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Page créée en janv. 2018
Éléments d'un chapiteau dans le chœur

La collégiale de Saint-Yrieix-la-Perche est un édifice à la fois roman et gothique, qui donne quelques clés pour éclaircir le difficile passage d'un style à l'autre. Tout commence avec le futur saint Yrieix (Aredius en latin) qui, en 572, lègue le domaine foncier d'Attane à une communauté religieuse. Les moines vont dépendre, d'une manière assez lâche, de la collégiale de Saint-Martin de Tours. Et ceci jusqu'à la Révolution (qui détruira Saint-Martin). Le premier oratoire de la communauté était dédié à saint Hilaire. Nous n'en savons pas grand-chose, à part qu'il possédait un grand clocher-porche, toujours visible en tant que partie occidentale du monument actuel. L'édifice, de style roman, datait d'avant le XIIe siècle. Vers la fin du XIIe, les chanoines décidèrent de bâtir une nouvelle église. La raison en est inconnue. Était-ce la rivalité avec l'abbatiale de Solignac qui poussait le collège à construire plus grand (voir l'encadré développé à propos du transept) ? Toujours est-il que les reliques de saint Yrieix furent transférées dans l'église en 1180, année qui reste une date charnière dans la construction. Quel était l'état exact du monument à cette époque? C'est un mystère.
La chapelle nord et le sanctuaire sont les parties les plus anciennes de la collégiale actuelle. Furent ensuite ajoutés le transept et la nef, une nef qui vint buter sur le clocher-porche occidental préexistant. On ajouta ensuite la chapelle sud. Au XIVe siècle, le chevet plat fut remplacé par une abside octogonale.
Au niveau architectural, la collégiale Saint-Yrieix laisse éclater une intéressante dissymétrie entre les élévations nord et sud de la nef (voir encadré), ainsi qu'un raccordement atyique entre la croisée et le croisillon nord du transept (voir encadré).
Sous la Révolution, l'édifice ne subit aucun dommage. Il est classé Monument historique en 1841.
Dans les années 1870-1880, l'architecte Paul Abadie défigure l'aspect extérieur de la collégiale en coiffant de simili-créneaux tous les contreforts, ainsi qu'en modifiant la toiture. Curieusement, à la collégiale du Dorat (toujours dans le Limousin), ce même XIXe siècle fit l'opération inverse en supprimant tout le système défensif médiéval du XVe siècle.
La collégiale Saint-Yrieix s'inscrit à la jonction du roman et du gothique. Conséquence : ses vitraux, plus larges qu'à l'époque romane, permettent d'éclairer la nef dans de bonnes conditions. Pour l'abside, l'atelier toulousain de Louis-Victor Gesta confectionna une série de verrières à grands personnages dans la seconde moitié du XIXe siècle. À part un vitrail dédié au Sacré-Cœur dans la chapelle sud, les fenêtres de la nef reçoivent une vitrerie à petits carreaux bruns très simple.

Saint Yrieix dans un vitrail de Louis-Victor Gesta (XIXe siècle)
Vue d'ensemble de la nef et du chœur
Vue d'ensemble de la nef et du chœur
La collégiale vue du côté nord
La collégiale vue du côté nord (fin du XIIe siècle, début du XIIIe siècle).
Le clocher, assez trapu, est de style limousin. Il est à rapprocher de celui de la collégiale Saint-Pierre au Dorat.
La tour du Plô à côté de l'église
La tour du Plô à côté de l'église.

La tour du Plô (qui signifie tour de la place) est le plus ancien monument civil de Saint-Yrieix-la-Perche. Bâtie au XIIIe siècle, d'une hauteur de 20 mètres, elle symbolise l'autorité du vicomte de Limoges sur la ville. Ses murs ont deux mètres d'épaisseur. Elle est divisée en quatre niveaux. Le rez-de-chaussée a probablement servi de prison jadis.

