 |
 |
L'ancien prieuré de la Charité-sur-Loire
est un endroit marqué par l'Histoire, un lieu aux multiples
facettes que les visiteurs de la prieurale Notre-Dame
auront à cur de ne pas rater. En 2011, les services
du Patrimoine ont achevé la part la plus importante d'une
restauration démarrée en 2001. L'ancien prieuré
allie à présent les locaux des moines (avec l'aile
nord du XVIIIe siècle, la salle
capitulaire, la salle
Mérimée et le cloître),
les vestiges de l'ancienne église Saint-Laurent
découverts en 1975 et un jardin (dit «jardin des Bénédictins»)
où il est agréable de déambuler à la
belle saison. Le jardin s'étend d'ailleurs jusqu'aux vestiges
du rempart nord.
En effet, un rempart fortifié ceintura la ville dès
le début du XIIIe siècle pour la protéger des
pillards.
Les photos affichées dans la salle
d'exposition montrent, avant les travaux, un lieu passablement
délabré, des salles rongées par la moisissure,
des murs parasites défigurant les anciens locaux. Des particuliers
y avaient même installé leur entreprise sans aucun
respect pour la richesse patrimoniale.
Remercions ici les services du Patrimoine pour leur excellent travail.
Après 2011, la restauration a continué, sur un rythme
moins soutenu, bien sûr. Les toitures de différents
bâtiments ont été réaménagées.
|
 |

Le cloître du prieuré et son petit jardin à la
française. |

Plan de l'église et des alentours.
En tant que fille-aînée de Cluny, le Prieuré de
la Charité en imposait
à tous les pèlerins par ses dimensions et sa splendeur. |

La Cour du Prieuré avec, à droite, les écuries
et les granges. |

Le grand escalier
dans l'aile du XVIIIe siècle
après la restauration des années 2001-2011.
|

Espace voûté au rez-de-chaussée faisant partie
du cellier
Fin XIIIe - Début XIVe siècle. |
|

La salle capitulaire après restauration. |

Un chapiteau dans la salle capitulaire. |

Un vitrail de Christopher Wool
dans la salle capitulaire. |
La salle
capitulaire a été créée
en style gothique sur des murs romans. Aux XIXe et XXe siècles,
elle a accueilli tour à tour une manufacture de faïence
fine, une salle de patronage, une salle de tennis de table
(!), une chapelle privée et le garage du curé.
Un mur la coupait en deux --»
|
|

Clé de voûte gothique. |

Clé de voûte gothique avec masque. |
---» tandis qu'un escalier
transperçait ses voûtes. Un pilier de soutènement
était fendu en deux. La restaurer était urgent.
Les services du Patrimoine ont allié la réflexion
à la patience, privilégiant l'authenticité
du monument. Le résultat est très séduisant.
Même des chapiteaux qu'on aurait pu croire définitivement
dégradés ont été récupérés.
Ci-contre, à gauche, des clés de voûte
dégagées par le patient travail des restaurateurs.
À droite, la salle Mérimée, contiguë
à la salle capitulaire, a bénéficié
des mêmes soins. Son rôle, à l'époque
médiévale, reste obscur.
|
|

La salle Mérimée à côté de la salle
capitulaire.
Son rôle n'a pas été précisé par
les historiens. |
LE CLOÎTRE
DE L'ANCIEN PRIEURÉ |
|

Le cloître et la façade du croisillon nord de l'église
Notre-Dame. |

Le cloître de l'ancien prieuré est de style à
la fois roman et gothique.
Le cloître actuel ne comprend que deux allées. La question
de savoir s'il faut reconstruire
les deux autres a été posée. Pour l'instant,
elle reste sans réponse. |

Le cloître et le clocher carré de la façade occidentale. |

L'une des grandes salles du XVIIIe siécle a été
réaménagée en salle d'exposition
sur l'Histoire de la Charité-sur-Loire et du Prieuré. |
L'AILE NORD ET
LE SALON DE COMPAGNIE DU PRIEUR |
|

Le salon de compagnie du prieur,
aménagé au XVIIIe siècle, a été
restauré
au début des années 2000. |
|
LES REMPARTS DU
PRIEURÉ ET DE LA VILLE |
|

