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Page créée en juil. 2011
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Le nom de «la butte aux cailles» remonte au XVIe siècle. En 1543, un dénommé Pierre Cailles achète un terrain agricole qui domine l'ancienne vallée de la Bièvre. En généralisant aux gens de sa famille, l'histoire a créé l'expression la Butte aux Cailles. Ce lieu va se développer énormément.
En 1662, le ministre Colbert y crée la Manufacture des Gobelins. Les ateliers de tapisserie et de teinturerie se regroupent sur la butte et aux alentours. L'élan est donné. Au XIXe siècle, les petites industries y fleurissent. La population ouvrière du quartier vient en partie de Bretagne (voir l'autel Sainte-Anne et ses blasons de la Bretagne).
Le besoin cultuel s'imposant, la petite chapelle de l'avenue d'Italie est remplacée, entre 1894 et 1912, par une église de style romano-byzantin : sainte Anne-de-la-Maison-Blanche. L'architecte en est Prosper Bobin. C'est l'une des rares églises construites à Paris en cette période de sévères tensions religieuses. En 2001, l'église prend le nom de Sainte-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles pour rappeler le nom du quartier.
En 1938, l'édifice se pare des vitraux de l'atelier parisien des frères Mauméjean. Par leurs tons très colorés, ils créent, dans la nef et les chapelles, une atmosphère chatoyante, un peu féérique. Qu'elles soient historiées ou à motifs non figuratifs, ces verrières sont considérées comme l'une des plus belles réalisations de l'art religieux de l'Entre-deux-guerres, époque marquée par un renouveau de la spiritualité.
L'atelier Mauméjean a également créé des mosaïques pour certains autels de l'église.

La nef de Sainte-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles
Vue d'ensemble de la nef de Sainte-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles..
La photo a été légèrement éclaircie. Les vitraux des frères Mauméjean,
très colorés, ne laissent passer que peu de lumière.
Sainte-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles est une église sombre.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ANNE

La façade de Sainte-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles a été érigée en 1898.

Construite avec l'aide financière de la famille Lombart,
plus connue sous le nom de Meunier
(propriétaire de la chocolaterie),
la façade prit jadis le surnom de «façade chocolat».

Un dôme à huit pans, d'inspiration byzantine,
coiffe la coupole de la croisée.

Sainte Anne désignée par la Vierge
à la confiance des chrétiens

Adolphe Roberton, XIXe siècle.

Anne et Marie ou L'Éducation de la Vierge
Tympan du portail central.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ANNE

La nef et le bas-côté gauche.
À l'arrière-plan, l'allée latérale des autels secondaires et des confessionaux.
Vitraux et oculi apportent une teinte chatoyante à la nef, mais laissent passer peu de lumière.

Élévation de la nef, bas-côté et
voûte en berceau percée de lunettes.

La voûte est en berceau, percée de petites lunettes.
Son ornementation à caissons reproduit les étoiles du ciel. ---»»»

Architecture intérieure.
Dans un édifice de 56 mètres de long sur 34 mètres de large au transept, le vaisseau central s'étend sur quatre travées. Il est flanqué de deux bas-côtés. Eux-mêmes jouxtent une allée latérale assez large rassemblant confessionnaux, autels latéraux et Chemin de croix. En 2007, dans Paris et ses églises de la Belle Époque à nos jours, Antoine Le Bas parle ainsi de cinq nefs.
Dans le vaisseau central, sous la voûte, l'élévation n'a qu'un niveau : une suite de hautes arcades en plein cintre avec des piles coiffées de chapiteaux composites à feuillages.
La voûte est en berceau, avec décor à caissons, et percée de lunettes peu profondes.
Le mur gouttereau des bas-côtés reçoit une série d'oculi où logent des vitraux très colorés à motifs géométriques. Au-dessous, un large bandeau plat, sans attrait particulier, assure la jonction avec les courtes arcades qui séparent les bas-côtés des allées latérales. Les chapiteaux des piles qui séparent les bas-côtés de ces allées se rapprochent du style dorique.
Après une longue interruption, le chantier reprend en 1911, profitant d'une importante donation d'une paroissienne. L'architecte Prosper Bobin érige alors un transept à étage. La croisée de ce transept peu saillant est surmontée d'une tour lanterne. Elle se compose d'une coupole à lunettes, posée sur pendentifs, et coiffée d'un dôme à huit pans.
Ce transept accueille deux chapelles dédiées à la Vierge et à sainte Anne. En son centre s'élève un ciborium qui abrite le maître-autel. L'autel de messe se dresse juste devant.
L'édifice se poursuit par deux travées droites terminées par un chevet plat où sont logées trois chapelles. La principale, dans l'axe, est dédiée au Sacré-Cœur. Dans les espaces latéraux, qui ferment les bas-côtéss, les retables des deux chapelles dédiées à saint Joseph et à saint Joachim présentent chacun un bas-relief du sculpteur Jules Dechin.