La façade sud
La façade du croisillon sud du transept
et son portail gothique.
Les créneaux au sommet des contreforts sont
un ajout malheureux du XIXe siècle.
Christ en majesté au-dessus du portail de la façade  sud
Christ en majesté au-dessus du portail gothique de la façade sud,
XIIe siècle.
Le Christ bénit de sa main droite.
Sur le socle, on peut lire : «Hic e vera remissio».
Le clocher roman
Les deux étages supérieurs du clocher roman.

Le clocher de la collégiale, écrit Claude Andrault-Schmitt dans son article du Congrès archéologique de France en 2014, est «un témoignage indiscutable de l'existence d'une église antérieure à 1181» (voir image plus haut). Contrairement à celui du Dorat, il est peu intégré à l'édifice. Ce qui conduit à penser que son soubassement (c'est-à-dire le rez-de-chaussée) constituait jadis la première travée d'une ancienne nef.
La partie supérieure du clocher (photo ci-dessus) contient un étage orné de fines arcatures trilobées tout à fait originales. Sur la photo, deux colonnettes manquent à cet étage, mais les trilobes, qui subsistent, dessinent un profilé très gracieux. Enfin, au dernier étage, deux fenêtres en tiers-point, coupées en deux baies, éclairent chacune des quatre faces. On notera l'absence de modillons sur le clocher : l'influence du gothique se fait déjà sentir.
Sources : Congrès archéologiques de France à Limoges (1921) et en Haute-Vienne (2014).

Le portail de la façade sud
Le portail gothique de la façade sud comprend de nombreuses voussures.
Les chapiteaux qui reçoivent les voussures sont ornés de crochets assez érodés.
Statue de sainte Barbe
Statue de sainte Barbe
dans la niche
d'un mur de la ville
de Saint-Yrieix-la-Perche.
Alignements de crochets à la retombées des voussures ouest
Retombées des voussures sur le côté ouest : alignements de crochets formés par des palmettes sous un unique tailloir.
Détail des vantaux du portail de la façade sud
Détail des vantaux du portail de la façade sud.
Porte romane sur le côté nord
Porte romane sur le côté nord.
La façade occidentale vue du sud-ouest
La façade occidentale vue du sud-ouest.
Le chevet
Le chevet et ses contreforts saillants munis de larmiers.
Le portail occidental
Le portail occidental est de style roman limousin
(présence de deux voussures limousines).
«««--- Sur le chevet, les créneaux datent du XIXe
siècle. Les gargouilles, au sommet des contreforts,
sont très dégradées.
LA NEF ROMANE DE LA COLLÉGIALE SAINT-YRIEIX
Élévations sud vues de l'entrée de la collégiale
Élévations sud de la collégiale (fin du XIIe, début du XIIIe siècle).
Le croisillon sud du transept rejoint la croisée par un pan coupé construit d'une manière rigoureuse. Voir l'encadré plus bas.
On remarquera le grand oculus sur la voûte de la croisée du transept. Un clocher central avait manifestement été prévu lors de la construction.

