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Page créée en août 2015
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Le chœur et l'abside de la cathédrale

Cette page décrit d'abord le chœur de la cathédrale de Rouen et les vitraux médiévaux de l'abside. Elle expose la nouvelle formule de vitrerie mise au point dans la chapelle du Saint-Sacrement, dans le transept, au XIIIe siècle. Cette formule visait à donner plus de lumière à l'édifice. Elle fera école. Après quelques indications architecturales sur le transept et son célèbre escalier gothique construit par Guillaume Pontils en 1471 dans le croisillon nord, la page s'étend sur les vitraux du XIIIe siècle, très peu restaurés, de la belle rose nord, dite des Libraires.
La deuxième partie de la page est une étude détaillée des vitraux que l'on peut voir dans le transept sud : d'abord deux panneaux médiévaux insérés dans deux créations modernes, puis le vitrail des Saints Innocents (qui est un chef-d'œuvre), et enfin les deux très beaux vitraux Renaissance sur saint Romain (Vie et Panégyrique).

Le chœur et l'abside de la cathédrale

Grandes parties de cette page :

Le chœur de la cathédrale de Rouen et les vitraux de l'abside
La tour-lanterne
Le transept nord, sa chapelle et sa rose
Le transept sud, sa chapelle, sa rose et ses deux vitraux médiévaux
Le vitrail des Saints Innocents (1449-1450)
Le vitrail de la Vie de saint Romain (vers 1521)
Le vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521)

LE CHŒUR DE LA CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE ROUEN
Le chœur et l'abside de la cathédrale
Le chœur et l'abside de la cathédrale.
Le gros pilier fasciculé sur la droite indique l'existence de collatéraux dans le transept.
Chapiteau couvert de feuilles de chélidoine avec tête d'angelot
Chapiteau couvert de feuilles de chélidoine avec tête d'angelot.
Chapiteau à crosse de feuillages avec tête d'homme
Chapiteau à crosse de feuillages avec tête d'homme.
Chapiteau à crosse de feuillages avec tête d'homme
Chapiteau à crosse de feuillages avec tête d'homme.
EXEMPLES DE CHAPITEAUX DANS LE CHŒUR

Le chœur, très homogène, date du milieu du XIIIe siècle. On y remarque tout de suite les piliers ronds («à tambour») qui contrastent avec les piles fasciculées de la nef et du transept. Le chœur dégage ainsi une impression d'élégance et de légèreté. L'abside est à trois niveaux, laissant une grande place aux fenêtres, ce qui contribue à la luminosité du sanctuaire. Les quatorze piles du chœur sont ornées de chapiteaux assez simples : crosses de feuillages et tête humaine pour chacun, hormis pour trois chapiteaux près du transept qui sont garnis d'une belle rangée de feuilles de chélidoine (photo ci-dessus) agrémentée d'une tête humaine.
Du fait du tiers-point très prononcé des arcs brisés des arcades, l'impression de légèreté vient se conjuguer avec celle de l'élancement. Ces grandes arcades sont moulurées de tores, sans exagération, et dégagées par des gorges profondes. Une fine colonnette monte des chapiteaux jusqu'à la voûte, sans interruption. C'est le bandeau floral qui orne le bas du triforium qui lui cède la place. Le triforium paraît, lui aussi, fin et léger. Il est bordé d'ouvertures à six arcatures, riches d'élégants piliers (ou quatre arcatures seulement au niveau de l'abside). Tout est fait pour assurer le contraste avec la nef qui paraît, soudain, lourde. --»» 2/2

Le chœur et sa voûte quadripartite
Le chœur et sa voûte quadripartite.
Le sanctuaire dans le chœur et la statue du Christ de Clodion (1777)
Le sanctuaire dans le chœur et la statue du Christ de Clodion (1777).

Le chœur. 2/2 --»» Les fenêtres hautes ont été refaites au XIVe siècle dans les travées droites et, au XVe, dans l'hémicycle. Les remplages flamboyants en sont la marque.
Sources : 1) Haute-Normandie gothique d'Yves Bottineau-Fuchs, éditions Picard ; 2) Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert.

Le Christ en plomb doré de Clodion
Le Christ en plomb doré de Clodion (1777).
Ce Christ ornait le jubé de la cathédrale avant sa disparition.
Clé de voûte du chœur
Clé de voûte du chœur :
Le Couronnement de la Vierge.
LES VITRAUX DE L'ABSIDE
Le Calvaire des trois vitraux de l'abside : la Vierge, le Christ en croix et saint Jean (1430)
Le Calvaire des trois vitraux de l'abside : la Vierge, le Christ en croix et saint Jean (1430).
 
