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Au VIe siècle, à l'emplacement actuel
de l'abbatiale, il y avait une nécropole. Ensuite, les étapes historiques
demeurent opaques : une basilique aurait été érigée à cette
même place ; puis, c'est au VIIIe siècle que la règle de saint Benoît
aurait été introduite à Rouen ;
une abbaye aurait alors été fondée. Les faits sont ensuite mieux
documentés.
Avec les invasions vikings, les moines s'exilent. Au XIe siècle,
grâce aux donations des ducs de Normandie, de nouveaux bâtiments
monastiques sont construits. La basilique est remplacée par une
grande église romane.
Au XIVe siècle, l'abbaye atteint son apogée : c'est l'un des monastères
les plus riches de Normandie. À sa tête, l'abbé Jean Roussel, dit
Marc d'Argent.
En 1318, celui-ci fait entreprendre la construction d'une église
gothique grandiose : Saint-Ouen. Ralenti par la guerre de Cent Ans,
le chantier va durer deux siècles. La façade occidentale restera
inachevée : les deux tours ne dépasseront pas la hauteur de
la rosace.
Après une période de déclin, l'abbaye est reprise en main par les
moines mauristes qui vont assurer son rayonnement intellectuel.
Puis vient la Révolution : les moines sont chassés, l'abbatiale
est transformée en atelier de forge pour la fabrication d'armes.
En 1801, elle est rendue au culte.
Au XIXe siècle, la façade est reconstruite, mais suscite la polémique.
Les portails sont jugés trop massifs, les tours trop hautes, masquant
la belle tour centrale en gothique flamboyant, dite «tour couronnée».
À l'heure actuelle, l'abbatiale Saint-Ouen est célèbre pour son
grand-orgue du XIXe dû au facteur Cavaillé-Coll, mais plus encore
pour son incomparable verrière des XIVe et XVe siècles et du début
du XVIe siècle.
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La nef de l'église Saint-Ouen.
Elle est toujours vide sauf quand on y installe des chaises pour les
concerts d'orgue.
Longueur totale de l'abbatiale : 144 mètres, hauteur sous voûte :
33 mètres
La distance entre les piles de la nef, du côté droit au côté gauche,
est de 11 mètres,
soit exactement le tiers de la hauteur de la voûte. |
| ASPECT EXTÉRIEUR
DE L'ABBATIALE SAINT-OUEN |
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L'abbé
Jean Roussel, dit Marc d'Argent.
La première pierre de l'abbatiale Saint-Ouen fut posée
le 25 mai 1318. Pour disposer d'assez de fonds pour
la construction, l'abbé Jean Roussel (1303-1339) décida
d'imposer un prélèvement annuel sur les revenus de l'abbaye.
La décision intervint dès 1321 en réunion capitulaire.
L'abbé y gagna le surnom de Marc d'Argent.
Il imposa aussi une nouvelle rigueur à la vie monacale,
ce qui attira à l'abbaye une vingtaine de moines qui
s'ajoutèrent aux quarante déjà en place.
En 1327, alors que la construction du chœur battait
son plein, le comte Charles de Valois et le roi Charles
IV le Bel firent d'importantes donations. Si bien qu'en
1328 l'enquête sur les monastères bénédictins ordonnée
par le pape Jean XXII classa Saint-Ouen parmi les abbayes
les plus riches, devant celle du Mont-Saint-Michel.
Dans la liste des biens, on dénombrait onze paroisses
dans Rouen
et ses faubourgs, vingt-deux autour de la ville, une
trentaine en Normandie et dans le Soissonnais. On peut
y ajouter des propriétés à Trèves et en Angleterre,
sans oublier des droits sur des forêts, des carrières
et des moulins francs.
À sa mort en décembre 1339, l'abbé Jean Roussel laissa
un chœur achevé et vitré. Les piles du transept étaient
implantées, avec les murs de son bas-côté ouest et la
première travée de la nef.
Cette construction rapide est à mettre sur le compte
de la rationalisation des tâches : les pierres de calcaire
étaient taillées en morte saison, puis assemblées quand
le chantier reprenait. L'abbé Roussel fut inhumé dans
le chœur de Saint-Ouen
Source : «L'abbaye Saint-Ouen
de Rouen» de Pascal Pottier. Éditeur : Direction des
Affaires Culturelles de la ville de Rouen.
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Le chevet de Saint-Ouen A été achevé
dans la première moitié du XIVe siècle. |
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La façade occidentale de l'abbatiale Saint-Ouen
a été construite vers 1850. |
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La
construction de la façade au XIXe siècle.
Le XIXe siècle a été friand en restaurations
hardies, sans grand respect pour les œuvres médiévales
qu'il fallait consolider ou compléter.
Au début du XIXe, la façade ouest de Saint-Ouen est
toujours inachevée. Le portail central, de petite taille,
est surmonté de la grande rose derrière le gable actuel.
Les tours nord et sud n'ont qu'un massif au premier
niveau. En 1838, la Commission des Monuments historiques
confie à l'architecte Grégoire le soin de la terminer.
Celui-ci veut abandonner le projet médiéval d'origine.
Ce qui crée aussitôt une vive polémique jusqu'à la Chambre
des Députés. En mai 1845, les crédits qui entérinent
le projet sont votés.
Les portails occidentaux sont détruits, tout comme le
presbytère et les maisons et bâtiments contigus. L'œuvre
nouvelle installait un style néo-gothique massif, rigide,
inspiré de la cathédrale de Cologne.
Même Viollet-le-Duc, qui pourtant s'y connaissait en
rigidité néogothique, déplora que l'on ait rasé les
souches des deux clochers, perdant ainsi une disposition
originale et ingénieuse du Moyen Âge finissant.
Source : «L'abbaye Saint-Ouen
de Rouen» de Pascal Pottier. Éditeur : Direction des
Affaires Culturelles de la ville de Rouen.
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La partie basse de la façade de Saint-Ouen et ses trois portails (XIXe
siècle). |