Architecture. La nef se compose de deux travées larges de 15,25 mètres. La voûte est quadripartite. Chaque travée est ornée d'une suite de trois arcatures en tiers-point, On voit sur la photo ci-dessus une seule arcature reposant sur une colonnette. Sur la photo ci-contre, qui illustre l'élévation nord, les arcatures ne reposent que sur des culots. Explication : les colonnes ont simplement été interrompues pour établir des autels latéraux dans la nef. Les piles séparant les deux travées ont une découpe originale : elles possèdent «trois colonnes engagées, celle du milieu étant coupée à mi-hauteur et placée en encorbellement sur une console décorée d'un masque humain» [Deshoulières]. Au-dessus de l'arcature, une corniche soutenue par des modillons introduit une coursière qui permet de circuler. Ajoutons que la majorité des modillons a été refaite au XIXe siècle.
Le point le plus remarquable de la nef est la différence importante entre l'élévation nord et celle du sud, mettant en relief la dissymétrie de la nef . Au nord, la pile qui sépare les travées (photo ci-contre) peut être regardée comme un contrefort intérieur. Sa grande largeur permet d'ouvrir un passage au niveau du bas-côté. Au niveau de la voûte qui est au-dessus, on observe un élégant berceau transversal qui ne peut pas être confondu avec un formeret car il ne fait pas corps avec le mur gouttereau. En revanche, au sud (photo ci-dessous), «les trois colonnes séparatives des travées sont directement engagées dans le mur et le pseudo-formeret est moins large» [Deshoulières]. Cette différence est bien nette dans le plan ci-dessous où l'on voit d'ailleurs le tracé d'un contrefort extérieur au sud. Comment expliquer cette différence? François Deshoulières soumet quelques idées. A-t-on utilisé d'anciens murs au côté nord? C'est probable car l'épaisseur de l'élévation nord n'est pas uniforme. L'architecte s'est-il refusé à encombrer, par des contreforts extérieurs, le cloître qui se trouvait derrière l'élévation nord de la nef? C'est possible aussi. Précisons que l'habitude est de mettre le cloître au sud, mais ici la déclivité du terrain au sud et le voisinage des remparts l'ont rejeté au nord. Pour Claude Andrault-Schmitt (Congrès archéologique de France tenu en Haute-Vienne en 2014), cette dissymétrie est tout simplement inexplicable (!) Quoi qu'il en soit, on aboutit ainsi à deux très belles travées «gothiques» en ce sens que, si l'on ôtait les murs gouttereaux, la voûte serait entièrement retenue par les piliers.
Sources : Congrès archéologiques de France (Limoges, 1921 & Haute-Vienne, 2014).

Plan de la collégiale
Plan de la collégiale (l'ouest est en bas).
Les contreforts internes dans l'élévation sud
Les contreforts internes de l'élévation sud sont peu saillants.
Il n'y a pas de passage au niveau du bas-côté.
Culot avec masque dans l'élévation nord Culot avec masque dans l'élévation nord Modillons dans l'élévation nord

MODILLON ET DEUX CULOTS AVEC MASQUE HUMAIN DANS L'ÉLÉVATION NORD.

Élévations nord
Contrairement aux élévations du côté sud, les élévations du côté nord
font apparaître des contreforts saillants.
La voûte de la nef
La voûte de la nef ne possède aucun lierne.
Les clés de voûte (travées 1 & 2) sont assez banales (ci-dessous).
Clé de voûte de la 1ère travée
Clé de voûte de la 1ère travée.
Clé de voûte de la 2e travée
Clé de voûte de la 2e travée.
La coursière et son passage dans l'élévation de la  nef
La coursière et son passage dans l'élévation de la nef.
Arcatures de la nef avec colonnettes et culots
Arcatures de la nef avec colonnettes, culots et, au centre, les trois colonnes séparatives des deux travées.

Un goût barbare. Dans l'article sur la collégiale Saint-Yrieix pour le Congrès archéologique de France tenu à Limoges en 1921, l'historien René Fage rapporte une information croustillante tirée des Archives de la Haute-Vienne. Nous sommes sous la Convention en l'an III de la République. Le Directoire du Département adresse un rapport au comité des Travaux Publics de la Convention. Ou peut y lire : «Nous ne connaissons, dans les six districts qui composent le département, aucun monument public digne de

fixer l'attention. Les quatre ci-devant églises collégiales situées dans les chefs-lieux des districts de Saint-Yrieix, de Saint-Léonard, du Dorat et de Saint-Junien, sont des colosses gothiques érigés sous le règne de Dagobert et de Clotaire, dans un goût plus ou moins barbare.» René Fage ajoute malicieusement que «ces quatre églises sont, avec la cathédrale de Limoges et l'abbatiale de Solignac, les plus admirables monuments de la Haute-Vienne.»

