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Page créée en 2011
Priant de Marguerite Brulart dans la nef

Une première basilique, dédiée à saint Bénigne (martyrisé vers la fin du IIe siècle), est construite au VIe siècle sous l'autorité de saint Grégoire. Délabrée et insuffisante pour l'afflux des pélerins venus se recueillir sur la tombe du martyr, l'évêque Isaac fit bâtir une basilique carolingienne plus vaste (vers 870), tout en imposant aux moines de l'abbaye la règle austère de saint Benoît. Au début du XIe siècle, l'italien Guillaume de Volpiano est nommé abbé de Saint-Bénigne. Il s'engage dans la construction d'une troisième basilique dite «lombarde» (car inspirée des églises de Lombardie).
Après l'incendie de 1137 qui détruisit presque toute la ville, le nouvel abbé, Pierre de Genêve, fait rebâtir la partie de la basilique qui a le plus souffert en église romane. Église que le destin frappa en 1271 quand une tour s'écroula sur elle. On réussit en quelques années à recueillir les fonds nécessaires à l'édification d'une basilique gothique. Le chœur fut construit entre 1280 et 1287, le reste achevé en un demi-siècle. Mais l'état du bâtiment se dégrade dangereusement par manque d'entretien. Coup supplémentaire : les pillages de la Révolution la vident complètement (hormis l'orgue du XVIIIe). En 1819, une commission en recommande même la destruction. Malgré tout, des travaux de restauration s'engagent en 1830. Suivis d'une nouvelle campagne en 1884 sous la responsabilité de Charles Suisse. Depuis 2003, avec la création d'un nouvel archevêché (région de Bourgogne), Saint-Bénigne est devenue cathédrale métropolitaine.

La nef
Vue générale de la nef et du chœur

Architecture. La première chose qui frappe le visiteur qui rentre dans la cathédrale Saint-Bénigne est la différence de couleur entre la nef et le chœur. Les sources indiquent que, au Moyen Âge, la pierre du chœur était ocre. Aussi, lors de la dernière restauration (1988-1995), a-t-on essayé de reconstituer cette couleur.
Le chœur se caractérise par de grandes colonnes qui montent sans interruption jusqu'à la voûte, assurant un effet d'élancement vers le ciel assez réussi. Le chœur, comme la nef, possède trois niveaux d'élévation : fenêtres basses, triforium et fenêtres hautes. Le triforium est partout encadré, en haut et en bas, par un bandeau mince en forte saillie qui coupe l'élancement des élévations. Les colonnes du sanctuaire - d'une seul tenant - et leur effet ascensionnel n'en ressortent que plus fortement.

On observe dans le chœur un large parement entre le triforium et les fenêtres hautes : c'est une particularité de Saint-Bénigne.
La nef, avec sa pierre en couleur naturelle, est de style gothique bourguignon. Une des spécificités du style dit «bourguignon» est le passage situé au-dessus du triforium à la base des fenêtres hautes. On s'en aperçoit mieux sur la photo de la nef vue de biais ci-dessous. Les piliers qui soutiennent les grandes arcades sont coupés de manière assez heureuse par un tailloir qui reçoit une statue d'Apôtre.
Enfin, un détail que l'on voit aisément sur la photo du haut : la cathédrale Saint-Bénigne est inondée de lumière car la verrière des fenêtres hautes est en verre blanc.
Saint-Bénigne est cathédrale métropolitaine (archevêché), mais ses dimensions sont assez modestes : 68 mètres de long, 29 de large et 26 mètres de hauteur sous la voûte.

La façade de Saint-Bénigne
La façade très sobre de la cathédrale vue depuis la rue Mariotte à Dijon
La flèche, refaite au XIXe, culmine à 93 mètres. Depuis le faîte du toit, elle fait 55 mètres.
La base de la flèche
Les statues à la base de la flèche (XIXe siècle)
 
Statue sur le portail ouest
Statue sur le portail ouest (XIXe siècle)
Statue à la base de la flèche
Statue à la base de la flèche (XIXe siècle)
Tympan du portail ouest
Tympan du portail ouest : «La Lapidation de saint Étienne» par Edme Bouchardon (1698-1762).
Le porche de la façade ouest
Le porche de la façade ouest a été restauré au XIXe siècle.

