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Page créée en janv. 2026
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La Transfiguration du Christ d'après Raphaël, vitrail de la baie axiale, détail

Les récits contant l'histoire de l'église Saint-Jacques sont rares. Et ils sont très courts. On y apprend que l'édifice, daté du XVe siècle - sans précision de décennie - remplaça une ancienne collégiale romane dédiée à saint Laurent.
En 1883, dans son ouvrage La Nièvre à travers le passé, Amédée Jullien, entre autres membre de la Société nivernaise des sciences, lettres et arts, donne quelques faits historiques. On sait ainsi que cette collégiale a été fondée en 1020 par Hugues de Châlons († 1039). 48e évêque d'Auxerre, puis, selon différents auteurs, érigée en paroisse par Guillaume de Seignelay († 1223), 58e évêque d'Auxerre. En 1212, ce dernier créa le chapitre de Saint-Laurent, composé de douze chanoines. Ce chiffre fut rabaissé à dix par l'évêque Bernard de Sully en 1240. Des statuts ne seront donnés à la collégiale qu'en 1263 par l'évêque Guy de Mello. Ils intègrent la jouissance d'une prébende à l'archidiacre d'Auxerre.
La collégiale Saint-Laurent a-t-elle été mutilée, voire détruite lors des incessants brigandages de la guerre de Cent Ans ? Dans les années 1430, la Bourgogne n'a pas été épargnée par les hordes mercenaires qui se multiplièrent après le traité d'Arras. Pendant cette sombre période du règne de Charles VII, bien des églises ont été ruinées par les Écorcheurs, puis - phénomène bourguignon - par les Retondeurs. Il est très vraisemblable que Cosne et la collégiale Saint-Laurent aient été la proie de ces bandes incontrôlées. Une fois la paix revenue, une nouvelle église aurait été construite, peut-être à la faveur de la reprise économique de la seconde moitié du XVe siècle.
«En 1486, on créa un titre paroissial sous le vocable de Saint-Jacques le Majeur et on réunit alors la paroisse au chapitre de Saint-Laurent», écrit Amédée Jullien. L'année 1486 marque peut-être la fin de la construction de ce nouveau lieu de culte. Quoi qu'il en soit, celui-ci dut voir son importance se réduire au cours des trois siècles suivants car, «à la Révolution, la collégiale ne comptait plus que le chantre-curé, le trésorier et un chanoine», précise Amédée Jullien.
Lors des guerres de Religion, selon le même auteur, les protestants essayèrent de s'emparer de la ville en 1562, mais échouèrent. Ces guerres n'ont donc pas eu d'impact destructeur sur Cosne. Le panneau à l'entrée de l'église indique que, depuis son érection, l'édifice «n'a pas subi d'altération majeure».
Le visiteur curieux remarquera que la clé de voûte du chœur de Saint-Jacques arbore fleurs de lys et couronne royale. Cette clé remonte-t-elle à l'origine de la construction ? Si c'est le cas, faut-il en déduire que la Révolution n'a pas fait bûcher les insignes royaux ? Ou bien ceux-ci, situés trop haut, étaient-ils hors d'atteinte ? On ne sait pas. Aucune histoire de l'église, écrite éventuellement par un chanoine du chapitre (fort réduit, il est vrai), ne nous est pas parvenue.
Au sein du mobilier actuel, le maître-autel du chœur et son baldaquin, qui viennent tous deux de la Chartreuse de Bellary, sont du XVIIIe siècle. Une partie du mobilier de l'église a vraisemblablement été mis en place au XIXe, qu'il ait été créé à cette époque ou qu'il soit plus ancien.
Saint-Jacques est bâtie en style gothique finissant, un style économe de l'ornementation architecturale. Sans reprise ni altération, l'édifice présente une structure très homogène.
Hormis les éléments architecturaux, l'intérêt de l'église réside dans ses nombreux vitraux, tous de la seconde moitié du XIXe siècle, et tous réalisés par l'atelier tourangeau Lobin. Le vitrail ex voto de saint Nicolas évoque la crue de la Loire en 1846 à Cosne.
L'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1930. Malheureusement pour le visiteur, nef et bas-côtés sont rendus inaccessibles par la présence de grilles qui ferment la première travée.

