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Page créée en mars 2012
Vitrail de saint Pierre, XIIIe siècle (détail)

Après une succession de petits sanctuaires, la cathédrale d'Angers rentre vraiment dans l'Histoire avec l'édifice roman de l'évêque Hubert de Vendôme, au début du XIe siècle. Dans les années 1140-1160 (épiscopats d'Ulger et de Normand de Doué), la nef est reconstruite. Les trois grandes voûtes bombées qui la couvrent sont bâties à cette époque : elles inaugurent la marque principale de ce qu'on appellera le «gothique angevin». La partie orientale de l'édifice est toutefois romane. Les verrières font leur apparition dans la nef grâce à un important don du chantre Hugues de Semblançay. Il ne nous en reste pas grand-chose. Vers la fin du XIIe siècle, une grande partie de ces verrières est refaite.
Puis vient, au XIIIe siècle, l'épiscopat de Guillaume de Beaumont : le transept est agrandi, le chœur entièrement rebâti (après avoir abattu le mur antique) et la fabrique créée pour gérer les reconstructions. Un ensemble de vitraux est réalisé dans les années 1230-1235. Au XVe siècle, à la suite d'un incendie, de nouveaux vitraux sont créés par l'atelier d'André Robin. Au XVIe, ce sont les déprédations des Huguenots qu'il faut réparer. À la Révolution, la cathédrale devient Temple de la Raison (1793), mais, globalement, l'édifice sort indemne de cette période agitée.
Les vitraux des XIIe, XIIIe et XVe siècles constituent l'une des principales richesses de la cathédrale Saint-Maurice. Cette page tire profit de l'importante thèse de Karine Boulanger, dans le cadre du Corpus Vitrearum, pour développer les problèmes de création, de destruction et d'entretien des verrières de l'édifice au cours des siècles.

Vue d'ensemble de la cathédrale Saint-Maurice
Vue d'ensemble de la cathédrale Saint-Maurice

Architecture. Dès l'entrée, le visiteur est frappé par la présence des trois grandes voûtes bombées de la nef, caractéristiques du gothique angevin ou Plantagenêt. Elles ont été construites en 1149 sous Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et comte d'Anjou. Les clés de voûte sont à plus de trois mètres au-dessus des arcs latéraux.
La nef a gardé la structure des premiers édifices du XIIe siècle qui ont précédé le bâtiment actuel : un vaisseau unique sans bas-côté voûté et sans chapelle latérale.

A part la sacristie et le cloître, la cathédrale Saint-Maurice possède deux chapelles que l'on pourrait qualifier d'«adjacentes» : la chapelle Saint-Anne, sur la gauche de la nef (non visible dans cette page), qui abrite le trésor de la cathédrale, et la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, sur la droite, dont quelques images sont données à la fin de cette page. Cette chapelle, qui a la particularité assez rare de posséder deux nefs, a été agrandie au cours des âges. Elle a servi d'église paroissiale pendant plusieurs siècles.

La façade de la cathédrale Saint-Maurice
La façade de la cathédrale Saint-Maurice
se dresse devant la rivière Maine
au pied d'un grand escalier

Les tours nord et sud (70 m) datent du XVe siècle, la tour centrale date de la Renaissance. Au second niveau de la façade, on ajoute en 1537 huit statues : saint Maurice et sept soldats de la Légion thébaine, compagnons de son martyre.

Les statues de la façade datent de 1537
Les statues de la façade datent de 1537. On y a placé des copies en 1909.
On y voit st Maurice et sept de ses compagnons, membres de la Légion thébaine.
Le chevet de la cathédrale
Le chevet de la cathédrale
vue de la place Sainte-Croix

La partie basse de la façade de Saint-Maurice, est rendue assez frustre par ses arcatures aveugles qui entourent un grand vitrail central. Elle n'est illuminée que par un ancien portail riche en sculptures (vers 1170), illustrant l'Ancien Testament et une vision de l'Apocalypse de saint Jean dans le tympan.

Les compagnons de la Légion thébaine
Les compagnons de la Légion thébaine
sur la façade, à la base du clocher central (XVIe siècle)
Le tympan du portail représente une vision
Le tympan du portail représente une vision de saint Jean dans
l'Apocalypse : le Christ en majesté et les attributs des évangélistes.
Élévations droites dans la nef
Élévations droites dans la nef
La corniche qui soutient le triforium est ornée d'une multitude de modillons datant du XIIIe siècle.
La grille de fer forgé qui court le long du triforium a été mise en place au XVIIIe siècle.
Monument funéraire de Raoul de Baumont
Monument funéraire de Raoul de Baumont,
évêque d'Angers (1177-1197)

Le vitrail de la Glorification de la Vierge est en assez bon état, malgré quelques bouche-trous. Le verre est peu corrodé, la peinture a un aspect satisfaisant (entretenue par de nombreuses restaurations) et sa visibilité est bonne. Le vitrail ne semble pas non plus avoir été déplacé : les panneaux s'adaptant parfaitement à la baie.
Il date de la deuxième campagne de vitrerie de la nef (vers 1190-1210) et la «griffe» de son auteur ou de l'atelier qui l'a réalisé paraît unique dans la cathédrale. Les six médaillons ne se succèdent pas dans un ordre logique (dormition, cortège funèbre, apparition aux apôtres d'un ange leur annonçant la mort prochaine de la Vierge, le Christ vient chercher l'âme de la Vierge, Assomption, enfin Vierge en gloire).
On observe une dominante bleue assez froide et un bleu plus soutenu quand il est utilisé pour les vêtements. Par de petites touches assez heureuses, dans chaque médaillon, le vert ou le pourpre répond au jaune
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

Baie 123 (vers 1190-1210)
Baie 123 (vers 1190-1210)
Vitrail de la Glorification de la Vierge
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.
La corniche, les modillons et la grille de fer forgé dans la  nef
La corniche, les modillons et la grille de fer forgé dans la nef
Dans la nef : modillons du XIIIe siècle sous la corniche
Dans la nef : modillons du XIIIe siècle sous la corniche