Sur le portail ouest, le tympan initial a été détruit en 1794. En 1813, on le remplace par un bas-relief représentant la lapidation de saint Étienne, œuvre d'Edme Bouchardon (1698-1762), provenant de l'ancienne église Saint-Étienne de Dijon (l'actuelle chambre de commerce). Pour être intégré dans la surface disponible, le bas-relief a été réaménagé et complété.

Élévations dans la nef
Élévations de style gothique bourguignon dans la nef. Les grandes verrières du troisième niveau inondent la cathédrale de lumière.

Les piliers de la nef sont ornés des bustes des Apôtres    ---»»»
«La Pentecôte» d'après Giorgio Vasari
«La Pentecôte» d'après Giorgio Vasari
Ce tableau, suspendu près de la chapelle du Saint-Sacrement,
pourrait être une copie du XVIIe siècle.
Vitrail central de l'abside
Vitrail central de l'abside
Œuvre d'Édouard-Amédée Didron
Les vitraux de l'abside illustrent les saints bourguignons, Cliquez sur le vitrail.
Ici, (rangée du bas), de gauche à droite :
saint Andoche, saint Bénigne et saint Thyrse
Rangée du haut : la Vierge, le Christ et saint Jean

Les tableaux que l'on peut admirer dans la cathédrale Saint-Bénigne sont, pour l'essentiel de saisies révolutionnaires, c'est-à-dire qu'ils proviennent des églises et des couvents voisins. Ils datent tous des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Beaucoup sont des copies réalisées par des grands noms de la peinture.

Buste de saint Pierre
Dans la nef :
Buste de saint Pierre en pierre d'Asnières
Œuvre de Jean Dubois (1625-1694)
Buste de saint Jean
Dans la nef :
Buste de saint Jean en pierre d'Asnières
Œuvre de Jean Dubois (1625-1694).
Clé de voûte
Clé de voûte dans un bas-côté
Clé de voûte
Clé de voûte dans un bas-côté
Le bas-côté nord
Le bas-côté nord. Au centre, le tombeau de Mgr Rivet, Au fond, la chapelle du Saint-Sacrement (XIXe siècle)

À DROITE ---»»»
Tombeau de Monseigneur Rivet, évêque de Dijon de 1838 à 1884
Il a été érigé en 1900 sur un carton de Charles Suisse, directeur des travaux de restauration au XIXe siècle
Tombeau de Monseigneur Rivet
Vue d'ensemble du vitrail du transept sud
Bras nord du transeptVitrail nord
Bras nord du transept avec ses statues (saint Jean l'Évangéliste
et saint André) que surplombent des tableaux (copies) de
«La Déposition de croix» d'après Jouvenet
et du «Mariage de la Vierge»

«««--- Vue d'ensemble du vitrail du transept sud, œuvre du maître verrier parisien Édouard Didron (Le Martyre de saint Étienne)
«L'Ascension» attribué à Jean-François Barnou
Tableau dans le sanctuaire
«L'Ascension»
attribué à Jean-François Barnou
(seconde moitié du XVIIIe siècle)
Tombeau de Jean de Berbisey, «La Transfiguration» attribuée à Benoît Dubois
Clé de voûte
CI-DESSUS Tombeau de Jean de Berbisey, baron de Vantoux
et président au Parlement de Bourgogne, mort en 1697.
De part et d'autre, statue de la Religion et de la Justice.
Le tombeau provient de la chapelle des Carmes
«««--- À GAUCHE, Clé de voûte dans un bas-côté
À DROITE ---»»»
Tableau «La Transfiguration» attribuée à Benoît Dubois, 17e siècle
Le dessin s'inspire du tableau de Raphaël.
Cette huile sur toile provient de l'église des Cordeliers.
La nef, le bas-côté sud et le chœur
La nef, le bas-côté sud et le chœur
Dans le chœur, on notera le large «parement» entre le triforium et les grandes verrières. C'est une particularité de Saint-Bénigne.
La chaire à prêcher
La chaire à prêcher (style Louis XIV) a été mise en place en 1897
«Le Repas chez Simon» d'après Jean-Baptiste Jouvenet
Tableau «Le Repas chez Simon», d'après Jean-Baptiste Jouvenet
Copie de Franz-Anton Krauze, 1736