L'abbatiale Saint-Ouen dans une gravure du XIXe siècle.
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Le portail sud dit «des marmousets».
XIVe et XVe siècles
C'est l'entrée principale de l'abbatiale.
(Le marmouset est une figure grotesque.) |

La tour centrale ou tour «couronnée» est en gothique flamboyant.
Elle s'élève à 82 mètres. |
«««--- Les critiques
plurent sur la façade élevée dans les années 1840.
La forte stature des tours de la façade dégradait visuellement
la très belle tour centrale de style gothique flamboyant. |
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Portail des marmousets : le tympan (Dormition, Assomption et Couronnement
de la Vierge).
Le portail date des XIVe et XVe siècles. |

Tympan du portail des marmousets : le Couronnement de la Vierge.
XIVe - XVe siècles. |

Tympan du portail des marmousets : la Dormition.
XIVe - XVe siècles. |
| ASPECT INTÉRIEUR
DE L'ABBATIALE SAINT-OUEN |
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Les trois niveaux d'élévation dans la nef, côté nord.
Les vitraux sont ici du début du XVIe siècle (date de construction
de la nef). |
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Architecture
interne.
L'abbatiale possède deux atouts : sa verrière et son architecture.
Saint-Ouen en effet marque l'apogée du gothique rayonnant.
Le plan se caractérise par un chœur très allongé et, nouveauté
en ce début de XIVe siècle, une forte hauteur donnée au triforium.
ce qui diminue d'autant celle des parties hautes.
De façon originale, le triforium se divise en rectangles (photo
plus bas).
Ce parti sera imité dans d'autres édifices, notamment à Vernon,
aux Andelys et à Caudebec.
L'ossature du vaisseau offre au regard une belle mouluration.
Il n'y a pas de sculpture.
Les chapiteaux sont réduits à une simple figuration. Il n'y
en a aucun qui vienne interrompre la montée des colonnettes
des piliers jusqu'à la retombée des ogives. Là, une petite
sculpture à thème floral est insérée pour marquer la rupture
architecturale.
Même pauvreté au niveau des arcades du premier niveau : la
fin de la mouluration de l'intrados présente un tout petit
chapiteau à thème floral.
La seule ornementation du premier niveau, ce sont en fait
les doubles niches à statue accrochées aux colonnettes des
piles. La plupart des statues ont été perdues.
|


