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Page créée en août 2022
Saint-Cyr-l'École
Église
St-Cyr-Ste-Julitte
Saint-Cyr-l'École
Église
St-Cyr-Ste-Julitte
Saint-Cyr-l'École
Église
St-Cyr-Ste-Julitte
Saint-Cyr-l'École
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St-Cyr-Ste-Julitte
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St-Cyr-Ste-Julitte
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St-Cyr-Ste-Julitte
Saint-Cyr-l'École
Église
St-Cyr-Ste-Julitte
Statue de la Vierge à droite du chœur

Saint-Cyr, petite ville à l'ouest immédiat de Versailles, était au XIIe siècle un bourg dont l'église, selon les sources, avait été consacrée en 1115 à sainte Julitte. Dans les années 1150, l'évêque de Chartres y fonde un monastère de femmes dédié à saint Cyr, le fils de Julitte, tous deux martyrisés sous l'empereur Dioclétien. Pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion, les bâtiments sont endommagés. Ils seront restaurés au XVIIe siècle ; le monastère sera dédié à Notre-Dame des Anges (voir encadré). En 1734, l'église Sainte-Julitte est enrichie d'un clocher dominé par une croix et un coq. En 1894, devenue plus que vétuste malgré quelques travaux en 1885, elle est interdite au culte par l'évêque de Versailles, puis fermée dans la foulée par le préfet. Vendu en 1897, le bâtiment sera détruit en 1898.
C'est aussi en 1898 qu'est élevée une nouvelle église, en face de l'École militaire. De plusieurs projets, c'est celui de l'architecte diocésain Lambert qui a été retenu. L'église est dédicacée au Sacré Cœur de Jésus. Faute de crédits, elle restera sans clocher, mais le coq et sa flèche trouveront place sur le toit de la nef.
En juin et juillet 1944, la ville de Saint-Cyr-l'École est détruite par deux bombardements alliés intensifs (voir encadré). De l'église, il ne reste qu'une façade endommagée (voir photo) et... le coq que l'on récupéra dans les décombres. Une statue de bronze sera aussi retrouvée. Le temps de la reconstruction, les Saint-Cyriens vont habiter dans des baraquements. Le culte se poursuivra, lui aussi, dans un baraquement provisoire.
L’église actuelle, à nouveau consacrée à sainte Julitte, est érigée avec les dommages de guerre, non loin de la précédente. Tout en béton, de forme trapézoïdale, éclairée par des meurtrières hautes sur ces flancs, elle est inaugurée en 1963 par l’évêque de Versailles. En 2011, l'édifice est embelli de plusieurs œuvres d'art (mosaïque du chevet, Christ en croix). Cette même année, la paroisse est consacrée au Cœur Immaculé de Marie.

Statue de saint Joseph à gauche du chœur
Vue d'ensemble de l'église Saint-Cyr-Sainte-Julitte
Vue d'ensemble de l'église Saint-Cyr-Sainte-Julitte.
La forme trapézoïdale du bâtiment est peu visible à l'intérieur.
L'église et son clocher indépendant
L'église et son clocher indépendant.
Ornement sur la façade sud
Ornement contemporain sur la façade sud.
L'église Sainte-Julitte construite en 1898.
L'église du Sacré-Cœur de Jésus construite en 1898.
L'église du Sacré-Cœur de Jésus  vue de  côté
L'église du Sacré-Cœur de Jésus vue de côté.
En l'absence de clocher, le coq de 1734 a pris place sur le toit de la nef.
1944 : l'église du Sacré-Cœur de Jésus est en ruine
Juillet 1944 : l'église du Sacré-Cœur de Jésus est en ruine.

Elle aurait pu être reconstruite à l'identique,
mais le maire de la ville, après juillet 1944, choisit
de faire procéder à sa destruction et de créer, plus tard,
un nouveau bâtiment en béton : l'église actuelle.
Le porche de Saint–Cyr–Sainte–Julitte est l'endroit idéal pour afficher l'histoire de l'ancienne église
Le porche de Saint-Cyr-Sainte-Julitte est l'endroit idéal pour afficher l'histoire de l'ancienne église.
Façade sud : en bas, les bâtiments administratifs ; en haut, l'église
Façade sud : en bas, les bâtiments paroissiaux ; en haut, l'église.
Le coq du clocher a été criblé d'impacts de balles
Le coq du clocher est criblé d'impacts de balles.