La cuve de la chaire à prêcher
La cuve de la chaire à prêcher (fin XIXe siècle)
Le sanctuaire de la cathédrale Saint-Bénigne
Le sanctuaire de la cathédrale Saint-Bénigne
Vitrail du XIXe siècle dans l'abside
Vitrail du XIXe siècle dans l'abside (mis en place en 1894)
Il illustre le culte de saint Bénigne (apparition, translation du
sarcophage, construction de l'église). Œuvre d'Édouard Didron.
Bas-relief en bronze doré du maître-autel
Bas-relief en bronze doré du maître-autel
Œuvre de Claude-François Attiret (1728-1804)
Le thème en est la Mise au tombeau.
Chapelle de la ViergeCliquez sur les vitrauxCliquez sur les vitrauxCliquez sur les vitraux
Chapelle de la Vierge
Elle a été restaurée entre 1868 et 1872 et, à nouveau, en 1990.
A gauche, il y a deux décors en trompe l'œil (on en un sur les deux). Ils datent de 1994.
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.
Le retable en pierre calcaire de la chapelle du Saint-SacrementCliquez sur les vitrauxCliquez sur les vitraux
Le retable en pierre calcaire
de la chapelle du Saint-Sacrement (XIXe siècle)
Voir d'autres vitraux de Didron en grisaille à l'église Saint-Louis d'Antin à Paris
Le retable de la chapelle de la Vierge
Le retable de la
Chapelle de la Vierge (XIXe siècle)
L'autel et la statue de la Vierge sont dus à Jacques-Ange Corbelle, sculpteur parisien.
«L'Annonciation» de Martin de Vos
Tableau visible près de la chapelle de la Vierge :
«L'Annonciation» de Martin de Vos (1532-1603), peintre d'Anvers.
Hormis le spectacle presque bucolique des angelots qui accompagnent la colombe du Saint-Esprit,
on note la présence amusante d'un chat qui assiste placidement à la scène.
La présence de ce chat est typique des écoles du nord.
Les fonts baptismaux
Les fonts baptismaux
Ils s'inscrivent dans le réaménagement de l'église au XIXe siècle
La cuve est due au ciseau de Xavier Schanosky (1867-1915)
L'ange suspendu des fonts baptismaux
L'ange suspendu des fonts baptismaux (XIXe siècle)
Il a été fondu d'après un modèle de Paul Gasq (1860-1944)
Statue de saint Étienne
Statue de saint Étienne dans le bas-côté sud
Œuvre de Jean Dubois (1625-1694)
Priant de Marguerite Brulart
Priant de Marguerite Brulart, épouse de J.B. Legoux
Œuvre de Guillaume Berthelot (1576 ou 1580 - 1648)
Le priant vient de l'église des Cordeliers
«Le Mariage mystique de Sainte Catherine de Sienne»
Tableau «Le Mariage mystique de Sainte Catherine de Sienne»
par le peintre dijonnais Philippe Quantin (c. 1600-1636)

Quantin est un des représentants du caravagisme en Bourgogne.
Ce tableau provient du couvent des Jacobins.
Priant de J.B. Legoux
Priant de J.B. Legoux, seigneur de la Berchère et premier
président du Parlement de Bourgogne, décédé en 1631.
Œuvre de Guillaume Berthelot (1576 ou 1580 - 1648)
Le priant vient de l'église des Cordeliers
  «La Présentation au temple»
«La Présentation au temple»
«Le Mariage de la Vierge»

