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Sainte Apollonie dans la baie 11, vers 1440-1450

Avant le XIIIe siècle, l'oratoire qui se dressait à la place actuelle de l'église, était en dehors du rempart normand. Au XIIIe siècle, le nouveau rempart l'intégra dans la ville. Entre temps, à force d'agrandissements et de reconstructions, il était devenu une église dans un quartier où vivaient des artisans drapiers et teinturiers peu fortunés. On y trouvait aussi quelques grandes familles marchandes. Sous le règne de saint Louis, l'église Saint-Maclou devint paroisse. Sous l'occupation anglaise, cette paroisse fut l'une des plus importantes du diocèse. En 1432, l'édifice, déjà bien délabré, s'écroula par le milieu : il ne pouvait plus abriter que le quart des fidèles qui la fréquentaient habituellement. Dès 1433, on répara la partie ruinée en construisant d'abord des chapelles neuves - les chapelles anciennes furent consolidées par des étais. L'archevêque Hugues des Orges concéda des indulgences pour attirer les aumônes des paroissiens.
L'année 1436 est une date importante. Plutôt que de se contenter de réparations partielles, la Fabrique décida de faire «table rase» et de reconstruire un nouvel édifice («funditus demolita» lit-on dans un document de l'époque). Mais la «table rase» fut en fait un phénomène progressif : on soutint l'existant, on démolit par partie et on rebâtit par partie. Le plan du nouveau bâtiment fut dessiné par le maître-maçon Pierre Robin qui ne travailla à la reconstruction qu'en 1436 et 1437. D'autres maîtres-maçons talentueux lui succédèrent : Oudin de Mantes, Simon Le Noir, Ambroise Harel et Pierre Gringoire. Dans la décennie 1440, les travaux avancent lentement car l'argent manque. Les paroissiens font d'ailleurs une demande d'auto-imposition à Henri VI, roi d'Angleterre et de France (voir plus bas l'encadré sur le financement de la construction). Malgré tout, quêtes à domicile, donations et contributions diverses permettent de progresser. En 1517, le gros œuvre est achevé, tour-lanterne de Pierre Gringoire et flèche incluses. Les ornementations luxueuses qui les parent sont financées par le curé Arthus Fillon et la famille Dufour, l'une des grandes bienfaitrices de Saint-Maclou.
Le style de l'église est un très pur gothique flamboyant. Malgré la Renaissance qui naît, il n'y a aucun apport du nouveau style : les maitres-maçons ont respecté le plan de Pierre Robin, dressé en 1436. (Le même phénomène caractérise l'église Saint-Merry à Paris.) Notons que les chapelles rayonnantes sont décalées de façon qu'il n'y ait pas de chapelle axiale. Saint-Maclou est consacrée en juin 1521 par l'archevêque de Rouen, Georges II d'Amboise. Au fil des ans, l'intérieur est embelli : jubé, orgue de jubé avec un magnifique escalier de pierre, ornements de draps d'or et de velours cramoisi. Suivront peu à peu : la construction d'une nouvelle sacristie, la mise en place des grandes portes avec vantaux sculptés, puis la suppression du jubé en 1541 et le transfert de l'orgue contre l'élévation occidentale. Au XVIIIe siècle, la flèche est en partie détruite par les intempéries ; elle est finalement rasée et remplacée par une modeste toiture d'ardoises.
En 1562, les Protestants saccagent l'édifice (mutilation des bas-reliefs des portes). À la Révolution, seules treize églises de Rouen sont conservées. Saint-Maclou est du nombre. La Convention la fait fermer en 1793 et la transforme en fabrique d'armes. L'église est rendue au culte en 1802. La flèche actuelle date du Second Empire. Elle est construite par l'architecte Barthélemy en style néo-gothique.
En juin 1940, une bombe, qui explose non loin, provoque quelques dégâts dans une chapelle. En juin 1944, lors de la Semaine Rouge, c'est plus grave : une première bombe explose à côté de l'édifice, mais une deuxième frappe une pile du chœur qui se trouve de ce fait coupé en deux. En novembre 1945, tout le croisillon au-dessus du chœur s'effondre. Les travaux de restauration dureront jusqu'en 1980.
Si l'église Saint-Maclou bénéficiait au XVIIIe siècle d'une ornementation intérieure somptueuse, ce n'est plus la cas. Des magnifiques confessionnaux qui ornaient ses chapelles, il ne reste que ceux qui ont été regroupés dans la chapelle rayonnante Notre-Dame-de-Pitié. Outre son architecture en gothique flamboyant et ses cinq portails en arc de cercle qui ont fait sa renommée, l'intérêt de l'église réside aussi dans ses nombreux vitraux du XVe siècle. Les deux pages consacrées à Saint-Maclou dans ce site en proposent de nombreuses photos.

La Descente de croix dans la baie 114, début du XVIe siècle
Vue d'ensemble de la nef et du chœur en entrant dans l'église
Vue d'ensemble de la nef et du chœur en entrant dans l'église.
Le visiteur remarque aussitôt l'absence de chapelle axiale. À sa place s'élève une massive pile axiale dans l'abside.
Vue d'ensemble de l'église depuis la place Barthélemy
Vue d'ensemble de l'église depuis la place Barthélemy.
Les cinq portails en gothique flamboyant et leurs gables
Les cinq portails en gothique flamboyant et leurs gables.
Ils affichent une nouveauté architecturale : les gables sont projetés vers l'avant et non pas accollés à la façade.

Architecture externe. L'intérêt archéologique de l'église Saint-Maclou réside plus dans son aspect extérieur que dans son architecture et son ornementation intérieures. Son porche est d'ailleurs l'élément qui fait sa renommée.
Ce porche exceptionnel a été conçu dès 1436. Portant à lui seul toute la richesse de l'architecture rouennaise de la fin du Moyen Âge, il s'inspire de la façade de la cathédrale Notre-Dame, conçue par Jean Périer vers 1370.
Le porche de Saint-Maclou comprend cinq baies dont trois seulement possèdent un portail dessiné de façon toute classique : avec porte, tympan ajouré ou sculpté, voussures et, dans le portail central, des ébrasements recevant des statues.
La nouveauté consiste à projeter vers l'avant les encadrements flamboyants des cinq baies et à ne plus les plaquer contre les élévations. On voit ainsi cinq baies alignées sur un grand arc de cercle, du nord au sud (photo ci-dessus). Chaque baie est tracée en arc brisé. La baie centrale, deux fois plus large que les autres, ouvre sur le grand portail dont le trumeau a été supprimé en 1793. Les deux baies jouxtant le grand portail sont prolongées, à l'intérieur, par les bas-côtés tandis que les deux baies des extrémités se dressent devant l'alignement des chapelles latérales. Chaque arcade, à profil prismatique (ce qui est un classique du gothique), repose sur des contreforts ornés de niches dont les statues ont disparu depuis longtemps.
C'est toute la modénature qui enrichit ces gables au-dessus des baies que le visiteur doit observer attentivement. Le gothique flamboyant y étale sa richesse. Chaque gable, triangulaire et orné de crochets, possède son réseau ajouré de soufflets et de mouchettes. La jonction des gables avec le sommet des contreforts, à droite et à gauche, se fait par un grillage de pierre très élaboré. L'élégance de cet ensemble est encore accentuée par la présence d'une claire-voie qui ceinture la terrasse du porche (photo ci-dessous à gauche). Plus vaste que les autres, le gable central gagne encore en beauté car la grande rose qui le surmonte en arrière-plan, est elle-même coiffée d'un gable flamboyant.
Des statues récentes d'anges et de la Trinité ornent le centre de chaque gable. Le gable central est en plus surmonté d'une statue moderne de saint Maclou, créée en 1900. Dans son étude sur Saint-Maclou pour le Congrès archéologique de France de 1926 (89e session), le chanoine Jouen précise qu'un premier ouragan frappa l'église en 1891, mettant à mal des restaurations effectuées quarante ans plus tôt. Le 15 février 1900, une nouvelle tempête fit tomber la croix placée sur le clocher en 1861 ; dans sa chute, celle-ci brisa le sommet des deux gables de la baie centrale ainsi que le rampant de la claire-voie qui court à l'arrière de cette baie. La statue de la Trinité (donnée ci-dessous) a été réalisée cette même année par MM. Foucher père et fils en remplacement des éléments cassés. De même, une statue de saint Maclou, reprenant les traits du curé d'alors, Mgr Julien Loth, prit place au sommet du gable. Dans leur brochure sur l'église et l'aître Saint-Maclou, les services du Patrimoine signalent que ce curé, qui n'était pas évêque, avait le droit de se faire appeler monseigneur car il avait reçu du pape le titre honorifique de protonotaire apostolique.
Sources : 1) Haute-Normandie gothique d'Yves Bottineau-Fuchs, éditions Picard, 2001 ; 2) Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article sur l'église Saint-Maclou par M. le chanoine Jouen ; 3) L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen, édité par la Région Haute-Normandie ©2012.