Le vitrail à la cathédrale d'Angers
À l'origine, les vitraux de la nef et du chœur de Saint-Maurice suivaient un programme rigoureux fondé sur l'Incarnation et la Rédemption. Ils illustraient la vie de Jésus et, à la base, celle de saint Jean-Baptiste. Quant aux deux roses du transept, elles présentaient le Jugement dernier enrichi des signes du zodiaque et vraisemblablement l'Apocalypse. Le second thème retenu était celui de l'épiscopat angevin (souvent lié à la présence de reliques ou d'autels). Des lancettes entières étaient consacrées à la vie des saints évêques de la région : Martin de Tours, Julien du Mans et Maurille d'Angers. À cela s'ajoutaient la Glorification de la Vierge, une grande Vierge à l'Enfant, puis le symbole de la lutte entre les pouvoirs spirituel et temporel avec la vie de saint Thomas Becket et celle de saint Éloi.
Le programme a été réalisé en plusieurs campagnes au XIIe et au XIIIe siècle. De nombreux ateliers son intervenus, d'Angers ou de Bourges. Un incendie dans le transept en 1451 conduit à renouveler une partie de la vitrerie. L'atelier angevin d'André Robin va moderniser le style en privilégiant les personnages de grande taille : Maurice, Séréné, René et Maurille, tous évêques d'Angers et dont l'abside abrite des reliques. Les roses sont remaniées. On y introduit les signes précurseurs de la fin des temps (thème rare dans les vitraux). Ensuite le temps fait son œuvre : restaurations, déplacements, intempéries, oxydation, casses, remplacements... Si bien que le progamme médiéval ne nous apparaît plus très homogène. Signalons encore la restauration ratée de 1858, quand les restaurateurs s'avisèrent de refaire des vitraux au lieu de les restaurer. Le scandale qui secoua les érudits locaux conduisit au brutal arrêt des travaux. Enfin, au XIXe siècle, Jacques Le Chevallier créa quelques verrières toujours sur les thèmes des saints évêques locaux.
Source : Corpus Vitrearum (Nota : Les numéros des baies indiqués sur les photos des vitraux sont ceux du Corpus Vitrearum.)

Baie 126
Baie 126
Le roi René et Yolande
Vitrail de Jacques Le Chevallier (1957)
Cliquez sur le vitrail
Chapiteaux à feuillages et à personnages dans le transept  (XIIIe siècle)
Chapiteaux à feuillages et à personnages dans le transept (XIIIe siècle)
(photos du haut et du bas)
La Glorification de la Vierge (vers 1190-1210)
La Glorification de la Vierge (vers 1190-1210)
En haut : l'Assomption de la Vierge
En bas : le Christ vient chercher l'âme de la Vierge
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan
LA CHAIRE À PRÊCHER
La chaire à prêcher de l'abbé Choyer
La chaire à prêcher de l'abbé Choyer
(milieu du XIXe siècle)
Baie 130
Baie 130 - Saint Maurice
Vitrail de
Jacques Le Chevallier
(1957)
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher ave celui
de saint Maurille
La Glorification de la Vierge (vers 1190-1210)
La Glorification de la Vierge (vers 1190-1210)
En bas : ensevelissement du corps de la Vierge
En haut : le cortège funèbre de la Vierge

La magnifique chaire à prêcher date du milieu du XIXe siècle. Elle a été réalisée en trois ans par un prêtre artiste, l'abbé Choyer et exposée au Salon en 1855. Son style néogothique nous rappelle tout ce qu'il doit à son époque : sous l'impulsion d'Eugène Viollet-le-Duc, le gothique est revenu à la mode au début du XIXe. La foi devait s'exprimer comme à l'époque médiévale, celle du début des grandes cathédrale au point que pour Viollet-le-Duc, le gothique devait être regardé officiellement comme «l'art chrétien». La partie supérieure de la chaire représente l'Église glorieuse (Père, Fils et Saint-Esprit). La partie basse illustre l'Église dans ses luttes terrestres : Adam, Noé et Abraham occupent le centre ; l'ancienne loi est à gauche ; la droite est sculptée de scènes tirées du Nouveau Testament.

La nef de la cathédrale Saint-Maurice avec quelques tapisseries
La nef de la cathédrale Saint-Maurice avec quelques tapisseries
La cathédrale Saint-Maurice possède une centaine de magnifiques tapisseries anciennes dont celle de l'Apocalypse, exposée au château d'Angers.
Durant les mois d'été, quelques-unes d'entre elles sont exposées dans la nef. C'est le plus important trésor de tapisseries d'Europe.
Baie 125
Baie 125
Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie
(vers 1190-1210)

Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan
ainsi que tous ses panneaux
La chaire à prêcher (milieu du XIXe siècle)
La chaire à prêcher (milieu du XIXe siècle)
Sculptures du côté gauche : l'ancienne Loi et les prophètes
Les deux abat–son rappellent astucieusement le gothique angevin des voûtes
Les deux abat-son rappellent astucieusement le gothique
angevin et ses voûtes bombées.
(milieu du XIXe siècle)