CI-DESSUS, Tableau dans le croisillon nord du transept :
«Le Mariage de la Vierge» copie ancienne d'après Gerhard Seghers
À DROITE, Vitrail dans le transept sud    ---»»»
Le Christ (œuvre d'Édouard-Amédée Didron)

«««---    À GAUCHE, Tableau «La Présentation au temple»
C'est une copie inversée d'un tableau de Jouvenet (1644-1717),
exécutée par Franz-Anton Krauze (1705-1752)

Vitrail dans le transept sud
Vitrail dans le transept nord
Vitrail dans le transept nord : Le martyre de saint Bénigne
Œuvre du maître verrier parisien Édouard-Amédée Didron (fin du XIXe siècle)

Saint Bénigne. Bénigne vient du latin Benignus : «le Bien bon». Selon la tradition, Bénigne est venu en Gaule depuis Smyrne, envoyé par Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean l'Évangéliste. Après Autin, il passe à Dijon, puis à Langres. En revenant vers Dijon, il est arrêté, conduit devant le gouverneur Térence en poste à Dijon et est supplicié («subit le martyre» disent les érudits). Ces faits se situent vers la fin du deuxième siècle et le début du troisième. La raison de sa mise à mort est tout à fait simple : en repoussant le culte des dieux tutélaires et celui de l'empereur de Rome (gage de stabilité de la société), son attitude risquait d'ébranler le corps social. Sous l'Empire romain, le refus de se soumettre et de faire allégeance à l'empereur était puni de mort. C'est pour la même raison que, aux temps médiévaux du christianisme triomphant, ceux qui osaient dévier de la foi officielle et remettaient en cause le dogme étaient brûlés vifs. Leur comportement d'opposition et de refus menaçait l'ordre social.
Dans le vitrail ci-dessus, on voit deux bourreaux verser du métal en fusion sur les pieds de Bénigne. La tradition rapporte les termes du supplice. Bénigne fut percé de

deux lances à travers le corps ; on lui enfonça des poinçons sous les ongles ; une barre de fer lui fracassa la tête. L'histoire ne dit pas s'il était insensible à la douleur... comme saint Crépin et saint Crépinien, savamment martyrisés par l'empereur et le préfet, dans un vitrail de l'église Saint-Pierre de Dreux.
Bénigne fut enterré à Dijon dans un sarcophage discret à une époque où les persécutions allaient redoubler. Saint Grégoire, évêque de Langres (506-539), vint bientôt s'établir à Dijon, ville plus sûre. Il mit en doute les prétendus miracles qui se produisaient sur la tombe du martyr, mais finalement se laissa convaincre. On dégagea le sarcophage et une petite crypte fut bâtie, en 511, pour l'abriter. S'ensuivit la construction d'une basilique dédiée à saint Bénigne, devenue bientôt trop petite pour l'afflux des pèlerins. On construisit alors un oratoire, puis une deuxième basilique dite carolingienne (vers 870) qui bénéficia des largesses de Charles le Chauve. Vers 877, celle-ci était achevée.

Source : «Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon» édité par la paroisse Saint-Bénigne

LE GRAND ORGUE DU XVIIIe SIÈCLE
Le grand orgue du XVIIIe siècle
Le grand orgue du XVIIIe siècle frappe le visiteur par son ampleur

Le grand orgue de Saint-Bénigne. Les premiers orgues de l'église se trouvaient sur le jubé. En 1740, les moines bénédictins décident d'installer un orgue dans la nef ; ils firent donc construire une tribune (on en voit la partie supérieure dans la photo ci-dessus : un bas-relief du roi David jouant de la harpe à gauche, sainte Cécile à droite). Simultanément, la construction de l'orgue est confiée, en 1740, au facteur Karl-Joseph Riepp (1710-1775) et à son frère Rupert. Le tout sera mis en valeur par un somptueux buffet commandé aux menuisiers et sculpteurs dijonnais Edme et Guillaume Marlet. Les cariatides (ou atlantes), les panneaux ornés d'attributs musicaux, les angelots qui dansent, les anges qui soufflent dans les trompettes, associés à des dimensions plus que respectables donnent à ce meuble en chêne, de style Louis XV, une stature et une vigueur que l'on voit rarement dans une église. À sa création, c'était l'instrument le plus imposant que l'on pouvait admirer en province.
En 1788, les goûts musicaux avaient changé. On modifia donc l'orgue. La tâche fut confiée à Jean Richard de Troyes. Vint la Révolution et ses exigences ubuesques :

