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Page créée en mai 2011
La Vierge au raisin, chef d'œuvre d'école troyenne (fin XVe, début XVIe siècle)

L'église Saint-Urbain doit son existence à l'élection au pontificat d'un enfant de Troyes : Jacques Pantaléon, fils d'un modeste savetier, devenu pape en 1261. Il prend le nom d'Urbain IV et réorganise le gouvernement de l'église. Pour honorer sa ville natale, il achète plusieurs maisons autour de l'atelier de son père et, à cet endroit, IL fait construire une collégiale dédiée au pape Urbain Ier. Il meurt en 1264 sans avoir revu Troyes.
Le chœur et le transept de l'église ont été érigés rapidement : de 1264 à 1266. Puis le rythme diminue (ajout du mur d'enveloppe et de la dernière travée du vaisseau central). Les travaux s'arrêtent à la fin du XIIIe siècle et reprennent à la fin du XIVe : ajout des deux autres travées dans le vaisseau et pose d'une simple charpente en bois en guise de voûte.
Saint-Urbain reste ainsi jusqu'en... 1846. Entre-temps son état s'est dégradé ; quatorze maisons se sont adossées à ses murs. Pendant la Révolution, l'église a été transformée en silo à céréales, puis en magasin de distribution de vivres. Le bâtiment retrouve son statut d'église paroissiale en 1802. En 1846, un programme de restauration totale est mis en place. Les maisons parasites sont détruites. De 1890 à 1905, les derniers manques sont enfin comblés : porche de la façade, parties hautes, voûte et arcs-boutants de la nef - éléments jamais réalisés depuis le XIIIe siècle! Enfin, à la fin du XXe siècle, une restauration complète de l'abside et de sa verrière est entreprise.
Saint-Urbain se rattache au gothique classique. Sa très vaste verrière transforme son intérieur en une féérie de lumière. Les vitraux du chœur remontent au XIIIe siècle. Les autres ont été créés dans le goût médiéval à la fin du XIXe siècle ou au tout début du XXe. Le pape Paul VI a élevé l'église à la dignité de basilique mineure en 1964.

vue d'ensemble de la nefAfficher le vitail du chœur en gros plan
Vue d'ensemble de la nef et du chœur depuis l'entrée
On remarquera le nombre impressionnant de colonnettes sur les piliers et les arcades
Cliquez sur les vitraux de l'abside pour les afficher en gros plan.
La façade occidentale de Saint-Urbain
La façade occidentale de Saint-Urbain
Le tympan du portail central (XIIIe siècle)
Le tympan du portail central (XIIIe siècle) représente
des scènes du Jugement dernier dominées par un Christ en majesté.
Sur le linteau (en bas) : la résurrection des morts
Le côté sud de Saint-Urbain depuis la place de la Libération
Le côté sud de Saint-Urbain depuis la place de la Libération
Le chevet et le côté nord
Le chevet et le côté nord
La Résurrection des morts sur le linteau (XIIIe siècle)
Un spectacle insolite : celui de la Résurrection des morts sur le linteau (XIIIe siècle).
Ici la partie droite de la sculpture
Le Christ en majesté au-dessus des douze apôtres
Le Jugement dernier du tympan, XIIIe siècle
Le Christ en majesté au-dessus des douze apôtres
Lancette du bas : les démons poussent les damnés vers le Léviathan
Le Jugement dernier du tympan, XIIIe siècle
Lancette du bas : les démons poussent les damnés vers le léviathan

Lancette du bas : les damnés dans la gueule du Léviathan
Le Jugement dernier du tympan, XIIIe siècle
Lancette du bas : les damnés dans la gueule du Léviathan

