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Page créée en 2011
Refondue en juin 2026
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Dans le quartier de la Chaussée d'Antin du 9e arrondissement de Paris, la paroisse de la Sainte-Trinité remonte à l'année 1850. Après l'érection d'une chapelle de secours, remplacée ensuite par un édifice un peu plus grand, on décida en février 1861 la construction de l'église actuelle. Ce qui nécessita, écrit Maurice Dumolin dans Les églises de France, Paris et la Seine la destruction de douze maisons dans la rue de Clichy et la rue Blanche.
L'architecte Théodore Ballu, membre de l'Institut et qui construisit également la basilique Sainte-Clotilde, fut chargé d'en dresser les plans. L'église fut inaugurée le 7 novembre 1867.
L'édifice de la Sainte-Trinité est d'un imposant style néo-Renaissance mi-italien, mi-français, «le plus original qu'ait produit le Second Empire», confie Maurice Dumolin. Sans nul doute, architecture et décoration avaient pour but d'impressionner les foules et de marquer la présence du catholicisme dans ce quartier de Paris.
Avec 90 mètres de long, 34 mètres de large et 30 mètres de haut, le monument est en fait de type basilical par sa grande nef de 17 mètres de large. Comme l'église Saint-François-Xavier, il possède une ossature métallique (seule une charpente en fer autorise de telles proportions).
L'église bénéficie d'une bonne luminosité grâce aux nombreux vitraux en verre blanc du second niveau. L'abside arbore des vitraux historiés qui illustrent des scènes de la vie de la Vierge. Un extrait en est donné plus bas.
Les huit chapelles latérales ont été ornées avec grand soin : statues, chandeliers, toiles peintes par les meilleurs artistes de l'époque, pour la plupart honorés du grand prix de Rome.
Ces tableaux donnent un bon aperçu du renouveau de l'art sacré à Paris à partir des années 1860.
En général, les contemporains ont salué l'église comme une réussite. Néanmoins, au fil du temps, des voix discordantes se sont élevées contre l'aspect théâtral d'une décoration de stuc et de faux. Voir plus bas.


La nef de l'église de la Sainte-Trinité vue depuis l'entrée.
Longueur de l'édfice : 90 mètres.
Largeur de la nef : 17 mètres.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE

La façade sud devant le square Etienne d'Orves.
Le style un peu hétéroclite est typique du Second Empire.

Le clocher de la Sainte-Trinité culmine à 65 mètres.
Le campanile de forme octogonale se termine
par une coupole de style Renaissance française.

Vertu cardinale : la Force
James Pradier (1792-1852).
Elle porte une épée au côté droit.
Quatre statues ornent les extrémités de la façade, représentant
les quatre vertus cardinales : Prudence, Tempérance, Justice et Force.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE

Elévation nord de la nef.

Architecture intérieure.
L'élévation est à deux niveaux. Au premier niveau, les groupes d'arcades doubles sont séparés par de larges colonnes composites, ornées de deux statues d'apôtre, qui s'élèvent jusqu'aux arcs-doubleaux de la voûte. Ces «colonnes» appartiennent en fait à des pavés de section cruciforme créant une arcature profonde. Cette dernière est délimitée en son centre par deux piles monocylindriques accueillant un large intrados. L'aspect monumental est indéniable.
Embelli en sa partie inférieure par une double corniche, un élégant garde-corps, ferme le second niveau. La pile monocylindrique qui relie les arcades géminées du premier niveau se prolonge au second par une pile similaire, surmontée d'un tailloir carré massif, assez étonnant.
L'architecte a transformé les traditionnelles tribunes en une très somptueuse galerie largement ouverte sur la nef.
La beauté dégagée par l'élévation est assez rare dans une église. On se croirait presque dans un palais baroque du XVIIIe siècle ! Il est clair que l'architecte Théodore Ballu et l'Église de Paris ont voulu en mettre en plein la vue.
La nef, d'une largeur de 17 mètres, est ornée de sculptures, de statues et de vases.
La lumière est abondante. Elle vient essentiellement du second niveau dont les baies reçoivent du verre blanc. Au premier niveau, les vitraux colorés sont ornés de figures géométriques.


Un élégant garde-corps ferme le second niveau sur la nef.

 

Plan de l'église de la Sainte-Trinité.

Vitrail décoratif à figures géométriques
dans une chapelle latérale.

Chapelle Saint-Joseph sur le côté nord de la nef.
Comme toutes les chapelles latérales de la Sainte-Trinité,
elle est ornée de deux peintures du XIXe siècle.

Le Songe de saint Joseph
Eugène Thirion (1839-1910).
Chapelle Saint-Joseph.

Ange dominant un bénitier à l'entrée de l'église.
Œuvre de Charles Gumery (1827-1871).