Le coq. Dressé au sommet du clocher, il présente de multiples trous. En 1944, un soldat allemand, sans doute jugé très bon tireur par ses pairs, s'est ingénié à tirer sur l'animal depuis les bâtiments de l'École spéciale militaire. Le coq, qui se trouvait sur le clocher de l'ancienne église, non loin de l'église actuelle, n'a pas été détruit par les bombardements. Il a donc repris sa place sur le clocher de la nouvelle église.
Source : panneau sous le porche de l'église.

Dessin de l'église du XIIe siècle
Dessin de l'église du XIIe siècle
et de son clocher, élevé en 1734.
L'ANCIENNE ABBAYE NOTRE-DAME DES ANGES
Portail de l'ancienne abbaye Notre-Dame des Anges
Portail de l'ancienne abbaye Notre-Dame des Anges.
Il est daté de 1643.

Par chance, il n'a pas été détruit
par les bombardements de 1944.

L'abbaye Notre-Dame des Anges.
Bien qu'elle soit sans rapport avec l'église Sainte-Julitte, l'abbaye, de par la présence de son portail, est le seul élément ancien qui subsiste dans la ville après les bombardements de 1944.
Fondée en 1156 par Robert III, évêque de Chartres, l'abbaye bénédictine était consacrée à saint Cyr, martyr du IVe siècle. La guerre de Cent Ans et les guerres de Religion la détruisirent en partie. Elle fut reconstruite au début du XVIIe siècle et dédiée à Notre-Dame des Anges, sainte-patronne des marins : les gondoliers du Grand Canal du château de Versailles y avaient leurs logements.
En 1792, la Révolution supprima les ordres monastiques. Les moniales furent expulsées. L'abbaye fut vendue à un citoyen de la ville qui détruisit les bâtiments, y compris la chapelle, et en revendit les matériaux.
En 1882, le département de la Seine-et-Oise racheta la propriété pour y créer un asile destiné aux enfants âgés au plus de dix-huit ans, abandonnés, malades ou infirmes, orphelins, «déments inoffensifs» ou retirés à leur famille.
En 1944, les bâtiments sont très endommagés et l'asile ferme. Il rouvre en 1954 sous l'appellation de «Maison de réadaptation des jeunes». En 1960, il est rattaché au Centre hospitalier Charcot, situé à Plaisir. Depuis 2002, l'ancienne abbaye abrite un service de psychiatrie.
Source : panneau affiché à l'entrée de l'abbaye.

Ancienne abbaye Notre-Dame des Anges : le tympan du portail
Ancienne abbaye Notre-Dame des Anges : le tympan du portail est décoré aux armes de France.
Daté de 1643, il a survécu aux bombardements de juillet 1944.
Statue : saint Cyr dans les bras de sa mère Julitte
Statue : Saint Cyr dans les bras de sa mère Julitte.
C'est l'un des rares vestiges de l'ancienne église
détruite par les bombardements de 1944.
Vitrail contemporain sur le côté gauche du chœur
Vitrail contemporain
sur le côté gauche du chœur.
Le chœur et la grande mosaïque ---»»»
de Walter Feltrin (2011).

