Bazas.

La rose occidentale (début du XVIe siècle). Son dessin complexe est tout à fait magnifique. Le maître verrier Joseph Villiet a consacré le vitrail qu'elle abrite au clergé bazadais. Les 64 évêques de Bazas figurent chacun dans un pétale. On voit ci-dessus les phylactères ornant une crosse épiscopale. Le médaillon central montre le cardinal Donnet (archevêque de Bordeaux de 1846 à 1882) recevant de M. Parenteau, curé de Bazas, une cathédrale en miniature, symbole des restaurations accomplies à l'église Saint-Jean. Dans son article du Congrès archéologique de France de 1987, l'historien Jacques Gardelles ajoute : «ce qui peut sembler presque une usurpation» (!)

Le chevet de la cathédrale vu depuis la promenade de la Brèche.
Le chevet de la cathédrale vu depuis la promenade de la Brèche.
La rose occidentale est de style flamboyant
La rose occidentale, de style flamboyant, est une vraie splendeur.
Comme tout le deuxième niveau de la façade, elle date du début du XVIe siècle.
Le couronnement à fronton et à ailerons (voir photo à gauche) a été terminé en 1725.
Voir la rose plus succinte de l'église Saint-Sauveur à Saint-Macaire.
Le vitrail de la rose occidentale
Le vitrail de la rose occidentale
posé par l'atelier Joseph Villiet (entre 1852 et 1862)
Le médaillon central de la rose occidentale
Le médaillon central de la rose occidentale
M. Parenteau, curé de Bazas présente la cathédrale (après les restaurations)
au cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.
Les trois portails de la cathédrale Saint–Jean–Baptiste constituent l'élément artistique principal du bâtiment
Les trois portails de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste constituent l'élément artistique principal du bâtiment.
L'ensemble, du milieu du XIIIe siècle, a subi les dégradations des huguenots et des révolutionnaires.
À gauche, portail Saint-Pierre. Au centre, portail dédié à Saint-Jean-Baptiste. À droite, portail dédié à la Vierge.
LE PORTAIL CENTRAL (2e MOITIÉ DU XIIIe SIÈCLE)
Le tympan et l'archivolte du portail central.
Le tympan et l'archivolte du portail central.

Le portail central (2e moitié du XIIIe siècle) est consacré au Jugement dernier. Seul le registre du bas illustre l'histoire de saint Jean-Baptiste. On y voit, à droite, la naissance et la prédication du Précurseur ; à gauche, le festin d'Hérode et la décollation. Les trois autres registres du tympan reprennent un thème assez commun dans les portails des cathédrales : la résurrection des morts qui sortent de leur tombeau ; le Pèsement des âmes, puis la séparation entre élus et damnés ; enfin, le Christ assis montrant ses plaies, accompagné de la Vierge, de saint Jean l'Évangéliste et d'anges.
Malgré les mutilations commises par les huguenots et les révolutionnaires (ces derniers ont décapité méticuleusement beaucoup de figurines), malgré l'usure du temps, les éléments du bas-relief qui subsistent indiquent un ensemble d'une grande beauté et d'un grand réalisme dans les expressions faciales des personnages. La scène du Léviathan, brutale dans ses menaces, est prompte à maintenir les indécis dans le droit chemin : un démon précipite un damné, la tête la première, dans l'entrée de l'enfer. Mais la sculpture la plus admirable se trouve peut-être dans le registre de la Résurrection des morts : les corps sortent du tombeau nus comme des vers, et l'un d'entre eux présente ses fesses (voir 2e photo ci-dessous). Il est vrai que le Moyen Âge n'est pas une époque pudibonde.
Les cinq voussures de l'archivolte sont de la même qualité artistique, avec de beaux drapés dans les vêtements. En dépit de quelques chefs coupés, on distingue encore bien les anges qui écrasent des démons dans la première voussure, les anges qui portent des cierges ou des couronnes dans la deuxième, les prophètes dans la troisième, les martyrs portant un livre, une palme ou un autre attribut dans la quatrième, enfin, des confesseurs dans la voussure externe, dont saint Nicolas.

Le tympan du portail central (2e moitié du XIIIe siècle).
Le tympan du portail central (2e moitié du XIIIe siècle).
En bas, l'histoire de sant Jean-Baptiste ; au-dessus, le Jugement dernier.
Tympan du portail central
Tympan du portail central
En haut, la résurrection des morts ; en bas, la naissance de Jean-Baptiste et la prédication du Précurseur.
Le repas d'Hérode dans le tympan du portail central
Le repas d'Hérode dans le tympan du portail central
Malgré l'usure du temps, on distingue encore bien Hérode et Hérodiade. À droite, est-ce Salomé qui tient un document?
Les Justes dans le tympan du portail central.
Les Justes dans le tympan du portail central.
Saint Michel amène six élus vers le paradis, figuré par un porche gothique où se tient un ange.
Les cinq voussures du portail central
Les cinq voussures du portail central
Ici, la partie gauche.
Voussures internes du portail central : deux rangées d'anges.
Voussures internes du portail central : deux rangées d'anges.
Un démon précipite un damné dans la gueule du  Léviathan
Un démon précipite un damné dans la gueule du Léviathan
Tympan du portail central.
Le Christ montrant ses plaies, entouré de la Vierge et de saint  Jean.
Le Christ montrant ses plaies, entouré de la Vierge et de saint Jean.
Tympan du portail central.
Sous le linteau du portail central, bas–relief d'un homme se bouchant les oreilles pour ne pas entendre la parole divine
Sous le linteau du portail central, bas-relief d'un homme se bouchant
les oreilles pour ne pas entendre la parole sacrée.
Sous le linteau du portail central, bas-relief d'un homme accroupi
Sous le linteau du portail central, bas-relief d'un homme accroupi
(qui écoute la parole sacrée).
LE PORTAIL SUD DÉDIÉ À LA VIERGE (2e MOITIÉ DU XIIIe SIÈCLE)
À DROITE ---»»»
Les voussures du portail sud (2e moitié du XIIIe siècle) :
Anges, Vie de Marie, Arbre de Jessé, Zodiaque et Occupations des Mois.
Le tympan du portail sud : Dormition et Couronnement de la Vierge.
Le tympan du portail sud : Dormition et Couronnement de la Vierge.