Le gable du portail central, la claire-voie et la rose de la façade occidentale
Le gable du portail central, la claire-voie et la rose de la façade occidentale.
Statue de saint Maclou au-dessus du gable du portail central
Statue de saint Maclou au-dessus du gable du portail central.
Sculpture de Foucher, père et fils, en 1900.
Le Père célestre présente son fils crucifié devant  le gable du portail central
Statue de la Trinité (1900).
Le Père céleste présente son fils crucifié
devant le gable du portail central, tandis qu'une colombe déploie ses ailes sous son menton.
La sacristie, qui cache le chevet, est elle–même cachée par les arbres
La sacristie, qui cache le chevet, est elle-même cachée par les arbres.
À droite, la sacristie Renaissance de Lucien Lefort (vers 1910)
À droite, la sacristie Renaissance de Lucien Lefort (vers 1910).
LA MAQUETTE DE L'ÉGLISE EXPOSÉE AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE ROUEN
Maquette de l'église Saint-Maclou, le côté nord
Vue d'ensemble de l'église Saint-Maclou
depuis le côté nord.
(La maquette est exposée au musée des Beaux-Arts de Rouen.)

Pour le chanoine Jouen (Congrès archéologique de France tenu
à Rouen en 1926), cette maquette n'est pas un modèle,
mais une copie faite à la fin du XVIIe siècle.
Le chevet de l'église Saint-Maclou ---»»»
Maquette de l'église Saint-Maclou, la façade ouest
La façade ouest de l'église Saint-Maclou.
La projection vers l'avant des cinq gables
est ici bien manifeste.
Maquette de l'église Saint-Maclou, le chevet

À propos de cette maquette, on lit ces précisions dans l'ouvrage L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen édité par la Région Haute-Normandie en 2012 : «La maquette de l'église réalisée vers 1500, qui est présentée aujourd'hui au musée des Beaux Arts montre qu'à peine achevé l'édifice avait une grande réputation ; on ne sait toutefois si cette jolie maquette a été exécutée par un admirateur ou si c'était un modèle destiné à guider le travail des maîtres d'œuvre du XVIe siècle.»

Un ange devant le gable d'un portail
Un ange au centre du gable
d'un portail de la façade, au sud.
Le clocher en gothique flamboyant
Le clocher en gothique flamboyant.
La flèche du clocher, réalisée entre 1868 et 1872, est l'œuvre de l'architecte Barthélemy. ---»»»
Il a laissé son nom à la place devant le parvis. La pointe culmine à 87 mètres de hauteur.
La flèche de l'église construite de 1868 à 1872
Deux gables sur la façade avec leurs statues
Deux gables de la façade occidentale avec leurs statues :
le gable central et la statue de la Trinité (datée de 1900), le gable contigu, au sud, et la statue d'un ange.
La Fontaine aux enfants pisseurs, milieu du XVIe siècle
La Fontaine aux enfants pisseurs.
Milieu du XVIe siècle.

La Fontaine aux enfants pisseurs date du milieu du XVIe siècle. À l'époque, les habitants de la paroisse avaient obtenu qu'une fontaine soit installée à l'angle de la façade et de la rue Martainville. L'eau provenait de la source de Carville.
La pierre de cette fontaine a subi l'outrage du temps et la férocité des destructeurs : sur les six statues qui la surmontent, seules deux restent en place - et elles sont sans tête. Dans la partie basse, malgré la dégradation du temps, on reconnaît encore les deux enfants pisseurs bien que la face de l'un d'entre eux soit totalement dégradée. La posture de ces enfants rappelle celle du Manneken-piss de Bruxelles. Un médaillon les sépare, mais le bas-relief qu'il abrite est depuis longtemps illisible.
Le motif des enfants pisseurs était très apprécié à l'époque.
Source : L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen, édité par la Région Haute-Normandie.

La Fontaine aux enfants pisseurs, milieu du XVIe siècle, détail
La Fontaine aux enfants pisseurs, milieu du XVIe siècle, détail.
Un ange au centre d'un gable de la façade
Un ange au centre d'un gable de la façade.
LE PORTAIL CENTRAL DE LA FAÇADE OCCIDENTALE
Le portail central
Vue d'ensemble du portail central.
Porte, voussures et statues du portail central
Porte, voussures et statues du portail central.
(Début du XVIe siècle, les statues du XIXe.)
Statue de saint Marc dans le portail central, XIXe siècle
Statue de saint Marc
dans un ébrasement du portail central,
XIXe siècle.
Le tympan du portail central et sa première voussure abritent le Jugement dernier
Le tympan du portail central et ses voussures abritent le Jugement dernier (début du XVIe siècle).

Le Jugement dernier prend place dans le tympan du portail central. C'est une très riche composition de hauts-reliefs. Elle est datée du début du XVIe siècle. Les deux voussures qui l'entourent enrichissent le thème principal de saynètes illustrant la résurrection des morts.
Le Jugement dernier est représenté sur quatre registres, chacun d'entre eux reposant sur une sorte de treillis qui mérite parfaitement le qualificatif de «dentelle de pierre» (voir image ci-contre). Dans la partie centrale du registre inférieur, élus et damnés sont séparés par l'archange Michel après pesée de leurs âmes. Les élus vont à gauche, vers le Paradis (c'est-à-dire à droite de l'archange), tandis que les damnés sont immédiatement saisis par les démons qui les dirigent vers l'enfer. Les deux arcs en accolade (qui surmontent les vantaux de la porte) symbolisent astucieusement les portes d'entrée du Paradis et de l'enfer. Au-dessus, le deuxième registre accueille les douze apôtres ; le troisième registre, les saints avec des évêques et des cardinaux. Tout ce monde a les yeux tournés vers le Christ, figure centrale des deux registres supérieurs. Il montre les stigmates de sa Passion, les pieds posés sur un globe terrestre. Au registre du haut, des anges et des séraphins chantent ses louanges.
Ce tympan est une magnifique composition malheureusement assez dégradée : bien des personnages sont décapités. Les services du Patrimoine, dans l'article cité en source, indiquent que les mutilations datent des guerres de Religion.
Dans le bas des deux voussures, l'artiste a sculpté des saynètes très expressives, notamment pour les démons suppliciant les damnés. Sur la droite, quatre saynètes illustrent les justes sortant de leurs tombeaux ; sur la gauche, dans quatre autres saynètes, les diables s'en donnent à cœur joie pour multiplier les tourments des méchants. L'une de ces scènes, donnée ci-dessous, montre deux démons tenant une roue. Ce n'est pas la barre du navire auquel on pourrait comparer l'enfer, mais le rappel du supplice de la mythique sainte Catherine d'Alexandrie dont la chair devait être labourée par une roue dentelée de crochets de fer.
Source : L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen, édité par la Région Haute-Normandie.

Registres du haut du tympan du portail central : les saints et les anges glorifient le Christ du Jugement dernier
Registres du haut du tympan du portail central : les saints et les anges glorifient le Christ du Jugement dernier.
Détail du tympan du portail central : l'enfer
Premier registre du tympan du portail central : les damnés sont poussés vers l'enfer par des démons monstrueux.
L'arc en accolade, au centre de l'image, symbolise l'entrée de l'enfer.
LES JUSTES ET LES DÉMONS DANS LES VOUSSURES DU JUGEMENT DERNIER
Les justes sortent de leur tombeau (voussure du portail central)
Les justes sortent de leur tombeau.
Deux démons (voussure du portail central)
Deux démons tiennent, non pas la barre du navire, mais
un instrument de torture pour déchiqueter les chairs...
Un chaudron de l'enfer (voussure du portail central)
Un chaudron de l'enfer où brûlent les damnés.
Les démons et l'enfer (voussure du portail central)
Les démons et l'enfer.
LES PORTES RENAISSANCE DE L'ÉGLISE SAINT-MACLOU

Les vantaux des portes de Saint-Maclou.
L'église possède trois portes aux vantaux de bois couverts de bas-reliefs de style Renaissance. C'est sans conteste l'une de ses richesses. Dans l'ouvrage Rouen aux cent clochers, les auteurs rappellent que Prosper Mérimée est resté plus d'une heure à les contempler et que le maréchal Göring, en tournée d'inspection du Mur de l'Atlantique en 1943, a fait un détour par Rouen pour venir les voir...
Si la porte de Martainville est gravée de l'année 1552 sur son côté interne, on n'est pas sûr de la date de création pour les deux autres. La plupart des ouvrages indiquent «entre 1552 et 1560», mais le chanoine Jouen dans son article pour le Congrès archéologique de France en 1926 écrit que si l'histoire de ces portes «reste bien indéterminée», il n'en a pas moins trouvé, dans les comptes de la fabrique, des écritures relatives à un paiement de 15 sous à «ung huchier pour les pourtrès des portes, qui sont en parchemin» et un autre paiement de 14 sous et six deniers «pour ung aultre pourtrect qui a esté faict pour les portes, le 7e jour de febvrier 1527.» Dans les deux cas, il s'agit de l'année 1527. Mais ces écrits laissent perplexe et forcent le lecteur à les interpréter. Au Moyen Âge, le huchier, c'est l'ébéniste qui travaille le bois, crée les huches, les coffres, en quelque sorte les meubles. Il sait aussi sculpter le bois. Mais il lui faut évidemment un modèle dessiné par un artiste... sur papier ou parchemin. Ainsi l'on comprend que, en 1527, les deux huchiers ont sculpté des portes de l'église d'après des modèles dessinés sur parchemin. On présume que les artistes - les historiens, sans en être sûrs, parlent de Jean Goujon ou de ses élèves - ont déjà été payés par la fabrique. De là, on déduit que la porte de Martainville, de 1552, est la plus récente des trois.
Le chanoine Jouen écrit d'autre part : «En 1562, les protestants ont brisé, à ces portes, de nombreuses statuettes. En 1577, Le Prince, peintre et doreur, a peint et verni ces portes, préalablement restaurées par Cahais. Au XIXe siècle, elles ont échappé à deux maux également lamentables : les restaurations et le transfert dans un musée. Détériorées par de trop nombreux moulages dont certains furent exécutés sans soin, elles sont actuellement pitoyablement poussiéreuses.»
Les trois portes de style Renaissance présentent une même trame artistique : elles sont coupées en deux, à mi-hauteur, par une corniche horizontale très saillante. Dans la partie basse, chaque vantail possède son portillon plus ou moins sculpté de thèmes Renaissance (termes, animaux, fruits, etc.). Les portillons de la porte de Martainville sont à ce titre remarquables. La partie au-dessus de la corniche est ornée de scènes historiques sculptées au sein de médaillons soutenus par des figurines en haut et bas-relief.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article sur l'église Saint-Maclou par M. le chanoine Jouen ; 2) L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen, édité par la Région Haute-Normandie ©2012 Inventaire général du patrimoine culturel ; 3) Rouen aux 100 clochers de François Lemoine et Jacques Tanguy, éditions PTC, 2004.

La Dormition (1552) sur un vantail de la porte de Martainville
La Dormition (1552) sur un vantail de la porte de Martainville.
Partie centrale d'une porte du portail central avec le Baptême du Christ
Partie haute de la porte droite du portail central :
La scène du Baptême du Christ est soutenue
par les quatre évangélistes.

Les vantaux du portail central. La partie haute, au-dessus de la corniche centrale, est de loin, la plus intéressante. Elle illustre la correspondance entre l'Ancien et le Nouveau Testament. À gauche, une Circoncision est soutenue par quatre Docteurs de l'Église (saint Augustin, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Ambroise). À droite, le médaillon du Baptême du Christ est soutenu par les quatre évangélistes reconnaissables à leurs symboles. Les médaillons sont encadrés par les Vertus : la Charité et la Foi à gauche ; la Justice et la Paix à droite.

Partie centrale d'une porte du portail central avec la Circoncision
Partie haute de la porte gauche du portail central :
La scène de la Circoncision dans le médaillon
est soutenue par quatre Docteurs de l'Église.
Saint Matthieu et saint Marc soutiennent le Baptême du Christ
Saint Matthieu et saint Marc soutiennent le Baptême du Christ.
LA PORTE DES FONTS BAPTISMAUX SUR LA FAÇADE OCCIDENTALE
Vue d'ensemble de la porte des Fonts
Vue d'ensemble de la porte des Fonts baptismaux.
Le bon Pasteur dans le médaillon de la porte des Fonts
Le bon Pasteur dans le médaillon de la porte des Fonts.
La porte des Fonts et ses boiseries
La porte des Fonts et ses boiseries
(1ère moitié du XVIe siècle).

La Porte des Fonts baptismaux. Elle n'a qu'un vantail. Dans la partie supérieure, son médaillon illustre le thème du Bon Pasteur, soutenu par quatre statuettes en haut-relief. Entre elles, en bas-relief, trois allégories du printemps, de l'hiver et de l'été (photo ci-dessous). Ces trois bas-reliefs pourraient être l'œuvre d'un élève de Jean Goujon. De part et d'autre du médaillon : le grand-prêtre Melchisédech et saint Pierre.
Au centre de la partie basse, le Christ est entouré de sylvains et de chimères. Dans les parties latérales : à gauche, Aaron en costume sacerdotal ; à droite, saint Paul avec son glaive.

Porte des Fonts : boiseries et figurines
Porte des Fonts : boiseries et figurines.
Aaron sur la porte des Fonts
Aaron sur la porte des Fonts.
Saint Pierre en bas-relief sur la porte des Fonts
Saint Pierre en bas-relief
sur la porte des Fonts.
Les figurines qui soutiennent le médaillon du Bon Pasteur sur la porte des Fonts
Cette rangée de figurines soutient le médaillon du Bon Pasteur sur la porte des Fonts.
Entre elles : allégories du printemps, de l'hiver et de l'été. Ces trois bas-reliefs pourraient être l'œuvre d'un élève de Jean Goujon.
LA PORTE NORD DITE «DE MARTAINVILLE»
La porte de Martainville
La porte de Martainville donne sur la rue du même nom.
Elle peut être contemplée par tous les temps,
que l'église soit ouverte ou fermée.
Partie haute des boiseries de la porte de Martainville
Partie haute des boiseries des vantaux de la porte de Martainville.
La Vierge mutilée, au centre, est entourée de deux médaillons : l'Arche d'Alliance à gauche et la Dormition à droite.

La porte de Martainville, située sur le côté nord de l'église, dans la rue du même nom, ferme le bras nord du transept. Cette porte a l'avantage de ne pas se trouver sous un porche. Son gothique flamboyant, très pur, associé à une porte aux magnifiques vantaux de bois, peut aisément être contemplé à loisir par le passant. Toujours fermée, la porte est protégée par une grille de fer.
Sa partie supérieure, très classique avec tympan ajouré, statue, voussure et gable, est éclipsée par la beauté remarquable des bas et hauts-reliefs de ses vantaux de bois. Cette porte serait la plus récente des portes de Saint-Maclou. La date de 1552 est visible sur sa face intérieure.
Les sculptures sont consacrées à la glorification de la Vierge dont la statue mutilée trône au centre de la porte. La Vierge est encadrée par deux médaillons qui font le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament : à gauche, l'Arche d'Alliance (qui est une figure symbolique de Marie) et, à droite, la Dormition. Les médaillons sont eux-mêmes inclus dans des structures carrées (ce qui permet de placer des anges dans les angles) qui sont soutenues par quatre figurines (anges, saints ou saintes), souvent décapitées. Au-dessus des médaillons, le Père céleste et le Christ trônent, chacun de leur côté, dans les nuées. La partie basse des portes ne doit pas être négligée. De très beaux bas-reliefs de style Renaissance, peuplés de satyres et d'animaux sont séparés, sur chaque vantail, par une superbe ferronnerie dont l'ornementation culmine en une tête de dragon.

Le Père céleste dans les nuées (boiserie sur la porte de Martainville)
Le Père céleste dans les nuées
Vantail de la porte de Martainville
1552.
Porte de Martainville : l'Arche d'alliance dans un médaillon
Porte de Martainville : l'Arche d'Alliance dans un médaillon (1552).
À DROITE, porte de Martainville ---»»»
Boiseries inférieures de style Renaissance sur les vanteaux.
Porte de Martainville : boiseries inférieures Porte de Martainville : détail de la partie basse de la boiserie
Porte de Martainville : détail de la partie basse de la boiserie
Porte de Martainville : détail de la partie
basse de la boiserie.

Saint Jean dans l'ébrasement du portail central
Saint Jean dans l'ébrasement du portail central.

Le financement de la construction. L'église Saint-Maclou s'est partiellement effondrée en 1432. La reconstruction, d'abord limitée à la partie détruite, s'est ensuite étendue à toute l'église. Qui a financé ces travaux qui ont duré presque un siècle?
Dans son étude pour le Congrès archéologique de France tenu à Rouen en 1926, le chanoine Jouen nous en donne les sources.
Il y a d'abord les quêtes à domicile (qui doivent représenter la plus petite part), puis les offrandes des fidèles. Ceux-ci sont incités à donner du fait des indulgences, qu'ils réclament souvent eux-mêmes, et qui sont concédées par bulle pontificale ou lettre archiépiscopale (on connaît le cas de la Tour de beurre à la cathédrale de Rouen). Viennent ensuite les donations en terres et maisons ou en rentes fieffées sur des maisons ou autres valeurs immobilières. «Les principaux donateurs, écrit le chanoine Jouen, appartiennent à la famille Dufour [qui a financé la verrière de la façade occidentale] et aux familles qui lui sont alliées, les Basin, les Masselin, les de Croixmare et ce Jean de Grenouville qu'une inscription mutilée signale comme "ayant fait faire le plus de l'église"».
Autres modes de financement : l'imposition par lettre royale autorisée, dans le cas de Saint-Maclou, par Louis XI et Louis XII ; et, pour terminer, la générosité des curés de la paroisse. Le chanoine Jouen en cite trois : «Jean Boissel (1421-1436) qui commença l'église, Guillaume Auvré, chanoine de Rouen (†1480) et surtout Arthus Fillon (1508-1522), un des orateurs les plus célèbres de son temps qui quitta la cure de Saint-Maclou pour l'évêché de Senlis.» Précisons que ces curés recevaient la rente liée à des domaines cultivés par des paysans dans des bourgades plus ou moins lointaines, et ils consacraient une grosse partie de cette rente à leur église. Comme on le constate, il n'y a pas, dans le cas de Saint-Maclou, de «subvention» royale.
Restons un moment sur l'imposition par lettre royale, qui est en fait un surprenant cas d'auto-imposition. Partons de la base : des bourgeois de la paroisse constatent que l'économie repart [nous sommes sous Louis XI], que l'argent rentre dans les poches des marchands et ils souhaitent que ces gens «aisés» aident à la construction de l'église par une contribution spéciale. Il n'y a bien sûr aucune raison pour que tout le monde soit d'accord. Alors, comment gérer les récalcitrants? Il est impossible de faire intervenir la force publique pour leur faire payer un «impôt» qui n'a aucune assise légale. L'historien Marc Venard, dans son article «La construction des églises paroissiales du XVe au XVIIIe siècle» paru dans la Revue d'Histoire de l'Église de France en 1987, nous en dit plus sur le sujet. Par une multiplication d'exemples, il montre que la paroisse (ou la ville) ne pouvait se passer d'une autorisation royale pour s'auto-imposer. Ce fut le cas à Caudebec dès le XIVe siècle. Au cours des décennies, cette obligation n'a pu que se renforcer à mesure que le pouvoir royal élargissait son emprise. Parfois, le Parlement sert d'intermédiaire, comme en 1610, à Saint-Godard, une paroisse de Rouen, qui souhaite refaire son clocher menacé de ruine. Marc Venard écrit : «les paroissiens (...) demandent au parlement de lever une taxe sur les propriétaires et sur les locataires, comme ont obtenu ceux de Saint-Martin-sur-Renelle en 1605. Le parlement les renvoie devant le roi pour obtenir une levée de 6000 lt [livres tournois] ; mais par provision, il autorise une levée de 3000 lt à raison de 2 sous pour livre (de taille) sur les propriétaires, et 1 sou sur les locataires.» On voit que la décision finale appartient au Conseil du Roi. C'est lui seul qui permettra de contraindre au paiement ceux qui sont compris dans l'assiette fiscale. Et qui autorisera les échevins à faire intervenir la force publique contre les récalcitrants.
Sous Louis XIV, la procédure à suivre devient officielle après la publication d'un arrêt du Conseil royal le 16 décembre 1684. Désormais, c'est l'intendant de la province qui va jouer les intermédiaires. En se réjouissant que la généralité de Rouen dispose d'archives nombreuses sur ces affaires, Marc Venard explique le mécanisme de l'auto-imposition contenu dans cet arrêt et que l'on peut présenter en sept étapes successives :
 - Les paroissiens présentent une requête à l'intendant qui ordonne de réunir une assemblée générale (de la paroisse ou de la ville) ;
 - L'assemblée désigne un ou deux experts pour faire le devis ainsi que des commissaires pour suivre l'affaire ;
 - Le devis est établi en distinguant la part du décimateur (ceux qui lèvent la dîme pour l'Église) et celle des paroissiens ;
 - L'intendant examine le devis ; s'il l'approuve, il fait faire les adjudications (désignation des maîtres d'œuvre) ;
 - Après les adjudications, l'intendant s'adresse au Conseil du roi. Celui-ci délivre un arrêt autorisant l'imposition ;
 - Une nouvelle assemblée des paroissiens désigne les collecteurs de cette taxe ;
 - Les collecteurs précisent le rôle de la taxe en distinguant les propriétaires et les locataires.
Marc Venard précise que cette procédure a fonctionné sans heurt au XVIIIe siècle pour des villes comme Yvetot, Bolbec et d'autres plus petites de la Haute-Normandie. Pourtant le montant de cette auto-imposition pouvait être considérable. Ainsi, à Bolbec, en 1772, la taxe s'élevait à 60 000 livres tournois.
Les adjucations avaient parfois des conséquences désastreuses car le système était totalement vicié. Quand il fallait choisir parmi les maîtres d'œuvre qui répondaient à l'appel d'offres, les paroissiens optaient naturellement pour le moins-disant ! Ainsi, à Bolbec, le devis de construction de l'église s'éleva à 140 000 livres tournois. Le marché fut adjugé à l'entrepreneur qui, parmi ses pairs, n'en demandait que 80 000 ! Bien sûr, tout ce petit monde s'était engagé à bâtir l'édifice selon le cahier des charges... On en devine les conséquences : les malfaçons se multipliaient et les demandes de rallonges de la part de l'adjudicataire s'additionnaient ! Et Marc Venard de préciser : «Presque chaque chantier d'église devient une source de procès» (pour malfaçons et/ou dépassements). Les intendants mettaient parfois les paroissiens en garde : avec un devis élevé, comme l'on choisissait le moins-disant et qu'on se retrouvait vite avec des rallonges à payer, pourraient-ils vraiment assumer la pression fiscale ? On arrive en quelque sorte à un paradoxe : le représentant du Pouvoir royal devait freiner les paroissiens devant leur soif d'auto-imposition !
Qu'en était-il dans le passé? Au Moyen Âge, avant la pratique des adjudications, le système fonctionnait avec des maîtres-maçons (qui étaient en fait des spécialistes très qualifiés). Ils étaient payés au «tézage», c'est-à-dire au métrage d'ouvrage réalisé. Autrement dit, on n'anticipait pas sur le travail à faire, mais on jugeait sur le travail réalisé. Quand il y avait contestations sur la qualité ou la quantité, on désignait des experts pour inspecter le bâti et donner une évaluation financière du travail accompli.
Sources : 1) Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article sur l'église Saint-Maclou par M. le chanoine Jouen ; 2) La construction des églises paroissiales, du XVe au XVIIIe siècle par Marc Venard in Revue d'Histoire de l'Église de France, tome 73, n°190 - 1987.

LA NEF DE L'ÉGLISE SAINT-MACLOU
Vue d'ensemble de la nef avec son porte-croix
Vue d'ensemble de la nef avec son porte-croix (ou poutre de gloire).
Élévations du bas-côté sud dans la nef
Élévations du bas-côté sud dans la nef.
La voûte d'ogives de la nef
La voûte d'ogives de la nef.
La poutre de gloire : le Christ en croix
Poutre de gloire et Christ en croix.
La poutre de gloire a été installée en 1758 à l'entrée du chœur.

Architecture interne. Il arrive assez souvent dans les églises du gothique tardif que l'architecture interne paraisse simplifiée. C'est un peu le cas à Saint-Maclou.
Les grandes arcades de la nef (à trois travées) sont en arc brisé. Elles sont profilées de moulures prismatiques et concaves, séparées par de profonds cavets, ce qui est une disposition assez traditionnelle. Il n'y a aucun chapiteau. Ainsi les piles peuvent s'élever sans interruption jusqu'à la retombée des voûtes où la jonction se fait par simple pénétration. La sensation d'élancement en est accentuée, ce qui est primordial pour une nef étroite comme celle de Saint-Maclou (sept mètres de large et photo ci-dessus à gauche) : le fidèle n'a pas le sentiment d'être écrasé par la pierre.
Au deuxième niveau, le triforium a attiré à lui toute l'ornementation architecturale de l'église. Il est aveugle (barré par le mur gouttereau) et se compose de quatre remplages. Chacun d'entre eux peut être vu comme une baie géminée de style flamboyant. Dans sa partie basse, ce triforium possède une balustrade avec une riche végétation (photo ci-dessous).
Le remplage des fenêtres hautes de la nef (là encore des courbes et des contre-courbes très classiques en gothique flamboyant) a été refait après les destructions de 1944. Ce triple schéma grandes arcades-triforium-grandes fenêtres se poursuit quasiment à l'identique dans le transept et le chœur. Voir plus bas une photo de biais du transept. Le mur de fond des croisillons du transept rompt - comme à l'habitude - cette belle harmonie pour accueillir une grande fenêtre avec vitrail, elle-même surmontée d'une rose. Source : Haute-Normandie gothique d'Yves Bottineau-Fuchs, éditions Picard, 2001.

Plan de l'église
Plan de l'église Saint-Maclou.
Voûte du bas–côté nord et élévations sud près de l'orgue de tribune
Voûte du bas-côté nord et élévations sud près de l'orgue de tribune.
Fenêtres en verre blanc au troisième niveau
Triforium aveugle et fenêtres en verre blanc au troisième niveau de l'élévation.
LES CHAPELLES LATÉRALES ET LEURS VITRAUX
Bénitier en pierre
Bénitier en pierre.
Quatrième quart du XVIe siècle.
La cuve baptismale de la chapelle des Fonts
La cuve baptismale de la chapelle des Fonts
est du XVIIe siècle.
Le Baptême du Christ, tableau du retable de la chapelle des Fonts
«Le Baptême du Christ», tableau du retable
de la chapelle des Fonts.
La chapelle des Fonts
La chapelle des Fonts baptismaux et son vitrail de 1470 (baie 25) encadré de créations de 1980. ---»»»

Les vitraux de Saint-Maclou. Si l'église Saint-Patrice à Rouen est un véritable musée des vitraux du XVIe siècle, l'église Saint-Maclou présente, quant à elle, une très intéressante galerie de vitraux du XVe siècle. Le Corpus Vitrearum nous en apprend plus à ce sujet.
La mise en place des verrières, de 1440 à 1500, s'est faite en liaison avec les grandes étapes de la construction. Saint-Maclou est «le seul exemple rouennais d'une vitrerie intégralement conçue et réalisée au XVe siècle», écrit le Corpus. On commença, vers 1440-1450, par les verrières des chapelles du chœur. Suivirent, vers 1460, celles des baies hautes de l'abside ; puis, celles de la nef et des roses nord et sud vers 1470, et l'on termina par la vitrerie de la façade ouest, vers 1487. Notons que, au sud, les lancettes de la Passion, dans le transept, sont la seule exception au-delà du XVe : elles sont datées aux alentours de 1505.
Les deux pages de ce site consacrées à l'église Saint-Maclou font une très large place aux vitraux des XVe et XVIe siècles. Mises à part les grandes baies de la Passion et de l'Arbre de Jessé, mises à part aussi les trois roses, les vitraux de Saint-Maclou sont conformes à l'art du vitrail tel qu'on le pratiquait au XVe siècle : des grands personnages abrités dans des niches à l'architecture très travaillée et surmontées d'un tympan au remplage flamboyant, souvent peuplé d'angelots.
Le programme iconographique de Saint-Maclou, conçu entre 1440 et 1450, très limpide, a été respecté : l'église sera ornée de grands personnages composant un véritable cortège de prophètes, de saints et de saintes abrités dans des niches d'architecture. Parfois la verrière affiche deux niveaux : les grandes figures en haut et des scènes légendaires en bas. Malheureusement, la plupart de ces scènes ne sont plus qu'une juxtaposition illisible de fragments. La baie 20 est la seule à proposer des saynètes légendaires où l'on perçoit encore quelque chose - en déployant toutefois des trésors d'attention et d'imagination. On voit ainsi une conversion de saint Paul, une crucifixion de saint Pierre et une décollation de sainte Barbe. Quant à la quatrième saynète (donnée ci-contre), l'œil affuté de l'historien du vitrail Jean Lafond y a vu une Fuite en Égypte. On y repère en effet une Vierge à l'Enfant, des chevaux, dont l'un attelé, un personnage aux mains liés par une corde, une faucille tenue par un bras, bref tous les éléments du Miracle des blés, épisode habituellement associé à la Fuite en Égypte. On pourra s'en faire une idée plus nette en comparant cet amalgame avec la Fuite en Égypte de la baie 32 de la cathédrale Notre-Dame à Rouen (donnée ci-dessous). Le Corpus n'en souligne pas moins que cette association grande figure/saynète «constitue une innovation dans l'histoire formelle du vitrail français».
La grisaille est le procédé de peinture le plus utilisé. Cependant, le programme iconographique impose aussi l'usage de certaines couleurs. Le jaune d'argent, connu depuis le début du XIVe siècle, vient rehausser certains détails, mais on en voit peu. Les restaurations successives ont-elles contribué à l'atténuer au point de le faire disparaître? Comme le Corpus le souligne, il est difficile de se prononcer sur ce sujet en l'absence d'une étude sérieuse d'authenticité. La couleur (principalement le rouge et le bleu) est réservée aux fonds des niches d'architecture, évidemment pour assurer un effet de contraste. On voit ainsi de très beaux damas décorés de motifs floraux ou de griffons. (Voir celui en rouge derrière le magnifique visage en grisaille de sainte Geneviève dans la baie 11 ou celui en vert d'une sainte martyre dans la baie 7.) Quant aux dais des niches, ils étonnent par leur très haute complexité architecturale qui aboutit parfois à une juxtaposition de lignes verticales difficilement lisibles.
Deux verrières se distinguent : la Passion et l'Arbre de Jessé. Toutes les deux s'étalent sur cinq lancettes et ornent le transept au nord et au sud. Leur beauté ne manque d'attirer l'œil du visiteur, mais il faut une paire de jumelles pour vraiment les apprécier. De nombreux extraits en sont présentés ici. Suite ---»»

La Fuite en Égypte dans la baie 20
La Fuite en Égypte dans la baie 20.
La Fuite en Égypte, détail de la baie 32, Cathédrale Notre-Dame de Rouen
La Fuite en Égypte, détail de la baie 32 (vitrail des Saints Innocents).
CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE ROUEN.

Suite ---»» On possède beaucoup d'informations sur les maîtres chargés de l'entretien et de la restauration de ces vitraux depuis le XVIe siècle. Le Corpus signale ainsi que les verrières ont été endommagées par les guerres de Religion et, en 1764, par un ouragan. On arrive ensuite au XIXe siècle - après un XVIIIe qui n'avait porté aucun intérêt à l'art du vitrail. Le Corpus rapporte : «Au XIXe siècle, l'état de la vitrerie est si compromis, notamment par l'absence quasi totale d'entretien des verrières au XVIIIe siècle et par la transformation des autels, que l'on envisage son remplacement par des copies (...).» De fait, en 1882, l'atelier Boulanger réalise une copie de la baie n°1 selon la mode du XVe : de grands personnages dans des niches architecturales complétés par des petites figures au tympan. Cette verrière a été détruite en 1944. La restauration continue avec les verrières hautes du bras nord du transept, de la rose sud et de deux lancettes de la Passion. Il y a pis : entre 1913 et 1916, des pierres tombent de l'édifice sur la voie publique ! Il faut consolider dix-huit verrières hautes. En 1918, les armées allemandes attaquent et percent le front allié : vingt-trois verrières, menacées par les bombardements, sont déposées. Après la Grande Guerre, la restauration se poursuit. Les ateliers Gruber, Gaudin, Ray et Ruedolf sont mis à contribution entre 1941 et 1945.
Enfin, de 1975 à 1985, une vaste restauration de l'ensemble de la vitrerie est entreprise par l'atelier Le Chevallier. Mais il faut faire des choix et combler les manques. L'atelier va utiliser des bouche-trous, des remplois de morceaux épars (on en voit beaucoup dans les soubassements des vitraux à grands personnages) ; il va aussi créer, avec d'autres ateliers, des vitraux contemporains. Terminons en disant que certains vitraux de Saint-Maclou sont déposés à l'Archevêché de Rouen ou à l'atelier Le Chevallier et que d'autres ont disparu. Source : Corpus Vitrearum, Les vitraux de Haute-Normandie, éditions du Patrimoine, 2001.

BAIE 25 - COURONNEMENT DE LA VIERGE ET DORMITION, vers 1470
Le vitrail de la baie 25 dans la chapelle des fonts
Le vitrail de la baie 25 dans la chapelle des Fonts.

Baie 25, vers 1470. Ce vitrail ne contient plus que deux scènes partielles datées des années 1470.
En haut, un Couronnement de la Vierge surmonté de douze anges adorateurs et niché dans une architecture en accolade. L'ensemble est assez restauré. Le visage du Père céleste présente une très belle grisaille, le jaune d'argent étant réservé à son habit et à sa couronne. Il bénit de la main droite et tient le globe terrestre dans sa main gauche. Le visage de la Vierge laisse un peu perplexe : Marie arbore une expression triste, presque résignée. On sait que l'art chrétien, dès ses débuts, a tenu à s'opposer à l'art du paganisme en refusant toute expression de joie exaltée ou de gémissements larmoyants. Pas de pleureuses d'Adonis dans l'art chrétien ! Les artistes ont toujours représenté des visages sérieux dans la joie et stoïques dans la douleur. C'est peut-être ici le choix du peintre : loin d'exprimer le bonheur qu'elle ressent, la Vierge préfère se concentrer sur le devoir qui l'attend : prier pour les mortels afin d'essayer d'adoucir leur sort.
La scène du bas est la partie supérieure d'une Dormition de la Vierge, elle aussi nichée dans une architecture en accolade. La scène comprend de nombreux bouche-trous.
Aux alentours de l'année 1980, Anne Le Chevalier a incrusté ces deux scènes dans un habillage de panneaux abstraits à base de formes géométriques.
Source : Corpus Vitrearum.

Le Couronnement de la Vierge, détail : l'ange (baie 25)
Le Couronnement de la Vierge, détail (baie 25) :
L'ange qui tient la couronne.
Grisaille et jaune d'argent.
Le Couronnement de la Vierge, partie supérieure (baie 25)
Le Couronnement de la Vierge, partie supérieure (baie 25), vers 1470.
Le Couronnement de la Vierge, détail : la Vierge (baie 25)
Le Couronnement de la Vierge, détail : la Vierge (baie 25).
Le Couronnement de la Vierge, détail : le Père céleste  (baie 25)
Le Couronnement de la Vierge, détail : le Père céleste (baie 25).
Vers 1470.
La Dormition (baie 25)
La Dormition (baie 25), vers 1470.
BAIE 23 - DEUX SAINTS, vers 1440-1450
Vitrail de la baie 23
Vitrail de la baie 23.
Personnages du XVIe siècle dans la baie 23
Personnages du XVe siècle dans la baie 23.
Saint Clair porte sa tête après sa décollation (baie 23)
Saint Clair (?) porte sa tête après sa décollation (baie 23).
Chapelle latérale nord : le corps du Christ mort soutenu par les anges
Chapelle latérale nord : Le corps du Christ mort soutenu par les anges.
Une chapelle latérale nord
Une chapelle latérale nord.

Baie 23, vers 1440-1450. Cette verrière composite est formée de remplois. Les panneaux abstraits sont l'œuvre d'Anne Le Chevallier en 1985. Les parties à retenir sont évidemment les deux personnages au centre du registre supérieur. À gauche, un personnage ayant subi une décollation et au vêtement très restauré (est-ce saint Clair?) ; à droite un saint évêque dont la tête est un remploi (la tête a été restaurée à la fin du XVIe siècle). En dehors de cette tête, les deux figures sont datées des années 1440-1450, datation autorisée grâce au style de la tenture damassée ornée de griffons [Corpus].
Bien dans le style du XVe siècle, on remarque dans les piédroits du saint décollé la présence de statuettes de saints et de saintes peintes à la grisaille et au jaune d'argent. Deux exemples sont donnés juste ci-dessous. Source : Corpus Vitrearum.

Saint évêque (baie 23)
Saint évêque (baie 23, vers 1440-1450 et fin XVIe).

Statuette XVe siècle dans un piédroit.

Statuette XVe siècle dans un piédroit.
BAIE 20 - SAINTE BARBE, SAINT PAUL, SAINT PIERRE, VIERGE À L'ENFANT, vers 1470
Vitrail de la baie 20
Vitrail de la baie 20, vers 1470.

Baie 20, vers 1470. Cette verrière à grands personnages peints dans des niches d'architecture en grisaille et jaune d'argent est la seule de l'église qui possède, dans sa partie basse, des scènes légendaires à peu près reconnaissables.
Dans le registre supérieur, on peut voir sainte Barbe, saint Paul, saint Pierre (dont la tête est très bien conservée) et une Vierge à l'Enfant (la tête de la Vierge est incomplète). Quelques statuettes figurent dans les piédroits qui encadrent les personnages.
Le registre inférieur contient des fragments de scènes légendaires dont trois ne sont pas à la bonne place : la conversion de saint Paul, la crucifixion de saint Pierre (ci-contre) et, peut-être la plus lisible, la décollation de sainte Barbe (donnée partiellement ci-dessous).
Voir plus haut le commentaire sur la quatrième saynète, la Fuite en Égypte (qui, elle, est à la bonne place, c'est-à-dire au-dessous de la Vierge à l'Enfant), et le rapprochement que l'on peut faire avec une scène similaire du vitrail de la baie 32 à la cathédrale de Rouen. La verrière comprend de nombreux bouche-trous et le tympan est un assemblage de fragments peints à la grisaille et au jaune d'argent.
Source : Corpus Vitrearum.

Vierge à l'Enfant (baie 20)
Vierge à l'Enfant (baie 20), détail.
Partie centrale du vitrail de la baie 20
Partie centrale du vitrail de la baie 20 : sainte Barbe, saint Paul, saint Pierre, Vierge à l'Enfant (vers 1470).
Soubassement de la baie 20
Saynète de la baie 20 : la crucifixion de saint Pierre,
vers 1470.
Saint Pierre (baie 20)
Saint Pierre (baie 20), détail.
Saint Paul (baie 20)
Saint Paul (baie 20), détail.
Saynète de la baie 20 : décollation de sainte Barbe
Saynète de la baie 20 : décollation de sainte Barbe (détail).
BAIE 17 AU-DESSUS DE LA PORTE DE MARTAINVILLE
La baie 17 de la porte de Martainville
La baie 17 de la porte de Martainville.
Le soufflet le plus intéressant est indiqué par une flèche jaune.

Baie 17, XVe siècle. Cette baie abrite un remplage flamboyant au-dessus de la porte du bras nord du transept, c'est-à-dire la porte de Martainville. Il faut s'y arrêter pour regarder les saintes peintes à la grisaille et au jaune d'argent dans le registre inférieur, mais surtout pour admirer le magnifique travail à la grisaille dans l'avant-bras droit de l'ange souffleur situé dans le soufflet gauche de la baie (indiqué par une flèche dans l'image ci-contre). Le vêtement de l'ange est en jaune d'argent. Une reproduction en est donnée ci-dessous.
Une paire de jumelles ou un téléobjectif peuvent être utiles : même si la baie n'est pas bien haute, le soufflet est de taille réduite.
Le reste du vitrail (soufflets et mouchettes) est rempli avec des fragments épars, peints à la grisaille et au jaune d'argent - et qui ne ressemblent à rien.

Deux saintes dans la baie 17
Deux saintes dans le registre inférieur de la baie 17 (croisillon nord du transept).
LE TRANSEPT DE L'ÉGLISE SAINT-MACLOU

Le transept. Le triplet architectural grandes arcades-triforium-grandes fenêtres de la nef se poursuit sur les côtés est et ouest du transept. Il ne s'interrompt que sur les élévations nord et sud pour accueillir quatre grandes verrières qui attirent aussitôt l'attention du visiteur. C'est là que se trouvent les plus beaux vitraux de l'église. Par leur éloignement (car ils sont perchés haut), on se rend vraiment compte de la hauteur de l'édifice : la voûte de la nef et des croisillons culmine à vingt-trois mètres, celle de la tour-lanterne, à la croisée, à quarante mètres.
Les baies nord et sud ont le même profil : au niveau inférieur, cinq lancettes trilobées abritant une vaste scène (qu'une paire de jumelles permet de mieux observer) et surmontées d'une série de mouchettes ; au-dessus une grande rose dans un remplage flamboyant.
Au sud, la baie 114 accueille une magnifique scène de la Passion datée de 1505 par le Corpus Vitrearum. C'est la seule verrière à ne pas être du XVe siècle. La première lancette montre un Portement de croix devant une foule hostile. Les trois suivantes sont consacrées à la Crucifixion : Jésus entre les deux larrons. L'artiste s'est plu à dessiner un petit démon chassé par un angelot au-dessus de Dismas (le bon larron) et, à l'inverse, d'un angelot chassé par un petit démon au-dessus de Gesmas (le mauvais larron). Jérusalem est représentée par des bâtiments grandioses à l'arrière-plan (voir plus bas). La cinquième lancette est une descente de croix avec Joseph d'Arimathie, la Vierge et Nicodème. Au pied de la croix, Marie et Jean se lamentent tandis que Marie-Madeleine s'agrippe à la croix. Sans conteste, c'est Marie qui présente la plus belle expression de douleur contenue (gros plan donné plus bas).
Au-dessus, la baie 112, datée de 1470, offre un Jugement dernier «traditionnel», mais très restauré au XXe siècle : le Christ montrant ses plaies est entouré d'anges soufflant de la trompette (certains ont été refaits en 1977), de séraphins, de groupes d'apôtres et de ressuscités. Si les restaurations sont nombreuses dans cette verrière, on n'en trouve pas moins des morceaux d'origine comme ces deux femmes qui sortent nues de leurs tombeaux (données plus bas). Celle de droite possède une belle grisaille. Notons que, au niveau du graphisme, la figure du Christ montrant ses plaies n'est guère travaillée : un gros plan ne montre, à la manière d'une bande dessinée, que de simples traits marquant les yeux, le nez et la bouche. Le tout resplendit dans la lumière sans aucun contraste. Était-ce le but recherché par l'artiste?
Au nord, les deux baies 111 et 113, datées de 1470, sont qualifiées d'«assez restaurées» par le Corpus. La baie 112 propose un très bel Arbre de Jessé. Tellement beau qu'on se doute qu'il a été restauré. Jessé y est assis endormi entre deux prophètes, l'un en vêtement rouge, l'autre en vert, et chacun tient un phylactère. Parmi les rois, on ne reconnaît que David qui joue de la lyre. Les dix mouchettes au-dessus sont peuplées de séraphins dessinés selon le même carton.
La rose (baie 111) est une cour céleste d'anges adorateurs entourant un Couronnement de la Vierge, dans un hexalobe, en présence de la Trinité. Le Corpus indique que le médaillon central a été reconstitué en 1978.
Source : Corpus Vitrearum, Les vitraux de Haute-Normandie, éditions du Patrimoine 2001.

