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Page créée en août 2022
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Le Baptême de Jésus, vitrail de Danièle Fuchs, 1988, détail

L'église Saint-Eustache à Viroflay n'est pas très connue. Avec une courte nef et deux collatéraux, c'est un petit édifice qui n'est ouvert que pour les offices. Pourtant son histoire est glorieuse : il fut chapelle royale. Parmi les châtelains de l'ancien et vaste domaine où il s'élève, on compte la famille Le Tellier et le Grand Dauphin.
Depuis 1493, le domaine de Viroflay est aux mains de la famille Aymery. On y cultive la vigne et les céréales (blé, orge, avoine). Au début du XVIe siècle, il rassemble une centaine de villageois. L'origine de Saint-Eustache tient dans les critiques de ces villageois envers la paroisse de Montreuil et son église Saint-Symphorien (actuellement intégrée à Versailles). Cette église est le lieu de culte officiel des Viroflaysiens, mais elle est à deux lieues de distance (une demi-heure de marche). Les chemins pour s'y rendre sont en mauvais état. Et, par temps de pluie, ils sont boueux. Seigneurs et paysans réclament donc une église à Viroflay même.
En 1519, un arbitrage est rendu : le curé de Montreuil aura désormais l'obligation de célébrer une messe à Viroflay chaque dimanche et chaque fête. Il faut donc construire un édifice. Ce sera la nef actuelle de Saint-Eustache, bâtie par les paroissiens eux-mêmes, à l'emplacement de l'ancienne chapelle. Le tout est terminé en 1543. En tant qu'église autonome, elle reçoit la dîme d'une abbaye, près de Bièvres. En 1546, la paroisse de Viroflay est établie en droit.
On ignore si les guerres de Religion conduisent à la dégradation de l'église. En revanche, lors de la Fronde, l'édifice est profané. Le village, pillé par la soldatesque, reste dans la misère sous le règne de Louis XIV. En 1660, les seigneurs Aymery finissent par céder leur domaine à la famille Le Tellier.
Dès 1672, le chancelier Michel Le Tellier fait entreprendre d'importantes restaurations : d'abord la consolidation des murs (rendue nécessaire par la présence de marnes dans le sous-sol) ; enfin l'agrandissement de l'édifice. Deux chapelles sont érigées au nord et au sud du chœur. Puis suivent le beffroi et son clocher. Deux horloges sont fixées au clocher pour être visibles par les voyageurs qui empruntent la route principale est-ouest.
En 1691, Louvois s'éteint. Sa veuve vend la seigneurie de Meudon au Grand Dauphin en 1695. Celui-ci, quelques mois plus tard, accroît le domaine en acquérant la seigneurie de Chaville et Viroflay qui lui était contiguë. Céréales, vignes et forêt rendent l'ensemble prospère, favorisé en outre par l'installation, en 1682, de la Cour à Versailles, cité royale toute proche. Des blanchisseries s'installent, ainsi que d'autres métiers que l'on imagine : voituriers, hôteliers, restaurateurs.
Viroflay rentre alors dans le domaine privé des chasses royales (avec saccage des champs à la clé...) ; Saint-Eustache est placée sous la responsabilité de l'architecte royal. Le Roi possède son banc dans le chœur de l'église ; le curé devient le «curé de la paroisse royale de Viroflay». En 1726, le village est rattaché aux biens de la Couronne, donc directement géré par la Maison du Roi. Pour le grand profit de l'église et de son chapelain.
En 1771-1772, de grands travaux (toiture, voûte, plancher, chapelle latérale) donnent à Saint-Eustache sa dimension actuelle. Le village compte près d'un millier d'habitants.
À la Révolution, l'église devient temple de la Raison. En novembre 1793, elle est mise à sac. Tous les biens sont vendus aux enchères, y compris le linge et les boiseries offertes par Louis XIV. Les cloches sont fondues. L'édifice est fermé.
Avec le Concordat de 1801, Saint-Eustache est réaffectée au culte.
Au XIXe siècle, l'église est restaurée et embellie (tableaux, autel, vitraux, statues, etc.). Notons que, sous le Second Empire, l'actuelle mairie de Viroflay était le pavillon du duc de Morny. En lui rendant visite, l'impératrice Eugénie offrit à l'église Saint-Eustache une copie du tableau de Ribera représentant saint Antoine de Padoue ainsi qu'un dais brodé au fil d'or. Ce dais est conservé parmi les textiles de sacristie.
Enfin, une ultime restauration de l'édifice, avec mise aux normes, est entreprise dans les années 1970. Dans les années 1980, l'église reçoit quatre vitraux conçus par l'artiste viroflaysienne Danièle Fuchs, à la fois peintre et graveur.

Statue de saint Eustache dans la chapelle Saint-Eustache, détail
La nef et le chœur de Saint-Eustache
La nef et le chœur de Saint-Eustache.
Sans les lumières du chœur, l'église serait sombre.
La façade ouest et le clocher
La façade ouest et le clocher.
Première moitié du XVIe siècle
Vue d'ensemble
Vue d'ensemble de l'église (1ère moitié du XVIe siècle).