Une abbesse contre l'église. Tout près de l'église Saint-Urbain en construction se trouve l'abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains. Cette abbaye de femmes possède de grands privilèges et rayonne sur la ville de Troyes. Bâtir à proximité une église qui, non seulement échappe à sa juridiction, mais relève directement du Saint-Siège est tout simplement de la provocation.
Aussi, en 1266, alors que la date de la consécration de Saint-Urbain est déjà fixée, l'abbesse Ode de Pougy décide-t-elle de passer à l'action. Elle envoie une troupe sur le chantier qui casse tout ce qu'elle peut. Les portes sont arrachées, le maître-autel et les chapiteaux brisés, les colonnes vandalisées. Quant au matériel des charpentiers, il est tout simplement confisqué... Malgré tout, on remet de nouvelles portes... qui sont à

nouveau fracturées et emportées peu de temps après!
Quelques mois plus tard, un incendie suspect se déclare. Il détruit les parties en bois dans les murs et la toiture. Il faut croire que ces mesures énergiques d'intimidation ne suffisaient pas : en 1268, c'est carrément le légat du pape que l'on agresse! Venu bénir le nouveau cimetière, il est accablé d'injures, molesté et poursuivi dans les rues de la ville.
Le 15 juillet de la même année, Ode de Pougy et ses comparses sont excommuniées par le pape Clément IV. Le pape Martin IV lèvera la sentence en 1283.
Source : «Basilique Saint-Urbain, Troyes - guide de visite», ISBN 2-907894-26-9

Chœur et croisillon gauche
Le chœur et le croisillon nord du transept

La cuve baptismale, sur la droite, vient de l'église Saint-Jacques-aux-Nonnains (qui était la plus importante abbaye de femmes du diocèse de Troyes).
À la Révolution, tout le mobilier de Saint-Jacques fut vendu. Quelques années plus tard, on retrouva la cuve dans la cour d'une maison troyenne. Elle était utilisée comme margelle de puits.

Gisant (vers 1570)
Gisant (bas-relief en pierre, 1570)
Cuve baptismale
Cuve baptismale du XVe siècle
Vierge à l'Enfant
Statue en pierre, Vierge à l'Enfant
XVe ou XVIe siècle
Saint Jacques le Majeur
Pierre polychrome : Saint Jacques le Majeur (XVIe siècle)
Une des plus belles productions de la sculpture troyenne
Portail principal, vitrail de 1901
Portail principal, vitrail de 1901 (Ici, saint Valérien et saint Louis)
Œuvre d'Édouard-Amédée Didron
Sainte Barbe
Pierre polychrome : Sainte Barbe (début XVIe siècle)
La tour, à son côté, est celle où elle fut enfermée.
LA CHAPELLE ABSIDIALE DE LA VIERGE
LA VIERGE AU RAISIN, CHEF D'ŒUVRE DE L'ÉCOLE TROYENNE
Chapelle de la Vierge
Chapelle de la Vierge (avec la statue de la Vierge au raisin)
Absidiole sud
Dans les deux vitraux visibles, les grisailles à fermaillets sont du XIIIe siècle.
Vierge aux raisins
La Vierge au raisin
Fin du XVe, premier tiers du XVIe siècle
L'une des plus belles sculptures de l'école troyenne
Saint Roch
Statue en pierre polychrome
Saint Roch (XVIe siècle)
La chapelle de la Vierge et sa verrière
La chapelle de la Vierge et sa verrière
Les deux vitraux de gauche sont du XIIIe siècle à l'exception des panneaux historiés qu'ils renferment. Ceux-ci ont été faits
en 1879 lors de la restauration de la verrière. Les deux vitraux de droite datent de 1879.
La Vierge au raisin
Le merveilleux visage de la Vierge au raisin
Chef d'œuvre de l'école troyenne
Fin du XVe siècle, premier tiers du XVIe siècle
Grisailles à fermaillets, XIIIe siècle
Grisailles à fermaillets, XIIIe siècle
Cabochons d'animaux et têtes humaines
Chapelle de la Vierge

La Vierge au raisin
La Vierge au raisin
Gros plan sur l'Enfant Jésus et sur l'oiseau
Chapelle de la Vierge

La Vierge au raisin
La Vierge au raisin
Chef d'œuvre de l'école troyenne
Fin du XVe siècle, premier tiers du XVIe siècle
Grisailles à fermaillets, XIIIe siècle
Grisailles à fermaillets, XIIIe siècle
Cabochons d'animaux et têtes humaines vus en gros plan, Chapelle de la Vierge
Ces vitraux ont été restaurés en 1879.