Le vitrail de Catherine d'Alexandrie est en assez bon état avec néanmoins un nombre important de bouche-trous. Les panneaux sont bien lisibles. Le vitrail date des années 1190-1210. Il inclut des inscriptions nommant les personnages et surtout expliquant les scènes : il faut croire que la vie de cette sainte de légende n'était pas très connue. Comme pour le vitrail de la Glorification de la Vierge, Karine Boulanger y voit la création d'un atelier isolé dont on ne trouve pas d'autres traces dans la cathédrale ou dans d'autres édifices. On constate dans les quatre panneaux (sur les six en tout) qui sont donnés à droite et au-dessous que les ornements des vêtements y sont assez travaillés, avec un jeu étudié des ombres et des lumières. Les couleurs sont lumineuses. Le blanc, le jaune, le vert et un peu moins le pourpre, se détachent sur un fond bleu.
La Légende dorée est assez prolixe sur la vie de sainte Catherine. L'empereur Maxence convoque à Alexandrie tous les habitants de la province pour sacrifier aux idoles. Catherine, chrétienne très jolie et très instruite, fille du roi Coste, s'en prend à lui en défiant les faux dieux et lui démontre la vérité de l'Incarnation. Pour se défendre, Maxence convoque les meilleurs grammariens et rhéteurs de son temps. Plus de cinquante arrivent pour en découdre avec la jeune prétentieuse. Mais ne peuvent rien contre sa science et... se convertissent. Ils périssent brûlés vifs par ordre de Maxence, qui propose à la jeune noble de l'épouser. Elle lui répond qu'elle a pris le Christ pour fiancé : «Lui seul est ma gloire et mon amour ; et ni caresses ni tourments ne pourront me détourner de lui!». Ces propos tirés de la Légende dorée sont traduits par l'expression mieux connue de «mariage mystique» de sainte Catherine. Torturée, elle est jetée en prison, privée de nourriture. Mais les anges la soignent et la nourrissent.

Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie
Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie
En haut: destruction de la roue ; Maxence ordonne le supplice de la sainte
En bas : sainte Catherine discutant avec les sages de Maxence

---»»» Ce que voyant, l'impératrice se convertit, ainsi qu'un officier et deux cents hommes. Maxence, de retour de voyage, trouve Catherine en excellente santé. Sans comprendre. Elle lui explique le rôle des anges. Il lui propose alors de sacrifier aux idoles ou d'être mise à mort. Sur son refus de sacrifier, on lui prépare un supplice raffiné où quatre roues garnies de pointes de fer tourneront en lui déchirant les chairs. Mais un ange survient et casse l'instrument (panneau en haut à droite) : «Et voici qu'un ange secoua si fortement la masse énorme des quatre roues que quatre mille païens périrent écrasés». À la suite de quoi, l'impératrice elle-même subit le martyre : on lui arrache les mamelles avec des pointes de fer, puis on la décapite. Décapitation aussi pour l'officier et les soldats convertis. Maxence propose une

nouvelle fois à Catherine de l'épouser. Second refus. Il s'ensuit la mise à mort de la sainte. Elle est décapitée. De son corps jaillit du lait et non pas du sang.
L 'auteur de la Légende dorée, Jacques de Voragine, à la fin de son incroyable récit, concède une erreur : le terrible bourreau de sainte Catherine d'Alexandrie devait être Maximin, César d'Orient, plutôt que Maxence, qui était Auguste proclamé à Rome, alors que Constantin était César d'Occident.

Sources : 1) «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum ; 2) «La Légende dorée» de Jacques de Voragine, Diane de Selliers éditeur.

Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie
Martyre de sainte Catherine d'Alexandrie
Haut : décollation de la femme de Maxence ; décollation de Catherine
Bas : Flagellation de sainte Catherine représentée nue
La chaire à prêcher
La chaire à prêcher
(milieu du XIXe siècle)
L'abbé Choyer a passé trois ans à sculpter ce chef d'œuvre. À droite, on peut y voit
une allégorie de la cité nouvelle de Dieu, telle que la décrit saint Jean.
La tour, à droite, illustre la Jérusalem céleste.
LE TRANSEPT ET LE CROISILLON SUD
La voûte à la croisée
La voûte à la croisée
et son impressionnante concavité «Plantagenêt»

Cliquez sur le vitrail de la VIERGE À L'ENFANT
pour l'afficher en gros plan
Clé–de–voûte à la croisée du transept
Clé de-voûte à la croisée du transept
Baie 129 - Vierge à l'Enfant (partie centrale)
Baie 129 - Vierge à l'Enfant (partie centrale)

Le vitrail de la Vierge à l'Enfant présente une grande Vierge de type roman, semblable à la Belle Verrière de la cathédrale de Chartres. Les spécialistes datent cette œuvre du XIIe siècle ou du tout début du XIIIe. Les deux médaillons du bas représentent des évêques, vraisemblablement des donateurs (Guillaume de Beaumont et Raoul de Beaumont?) Rappelons qu'avant d'être dédiée à saint Maurice, la cathédrale d'Angers le fut à la Vierge, puis placée sous le double vocable de la Vierge et saint Maurice. Karine Boulanger souligne qu'il s'agit là d'un «des premiers exemples de vitrail présentant à la fois une scène colorée et un encadrement de grisaille».
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

Les stalles dans le croisillon sud du transept
Les stalles dans le croisillon sud du transept
Baie 127
Baie 127
Vitrail de l'Enfance du Christ
Les 3 scènes du haut : Nativité, Adoration
des mages et Annonciation
(années 1160)
La scène du bas relate la vocation de saint Pierre
et de saint André (vers 1190-1210)

Le vitrail de l'Enfance du Christ comporte quatre grandes scènes. Trois relatent l'enfance du Christ : Nativité, Adoration des mages et Annonciation. Ces panneaux (partie haute du vitrail) sont les uniques vestiges des verrières données, entre 1163 et 1177, par le chantre Hugues de Semblançay. La scène du bas relate la vocation de saint Pierre et saint Paul. Elle date de la campagne de vitrerie du chœur qui eut lieu vers 1230-1235 et doit sûrement être, là aussi l'unique vestige d'un vitrail consacré à saint André ou à la vie publique du Christ.
Il est clair que l'ensemble de ce vitrail (voir à gauche) est en mauvais état, défiguré par les bouche-trous et les plombs de casse. Ceci s'explique : le vitrail, resté en place pendant la seconde guerre mondiale, a été soufflé par une bombe en 1944. D'où une lisibilité difficile et de nombreuses pièces de restauration.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» C.V.

