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Page créée en mai 2013
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Sainte-Mathie est une ancienne église dans les faubourgs de Sens. Elle est la plupart du temps fermée. Historiquement, dès le IXe siècle, un sanctuaire dédié à saint Didier fut érigé à cet endroit. Étant en dehors des remparts, il ne pouvait qu'être pillé et saccagé par l'ennemi quand celui-ci se présentait devant la petite cité. Abandonné pendant la guerre de Cent Ans, restauré à la fin du XVe siècle, rasé en 1567 pour dégager la vue devant d'éventuelles attaques huguenotes, le sanctuaire dédié à saint Didier fut reconstruit à partir de 1735 et achevé seulement en 1776. Quelques années plus tard, l'épiscopat sénonais prit conscience que les paroisses de la ville étaient trop nombreuses par rapport à la population. Des églises furent donc fermées. Saint-Didier subsista, tout comme l'église Saint-Savinien.
À la Révolution, le nombre de paroisses fut encore réduit. Cette fois, Saint-Didier fut sur la liste noire, mais échappa à la destruction parce qu'un club révolutionnaire, lié aux Jacobins de Paris, y avait pris ses quartiers. En 1814, les troupes d'invasion saccagèrent la ville. Encore une fois, sans doute grâce à l'énergie de son curé, l'église fut restaurée.
D'où vient le changement de dédicace ? Saint-Didier possédait un autel consacré à la vierge troyenne sainte Mathie, vraisemblablement dès le XVIIe siècle. Au XIXe, un dévot zélé fit transporter la statue de la sainte sur le maître-autel, consacrant par-là la prééminence de Mathie sur Didier. Vers le milieu de ce même siècle, c'est un peu ce que les faits montraient : les Sénonais se réunissaient à Saint-Didier pour honorer Mathie. Le reste suivit et l'église changea de nom.

Vue d'ensemble de l'église Sainte-Mathie à Sens
La nef et le chœur de l'église Sainte-Mathie à Sens.

L'église Sainte-Mathie.

Statue d'une sainte.

Statue de saint Vincent
XVIIIe siècle.

Qui est sainte Mathie ? (1/2)
La vie de cette sainte contient sûrement une part de légende. Elle aurait été la fille d'un riche habitant de la ville de Troyes au premier siècle. Celui-ci aurait donné asile aux deux missionnaires venus de Sens pour évangéliser la cité des Tricasses, toujours païenne. On peut penser que les nouveaux convertis ont refusé de sacrifier à l'empereur, annonçant par là, selon les mœurs du temps, leur refus de respecter la loi romaine. Toujours est-il que le gouverneur romain les fit exécuter.
Parmi eux se trouvait une jeune fille, Mathie.
---»» Suite 2/2 plus bas.


Statue de la Vierge et l'Enfant
dans la niche de la façade.

La façade et le clocher.

Le retable du chœur est dédié à sainte Mathie.
XVIIIe ou XIXe siècle.

Statue de la Vierge à l'Enfant.

Le maître-autel (XVIII ou XIXe siècle).

Statue de sainte Mathie
dans le retable du chœur.

Statue de sainte Anne avec Marie, 1719.

Qui est sainte Mathie ? (2/2)
---»» Au Xe siècle, en agrandissant la cathédrale, on met à jour son sarcophage et, nous dit la légende, on découvrit un corps intact. Les foules accoururent et les miracles se mutiplièrent. En 1606, le même genre de phénomène se répète. L'évêque de Troyes fait ouvrir la châsse contenant les restes de la sainte et découvre un corps intact, la tête séparée du tronc (la sainte aurait donc été décapitée). À nouveau, on parle de miracles : paralysé qui se dresse, estropié qui remarche, jambe pourrissante qui guérit spontanément...
Sous la Terreur, les révolutionnaires détruisent les reliques de la cathédrale. Tout ce qui reste de sainte Mathie est jeté au feu, à l'exception d'un bout de tête, de deux dents et d'un os de pied. Ces reliques font depuis partie du trésor de la cathédrale, mais il y a d'autres reliques ailleurs.
Source : site Internet «Troyes d'hier et d'aujourd'hui».


Le bas-côté gauche et ses chapelles.
On voit sur le pilier au centre une affiche rappelant les miracles dus à sainte Mathie.

Tableau ancien dans la nef.

Autel Notre-Dame-de-Lourdes dans le bas-côté gauche.

Statue de sainte Anne avec Marie
Année 1719.

Retable de la Vierge dans le bas-côté gauche
XVIIIe ou XIXe siècle.
 
Une particularité de l'église : on y trouve dans la nef ---»»»
deux panneaux comme celui de droite affichant la liste des
guérisons miraculeuses dues à sainte Mathie.
Ces panneaux sont vraisemblablement du début du XIXe siècle.

Statue de la Vierge dans le retable du bas-côté gauche. ---»»»--»»

Le bas-côté droit.

Documentation : site Internet «Troyes d'hier et d'aujourd'hui»
+ site Internet «histoire-sens-senonais-yonne.com».
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