Procession menée par Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne,
cardinal de Bouillon et sous-doyen du Sacré Collège, |

Des niches à statue sur les piles constituent la seule ornementation
du premier niveau de la nef.
De tout petits chapiteaux floraux reçoivent la retombée de l'intrados
des arcades. |

La mouluration dans le haut du triforium vue en gros plan.

Triforium et parties hautes
de la nef. ---»»»
Le triforium est éclairé par des vitraux à fermaillets,
tandis que les parties hautes reçoivent une série
d'apôtres, de prophètes et de sibylles. |
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Saint François recevant les règles de l'Ordre
Tableau d'un anonyme rouennais
XVIIe siècle. |

Haut-chœur : Isaïe et David, Moïse
Entre 1325 et 1339.
Cliquez sur l'image pour afficher les personnages. |

Job et et Jéroboam (qui est un roi de Juda).
Vitraux du transept nord (2e moitié du XVe siècle).
La tête du roi Jéroboam a été refaite au XIXe siècle.

«««--- La verrière du haut-chœur,
réalisée entre 1325 et 1339,
nous est parvenue quasiment intacte depuis le Moyen Âge.
On remarque que les personnages ne sont pas logés dans des niches. |
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Statues de saints évêques
dans les niches accolées à un pilier de la nef. |

Le bas-côté sud. |

Le bas-côté nord.
| Fidèles à la disposition
de la nef, les bas-côtés sont vides. |
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La chaire à prêcher
---»»»
Aucune date n'est fournie
(vraisemblablement le XIXe siècle). |

La chaire à prêcher,
Statue de saint Jean sur la cuve.
«««--- Saints personnages
au sommet
de l'abat-son de la chaire à prêcher. |
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La sibylle Persique (vers 1492-151).
Haute fenêtre sud de la nef. |

Verrière des saintes Barbe, Marguerite et
Marie-Madeleine (début XVIe siècle).
Ici, Marguerite et le démon.
Bas-coté nord.
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La conversion de sainte Catherine par un ermite
Vitrail de la vie de sainte Catherine d'Alexandrie.
Arnoult de Nimègue ou l'un des
compagnons, début XVIe siècle.
Cliquez sur l'image pour afficher la totalité de la bande historiée
de la verrière. |
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Saint Benoît recevant le viatique
Toile de Daniel Hallé (1614-1675). |