Statue de saint Maurice
Statue de saint Maurice
(XVIIIe siècle)
Modillon dans le transept sud
Modillons
dans le
transept sud
Modillon dans le transept sud
À DROITE ---»»»
Autel de saint Maurice
Bas-relief pour les martyrs d'Angers (1985)
Il s'agit des hommes et des femmes assassinés sous la Révolution : les uns guillotinés place du Ralliement, les autres fusillés à Avrillé
La chapelle Saint-Maurice
La chapelle Saint-Maurice
croisillon sud du transept (XVIIIe siècle)
Baie 127 - L'Enfance du Christ
Baie 127 - L'Enfance du Christ
Panneau de l'Annonciation (années 1160)
Bas-relief pour les martyrs d'Angers (1985)
Le haut du retable de saint Maurice
Le haut du retable de saint Maurice (XVIIIe siècle)
Croisillon sud du transept
Baie 111
Baie 111
Crucifixion
Évêque Jean Michel en prière
Jean de Rely devant la Vierge de pitié
Atelier André Robin (vers 1451-1454)
Cliquez sur les vitraux pour
les afficher en gros plan.
Baie 115 - Partie basse
Baie 115 - Partie basse
Atelier André Robin (vers 1451-1454)
Saint Gatien et saint Nicolas
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.

Les deux saints sont présentés dans une salle voûtée remplie
d'éléments architecturaux, selon la mode de l'époque.
L'atelier Robin a rehaussé certaines parties du vitrail
(architecture, mitre, gants et crosse) au jaune d'argent.
Baie 111 - L'évêque Jean de Rely devant la Vierge de pitié  (André Robin)
Baie 111 - L'évêque Jean de Rely devant la Vierge de pitié (André Robin)

Les vitraux d'André Robin. À la suite du grave incendie de 1451, l'atelier André Robin fut chargé de concevoir de nouvelles verrières dans le transept (quatre baies et les deux roses). Abandonnant le style médiéval, Robin créa de grandes figures issues de l'épiscopat angevin. Un fait nouveau était survenu : en 1447; l'évêque d'Angers, Jean Michel, était mort en odeur de sainteté. Sa tombe attirait les pèlerins, les miracles s'y multipliaient et le clergé reçut beaucoup d'offrandes. On les utilisa, dès 1454, pour restaurer des vitraux anciens, mais probablement aussi pour créer des vitraux nouveaux. Le prélat est évidemment présent dans les vitraux de Robin (baie 111 ci-dessus). Dans la partie médiane, on le voit agenouillé en prière, introduit par saint Jean-Baptiste, devant un autel où deux anges tiennent un écu aux clous de la Passion. En effet, l'évêque Michel avait toujours montré une dévotion particulière pour le Christ de la Passion, allant jusqu'à prendre pour armes les clous, instruments de son supplice.
Aux évêques, Robin ajouta huit saints attachés au diocèse par la présence de reliques ou possédant un autel dans le transept. Ainsi les saints Sébastien, Quentin et Eustache. La présence de saint Christophe est due à l'essor de son culte au XVe siècle. L'aspect de ces vitraux à grands personnages a subi l'usure du temps. K. Boulanger fait remarquer qu'une partie de la grisaille a disparu ; certains d'entre eux ont même perdu toute leur peinture. On pourra voir à l'église Saint-Serge à Angers d'autres vitraux d'André Robin, créés une dizaine d'années plus tard. Ceux-ci ont gardé beaucoup plus de couleurs (ce qui est sans doute dû à la meilleure qualité des verres utilisés).
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

LA ROSE SUD

La rose sud date de la fin de la Guerre de Cent Ans (vers 1451-1454). Elle est à elle seule tout un programme. Karine Boulanger la décrit ainsi : «Christ trônant et bénissant entouré des symboles des évangélistes - Signes du zodiaque - Vierge à l'Enfant - Rois musiciens - Anges et feuillages». La rose a été réalisée par André Robin et son atelier en même temps qu'il créait une nouvelle rose nord. Après plusieurs restaurations au XIXe siècle, une violente tempête l'endommagea gravement. Elle fut restaurée en 1905-1906 par Henri Carot qui en refit plusieurs panneaux, tout en respectant le style de l'œuvre.
Au centre figure un Christ en majesté entouré des symboles des quatre évangélistes, que l'on nomme la «Maiestas Domini». La partie haute comprend une très belle représentation des signes du zodiaque (photo ci-dessous). Au XIIIe siècle, ces signes se trouvaient dans la rose nord. Joints aux travaux des mois, ils y constituaient le diptyque du temps humain et cosmique. On remarque que les rayons de la rose sont occupés par des feuillages magnifiques et très travaillés où lys et chardons s'entrelacent (voir photo plus bas). La partie basse comporte des rois musiciens ainsi que les vieillards de l'Apocalypse. Si l'on y ajoute le pourtour de la rose peuplé d'anges musiciens et    ---»»»

Rose sud - Les signes du zodiaque (entre 1451 et 1454)
Rose sud - Les signes du zodiaque
Atelier André Robin, entre 1451 et 1454
Baie 114 - Rose sud (entre 1451 et 1454)
Baie 114 - Rose sud (entre 1451 et 1454)
Cliquez sur la rose pour l'afficher en gros plan.

d'anges tenant un phylactère, on obtient une représentation de la vision de l'Apocalypse racontée par saint Jean où un cortège d'anges acclame Dieu. Dans le rayon central de la partie basse, juste sous le Christ en majesté, trône une Vierge à l'Enfant . Elle tient une églantine ou une rose blanche, symbole de sa pureté. La rose sud est conçue comme le complément de la rose nord (qui représente le Jugement dernier et les signes annonciateurs de la fin des temps).
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vit.