Portail sud dit «de la Vierge». Le premier registre illustre la Dormition : la Vierge est étendue sur son lit, entourée des apôtres ; au-dessus du lit, le Christ porte l'âme de sa mère. Le registre supérieur est consacré au Couronnement de Marie environné d'anges. L'ornementation des voussures du portail sud contient un bel arbre de Jessé (3e voussure). On reconnaît sans peine David avec sa lyre (donné ci-dessous). Suivent ensuite neuf rois de Juda (qu'il est impossible d'identifier) le long de l'arc de cercle. La 4e voussure est double : elle accueille le Zodiaque et les Occupations des mois. Enfin, la 1ère voussure, ornée d'anges, accompagne la deuxième qui est une illustration de scènes de la vie de Marie, de sa naissance à la Fuite en Égypte, même s'il est parfois difficile d'identifier certaines parties.

Un roi de Juda
Un roi de Juda
Arbre de Jessé dans le portail sud.
David dans l'arbre de Jessé
David dans l'arbre de Jessé
Voussure du portail sud.
Les voussures du portail sud
La Balance et le Scorpion
La Balance et le Scorpion
dans le Zodiaque du portail sud.
Le Bélier dans le Zodiaque.
Le Bélier dans le Zodiaque.
Voussure du portail sud.
LE PORTAIL NORD DÉDIÉ À SAINT PIERRE (2e MOITIÉ DU XIIIe SIÈCLE)
Le portail nord.
Le portail nord.
Soubassement du portail nord.
Soubassement du portail nord.

Portail nord dit «de Saint-Pierre». Le tympan de ce portail illustre, dans le registre supérieur, une scène assez cocasse (voir photo à droite) : une barque vide est ballottée par les eaux ; à côté, saint Pierre est à moitié enfoncé dans l'eau. Jean Vallery-Radot (Congrès archéologique de Bordeaux-Bayonne en 1939) voit dans ce bas-relief l'histoire de Pierre au lac de Génézareth : le Christ, qui est en train de marcher sur les eaux, appelle Pierre ; celui-ci descend de sa barque, marche lui aussi sur l'eau en direction de Jésus, mais, vu la violence du vent, il a peur et commence à s'enfoncer. Le commentaire affiché dans l'église sépare, quant à lui, les deux scènes : Pierre s'enfonce parce qu'il commence à douter de pouvoir marcher sur les eaux, donc il pèche par manque de foi ; et le frêle esquif isolé qui paraît à la dérive est le symbole d'une Église qui a besoin d'un chef pour la guider. En 1987, dans son rapport rédigé pour le Congrès archéologique de France tenu en Bordelais et en Bazadais, l'historien Jacques Gardelles voit, plus prosaïquement dans ce bas-relief, saint Pierre jeter ses filets dans les eaux du lac Tibériade...
Le registre suivant illustre l'épisode de la Pêche miraculeuse. Le registre du bas, décomposé en trois scènes, est consacré à la primauté de Pierre. La scène de gauche illustre les paroles classiques du Christ : «Tu es Pierre et sur cette pierre... » ; au centre, le martyre de saint Pierre, crucifié la tête en bas ; à droite, c'est la décollation de saint Paul assis devant son bourreau, à côté un Néron couronné tient un glaive.
Comme sur l'archivolte du portail sud, le portail nord offre quatre voussures, la dernière étant double. La première comprend six prélats (pour Jean Vallery-Radot, ce sont six pontifes) ; la deuxième montre huit anges céroféraires (porteurs de cierges) ou thuriféraires (porteurs de l'encensoir) ; la troisième rassemble les Vierges folles (à droite) et les Vierges sages (à gauche) ; enfin, la quatrième illustre des scènes de la Genèse.