les patriotes de la section de Saint-Philibert exigèrent le métal de l'instrument (sans doute pour le fondre). Dominique Parin, titulaire de l'instrument, réussit à le sauver en s'engageant à jouer des airs patriotiques pour le peuple.
La tourmente une fois passée, c'est en 1846-47 qu'eut lieu la première restauration du XIXe siècle. L'orgue est transformé en instrument romantique. En 1860, avec Joseph Merklin, l'aspect symphonique est accentué. Enfin, en 1953, c'est la maison Roethinger de Strasbourg qui harmonise le grand orgue de Saint-Bénigne dans le style néo-classique. Marcel Dupré inaugure le nouvel instrument en 1955. En 1987, une nouvelle reconstruction de l'orgue est confiée au facteur allemand Gerhard Schmid de Kaufbeuren. Il aura désormais 6000 tuyaux, 73 jeux et cinq claviers. L'inauguration a lieu en mars 1996.
Si vous n'avez pas l'habitude d'entrer dans une église, faites une exception pour Saint-Bénigne à Dijon, rien que pour admirer cet orgue imposant.

Source : «Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon» édité par la paroisse Saint-Bénigne

 atlante Angelot se dandinant sur le buffet d'orgue
Angelot se dandinant sur le buffet d'orgue

«««--- Les atlantes qui soutiennent l'orgue ---»»»
 atlante
Ange souffleur de trompette sur une tourelle au centre du buffet
Ange souffleur de trompette sur une tourelle au centre du buffet
Angelots au sommet de la tourelle droite
Angelots au sommet de la tourelle droite
LA CRYPTE ROMANE
La rotonde
La rotonde
Le sarcophage de saint Bénigne
Le sarcophage de saint Bénigne

La crypte. Il ne faut pas manquer la crypte de la cathédrale Saint-Bénigne. Malgré des travaux intempestifs au XIXe siècle (vilipendés par Proper Mérimée), elle a su garder un cachet roman assez intimiste. Construite avec la troisième abbatiale (dont les travaux démarrent en 1001), la crypte se compose principalement d'une rotonde, dite «chapelle Saint-Jean-Baptiste», soutenue par des colonnes rondes ornées de chapiteaux qui ne sont pas d'origine, mais du réemploi (photo ci-dessus). À l'origine, cet endroit était éclairé par des fenêtres latérales (bouchées au cours des siècles par des remblais). La rotonde servait de lieu de circulation aux nombreux pélerins venus se recueillir devant le tombeau de saint Bénigne. Celui-ci (ou ce qu'il en reste) est accessible tout près.

En 1137, une partie de la ville de Dijon est détruite par un incendie. La charpente de l'église n'y résiste pas. Elle est reconstruite tout comme une partie de la rotonde. Enfin, en 1270, la tour qui domine l'église s'écroule sur l'édifice (sans dommage pour la crype). À la suite de quoi, une église gothique prend la place de l'église romane.
En 1789, les révolutionnaires cassent en partie la crypte qui, finalement, se trouve comblée et finit par sortir des mémoires. Enfin, en 1843, lors du creusement de la fosse d'un paratonnerre, on en met à jour les premiers vestiges. Le XIXe siècle va non seulement restaurer cette très belle crypte du XIe siècle, mais aussi la reconstruire, éliminant par là des vestiges millénaires (voir les réflexions de Mérimée plus bas).
Source : «Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon» édité par la paroisse Saint-Bénigne

Chapelle mortuaire
Chapelle mortuaire
Cette chapelle dans la crypte date probablement du VIe siècle.
Elle a été «reconstruite» au XIXe siècle.