LA CROISÉE ET LE TRANSEPT
La nef, la croisée et le transept nord
La croisée, le croisillon nord du transept et la nef.
À l'ouest, l'arcature de la croisée et celle du croisillon retombent au même niveau.
Ainsi, l'arc du croisillon est désaxé par rapport à une ligne est-ouest.
Chapiteaux sur le pilier nord-est de la croisée
Chapiteaux sur le pilier nord-est de la croisée.
Chapiteaux sur le pilier sud-est de la croisée
Chapiteaux sur le pilier sud-est de la croisée.
Chapiteau à palmettes sur le pilier nord-est de la chapelle nord
Chapiteau à séries de fougères sur le pilier nord-est de la chapelle nord.

La croisée et le transept. Il suffit de regarder le plan pour constater une bizarrerie dans la construction du transept : les deux croisillons sont moins larges que la croisée. Sans réelle certitude, les historiens avancent que ce transept a été construit après le sanctuaire, mais avant la nef. Il est probable que l'on a utilisé une partie des murs préexistants. Le raccordement du côté ouest, c'est-à-dire du côté de la nef, ne présente aucune particularité architecturale. En revanche, à l'est, c'est-à-dire côté sanctuaire et chapelles, le raccordement mérite que l'on s'y attarde un peu car il est très différent au nord et au sud. Au sud, le système est assez simple : un mur oblique, semblable à un pan coupé, s'en va rejoindre la ligne du transept. Cette disposition est bien visible dans la grande photo ci-dessus.
Au nord, l'architecture paraît plus compliquée. En effet, un pan de mur en très large saillie surgit de la chapelle nord et envahit la croisée. Ce qui est bien net dans la photo ci-dessous. 60 centimètres séparent l'imposante pile nord-est de la croisée de ce pan de mur (voir plan et photo ci-dessous à gauche). La jonction entre la croisée nord et le croisillon nord se matérialise, de la sorte, par deux grandes arcades complètement dissymétriques. La naissance de ces deux arcades est bien distincte à l'est (photo ci-dessous à gauche) alors que, à l'ouest, elles retombent sensiblement au même niveau (voir photo ci-dessus à gauche). C'est parce qu'elles retombent sensiblement au même niveau à l'ouest, c'est-à-dire à moins de 60 centimètres l'une de l'autre, que l'arc du croisillon est légèrement désaxé par rapport à une ligne est-ouest.
La voûte de la croisée possède un gros oculus destiné au passage d'une cloche. C'est le signe évident qu'un clocher central était prévu à l'origine. D'ailleurs la puissance des piles de la croisée, qui possèdent chacune onze colonnes engagées et un pilastre pour soutenir la retombée des nervures, anticipe cette charge supplémentaire. Dans son article pour le Congrès archéologique de France tenu à Limoges en 1921, René Fage a trouvé dans les combles la trace de travaux inachevés. Il a découvert la souche d'un mur à huit pans qui «dessine la base d'une tour octogonale».