Le tympan du portail nord illustre des scènes de la vie de  saint Pierre.
Le tympan du portail nord illustre des scènes de la vie de saint Pierre.
Deux bas–reliefs
Deux bas-reliefs rapportés, situés
dans l'ébrasement gauche du portail nord :
L'Annonce aux bergers et la Nativité
Les voussures droites du portail nord.
Les voussures droites du portail nord.
De gauche à droite : les prélats, les anges, les vierges folles et,
dans la voussure double de la droite, des scènes de la Genèse.
Ici, en haut, Caïn, accompagné d'un démon, présente les prémices
de la moisson ; Caïn assassine son frère ; Malédiction de Caïn.
Le registre supérieur du tympan du portail nord : une barque à la dérive et saint Pierre enfoncé dans l'eau.
Le registre supérieur du tympan du portail nord : une barque à la dérive et saint Pierre enfoncé dans l'eau.
a donné lieu à trois descriptions différentes données dans l'encadré ci-contre.
Les voussures du portail sud, détail

Le style et la décoration des portails. Dans son article sur la cathédrale de Bazas pour le Congrès archéologique de France de 1987 en Bordelais et en Bazadais, l'historien Jacques Gardelles nous livre une analyse pertinente de la décoration des voussures. Il remarque d'abord que les thèmes du Zodiaque, de l'Occupation des Mois, ainsi que le cycle de la Création et de la Chute de l'homme se retrouvent dans les voussures des portails du transept septentrional de la cathédrale de Chartres. Pour ce qui est du style, les voussures de Bazas sont à cent lieues du style roman tel qu'on le voit à la Sauve ou la Réole, géographiquement tout près. De plus, dans la nef, les chapiteaux, les thèmes floraux, la mouluration des bases, des tailloirs, des astragales, tout comme les plantes traitées au naturel, sont «de type nettement septentrional» et font pencher pour une datation «assez voisine de 1240-1250». Même opposition d'époque pour l'étude des figures et des vêtements. On remarque, à Bazas, «l'ampleur des draperies tuyautées ou à larges pans s'écrasant parfois au sol.» Tout cela est bien contraire à d'autres sculptures de la région dont le style ne dépasse pas le premier quart du XIIIe siècle. Les visages dans les bas-reliefs de Bazas sont «le plus souvent larges, parfois ronds et souriants». Ils évoquent certains personnages de Paris et de Reims. On ne peut donc les situer que dans le second tiers ou le milieu du XIIIe siècle. Et Jacques Gardelles de conclure : «Tout semble concorder pour attribuer à cette période l'exécution des portails occidentaux de la cathédrale de Bazas (...). Cet important ensemble marque donc le triomphe définitif de la sculpture gothique dans une région qui restait encore, malgré l'apparition de formes nouvelles, assez fidèle à certaines traditions de la plastique romane. Dans ce domaine, comme dans celui de l'architecture, la cathédrale de Bazas apparaît donc comme le premier succès d'un art importé : l'art gothique de l'Ile-de-France, de la Champagne et de la Picardie.»
Source : Congrès archéologique de France, 145e session, Bordelais et Bazadais, 1987, article sur la cathédrale de Bazas rédigé par Jacques Gardelles.

«««--- À GAUCHE
Les voussures du portail sud, détails de la partie droite.
À gauche : une Vierge folle,
À droite en haut : Caïn, accompagné d'un démon, présente
les prémices de la moisson ; en bas : Caïn assassine son frère.
LA NEF ET SES ÉLÉVATIONS
La nef avec l'élévation nord.
La nef avec l'élévation nord.
Dans cette partie de la nef, les piliers datent de la reconstruction (1583-1635) entreprise par l'évêque Arnaud de Pontac.
Plan de la cathédrale de Bazas.
Plan de la cathédrale de Bazas.
Décollation de saint Jean-Baptiste
Décollation de saint Jean-Baptiste
Tableau dans le bas-côté nord du chœur.
Est-ce un tableau contemporain?
Joseph et l'Enfant Jésus, détail

