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Page créée en nov. 2014
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Pendant la Révolution, les églises de l'actuel 7e arrondissement de Paris sont fermées (comme bien des églises dans les autres quartiers de la capitale). En 1801, pour les besoins cultuels du quartier des Invalides, l'administration municipale loue la chapelle du Séminaire des Missions Étrangères, rue du Bac.
Avec le Concordat de 1802, la chapelle devient paroisse. Au fil des décennies, le nombre de fidèles s'accroît et l'édifice se révèle d'une capacité insuffisante.
Sous le Second Empire, on décide donc la construction d'une nouvelle église en bordure d'un boulevard qui, dans le cadre des travaux d'Haussmann, est encore à tracer. L'architecte est Adrien Lusson, déjà auteur de l'église Saint-Eugène dans le 9e arrondissement. Pour dresser les plans de cet édifice, Lusson s'inspire des basiliques romaines.
Les travaux commencent en 1861. Par suite de changements dans le projet, ils sont interrompus en 1863 alors qu'on s'apprêtait à bâtir les arcs.
Après la mort de Lusson en février 1864, Joseph Uchard, son successeur, modifie quelque peu la décoration intérieure. L'église est achevée en 1874 et livrée au culte le 15 juillet de la même année. Rappelant la chapelle des Missions Étrangères, elle est dédiée à saint François-Xavier, patron des missions.
À cette époque, la technique de construction des églises progresse : on construit une ossature métallique masquée par un revêtement en pierre. Cette pratique a un triple avantage : l'édifice est très solide, la construction se fait vite et ne coûte pas très cher. L'église Saint-François-Xavier est bâtie selon ce nouveau procédé.
Parmi les cent trente églises de Paris, Saint-François-Xavier est sans conteste l'une des plus belles. La splendeur de son chœur frappe le visiteur dès son entrée dans l'avant-nef. À la fin du XIXe siècle, elle était aussi l'une des plus riches car de nombreuses donations étaient venues accroître son patrimoine en œuvres de grands maîtres.
On pourra admirer La Cène du Tintoret (1518-1594) et Le Crucifiement de saint Pierre de Luca Giordano (1632-1705).


Vue d'ensemble de l'église Saint-François-Xavier
La luxuriance du chœur frappe le visiteur dès son entrée.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER

La façade de l'église rappelle les basiliques italiennes de la Renaissance.

Saint François-Xavier baptisant les habitants de l'Inde et du Japon
Gabriel-Jules Thomas (1824-1905)
Fronton de la façade, vue partielle.

Le transept droit de l'église.

Le chevet de l'église Saint-François-Xavier.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER

Vue partielle de la nef et du chœur.
Les vitraux possèdent une taille respectable, que ce soit sous la voûte ou dans
les chapelles latérales, mais ils laissent passer peu de lumière.

Plan de l'église Saint-François-Xavier.

Architecture intérieure.
Précédé d'un porche, l'édifice présente une large nef de cinq travées flanquées de chapelles latérales. Il n'y a pas de bas-côtés.
L'arcature est en plein cintre. Les piles cruciformes qui scandent l'arcature sont cantonnées de demi-colonnes cannelées.
Suivant la mode néo-Renaissance, les chapiteaux corinthiens qui les surmontent sont enrichis de chérubins. On peut donc les qualifier de composites.
Les deux niveaux de l'élévation sont séparés par une corniche qui ceinture tout l'édifice. La voûte, en berceau surhaussé, présente des peintures décoratives d'Alexandre Denuelle.
Dans le transept non saillant, les croisillons sont surmontés d'étroites tribunes. À la croisée, une magnifique coupole dorée repose sur pendentifs. Le peintre Charles-Joseph Lameire (1832-1910) l'a décorée des douze Apôtres et de chérubins réunis autour de l'Agneau pascal.
Le chœur s'étend sur trois travées droites, puis se prolonge par une grande chapelle centrale, elle aussi sur trois travées droites. Une abside en hémicyle ferme cette grande chapelle qui est bordée de bas-côtés et d'un déambulatoire, surmontés de tribunes.


Vitrail dans une chapelle latérale.
La lumière du jour a du mal à se glisser au travers de
ce verre teinté. Ce qui rend l'église assez sombre.