Une opinion très négative sur l'église.
En 1966, pour le Dictionnaire des églises de France, Yvan Christ, membre de la Commission du Vieux Paris, ne mâche pas ses mots dans son commentaire sur l'édifice. Il écrit :
«Vaste comme une halle, entourée de balcons comme un théâtre, ce vaisseau est, comme un théâtre, abondamment pourvu, dans sa structure et dans son décor, de carton-pâte, de stuc et de faux marbres qui ne parviennent pas à l'animer. Les trompe-l'œil des XVIIe et XVIIIe siècles sont pleins de charme et de malice. Ceux du XIXe ne sont, dans le domaine de l'art sacré, que pauvres expédients confectionnés sans amour ni ferveur.»


Chapelle de l'Oratoire.

On peut y voir les deux toiles de Michel Dumas
illustrant la Vierge de douleurs et
la Vierge consolatrice.

Saint André dans une niche de la nef.

La chaire à prêcher a été décorée par l'artiste Denuelle.
Elle est très semblable à celle de l'église Saint-François-Xavier.
Dans l'église, la lumière est
apportée essentiellement par les vitraux de verre
blanc au second niveau de l'élévation.

La Sainte Famillle
Eugène Thirion (1839-1910).
Chapelle Saint-Joseph.

Le Bon Pasteur
Romain Cazes (1808-1881).
Chapelle du Sacré-Cœur.

La Vierge des douleurs
Michel Dumas (1812-1885).

La Vierge consolatrice
Michel Dumas (1812-1885).
Chapelle de l'Oratoire.

Les Âmes du Purgatoire
Pierre-Nicolas Brisset (1810-1890).

Vitrail décoratif à figures géométriques
dans une chapelle latérale (partiel).

Logée entre bandeaux, entablement, corniches et
chapiteaux, la niche de l'apôtre Simon est bien entourée.

La Mise au tombeau ---»»»
Pierre-Nicolas Brisset (1810-1890).

Adam et Ève chassés du Paradis
Louis-François Français (1814-1897).

Le baptême du Christ
Louis-François Français (1814-1897).

Vue générale de la nef et de l'élévation nord.

Saint-Vincent-de-Paul ramenant les galériens à la foi
Jean Lecomte du Noüy (1842-1923).
Chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

Saint-Vincent-de-Paul secourant les habitants de Lorraine
Jean Lecomte du Noüy (1842-1923).
Chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

Sainte Geneviève distribuant des vivres
Félix-Joseph Barrias (1822-1907).
Chapelle Sainte-Geneviève.

Le Sacré Cœur
Romain Cazes (1808-1881),
Chapelle du Sacré-Cœur

En 1870, l'église devient infirmerie.
Avec une large nef et un plancher en bois, l'église de la Sainte-Trinité fit un très bon hôpital pendant le siège de Paris. Durant l'hiver 1870-1871, le chauffage central de l'église fut très utile, mais insuffisant. On installa un poêle supplémentaire dont les fumées obscurcirent les voûtes.
Les paroissiens se mirent en quatre pour aider malades et blessés : équipes d'infirmières, brancardiers, veilleurs de nuit. Les familles et les écoles apportèrent le nécessaire. Tout fut stocké dans les chapelles latérales : pharmacie, lingerie et même dépôt d'armes.
La cuisine et la buanderie furent installées dans la crypte.
«La nuit de Noël 1870, on tira le rideau qui masquait le maître-autel et la messe fut célébrée joyeusement pour la paroisse et ses hôtes alités.»
Source : «la Sainte-Trinité», brochure du diocèse de Paris.

Chapelle du Sacré Cœur. ---»»»

Quand la chaire de l'église de la Sainte-Trinité servait de tribune révolutionnaire.
Une gazette de l'époque, plutôt ironique, relate les faits suivants :
Pendant la Commune de Paris, le 12 mai 1871, une trentaine de femmes se présentent devant l'église de la Sainte-Trinité et exigent - ordre de la Commune à l'appui - que le bâtiment soit mis à la disposition de leur «Club de la Délivrance».
La nef, réservée aux membres du club, est rapidement remplie de femmes et de jeunes filles tandis que les badauds (essentiellement des hommes), attirés par l'événement, restent dans les bas-côtés.
La présidente prend place à une table, au bas des marches du chœur. Elle porte une large ceinture rouge où trônent deux pistolets. L'ordre du jour est le suivant : «Moyens à prendre pour régénérer la société».
La présidente monte en chaire, mais son discours ne crée aucun enthousiasme. Elle est suivie d'une jeune femme qui peste contre les patrons, la vraie plaie sociale. Sans grand succès.
Une autre clame qu'il n'y a pas de Dieu ; des murmures parcourent l'assistance. Elle appelle à la perquisition et au vol à main armé, mais redescend bientôt de la chaire, écœurée par l'absence de réactions.
Une autre femme lui succède, encore plus exaltée, et réclame l'exécution de tous les réfractaires. Huées, réprobations. L'oratrice quitte son poste sous les sifflets.
La suivante, plus réaliste, appelle ses sœurs à lutter jusqu'à la dernière goutte de leur sang et à écraser les Versaillais. «Bravo», répond la foule.
Enfin, une autre, téméraire, monte en chaire pour parodier la cérémonie de la messe. Elle se fait huer aux cris de «madame Guignol» et de «À bas le polichinelle !».
Dégoûtée par le peu de succès obtenu, la présidente se lève et met fin à la réunion en déclarant qu'il est impossible de délibérer dans un quartier aussi réactionnaire...
Cinq jours plus tard, le 17 mai, l'activité révolutionnaire changea de pratique : une troupe de communards entra dans l'église, défonça les troncs et mit en pagaille le mobilier : chandeliers, croix, lustres, vases, etc. Elle fit bombance au presbytère avec des filles de joie jusqu'à ce que l'arrivée des Versaillais la fasse fuir. Pour venir à bout des tirs des insurgés, les Versaillais durent même utiliser des canons amenés sous le porche.
Source : «La Sainte-Trinité», brochure du diocèse de Paris.