Élévations sud du chœur et du transept
Élévations sud du chœur et du transept
avec les vitraux de la Passion (1505) et du Jugement dernier (1470).
Partie d'un ange souffleur dans un soufflet de la baie 17
Partie d'un ange souffleur dans un soufflet de la baie 17.
La porte de Martainville et ses boiseries (croisillon nord du transept)
La porte de Martainville et ses boiseries (croisillon nord du transept)
BAIES 112 & 114 - LE JUGEMENT DERNIER ET LA PASSION
Baie 114 Rose
La rose du Jugement dernier dans la baie 112.
La Passion (baie 114)
La Passion (baie 114), 1505.
Le Jugement dernier : une femme sort de sa tombe (baie 114)
Le Jugement dernier : une femme sort de sa tombe (baie 112).
Les apôtres dans le Jugement dernier, vers 1470
Les apôtres dans le Jugement dernier (baie 112), vers 1470.
Le Jugement dernier : une femme sort de sa tombe (baie 114)
Le Jugement dernier : une femme sort de sa tombe (baie 112).
La Passion, détail (baie 114)
La Passion, détail (baie 114), 1505.
Le bon larron dans la Passion (baie 114)
Le bon larron dans la Passion (baie 114), 1505.
Le Christ et Joseph d'Arimathie dans la Passion (baie 114)
Le Christ et Joseph d'Arimathie dans la Passion (baie 114), 1550.
Un démon repousse l'ange au-dessus du mauvais larron (baie 114)
Un démon repousse l'angelot au-dessus
du mauvais larron (baie 114)
La Vierge dans la Passion (baie 114)
La Vierge dans la Passion (baie 114).
Marie–Madeleine dans la Passion (baie 114)
Marie-Madeleine dans la Passion (baie 114).
LE TRANSEPT NORD ET SES BAIES
Le croisillon nord du transept et le vitrail de l'Arbre de Jessé
Le croisillon nord du transept avec ses vitraux de l'Arbre de Jessé
(baie 113) et du Couronnement de la Vierge (baie 111).
La rose du Couronnement de la Vierge (baie 111)
La rose du Couronnement de la Vierge (baie 111), vers 1470.
Le Couronnement de la Vierge (baie 111)
Le Couronnement de la Vierge (baie 111).
Un prophète dans l'Arbre de Jessé (1470)
Un prophète dans l'Arbre de Jessé (1470).
La Passion : la Vierge, Marie-Madeleine et saint Jean (baie 114)
La Passion : la Vierge, Marie-Madeleine et saint Jean (baie 114).
LA TOUR-LANTERNE À LA CROISÉE
La clef annulaire de la tour-lanterne
La clef annulaire de la tour-lanterne laisse passer
les cordes attachées aux cloches.
Elle est décorée d'une magnifique couronne flamboyante.

La tour-lanterne se dresse à la croisée du transept. La photo ci-dessous montre qu'elle dégage beaucoup d'élégance. De plan carré, élevée à quarante mètres du sol, son réseau de nervures attire aussitôt le regard. Prenant en étau une magnifique clé annulaire de style flamboyant (ci-contre) permettant le passage des cordes liées aux cloches, il se compose de huit nervures principales associées à huit nervures secondaires.
Grâce à ses huit baies au tympan à remplage flamboyant, la tour-lanterne est un véritable puits de lumière au-dessus de la croisée. Les baies prennent appui sur une suite de huit arcades géminées très élégantes dont elles sont séparées par une corniche saillante. L'architecte a anticipé sur ce que les fidèles verraient ou pas : les nervures de la voûte, que l'on voit par en-dessous, ne sont que de simples filets sans hauteur, mais la corniche, sur sa face inférieure que l'on voit très bien depuis le sol, est ornée d'une majestueuse guirlande de feuilles donnée plus bas.

La tour-lanterne
La tour-lanterne.
Arcades flamboyantes et corniche feuillagée dans la tour-lanterne
Tour-lanterne : arcades flamboyantes et corniche ornée d'une majestueuse guirlande de feuilles.
BAIES 111 & 113 - COURONNEMENT DE LA VIERGE ET ARBRE DE JESSÉ
L'Arbre de Jessé (baie 113)
L'Arbre de Jessé (baie 113), vers 1470.
Des anges au-dessus de l'Arbre de Jessé (baie 113)
Des anges au-dessus de l'Arbre de Jessé (baie 113)
Deux mouchettes avec des anges blancs au–dessus de l'Arbre de Jessé (baie 113)
Deux mouchettes avec des anges blancs
au-dessus de l'Arbre de Jessé (baie 113).

Voir l'Arbre de Jessé de l'époque Renaissance
de l'église Sainte-Étienne à Beauvais.
David et sa lyre dans l'Arbre de Jessé (baie 113)
David et sa lyre dans l'Arbre de Jessé
(baie 113).

Voir l'Arbre de Jessé de l'époque
Renaissance de l'église Sainte-Madeleine
à Troyes.
Les Rois de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113)
Les Rois de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113).
Un prophète dans l'Arbre de Jessé (baie 113)
Un prophète dans l'Arbre de Jessé (baie 113).
Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113) Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113) Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113)
QUELQUES ROIS DE JUDA DANS L'ARBRE DE JESSÉ DE 1470
Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113) Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113) Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113) Un roi de Juda dans l'Arbre de Jessé (baie 113)
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Documentation : Congrès archéologique de France, 89e session tenue à Rouen en 1926, article sur l'église Saint-Maclou par M. le chanoine Jouen
+ Haute-Normandie gothique d'Yves Bottineau-Fuchs, éditions Picard, 2001
+ Églises de Rouen d'Edgard Naillon, éditions Henri Defontaine, Rouen, 1941
+ L'église et l'aître Saint-Maclou, Rouen, édité par la Région Haute-Normandie ©2012 Inventaire général du patrimoine culturel
+ Rouen aux 100 clochers de François Lemoine et Jacques Tanguy, éditions PTC, 2004
+ Corpus Vitrearum, Les vitraux de Haute-Normandie, éditions du Patrimoine 2001
+ La construction des églises paroissiales, du XVe au XVIIIe siècle par Marc Venard in Revue d'Histoire de l'Église de France, tome 73, n°190 - 1987.
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