Les vitraux.
L'église Saint-François-Xavier ne bénéficie pas d'une luminosité naturelle importante bien qu'elle possède un grand nombre de fenêtres, dont deux seulement portent des vitraux figuratifs.
Datés de 1959 et créés par Marcelle Lecamp, ces derniers représentent saint Vincent de Paul et sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Les deux roses du transept, qui sont identiques, présentent des symboles liturgiques enrichis de feuilles et de fruits.
Les autres vitraux sont des compositions géométriques, souvent à base de cercles, aux couleurs assez soutenues. Le vitrail ci-dessus en donne un exemple.
Par l'intensité de leurs coloris, toutes les verrières font obstacle à la lumière du jour. Par temps gris ou en fin d'après-midi, l'église est baignée dans une pénombre prononcée qui ne fait que s'accroître tant que la lumière artificielle n'a pas pris le relais.


«««--- Détail de la voûte de la nef
peinte par Alexandre Denuelle.
LES CHAPELLES LATÉRALES DE LA NEF DE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER

La chapelle des Morts et ses deux toiles marouflées
d'Henri-Ludovic Pinta (1856-1929).

Deux toiles d'Henri-Ludovic Pinta (1856-1929) ---»»»
Hommage aux morts de la guerre 1914-1918

Toile du haut : 1914-1915 et 1915-1916
Toile du bas : 1916-1917 et 1917-1918

Hommage aux morts de la guerre 1914-1918 (Pinta)

Chapiteau composite dans la nef.
Le style corinthien est enrichi d'une tête d'angelot.

Hommage national au Sacré-Cœur pour le salut de la France
Félix Villé dans la chapelle du Sacré-Cœur, 1895.

Anne et Marie
Peaucelle Coquet, XIXe siècle.
Plâtre polychrome, chapelle du Sacré-Cœur.

Chapelle du Sacré-Cœur dans le bas-côté droit.

Madeleine-Sophie Barat.
Dans la chapelle du Sacré-Cœur repose la châsse de sainte Madeleine-Sophie Barat. Née à Joigny en 1779, elle crée la société du Sacré-Cœur de Jésus en 1800 pour développer l'enseignement des jeunes filles. Voir l'église Saint-Thibault à Joigny. La châsse est dans la chapelle Saint-Joseph depuis juin 2009.
Source : panneau dans la chapelle.


La mort de saint Joseph
Henri-Ludovic Pinta (1856-1929).

Chapelle Saint-Joseph
Bas-côté gauche.

La châsse de sainte Madeleine-Sophie Barat.

La plupart des chapelles latérales sont très dépouillées.
Ici la chapelle Sainte-Thérèse.

La Communion des apôtres
Henri Lerolle (1848-1929)
Chapelle du Sacré-Cœur.

Saint Vincent de Paul (1959)
Vitrail de Marcelle Lecamp (1910-2000).

La Communion des apôtres, détail.
Henri Lerolle (1848-1929).
Chapelle du Sacré-Cœur.

L'église Saint-François-Xavier ne possède pas de chaire dans la nef.
La chaire ci-dessus, à double escalier, est reléguée
dans la chapelle latérale Saint-Joseph.

«««--- Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1959)
Vitrail de Marcelle Lecamp (1910-2000).
LE TRANSEPT ET LA COUPOLE DE L'ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER

Le transept et l'avant-chœur.
Les deux croisillons du transept sont surmontés d'une large tribune.

L'Agneau pascal et les sept sceaux
Charles-Joseph Lameire (1832-1910).
Peinture de la coupole, au-dessus de la croisée du transept
L'Agneau est entouré des douze Apôtres et de chérubins.

La coupole peinte par Charles-Joseph Lameire (1832-1910), détail.
De gauche à droite : saint Jean; saint Jacques le Majeur, saint Simon, saint Barnabée et saint Taddée

Les pétales des deux roses
sont ornés d'objets liturgiques
dans un décor de fruits et de feuilles.

La rose du bras gauche du transept.
Les deux roses du transept sont identiques.

Pendentif de la coupole : le prophète Isaïe.

Pendentifs de la coupole.
Sur les quatre pendentifs sont peints les prophètes qui ont annoncé la venue d'un envoyé de Dieu : Ézéchiel, Isaïe, Jérémie et Daniel. Ils sont peints par Jules-Elie Delaunay (1828-1891).

LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER

Le chœur de l'église Saint-François-Xavier compte parmi les plus beaux de Paris.

Le chœur de l'église.
Avec le chœur de l'église Notre-Dame-de-Lorette (Paris, 9e), celui de Saint-François-Xavier compte parmi les plus beaux de Paris.
Au-dessus de l'autel, dans les écoinçons, le peintre Romain Cazes (1808-1881) a fait figurer, à droite, Moïse tenant les Tables de la Loi et, à gauche, son frère Aaron tenant sa baguette miraculeuse (voir gros plan). Enfin, en haut, devant un Christ d'inspiration byzantine, Romain Cazes a représenté Saint François-Xavier présentant à Jésus-Christ les peuples qu'il a convertis (voir plus bas).