Verrière des saintes Barbe, Marguerite, Marie-Madeleine.
Ici, sainte Barbe suppliciée (XVe siècle).
Cliquez sur l'image pour voir trois saynètes en gros plan.
Voir le vitrail de sainte
Barbe à l'église Saint-Patrice à Rouen |
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La
verrière de l'abbatiale Saint-Ouen.
La verrière de Saint-Ouen dégage une très belle harmonie
même si elle a été exécutée à différentes époques. Une
paire de jumelles est utile pour les parties hautes.
Au premier niveau, se trouvent des séries de saynètes
logées dans des niches richement composées. Facilement
lisibles car disposées presque à hauteur des yeux, ces
saynètes, illustrent la vie de saints dont l'histoire
est souvent tiré de la Légende dorée de Jacques
de Voragine.
Dans les hautes fenêtres s'étale une longue suite de
personnages de haute taille, sans niche et sans décor
: apôtres, prophètes, saints évêques, rois de Juda et
sibylles.
Les vitraux du chœur et des chapelles rayonnantes, mis
en place de 1318 à 1339 sont les plus anciens. Elles
étaient terminées à la mort de l'abbé Jean Roussel (1339),
initiateur de l'abbatiale.
Après la guerre de Cent Ans, le transept a suivi, supervisé
par Guillaume d'Estouville, abbé de 1462 à 1483.
Vint enfin, la nef dont les travaux seront achevés vers
1515 sous l'abbatiat d'Antoine Bohier. C'est sans doute
lui qui fit venir le peintre verrier de génie Arnoult
de Nimègue, présent à Rouen
vers 1500-1512 et qui a créé quelques chefs-d'œuvre
dans les bas-côtés de l'abbatiale.
Par chance, la totalité de la vitrerie de l'édifice
a été épargnée par les guerres de Religion, puis soigneusement
entretenue par les moines bénédictins au XVIIe siècle.
La Révolution verra disparaître quelques vitraux, dont
le Christ en croix du début du XIVe siècle dans l'axe
du haut-chœur. Il a été remplacé par un beau Calvaire
de Max Ingrand en 1960.
Au XIXe siècle, les peintres verriers Boulanger et Bernard,
chargés de la restauration des vitraux de la nef, crurent
souvent utile de se lancer dans quelques reprises «hardies».
Mais ils n'ont pas touché aux verrières du haut-chœur
et du transept, beaucoup mieux conservées.
Sources : 1) «Rouen, Abbatiale
Saint-Ouen, Les Verrières», itinéraire du Patrimoine
; 2) «L'abbaye Saint-Ouen de Rouen» de Pascal Pottier,
Direction des Affaires culturelles de la ville de Rouen.
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Collatéral nord : Vie de saint Martin (Arnoult de Nimègue, début
XVIe siècle).
Verrière intégrale avec les cinq saynètes dans leurs niches.
Les deux baies aux extrémités datent de 1852. |

Bas-coté nord : Vie de sainte Élisabeth (la guérison d'une femme).
Arnoult de Nimègue, début XVIe siècle.
Cliquez sur l'image pour afficher la totalité de la bande historiée
de la verrière. |