Feuillages dans les rayons de la rose sud
Feuillages dans les rayons de la rose sud
(L'intervalle entre les deux rayons a été réduit.)
Rose sud, partie basse
Rose sud, partie basse
Au centre se trouve la grande Vierge à l'Enfant qui tient une églantine ou une rose blanche, symbole de pureté.
Au-dessous sont représentés des rois musiciens et les vieillards de l'Apocalypse de saint Jean.
En bas, les anges musiciens et ceux qui tiennent un phylactère représentent le cortège céleste qui acclame Dieu (Apocalypse de saint Jean).
LE CROISILLON NORD DU TRANSEPT
Baie 109 - Vitrail André Robin
Baie 109 - Vitrail André Robin
Saints Maurille, Séréné, Maurice et René
Cliquez sur le vitrail.
Chapelle de la Vierge (XVIIIe siècle), croisillon nord du transept
Chapelle de la Vierge (XVIIIe siècle), croisillon nord du transept

Le vitrail Renaissance de la baie 109 est en assez mauvais état. Il est dû à l'atelier Robin (vers 1451-1454). Il représente des saints angevins ou directement liés au passé de la cathédrale. Celle-ci possédait des reliques

des quatre saints du vitrail : Maurice, René, Maurille et Séréné. Ils se détachent sur fond de grisaille rehaussé de jaune d'argent.

Baie 122 - La Cène
Baie 122 - Scènes de la Passion
Vitrail de Jacques Le Chevallier (1957)
Cliquez sur le vitrail.
Tombeau d'un évêque avec gisant
Tombeau d'un évêque avec gisant
Croisillon nord du transept
Panneaux peints du XVe siècle dans le transept nord
Panneaux peints du XVe siècle dans le transept nord
Panneaux peints, partie droite
Panneaux peints, partie droite
Autel de la Vierge
Autel de la Vierge
Croisillon nord du transept
Baie 109 - Vitrail d'André Robin (vers 1451-1454)
Baie 109 - Vitrail d'André Robin (vers 1451-1454)
Saint René et saint Séréné prient dans un environnement
gothique sur un fond de vert bleu.
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.
Statue de la Vierge à l'Enfant (XVIIIe siècle)
Statue de la Vierge à l'Enfant (XVIIIe siècle)

«««--- Tableau de 2,20m peint sur bois, XVe siècle.
Il vient de l'église Saint-Mathurin dans le Maine-et-Loire et décrit la Passion en sept scènes assez bien conservées.
La première à gauche (peu commune) montre Jésus dans les limbes. Il est à côté des damnés qui vont rentrer dans la gueule du Léviathan (lequel symbolise l'entrée des enfers).

Modillons dans le transept nord
Modillons dans le transept nord
LA ROSE NORD
Baie 113 - Rose nord (1451-1454)
Baie 113 - Rose nord (1451-1454)
Vitrail Renaissance de l'atelier André Robin
Le Jugement dernier, Signes précurseurs de la fin des temps,
Anges tenant les instruments de la Passion
Cliquez sur la rose pour l'afficher en gros plan.
Médaillon central de la rose nord Baie 113
Rose nord
(1451-1454)


«««--- Médaillon central
Le Christ juge présente
ses plaies, entouré en-dessous de trois ressuscités qui joignent leurs mains en direction du Christ.


CI-DESSOUS
Partie haute de la rose
Les signes précurseurs
de la fin des temps :
décor minéral avec
quelques bosquets et forêts
Les signes précurseurs de la fin des temps
Rose nord, partie basse, les signes précurseurs de la fin des temps
Rose nord, partie basse
Les signes précurseurs de la fin des temps (voir le commentaire ci-contre)
En bas, les travaux des mois (qui constituent une iconographie traditionnelle)

La rose nord date de la Renaissance (entre 1451 et 1454). Créée par l'atelier André Robin, elle est le complément de la rose sud. Son thème est celui du Jugement dernier et des signes précurseurs de la fin des temps. Son état de conservation est très inégal. Le Corpus Vitrearum rapporte que Robin a utilisé trois lots de verre différents. L'un, de bonne qualité, a passé sans trop d'entraves le cours de siècles. Le deuxième s'est corrodé et a perdu sa peinture. Les verres du dernier lot se sont complètement obscurcis et sont illisibles. De multiples fois restaurée, cette grande verrière de la Renaissance a été sauvée par l'excellent travail d'Henri Carot en 1905-1906 à la suite d'une violente tempête.
André Robin est resté en partie fidèle à l'iconographie de la rose initiale, celle du XIIIe siècle, engloutie dans un incendie au XVe : le Jugement dernier. Au centre, Jésus montre ses plaies ; à ses pieds, une résurrection des morts. Les rayons présentent les anges tenant les instruments de la Passion. Dans les médaillons du haut, de droite et de gauche figurent les signes précurseurs de la fin des temps. Karine Boulanger écrit que leur présence dans un vitrail français du XVe siècle est exceptionnelle. Ils prennent la forme de paysages minéraux avec des rochers (que l'on voit blancs), mais aussi des bosquets et des forêts (cf ci-dessus). Dans la photo ci-contre, le médaillon le plus important est celui où le dernier homme (habillé en bleu) reçoit la communion des mains du dernier prêtre (la partie rouge correspond au corps d'un homme mort). Le médaillon d'à côté, avec un homme en rouge agenouillé, est une création d'Henri Carot en 1905.
Source
: «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

LE CHŒUR DE LA CATHÉDRALE SAINT-MAURICE
Le chœur et la «Gloire» de l'architecte Denis Gervais (1758)
Le chœur et la «Gloire» de l'architecte Denis Gervais (1758)
La Gloire est en bois doré, de style baroque
Les anges en bois doré de la Gloire (1758)
Les anges en bois doré de la Gloire (1758)
Baie 119 - Martyre de saint André,
Baie 119 - Martyre de saint André,
Théophile, Annonce aux bergers