Vitrail de saint Nicolas, détail

La nef et le chœur de l'église Saint-Jacques vus depuis l'entrée.
ARCHITECTURE EXTÉRIEURE DE L'ÉGLISE SAINT-JACQUES

La façade ouest donne sur la rue principale de Cosne (rue Saint-Jacques).
La façade est surmontée d'une guette de veilleur.

La tour-clocher s'élève au-dessus de la première travée
du bas-côté sud et donne sur la rue Saint-Jacques.

Portail du XVe siècle.
Son archivolte aux mutiples moulures creuses
ne possède aucune ornementation.

Fenêtres du deuxième étage du clocher. ---»»»
Premier tiers du XVIe siècle (?)

Architecture extérieure (1/2).
La façade occidentale, très sobre, illustre les règles du gothique flamboyant tardif qui admet de moins en moins d'ornementation. Fidèle à ce principe, l'archivolte du portail ne possède que des moulures creuses.
Deux cordons en saillie partagent les trois niveaux de l'élévation. Avec le remplage flamboyant de la grande fenêtre, ce sont les seuls éléments qui donnent un peu de vie à cette austère façade du XVe siècle. Au sommet, donnant sur la rue, on observe une plate-forme en encorbellement, certainement une guette de veilleur.
Le chevet et les côtés nord et sud sont soutenus par de puissants contreforts en saillie. Il faut croire que l'architecte avait vu juste : rien ne s'est jamais écroulé.
Le clocher-porche, qui domine tout le centre-ville, s'élève au-dessus de la première travée (ou avant-nef) du bas-côté sud. On voit nettement sur le plan l'épaisseur des élévations pour soutenir sa masse.
Sur la courte présentation affichée dans l'église, il est indiqué que les baies des 2e et 3e étages du clocher peuvent dater du XVIe siècle. C'est fort probable. Non seulement les baies, mais les deux étages entiers. L'appareillage entre la partie centrale du clocher et son deuxième étage marque en effet une nette rupture.
---»» Suite 2/2 à droite.


Le chevet du XVe siècle et ses puissants contreforts.

Côté sud avec la chapelle Saint-Joseph en saillie.
On notera le puissant contrefort et son larmier médian.

Rupture d'appareillage entre le milieu du clocher et le 2e étage.

Architecture extérieure (2/2).
---»» Aux 2e et 3e étages, les fines colonnettes des baies en plein cintre sont surmontées d'un maigre chapiteau avec cordon inférieur et deux cordons supérieurs. Cette sobriété marque le gothique tardif déjà versé dans le premier tiers du XVIe siècle.

ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-JACQUES

Dans la première travée de l'église (avant-nef), trois grilles du XVIIIe siècle ferment l'accès à la nef et aux deux bas-côtés.
Culs-de-lampe de la fin du XVe siècle
dans l'avant-nef,
près de l'autel de la Vierge.

Plan de l'église Saint-Jacques.
XVe siècle.

Avec l'accès à la nef interdit, un autel dédié à la Vierge (à droite)
est ouvert à la dévotion des fidèles dans l'avant-nef.

L'autel de la Vierge dans l'avant-nef.

Comme la nef de l'église est toujours fermée, c'est devant cet autel
que les fidèles peuvent venir prier dans la journée.


Voûte du vaisseau central.

