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Page créée en fév. 2019
Détail d'un chapiteau néo-roman

Dans les quartiers est de Vitré, depuis l'année 1420, se dressait l'église du Vieux-Saint-Martin, rattachée à la paroisse Notre-Dame. En 1803, elle devient l'église de la paroisse Saint-Martin nouvellement créée. Mais la France se modernise et, en 1857, arrive le chemin de fer : la ligne Paris-Brest passe à Vitré. En 1874, c'est le 70e Régiment d'Infanterie qui prend ses quartiers dans la ville. De nouvelles zones d'habitation se créent au sud et à l'est de la ville close. Une population jeune, plutôt aisée s'installe. Elle demande bientôt à la municipalité la construction d'une nouvelle église assez grande pour rivaliser avec Notre-Dame. C'est ainsi que sera bâtie l'église Saint-Martin actuelle dans un style néo-roman. Elle reste à ce jour le plus important édifice néo-roman d'Ille-et-Vilaine.
La construction commence en 1883 et le bâtiment est consacré en 1895. Il est vraisemblable que son ossature est en métal, une ossature sur laquelle on aura greffé des moellons. Cette technique, pratiquée depuis les années 1850, présentait le triple avantage d'une construction rapide, peu coûteuse et solide.
L'architecte du bâtiment fut un moine bénédictin, dom Jules Mellet, associé à son frère, Henri. On retrouve ses deux noms dans la conception de la chaire à prêcher et des chapiteaux. L'église Saint-Martin surprend par son ampleur et la largeur de sa nef. Elle possède quelques très beaux chapiteaux néo-romans et une grande chaire à prêcher, bien dans le style des créations du XIXe siècle.

Vitrail de saint Jacques dans le chevet, détail
Vue d'ensemble de la nef
Vue d'ensemble de la nef.
Les photos de cette page ont été prises alors qu'une messe d'enterrement se préparait.
Aussi les lumières de la nef vont-elles bientôt s'allumer (ce qui est visible dans plusieurs photos plus bas.).
La façade occidentale de l'église fait référence à l'art roman
La façade occidentale de l'église fait référence à l'art roman.
Un ange musicien
Un ange musicien
à la retombée du dôme.

Architecture externe. On est un peu surpris par la très haute stature de cette église néo-romane qui écrase littéralement les maisons alentour. Le porche s'élève à mi-hauteur de la façade, ce qui ne fait que renforcer l'impression d'élancement. Il y a peu de parties sculptées, contrairement aux édifices romans traditionnels. Toutefois, un beau bas-relief de Maxime Réal del Sarte (ci-dessous), dans le tympan du portail, contraste avec la sobriété des voussures et des chapiteaux simplement épannelés.

Le chevet et ses absidioles aux fenêtres romanes
Le chevet et ses absidioles aux fenêtres romanes.
La porte romane et ses chapiteaux épannelés
La porte romane et ses chapiteaux épannelés.
«La charité de saint Martin» par Maxime Real del Sarte, 1938
«La charité de saint Martin» par Maxime Real del Sarte, 1938.
Tympan du portail occidental
Les pentures de la porte occidentale sont en Modern Style
Les pentures de la porte occidentale sont en Modern Style.
L'église se dresse au milieu des maisons
L'église se dresse au milieu des maisons.
Statue de saint Martin au sommet du dôme
Statue de saint Martin au sommet du dôme
au-dessus de la croisée.
Le Christ-Roi sur le haut de la façade occidentale
Le Christ-Roi sur le haut de la façade occidentale.
LA NEF DE L'ÉGLISE SAINT-MARTIN
Élévation nord de l'église avec le chœur
Élévation nord de l'église et chœur.
Plan de l'église Saint-Martin
Plan de l'église Saint-Martin.
Statue de saint Martin, détail
Statue de saint Martin, détail.
Auteur inconnu.
À DROITE ---»»»
La chaire à prêcher néo-romane date de 1902.

Architecture interne. D'un rapide coup d'œil, on reconnaît qu'elle est extrêmement riche, versant même un peu vers la surcharge. Les architectes, les frères Jules et Henri Mellet, ont vu grandiose, ce qui fait que l'élévation, qui reste artistiquement néo-romane, s'approche, par l'ampleur de ses quatre niveaux, du néo-gothique.
Au premier niveau, une suite d'arcades en plein cintre très sobres est enrichie de chapiteaux. La très large ouverture des tribunes sur la nef (par des arcades là encore en plein cintre) possède un réel cachet et fait toute la noblesse de l'ensemble. Évidemment, le triforium est devenu inutile.
Le vaisseau central est très large. En conséquence, les architectes se sont autorisés, sans craindre une sensation d'écrasement, à couper l'élancement des élévations par deux corniches au-dessus de l'étage des tribunes : celle du bas est à denticules, celle du haut, à billettes (photo à droite). La première fait le tour de la colonne semi-engagée quand elle la rencontre, alors que la deuxième accueille un chapiteau et des masques au point de contact - qui est aussi celui de la retombée des ogives.
Voir la photo plus bas pour apprécier l'élévation dans toute sa hauteur.