Architecture I. Un trait frappe dès que l'on pénètre dans la cathédrale de Bazas, c'est sa très belle harmonie architecturale, et ceci malgré la période de reconstruction post-guerres de Religion. L'édifice est à trois niveaux, dont deux sont ornés d'une belle série de vitraux du XIXe siècle dus à l'atelier Joseph Villiet. On constate que le triforium est aveugle. Il est séparé des grandes arcades par une corniche double qui s'interrompt au passage des renflements, eux-mêmes prolongations des piliers de la nef jusqu'à la retombée des ogives. Certes, le parement nu du triforium semble pauvre, mais les chapiteaux ioniques qui séparent les ouvertues aveugles sont du meilleur effet. Loin d'être surchargé, l'ensemble est très élégant. La cathédrale Saint-Jean-Baptiste, c'est, avant tout, le monde de la pierre avec juste ce qu'il faut d'ornementations pour l'habiller.
Dans son article de 1987 sur la cathédrale de Bazas pour le Congrès archéologique de France en Bordelais et en Bazadais, l'historien Jacques Gardelles émet une thèse passionnante, plutôt iconoclaste. Cette thèse est reprise dans son ouvrage Aquitaine gothique (éditions Picard). Après avoir disserté sur les arcades, celles des bas-côtés et les voûtes de ces mêmes bas-côtés, et commenté leur construction au début du XIVe siècle, J. Gardelles pose une question toute simple : «Était-on passé dès lors à la mise en place des parties hautes du grand vaisseau - triforium et fenêtres hautes - et à son voûtement?» Autrement dit, a-t-on réellement bâti le triforium aveugle, les parties hautes et la voûte de la nef au XIVe siècle? Il ajoute qu'on n'en a aucune preuve. Bien plus, on constate que le pignon occidental et les butées des contreforts voisins ne contiennent pas la moindre trace de construction médiévale : tout remonte entièrement au XVIe siècle.
Jacques Gardelles enfonce le clou : ces constatations architecturales «semblent bien prouver que les constructeurs médiévaux ne menèrent pas cette tâche à terme et, sans doute, ne la commencèrent pas : le contexte militaire et économique des périodes postérieures à l'occupation du Bazadais en 1323 par les troupes du roi de France et surtout les premiers épisodes de la guerre de Cent ans de 1337 à 1346 ne durent guère favoriser la poursuite de l'œuvre.» Y avait-il donc une charpente en bois sur la nef? Jacques Gardelles ne pose pas la question et on ne possède aucun document sur l'édification d'une voûte en pierre au XVe siècle ou au début du XVIe. Rappelons que la région était pauvre, les revenus du Clergé restaient faibles et que l'on s'est battu dans la contrée jusqu'à la bataille de Castillon de 1453, victoire française écrasante qui a signé la fin de la guerre Cent Ans.
Continuons le raisonnement. S'il y avait une charpente en bois au niveau de la corniche qui surplombe les grandes arcades, qu'est-ce que les huguenots ont exactement saccagé en 1577-1578? La charpente évidemment, qu'ils auraient fait tomber en sapant une dizaine de piliers dans la partie occidentale de la nef, les voûtes des bas-côtés et les grandes statues des portails. C'est à peu près tout et c'est fort peu. Dans ce cas, la présence d'un triforium aveugle ne serait due qu'à un manque de ressources, la fortune personnelle d'Arnaud de Pontac ne suffisant pas à créer un triforium gothique digne de ce nom. On sait que les huguenots ont sapé les piliers occidentaux de la nef, provoquant l'effondrement de ce qui était au-dessus. Mais les piliers orientaux n'ont pas été touchés. On peut donc penser qu'une éventuelle voûte en pierre, au-dessus de ces mêmes piliers, serait restée en place. Or aucun document de la reconstruction n'en fait mention et les archéologues n'ont détecté aucune trace médiévale dans la voûte de la nef. On imagine difficilement une dizaine d'ouvriers cassant une voûte en pierre à coups de marteau et de burin. Il semble quand même plus simple de saper les piliers pour que la voûte s'effondre. Or, répétons-le, ces piliers orientaux dans la nef sont toujours en place et remontent bien à l'époque médiévale. Alors? Ajoutons que Jacques Gardelles lui-même écrit, à propos de la cathédrale romane qui a précédé l'édifice gothique : «Sa largeur importante - 24 mètres - montre bien qu'elle ne devait pas être destinée à être voûtée, mais à être couverte en charpente.» Nous laissons le lecteur se faire une opinion sur cet intéressant sujet, mais reconnaissons que la thèse de J. Gardelles est des plus séduisante et dédouanerait les huguenots d'un excès de saccage. Terminons avec une petite touche de pudeur toujours possible : les reconstructeurs auraient pu taire que la voûte détruite par les huguenots n'était qu'une charpente de bois pour ne pas étaler la misère de la région, une région incapable de réunir les fonds pour terminer la nef et bâtir une voûte en pierre...
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 145e session, Bordelais et Bazadais, 1987, article sur la cathédrale de Bazas par Jacques Gardelles ; 2) Aquitaine Gothique de Jacques Gardelles, éditions Picard.

Abaque carré à thème floral
Abaque carré à thème floral
sur une pile reconstruite au XVIe siècle.
Abaque carré avec tête d'angelot
Abaque carré avec tête d'angelot
sur une pile reconstruite au XVIe siècle.
Abaque carré à thème floral, détail.
Abaque carré à thème floral, détail.
Pile reconstruite au XVIe siècle.
Tête d'angelot sur un abaque carré
Tête d'angelot sur un abaque carré
d'une pile reconstruite au XVIe siècle.
«««--- À GAUCHE
Joseph et l'Enfant Jésus, détail
Tableau anonyme, XVIIIe siècle (?)
Le bas-côté sud ne possède plus que deux chapelles (XIIIe siècle).
Chapiteau de la fin du XIIIe siècle
Chapiteau de la fin du XIIIe siècle
sur l'élévation d'un mur goutterau.
Chapiteau de la fin du XIIIe siècle
Chapiteau de la fin du XIIIe siècle
sur l'élévation d'un mur goutterau.
L'une des deux chapelles voûtées du bas-côté  sud (XIIIe siècle).
L'une des deux chapelles voûtées du bas-côté sud (XIIIe siècle).
«««--- Le bas-côté sud ne possède plus que deux chapelles (XIIIe siècle).
Dieu maudit le serpent et lui montre Marie
Dieu maudit le serpent et lui montre Marie
qui donnera un Rédempteur au monde.
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Dans le tympan, Adam et Ève sont chassés du Paradis.
Idylle de Ruth et Booz, scène centrale du vitrail
Idylle de Ruth et Booz, scène centrale du vitrail
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)