Architecture intérieure (2/2).
---»» La voûte s'inscrit, elle aussi, dans le gothique tardif de la fin du XVe siècle. De forme ogivale quadripartite, elle est remarquable car «double». Compte tenu de la largeur des arcades, l'architecte a partagé la voûte de chaque travée en deux moitiés quadripartites barlongues, la retombée centrale venant buter sur une console haute.
De la sorte, cette voûte se caractérise par un grand nombre de liernes et de tiercerons, aux nervures toujours sobres, qui s'opposent au nu des élévations et le complète en même temps, renforçant la structure et assurant un bel équilibre visuel.
Fait marquant : la lierne longitudinale qui relie toutes les clés de voûte n'est pas rectiligne (voir photo à droite).
Le chœur est à cinq pans. Il possède quatre grandes verrières de l'atelier tourangeau Lobin. La clé de la voûte ogivale du chœur présente les armes de France. Elle ne semble pas avoir été bûchée à la Révolution, puis restaurée.
Les bas-côtés sont voûtés d'ogives et aboutissent à deux chapelles dont les autels sont sans doute du XIXe siècle : l'autel du Sacré-Cœur au sud, l'autel de la Vierge au nord.
En observant à l'extérieur la robustesse des contreforts en forte saillie ; en remarquant sur le plan l'épaisseur des murs de la tour-clocher ; en constatant l'étroitesse des fenêtres hautes et la voûte centrale maintenue par de multiples nervures, on a vraiment l'impression que l'architecte voulait avant tout construire un édifice extrêmement solide. Est-ce pour cette raison qu'il n'y a jamais eu la moindre altération, la moindre reprise qui fasse suite à un affaissement, voire à un écroulement partiel ?

Baie 11 : saint Pierre et sainte Hélène. ---»»»
Signature : «J-P Florence successeur de L. Lobin 1893»

Élévation sud de la nef.
Le crucifix sur le dosseret nu porte à croire que l'emplacement a été prévu dès la construction.

Architecture intérieure (1/2).
Conformément à l'affiche à l'entrée de l'église, on ne voit aucune trace d'altération dans les élévations, la voûte et les bas-côtés.
L'architecture très homogène de Saint-Jacques relève du gothique tardif de la seconde moitié du XVe siècle, un style marqué par la sobriété de son ornementation.
La nef possède quatre travées auxquelles on peut ajouter celle de l'avant-nef, toujours séparée des autres par des grilles du XVIIIe siècle fermées en permanence. À la dévotion des fidèles, l'église n'offre que le modeste autel de la Vierge situé dans cette avant-nef.
Les arcades en léger tiers-point du vaisseau central se signalent par une architecture très simple : une suite de moulures creuses qui descendent en pénétration jusqu'au socle. On ne voit ni tailloir ni chapiteau.
Sur chaque pile, un faisceau de trois colonnettes s'élève en meublant le nu du mur. La jonction avec les retombées des voûtes se fait au niveau des fenêtres hautes trilobées. L'ornementation est minimale : deux bagues inégales signale la jonction sur chaque colonnette (image ci-contre).
Rien ne s'oppose à l'effet d'élancement, pas même un cordon horizontal en saillie que certains architectes se plaisent parfois à inclure dans l'élévation pour en marquer les différents étages. À Saint-Jacques, la structure est parfaitement unifiée.
La présence du Christ en croix sur le dosseret nu de la deuxième pile sud conduit à penser que l'architecte a aménagé cet emplacement dès le début de la construction. On ne voit en effet nulle trace de cassure dans l'interruption des colonnettes (photo ci-contre).
L'ornementation gothique de l'église se cache surtout dans quelques consoles sculptées à la retombée des voûtes. On les voit dans la nef et dans les bas-côtés. Ce sont des consoles à structure conique ou - plus intéressant - des têtes humaines simples ou multiples.
---»» Suite 2/2 ci-dessous.


Colonnettes montantes
au-dessus du Christ en croix.

La lierne longitudinale qui relie
les clés de la voûte suit un
étonnant parcours sinueux.

Ce vitrail de saint Nicolas est un ex voto.
Signature «L. LOBIN Tours 1859»
Soubassement : la crue de la Loire du 19 octobre 1846.

Bénitier
XVe siècle (?)

«««--- Christ en croix
dans la nef.
Bois peint
XVIIIe siècle.

Clés de voûte présentant
les insturments de la Passion.