Saint Pierre (1433)
Saint Pierre (1433).
Première travée nord.
La Vierge dans l'abside (1430)
La Vierge dans l'abside (1430) ---»»»
La première travée nord avec le vitrail de saint Pierre (1433) ---»»»

Les vitraux de l'abside sont de grande taille. Ils bénéficient des transformations entreprises par le chapitre, aux XIVe et XVe siècles, pour accroître la lumière dans le chœur. Le Calvaire («Crucifix, Notre-Dame et saint Jean-en-la-Passion») est dû à Étienne Guyot et Guillaume de Grainville (dont la famille tient l'atelier de l'Écu de verre). Nous savons qu'il a été exécuté entre le 24 juin et le 30 septembre 1430. Le Christ en croix a été refait dans la 2e moitié du XIXe siècle.
Toutes les fenêtres hautes du chœur devaient accueillir des vitraux. Le chapitre avait fait choix d'un credo, conçu en 1433, mais qui n'a jamais été achevé. Nous ne possédons qu'un saint Pierre qui aurait été réalisé par Jean de Senlis vers 1432-1433. Ce vitrail a été récemment reposé dans la cathédrale.
Source : Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions, 2001.

La première travée nord avec le vitrail de saint Pierre (1433)
Le Christ en croix dans l'abside
Le Christ en croix dans l'abside.
Le vitrail a été refait entre 1864 et 1884.
Saint Jean-en-la-Passion dans l'abside (1430)
Saint Jean-en-la-Passion dans l'abside (1430).
Les stalles et l'orgue de chœur
Les stalles et l'orgue de chœur.
Les stalles nord, détail
Les stalles nord, détail.

Les premières stalles de la cathédrale ont été cédées à l'abbé de l'église Saint-Taurin d'Évreux. Elles ont depuis disparu. En 1457, le cardinal d'Estouteville passa commande de nouvelles stalles au maître huchier de Rouen, Philippe Viart. L'ouvrage avançait très lentement. Après avoir averti maître Viart, le --»» 2/2

2/2 --»» chapitre dut se résoudre à faire venir des ouvriers flamands en 1465. Viart fut expulsé de son atelier en 1469. Au final, la construction s'étala de 1457 à 1470.
Il y avait à l'origine quatre-vingt-huit stalles. On en supprima deux pour installer la chaire épiscopale. À la Révolution, dossiers et dais furent détruits. Les sources disponibles (comme La cathédrale de Rouen aux éditions La Nuée bleue) montrent de très belles sculptures sur les miséricordes (scènes domestiques, animaux fantastiques, etc.).

Malheureusement, le chœur de la cathédrale est toujours fermé et il est impossible d'approcher les miséricordes. Parfois, une exception est faite lors des journées du Patrimoine. En ce qui concerne l'aspect des dais et des dossiers détruits, aucune documentation ne subsiste.
Source : Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert.

LE TRANSEPT ET SES COLLATÉRAUX
Le transept vu depuis le portail de la Calende
Le transept vu depuis le portail de la Calende.
Les piliers de la croisée, qui dépassent la vingtaine de colonnettes,
ne donnent pas une impression de légèreté à l'ensemble.

L'architecture du transept. Le visiteur est d'emblée frappé par la largeur du transept et l'impression de lourdeur qui s'en dégage. La présence de douze grosses piles fortement fasciculées, débordant sur les collatéraux à l'est et à l'ouest, n'y est pas étrangère. Le transept paraît beaucoup plus massif que celui de la cathédrale d'Amiens, pourtant similaire. À Amiens, les piles de la croisée sont moins larges et leurs colonnettes n'envahissent pas le chœur.
La croisée est dominée par une très belle tour-lanterne (ci-dessous). Sa voûte octopartite repose sur de grandes fenêtres dans une arcature très élégante. La coursière sous les fenêtres est ornée de quatre têtes d'homme.
Un des points remarquables du transept, ce sont ses façades internes nord et sud qui imitent celles créées par Jean de Chelles à Notre-Dame de Paris, selon un modèle qui fera école jusqu'à la fin du XIVe siècle : un réseau d'arcades aveugles accueille une suite de statues surmontées de dais ; au-dessus, une claire-voie bordée d'une balustrade, puis une coursière encore à balustrade ; et enfin la grande rose.
Source : Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert.

La voûte à la croisée du transept
La voûte à la croisée du transept.
Quatre têtes d'homme ornent la coursière sur laquelle s'appuient les fenêtres.

La tour-lanterne vue depuis le croisillon sud
La tour-lanterne vue depuis le croisillon sud.

Les croisillons du transept s'ouvrent chacun sur une profonde chapelle orientée, couverte d'ogives. Au côté nord, c'est la chapelle du Saint-Sacrement donnée ci-contre.
Ces chapelles sont éclairées par de grandes fenêtres. Au nord, il y subsiste des vitraux du XIIIe siècle. Au sud, on y trouve des vitraux modernes de l'atelier Max Ingrand. À la base de ces deux chapelles on peut voir une arcature en arc brisé (voir ci-contre) que l'on retrouve dans le déambulatoire. Cette arcature abrite des enfeus. Dans celle du sud (chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc), on y trouve le gisant de monseigneur Fuzet. Enfin, l'une des curiosités du transept nord est l'escalier de style gothique, construit par Guillaume Pontifs en 1471 pour permettre aux chanoines de gagner directement la bibliothèque depuis la cathédrale. Cet escalier sera doublé en hauteur au XVIIIe siècle, dans le même style architectural.

LE CROISILLON NORD DU TRANSEPT
L'autel avec le bas-relief des Pèlerins d'Emmaüs dans le soubassement
L'autel avec le bas-relief des Pèlerins d'Emmaüs dans le soubassement.
Chapelle du Saint-Sacrement.
Une donatrice devant un saint roi, vers 1230
Une donatrice devant un saint roi, vers 1230.
Chapelle du Saint-Sacrement.
Le transept des Libraires vu depuis la chapelle du Saint-Sacrement
Le transept des Libraires vu depuis la chapelle du Saint-Sacrement.
Le fameux escalier de la bibliothèque se trouve sur la gauche.
Le premier niveau du portail du transept nord
Le premier niveau du portail du transept nord.
Il reprend une formule inaugurée par Jean de Chelles à la cathédrale de Paris :
arcades aveugles recevant des statues surmontées de dais ;
au-dessus, une claire-voie bordée d'une balustrade,
puis une coursière à balustrade ; et enfin la grande rose.
Tête d'homme sous la coursière qui sert d'appui aux fenêtres de la tour-lanterne Tête d'homme sous la coursière qui sert d'appui aux fenêtres de la tour-lanterne
Têtes d'homme sous la coursière qui sert d'appui aux fenêtres de la tour-lanterne.
LE CROISILLON NORD DU TRANSEPT (ou TRANSEPT DES LIBRAIRES)
Croisillon nord du transept : chapelle du Saint–Sacrement et chapelle Notre–Dame de Pitié (avec la Piéta)
Croisillon nord du transept : chapelle du Saint-Sacrement et chapelle Notre-Dame de Pitié (avec la Piéta).
Dans la chapelle du Saint-Sacrement, les vitraux du XIIIe siècle (refaits au XXe)
inaugurent une formule mixte afin de laisser passer davantage de lumière.
Le Baptême du Christ, vers 1230
Le Baptême du Christ, vers 1230.
Chapelle du Saint-Sacrement dans le transept des Libraires

Les vitraux du croisillon nord sont du XIIIe siècle. Il faut s'arrêter sur ceux de la chapelle du Saint-Sacrement (photo ci-dessus). Ils inaugurent une nouvelle formule artistique. Comment lutter contre la pénombre créée par des vitraux garnis de grandes surfaces colorées? Tout simplement en mettant moins de scènes colorées et en garnissant le reste avec des petits motifs géométriques sur du verre blanc. La chapelle du Saint-Sacrement (autrefois chapelle Saint-Jean-Jouxte-les-Fonts) lance ainsi une nouvelle forme, dite mixte, vers 1230. Son côté pratique - assurer une bonne luminosité - va en faire un style à part entière, que l'on retrouvera tout au long du XIVe siècle. La basilique Saint-Urbain de Troyes inaugurera une variante de cette formule : de grands personnages debout occupent les verrières, le reste étant composé de motifs géométriques. À Rouen, les fameux petits panneaux colorés du XIIIe siècle ont été incrustés dans des lancettes vitrées de grisailles, refaites à l'identique par Max Ingrand en 1958-1960. En 1266, Azon le Tort, bourgeois de Rouen, créa une chapellenie à cet emplacement et donna deux panneaux. Il est représenté dans un panneau (voir plus bas.)
En plus de la rose développée plus bas, le transept nord abrite un vitrail moderne recevant deux médaillons des années 1220-1230 qui se trouvaient historiquement dans la chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc. Ils illustrent les martyres des saints Vincent et Laurent selon les modalités proposées par la Légende dorée.
Sources : 1) Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum ; 2) La cathédrale de Rouen, éditions La Nuée Bleue.

L'escalier de la bibliothèque du chapitre
Escalier de la bibliothèque du chapitre
construit par Guillaume Pontifs en 1471.

Les deux paliers supérieurs sont un ajout du
XVIIIe siècle dans le style gothique.
L'élévation du transept nord et sa rose du XIIIe siècle
L'élévation du transept nord et sa rose du XIIIe siècle.
On voit ici l'un des éléments de la forme de façade créée par Jean de Chelles à la cathédrale de Paris :
les deux passages, bordés de balustrade, à la naissance des grandes fenêtres et en appui de la rose.
Vierge à l'Enfant et apôtre
Vierge à l'Enfant et apôtre
sur la façade du croisillon nord.
La Vierge et les donateurs.
La Vierge et les donateurs (XIIIe siècle).
Azon le Tort, bourgeois de Rouen, est au centre.
Chapelle du Saint-Sacrement.
Les statues du transept des Libraires
sont très dégradées.
«La Vœu de la reine Marie Leczinska»
«La Vœu de la reine Marie Leczinska»
d'après Charles Natoire, XVIIIe siècle (transept nord).
La rose des Libraires dans le transept nord (Transept des Libraires)
La rose des Libraires dans le transept nord (ou transept des Libraires).
À part quelques restaurations et quelques têtes refaites, on peut la regarder
comme intacte depuis la date de sa création (fin du XIIIe siècle).
Une paire de jumelles est indispensable pour l'admirer pleinement.
Chapelle Notre-Dame de Pitié dans le transept nord
Chapelle Notre-Dame de Pitié dans le transept nord.