Cliquez sur le vitrail pour l'affiche en gros plan
Le crucifiement de saint André
Le crucifiement de saint André
(vers 1190-1120) - Vitrail du Martyre de saint André

Le vitrail du martyre de saint André comprend aussi l'histoire de Théophile et de l'annonce aux bergers. Ces panneaux sont d'époque et de provenance différentes. Les scènes du martyre de saint André datent de 1190-1120, le reste date de 1230-1235. Le vitrail était en mauvais état avant la dernière guerre. Non démonté, il eut le malheur d'être soufflé par une bombe en 1944. Aux nombreux bouche-trous s'ajoutèrent les pièces aux teintes saturées sans peinture dont on combla les manques. L'œuvre est maintenant très difficilement lisible.
On note qu'une vitrerie de petits rectangles de couleurs remplace les panneaux du registre inférieur. Explication : avant d'être dans la nef, ce vitrail était dans le chœur. Or le bas des fenêtres du chœur a été bouché au début du XIXe siècle. Karine Boulanger avance que c'est vraisemblablement à cette occasion que les panneaux inférieurs des vitraux du chœur (quand ils existaient encore) ont été retirés et replacés ailleurs ou remisés en magasin.
Ci-dessus : les panneaux du martyre de saint André (vers 1190-1230). Le saint fut accroché à une croix par les mains et les pieds. Il mourut, nous apprend la Légende dorée, au bout de deux jours.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers», Corpus Vitrearum

Panneau «Quo vadis»
Panneau «Quo vadis»
Baie 107a - Vie de saint Pierre (vers 1230-1235)
Cliquez sur les vitraux de la vie de saint Pierre.

Le vitrail de saint Pierre (vers 1230-1235) est de bonne qualité. ll décrit la fin de la vie du saint à Rome, ses démêlés avec Simon le magicien, le fameux Quo vadis? de la Légende dorée et son martyre. Ces faits sont tirés des évangiles apocryphes qui étaient, alors, très répandus. La chute de Simon le magicien (voir ci-dessous) est le seul panneau très restauré (1931).
Source : Corpus Vitrearum

Saint Pierre est délivré de ses chaînes par un  ange
Saint Pierre est délivré de ses chaînes par un ange
Baie 107a - Vie de saint Pierre (vers 1230-1235)
Tapisserie : La Résurrection (XVIIIe siècle)
Tapisserie : La Résurrection (XVIIIe siècle)
Baie 107a - Vie de saint Pierre
Baie 107a - Vie de saint Pierre
En bas : Simon le magicien s'élevant dans les airs
En haut: La chute de Simon le magicien (très restauré en 1931)
LE SANCTUAIRE DE LA CATHÉDRALE SAINT-MAURICE
Le sanctuaire et ses remarquables boiseries des années 1780
Le sanctuaire et ses remarquables boiseries des années 1780
Une partie en est due au père de David d'Angers. Les boiseries cachent de belles peintures
murales racontant l'histoire de saint Maurille (aprox. XIIIe siècle)
Baies 100 (a et b)
Baies 100 (a et b)
Enfance et Passion du Christ
(vers 1230-1235)
Baie 100a (vers 1230-1235)
Baie 100a (vers 1230-1235)
Vitrail de la Passion du Christ (La Cène, Femmes au tombeau)
Partie basse : La Fuite en Égypte (Jacques Le Chevallier, 1957)
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.
Statue de sainte Cécile
Statue de sainte Cécile
Le visage de sainte Cécile
Le visage de sainte Cécile

Statue de David d'Angers (XIXe siècle)

Le vitrail de l'Enfance et de la Passion du Christ. C'est le vitrail au centre de l'abside. Il date des années 1230-135. Il était auparavant dans le chœur. Lors de son déplacement (fin du XVIIIe ou début du XIXe), des panneaux ont été altérés. Le vitrail comprend de nombreux bouche-trous, notamment dans les parties ornementales. Sa lecture est très difficile. Dans les deux lancettes, les panneaux du bas ont été créés vers 1957 par Jacques Le Chevallier. Notons encore que deux fragments représentant les rois mages (vitrail de l'Enfance du Christ) ont été déposés au XIXe siècle. L'un se trouve dans les réserves du musée d'Angers, l'autre a été vendu et se trouve aux États-Unis. L'iconographie de ces thèmes est ici traitée de manière traditionnelle.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

Baie 103b – Arbre de Jessé (partie médiane)
Baie 103b - Arbre de Jessé (partie médiane)
En bas, Salomon? (Il est traditionnellement au-dessus de David.)
Baie 103 - Martyre de saint Laurent et Arbre de Jessé
Baie 103 - Martyre de saint Laurent et Arbre de Jessé
(vers 1230-1235)
Voir les explications sur l'Arbre de Jessé à la basilique Saint-Denis
Arbre de Jessé - Le roi David jouant de la lyre (vers 1230-1235)
Arbre de Jessé - Le roi David jouant de la lyre (vers 1230-1235)

Le vitrail de l'Arbre de Jessé date des années 1230-1235. Il est en mauvais état : l'oxydation du manganèse en a obscurci les panneaux. Les ultimes nettoyages (fin du XXe siècle) n'ont pas réussi à leur rendre leur clarté primitive. L'Arbre affiche une simple succession verticale de rois. Il faut attendre la Renaissance pour voir des représentations plus luxuriantes (voir Beauvais et Troyes). On note toutefois quelques points intéressants : Jessé, les rois, puis, dans la partie haute, la Vierge et le Christ sont entourés chacun de deux prophètes dont les phylactères sont vides. Certains de ces prophètes portent des bonnets pointus caractérisant les Juifs. L'ensemble du vitrail possède un fond bleu alors que les rois sont disposés dans des mandorles rouges qui s'incrustent dans les branches. Deux rois jouent de la musique. David, avec sa lyre, est toujours représenté en roi musicien, mais le vitrail en propose un autre dans sa partie médiane (voir à gauche). Celui-ci joue d'un instrument identifié comme une vièle à archet. Enfin, à part David, aucune indication ne permet de mettre un nom sur les rois.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum

L'abside de la cathédrale Saint-Maurice et ses vitraux du XIIIe siècle
L'abside de la cathédrale Saint-Maurice et ses vitraux du XIIIe siècle
Comme dans la nef, la coursive qui supporte la galerie de circulation est enjolivée par des modillons (XIIIe siècle)
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Trois panneaux du XIIIe siècle
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Panneau du bas : Trois chevaliers se dirigent vers Canterbury
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Cliquez sur le vitrail

Un vitrail médiéval de saint Thomas Becket a toujours une connotation politique : il s'insère dans la lutte entre les pouvoirs spirituel et temporel. On connaît la lutte acharnée qui opposa, au XIIe siècle, le roi Henri II Plantagenêt à Thomas Becket, archevêque de Canterbury. Aussi assoiffés de puissance l'un que l'autre, chacun voulut soumettre son adversaire à son pouvoir. Henri II, qui n'entendait pas plier devant le pouvoir spirituel, harassé, en vint à lâcher, à Bur, sa fameuse lamentation passée dans l'Histoire : «Qui me débarrassera de ce prélat insupportable?» Quatre chevaliers le prirent au mot, traversèrent la Manche et assassinèrent l'archevêque dans sa cathédrale de Canterbury (29 décembre 1170).
Le vitrail a été très remanié à la fin du XIXe siècle par l'atelier Gaudin qui recréa trois des huit scènes. Les anciens panneaux sont obscurcis par l'oxydation du manganèse, mais néanmoins encore lisibles. Les quatre scènes présentées ici (en haut et à gauche) sont du XIIIe siècle (vers 1230-1235). Rappelons qu'Henri II avait humilié Thomas Becket en faisant couronner roi son fils Henri le Jeune par l'archevêque Roger d'York : seul l'archevêque de Canterbury avait le droit de couronner les rois. La scène du haut montre trois chevaliers, ceux qui ont porté les coups sur l'archevêque. Scènes à gauche : en bas, Henri le Jeune subit l'ascendant de son père Henri II et refuse de parler à Thomas Becket, scène «unique parmi les nombreux cycles consacrés au saint» (K. Boulanger) ; au milieu, saint Thomas Becket face à Henri II (entrevue de Frétéval) et dernière rencontre entre les deux hommes ; en haut, ensevelissement du saint.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers», Corpus Vitrearum

Une restauration hasardeuse. Il arrive que les restaurateurs manquent un peu de professionnalisme. À la cathédrale Notre-Dame d'Évreux, dans la chapelle d'axe, il y a un vitrail de l'Arbre de Jessé couronné par une flamme (censée représenter la Vierge) dont le contenu est stupéfiant : on y voit une midinette en mini-jupe ultra-courte avec une chute de reins affriolante! Un jugement du même ordre est valable sur la restauration du vitrail médiéval de la vie de saint Thomas Becket. Lisons d'abord l'analyse que Karine Boulanger fait de ce vitrail dans le Corpus Vitrearum.
Karine Boulanger souligne la connaissance historique des créateurs du vitrail de saint Thomas Becket, notamment dans le panneau (ci-contre) de l'entrevue, en 1170, entre saint Thomas et Henri le Jeune, sous l'œil vigilant de son père Henri II. Au cours de la guerre ouverte entre le roi d'Angleterre et son archevêque, Thomas Becket rentre de France en 1170 et tente de voir Henri le Jeune, dont il fut le tuteur lorsque lui-même était chancelier. Henri le Jeune vient d'être sacré roi par Roger d'York, Henri II humiliant ainsi gravement l'archevêque de Canterbury. En réalité, le prélat n'a pas réussi à voir le jeune roi. Néanmoins le panneau imagine ce qu'aurait pu être la scène de la rencontre. On y voit un fils totalement subordonné à son père, la tête penchée, les yeux presque honteux, n'osant regarder ni l'archevêque, ni son père. Tous les deux lui tiennent une main pour essayer de le faire pencher de leur côté! Henri II est représenté de profil, avec un air mauvais, grimaçant, en archétype du mauvais souverain. Cette dernière image est d'ailleurs l'un des grands thèmes que veut véhiculer ce vitrail. Même si la scène n'a jamais eu lieu, il faut reconnaître que les sentiments des acteurs, leur attitude, le dilemme moral du fils sont illustrés d'une fort belle manière. L'auteur du carton fait ici preuve d'une grande psychologie    ---»»»


À DROITE ---»»»
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Panneau de l'entrevue entre Henri le Jeune et saint Thomas Becket (1170)
Voir le commentaire ci-contre
Panneau de l'entrevue entre Henri le Jeune et saint Thomas Becket
Panneau du meurtre de saint Thomas Becket (Atelier Gaudin, 1892-1895)
Baie 108a - Vie de saint Thomas Becket
Panneau du meurtre de saint Thomas Becket (Atelier Gaudin, 1892-1895)
Voir le commentaire ci-contre