L'école troyenne de sculpture. Comme les autres églises de Troyes, Saint-Urbain compte un nombre important de sculptures sur pierre. Si les foires de Champagne ont été florissantes pour la ville, la guerre de Cent Ans a eu l'effet inverse. Toutefois, avec le retour de la paix (milieu du XVe siècle), Troyes redevient prospère. C'est une période de reconstruction. Les ateliers de sculpture, de vitrail et de peinture ne chôment pas.
En matière de sculpture, le style d'avant la guerre de Cent Ans renaît : celui de la tradition gothique avec ses lignes épurées, ses visages aux expressions simples, ses vêtements sobres.
Cependant, sous l'influence discrète du début de la Renaissance, la sculpture troyenne évolue un peu : les chevelures sont plus travaillées ; les attitudes, plus

naturelles ; les vêtements, plus riches (comme celui de la célèbre statue de la Vierge aux raisins ci-dessus).
Enfin, à partir des années 1530, l'influence des artistes venant du château de Fontainebleau va marquer la sculpture de la région. On sait qu'ils portent dans leur art tous les signes de la première Renaissance. Troyes s'inspirera ouvertement de l'Italie. De la sorte, les artistes troyens, jusqu'en 1530-1540, vont faire de la résistance face aux influences italiennes. Des ateliers comme celui du maître de Chaource, ont continué à offrir des œuvres d'une grande qualité et d'une profonde unité de style dans la tradition gothique. Voir la sainte Marthe du maître de Chaource à l'église Sainte-Madeleine de Troyes.
Source : «Basilique Saint-Urbain, Troyes - guide de visite», ISBN 2-907894-26-9

LA CHAPELLE ABSIDIALE NORD SAINT-JOSEPH
Chapelle Saint-Joseph
Chapelle Saint-Joseph
Absidiole nord
Seuls quelques éléments du XIIIe siècle parsèment le vitrail de gauche.
Bas-relief de la Crucifixion, pierre, vers 1500, chapelle Saint-Joseph
Bas-relief de la Crucifixion, pierre, vers 1500, chapelle Saint-Joseph
Il présente tous les éléments de la Passion
depuis la trahison de Judas jusqu'à la Déploration

Statue de la Vierge ou d'une sainte femme
Statue de la Vierge ou d'une sainte femme
École troyenne, XVIe siècle

LE CHŒUR DE LA BASILIQUE SAINT-URBAIN
Le chœur de la basilique
Le chœur avec les chaises et les fleurs d'un mariage
Peinture sur toile «La Sainte Famille»
Peinture sur toile «La Sainte Famille» (début du XVIIIe)
Cette toile est peut-être l'œuvre de Jacques Carrey, élève de Lebrun.
Statue de saint Jean
Statue de saint Jean, fin du XVIe siècle
Cette œuvre se rattache au style baroque
Statue de la Vierge
Statue de la Vierge, fin du XVIe siècle
Cette œuvre se rattache au style baroque
Le chœur et l'abside
Le chœur et l'abside avec sa monumentale verrière du XIIIe siècle
«La Crucifixion», XIXe siècle et 1270
Vitrail central du chœur : «La Crucifixion»
À gauche et au centre, Marie et Jésus ont été faits à la fin du XIXe siècle. Seul Jean, à droite, est de 1270.
Les bordures sont aux armes du chapitre de saint Urbain et d'Urbain IV.
Cliquez sur l'image pour afficher le vitrail en gros plan dans la galerie des vitraux.
Vitraux du chœur
Vitraux du chœur, vers 1270, abside et partie nord
Dans la partie basse, on remarquera la claire-voie qui vient enjoliver les vitraux du premier niveau.
Le chœur de Saint-Urbain
Le chœur de Saint-Urbain
On voit, à droite, un Calvaire et la piscine.
La piscine du chœur
La piscine du chœur
Elle est datée de 1265 par les historiens.