La rose des Libraires (datée de 1280), dans le transept nord, mérite d'être observée avec une paire de jumelles. Mises à part des restaurations partielles, des têtes refaites et quelques bouche-trous, on peut la regarder comme nous arrivant presque intacte depuis le XIIIe siècle. Elle doit son existence à la nomination de Guillaume de Flavacourt à l'archevêché de Rouen en 1278. Avec ce prélat, les travaux vont se succéder dans la cathédrale. Le nouvel archevêque charge Jean Davy de la tâche de reconstruire le transept et de créer deux grandes rosaces à la place des hautes fenêtres des pignons.
Le premier cercle de la rose des Libraires contient seize médaillons qui reçoivent les douze apôtres et les symboles des quatre Évangélistes. Le deuxième cercle possède trente-deux médaillons. On y trouve des rois, des évêques et des martyrs, ainsi que saint Pierre et saint Paul. Au centre de la rose, le Christ tient le globe terrestre. La luminosité est assurée par le verre blanc grillagé enrichi de fermaillets qui tient une bonne part de la surface.
Source : Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions

La rose des Libraires
La rose des Libraires
(vers 1280).
Rois, évêques et martyrs se succèdent
dans le cercle extérieur de trente-deux médaillons.
La rose des Libraires (XIIIe siècle)
La rose des Libraires (XIIIe siècle).
Dans le premier cercle, les apôtres.
Dans celui du haut, des rois, des évêques et des martyrs.
Le Christ au centre de la rose des Libraires
Le Christ au centre de la rose des Libraires.
La partie inférieure du manteau a été refaite.
LE VITRAIL DU MARTYRE DES SAINTS DIACRES VINCENT ET LAURENT

Les martyres de saint Laurent et de saint Vincent sont l'objet de deux médaillons, datés des années 1220-1230, insérés dans une vitrerie moderne (voir en bas à gauche). Le martyre de saint Vincent fait l'objet d'une grande verrière Renaissance à l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen. La liste de ses supplices, sous l'empereur Dioclétien, est exposée dans un long encadré. Donnons-en ici un rapide résumé. Vincent, qui refuse de sacrifier aux dieux de l'Empire, est d'abord tourmenté dans sa chair (os rompus, peignes de fer enfoncés dans les côtes), puis grillé vif, et, pour finir, meurt dans une geôle. Son corps est jeté à la rivière. Comme il n'a pas coulé, il est récupéré par une chrétienne. Deux scènes sont données dans le vitrail en bas à droite. Pour rassurer les âmes sensibles, rappelons que, selon certains auteurs, catholiques et d'une foi ardente, des auteurs qui se disent «spécialistes» des premiers siècles du christianisme (comme Anne Bernet, auteur de l'ouvrage Les Chrétiens dans l'empire romain aux éditions Tallandier), les hommes et les femmes, lors de leur martyre, étaient plus ou moins sujets à des visions célestes, donc en extase. Conséquence : ils ne ressentaient rien des souffrances atroces qu'on leur infligeait. Ouf !
Le martyre de saint Laurent est similaire de celui de Vincent. On le retrouve, dans le vitrail ci-contre, lui aussi allongé sur le gril devant les yeux de son bourreau, l'empereur de Rome, Valérien. Celui-ci veut récupérer le trésor de l'Église, qu'il pense amassé par le pape Sixte. Mais Vincent, trésorier du pape, a distribué l'argent aux pauvres. En guise de trésor, il amène ceux-ci devant Valérien, furieux. Selon Anne Bernet, Vincent meurt martyrisé trois jours après le pape Sixte.

Le martyre de saint Laurent (vers 1220-1230)
Le martyre de saint Laurent (vers 1220-1230).
Transept nord.
Médaillons des martyres de saint Vincent et de saint Laurent
Les deux médaillons des martyres de saint Vincent et de saint Laurent sont insérés dans une vitrerie moderne.
Transept nord.

Le transept sud de la cathédrale resplendit de très beaux vitraux du Moyen Âge et de la Renaissance. On le voit, ci-contre, illuminé par les vitraux de la vie de saint Romain et du Panégyrique de saint Romain.

Le martyre de saint Laurent (vers 1220-1230)
Le martyre de saint Laurent (vers 1220-1230) .
Le martyre de saint Vincent (vers 1220-1230)
Le martyre de saint Vincent (vers 1220-1230).
À DROITE ---»»»
La partie supérieure donne deux scènes du martyre de saint Vincent : le corps du saint
est jeté dans la rivière par ses bourreaux ; le corps du saint ne coule pas.
LE CROISILLON SUD DU TRANSEPT
Portail du transept sud
Comme celui du transept nord, le portail du transept sud suit
le modèle établi par Jean de Chelles à la cathédrale de Paris.
Huit quadrilobes sur la façade sud
Sur la façade sud, huit quadrilobes accueillent, entre autres, des scènes du Nouveau Testament.
Les donateurs se trouvent dans la scène du bas à droite (XIIIe siècle).
La chapelle Saint-Joseph dans le transept sud
La chapelle Saint-Joseph dans le transept sud.
Apposée à la façade, on retrouve l'arcature de la chapelle du Saint-Sacrement.