Clé de voûte avec lys de France.

Clé de voûte

«««--- Clé de voûte.
Que signifie le sigle SS F-E dans la clé de voûte ci-contre ?

Cette clé très austère, typique de la fin du gothique flamboyant, peut signifier :

S S : Sanctus Sanctus (= Sancti)
E–F : Ecclesia ?

Est-ce simplement la désignation de l'église ? Est-ce la marque d'une confrérie ? d'un donateur ? d'un commanditaire ?
En l'absence de couleur et de dessin, la signification de cette clé n'a rien d'évident.

LA CRUE DU 19 OCTOBRE 1846 À COSNE-COURS-SUR-LOIRE

La crue de la Loire des 19 et 20 octobre 1846 à Cosne-Cours-sur-Loire.
Signature «L. LOBIN Tours 1859»
Soubassement du vitrail de saint Nicolas.

Les crues de la Loire.
Elles sont classées en trois catégories : océanique, cévenole et mixte.
Dans le premier cas, ce sont les eaux des pluies venues de l'Atlantique qui sont cause. Ces eaux abondantes se déversent sur les affluents de la Loire (ceux de la rive gauche) et viennent grossir le fleuve. Ce phénomène se produit au printemps, à l'automne et au début de l'hiver.
La crue cévenole intervient à la fin de l'été et en automne. Cette fois, ce sont les perturbations des hauts bassins de l'Allier qui en sont la cause. En quelques jours, les pluies peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres. «La dernière crue cévenole date de septembre 1980 et a fait 8 morts», rappelle Éric Alary dans son ouvrage didactique Histoire de la Loire (La Geste éditions, 2017).
Enfin, les crues mixtes sont plus redoutables encore car elles sont l'addition des deux phénomènes météorologiques. La grande crue de 1846 était une crue mixte. Elle sera suivie de deux crues de même catégorie en 1856 et 1866. Source : Histoire de la Loire d'Éric Alary.


Élévation nord de la nef vue du chœur
et bas-côté nord.
La voûte quadripartite peut être qualifiée de «double» :
les retombées d'ogives ne parviennent qu'une fois sur deux au niveau du sol.

Le Baptême du Christ
Peintre anonyme, XIXe siècle.

Le pape Pie VII à Cosne-Cours-sur-Loire.
En novembre 1804, le pape Pie VII vient à Paris pour sacrer Napoléon Bonaparte Empereur des Français.
Remontant la Loire, il s'arrête le 23 novembre à Cosne où il aurait passé la nuit.
Il semble avoir prié dans l'église Saint-Jacques. La plaque ci-contre à droite porte témoignage de cet événement. Deux ou trois mots ont malheureusement été saccagés et sont devenus illisibles.


Fenêtres hautes trilobées de la nef.
XVe siècle.

Plaque de commémoration du passage
du pape Pie VII à l'église Saint-Jacques,
le 23 novembre 1804.

La crue de la Loire des 19 et 20 octobre 1846 à Cosne-Cours-sur-Loire fut une crue mixte.
Vitrail de saint Nicolas, détail du soubassement.
Atelier Léopold Lobin, Manufacture de Tours, 1859.

La crue de la Loire des 19 et 20 octobre 1846 à Cosne-Cours-sur-Loire.
Vitrail de saint Nicolas, détail du soubassement.
Les marins font des signes et appellent. Est-ce pour venir en aide aux sinistrés
ou est-ce parce que leur bateau coule ?

Les vitraux (1/2).
On ne sait rien des premiers vitraux de l'église. Y avait-il au XVe siècle à Cosne des familles assez riches pour offrir des verrières historiées à leur église paroissiale ? Et sur quels thèmes ? On l'ignore.
Les vitraux actuels de Saint-Jacques viennent en totalité de la seconde moitié du XIXe siècle et s'inscrivent dans le style très classique de cette époque. La similarité des dessins et des visages les fait attribuer sans difficulté à l'atelier dont beaucoup portent la signature : Léopold Lobin à Tours.
Nommé à la tête d'une société de vitraux peints créée en 1847, Julien-Léopold Lobin (1814-1864) va faire prospérer la manufacture jusqu'à sa mort, aussi bien dans la création que dans la restauration des vitraux anciens.
Sa carrière est bien ordonnée. «En 1841 il va compléter sa formation en Italie, écrit Catherine Doré dans L'atelier Lobin (éditions CLD, 1994), à Rome d'abord où il peint le premier de ses tableaux qui sera exposé au salon en 1842. Puis il travaille à Florence, Pise et Sienne où il étudie la peinture et les procédés de la peinture à fresque.»
Si le père s'est révélé être un bon gestionnaire et un bon cartonnier, son fils Lucien-Léopold, qui reprend le flambeau en 1864, va se montrer plus intéressé par l'art du dessin que par l'équilibre des comptes. «Peintre et cartonnier avant tout, écrit Catherine Doré, il consacre son temps à des recherches artistiques, archéologiques et iconographiques et compose une œuvre importante, personnelle rigoureuse (...).» L'aspect industriel ne l'attire pas, mais la très grande qualité de sa peinture religieuse lui vaudra de recevoir la croix de Sa Sainteté Léon XIII, Pro Ecclesia e Pontifice, en 1888.
---»» Suite 2/2 à droite.


Baie 9 : saint Jules et sainte Jeanne de Chantal.
Signature «L. LOBIN Tours 1880»

Présentation de Jésus au temple.
Syméon tient l'Enfant-Jésus dans ses bras.
Signature «Manufacture de Tours L. Lobin».

Baie 13 : sainte Marie-Madeline et saint Vérain
(Vitrail du baptistère)

Les vitraux (2/2).
---»» Après avoir gagné de nouveaux marchés en régions parisienne et lyonnaise, l'atelier Lobin subit, à partir de 1873, la forte concurrence d'un nouvel atelier tourangeau tout proche, créé par deux transfuges : l'atelier de peinture sur verre Fournier & Associés.
En 1892, à la mort de Lucien-Léopold, c'est son beau-frère Joseph-Prosper Florence qui lui succède. Avec ses deux neveux (et fils de Lucien-Léopold), il crée la société Lobin et Florence. Le désaccord surgit rapidement. Les deux neveux s'en vont et J.-P. FLorence se retrouve seul à la tête d'une entreprise qui va bientôt péricliter. En octobre 1904, Florence, ni bon gestionnaire ni bon peintre, met fin à son activité.
La plupart des vitraux de Saint-Jacques sont donnés dans cette page. On remarque des signatures différentes. D'abord celle de la première époque de la société : L. LOBIN Tours 1859 pour la verrière de saint Nicolas, puis : L. LOBIN Tours 1880 à la baie n°9 quand le fils gère l'entreprise (on note que père et fils ne mentionnent pas leur premier prénom), et enfin J-P Florence successeur de L. Lobin 1893 pour la baie n°11 (ci-contre) après 1892, une fois que Joseph-Prosper Florence est à la tête de l'atelier.
Ces créations sont essentiellement des lancettes à un seul personnage consacrées à des saints. Dans le chœur, dans les trois baies axiales, le Christ transfiguré est entouré des douze apôtres.
Signalons quelques scènes historiées intéressantes :
La baie 0 est une copie partielle de la Transfiguration peinte par Raphaël, un tableau qui se trouve au musée du Vatican. Le cartonnier a repris l'image du Christ transfiguré entre Élie et Moïse. Au-dessous de cette scène se tiennent saint Eugène et saint Laurent, ce second saint faisant peut-être référence à la collégiale Saint-Laurent qui a précédé l'église Saint-Jacques.
La baie 4 illustre saint Paul prêchant à Athènes (avec d'ailleurs, selon les Actes des Apôtres, un échec total). Voir à ce titre la statue de saint Paul et son commentaire à la basilique Saint-Sauveur à Rennes.
Un vitrail à deux lancettes montre une Présentation de l'Enfant-Jésus au temple (voir ci-dessus). Selon Luc (2,25), l'homme qui tient l'Enfant dans ses bras est Syméon, un vieil homme sage qui attend d''avoir vu le Messie pour mourir et qui porte toujours une auréole de sainteté.
Dans la lancette voisine, Marie et Joseph sont représentés avec les deux pigeons qu'Anne et Joachim, parents de Marie, voulaient offrir au Temple. On sait que l'offrande a été repoussée par le grand-prêtre parce qu'ils n'avaient pas d'enfant. La jeune femme, de dos en tenue bleue, est peut-être Élisabeth. L'atelier Lobin a associé différentes périodes et événements.
En ce qui concerne la ville de Cosne et de ses malheurs, le soubassement de l'ex-voto qu'est le vitrail de saint Nicolas est des plus intéressants. L'atelier Lobin a illustré la crue de la Loire des 19 et 20 octobre 1846. On ne sait pas si le cartonnier a utilisé les témoignages des sinistrés de cette crue impressionnante qui semble avoir noyé toutes les maisons, comme le montrent les gros plans donnés plus haut. Saint Nicolas était souvent invoqué contre les méfaits des fleuves et des tempêtes.
Le site Internet de la préfecture de Saône-et-Loire donne cette précision : «Après un été très sec, l’automne très pluvieux provoquait les 19 et 20 octobre une crue subite de la Loire considérée comme la plus importante depuis un siècle. En trois heures, la Loire montait de plus de 4 mètres. Cette crue résultait d’une succession d’orages de type "cévenoles", à Digoin le débit de la Loire atteignait 8000m3/seconde. Cette crue a concerné la totalité de la vallée de la Loire mais aussi celle de l’Allier.»