La foule priant devant le tombeau de sainte Geneviève
Félix-Joseph Barrias (1822-1907).
Chapelle Sainte-Geneviève.

La Mort de saint Denis
Désiré François Laugée (1823-1896).
Chapelle Saint-Denis.

Saint Denis portant sa tête
Désiré François Laugée (1823-1896).
Chapelle Saint-Denis.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE DE LA SAINTE-TRINITÉ

Le chœur est bordé de deux galeries faisant saillie sur l'élévation.
Il est éclairé par les trois baies de l'abside qui reçoivent les seules verrières historiées de l'église.


Le maître-autel en bronze doré qui domine le chœur ---»»»
est une œuvre de Puissielgue-Rusand
(comme celui de l'église Saint-François-Xavier à Paris).

Au premier plan, le Christ en croix date de 1992.
Il est dû au sculpteur Philippe Kaeppelin.

Le chœur.
Le chœur est surélevé de dix marches, ce qui a pour effet immédiat de le mettre en valeur quand on l'observe depuis la nef. Il est entouré de deux galeries faisant saillie et supportant des tribunes. Ces galeries sont clôturées par un groupe de cinq colonnes monocylindriques empruntées à l'art antique, si cher aux artistes de la Renaissance.
Initialement ces espaces, à droite et à gauche du chœur (voir plan), étaient prévus pour Napoléon III et la Cour. Mais l'empereur ne vint jamais.
Le chœur se termine par un hémicycle à trois pans qui accueille la chapelle de la Vierge.
La voûte du chœur est introduite par un arc-doubleau monumental orné de rosaces. Elle se termine par la frise en arc-de-cercle de Félix-Joseph Barrias. Cette frise répond à celle qui décore la façade opposée et encadre l'orgue de tribune.
La chapelle de la Vierge occupe le bas de l'abside. Celle-ci est ornée de trois hautes verrières qui éclairent le chœur et qu'aucun obstacle n'empêche de voir depuis l'entrée.
Si les vitraux de l'église qui ne sont pas en verre blanc reçoivent des figures géométriques, l'architecte a fait une exception pour ceux de l'abside. Les peintres verriers Eugène Oudinot et Auguste Leloir ont réalisé une série de panneaux illustrant des épisodes de la vie de la Vierge.


Le chœur est bordé, au nord et au sud, de deux galeries fermées
par des colonnes de faux marbre rappelant l'architecture antique.

Le chœur et les tribunes du second niveau.

«««--- La peinture de la voûte de l'abside
reprend lles thèmes artistiques de la Renaissance.

La peinture monumentale de Félix-Eugène Barrias au-dessus du chœur illustre la Sainte Trinité.

La peinture monumentale sur l'arc qui surplombe le chœur est consacrée à La Sainte Trinité. Elle est due à l'artiste Félix-Joseph Barrias (1822-1907).
Les spécialistes de l'art sacré la qualifient d'audacieuse car le Père, le Fils et le Saint-Esprit se tiennent la main. Elle demeure néanmoins conforme aux pratiques cultuelles de l'époque : proclamation des dogmes de l'Église, apparitions de la Vierge. À cette époque, le but pour l'Église est de se renforcer face aux multiples oppositions.


La partie basse de la chapelle de la Vierge est ornée de vitraux décoratifs.
La statue de la Vierge à l'Enfant est de Paul Dubois.

Élévation nord dans la chapelle de la Vierge.

Assomption
Jules-Élie Delaunay (1828-1891).

Présentation de Marie au Temple
Émile Lévy (1826-1890).

Scènes de la Vie de la Vierge, détail.
Atelier Oudinot, Atelier Nicod et Atelier Leloir.

La nef vue depuis le chœur.
L'orgue de tribune est, à l'origine, une création de Cavaillé-Coll.
Il est décoré au-dessus d'une peinture en arc-de-cercle de Jobbé-Duval illustrant l'Apocalypse de Jean : «le Christ et l'Agneau pascal».

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «L'église de la Sainte-Trinité», brochure réalisée par la paroisse
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, 1936
+ «Dictionnaire des églises de France», éditions Robert Laffont, 1966.
PATRIMOINE CARTE PATRIMOINE LISTE La Sainte-Trinité page 2/2 (TABLEAUX) Retourner en HAUT DE PAGE

 

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