Le miracle de la baguette.
Le livre des Nombres, dans l'Ancien Testament, rapporte que, lors d'une sédition frappant l'unité du peuple juif errant dans le désert, certains reprochèrent à Moïse d'accaparer le pouvoir et d'accumuler trop de puissance pour lui et sa famille, notamment pour son frère Aaron, nommé par Moïse souverain sacrificateur.
Pour mettre un terme à l'excitation haineuse qui gagnait les Hébreux, Moïse ordonna aux chefs de tribu d'apporter chacun une baguette où devait être écrit le nom de sa tribu.

On ferait appel au jugement de Dieu. Le Père Céleste saurait désigner, selon le signe qu'Il lui plairait, celui qui aurait la charge de souverain sacrificateur.
Sur celle d'Aaron, on écrivit le nom de la tribu de Lévi.
Moïse fit placer toutes les baguettes dans le tabernacle (qui abritait l'Arche d'alliance).
Le lendemain, on retrouva les baguettes dans leur état de la veille, sauf une : celle d'Aaron. Sa baguette avait maintenant des bourgeons et, mieux encore, des amandes toutes mûres - car elle était en bois d'amandier.
Ce prodige fut reconnu par tous comme la preuve que Dieu voulait qu'Aaron soit souverain sacrificateur. L'animosité envers la famille de Moïse et les privilèges qu'elle pouvait s'octroyer cessa.
C'était ainsi la troisième et dernière fois que Dieu marquait sa préférence pour Aaron dans sa charge.
Source : «Histoire ancienne des Juifs» de Flavius Josèphe, aux éditions Lidis-Brepols, 1981.


Le côté droit du chœur avec ses deux peintures portant sur
la vie de François-Xavier par Charles Crauk (1819-1905).

L'Apothéose de saint François-Xavier
Charles Crauk (1819-1905).

La Mort de saint François-Xavier
Charles Crauk (1819-1905).

Statue de saint François-Xavier dans le chœur, détail.

La statue de saint François-Xavier.
Le sculpteur (inconnu) a représenté le saint brandissant la croix d'un geste rageur et déterminé. Sa bouche est entrouverte comme s'il avait besoin de reprendre son souffle avec son cri de foi.
Ce cri est d'ailleurs accentué par la main gauche qui saisit le revers de l'habit comme pour mettre le cœur à nu et montrer la violence de sa foi.

«««--- Saint François-Xavier
Sculpteur inconnu.

Saint François-Xavier renonçant au monde
Charles Crauk (1819-1905).

Saint Denis dans le chœur
Sculpteur inconnu.

Le maître-autel en bronze est une création de 1884 ---»»»
de Poussielgue-Rusand. Dans le soubassement :
un bas-relief de François-Xavier mourant.

Moïse et son frère Aaron dans les écoinçons au-dessus de l'autel.
Romain Cazes (1808-1881).

Moïse, à droite, tient les Tables de la Loi. Son frère Aaron, à gauche, tient la baguette avec les bourgeons et
les amandes mûres, miracle par lequel le Dieu des Hébreux le confirme pour la troisième fois comme souverain sacrificateur.

Ange tenant des épis de blé
Sculpture d'Alexandre Falguière.

Ange tenant du raisin, symbole de l'Eucharistie
Sculpture d'Alexandre Falguière.

Deux anges soutenant le Livre des Évangiles
Peinture de Romain Cazes (1808-1881), décor d'Alexandre Denuelle (1818-1879).

Les anges flottent au-dessus d'une suite d'entrelacs floraux d'où surgissent les symboles des évangélistes.

Saint François-Xavier présentant
à Jésus-Christ les peuples qu'il a convertis

Romain Cazes (1808-1881)
Tympan de l'arc du chœur.

«««--- Le magnifique maître-autel de Poussielgue-Rusand (1884)
et sa partie haute qui rappelle la forme d'un baldaquin.


Le côté gauche du chœur avec deux toiles marouflées
de Charles Crauk (1819-1905) :
Saint François-Xavier prêchant
et
L'Apothéose de saint François-Xavier.

LA CHAPELLE AXIALE DE LA VIERGE ET LES CHAPELLES LATÉRALES AU-DELÀ DU CHŒUR

La chapelle de la Vierge (chapelle axiale) est inspirée de la Renaissance italienne.
Elle est assez vaste et on pourrait la prendre pour le chœur d'une autre église.