Les vitraux de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bazas méritent une certaine attention. Ils ont été posés par l'atelier de Joseph Villiet dans la décennie 1852-1862. Leurs scènes historiées frappent le visiteur car on y trouve des illustrations qui, non seulement sont très belles, mais aussi fort rares. Si le second niveau de l'élévation de la nef aligne - de façon assez académique - les prophètes, les saints et les saintes, le premier niveau brille par sa recherche descriptive de sujets évangéliques et surtout bibliques. Des scènes comme l'idylle entre Ruth et Booz, ou le trouble d'Esther devant Assuérus ne se voient pas partout. Dans la scène de Noé qui sort de l'Arche, l'auteur du carton a choisi un Noé au visage sévère, déterminé à prendre son travail à bras-le-corps : repeupler la Terre !
Les chapelles absidiales illustrent des thèmes relatifs aux saints de leur dédicace : Pierre, Jean-Baptiste et Joseph. Ou, de façon plus classique, à la Vierge et au Saint-Sacrement. On remarquera plus particulièrement les scènes de la vie de saint Jean-Baptiste avec un roi Hérode, très pensif devant le résultat de la décollation qu'il vient d'ordonner.
Cette page donne de larges extraits des vitraux de la cathédrale.

L'élévation nord (côté occidentale) reconstruite  à la fin du XVIe siècle
L'élévation nord (côté occidentale) reconstruite à la fin du XVIe siècle

La nef occidentale reconstruite. Les piles monocylindriques sont surmontées d'un abaque carré décoré de têtes d'angelots ou de motifs classiques (photo ci-dessus). Le tout est prolongé par un renflement jusqu'au chapiteau ionique, au niveau du triforium aveugle, chapiteau qui reçoit la retombée du doublon et des ogives. Dans la partie orientale, les piles ont été épargnées par les protestants. Elles sont constituées de massifs cylindriques flanqués de quatre colonnes engagées à chapiteaux.

Noé sort de l'Arche (d'un air déterminé).
Noé sort de l'Arche (d'un air déterminé).
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Noé sort de l'Arche, scène centrale du vitrail.
Noé sort de l'Arche, scène centrale du vitrail.
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)

«««--- Les élévations nord et sud sont enrichies d'une double rangée de vitraux du XIXe siècle : sujets bibliques et évangéliques au 1er, grandes figures de prophètes et de saints au 2e.

Saint Louis faisant l'aumône
Saint Louis faisant l'aumône
Tableau de Stella,
1er quart du XIXe siècle.
Chemin de croix, station XI
Chemin de croix, station XI
Le Christ est cloué sur la croix,
XIXe siècle (?)
Les parties hautes de la nef et la voûte quadripartite.
Les parties hautes de la nef et la voûte quadripartite.
(Ensemble reconstruit à la fin du XVIe siècle et au XVIIe).
Tableau dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste
Tableau dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste
Saint Dominique prêchant la croisade contre les Albigeois (?)
XVIIIe siècle (?)
La chapelle des Fonts baptismaux
Esther se trouble devant Assuérus
Esther se trouble devant Assuérus
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
La Sainte Famille
La Sainte Famille
Premier niveau de la nef, au sud.
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
«««--- À GAUCHE
La chapelle des Fonts baptismaux est l'une des
deux qui nous viennent du XIIIe siècle (côté sud).
Les voûtes des deux premières travées du bas–côté sud
Les voûtes des deux premières travées du bas-côté sud
sont les deux seules à posséder liernes et tiercerons.
Elles ont été reconstruites à la fin du XVIe siècle.
Esther se trouble devant Assuérus, détail
Esther se trouble devant Assuérus, détail
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Ancienne clé de voûte en bas-relief
Ancienne clé de voûte en bas-relief
XVIe siècle.
Le Christ en croix est entouré par quatre anges.
Clé de voûte avec fleur et tête d'homme
Clé de voûte avec fleur et tête d'homme
dans un bas-côté.
Piéta, auteur anonyme
Piéta, auteur anonyme
(Don du roi Louis-Philippe).

La Reconstruction. Ce mot pourrait faire croire qu'il s'agit de la reconstruction de l'édifice après la seconde guerre mondiale. Ce n'est qu'à moitié faux car les destructions des huguenots, perpétrées avec l'aide d'architectes, ont opéré comme un véritable chapelet de bombes. Voûte de la nef, fenêtres hautes, triforium (voir l'encadré sur l'architecture), voûtes des bas-côtés, tout a été cassé méticuleusement au cours des années 1577 et 1578, quand les protestants étaient maîtres de la ville. Il ne restait que la façade occidentale (conservée contre une rançon de dix mille écus), les murs latéraux des bas-côtés, six piliers de la nef près du chœur, les piliers du chœur, les arcades du chevet et les chapelles absidiales. L'édifice n'était plus qu'«un monceau de décombres», lit-on dans la brochure éditée par les Amis de la Cathédrale de Bazas. On ne possède aucune information sur les vitraux, mais il est probable que pas un n'a échappé à ce travail de sape. Il faut reconnaître que les deux bombes anglaises qui sont tombées de plein fouet sur la cathédrale de Nevers le 16 juillet 1944 ont fait moins de dégâts...   Suite à droite ---»»

La nef et la différence de style dans les piliers
Ces piliers du bas–côté sud sont dans la partie orientale de la nef
Ces piliers du bas-côté sud sont dans la partie orientale de la nef :
ils remontent au XIIIe siècle et sont constitués de massifs cylindriques
flanqués de quatre colonnes engagées à chapiteaux.