Vue d'ensemble de l'ancien prieuré depuis les remparts. |

Les ruines du rempart nord et du donjon constituent un agréable
lieu de promenade. |

La Tour Ronde sur rempart nord. |

Les ruines du rempart nord protègent toujours le «champ
Baratté».
C'est là que les moines bénédictins avaient planté
une partie de leur vignoble.
|
Les remparts.
Le monastère de la Charité attirant la convoitise
des pillards, un premier rempart fut édifié
en 1081 avec l'assentiment du roi Philippe Ier. Il se révéla
sans doute insuffisant car, en 1164, permission fut donnée
de fortifier la ville et le prieuré.
L'impressionnante ceinture de murailles, scandée de
tourelles, sera terminée sous le règne de Philippe
Auguste, protégeant la ville de part en part, en suivant
presque un carré parfait. Le rempart nord était
le plus imposant : c'était aussi celui qui jouxtait
les domaines du prieuré. Il comprenait un donjon et
deux tours, notamment celle appelée Tour des Espagnols
qui servit un moment de prison.
Aujourd'hui, seule nous reste la partie nord de ce rempart
avec ses tours et l'ancien donjon (photos ci-contre et au-dessus).
À ses pieds, le «champ Baratté»
offre aux visiteurs l'occasion d'une agréable promenade,
là où jadis poussait un vignoble.
|
|
LE JARDIN DES
BÉNÉDICTINS ET LES VESTIGES DE L'ANCIENNE ÉGLISE
SAINT-LAURENT |
|

Le jardin des Bénédictins et les vestiges de l'église
Saint-Laurent.
Cette photo donne une idée de la largeur de la nef : ce n'était
pas une petite église ! |
L'ancienne
église Saint-Laurent. C'est la volonté
communale de construire, en 1975, un centre social juste à
l'est de l'église Notre-Dame
qui permit la découverte des restes d'une ancienne
construction de pierres, jusque-là enfouie sous terre.
Les textes anciens parlaient d'une église, proie de
l'incendie de 1559, qui avait ensuite été détruite.
Mais les historiens ne pouvaient la localiser. On avait retrouvé
«l'église de tous les Saints» dont il est
question dans une histoire du Prieuré écrite
au XVIIIe siècle. Elle était communément
appelée église «Saint-Laurent».
C'est là que fut enterré Geoffroy de Champallement,
évêque d'Auxerre.
C'est une très vieille église puisqu'elle servait
de lieu de culte pendant la construction de la prieurale.
Les fouilles archéologiques ont mises à jour
les bâtiments conventuels qui l'entouraient. Une vie
monastique existait donc autour. En 1559, elle fut gravement
endommagée dans le grand incendie qui détruisit
aussi la toiture de la nef de l'église
Notre-Dame. Le manque de fonds ne permit pas de la restaurer.
On transforma son chur en chapelle, mais celle-ci fut
démolie au XVIIe siècle. Après la Révolution,
les ruines furent remblayées et l'endroit devint jardin
privé. Lors des fouilles, on retrouva la pierre tombale
d'Étienne, prieur de 1225 à 1234, dans une chapelle
funéraire.
Quoi qu'il en soit, cette découverte fortuite permit
d'enrichir notre connaissance du monde monastique à
l'époque médiévale. En 2004, les services
du Patrimoine ouvrirent au public le «jardin des Bénédictins»,
un espace à l'air libre, juste au nord de l'église
prieurale, où les habitants de la Charité et
les visiteurs peuvent apprécier l'ensemble du chevet
de la prieurale
et déambuler dans les vestiges de l'église Saint-Laurent
dont la nef débouchait dans la salle capitulaire du
prieuré.
Source : La Charité
sur Loire, Cité monastique et place forte
par le Dr Jean-Paul Guillon.
|
|

Les ruines du chur de Saint-Laurent sont plus imposantes que
les autres vestiges de l'église.
Les restaurateurs ont donc décidé de les protéger
des intempéries.
|

Les vestiges de l'église Saint-Laurent.
(À droite : un mur gouttereau de la chapelle axiale de l'église
Notre-Dame.) |

Le cloître et son jardin. |
Documentation : «LE MAG», magazine
d'information municipale, décembre 2011, hors série
+ La Charité sur Loire, Cité
monastique et place forte par le
Dr Jean-Paul Guillon, édition locale. |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |