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Page créée en juil. 2014
 «Le Christ guérissant l'aveugle» par Vincent Roux, détail

L'église Sainte-Madeleine de Rouen est historiquement rattachée à un hôtel Dieu. Vers le milieu du XVIe siècle, la municipalité décide d'implanter vers l'ouest de la ville un nouvel hôpital pour les pestiférés. À cet endroit, il y a déjà un petit Hôtel Dieu et une chapelle. Les travaux ne commencent qu'un siècle plus tard... pour s'achever en 1757. En 1753, on décide de remplacer la chapelle, devenue trop petite, par une église. Parvy, l'un des deux architectes de l'hôpital, est mis à contribution. À sa mort (1760), les travaux sont interrompus. Ils reprendront en 1767 sous l'autorité de Jean-Baptiste Le Brument avec un nouveau plan. L'édifice est achevé en 1781 et béni la même année. Jusqu'à la Révolution, l'église servira aux malades de l'Hôtel Dieu, géré par les religieuses chanoinesses de Saint-Augustin.
En 1790, lors de la refonte des paroisses des villes françaises, Sainte-Madeleine devient à son tour paroisse. Sous la Terreur, l'église est fermée. Elle est rendue au culte en 1795. Avec le Concordat, elle devient paroisse principale.
Sainte-Madeleine ne fait pas partie des églises de Rouen que visitent les touristes, plus attirés par la cathédrale, Saint-Ouen ou Saint-Maclou. Et pourtant, c'est un magnifique bâtiment de style néo-classique qui rassemble toutes les spécificités de cette école, dont une série de piles cannelées à chapiteaux corinthiens et une très belle coupole à caissons.
Au niveau de l'ornementation, on y trouve quelques toiles intéressantes et un superbe Chemin de croix de Louis Roux (1873). Conformément à l'époque de construction, les vitraux sont en verre cathédrale (sauf celui de la tribune centrale).

 «Le Christ guérissant l'aveugle» par Vincent Roux, détail
Vue d'ensemble de la nef de l'église Sainte-Madeleine à Rouen
Vue d'ensemble de la nef de l'église Sainte-Madeleine à Rouen
La nef et le chœur se répartissent équitablement l'espace.
Les religieuses et les malades prenaient place sur le balcon au-dessus du chœur pour assister aux offices.
La façade typiquement néo–classique de l'église Sainte–Madeleine
La façade typiquement néo-classique de l'église Sainte-Madeleine
L'église s'inscrit dans un rectangle avec des transepts non saillants.
L'église s'inscrit dans un rectangle avec des transepts non saillants.
Le bas–côté gauche et les Fonts baptismaux
Le bas-côté gauche et les Fonts baptismaux
dans une magnifique architecture néo-classique
Chemin de croix, 2e station
Chemin de croix, 2e station
«Jésus est chargé de sa croix» de Louis Roux (vers 1873)
Bas-relief au-dessus du portail (1777)
Bas-relief au-dessus du portail (1777)
Allégorie de la Charité par Marin-Nicolas Jadoulle (1736-1805)
Le balcon du chœur et le seul vitrail de l'église
Le balcon du chœur et le seul vitrail de l'église

Le vitrail ci-dessus représente le Père Céleste entouré par deux anges, dont l'un brandit le calice symbolisant la Foi. C'est le seul vitrail de l'église. Le XVIIIe siècle, qui a vu la construction de Sainte-Madeleine, n'aime pas les vitraux. L'époque est aux Lumières, au propre comme au figuré. Et les chanoines veulent des nefs et des chœurs éclairés. Le savoir-faire des maîtres verriers du Moyen Âge et de la Renaissance s'est lentement perdu en un peu plus d'un siècle. Il faudra attendre la Restauration et, mieux encore, la Monarchie de Juillet et son roi passionné de vitraux, pour retrouver, à force de recherches, la connaissance des grands anciens. Le vitrail ci-dessus est donc très vraisemblablement du XIXe siècle.

Le bas–côté droit et les peintures du Chemin de croix de Louis Roux (vers 1873)
Le bas-côté droit et les peintures du Chemin de croix de Louis Roux (vers 1873)

L'hôtel Dieu à Rouen. L'histoire a gardé la trace d'un premier hôpital à Rouen, près de la cathédrale. En 1569, la municipalité décide de remplacer cet Hôtel Dieu «dit de la Madeleine» par un nouveau à l'ouest de la ville. L'endroit est une plaine isolée de la cité où les pestiférés et tous les malades pourront vivre à l'écart de la population saine. Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle pour que, pressés par les épidémies, les travaux commencent. L'architecte en charge de cet ambitieux projet est Abraham Hardouin. Ambitieux car on va en fait construire deux hôpitaux dédiés à saint Louis (pour les malades) et à saint Roch (pour les convalescents). N'oublions pas qu'au XVIIe siècle Rouen est la deuxième ville de France.
Entre 1654 et 1683, Saint-Roch voit édifier son corps central et ses ailes nord et sud. Saint-Louis, qui ne possède à cette époque que le corps central et une partie de l'aile sud, ne sera achevé qu'en 1757. Les premiers malades seront transférés en 1758.
Pour l'anecdote (et ce que les dépliants de l'Office de Tourisme se plaisent à rappeler), le romancier Gustave Flaubert voit le jour dans l'hôpital en 1821.

Statue de la Vierge en plâtre patiné
Statue de la Vierge en plâtre patiné

Son père a été nommé chirurgien en chef de l'Hôtel Dieu en 1818 et il y dispose d'un logement de fonction. En 1990, après restauration et réaménagement, la Préfecture de Région prendra possession des lieux.
Sources : «Histoire de Rouen» d'Henry Decaëns + dépliant de l'Office de tourisme.

Statue du Sacré Cœur en marbre
Statue du Sacré Cœur en marbre
dans le côté droit
La nef et les colonnes cannelées, rondes et carrées du bas–côté droit
La nef et les colonnes cannelées, rondes et carrées du bas-côté droit
Les Fonts baptismaux dans le bas–côté gauche
Les Fonts baptismaux dans le bas-côté gauche
«Notre–Dame du Perpétuel Secours»
«Notre-Dame du Perpétuel Secours»
Peinture anonyme, XVIIIe siècle ?
Un des nombreux chapiteaux corinthiens
Un des nombreux chapiteaux corinthiens
de l'église Sainte-Madeleine

Architecture. L'église Sainte-Madeleine n'est pas le plus connu des édifices néo-classiques de France, mais on y trouve cependant tout ce qui définit ce style d'architecture : la simplicité des volumes, des proportions harmonieuses, la présence de colonnes simplement cannelées dominées par des chapiteaux corinthiens, une façade assez sobre inspirée de l'antique avec piliers cannelés et fronton, une ornementation architecturale jamais oppressante à l'opposé du baroque auquel ce style a succédé.
Pour voir l'antithèse de ce style d'architecture, c'est-à-dire le baroque avec son foisonnement de feuillages, de palmettes et de dorures, on pourra voir la chapelle Notre-Dame du Refuge à Besançon.

Chemin de croix, 5e station
Chemin de croix, 5e station
«Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix» de Louis Roux (vers 1873)

L'église Sainte-Madeleine possède un très beau Chemin de croix. Vers 1873, le peintre Louis Roux a créé les quatorze panneaux des stations (dans les bas-côtés) et les deux panneaux de la Cène et du sacrifice de Melchisédech de part et d'autre du chœur. On remarque que, pour le Chemin de croix, le peintre a choisi des scènes dépouillées : seuls les acteurs indispensables sont présents. Les thèmes «Jésus est cloué sur la croix» (ci-dessous) et «Jésus est descendu de la croix» (plus bas) paraissent même assez pauvres : nul décor, nul personnage inutile ne vient détourner l'attention de l'observateur de la tragédie qui se joue et de son sens par-delà les siècles. Louis Roux a choisi d'accentuer encore l'aspect dramatique des scènes en optant pour des tons fades, presque délavés, qui évacuent les contrastes. Les teintes en restent néanmoins très belles et harmonieuses. Le panneau ci-dessous, «Jésus meurt sur la croix» affiche une gamme de gris dans les deux tiers supérieurs et réserve les couleurs au tiers inférieur. Au centre, le corps de Jésus couleur chair se détache sur l'ensemble. L'effet obtenu est somptueux.

Chemin de croix, 12e station
Chemin de croix, 12e station
«Jésus meurt sur la croix» de Louis Roux (vers 1873)
Chemin de croix, 11e station
Chemin de croix, 11e station
«Jésus est cloué sur la croix» de Louis Roux (vers 1873)
Le transept droit
Le transept droit
Au-dessus du fronton de la porte, le bas-relief
de l'Espérance du rouennais Nicolas Jadoulle (1736-1805)
Décor typiquement néo–classique au deuxième niveau de l'élévation :
Décor typiquement néo-classique au deuxième niveau de l'élévation :
un entablement très sobre simplement rehaussé par une corniche en saillie.
Chemin de croix, 13e station
Chemin de croix, 13e station
«Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère» de Louis Roux (vers 1873)
Bas–relief de Nicolas Jadoulle : «L'Espérance»
Bas-relief de Nicolas Jadoulle : «L'Espérance»
(Abraham reçoit trois visiteurs venus lui annoncer qu'il aurait un fils.)
Bas–relief sculpté par Nicolas Jadoulle dans le transept gauche : «La Foi»
Bas-relief sculpté par Nicolas Jadoulle dans le transept gauche : «La Foi»
(La Cananéenne implore le Christ pour la guérison de son fils.)
«Le Christ et le paralytique»
«Le Christ et le paralytique»
Vincent Roux, quatrième quart XVIIIe siècle
La coupole à caissons au-dessus de la croisée
La coupole à caissons au-dessus de la croisée
L'autel absidial gauche de Saint-Joseph
L'autel absidial gauche de Saint-Joseph
Sculptures florales
Sculptures florales
sur un arc doubleau de la voûte
La voûte d'un bas–côté
La voûte d'un bas-côté
On a ici l'illustration d'un composant de l'architecture néo-classique :
prééminence des horizontales et rejet des formes courbes.
Le bas–côté droit et l'autel absidial de la Vierge
Le bas-côté droit et l'autel absidial de la Vierge
Statue de sainte Thérèse de l'Enfant–Jésus
Statue de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Époque moderne
«Le Christ guérissant l'aveugle»
«Le Christ guérissant l'aveugle»
par Vincent Roux, quatrième quart du XVIIIe siècle
Statue de saint Joseph (XIXe siècle ?)
Statue de saint Joseph (XIXe siècle ?)
Autel absidial gauche
Statue de la Vierge (XIXe siècle ?)
Statue de la Vierge (XIXe siècle ?)
Autel absidial droit
Décoration néo–classique sur la voûte
Décoration néo-classique sur la voûte
«Sainte Madeleine aux pieds du Christ»
«Sainte Madeleine aux pieds du Christ»
ou «Noli me tangere»
Anonyme, XVIIe siècle [base Palissy]

À DROITE ---»»»
Le soubassement de l'autel de la Vierge (abside droite)
«Le Christ guérissant l'aveugle» par Vincent Roux, détail
«Le Christ guérissant l'aveugle» par Vincent Roux, détail
Quatrième quart du XVIIIe siècle
Le soubassement de l'autel de la Vierge (abside droite)

LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINTE-MADELEINE

Vue d'ensemble du chœur et de son architecture néo-classique
Vue d'ensemble du chœur de Sainte-Madeleine et de son architecture néo-classique
Le chœur et ses élévations
Le chœur et ses élévations
Peinture murale «Le sacrifice de Melchisédech», Louis Roux, vers 1873
Peinture murale dans le chœur : «La Cène»
Peinture murale dans le chœur : «La Cène»
de Louis Roux, vers 1873
Le chœur et les stalles du XVIIIe siècle
Le chœur et les stalles du XVIIIe siècle
Lutrin
Lutrin
«««--- À GAUCHE
Peinture murale : «Le sacrifice de Melchisédech», Louis Roux, vers 1873
Le maître–autel de style Louis XVI
Le maître-autel de style Louis XVI
Il est en cuivre doré. Le soubassement est enrichi de panneaux peints
représentant Jésus et les quatre évangélistes ---»»»
Vase en faïence de Rouen
Vase en faïence de Rouen
dans le chœur
À DROITE ---»»»
L'orgue de chœur
L'orgue de chœur
Le maître–autel en cuivre doré avec le soubassement (Jésus et les quatre évangélistes)
Jésus entre Mathieu et Marc dans le soubassement du maître-autel
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur
L'orgue de tribune et les statues de sainte Cécile et David
L'orgue de tribune et les statues de sainte Cécile et de David

Documentation : Panneaux dans la nef + «Histoire de Rouen» d'Henry Decaëns + dépliant de l'Office du Tourisme
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