Les bombardements de juillet 1944 et la destruction de Saint-Cyr-l'École.
Quand on veut citer des villes françaises ayant particulièrement souffert des bombardements alliés lors de l'invasion du Continent en 1944, les noms habituels sont Caen, Saint-Lô, Coutances, Carentan, Cherbourg-Octeville, Lisieux (détruite à 80%), mais qui pense à la petite ville de Saint-Cyr-l'École, détruite à 92% - c'est-à-dire rayée de la carte ?
Rappelons les faits. Fin juin 1944, les Alliés piétinent dans leurs têtes de pont normandes. Le général Montgomery décide de dégager l'Est de Caen et lance ses chars, le 18 juillet, dans l'opération Goodwood. Mal préparée, l'attaque est repoussée par les Panzer de la Wehrmacht, avec de nombreuses pertes en hommes chez les Anglais. Pour sortir de l'enlisement, les Américains lancent à leur tour, fin juillet, l'opération Cobra : les chars de la IIIe armée du général Patton doivent se ruer vers le sud, Coutances, Avranches, la Bretagne et le Maine. Mais, auparavant, le 25 juillet, l'attaque est précédée d'un bombardement, proprement monstrueux, de l'aviation américaine sur un quadrilatère bien défini - et lieu prévu de la percée : la défense allemande doit être annihilée. Tout le monde connaît la suite de l'histoire et l'avancée victorieuse des chars de Patton.
Mais que vient donc faire là-dedans la petite ville de Saint-Cyr-l'École, qui comptait moins de huit mille habitants en 1939, et qui s'étale à l'ouest immédiat de Versailles ?
Un point d'Histoire. Vers 1900, le Brésilien Santos-Dumont, installé en région parisienne, décide de quitter le domaine des dirigeables pour s'attaquer à celui des plus lourds que l'air. Il lui faut une piste d'expérimentation. Le hasard veut qu'une bande de terre établie sur un ancien étang asséché, de 600 à 700 mètres de long et située entre Saint-Cyr et Bois-d'Arcy, corresponde à ses besoins. L'expérimentateur brésilien fait rapidement des émules. Quelques années plus tard, Saint-Cyr-l'École se retrouve au cœur de l'innovation aéronautique avec la création d'un Institut aérotechnique et la présence de plusieurs aéro-clubs. Les années passent ; l'aéronautique progresse ; les guerres se succèdent.
Arrive le temps de l'Occupation. La ville possède une base aérienne en bonne et due forme avec une quinzaine de hangars au contenu hautement stratégique : c'est le dépôt central de matériel de la Luftwaffe... pour toute la France ! C'est une cible de choix. En avril 1944, les Anglais bombardent la base. Puis à nouveau le 22 juin, avec cette fois des dégâts importants sur la ville, notamment la mairie et l'église (dédiée au Sacré Cœur de Jésus) construite en 1898.
Mais, en juillet 1944, le sort s'acharne sur la cité : il faut sécuriser l'opération Cobra, donc empêcher les Allemands de faire parvenir des renforts. Malheureusement, Saint-Cyr-l'École est l'un des points névralgiques de cette sécurisation. En tant que lieu de jonction routier et ferroviaire, c'est par là que transite le trafic en direction de la Bretagne et du sud du Cotentin. C'est donc par là que passeront d'éventuels renforts blindés ennemis. Si l'on ajoute à ces voies de transit la base aérienne et son imposant matériel, si l'on note encore la station de radioguidage de l'Institut aérotechnique ainsi que l'École militaire avec sa garnison allemande et tout son équipement, les bombardiers alliés n'ont que l'embarras du choix... Il convient donc de tout raser avec des bombes classiques et des bombes incendiaires à retardement.
Le 25 juillet, le même jour que le bombardement massif américain dans le Cotentin, le Bomber Command de la Royal Air Force lance une centaine d'appareils au-dessus de la ville. 450 tonnes de bombes sont larguées. Au milieu des décombres, un gigantesque incendie, provoqué par les bombes incendiaires, se déclare et fait rage pendant cinq jours. Ce qui n'a pas été détruit par les explosions l'est par le feu. Les pompiers saint-cyriens, versaillais et allemands sont à pied d'œuvre, mais, au final, 92% de la ville sont détruits. Saint-Cyr-l'École n'offre plus qu'un spectacle d'apocalypse.
On dénombra plus de 300 morts. Sur les 1130 bâtiments et immeubles, seuls 25 sont encore debout.
Source : Saint-Cyr-l'École en lumière, éditions du Cherche-Midi, 2017.

Le côté gauche de la nef avec ses meurtrières ornées de vitraux
Le côté gauche de la nef avec ses meurtrières ornées de vitraux.
Le chœur et la grande mosaïque de Walter Feltrin (2011)
Le Christ en croix
Le Christ en croix.
Œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Stienne.
Vitrail contemporain sur le côté droit du chœur
Vitrail contemporain sur le côté droit du chœur.
Statue de saint Joseph avec l'Enfant à gauche du chœur
Statue de saint Joseph avec l'Enfant à gauche du chœur.
Statue de la Vierge à droite du chœur
Statue de la Vierge à droite du chœur.
CHEMIN DE CROIX, 3 STATIONS
Vitrail contemporain sur la façade
Vitrail contemporain sur la façade.
Côté droit de la nef : la chapelle annexe est éclairée de meurtrières vitrées
Côté droit de la nef : la chapelle annexe est éclairée de meurtrières vitrées.
Chapelle annexe sur le côté droit : l'autel
Chapelle annexe sur le côté droit : l'autel.
La nef et la façade vues du côté droit
La nef et la façade vues du côté droit.

Documentation : Panneaux affichés sous le porche de l'église et dans la nef
+ «Saint-Cyr-l'École en lumière», éditions du Cherche-Midi
+ sites de la paroisse de Saint-Cyr-Sainte-Julitte.
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