Marie secourt les affligés
Atelier Mauméjean, 1938.

Le narthex.

Aux deux extrémités du narthex, se trouvent
deux petites salles, l'une pour l'accueil,
l'autre pour la garderie.
L'une et l'autre sont éclairées
par des vitraux de Mauméjean.

Le Baptême du Christ
Atelier Mauméjean, 1938.

Confessionnal et vitraux non figuratifs.
de l'atelier Mauméjean, 1938.

Chemin de croix, station I :
Jésus est condamné à mort.

Vitrail non figuratif.
Atelier Mauméjean, 1938.

Chemin de croix, station III : Jésus est chargé de sa croix
et station IV : Jésus tombe pour la première fois.

Les stations du Chemin de croix sont l'œuvre de l'artiste
Edward Minazzoli (1896-1973).
Elles sont en terre cuite vernissée.
VITRAUX NON FIGURATIFS, ATELIER MAUMÉJEAN, 1938

Le bas-côté gauche et ses autels latéraux.

Sur la droite, au fond, on aperçoit la chapelle absidiale Saint-Joseph avec son
bas-relief La Présentation de Marie au temple de Jules Dechin.
Oculi à motifs géométriques
dans les bas-côtés.
Atelier Mauméjean, 1938.
Ci-dessus : oculi à motifs
géométriques dans les bas-côtés
Atelier Mauméjean, 1938.

«««--- Chapiteau à feuillages, de style
dorique, sur les piles séparant
les bas-côtés des allées latérales.

Autel latéral Sainte-Jeanne d'Arc.
LE TRANSEPT DE L'ÉGLISE SAINTE-ANNE

Un grand ciborium s'élève à la croisée du transept.
En arrière-plan : le vitrail Les mystères du Rosaire (Mauméjean, 1938).

Vitrail à motifs géométriques
dans les allées latérales.
Atelier Mauméjean, 1938.

La coupole vue depuis le chœur au-dessous.

«««--- Le ciborium avec le Christ en croix.
En arrière-plan : le vitrail Les mystères du Rosaire dans la chapelle du Sacré-Cœur.
BRAS DROIT DU TRANSEPT : CHAPELLE DE LA VIERGE

Les Évocations de la Vierge
Vitrail de l'atelier Mauméjean, 1938.

La chapelle de la Vierge
À l'arrière-plan : la chapelle absidiale Saint-Joachim.

Les Évocations de la Vierge, détail :
Notre-Dame de Lourdes.
Atelier Mauméjean, 1938.

: Mosaïque célébrant les qualités de la Vierge et les sanctuaires qui lui sont dédiés
(Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame de Lorette, etc.).
Chapelle de la Vierge.
Atelier Mauméjean.

Les Évocations de la Vierge, détail :
la Fuite en Égypte.
Atelier Mauméjean, 1938.

La Vierge et l'Enfant Jésus
Chapelle de la Vierge.
Ce groupe sculpté est la copie de celui de la basilique
Notre-Dame-des-Victoires à Paris, 2e.
BRAS GAUCHE DU TRANSEPT : CHAPELLE SAINTE-ANNE

Blasons des villes de
pèlerinage en Bretagne.
Mosaïque Mauméjean.
La population ouvrière du quartier
vient en partie de la Bretagne.

Chapelle Sainte-Anne.

L'arche de Noé.
Mosaïque Mauméjean sur l'autel
de la chapelle Sainte-Anne.


Un dromon.
Mosaïque Mauméjean sur l'autel
de la chapelle Sainte-Anne.