Si ce fameux clocher central n'a pas été réalisé, ajoute-t-il, «c'est parce que les dimensions du carré du transept rendaient l'entreprise téméraire.» On en conclura que la croisée était trop vaste pour assurer la sécurité de la construction et que l'épaisseur des piles avait été jugée insuffisante. Ou s'agit-il, plus simplement, d'un banal manque de fonds?
Cependant, sans aller dans le sens de René Fage, l'historien Claude Andrault-Schmitt, lors du Congrès archéologique de France tenu en Haute-Vienne en 2014, rappelle que la collégiale de Saint-Yrieix-la-Perche, au XIIe siècle, était en conflit quasi permanent avec l'abbatiale de Solignac. Les deux établissements, qui étaient les plus riches du diocèse, se disputaient les mêmes territoires. Vers 1147, le doyen de Saint-Yrieix avait été excommunié par l'évêque de Limoges pour avoir «commis des usurpations au détriment de l'abbé de Solignac» [Fage]. À la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, l'heure était à la surenchère : il fallait faire plus grand et plus beau que le concurrent. Solignac possédait des coupoles. Les cathédrales d'Angoulême et de Périgueux, antérieures à Solignac, en avaient aussi. Les clercs ont pu être tentés par ce schéma architectural qui en imposait. Enfin, la collégiale de Saint-Martin de Tours (détruite sous le Directoire), dont dépendait Saint-Yrieix, venait d'être rénovée (vers 1175). Une suite de voûte d'ogives bombées illuminait la nef. Raison de plus pour voir grand.
La dissymétrie entre les croisillons se note aussi au niveau de l'éclairage. Au nord, une seule fenêtre, au cintre brisé, domine l'autel de la Vierge. Cette fenêtre n'est d'ailleurs pas alignée avec l'axe du formeret au-dessus (voir photo). Au sud, un triplet de fenêtres épouse religieusement le dessin de l'arcature qui la domine (voir photo plus bas).

Source : Congrès archéologiques de France (Limoges, 1921 & Haute-Vienne, 2014).

Pilier de la chapelle nord et pilier nord-est de la croisée
Pilier de la chapelle nord et pilier nord-est de la croisée.

60 centimètres séparent l'imposante pile de la croisée
nord-est du pan de mur qui délimite la chapelle nord.
Le chœur et le transept sud
Le chœur et le transept sud
Vitrail de la chapelle sud
Vitrail du Sacré-Cœur dans la chapelle sud ---»»»
Atelier inconnu. La date indiquée dans le cartouche est : «2 février 1914»
Christ en croix dans la croisée, XVIIe siècle
Christ en croix dans la croisée,
XVIIe siècle.
L'autel XIXe siècle du transept nord
L'autel de la Vierge dans le croisillon nord
XIXe siècle.
Le transept nord
Le croisillon nord du transept.
La bizarrerie de l'architecture entre l'arc de la croisée et celui du croisillon
est digne d'intérêt. On remarquera que la fenêtre, au cintre brisé, est désaxée.
Modillon dans le transept nord Modillon dans le transept nord Modillon dans le transept nord
Modillons dans le croisillon nord du transept
Le transept sud Bas-relief de la Sainte Famille, XIXe siècle dans le  soubassement de l'autel nord
Bas-relief de la Sainte Famille, XIXe siècle
dans le soubassement de l'autel nord

«««--- À GAUCHE
Le croisillon sud du transept est éclairé par trois fenêtres
qui suivent la courbe du formeret.

Colonnette et son culot dans le transept nord
Colonnette et son culot
dans le transept nord
Culot dans le transept nord
Culot dans le transept nord
Culot dans le transept nord
Culot dans le transept nord
Culot dans le transept nord
Culot dans le transept nord
LES CHAPELLES DU TRANSEPT
La chapelle sud
La chapelle sud date du XIIIe siècle.
Ses nervures de voûte et ses colonnettes terminées par des consoles
la font remonter à une date postérieure à celle du nord.
À DROITE ---»»»
Vitrail de la chapelle sud, 1914, détail
Vitrail de la chapelle sud, XIXe siècle
Culot dans la chapelle sud Culot dans la chapelle sud