La chaire à prêcher néo-romane date de 1902
La cuve de la chaire à prêcher avec saint Jean, saint Luc et saint Marc
La cuve de la chaire à prêcher avec saint Jean, saint Luc et saint Marc.
Architecture d'une colonne contre l'élévation
Architecture d'une colonne contre l'élévation.
Chemin de croix, station VI
Chemin de croix, station VI
«Véronique essuie la face de Jésus».
Statue de Jeanne d'Arc
Statue de Jeanne d'Arc
Auteur inconnu.
La chaire à prêcher vue de l'arrière
La chaire à prêcher vue de l'arrière.

La chaire à prêcher est un très beau monument d'ébénisterie qui occupe toute la largeur d'une travée. Elle est réalisée en 1902 par les menuisiers Lecomte et fils, associés aux sculpteurs Vallet et Brillu. Le dessin est dû à l'architecte de l'église Henri Mellet. Assez classiquement, la cuve hexagonale expose les statues de saint Martin, de Samson et des quatre évangélistes. L'abat-voix est surmonté d'un dôme où se dresse l'archange Michel ; des anges musiciens l'entourent. Enfin, le côté le plus remarquable de cette chaire est son escalier à double révolution (photo ci-contre). À Saint-Martin, monter en chaire devait être un spectacle digne d'une pièce de théâtre !

L'arcature au deuxième niveau de l'élévation
L'ouverture des tribunes sur le vaisseau central propose une arcature en plein cintre enrichie de chapiteaux.
L'abat-voix de la chaire à prêcher avec ses anges musiciens
L'abat-voix de la chaire à prêcher avec ses anges musiciens.
Chemin de croix, station VII : Jésus tombe pour la deuxième fois
À DROITE ---»»»

Élévation sud des travées occidentales.

«««--- À GAUCHE

Chemin de croix, station VII
J ésus tombe pour la 2e fois.

Élévation sud des travées occidentales
LES BAS-CÔTÉS ET LES CHAPELLES LATÉRALES
Autel latéral Saint-Michel et ses statues d'art sulpicien
Autel latéral Saint-Michel et ses statues d'art sulpicien.
Les bas–côtés sont voûtés d'arêtes. Ici, le bas–côté nord.
Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes. Ici, le bas-côté nord.
LES CHAPITEAUX
Chapiteau avec personnages grotesques et pélicans
Chapiteau avec personnages grotesques et pélicans.
Chapiteau avec quatre prophètes et le Tétramorphe
Chapiteau avec quatre prophètes et le Tétramorphe.
Au premier plan, Ézéchiel et l'aigle de saint Jean.
Le bas-côté nord et sa suite de chapelles latérales
Le bas-côté nord et sa suite de chapelles latérales.
Autel latéral (Ecce Homo)
Autel latéral (Ecce Homo).
Autel latéral (Pax)
Autel latéral (Pax).
Le bas-côté sud et sa suite de chapelles latérales.
Le bas-côté sud et sa suite de chapelles latérales.
On est bien dans le style néo-roman : les arcades qui ouvrent sur les chapelles sont en plein cintre.
La nef sur le côté nord avec les piles, leurs chapiteaux et vue sur les chapelles latérales.
La nef sur le côté nord avec les piles, leurs chapiteaux et vue sur les chapelles latérales.
Chapiteau avec suite de grotesques
Chapiteau avec suite de grotesques.

Les chapiteaux, réalisés par le sculpteur Vergne en 1890 et 1892, sous la direction de l'architecte de l'église Henri Mellet, constituent l'une des clés artistiques de l'édifice. Dans la nef, plus on se rapproche du chœur, plus ils sont travaillés. Vers l'entrée, on observe un style floral assez simple (photo ci-dessus), puis le décor fait place à un monde animalier, parfois fantastique où les figures humaines complètent des corps monstrueux.
Seul le cinquième pilier sud est orné d'un chapiteau à décor biblique. On y voit quatre prophètes (Isaïe, Jérémie, David et Ézéchiel) séparés par les symboles des évangélistes, c'est-à-dire le Tétramorphe (photo ci-dessus à gauche). Les chapiteaux couronnant les piles de la croisée (ci-dessous) sont impressionnants de richesse artistique.

Chapiteau avec suite de grotesques
Chapiteau avec suite de grotesques.
Chapiteau de la croisée du transept
Chapiteau de la croisée du transept.
Chapiteau de la croisée du transept
Chapiteau de la croisée du transept.
LE TRANSEPT ET LA CROISÉE
La croisée du transept et la dernière travée de la  nef
La croisée du transept et la dernière travée de la nef.
La coupole de la croisée
La coupole de la croisée.
La rose du croisillon sud est tout à fait originale
La rose du croisillon sud.
Autour de la Vierge, des bourgeois et des prélats de Vitré sont en prière.