Le chapiteaux présentés sont postérieurs à la construction
de la chapelle Saint-Jean-Baptiste (avant l'an 1000).
Ils sont dits de «réemploi».
Chapiteau avec bonhomme
Chapiteau avec bonhomme aux yeux exorbités.
Chapiteau avec oiseau.
Chapiteau avec oiseau.
Chapiteau avec animaux monstrueux
Chapiteau avec animaux monstrueux
Chapiteau avec «guerrier» ou animaux monstrueux
Chapiteau avec «guerrier» ou animaux monstrueux
Crypte et petit autel
Chapiteau avec monstre ailé
Chapiteau avec monstre ailé

«««--- À GAUCHE, Crypte et petit autel

En 1846, Prosper Mérimée passe à Dijon et inspecte les travaux dans la crypte de Saint-Bénigne. La restauration de la crypte créa un violent conflit entre la commission des Monuments historiques et la commission des Antiquités de la Côte d'Or. Les Monuments historiques avaient accordé 3 000 francs pour la crypte et Mérimée estime qu'elle s'est fait flouer. ll se confie à Ludovic Vitet, le président de la commission des Monuments historiques : «Croyez que nous avons été indignement et complètement mystifiés. La société archéologique de Dijon après avoir fait la découverte et obtenu quelques fonds pour la suivre, a remis ses pouvoirs et ses dossiers à un Mr Petit, architecte du département qui, me dit-on, n'a voulu en faire qu'à sa tête et a tout construit sans prendre conseil de personne. C'est dans un jardin appartenant à l'évêché que l'on a trouvé l'entrée de cette crypte. L'architecte désirant conserver le jardin, faisait étayer à mesure qu'il creusait. Puis il a fait faire des voûtes bien solides, ma foi, puis des murs latéraux, des colonnes et des chapiteaux, le tout bien entendu avec notre argent. L'histoire de Bourgogne de Dom Planchais où je trouve un plan de cette crypte lui servait à cette restauration ou plutôt à cette reconstruction. En descendant dans la crypte par un magnifique soupirail avec une margelle de puits, où la pierre de taille n'est pas épargnée, je n'ai

trouvé que des murs neufs (...).
« Mr Petit, qui a fait nombre d'énormités analogues a été congédié par le Préfet il y a quelques temps. Mais la société archéologique qui l'a laissé faire sans nous avertir, subsiste encore, et lui trouvera un digne successeur, je n'en doute pas (...).
«J'ai fait grand bruit comme vous pouvez penser, de la dilapidation de notre argent. Mais il n'y a plus de coupable. On rejette le crime sur Mr Petit qui a fait un trou à la lune. Chacun des membres de la commission archéologique l'avait averti, et pas un seul ne s'était avisé de nous écrire à ce sujet.»
Prosper Mérimée termine ses réflexions sur Saint-Bénigne en étalant son courroux contre les mauvais architectes restaurateurs : «Ma conclusion est que nous sommes volés par la province, qu'il ne faut plus nous fier à ses archéologues ni à ses architectes, qu'il faut diviser la France entre Questel, Leduc et Bœswillwald et les charger de toutes nos affaires petites ou grandes.»

Source : «La naissance des Monuments historiques, la correspondance de Prosper Mérimée avec Ludovic Vitet (1840-1848)», Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Ministère de l'Éducation nationale.

Chapiteau avec monstre
Chapiteau avec monstre
La rotonde avec vue sur l'emplacement du sarcophage
La rotonde avec vue sur l'emplacement du sarcophage
Vue de la nef et du grand orgue depuis la croisée du transept
Vue de la nef et du grand orgue depuis la croisée du transept

Documentation : «Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon» édité par la paroisse Saint-Bénigne + panneaux affichés dans la cathédrale
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