La Reconstruction (suite). C'est grâce à un évêque énergique, Arnaud de Pontac, que la reconstruction fut entreprise. Mais il n'y avait plus de pape Clément V pour concéder des indulgences aux généreux donateurs ; quant à la contrée, elle était assez pauvre. Aussi le prélat lança-t-il la reconstruction à ses frais, avec toutefois quelques aides annexes. La première phase des travaux fut menée de 1583 à 1605 (année de la mort de l'évêque). En 1605, les voûtes des parties hautes manquaient toujours. Pour leur construction, Arnaud de Pontac légua douze mille écus d'or à son successeur, qui n'était autre que son neveu Geoffroy, président au Parlement de Bordeaux. Puis le fils de Geoffroy, Arnaud, prit le relais. Les travaux s'achevèrent en 1635. Au dessus de l'arcade d'axe dans l'abside, un texte en latin, gravé sur une table de marbre noir, commémore la restauration.
Il est assez surprenant de constater qu'Arnaud de Pontac a choisi une reconstruction à l'identique. Le prélat a vraisemblablement connu la cathédrale avant le saccage huguenot et conçu une profonde admiration pour sa séduisante harmonie gothique. Bien des églises, partiellement détruites au cours de la guerre de Cent Ans ou des guerres de Religion, ont vu le style Renaissance imprégner les parties reconstruites. À la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, ces marques Renaissance sont rares. On les voit partiellement dans les abaques carrés qui surmontent les dix piliers monocylindriques de la nef occidentale : ils sont en partie ornés d'angelots. Le style gothique initial a également été respecté dans les grandes arcades : elles sont en tiers-point et retombent par pénétration dans les supports. De plus, le réseau des baies au second niveau est de style flamboyant.
Source : Congrès archéologique de France, 102e session, Bordeaux et Bayonne, 1939, article sur la cathédrale Saint-Jean-Baptiste rédigé par Jean Vallery-Radot.

«««--- À GAUCHE
La trace de la reconstruction se voit nettement dans
la différence de style des piliers de la nef :
avant, avec colonnettes engagées ; après, monocylindriques.
La Résurrection de Lazare, scène centrale
La Résurrection de Lazare, scène centrale
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Les Patriarches Jacob et Joseph
Les Patriarches Jacob et Joseph
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
La Mort de saint Martin, auteur anonyme
La Mort de saint Martin, auteur anonyme
Tableau du XVIIIe siècle.

Vitraux. Les parties hautes de la nef sont ornées de vitraux à personnages dont on donne à gauche l'archétype. Deux personnages, souvent richement habillés, se tiennent soit de face, soit de profil, sur un fond d'azur étoilé, tandis que le contour de la lancette se termine, dans sa partie haute, par deux colimaçons rappelant la crosse d'un évêque.

Moïse présente les tables de la Loi, scène centrale.
Moïse présente les tables de la Loi, scène centrale.
Rappelons que les Juifs, profitant de son absence, ont façonné un veau d'or qu'ils ont adoré.
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Saint Martin et saint Paulin Saint Isodore
Saint Isodore
À DROITE ---»»»
Saint Martin et saint Paulin
Atelier Joseph Villiet (1852-1862)
Le bas-côté sud du chœur et les grilles menant au déambulatoire.
Le bas-côté sud du chœur et les grilles menant au déambulatoire.
Saint Jérôme et saint Athanase.
Saint Jérôme et saint Athanase.
Sainte Thérèse d'Avila et sainte Jeanne de Valois.
Sainte Thérèse d'Avila et sainte Jeanne de Valois.
LE CHŒUR ET L'ABSIDE DE LA CATHÉDRALE SAINT-JEAN-BAPTISTE
Le chœur de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.
Le chœur de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.
Inscription dédiée à Arnaud de Pontac et à sa famille Le maître–autel de la cathédrale, de style Louis XVI, est du XVIIIe siècle
Le maître-autel de la cathédrale, de style Louis XVI, est du XVIIIe siècle. Il vient de l'abbaye cistercienne du Rivet.
«««--- Sous l'arcade axiale : inscription latine dédiée à Arnaud de Pontac et à sa famille.
Vitrail axial de la haute nef
Vitrail axial de la haute nef :
Jésus et saint Jean-Baptiste.
Atelier Joseph Villiet (vers 1852-1862).

À DROITE ---»»»
L'abside, la voûte du chœur et ses vitraux
du XIXe siècle à grands personnages.
Le triforium aveugle est interrompu au niveau de l'abside
et remplacé par un parement assez grossier.

Un ange dans le chœur.
Un ange dans le chœur.