Statue de saint Eustache dans la chapelle Saint-Eustache ---»»»
Statue de saint Eustache
Chapelle Saint-Eustache
Chapelle Saint-Eustache dans le côté sud.
À l'époque des chasses royales, c'était
la chapelle des Gardes du Roi.

Les vitraux de Danièle Fuchs.
Danièle Fuchs (1931-2013) est une artiste viroflaysienne, à la fois peintre et graveur. Elle a réalisé quatre vitraux pour l'église Saint-Eustache, tous donnés ici.
Notons que la découpe des verres et la cuisson de ces quatre vitraux ont été assurées par A. Ripeau, le fils d'Henri Ripeau, maître verrier versaillais, qui a créé trois verrières pour l'église Notre-Dame de Lourdes à Chaville.
Danièle Fuchs s'est aussi distinguée dans la gravure sur cuivre comme le montre le Chemin pascal, qui tient lieu de Chemin de croix, à l'église Sainte-Bernadette de Chaville.

Vitrail de Danièle Fuchs, 1980 : «La Vigne et le blé»
«La Vigne et le blé»
Vitrail de Danièle Fuchs, 1980.
Vitrail du XIXe siècle : Vie de saint Eustache, détail
Vitrail du XIXe siècle : Vie de saint Eustache, détail.
Vitrail XIXe siècle : Vie de saint Eustache
Vitrail du XIXe siècle : Vie de saint Eustache.
Atelier inconnu.
Bannière de procession : «Patronage Jeanne d'Arc Viroflay 1909»
Bannière de procession :
«Patronage Jeanne d'Arc Viroflay 1909»

Les bannières. En 1995, lors de travaux entrepris dans l'ancien presbytère, on découvrit un ensemble de huit bannières de procession datées entre 1827 et 1911.
Après restauration, une partie d'entre elles est présentée dans une vitrine de l'église et changée régulièrement.

La nef et le côté nord
La nef et le côté nord.

Pourquoi la dédicace à saint Eustache ?
L'église actuelle a été terminée en 1543 et sa consécration par l'évêque de Mégaré a eu lieu le 18 mai de la même année. L'église doit son nom au saint patron du vicaire général du diocèse de Paris, Eustache du Bellay, parent du poète.
Source : Église Saint-Eustache, ©Œuvre Saint-Eustache, nouvelle édition 2013.

«Descente de croix», tableau de Jean Raymond Hippolyte Lažerges (1817–1887)
«Descente de croix»
Ttableau de Jean Raymond Hippolyte Lazerges (1817-1887).
«Le Chêne de la Vierge» ---»»»
Vitrail de Danièle Fuchs, 1980.
Vitrail de Danièle Fuchs, 1980 : «Le Chêne de la Vierge»

Saint Eustache. Sa vie s'insère totalement dans le cadre mythologique chrétien, un cadre dont la Légende dorée écrite au XIIIe siècle par Jacques de Voragine est l'un des piliers.
Le premier épisode légendaire qu'on lui prête, alors qu'il s'appelait encore Placide, est celui de l'apparition de la croix du Christ entre les bois d'un cerf lors d'une chasse, à l'époque de l'empereur romain Trajan. Ce que montre la scène ci-dessus. À l'instar de saint Paul sur le chemin de Damas, le chasseur entendit alors le Christ lui demander : «Placide, pourquoi me persécutes-tu ?» L'intervention divine fut suivie de la conversion de Placide et de son changement de patronyme.

Vitrail de Danièle Fuchs, 1988 : «Le Baptême de Jésus»
«Le Baptême de Jésus»
Vitrail de Danièle Fuchs, 1988.
Le Christ et saint Jean-Baptiste n'ont pas d'auréole.
Gisant de saint Tarcisius, 1868
Gisant de saint Tarcisius, 1868.
Jean-Joseph-Alexandre Falguière.
«Crucifixion», tableau de Nicolas Carrega (1914-1993)

Saint Tarcisius est le saint patron des enfants de chœur. Le gisant, en marbre de Carrare, est de la main du sculpteur Jean-Joseph-Alexandre Falguière et daté de 1868. Un exemplaire un peu plus grand est exposé au musée d'Orsay.
Le livre sur l'église Saint-Eustache indique que Tarcisius est mort martyr lors des persécutions de la seconde moitié du IIIe siècle. Il est enseveli dans la catacombe Saint-Callixte sur la via Appia.

Vitrail de Danièle Fuchs, 1988 : «Jésus et la Samaritaine»
«Jésus et la Samaritaine»
Vitrail de Danièle Fuchs, 1988.
«««--- «Crucifixion»
Tableau de Nicolas Carrega (1914-1993).
Vitrail de Danièle Fuchs, 1988 : «Jésus et la Samaritaine», détail
«Jésus et la Samaritaine», détail.
Vitrail de Danièle Fuchs, 1988.
On remarque que le Christ n'a pas d'auréole.
«L'Assomption» de Pierre–Paul Prud'hon (1758–1823), copie de L. Gilbert, 1820
«L'Assomption»
Copie du tableau de Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823).
Auteur : L. Gilbert, 1820.
Autel de la Vierge
Autel de la Vierge dans l'absidiale nord.