La piscine de l'an 1265. Il est rare que la piscine d'une église retienne l'attention. Celle de la basilique Saint-Urbain est proprement hors normes. Rappelons que la piscine est un endroit dans le chœur, en général creusé dans la pierre, où l'on plaçait les burettes (ampoules contenant les huiles saintes). C'est aussi un endroit percé d'un ou deux trous où l'on vidait les eaux dites de «purification du calice et des linges sacrés».
La piscine de Saint-Urbain est constituée de deux hautes baies trilobées ornées de trois scènes historiées (malheureusement mutilées à la Révolution) : au centre, Jésus bénit la Vierge ; dans l'écoinçon gauche, le pape Urbain IV présente le chœur de l'église ; dans l'écoinçon droit, le cardinal Ancher présente le transept (qui n'est pas couvert). C'est

par les scènes des écoinçons que les historiens datent de 1265 la construction de cette piscine.
Mais le plus spectaculaire de cette sculpture est sans conteste la représentation des défenseurs d'une ville médiévale en lutte pour repousser l'assaut d'ennemis imaginaires. Sur les quatre dais crénelés qui surmontent la piscine, un ouvrier du XIIIe siècle, sûrement pétri d'imagination et de talent, a représenté des soldats en armes, des ecclésiastiques et des ouvriers maniant leurs outils. Tout ce petit monde s'active pour repousser l'attaquant.
Source : «Basilique Saint-Urbain, Troyes - guide de visite», ISBN 2-907894-26-9

La partie haute de la piscine, avec ses quatre dais crénelés, simule une ville attaquée
La partie haute de la piscine, avec ses quatre dais crénelés, simule une ville attaquée.
Les soldats armés et casqués repoussent un assaut imaginaire.
Partie haute de la piscine (1265)
Partie haute de la piscine (1265)
Les statues ont été décapitées sous la Révolution.
Voir le commentaire ci-dessus pour l'explication des sculptures
Panneau historié du chœur : «Comparution devant Pilate»
Panneau historié du chœur : «Comparution devant Pilate»
Vitrail de 1270, restauré fin XIXe et fin XXe siècle
Verrière basse
Vitraux de 1270 dans le chœur
Vitraux de 1270 dans le chœur
Lévi, Cham et Samuel
Panneau historié du chœur : «Portement de croix»
Panneau historié du chœur : «Portement de croix»
Vitrail de 1270, restauré fin XIXe et fin XXe siècle
LA NEF ET LES VITRAUX DU XIXe SIÈCLE
Élévations sud dans la nef et la verrière du XIXe siècle de l'atelier DidronCliquez ici pour afficher la verrière de la façade en gros planCliquez ici pour aficher les trois verrières sud en gros planCliquez ici pour aficher les trois verrières sud en gros planCliquez ici pour aficher les trois verrières sud en gros plan
Façade et élévations sud dans la nef : la verrière du XIXe siècle de l'atelier Didron
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.

Le vitrail à la fin du XIIIe siècle. Le XIIIe siècle est l'âge d'or du gothique. Après les essais du siècle précédent, les architectes sont parvenus à donner aux grandes églises et aux cathédrales cet aspect monumental que nous leur connaissons : voûtes élevées, grandes fenêtres, importance de la lumière. Mais il faut reconnaître, en ce qui concerne l'élan vers la lumière, que les maîtres verriers et les commanditaires des œuvres l'ont un peu freiné : les vitraux aux dessins omniprésents et aux couleurs chargées, presque opaques, ne laissent plus passer grand-chose! Le plus bel exemple en est la cathédrale de Chartres (1220) et sa célèbre pénombre... À Troyes, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul présente un peu le même inconvénient.
Pour retrouver cette atmosphère de clarté si prisée, au XIIe siècle, par l'abbé Suger, les artisans ont alors développé l'art de la grisaille décorative. Il s'agit de réaliser

quelques panneaux figuratifs entourés de bordures végétales, géométriques ou héraldiques.
À Saint-Urbain, la totalité des verrières du chœur et des baies du transept, qui datent de cette époque, suivent ce nouveau schéma artistique. C'est un ensemble magnifique qui fait corps avec l'architecture. Au sein de chaque lancette, le personnage représenté de face, de trois-quarts ou en marche apporte la touche colorée indispensable, touche enrichie sur les bords par les filets d'héraldique, tandis que les grisailles légèrement rehaussées d'or meublent le reste.
L'église Saint-Urbain marque l'avènement d'un nouveau style dans l'art du vitrail français, voire européen.
Source : «Basilique Saint-Urbain, Troyes - guide de visite», ISBN 2-907894-26-9