Bas-coté nord : Vie de saint Martin (le baiser au lépreux).
Arnoult de Nimègue, début XVIe siècle.
Cliquez sur l'image pour afficher la totalité de la bande historiée
de la verrière. |
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Bas-côté sud : Vie de sainte Agnès
Fin du XVe siècle.
Cliquez sur l'image pour afficher la bande historiée en gros plan. |
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La vie
de sainte Agnès.
C'est dans la Légende dorée du moine Jacques de Voragine
(XIIIe siècle) qu'ont puisé les créateurs de ces panneaux
«légendaires». La Légende dorée peut être regardée,
sauf exceptions, comme les contes et légendes du christianisme.
Au cours des siècles, moines et prélats inventèrent des vies
de martyrs pour servir à l'édification morale des populations.
La vie de sainte Agnès en est un exemple.
Agnès était une jeune fille, belle de visage et de cœur. À
treize ans, «elle perdit la mort et trouva la vie.» Le fils
d'un préfet, la voyant revenir de l'école [sic], fut
pris d'amour pour elle et lui promit bijoux et richesses si
elle acceptait de l'épouser. Mais elle lui tint ce langage
: «Éloigne-toi de moi, aiguillon du péché, aliment du crime,
poison de l'âme, car je me suis déjà donnée à un autre amant !»
(saynète 1).
Après ces mots - qui ressemblent à une bordée d'insultes -,
elle exposa au jeune homme toutes les qualités de son amant.
Celui-ci étant Jésus-Christ en personne (ce qu'elle lui cacha),
la liste était longue ! Et Agnès continua : «Déjà je
me suis donnée à ses caresses, déjà son corps s'est mêlé à
mon corps ; et il m'a fait voir un trésor incomparable qu'il
m'a promis de me donner si je persévérais à l'aimer.»
À ce point du récit, on peut s'interroger sur la recherche
du second degré dans les propos prêtés à la jeune fille par
l'inventeur de cette histoire...
Toujours est-il que, à ces mots, «le jeune homme devint malade
d'amour, en danger de mort.» Le préfet, son père, envoyé auprès
d'Agnès, ne put rien non plus. Apprenant que le fiancé était
le Christ, il menaça : ou bien elle sacrifiait à Vesta ou
elle rentrait dans un lupanar !
Campant sur son refus, Agnès fut déshabillée et envoyée tout
nue (précise Voragine) dans une maison de débauche. Mais un
miracle se produisit : ses cheveux poussèrent jusqu'à la couvrir
entièrement. Arrivée au lupanar, un ange l'attendait avec
une tunique d'une blancheur éblouissante.
Éclairant la pièce d'une lumière surnaturelle, l'endroit devint
lieu de prière.
|
Le fils du préfet, un jour qu'il
passait dans la maison, pria ses compagnons d'abuser de la
jeune fille. Mais ceux-ci, à la vue de la lumière, s'enfuirent,
effrayés. Les traitant de lâches, lui-même se rua dans la
chambre, furieux. Mais le diable l'étrangla (saynète
2).
Le préfet vint alors trouver Agnès et la menaça : si elle
ne voulait pas être accusée de sorcellerie ayant conduit à
la mort de son fils, qu'elle le fasse ressusciter !
Ce qu'Agnès, par la prière, obtint sur le champ. Et le fils
revint converti au Christ (saynète 3?).
Cependant les prêtres, à leur tour, accusèrent Agnès de sorcellerie.
Le préfet, qui les craignait, laissa faire. Gardée par un
lieutenant nommé Aspasius, la jeune fille fut jetée dans un
feu ardent, mais la flamme ne la toucha pas. Alors Aspasius
lui plongea un poignard dans la gorge (saynète
4).
Voragine ajoute : «Ce martyre eut lieu, à ce que l'on croit,
sous le règne de Constantin le Grand, qui régnait vers l'an
309.»
Quelques jours après, sa sœur de lait, Émérantienne, «vierge
pleine de sainteté» est lapidée car elle invectivait les passants
qui avaient tué sa sœur.
Quelques jours après encore, alors que ses parents veillaient
sur le tombeau commun des deux jeunes filles, Agnès leur apparut
au milieu d'un chœur de vierges en robes d'or. Elle leur parla
et les rassura (saynète 5?).
À la suite de quoi, on dénombra un certain nombre de miracles
liés au tombeau d'Agnès, notamment une guérison de la lèpre
et la disparition de la tentation de la chair chez un prélat.
Source :«La Légende dorée» de Jacques
de Voragine, éditions Diane de Selliers, traduction de Theodor
de Wyzewa.

Voir le tableau d'Alexandre-François Caminade (1789-1862),
Le
Martyre de sainte Agnès à l'église Saint-Eustache
à Paris.
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Le martyre de sainte Agnès.
Fin du XVe siècle
Verrière de la vie de sainte Agnès. |

Vie de saint Ouen (lancettes 4 et 5)
|
Le vitrail ci-dessus (qui s'étale
sur cinq lancettes) a été exécuté en 1850 par Théodore Bernard.
Comme suite à cette belle réalisation, le peintre verrier
Bernard a été chargé de la restauration générale des verrières...
où il montra un peu trop de zèle selon les critères actuels
de la restauration des vitraux.
Cliquez sur l'image pour afficher la totalité de la bande
historiée de la verrière.
|
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La Prédication de saint Austremoine.
Arnoult de Nimègue
Début du XVIe siècle.
Verrière de la vie de saint Austremoine. |
| LE TRANSEPT ET
SES CROISILLONS NORD ET SUD |
|

Chapelle dans le croisillon nord du transept
XVe siècle.
À droite, la Piéta de l'ancien jubé. |