Le chœur de la cathédrale. Sans doute les donateurs traditionnels du Bazadais se montrèrent-ils tièdes au début du XIVe siècle quand on se mit à édifier le chevet. Le pape Clément V, originaire de Gironde, dut réveiller leur ardeur en concédant, en 1308, des indulgences à tous ceux qui se manifesteraient tant pour le chevet que pour la restauration du cloître (dont il ne reste rien). En 1312, une autre bulle papale attribua à la construction de l'édifice les revenus des bénéfices qui se retrouveraient vacants dans le diocèse (c'est-à-dire sans titulaire). Seuls les revenus de la première année de vacance étaient concernés, mais le principe devait s'appliquer pendant cinq ans, Les historiens attribuent donc au début du XIVe siècle les cinq piles du rond-point ainsi que les grandes arcades en tiers-point qui retombent par pénétration dans ces piles. On peut constater, sur la photo ci-dessus qui présente l'ensemble du chœur, que le tiers-point est particulièrement resserré.
Au-dessus de la corniche qui court tout le long de la nef et de l'abside commence le travail des restaurateurs de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Le triforium aveugle n'est qu'un parement nu, d'aspect assez vulgaire. La grande table de marbre noir commémorant l'œuvre des de Pontac, bienfaiteurs du monument, est suspendue dans l'abside. Comme dans la nef, les réseaux des baies du dernier étage ont été refaits lors de la restauration.
Le mobilier du chœur provient de l'abbaye cistercienne du Rivet, supprimée à la Révolution. C'est le cas du beau maître-autel de style XVIIIe siècle. C'est peut-être aussi le cas de la grille de communion et des grilles fermant les bas-côtés du chœur. Sans doute plusieurs grands tableaux suspendus dans les bas-côtés du chœur ont-ils la même origine.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 102e session, Bordeaux et Bayonne, 1939, article sur la cathédrale rédigé par Jean Vallery-Radot ; 2) Aquitaine gothique de Jacques Gardelles, Éditions Picard.

L'abside, la voûte du chœur et ses vitraux
LE DÉAMBULATOIRE ET LES CHAPELLES RAYONNANTES (XIIIe & XIVe SIÈCLES)
Le déambulatoire nord et les chapelles rayonnantes.
Le déambulatoire nord et les chapelles rayonnantes.
On voit, à droite, la jonction très maladroite de la retombée
d'ogive sur la pile du rond-point du chœur.

Détail du mauvais raccord de la retombée d'ogive ---»»»
dans le déambulatoire (voir l'encadré à droite).
Chapelle sud dite des Pénitents
Chapelle sud dite des Pénitents
Le déambulatoire s'ouvre sur deux chapelles de plan rectangulaire, dites chapelles des Pénitents.
Détail du mauvais raccord de la retombée d'ogive
Le déambulatoire du début du XIVe siècle
Le visage du Christ ou de saint Jean
Le visage du Christ ou de saint Jean
dans une clé de voûte.

Architecture II. Ni le déambulatoire, ni les chapelles rayonnantes n'ont été la cible des huguenots pendant les guerres de Religion. L'ensemble est donc arrivé à peu près intact depuis le XIVe siècle.
Dans le déambulatoire aux formes gothiques très pures, un point doit retenir l'attention : celui des jointures des retombées d'ogives sur les colonnettes des piles du chœur. Jean Vallery-Radot en fait la remarque dans son rapport sur la cathédrale de Bazas (Congrès archéologique de France tenu à Bordeaux et Bayonne en 1939). Côté chapelles rayonnantes, les fortes nervures en amande s'ajustent parfaitement sur les colonnettes de même profil et de même calibre qui montent depuis les supports (que l'on voit à la naissance des chapelles rayonnantes). En revanche, côté chœur, la jonction est tout à fait grossière (voir photo ci-contre). Jean Vallery-Radot en déduit que : 1) les colonnettes côté chœur n'ont pas été prévues pour recevoir les retombées d'ogives du déambulatoire ; 2) comme, au nord, certaines astragales ont été conservées - montrant que les piliers devaient accueillir des chapiteaux -, «le constructeur des voûtes du déambulatoire [les] a fait disparaître en vue de ménager une retombée par pénétration correspondante [sic] à celle qui était prévue par ailleurs.» L'historien en conclut logiquement : «Les piles du rond-point ont donc été plantées au cours d'une période de travaux antérieure à celle qui vit s'élever le déambulatoire et les chapelles rayonnantes.» Jacques Gardelles précise, dans sa présentation de 1987 : «Tout se passe comme si les deux éléments [rond-point et déambulatoire avec chapelles] avaient été construits par deux maîtres différents à deux différents moments», le premier élément construit étant évidemment le rond-point.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 102e session, Bordeaux et Bayonne, 1939, article sur la cathédrale Saint-Jean-Baptiste rédigé par Jean Vallery-Radot ; 2) Congrès archéologique de France, 145e session, Bordelais et Bazadais, 1987, article sur la cathédrale rédigé par Jacques Gardelles.

«««--- À GAUCHE
Le déambulatoire sud du début du XIVe siècle
et ses chapelles rayonnantes.
Les huguenots n'ont pas touché
le déambulatoire et les chapelles.
L'Annonce à Zacharie
L'Annonce à Zacharie
Chapelle rayonnante Saint-Jean-Baptiste.
Chapelle rayonnante Saint-Jean-Baptiste.
Chapelle rayonnante Saint-Jean-Baptiste.
Chapelle absidiale Saint-Jean-Baptiste
Chapelle rayonnante Saint-Jean-Baptiste
Les peintures de la danse de Salomé devant Hérode font de cette chapelle l'une des plus belles du chevet avec la chapelle Saint-Pierre.
Salomé présente à Hérode la tête de saint Jean–Baptiste
Salomé présente à Hérode la tête de saint Jean-Baptiste
Scène centrale du vitrail.
Saint Paul prêchant à Athènes (?)
Saint Paul prêchant à Athènes (?)
Tableau d'un auteur anonyme.
XVIIIe siècle (?)