Autel de la Vierge. Ce très bel autel néogothique date de la seconde moitié du XIXe siècle. Il vient de la chapelle privée qu'un chanoine de Sainte-Clotilde à Paris, l'abbé Hamelin, possédait à Viroflay. Après sa mort, son exécuteur testamentaire le fit transférer à Saint-Eustache en 1935, où on l'adapta aux dimensions de la chapelle.
L'autel a été rénové en 1991. Les statues qui avaient disparu (sainte Clotilde, saint Louis et les rois et prophètes qui entourent la Vierge à l'Enfant) ont été refaites par un sculpteur de Massy.
Source : Église Saint-Eustache, ©Œuvre Saint-Eustache, 2013.

Vitrail de l'atelier Lobin à Tours, 1881 : «Sainte Anne»
Chapelle de la Vierge : la Vierge à l'Enfant, détail
Autel de la Vierge : la Vierge à l'Enfant, détail.
Chapelle de la Vierge : saint Louis, détail
Autel de la Vierge : saint Louis, détail.
Chapelle de la Vierge : Isaïe avec sa scie «Vierge à l'Enfant», tableau anonyme, don d'une famille de Viroflay
«Vierge à l'Enfant»
Tableau anonyme donné par une famille de Viroflay.

«««--- Autel de la Vierge : Isaïe avec sa scie.
Chapelle de la Vierge : sainte Clotilde, détail
Autel de la Vierge : sainte Clotilde, détail.
«Saint Antoine de l'Enfant Jésus», copie du tableau de Ribera
«Saint Antoine de l'Enfant Jésus»
Copie du tableau de Ribera.
«««--- «Sainte Anne», vitrail de l'atelier Lobin à Tours, 1881.
Le visage de Marie est celui de l'arrière-petite fille de la donatrice, Mme Amédée Dailly.
Vitrail de l'atelier Lobin, Tours, 1881 «Sainte Anne», détail
Vitrail de l'atelier Lobin, Tours, 1881 «Sainte Anne», détail.

Sainte Anne et l'Éducation de la Vierge.
Ce vitrail de 1881 réalisé par l'atelier Lobin à Tours mérite bien un agrandissement. Le visage de Marie n'est pas inventé : c'est celui de l'arrière-petite fille de la donatrice, Mme Amédée Dailly. Et quel visage ! Les joues rondes, le menton volontaire, les lèvres closes dans une plissure nerveuse, les yeux frondeurs marquent toute la détermination de la jeune fille qui a l'air de savoir ce qu'elle veut !
Son expression, qui dégage une vraie malice autoritaire, défie ouvertement sainte Anne et son enseignement. Un auteur de bandes dessinées s'autoriserait à l'enrichir d'une légende appropriée, du style : «Cause toujours !» L'histoire ne dit pas si le curé de Saint-Eustache a marqué un point de désaccord avant la pose de ce vitrail...
Sur le même thème, le vitrail d'Albert Gsell, daté des années 1930, à l'église proche de Notre-Dame de Lourdes à Chaville, montre en revanche une petite Marie douce et attentive. Ce qui est la façon habituelle de peindre la Vierge dans cette scène traditionnelle.

Rois et prophètes dans l'autel de la Vierge Rois et prophètes dans l'autel de la Vierge
Rois et prophètes dans l'autel de la Vierge, détails.
LE CHŒUR DE SAINT-EUSTACHE
Le chœur de l'église Saint–Eustache et le vitrail de Danièle Fuchs
Le chœur de l'église Saint-Eustache et le vitrail de Danièle Fuchs.
Vitrail de l'atelier Lobin à Tours, 1881 : «Saint Pierre»
Vitrail de l'atelier Lobin à Tours, 1881 : «Saint Pierre»
(donatrice Mme Amédée Dailly).
Peinture de la voûte du chœur
Le chœur de l'église Saint-Eustache
Le chœur de l'église Saint-Eustache.


«««--- Peinture de la voûte du chœur et ses anges.
L'agneau immolé sur la voûte du chœur
L'agneau immolé sur la voûte du chœur.
Chapiteau à feuilles d'acanthe et tête de chérubin
Chapiteau à feuilles d'acanthe et tête de chérubin
dans le chœur.
Orgue de tribune
L'orgue de tribune est un Cavaillé-Coll (daté de 1900, dernière restauration en 2013).
Vitrail du XIXe siècle : «La Pentecôte et le Couronnement de la Vierge»
Vitrail du XIXe siècle : «La Pentecôte et le Couronnement de la Vierge».
La nef et l'orgue de tribune
La nef et l'orgue de tribune.

Documentation : «Église Saint-Eustache», ©Œuvre Saint-Eustache, nouvelle édition 2013.
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