DEUX CULOTS DANS LA CHAPELLE SUD

Les chapelles nord et sud s'étendent de chaque côté du chœur. Longues, voûtées d'ogives, elles se terminent par un mur plat. Ces deux chapelles datent du XIIIe siècle. Toutefois, celle du nord, de plus vaste dimension, semble plus ancienne que l'autre. Elle possède des fenêtres en plein cintre et un cordon feuillagé qui s'allonge sous sa voûte à la retombée des formerets (voir photo en bas à gauche). L'architecture de la chapelle sud est postérieure : les nervures descendent sur de fines colonnettes reposant sur des consoles.
L'historien René Fage indique que, vers 1875, l'architecte Paul Abadie (qui a construit le Sacré-Cœur à Paris) a aménagé une sacristie dans la partie orientale de la chapelle nord, après la démolition de l'ancien chapitre. Pour ce faire, il a créé une voûte basse «d'un assez malheureux effet» [Fage]. Cette sacristie existait encore en 1921. Elle a été supprimée depuis.
De son côté, l'historien Claude Andrault-Schmitt se demande si cette chapelle nord n'avait pas été prévue à l'origine pour recevoir un étage voûté à usage de chartrier. «(...) Elle aurait eu alors un aspect et une fonction de "tour de chanoines", anticipant des formules plus tardives» [Andrault-Schmitt].
Source : Congrès archéologiques de France (Limoges, 1921 & Haute-Vienne, 2014).

La chapelle nord
La chapelle nord remonte au XIIIe siècle.
La sacristie construite par l'architecte Paul Abadie au XIXe siècle,
dans sa partie orientale, a été détruite.
Ferronnerie de la clôture de l'autel dans la chapelle sud
Ferronnerie de la clôture de l'autel dans la chapelle sud.
Détail de la ferronnerie de la clôture de l'autel
Ferronnerie de la clôture de l'autel, détail.
L'autel de la chapelle sud
L'autel de la chapelle sud.
Un  paysage champêtre dans le vitrail de la chapelle sud
Un paysage champêtre dans le vitrail de la chapelle sud (1914) .
Statue de saint-Jean-Baptiste
Statue de saint-Jean-Baptiste.
Le retable de la chapelle sud
Le retable de la chapelle sud est en bois doré,
XVIIe - XVIIIe siècle ?
LE CHŒUR ET L'ABSIDE DE LA COLLÉGIALE SAINT-YRIEIX
Le chœur de la collégiale Saint-Yrieix
Le chœur de la collégiale Saint-Yrieix est éclairé par une verrière de l'atelier Claude-Victor Gesta de Toulouse (2e moitié du XIXe siècle).
Le chœur est l'espace le plus ancien de la collégiale.
Le sanctuaire et la voûte nettement bombée de la première travée
Le sanctuaire et la voûte nettement bombée de la première travée.

Le chœur et l'abside. Avec le porche à l'ouest, le chœur est la partie la plus ancienne de la collégiale (XIIe siècle). À l'origine, il se terminait par un chevet plat. L'abside polygonale qui a pris sa place remonte probablement au XIVe siècle. Contrairement aux voûtes de la nef et de la croisée, la voûte du chœur comprend des liernes. Elle est nettement bombée : la clé de la voûte culmine à 19,50 m, soit 3 mètres plus haut que la clé des arcs. On en a une bonne idée dans la photo ci-contre. En revanche, dans la photo ci-dessous, on voit que le lourd formeret de cette travée ne fait pas corps avec le mur de la chapelle latérale (ici, celle du sud). Il y a donc eu un laps de temps notable entre les deux constructions. Il se peut que les piliers du chœur, eux-mêmes, aient été dressés après l'élévation des chapelles latérales au cours de modifications intervenues au XIIIe siècle.
L'historien Claude Andrault-Schmitt est assez interloqué par les formes de cette travée du chœur si on veut bien la rapprocher d'autres structures du premier gothique angevin. Son attention est attirée par la coursière, montée en encorbellement, qui n'a pas pour but ici d'amincir le mur. En général, on note la présence d'une coursière dans la croisée ou les bras de transept, mais «rarement dans une partie orientale dépourvue d'abside ou d'absidiole». (Rappelons que l'abside de Saint-Yrieix ne date que du XIVe siècle.) Claude Andrault-Schmitt ajoute qu'«un mur à coursière est normalement adapté à un vaisseau unique, non à une juxtaposition qui l'aveugle. Le sanctuaire était certes directement éclairé à l'origine, mais seulement au sud, où l'on voit encore la trace d'une vaste baie.»
Si l'on prend en compte la sculpture présente (les modillons et les métopes qui les séparent), on arrive à la conclusion que cette sculpture romane et la voûte ne sont pas de la même époque. On a donc, dans le chœur de Saint-Yrieix, une voûte gothique avec liernes et des élévations romanes.
Source : Congrès archéologiques de France (Limoges, 1921 & Haute-Vienne, 2014).