La ROSE SUD, proposée ci-contre, est vue depuis l'extérieur. Sa surface est occupée par du verre blanc et, de l'intérieur, la lumière du jour ne permet pas d'en apprécier l'architecture. Cette rose a subi les ravages du bombardement d'avril 1944 et a été amplement reconstruite.
Le dessin de la rose se veut nouveau. L'architecte médiéval a essayé de nouvelles combinaisons. Dans son article du Congrès archéologique de Rouen, l'historien architecte Marcel Aubert nous la décrit : «six groupes de lancettes géminées, séparées et étrésillonnées par autant de groupes disposés tête-bêche, rayonnent autour de l'axe central ; des quatre-feuilles relient et maintiennent l'écartement du réseau. Cette disposition nouvelle eut un certain succès, elle fut imitée, et perfectionnée d'ailleurs, au bras nord du transept de la cathédrale de Sées, à Saint-Germain d'Auxerre, à Saint-Quentin, enfin à Amiens, à la façade nord de la cathédrale, vers 1325.»
À des fins de comparaison, on donne ci-dessous le dessin, plus classique certes, mais que l'on pourra juger aussi beaucoup plus beau, de la ROSE NORD.
Source : Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert.

À DROITE ---»»»
La rose du transept SUD vue de l'extérieur.
La rose du transept NORD vue de l'extérieur
La rose du transept NORD vue de l'extérieur.
À comparer avec le dessin de la rose sud.
À DROITE ---»»»
Deux statues de la façade sous leur dais dans le transept sud.
Le style des statues dans leur niche varie nettement entre la façade nord et la
façade sud. Celles du nord paraissent figées, celles du sud semblent en mouvement.
Saint Christophe portant l'Enfant
Saint Christophe portant l'Enfant
dans la chapelle Saint-Joseph.
Christ aux liens du XVe siècle
Christ aux liens du XVe siècle
dans la chapelle Saint-Joseph.
La rose du transept sud vue de l'extérieur
Deux statues de la façade sud sous leur dais
La chapelle Sainte-Jeanne d'Arc
La chapelle Sainte-Jeanne d'Arc
et ses vitraux de Max Ingrand (vers 1960)
dans le transept sud.
Vitrail «From the English in homage»
Vitrail «From the English in homage».
Max Ingrand (vers 1960).
Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc
Statue de Jeanne d'Arc par Saupiqué
Statue de Jeanne d'Arc par Saupiqué
Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc.
Vue partielle du vitrail avec les deux médaillons médiévaux
Vitrail «From the English in homage»
Vitrail «From the English in homage»
de Max Ingrand (vers 1960).
Détail : Jeanne devant Charles VII.
Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc.
«La Mort de Joseph»
«La Mort de Joseph».
Tableau anonyme dans le transept sud.
Gisant de Monseigneur Fuzet
Gisant de Monseigneur Fuzet.
Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc.
Vitrail de Max Ingrand
Vitrail de Max Ingrand.
Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc.
Détail : Jeanne est capturée.
Le transept sud en face de la chapelle Saint-Joseph
Le transept sud en face de la chapelle Saint-Joseph.
Cette partie du croisillon sud abrite trois vitraux intéressants (XIVe, XVe et XVIe siècles) donnés ci-dessous.
«««--- À GAUCHE
Vue partielle du vitrail avec les deux médaillons du XVIe siècle
sur la vie de saint Jean-Baptiste dans le croisillon sud (baie 34)
La vitrerie décorative date de 1960.
Les deux médaillons sont donnés plus bas.
LES VITRAUX DU CROISILLON SUD (XIVe, XVe et XVIe siècles)
«Déposition de croix»
«Déposition de croix»
Tableau anonyme dans le transept.

Le vitrail de saint Jean-Baptiste (baie 34) est une verrière composite, association de deux panneaux illustrant des épisodes de la vie de ce saint. Ils viennent de l'église Saint-Laurent de Rouen et datent de la fin du XVIe siècle. Les panneaux sont insérés dans une vitrerie décorative, créée dans les années 1960. Le premier panneau, bien conservé, montre Jean-Baptiste baptisant les juifs dans le Jourdain (ci-dessous). Dans le second, le saint est conduit en prison. Le panneau est incomplet et la tête du saint a peut-être été refaite au XIXe siècle. Il n'y a aucune piste permettant de connaître l'atelier qui a créé ces vitraux.
Source : Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions, 2001.

Le Baptême des juifs dans le Jourdain
Le Baptême des juifs dans le Jourdain.
Vitrail de saint Jean-Baptiste, fin du XVIe siècle. Baie 34.
Vitrail de la Pentecôte (années 1340-1350), baie 36
Vitrail de la Pentecôte (années 1340-1350), baie 36.
Détail : Les apôtres sont rassemblés sous la colombe du Saint-Esprit.
On n'oubliera pas d'apprécier les bordures avec leurs anges
et leurs évêques dans des niches architecturales.