Saint Michel terrassant le dragon
Statue en pierre polychrome
Saint Michel terrassant le dragon, XVIe siècle
Saint Pierre
Saint Pierre
Verrière du transept (1891)
Saint Paul
Saint Paul
Verrière du transept (1891)
Saint André
Saint André
Verrière du transept (1891)
Vierge à l'Enfant
Statue en pierre polychrome
Vierge à l'Enfant, XVIe siècle
Vue de la la nef depuis l'entrée côté sud
Vue de la la nef depuis l'entrée côté sud
Les multi-colonnettes des piliers qui se prolongent au niveau des arcades donnent à la basilique Saint-Urbain
un aspect de grâce et de légèreté encore rehaussé par la lumière qui l'inonde.
Christ aux liens
Christ aux liens
Pierre polychrome
XVIe siècle

Viollet-le-Duc et la basilique Saint-Urbain. Le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) est à l'origine du renouveau de l'art gothique au XIXe siècle. L'un de ses points de réflexion majeurs a été de définir le beau idéal. À cet effet, il a décrit ce qu'était pour lui la cathédrale idéale, une cathédrale de style gothique évidemment. Il est aussi l'auteur d'importants travaux sur l'évolution du style gothique au Moyen Âge depuis son origine. Ces travaux ont été fortement décriés par d'autres architectes et historiens d'art.
Pour Viollet-le-Duc, l'élément générateur de l'édifice gothique, c'est la croisée d'ogives. La construction gothique se conçoit de haut en bas et non pas, comme chez les Grecs anciens, de bas en haut. C'est la croisée d'ogives qui impose les points d'appui, qui détermine leur force et la section qu'il convient de leur donner pour assurer l'équilibre de l'ensemble. Mais Viollet-le-Duc soutient que les premiers architectes du gothique ont emprunté en quelque sorte au style roman : les voûtes et leurs faisceaux retombaient sur le tailloir des chapiteaux qui, eux-mêmes, étaient portés au faîte de colonnes simplement monocylindriques. Ce n'est qu'à partir de 1220, selon lui, que les architectes français ont renoncé à cette fameuse colonne monocylindrique. Peut-être dans une recherche de pureté, ils sont arrivés à regarder la colonne - qui reçoit le poids des voûtes - comme un prolongement des multiples

faisceaux qui descendent des ogives. Viollet-le-Duc situait l'apogée de ce système à la basilique Saint-Urbain de Troyes. Il date la construction du bâtiment de la fin du XIIIe siècle. On voit nettement dans l'image ci-dessus que le pilier n'est en effet autre que la continuité du faisceau des arcs qui descendent depuis la voûte. Il n'y a plus de place pour le chapiteau roman haut et massif. Seules subsistent quelques maigres sculptures qui saluent le point de jonction entre la descente des voûtes et le pilier. Ainsi, pour notre architecte, la logique du gothique médiéval poussée jusqu'à son aboutissement supprime le chapiteau. Cette idée, typique de la pensée de Viollet-le-Duc, lui est-elle venue en contemplant les magnifiques tombées des faisceaux de Saint-Urbain par un jour de grand soleil?
Il n'en reste pas moins que ce point d'architecture - qui est assurément une recherche de la beauté - assure à la basilique Saint-Urbain une grâce et une légèreté sans pareil, rehaussées encore par les flots de lumière qui traversent son imposante verrière.

Source : «Viollet-le-Duc ou les délires du système» de Jean-Michel Léniaud, Éditions Mengès, ISBN 2-8562-0340-X

Absidiole sud, vitrail de 1879
Absidiole sud, vitrail de 1879 (dans le goût médiéval), Atelier Didron
Le Couronnement de la Vierge
«L'Éducation de la Vierge»
«L'Éducation de la Vierge»
XVIe siècle, pierre polychrome
Vitraux du transept sud
Vitraux du transept sud
Saint Matthieu et saint Simon (Didron, 1891)
La nef et l'entrée de l'église vues depuis le chœur
La nef et l'entrée de l'église vues depuis le chœur
La grande verrière de la façade (1901) est donnée à droite ---»»»
Vitrail de la façade (Didron, 1901)
Vitrail de la façade (Didron, 1901)
De gauche à droite : Saint Valérien, saint Louis, saint Urbain Ier, Urbain IV, saint Thomas d'Aquin, sainte Cécile
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan dans la galerie des vitraux

Documentation : «Basilique Saint-Urbain, Troyes - guide de visite», ISBN 2-907894-26-9
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