---»»» (à supposer que ces faits ne lui ont pas été rapportés comme véridiques par erreur).
Que penser alors de la restauration réalisée par l'atelier Gaudin vers 1892-1895? Gaudin créa trois panneaux pour remplacer les panneaux perdus ou complètement détériorés. Ils se repèrent facilement : ce sont les plus clairs dans la verrière (voir ci-dessus). Karine Boulanger mentionne que le restaurateur imagina des scènes qui ne devaient certainement pas figurer dans le vitrail initial : la messe de saint Thomas Becket et celle du saint sauvé de la noyade. Gaudin créa aussi le panneau tout en haut du vitrail, celui du meurtre de Thomas Becket dans sa cathédrale. Le panneau montre un chevalier qui tient l'archevêque par le col et s'apprête à le frapper de son épée brandie dans la main droite. Il est loin d'être à la hauteur des vitraux médiévaux. On y trouve beaucoup de naïveté et aucun souci de vérité historique. Si un panneau médiéval a représenté cette scène, on peut penser, compte tenu de la qualité des peintres verriers du XIIIe siècle, qu'elle a dû être d'un grand réalisme : trois chevaliers plantant leur épée dans le corps du prélat. On comprend Jane Hayward et Louis Grodecki qui, dans leur étude des vitraux de la cathédrale Saint-Maurice parue dans le Bulletin Monumental de 1966, qualifient ce panneau moderne de «parfaitement ridicule».
Pour en terminer avec le panneau de l'entrevue imaginaire entre Henri II, Henri le Jeune et Thomas Beckett, les spécialistes ont pensé, jusque dans les années 1990, qu'il s'agissait des fiançailles d'Henri d'Angleterre avec Marguerite de France. Karine Boulanger, en faisant remarquer que la tunique du personnage central (malheureusement coupé par la barlotière) était courte, fendue sur le devant et laissait apparaître ses chausses, a montré que ce ne pouvait pas être une femme et que la scène devait être réinterprétée.
Sources : 1) «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum, 2010
2) «Bulletin monumental», tome CXXIV, année 1966, «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» par Jane Hayward et Louis Grodecki.

L'ORGUE DE TRIBUNE
L'orgue de tribune
L'orgue de tribune
(Buffet du XVIIIe siècle, orgue Cavallié-Coll du XIXe, restauré après la 2e guerre mondiale)
Un des atlantes qui soutiennent l'orgue (XVIIIe siècle) ---»»»
Instruments de musique sur la tourelle du positif
Instruments de musique
sur la tourelle droite du positif
Sculpture d'un panier de fleurs sur la tourelle du positif
Sculpture d'un panier de fleurs
sur la tourelle gauche du positif
Un des atlantes qui soutiennent l'orgue

L'orgue de tribune. On sait qu'il y avait un orgue dans la cathédrale au XIVe siècle. Un deuxième fut détruit dans l'incendie de 1451, et aussitôt remplacé. Le nouvel instrument ne donna jamais satisfaction. Grâce à Anne de Bretagne, un nouvel orgue fut édifié en 1507-1513, incendié lui aussi en 1533, mais restauré trois fois par la suite. Tribune et buffet actuels furent érigés de 1742 à 1748 par Pierre-Étienne Surugue. La Révolution ne l'endommagea pas, mais la destruction du narthex en 1807 obligea à changer la soufflerie, qui se révéla défectueuse. On décida de faire du neuf. En 1873, Aristide Cavaillé-Coll installait, dans le buffet, un nouvel instrument de 46 jeux sur trois claviers. Les bombardements de la deuxième guerre mondiale l'ont endommagés. Restauré et électrifié, il a gardé toute sa sonorité d'origine. Inauguré en 1959, il compte désormais 65 jeux.
Source : panneau dans la cathédrale

Deux atlantes soutiennent l'orgue à gauche
Deux atlantes soutiennent l'orgue à gauche
Les lumières disposées derrière ces statues empêchent de les voir
de manière satisfaisante sur les photos prises avec un peu de recul
(comme le montre la photo au-dessus donnant l'orgue dans son ensemble).
Culot sur le grand orgue
Culot sur le grand orgue
constitué d'angelots

L'orgue de tribune et les atlantes ---»»»
L'orgue de tribune et les atlantes
LES VITRAUX RENAISSANCE DANS LE CHŒUR
Baie 105 - Saint Pierre
Baie 105 - Saint Pierre
(milieu du XVIe siècle)

Ces très beaux vitraux Renaissance datent du milieu du XVIe siècle. Ils proviennent du prieuré du château du Verger, détruit en 1776. Ils ont été installés dans la cathédrale Saint-Maurice en 1811. Au début, les figures de saint Pierre et de saint Christophe se trouvaient dans la baie d'axe de la cathédrale. On peut les voir à présent dans l'abside à droite et à gauche. Notons enfin qu'ils ont été très restaurés au XIXe siècle.
Source : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, Corpus Vitrearum


À DROITE ---»»»
Baie 105 - Saint Pierre et Apôtres
(milieu du XVIe siècle)
Baie 105 - Saint Pierre et Apôtres
Baie 106 - Saint Christophe et Apôtres
Cliquez sur les lancettes pour
les afficher en gros plan
Baie 106 (partielle)
Baie 106 (partielle)
Saint Christophe et Apôtres
(milieu du XVIe siècle)

«««--- À GAUCHE
Baie 106
Saint Christophe et Apôtres
(milieu du XVIe siècle)
LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE PITIÉ
Chapelle Notre–Dame–de–Pitié (XIIIe–XVIe siècle)
Chapelle Notre-Dame-de-Pitié (XIIIe-XVIe siècle)
Chacun des deux autels de la photo correspond à une nef.
Vitrail de la Passion, Jacques Le Chevallier (1957)
Chapelle Notre-Dame de pitié
La Passion, Jésus rencontre sa mère
Jacques Le Chevallier (1957). Cliquez sur le vitrail.
L'autel nord de la chapelle Notre–Dame de pitié
Chapelle Notre-Dame de pitié
L'autel nord
La nef et l'orgue de tribune vus depuis la croisée du transept
La nef et l'orgue de tribune vus depuis la croisée du transept

Documentation : Panneaux d'information dans la cathédrale + brochure disponible dans la nef +
Corpus Vitrearum : «Les vitraux de la cathédrale d'Angers» de Karine Boulanger, ISBN : 2-7355-0722-1 +
«La Légende dorée» de Jacques de Voragine, Diane de Selliers éditeur
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