L'Apothéose de saint Gaétan de Thiene
Claude II Audran (1639-1684).

L'Annonciation
Peinture de William Bourguereau (1825-1905)
Voûte de la chapelle de la Vierge.

Le Repos pendant la fuite en Egypte
Louis Flachéron (mort en 1885).

Confessionnal en bois sculpté du XIXe siècle
dans une chapelle latérale.

La Nativité
Gustave-Adolphe Chassevent-Bacques (1818-1901)
Chapelle Saint-Louis.

Le Crucifiement de saint Pierre, détail
Luca Giordano 1632-1705).

On pourra admirer le travail du peintre sur
le visage de saint Pierre : l'angoisse et la crispation
s'entremêlent dans les plissures du front.

Saint François-Xavier et le miracle du crabe.
Cette toile (donnée ci-dessous) relate un «miracle» original survenu pendant le séjour du saint en Asie.
Alors qu'il naviguait sur la mer des Moluques avec deux de ses compagnons, une violente tempête se leva. Il se pencha vers les flots pour les apaiser, mais son crucifix tomba à l'eau. Le lendemain, il marchait sur le rivage d'une île proche quand il vit un crabe sortir de l'eau et lui tendre son crucifix.
L'histoire merveilleuse ne s'arrête pas là puisque, après la mort du saint, les Indiens racontaient qu'on voyait des crabes porter le signe de la croix sur leur carapace.
De façon plus terre à terre, on remarquera la poupe du vaisseau, sur la gauche de la toile, qui est historiquement intéressante, ainsi que les pèlerines portées par les deux missionnaires.


La Dernière messe du martyr
Charles-Louis Frédy de Courbertin (1822-1908)
Huile sur toile, 1864.
Chapelle Notre-Dame de Lourdes
Le peintre est le père du baron Pierre de Coubertin, initiateur des Jeux Olympiques modernes.

La Dernière messe du martyr de Charles-Louis Frédy de Courbertin (1822-1908).
Une note dans la chapelle indique que le tableau représente vraisemblablement le prêtre Lucianus, martyr chrétien et personnage du roman Fabiola ou l'Église des catacombes, écrit, en 1854, par le cardinal Wiseman, archevêque de Westminster. Ce roman connut un très grand succès dans les familles catholiques de France et d'Angleterre.


Chapelle Notre-Dame de Lourdes.
Les chapelles latérales qui entourent le chœur sont
toutes pourvues de tableaux remarquables.

La Dernière messe du martyr, détail.
Charles-Louis Frédy de Courbertin (1822-1908).

Le Baiser de Juda
Anonyme vénitien, vers 1600, huile sur toile.

La toile représente plusieurs scènes successives en même temps, notamment le baiser de Juda, au centre,
et l'apôtre Pierre, sur la gauche, qui a déjà tiré le fer pour s'opposer aux soldats.


La Déposition de croix
Charles de Ribera (1591-1652), copie
Chapelle Notre-Dame de Lourdes.


Le Crucifiement de saint Pierre
Luca Giordano (1632-1705).

Chapelle Sainte-Anne.

Le Repos pendant la fuite en Egypte, détail. ---»»»
Louis Flachéron (mort en 1885).

Saint François-Xavier et le miracle du crabe
Benedetto II Generi (1633-1715)
Chapelle Sainte-Anne.

La Cène ---»»»
Jacopo Robusti dit Le Tintoret (1518-1594).

La Cène du Tintoret.
Dans ce chef d'œuvre, l'artiste italien illustre le moment qui succède à l'annonce par le Christ que l'un des apôtres va le trahir. Tous les convives se regardent avec des visages interloqués, se soupçonnant les uns les autres.
L'artiste a placé Juda au premier plan, en face du Christ. Il cache le salaire de la délation derrière son dos.


La sacristie des mariages
et la toile du Tintoret.

«««--- Saint François-Xavier et le miracle du crabe, détail.
Benedetto II Generi (1633-1715).

La Cène, détail.
Jacopo Robusti dit Le Tintoret (1518-1594)
Jean s'est endormi. Saint Pierre s'adresse à Jésus. Juda est au premier plan, de dos.

Le Christ en croix dans la sacristie des mariages.

L'orgue de tribune date de 1878 (facteur Fermis).
Il a été restauré trois fois au XXe siècle.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, 1936
+ panneaux d'information dans les chapelles de l'église.
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