Le vitrail de la Pentecôte (baie 36) remonte aux années 1340-1350. C'est une verrière composite réalisée à l'aide de panneaux issus de deux baies différentes. La partie principale montre les apôtres rassemblés ; la colombe du Saint-Esprit plane au-dessus d'eux (photo ci-dessus). La scène est surmontée de trois gâbles. Dans la partie inférieure (ci-contre), deux clercs donateurs, les yeux levés, observent la scène. Ils sont accompagnés d'un troisième, au-dessous, qui est le donateur des panneaux réemployés : Jean de Nonancourt, archidiacre du Vexin français. Les trois donateurs se détachent sur un fond de grisaille losangé à motifs de feuilles de chêne. On remarquera le travail très fin de l'atelier dans les bordures : celles-ci abritent des anges musiciens ou thuriféraires (porteurs d'encens) dans de petites niches  --»» 2/2

Saint Jean-Baptiste est conduit en prison
Saint Jean-Baptiste est conduit en prison.
Vitrail de saint Jean-Baptiste, fin du XVIe siècle. Baie 34.
Vitrail de la Pentecôte, baie 36
Vitrail de la Pentecôte, baie 36.
Années 1340-1350.
Cette photo ne présente pas les
deux registres du bas du vitrail.

2/2 --»» architecturales. Dans le cadre du devis confié à Jules Boulanger pour la restauration des vitraux du collatéral sud (vers 1870-1880), le Corpus Vitrearum indique que ces bordures à petits personnages (anges, évêques et diacres) ont été «subtilisés» [terme utilisé par le Corpus Vitrearum] par Boulanger au début du XXe siècle et refaites à l'identique. Voir à ce sujet l'encadré sur l'histoire de la verrière du collatéral sud et des vitraux volés. On ne possède aucune information sur l'auteur de ce vitrail du XIVe siècle.
Source : Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions, 2001.

LE VITRAIL DES SAINTS INNOCENTS (1449-1450)

Le vitrail des Saints Innocents (baie 32, années 1449-1450) est peut-être l'un des plus beaux de la cathédrale. On en donne une très large description dans cette page tant sa richesse - et le travail fourni par les verriers - paraissent stupéfiants. C'est un don de la Confrérie des Saints-Innocents et des exécuteurs testamentaires de Guillaume le Fève. Les deux donateurs ont dû dépenser une forte somme pour ce vitrail car il est recouvert de multiples scènes historiées, de figurines et d'angelots, dans une architecture luxuriante de gâbles et de pinacles qui semblent se disputer l'espace.
La lancette de gauche abrite une Vierge à l'Enfant (ci-dessous) avec un donateur ecclésiastique à ses pieds (Guillaume Fève?) donné plus bas en gros plan. La Vierge est entourée de deux piédroits en grisaille et jaune d'argent, peuplés de figurines et d'angelots musiciens. Le piédroit de droite a été restauré.
La lancette de droite accueille un beau Jean-Baptiste portant l'Agneau pascal, un donateur en prières à ses pieds (photo ci-contre). Le saint semble vêtu d'une tenue d'homme sauvage agréablement rendue, recouverte d'une lourde cape grenat. L'arrière-plan est un damas bleu qui vient enrichir visuellement le rouge de la cape et l'ocre de l'auréole. Pour le visiteur passionné par les vitraux, les luxueuses bordures du saint Jean sont à observer attentivement avec une paire de jumelles. Elles sont peuplées (surtout celle de droite) par des scènes en grisaille et jaune d'argent, toutes d'une très haute tenue. Le style, mêlant architecture et personnages, paraît moderne, semblable à celui d'une composition géométrique abstraite. Ces scènes illustrent des épisodes divers du massacre des Saints Innocents. L'une d'entre elles est donnée en gros plan ci-dessous à droite. Notons que le visage de  --»» 2/3

Vierge à l'Enfant (1449-1450)
Vierge à l'Enfant (1449-1450).
Lancette de gauche du vitrail des Saints Innocents.
Baie 32.
Saint Jean-Baptiste et le donateur
Saint Jean-Baptiste et le donateur.
Vitrail enrichi de luxuriantes bordures à la grisaille et au jaune d'argent.
Les Saints Innocents, baie 32, (1449-1450).
Le vitrail des Saints Innocents, baie 32.
Le vitrail des Saints Innocents, baie 32.
1149-1450.
À gauche, Vierge à l'Enfant et Fuite en Égypte
À droite, saint Jean-Baptiste et Jugement
de Salomon.
Le soubassement (en bleu à gauche et en
rouge à droite) date des années 1960.

2/3  --»» Jean a été restauré. Le registre inférieur des deux lancettes comprend deux petites scènes (qui sont un peu écrasées par l'architecture et les bordures). On voit à gauche une Fuite en Égypte (donnée ci-dessous), dominée par la large robe bleue de la Vierge qui, d'ailleurs, déborde sur l'âne. La scène est enrichie d'une illustration discrète du miracle du blé coupé, presque entièrement en grisaille et jaune d'argent. L'ensemble est placé sous un triple gâble qui soutient le socle de la Vierge à l'Enfant se tenant au-dessus.
À droite, l'auteur du carton du XVe siècle a représenté la scène du Jugement de Salomon (donnée plus bas). Malheureusement, le visage de la vraie mère, au premier plan, disparaît sur la tunique blanche d'un serviteur du roi, tandis que la mauvaise mère se tient à l'arrière, indifférente au meurtre qui se prépare. Là aussi, la peinture est placée sous un triple gâble, entouré d'une architecture luxuriante. --»» 3/3