Façade dans le croisillon sud du transept
avec sa rose de l'Arbre de Jessé.
XVe siècle.
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Piéta de l'ancien jubé du XVe siècle.
Croisillon nord du transept. |

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Rose dans la façade du bras sud du transept : Arbre de Jessé
Fin du XVe siècle.
Jessé est au centre, entouré des prophètes et des rois de Juda.
«««--- Tableau dans le bras
nord du transept.
Peintre inconnu. |
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Rose dans le bras nord transept : la Hiérarchie Céleste.
Chœur des anges, archanges, séraphins, anges, chérubins, etc. |

Partie haute de l'Arbre de Jessé (XVe siècle)
Rose dans le bras sud du transept. |

Rose nord : la Hiérarchie Céleste (partie haute). |

Rose nord : la Hiérarchie Céleste (anges, archanges et séraphins).
L'extrait ci-dessus est dans la partie droite de la rose.
Il a été redressé ici pour être plus lisible. |
| LE CHŒUR ET LE
DÉAMBULATOIRE DE SAINT-OUEN |
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Le déambulatoire nord et les grilles en fer forgé qui ferment le chœur. |

L'abside et son triforium au niveau médian.
Cliquez sur la verrière supérieure pour l'afficher en gros plan. |
|
Le vitrail
au XIVe siècle.
Au XIVe siècle, l'aspect du vitrail change : le panneau de
couleurs cède la place à la grisaille, modifiant complètement
l'effet artistique obtenu. La verrière de la baie cesse d'être
entièrement peinte : on y observe une ou deux bandes horizontales
colorées entre deux rangées de verres blancs (chapelle
de la Vierge et chapelle
Saint-André). Dans chaque lancette, la bande de couleurs
contient une saynète ou un personnage placé dans une niche,
celle-ci occupant parfois les deux-tiers de la lancette..
Élément important : il n'y a pas de perspective. Les
scènes décrites sont bien organisées avec des personnages
liés entre eux (à la différence de maints panneaux du XIIIe
siècle).
On aperçoit souvent des zones ombrées sur les vêtements pour
faire deviner le volume des corps. Les drapés sont souples.
Quant aux niches, ce sont de véritables morceaux d'architecture
formés d'éléments du gothique rayonnant. Elles vont prendre
en France un développement considérable.
Source : «Le vitrail à Rouen»
de Françoise Perrot, Collection Connaître Rouen.
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Vie de saint Étienne
Première moitié du XIVe siècle (saynètes et niches).
Chapelle Saint-Étienne.
Cliquez sur l'image pour afficher les saynètes 2, 3 et 4 en gros plan. |
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La verrière
de la chapelle Saint-Étienne.
Cette verrière est l'une des plus célèbres de l'abbatiale.
Dans son ouvrage sur le vitrail à Rouen, Françoise Perrot
indique que plusieurs scènes ont déjà figuré dans de grandes
expositions consacrées au vitrail (Rotterdam en 1952, Paris
en 1953).
La bande colorée (reproduite ci-dessus) est très bien conservée,
sans altération depuis les années 1318-1339, date de leur
création, mise à part la petite scène de la Visitation qui
a été refaite au XIXe siècle (lancette de droite, en haut).
Lancette 1 : Dispute de saint Étienne avec les Juifs
à Jérusalem.
Lancette 2 : Saint Étienne est lapidé. La Légende
dorée rapporte qu'un adolescent nommé Saul assistait à
la scène en gardant les vêtements des deux faux témoins présentés
par les Juifs pour confondre Étienne. Et Saul n'est autre
que le futur apôtre Paul. Les faux témoins étant au nombre
des meurtriers, Jacques de Voragine n'hésite pas à imputer
au futur saint Paul la coresponsabilité de la lapidation !
Les lancettes suivantes illustrent l'histoire de l'Invention
des reliques, survenue en l'an 417 à Jérusalem, telle que
la raconte la Légende dorée.
Lancette 3 : Le vieillard Gamaliel apparaît en songe
au prêtre Lucien. Gamaliel - il l'apprend lui-même à Lucien
-, a nourri l'apôtre Paul et lui a enseigné la Loi. Gamaliel
dit à Lucien : « Hâte-toi d'ouvrir nos tombeaux, car il n'est
point convenable que nous reposions plus longtemps dans un
lieu méprisé. Va donc, et dis à Jean, évêque de
|
Jérusalem, qu'il transporte nos
restes dans un lieu honorable !»
Dans le songe suivant - rapporte Jacques de Voragine - Gamaliel
apparait avec trois vases d'or et un d'argent (voir la scène
ci-dessous, à gauche). Il explique que l'un des vases d'or
contient des roses rouges : c'est le cercueil d'Étienne. Les
deux autres contiennent des roses blanches : ce sont les cercueils
de Gamaliel et de Nicodème. Le vase d'argent, plein de safran,
est celui d'Abibas, fils de Gamaliel.
Lancette 4 : Le prêtre Lucien rapporte sa vision à
l'évêque Jean.
Lancette 5 : Dans le jardin du prêtre, l'évêque Jean
et des membres de son clergé font déterrer les cercueils.
Jacques de Voragine ajoute qu'aussitôt une odeur délicieuse
en sortit, «au contact de laquelle soixante-dix personnes
furent guéries de diverses maladies». Et là, en effet, les
roses rouges et blanches permettent de reconnaître les restes
des différents défunts.
Lancette 6 : Les restes de saint Étienne sont placés
dans une châsse et transportés dans l'église de Jérusalem.
Sources : 1) «Le vitrail à Rouen»
de Françoise Perrot, "Connaître Rouen" ;
2) «La Légende dorée» de Jacques de Voragine, éditions Diane
de Selliers, traduction de Teodor de Wyzewa.
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Verrière de saint Étienne : Apparition de Gamaliel au prêtre
Lucien
1ère moitié du XIVe siècle.
Chapelle Saint-Étienne. |