Vie de sainte Anne, détail :
l'ange annonce à Anne qu'elle
va avoir un enfant.

Atelier Mauméjean, 1938.

Chapelle Sainte-Anne et son retable.

Vie de sainte Anne, détail :
la Naissance de la Vierge.
Atelier Mauméjean, 1938.

Chapelle Sainte-Anne, mosaïque Mauméjean.

La mosaïque rend hommage à Anne honorée à Auray en Bretagne.
Au XVIIe siècle, sainte Anne apparaît à un paysan breton, près
d'Auray. Depuis, la sainte est vénérée dans cette ville.
Sainte-Anne-d'Auray devient lieu de pèlerinage. La mosaïque
arbore des blasons de lieux de pèlerinage en Bretagne

Le grand prêtre refuse l'offrance d'Anne et de Joachim
parce qu'ils n'ont pas d'enfant.

Découverte des reliques de sainte Anne
devant Charlemagne.

La Sainte Famille.
Anne et Joachim sont au second plan.
VITRAUX DE LA VIE DE SAINTE ANNE, ATELIER MAUMÉJEAN, 1938
CHAPELLE AXIALE DU SACRÉ-CŒUR

La chapelle du Sacré-Cœur-de-Jésus est ornée
de plusieurs mosaïques des ateliers Mauméjean (1938).

Chapelle du Sacré-Cœur-de-Jésus.
La mosaïque de gauche illustre un verset de l'Évangile selon saint Marc : Laissez venir à moi les petits enfants ; celle de droite, un verset de l'Évangile selon saint Matthieu : Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau. Dans le soubassement de l'autel se trouve une autre mosaïque illustrant le Christ gisant.

La statue du Sacré-Cœur est entourée de mosaïques représentant deux anges. Celui de gauche présente le saint Suaire avec le visage de Jésus, celui de droite présente la couronne d'épines.
La chapelle du Sacré-Cœur-de-Jésus est décorée d'un magnifique vitrail à trois lancettes (atelier Mauméjean, 1938) rappelant les mystères du Rosaire.


Laissez venir à moi les petits enfants
Mosaïque de l'atelier Mauméjean.

Ange tenant la couronne d'épines.
Atelier Mauméjean.

Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau
Mosaque de l'atelier Mauméjean.


Les Mystères du Rosaire, détail :
l'Assomption.
Atelier Mauméjean, 1938.


La chapelle axiale du Sacré-Cœur et son vitrail des mystères du Rosaire.

Les Mystères du Rosaire, détail :
Jésus au jardin des Oliviers et La Flagellation.
Atelier Mauméjean, 1938.

Chapelle du Sacré-cœur
l'ange montre la marque du saint Suaire
Mosaïque des frères Mauméjean, 1938.

Chapelle du Sacré-Cœur : mosaïque d'un Christ gisant
Atelier Mauméjan, 1938.

Les Mystères du Rosaire, détail :
l'Ascension et La Pentecôte.

«««--- Jésus reçoit la couronne d'épines.

Les Mystères du Rosaire, détail :
le Portement de Croix.
Atelier des frères Mauméjean, 1938.
LES CHAPELLES ABSIDIALES SAINT-JOACHIM ET SAINT-JOSEPH

Chapelle absidiale droite Saint-Joachim.

Hormis le bas-relief de J. Dechin, l'autel
absidial Saint-Joseph est identique.

La Sainte Famille ---»»»
Bas-relief de Jules Dechin.
Chapelle absidiale gauche Saint-Joseph.

La Présentation de la Vierge au temple
Bas-relief de Jules Dechin.
Chapelle absidiale droite Saint-Joachim.



Saint Matthieu
L'oculus du haut représente
son attribut (un ange).
Atelier Mauméjean, 1938.

L'orgue de tribune est du facteur Abbey et date de 1927.

Tabernacle dans le chœur (atelier Mauméjean).

Recouvert d'une mosaïque, le style artistique de
ce tabernacle et ses coloris s'harmonisent très
bien avec les vitraux de l'atelier Mauméjean.

La nef de l'église Sainte-Anne vue depuis le chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Paris et ses églises de la Belle Époque à nos jours», Picard, 2007
+ Documentation affichée dans la nef.
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