LES BAS-CÔTÉS NORD ET SUD ET LES CHAPELLES ABSIDIALES

Le bas-côté nord aboutit à la chapelle de la Vierge.
Architecture du XVe siècle.

Retable de la chapelle de la Vierge.
Un ange présente sa couronne
à la Reine du Ciel.

La chapelle de la Vierge dans l'absidiole nord.
Retable du XIXe siècle.

Baie 11, détail : sainte Hélène tenant la croix du Christ.
Signature : «J-P Florence successeur de L. Lobin 1893»

Le bas-côté sud aboutit à la chapelle du Sacré-Cœur.
Architecture du XVe siècle.

Baie 14 : sainte Aurélie et sainte Camille.
Signature : «J-P Florence successeur de L. Lobin à Tours 1895»
Dans le soufflet supérieur : entrée de Marie au Temple.

La chapelle du Sacré-Cœur dans l'absidiole sud.

Baie 7, détail : le cartonnier a représenté
en arrière-plan les murailles de Jérusalem.
L'atelier Lobin n'a jamais été intéressé par la peinture
de grands paysages d'arrière-plan.
Consoles du XVe siècle dans les bas-côtés.

Baie 12 : saint François d'Assise et sainte Thérèse.

Baie 12, tympan : la Sainte Famille.

Saint Nicolas
Statue moderne.
Consoles du XVe siècle. Celle de gauche est dans un bas-côté ; celle de droite, dans le vaisseau central.

Chapelle absidiale du Sacré-Cœur et chapelle latérale sud Saint-Joseph.

Jean-Gabriel Perboyre, mort martyr en Chine en 1840.

Saint Jean-Gabriel Perboyre.
Le statue de ce missionnaire, martyrisé en Chine en 1840, n'est pas fréquente dans les églises.
La sculpture est un tirage de série d'après la statue du peintre et sculpteur français Henri Allouard (1844-1929).
L'église Sainte-Anne à Amiens possède la même statue, avec une robe rouge, dans une chapelle rayonnante dédiée à ce martyr. On peut la voir aussi avec une robe bleu foncé à l'église Saint-Pierre à Montdidier.