Les vitraux de la nef. La plupart d'entre eux sont constitués de formes géométriques simples. Cependant les deux plus beaux, et aussi les plus originaux, sont sans conteste ceux qui surmontent les croisillons du transept. L'auteur des cartons (qui est inconnu) a voulu rappeler le passé glorieux de la ville, quand les marchands s'enrichissaient par le commerce de la toile (voir l'encadré sur les retables de l'église Notre-Dame à Vitré). La rose du croisillon sud (ci-dessus) montre des marchands richement habillés, en oraison autour de la Vierge. Ils sont accompagnés de deux prélats portant de remarquables chasubles. Dans une dominante chromatique rouge, la rose du croisillon nord (ci-contre) montre un Christ au regard très déterminé, pointant un doigt vers les tables de la Loi. Des femmes en prière l'entourent. On remarque, dans ce vitrail, qu'un même carton, par souci d'économie, a été utilisé plusieurs fois.

Le croisillon sud du transept et l'autel de messe installé à la croisée
Le croisillon sud du transept et l'autel de messe installé à la croisée.
La rose du croisillon nord rassemble, autour du Christ, des femmes en prière
La rose du croisillon nord rassemble, autour du Christ, des femmes en prière.
La croisée avec l'autel de messe et avec un vue sur une chapelle nord du déambulatoire
La croisée avec l'autel de messe et avec un vue sur une chapelle nord du déambulatoire.
Le Christ montre les tables de la Loi
Le Christ montrant les tables de la Loi.
Partie centrale de la rose du croisillon nord.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-MARTIN
Le chœur et le chevet néo-roman de l'église Saint-Martin
Le chœur et le chevet néo-roman de l'église Saint-Martin.
Trois anges portent un velum au-dessus de la croix
Trois anges portent un velum au-dessus de la croix.
Un ange sur une colonne du maître-autel
Un ange sur une colonne du maître-autel.
Saint Louis
Saint Louis.
Saint Jacques
Saint Jacques .
Saint Pierre
Saint Pierre.
LES TROIS VITRAUX DU CHEVET
Le maître–autel en cuivre et bronže a été réalisé par l'atelier Poussielgue–Rusand
Le maître-autel en cuivre et bronze a été réalisé par l'atelier Poussielgue-Rusand.

Le chœur et le maître-autel. On ne peut que regretter que le maître-autel soit affublé d'un rideau qui cache la perspective du chœur au niveau du déambulatoire... Néanmoins, le maître-autel mérite attention. Réalisé par l'orfèvre parisien Placide Poussielgue-Rusand dans un style néo-roman, il présente une disposition originale. Sa table rappelle les décors de l'époque paléochrétienne avec grains de raisin et colombes buvant dans le calice eucharistique. Le plus rare est le velum porté par trois anges et coiffant la croix et le Saint-Sacrement (voir à gauche).

LA CHAPELLE AXIALE NOTRE-DAME-DE-GRÂCE
La chapelle d'axe est dédiée à Notre-Dame-de-Grâce
La chapelle d'axe est dédiée à Notre-Dame-de-Grâce.
Déambulatoire avec entrée vers la chapelle d'axe
Déambulatoire avec entrée vers la chapelle d'axe.
On remarquera que toutes les arcades présentes
sur la photo sont en plein cintre.
Statue de la Vierge à l'Enfant par Jean Fréour
Statue de la Vierge à l'Enfant par Jean Fréour.

La chapelle d'axe est dédiée à Notre-Dame de Grâce. C'est l'un des plus beaux endroits de l'église. Sa sobriété fait contraste avec le style néo-roman très enrichi que l'on voit partout ailleurs dans l'édifice. Le pourtour de cette chapelle accueille des grandes peintures murales sur les thèmes de l'Adoration des mages, de l'Adoration des bergers et de la Piéta. Réalisées par l'artiste Louis Garin en 1957, elles sont découpées pour respecter les pilastres qui scandent l'élévation.
Au-dessus de l'autel, la statue de la Vierge à l'Enfant est l'œuvre de Jean Fréour.

Peinture murale dans la chapelle d'axe : «La Piéta» par Louis Garin, 1857
Peinture murale dans la chapelle d'axe : «La Piéta» par Louis Garin, 1857.
La Pentecôte
La Pentecôte.
Le Couronnement de la Vierge
Le Couronnement de la Vierge.
L'Assomption
L'Assomption.
L'orgue de tribune a été réalisé par le facteur Victor Gonžalež
L'orgue de tribune a été réalisé par le facteur Victor Gonzalez
et inauguré en juin 1948.


«««--- Trois des vitraux de la chapelle d'axe.
Cartons de Louis Garin. Le maître verrier est inconnu.
Peinture murale dans la chapelle d'axe : «L'Adoration des bergers» par Louis Garin, 1957
Peinture murale dans la chapelle d'axe : «L'Adoration des bergers» par Louis Garin, 1957.

Documentation : «Laissez-voux conter l'église Saint-Martin», brochure de l'Office de Tourisme.
+ «Vitré de A à Z» de Ludovic Billon, éditions Alan Sutton
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