La Fuite en Égypte et le miracle du blé coupé (1449-1450)
La Fuite en Égypte et le miracle du blé coupé (1449-1450).
Scène du registre inférieur du vitrail des Saints Innocents, baie 32.
Le donateur aux pieds de la Vierge à l'Enfant
Le donateur aux pieds de la Vierge à l'Enfant.
Vitrail des Saints Innocents, baie 32.
Lancette de gauche.
(1449-1450)
Scène du massacre des Saint Innocents à la grisaille et au jaune d'argent
Scène du massacre des Saint Innocents à la grisaille et au jaune d'argent dans la
bordure de droite du saint Jean-Baptiste.
Vitrail des Saints Innocents, baie 32.
(1449-1450)

3/3 --»» Dans toute la composition, les rouges et les bleus se répondent d'une manière très savante. Le vert y est presque inexistant.
La composition de cette verrière est un vrai tour de force. Répétons-le : peut-être la plus belle de la cathédrale.
Les historiens ne possèdent aucune information sur l'atelier qui a créé ce vitrail. À l'époque, à Rouen, il y en avait sept en activité.
Source : Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions, 2001.

Le Jugement de Salomon, scènes entourée de luxueuses bordures en grisaille et jaune d'argent
Le Jugement de Salomon, scène entourée de luxueuses bordures en grisaille et jaune d'argent.
Vitrail des Saints Innocents, baie 32, (1449-1450).
VITRAIL DE LA VIE DE SAINT ROMAIN (vers 1521)

Le vitrail de la vie de saint Romain est la plus grande composition du transept sud de la cathédrale de Rouen. Il faut l'analyser avec celui du Panégyrique de saint Romain, donné ci-après.
Ces deux vitraux sont offerts à la cathédrale par la confrérie Saint-Romain à la suite de son installation dans la chapelle des Saints-Innocents (transept sud) en 1518. Les fenêtres de la chapelle une fois agrandies, deux grandes verrières sur la vie du saint évêque sont commandées à un atelier de verriers. L'une des deux est un don de Jacques Le Lieur, membre de la confrérie et personnalité importante de la cité.
La magnificence de ces verrières demande d'en connaître l'auteur. Malheureusement, les historiens du vitrail ont des pistes, mais aucune certitude. Ces commandes sont d'ordre privé, donc elles ne se trouvent pas dans les comptes de la fabrique. En comparant les styles des deux verrières, Caroline Blondeau, dans son ouvrage du Corpus Vitrearum, conclut à un même artiste. Soit, mais de quel atelier? Est-ce l'Écu de verre de la famille Barbe et où Olivier Tardif, qui avait épousé Jeanne Barbe, œuvrait à cette époque? Est-ce la griffe d'un maître d'un atelier concurrent ? À cette époque, vers 1520, il y avait une vingtaine d'ateliers à Rouen.
Des spécialistes se rattachent à une similarité, voire une identité de style entre ces deux verrières et certains vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent (triforium et fenêtres hautes du chœur) pour attribuer les deux verrières de saint Romain à Olivier Tardif. Mais Caroline Blondeau souligne qu'aucun document ne permet d'attribuer officiellement la moindre verrière à Olivier Tardif. Si bien que l'on n'a aucune certitude sur sa griffe artistique... Laissons là ces considérations d'experts (mais elles montrent que le travail d'historien tourne parfois à l'enquête policière) pour revenir à la vie de saint Romain.
Les deux vitraux sont riches de symboles à l'antique, très à la mode à l'époque, notamment les têtes dans les médaillons. (Voir ci-dessous en gros plan deux exemples de bandeau.) Les vitraux appartiennent au style Renaissance, très reconnaissable dans les larges entrelacs, sur fond rouge ou bleu, du Panégyrique. À cet endroit, les verriers médiévaux auraient dessiné des dais.
Le vitrail de la vie de saint Romain (donné en entier ci-contre) expose, dans les deux registres --»» 2/2

VITRAIL DE LA VIE DE SAINT ROMAIN (vers 1521)
Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Vitrail de la vie de saint Romain, 2e registre (vers 1521). Baie 28.
Vitrail de la vie de saint Romain, 2e registre (vers 1521). Baie 28.
Messe miraculeuse et privilège de saint Romain : le roi Dagobert confirme le privilège ; le chapitre reçoit la clé de la prison.
Bandeau à l'antique dans le vitrail de la vie de saint Romain (1521)
Bandeau à l'antique dans le vitrail de la vie de saint Romain (1521)

2/2 --»» supérieurs et le tympan, les faits légendaires attribués au saint patron de Rouen : naissance et sacre, miracle de la gargouille, miracle de la Sainte Ampoule, arrêt de la crue de la Seine, messe miraculeuse. Auxquels il faut ajouter le plus célèbre - qui n'est pas légendaire, celui-là : le privilège de saint Romain (droit de délivrer un prisonnier une fois par an le jour de l'Ascension, appelé Fierte de saint Romain). Dans la confirmation du privilège par le roi (ci-dessus au centre), Dagobert a pris les traits de François Ier, monté sur le trône en 1515. Le panneau à droite montre une délégation du chapitre recevant les clés de la prison (la partie inférieure est manquante). Dans le registre du bas à gauche (voir le panneau entier), le prisonnier libéré est couronné de fleurs. Les deux autres panneaux de ce registre sont très fragmentaires. Certaines parties, réalisées par Jean Barbe vers 1511-1512 illustrent la vie de saint Eustache. Terminons cette présentation en ajoutant que Jules Boulanger (et d'autres verriers) en ont assuré la restauration en 1920.
Source : 1) Le vitrail à Rouen, 1450-1530, «L'escu de voirre» de Caroline Blondeau. Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes ; 2) Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions, 2001.