Né en 1802 dans une famille de fermiers, Jean-Gabriel Perboyre sent monter en lui la vocation de missionnaire dès 1816.
Prêtre en 1826, il est envoyé comme enseignant au séminaire de Saint-Flour, puis à celui de Paris.
Sa santé précaire s'oppose à son envoi en mission. Néanmoins, il a l'autorisation de partir en Chine en 1835. L'année suivante, il est dans la région du Honan où il évangélise durant trois ans.
Dénoncé, arrêté, jugé, il est condamné à la strangulation. Il est martyrisé le 11 septembre 1840.
Jean-Gabriel Perboyre a été béatifié en 1889, puis canonisé par le pape Jean-Paul II en 1996.
Source : panneau dans la chapelle du bienheureux Jean-Gabriel Perboyre, église Sainte-Anne à Amiens.


Baie 7 : la Nativité.

Baie 6 : le Sacré-Cœur.

La chapelle latérale sud Saint-Joseph est éclairée
par un grand vitrail à trois lancettes (baie 10 donnée ci-contre).

Au-dessus de l'autel, la statue de saint Joseph et
de l'Enfant-Jésus monté sur un globe est un ex voto.

Au-dessous, la plaque mémorielle est consacrée
au souvenir des morts de la guerre 1939-1945.

Baie 10 : Rencontre à la Porte Dorée d'Anne et de Joachim.
Le couple est entouré de saint Claude et de saint Edmond.
Signature : «Lobin Tours 1860»
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-JACQUES

Le sanctuaire et ses deux autels.
Depuis Vatican II, un autel de messe a été installé devant la tablle de communion.
On remarquera la belle ferronnerie de la table de communion (XVIIIe siècle ?)

Le chœur est éclairé par quatre hautes baies.
(La quatrième est cachée sur la droite).
Baie centrale : la Transfiguration (d'après Raphaël)
avec en soubassement : saint Eusèbe et saint Laurent.
Baies latérales : les douze apôtres.
Voir la baie 0 ci-dessous.

Baie 0, détail : la Transfiguration ---»»»
Le Christ est transfiguré entre Élie et Moïse
(c'est-à-dire qu'il apparaît sous son aspect divin),
sous les yeux des apôtres Pierre, Jacques et Jean.

Pour représenter Jésus et les prophètes, le cartonnier s'est
inspiré du tableau de Raphaël au musée du Vatican.



Clé de voûte de l'abside.
Elle est aux armes de la Royauté.

Aucune information n'indique que
cette clé a été bûchée à la Révolution,
puis restaurée.

Saint Michel terrassant le dragon.
Statue moderne à l'entrée du chœur.
BAIE 1
BAIE 0
BAIE 2
BAIE 4

Baie 1
Saint André et saint Pierre
Saint Jacques et saint Jean
Saint Jude et saint Barthélemy.

Baie 0
Transfiguration (d'après Raphaël)
Registre du bas : saint Eugène et saint Laurent.

Baie 2
Saint Paul et saint Jacques
Saint Thomas et saint Philippe
Saint Matthieu et saint Thaddée.

Baie 4
Saint Paul prêchant à Athènes.
Saint Louis et saint Henri.

Le maître-autel et le baldaquin sont du XVIIIe siècle.
Ils proviennent de la Chartreuse de Bellary.

Baie 4, détail : saint Paul prêchant à Athènes.
Selon les Actes des apôtres, il n'obtint aucun succès.

Orgue de tribune.
Orgue créé par les frères Stoltz en 1898.

La nef et l'élévation nord vues depuis le chœur.

Documentation : panneau affiché à l'entrée de l'église
+ «La Nièvre à travers le passé» d'Amédée Jullien, Les Éditions du Bastion, 1883
+ «L'atelier Lobin, l'art du vitrail en Touraine», éditions C.L.D., 1994
+ Base Mérimée et base Palissy
+ site Internet de l'Inventaire national des orgues (www.inventaire-des-orgues.fr)
+ site Internet de la Préfecture de Saône-et-Loire (www.saone-et-loire.gouv.fr).
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