Les travées du sanctuaire du côté sud montrent une coursière en encorbellement
Les travées du sanctuaire du côté sud montrent une coursière en encorbellement.
Saint Jacques le Majeur et saint Sylvestre, atelier L.-V. Gesta
Saint Jacques le Majeur et saint Sylvestre
Atelier Louis-Victor Gesta, Toulouse, 2e moitié du XIXe siècle.
Chapiteau roman dans le chœur
Chapiteau roman dans le chœur.
Sainte Marguerite dans un vitrail de l'atelier de L.-V. Gesta
Sainte Marguerite dans un vitrail de l'atelier de L.-V. Gesta
Piéta (XVIIe ou XVIIIe siècle
Piéta (XVIIe ou XVIIIe siècle).
Arcature avec modillons et chapiteau dans le chœur
Arcature avec modillons et chapiteau dans le chœur
Modillon et ses métopes dans le chœur
Modillon et ses métopes dans le chœur.
Saint Henri, atelier Louis-Victor Gesta, Toulouse, XIXe siècle
Saint Henri
Atelier Louis-Victor Gesta,
Toulouse, XIXe siècle
Modillon dans l'élévation nord de l'abside, refait au XIXe siècle
Modillon dans l'élévation nord de l'abside, refait au XIXe siècle Modillon dans l'élévation nord de l'abside, refait au XIXe siècle

TROIS MODILLONS REFAITS AU XIXe SIÈCLE DANS L'ÉLÉVATION NORD DE L'ABSIDE

Travée orientale du chœur et l'abside
Travée orientale du chœur et l'abside.
Modillons refaits au XIXe siècle dans le chœur
Modillons refaits au XIXe siècle dans le chœur.
Saint Yrieix, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Saint Yrieix, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Sainte Marthe, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Sainte Marthe, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Saint Yrieix et saint Martin, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Saint Yrieix et saint Martin
Atelier L.-V. Gesta, Toulouse
2r moitié du XIXe siècle.
Le chef reliquaire de saint Yriex (copie)
Le chef reliquaire de saint Yriex
Copie de l'original du XIIIe siècle.
Orfèvrerie sur une âme sculptée en bois.

TRÉSOR DE LA COLLÉGIALE
Le chœur et son élévation sud
Le chœur et son élévation sud.
L'orgue  Cavaillé-Coll dans le chevet
L'orgue Cavaillé-Coll, dans le chevet, date de 1880.
Sainte Christine
Sainte Christine
atelier L.-V. Gesta, XIXe siècle
Saint Jacques le Majeur Saint Jacques le Majeur
atelier L.-V. Gesta, XIXe siècle
Sainte Rose, atelier L.-V. Gesta
Sainte Rose
atelier L.-V. Gesta, XIXe siècle.
Châsse dite de sainte Germaine, XIIIe siècle
Châsse dite de sainte Germaine, Cuivre, XIIIe siècle.
Saint Louis, atelier L.-V. Gesta, Toulouse
Saint Louis, atelier L.-V. Gesta, Toulouse.
Vue d'ensemble de la nef depuis le chevet
Vue d'ensemble de la nef depuis le chevet.

Documentation : Congrès archéologique de France, Session tenue à Limoges en 1921, article sur la collégiale de René Fage et François Deshoulières
+ Congrès archéologique de France, Session tenue en Haute-Vienne en 2014, article sur la collégiale de Claude Andrault-Schmitt
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