«««--- À GAUCHE
Vitrail de la vie de saint Romain, 2e registre (vers 1521).
Exemples de bandeau à l'antique dans les panneaux.
Vitrail de la vie de saint Romain : le tympan (vers 1521)
Vitrail de la vie de saint Romain. Le tympan (vers 1521) :
1) Naissance miraculeuse du saint ;
2) Le prisonnier est reçu par le roi ;
3) Sacre de Romain, archevêque de Rouen.
Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Saint Romain arrête la crue de la Seine.
VITRAIL DU PANÉGYRIQUE DE SAINT ROMAIN

Le vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521) est placé sous le signe des Vertus théologales et cardinales. Il illustre les mêmes événements que ceux du vitrail de la vie de saint Romain, mais ici chaque scène est présidée par une Vertu. Ainsi, c'est la Foi qui assiste à la naissance du saint. Le privilège de saint Romain est concélébré avec la Justice. Romain chasse les démons hors du temple de Vénus avec l'aide de la Force. La Prudence préside à son élection comme évêque de Rouen. Et quand le démon envoie une femme pour le tenter, il la repousse en présence de la Tempérance. Enfin, à sa mort, Romain est entouré des sept Vertus.
La Charité n'est présente que dans un soufflet du tympan : elle se tient devant l'autel où officie le saint. L'Espérance (Vertu théologale) n'est associée à aucun événement particulier. On la retrouve néanmoins dans le panneau de la mort du saint avec les six autres. Elle se tient à la tête du lit mortuaire, en président de cérémonie.
Les Vertus sont associées à leurs symboles. Le premier symbole est représenté au-dessus d'elles, bien en évidence, comme une sorte de chapeau. Le second est tenu en main. Pour ce qui est du premier, la Force possède l'enclume ; la Justice, la balance ; la Foi, l'église ; l'Espérance, le navire, et la Charité, le pélican. Ajoutons l'horloge pour la Tempérance et, enfin, le miroir et le crible pour la Prudence.
On ne peut qu'être étonné par les visages amorphes prêtés aux Vertus. Elles semblent absentes des scènes comme si l'on avait voulu par-là marquer la distance qui les sépare des mortels. Seule l'Espérance, située à la tête du lit où git le corps du saint, paraît esquisser un léger sourire, qu'on sent plein d'amour et de commisération. (Voir la photo ci-dessous pour laquelle le Corpus Vitrearum nous apprend que, parmi les têtes, seules celle du saint et celle de l'Espérance n'ont pas été refaites). Le caractère Renaissance du vitrail est très affirmé. Chacun des six pannaux est coiffé d'un riche décor d'entrelacs animé de putti, de cavaliers, de masques et d'un bestiaire fantastique. (Voir les deux exemples donnés plus bas.)
Source : 1) Le vitrail à Rouen, 1450-1530, «L'escu de voirre» de Caroline Blondeau. Corpus Vitrearum, Presses Universitaires de Rennes ; 2) Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum, © CNRS Éditions.

Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Vitrail de la vie de saint Romain (vers 1521). Baie 28.
Saint Romain est en compagnie du prisonnier qui tient la gargouille
en laisse après sa capture. L'arrière-plan montre le château de
Rouen et, sur la butte, l'abbaye Sainte-Catherine.

VITRAIL DU PANÉGYRIQUE DE SAINT ROMAIN
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
La Mort de saint Romain entouré des Vertus (Force, Justice, Foi et Espérance).
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain (1521). Baie 30.
Romain chasse les démons du temple de Vénus, secondé par la Force qui est coiffée d'une enclume.
Le démon vert, sur la droite, a été refait.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain, 1521. Registre du haut.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain, 1521. Registre du haut. De gauche à droite :
1) Tentation de saint Romain par une femme (au premier plan) envoyée par le démon. Présence de la Tempérance coiffée d'une horloge.
2) Allégorie du privilège de saint Romain. L'évêque dirige sa crosse vers le «bras de saint Romain» (reliquaire de la cathédrale)
avant de juger au profit d'un prisonnier. Présence de la Justice, coiffée de la balance.
3) Naissance de saint Romain en présence de la Foi qui tient le bébé et un cierge.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain
Vitrail du Panégyrique de saint Romain.
Ornementation Renaissance
surmontant l'une des scènes.
Vitrail du Panégyrique de saint Romain
Vitrail du Panégyrique de saint Romain.
Ornementation Renaissance
surmontant l'une des scènes.

PARTIE EXTÉRIEURE
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TRANSEPT ET CHŒUR
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BAPTISTÈRE ET CHAPELLES LATÉRALES
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DÉAMBULATOIRE ET CHAPELLE DE LA VIERGE
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