Le Meurtre de Thomas Becket
Chapelle rayonnante Saint-Éloi et Saint-Thomas.

Ce vitrail date du
début du XIVe siècle avec certaines pièces figurées refaites
en 1852
lors de la restauration des verrières entreprises par
Théodore Bernard.
Cliquez sur l'image pour afficher la totalité de la bande
historiée de la verrière. |
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Le déambulatoire tournant. Au premier plan, la chapelle axiale.
À droite, la chapelle Saint-André. |

Sainte martyre tenue prisonnière
Anonyme rouennais, XVIIe siècle.
Tableau dans la chapelle Saint-André. |

Chapelle Saint-Éloi et saint-Thomas : le retable.
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Statue d'un saint
dans le chœur. |
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Chapelle Saint-Michel et son retable. |

Chapelle Saint-Joseph : le retable.
Saint Mathurin
exorcisant Théodora,
fille de l'Empereur romain ---»»»
Toile d'Adrien Sacquespée (1629-1692)
Chapelle axiale de la Vierge.
Ce tableau vient du couvent des Grands Augustins, à Rouen.
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Chapelle Saint-André : Vie de saint André (début XIVe siècle).
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan. |

Prédication de saint Nicaise (début XIVe siècle)
Chapelle Saint-Nicaise. |

Pierre tumulaire de l'architecte du XIVe siècle.
Chapelle Saint-Éloi et Saint-Thomas.
Le contraste a été fortement accentué par ordinateur. |
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Le chœur et son retable du XIXe siècle. |

Le lutrin du chœur. |

Clé de voûte dans le chœur
avec tête humaine et saynète historiée. |

Clé de voûte dans le chœur
avec tête humaine et saynète historiée. |
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Sculpture en bois doré sur le retable : le transfert d'une châsse. |

Triforium et hautes fenêtres dans le chœur (côté sud). |

Vocation de saint Pierre et saint André.
Première moitié du XIVe siècle.
Panneau d'un vitrail dans la chapelle Saint-André. |

Vie de saint Nicaise : les trois martyrs du gué de l'Epte.
Première moitié du XIVe siècle.
Panneau d'un vitrail dans la chapelle Saint-Nicaise.
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La chapelle rayonnante Saint-André et ses verrières du début du XIVe
siècle.

