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Dans les années 1920, le quartier de
la porte de Saint-Cloud est en pleine expansion. Une nouvelle église
est jugée nécessaire. Par chance, avant d'entrer au couvent de l'ordre
de la Visitation fondé par François de Sales et Jeanne de Chantal,
une habitante du quartier fait un don important pour aider à la
construction de l'édifice. Et elle demande que l'église soit dédiée
à sainte Jeanne de Chantal. L'architecte Julien Barbier (1869-1939)
est chargé de la tâche.
Son premier projet est rejeté par la Ville de Paris
qui déplore son manque d'ambition. À la Porte de Saint-Cloud,
il faut quelque chose d'un peu grandiose ! L'édifice sera
de style byzantin (devenu très à la mode après la redécouverte de
l'ancienne basilique Sainte-Sophie de Constantinople au XXe siècle).
La construction démarre en 1935 sur un projet revu et amplifié.
Après la mort de l'architecte, Gérard Barbier et Charles Venner
reprennent le chantier. Quand la guerre éclate, seul le chœur est
achevé. Proche des usines Renault de Boulogne-Billancourt,
il va subir les bombardements alliés pendant la seconde guerre mondiale.
La construction reprend en 1949 dans le cadre des Chantiers du
Cardinal. Des aménagements y sont portés : on prolonge
la nef ; on aplatit la coupole. L'édifice est achevé en 1952
par les architectes André Blanc et Charles Nicod.
L'église Sainte-Jeanne-de-Chantal possède une structure en béton.
Les murs en moellons sont recouverts de «pierres reconstituées».
L'intérieur, très vaste, affiche une élégante sobriété.
Seule la chapelle
du Saint-Sacrement, située derrière le chœur,
possède des vitraux figuratifs, au nombre de huit. Créés par l'atelier
Jacques Le Chevallier, et posés en 1954, ils illustrent les Litanies
de la Vierge.
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Vue d'ensemble de la nef.
Derrière le Christ en croix s'étend la chapelle
du Saint-Sacrement. |
| ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-JEANNE-DE-CHANTAL |
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La porte de Saint-Cloud et ses monuments :
fontaine, campanile, église, baptistère. |

La façade de Sainte-Jeanne-de-Chantal à la porte de Saint-Cloud.
Le clocher campanile, à gauche, séparé de l'église, domine la
place.

On pourra voir la même disposition à Notre-Dame-de-Fatima
dans le XXe arrondissement. |
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La bienheureuse Vierge de la Merci
Robert Juvin, 1962.
Bas-relief de la façade. |
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Le bas-relief de la Vierge de la
Merci évoque le rôle de Marie rédemptrice.
Il rappelle les plus durs épisodes du second
conflit mondial
et le retour chaotique des prisonniers et des déportés.
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La chapelle
du Saint-Sacrement (au premier plan) est aussi longue que
la nef. |
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Le bras droit du transept et son style byzantin (coupole aplatie).
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L'une des deux fontaines monumentales et son bas-relief dû à
Paul Landowski. |
| ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-JEANNE-DE-CHANTAL |
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Les arcades du bas-côté gauche et la voûte en berceau
du bras gauche du transept. |
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Architecture
intérieure.
L'église Sainte-Jeanne-de-Chantal est de plan cruciforme.
La nef, fort large grâce à son armature métallique, s'étend
sur cinq travées aux arcades cintrées surbaissées. Une suite
de baies gémellées la surmonte au second niveau.
Cette nef est séparée du chœur
par un imposant transept couvert d'une coupole surbaissée
dont les baies étroites, mais nombreuses, distribuent la lumière
dans l'édifice.
Hormis le très moderne Chemin de croix sur les piles, aucune
sculpture, aucune ornementation ne vient entraver le plat
des murs et des voûtes. C'est un peu l'aspect extérieur des
maisons des îles de la mer Égée quand le soleil estival rebondit
sur le blanc des murs.
Qu'en est-il des voûtes ? «Nef centrale et transept
sont voûtés d'un berceau longitudinal tandis qu'une suite
de berceaux transversaux fragmente l'espace des collatéraux»,
écrit Antoine Le Bas dans Paris et ses églises de la Belle
Epoque a nos jours.
L'historien rappelle que, à la suite des bombardements de
la guerre, «l'église a vu disparaître la peinture d'Irène
Kalebdjan réalisée pendant le conflit.»
La paix revenue, les plans sont modifiés et l'ancienne abside,
qui a perdu son rôle, devient une chapelle vouée au culte
marial.
En 1951, l'artiste René Dionnet rompt sa blancheur uniforme
en ornant sa voûte en cul-de-four d'une grande peinture du Couronnement
de la Vierge.
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Élévation de la nef et ses cinq travées. |

La croisée du transept et le maître-autel. |
| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINTE-JEANNE-DE-CHANTAL |
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Derrière la croix de cuivre dessinée par Jean Touret, le chœur ouvre
sur la chapelle du Saint-Sacrement. |

Le Christ en croix figuratif du chœur est en cuivre.
Œuvre de Jean Touret (1916-2004). |

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Maître-autel avec personnages en bas-relief (cuivre).
Le mobilier liturgique, les sculptures et la majeure partie
de la décoration
ont été confiés à Jean Touret et à son fils Sébastien Touret.

Statue de Jeanne-Françoise
de Chantal ---»»»
(1572-1641)
Chapelle de la Vierge. |

«««--- Statue réalisée
par Jean Touret
Chapelle de la Vierge. |
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Saint Joseph
Jean et Sébastien Touret. |

Le chœur.
Le rideau ouvert dévoile la chapelle
du Saint-Sacrement et sa fresque.

| Le Chemin de croix
est une suite de tableaux abstraits d'Hervé Quenolle.
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| Stations du Chemin
de croix. |
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Miroir de Justice
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

Statue de Jeanne d'Arc
dans un bas-côté |

Arche d'alliance
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

Vierge à l'Enfant
Sculpture de Jean Touret (1916-2004) |

L'orgue de tribune est dû à Gonzalez (1939), puis Alfred Kern (1977)
Le buffet en acier est de Jean Touret. |

Vierge à l'Enfant
Jean Touret (1916-2004) |

Maison d'Or
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |
| LA CHAPELLE DU SAINT-SACREMENT |
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Chapelle du Saint-Sacrement.

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Cette vaste chapelle est aussi sobre que
le reste de l'église.
Outre sa fresque, elle comprend huit vitraux de Jacques Le
Chevallier,
réalisés en 1954, qui illustrent les Litanies de la Vierge.
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Trône de la Sagesse
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier, 1954. |

Jardin secret
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

Le chœur de la chapelle et
le Christ de la Résurrection.
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Tour de David
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

Le Christ de la Résurrection
et son visage de style très moderne. |

Le Couronnement de la Vierge
Fresque de René Dionnet, 1954.
Chapelle du Saint-Sacrement. |

Le Couronnement de la Vierge, détail : le visage
de la Vierge
Fresque de René Dionnet, 1954. |

Reproduction de la célèbre Vierge de Czestochowa
(La paroisse accueille une communauté polonaise.) |

Type de vitrail figuratif
au second niveau de la chapelle |
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Tour d'Ivoire
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

Bas-relief en cuivre de l'autel de la chapelle du Saint-Sacrement. |

Vase d'élection
Litanie de la Vierge.
Atelier Jacques Le Chevallier. |

La nef vue du chœur.
La voûte est en berceau, comme celles des bas-côtés. |
Documentation : «Paris d'église en église»,
Massin éditeur
+ «Paris et ses églises de la Belle Époque à nos jours», Picard, 2007
+ guide paroissial de l'église. |
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