Aucune documentation n'a été trouvée sur les peintures murales des chapelles rayonnantes. Comme Joseph Villiet s'adonnait aussi à la peinture murale, il faut admettre que celles des chapelles St-Jean-Baptiste et St-Pierre sont de sa main.

La verrière de la chapelle absidiale du Saint–Sacrement illustre la Cène.
La verrière de la chapelle rayonnante du Saint-Sacrement illustre la Cène.
Chapelle absidiale du Saint–Sacrement : l'autel orné de nombreuses statues modernes.
Chapelle rayonnante du Saint-Sacrement : l'autel orné de nombreuses statues modernes.
La danse de Salomé et Salomé contemplant la tête de saint Jean
La Décollation de saint Jean-Baptiste
La Décollation de saint Jean-Baptiste
Scène centrale du vitrail.
Le roi Hérode contemplant Salomé dansant.
Le roi Hérode contemplant Salomé dansant.
Chapelle absidiale Saint-Jean-Baptiste.
Salomé présente à Hérode la tête de saint Jean
Salomé présente à Hérode la tête de saint Jean
Chapelle absidiale Saint-Jean-Baptiste.
Atelier Joseph Villiet (vers 1852-1862)
Le roi Hérode en plein doute
Le roi Hérode est en plein doute
quand il reçoit la tête de Jean-Baptiste.
QUATRE TABLEAUX DE SAINTS
PEINTS PAR FRANÇOIS LEMOINE,
FIN DU XVIIIe SIÈCLE,
CHAPELLE AXIALE
Saint Athanase par François Lemoine.
Saint Athanase par François Lemoine.
Saint Basile par François Lemoine.
Saint Basile par François Lemoine.
Saint Jean Crysostome par François Lemoine.
Saint Jean Crysostome par François Lemoine.
Saint Grégoire de Nažianže par François Lemoine
Saint Grégoire de Nazianze par François Lemoine.
«««--- À GAUCHE
La danse de Salomé et
Salomé contemplant la tête de saint Jean.
Peintures de la chapelle Saint-Jean-Baptiste.
Déambulatoire sud (fin du XIIIe, début du XIVe siècle).
Déambulatoire sud (fin du XIIIe, début du XIVe siècle).
Statue de la Vierge La Manne
La Manne
dans le tympan d'un vitrail de
la chapelle du Saint-Sacrement.
«««--- Statue de la Vierge
Chapelle axiale de la Vierge
Les vitraux de la chapelle axiale de la Vierge illustrent des épisodes de la vie de la Vierge
Les vitraux de la chapelle axiale de la Vierge illustrent des épisodes de la vie de la Vierge :
Annonciation, Couronnement et Présentation de Jésus au Temple.
Atelier Joseph Villiet (années 1852-1862)
Chapelle axiale de la Vierge.
Chapelle axiale de la Vierge.

La chapelle de la Vierge. Avec ses cinq pans, c'est la plus vaste des chapelles rayonnantes. Comme les autres, elle remonte au début du XIVe siècle, puisque les huguenots ont eu la gentillesse de ne pas détruire le déambulatoire et les chapelles de l'abside dans les années 1570.
Les vitraux des trois baies centrales illustrent des scènes de la vie de Marie : Annonciation, Couronnement et Présentation au Temple. Les pans 4 et 5, qui sont dans le prolongement de la verrière (et qui sont cachés sur la photo ci-dessus) reçoivent le texte des litanies.

L'Éducation de la Vierge, auteur anonyme
Chapelle rayonnante Saint-Pierre
Chapelle rayonnante Saint-Pierre
Les peintures murales illustrent la vie de saint Pierre.
«««--- L'Éducation de la Vierge, auteur anonyme
Tableau du XVIIe siècle dans la chapelle Saint-Joseph.
Les vitraux de la chapelle absidiale Saint-Pierre
Les vitraux de la chapelle absidiale Saint-Pierre
illustrent trois épisodes de sa vie : l'Appel de Pierre ; Pierre reçoit
les clés du Royaume ; un ange délivre Pierre de sa prison romaine.
Chapelle rayonnante Saint-Pierre : illustration de la pêche miraculeuse.
Chapelle rayonnante Saint-Pierre : illustration de la pêche miraculeuse.
L'orgue de tribune est du facteur Robert Chauvin de Dax.
L'orgue de tribune est du facteur Robert Chauvin de Dax.
Il a été inauguré en septembre 1983.

Aucune documentation n'a été trouvée sur les peintures murales des chapelles rayonnantes. Comme Joseph Villiet s'adonnait aussi à la peinture murale, il faut admettre que celles des chapelles St-Jean-Baptiste et St-Pierre sont de sa main.

La nef vue depuis le chœur.
La nef vue depuis le chœur.
Le mur occidental et les élévations des bas-côtés sont de la fin du XIIIe siècle.
Tout le reste de l'architecture (notamment les piles rondes) est de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle.

Documentation : Congrès archéologique de France, 102e session, Bordeaux et Bayonne, 1939, article sur la cathédrale de Jean Vallery-Radot
+ Congrès archéologique de France, 145e session, Bordelais et Bazadais, 1987, article sur la cathédrale de Jacques Gardelles
+ «Aquitaine Gothique» de Jacques Gardelles, éditions Picard
+ brochure «La Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bazas» publiée par l'Association des Amis de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bazas.
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