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Arnoult
de Nimègue.
Ce peintre est né à Nimègue vers 1470 et exerce d'abord à
Tournai. Il s'installe à Rouen
de 1500 à 1512, puis part à Anvers où il est inscrit à la
Guilde Saint-Luc en 1513. Il meurt à Anvers vers 1540.
À Rouen,
il est l'auteur de très nombreux vitraux (Saint-Ouen, la cathédrale,
Saint-Godard,
Saint-Vincent). Influencé par l'école italienne, il est reconnaissable
à sa façon de créer les visages. D'abord, de minces hachures
parallèles portées sur un lavis de grisaille ou un lavis de
sanguine. Ensuite la brosse vient étaler l'ensemble en ombres
et lumières. Ses personnages «sont reconnaissables à la poche
qu'ils ont sous les yeux», écrit Françoise Perrot. Arnoult
de Nimègue a renouvelé l'art du vitrail à Rouen
au début du XVIe siècle.
Source : «Le vitrail à Rouen»
de Françoise Perrot, Collection Connaître Rouen.
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La Pentecôte
Peintre non précisé.
Chapelle Saint-Barthélemy. |

La chapelle axiale est dédiée à la Vierge. |

Chapelle de la Vierge : le retable. |

La Vierge de l'Annonciation
Première moitié du XIVe siècle.
Chapelle de la Vierge. |
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Haut-chœur : l'apôtre Luc
Première moitié du XIVe siècle. |

Haute-nef : Jacob et Isaac
Début du XVIe siècle. |

L'ange de l'Annonciation
Première moitié du XIVe siècle.
Chapelle de la Vierge. |

La Vierge de l'Annonciation
Première moitié du XIVe siècle.
Chapelle de la Vierge |

Saint Joseph de la Nativité (avec le bœuf et l'âne)
Première moitié du XIVe siècle.
Vitrail de la chapelle de la Vierge. |

Abside : Calvaire par Max Ingrand (1959-1963).
Dans le bandeau du bas, l'artiste a réutilisé des morceaux
originaux du XIVe siècle : un calvaire drapé de bleu à fleurs
de lys avec deux têtes de chaque côté. |
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La Passion de saint Vincent
Première moitié du XIVe siècle et restaurations de Théodore Bernard
au XIXe siècle.
Chapelle Saint-Vincent. |
| L'ORGUE DE TRIBUNE DE SAINT-OUEN |
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David et sa lyre
sur une tourelle de l'orgue.
«««--- Le célèbre grand
orgue
de Saint-Ouen jouit
d'une réputation internationale .

C'est un Cavaillé-Coll installé
en 1890 dans un buffet de 1630.
L'orgue a été classé Monument historique
en 1976, le buffet l'a été en 1970. |
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L'ange au sommet de la tourelle droite. |

Sur le sommet des tourelles, le Christ est entouré du roi David, de
sainte Cécile et de deux anges aux ailes déployées. |

La nef et le grand orgue vus depuis le chœur. |

Le chœur et l'abside. |
Documentation : «Le vitrail à Rouen» de Françoise
Perrot, Collection Connaître Rouen
+ «Rouen, Abbatiale Saint-Ouen, Les Verrières», itinéraire du Patrimoine
+ «L'abbaye Saint-Ouen de Rouen» de Pascal Pottier, Éditeur : Direction
des Affaires culturelles de la ville de Rouen
+ «La Légende dorée» de Jacques de Voragine, éditions Diane de Selliers,
traduction de Theodor de Wyzewa. |
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