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Page créée en juillet 2019
Plat décoratif «La Bataille de Constantin» d'après Giulio Romano, XVIe siècle, détail

Le premier musée de Nevers naît en 1844 sous l'impulsion d'un maire artiste et humaniste, Jean Desveaux. Il comprend quatre collections assez humbles, rassemblant tableaux, faïences, médailles et objets lapidaires. En 1847 s'y ajoute la collection Jacques Gallois avec quelques pièces remarquables comme la Vierge à la Pomme datée de 1636. Le fonds archéologique de la collection Gallois est bientôt entreposé dans les salles de la Porte du Croux, propriété de la Ville depuis cette même année 1847. Le reste des collections ne fait pas l'objet de la même attention et se dégrade.
Dans l'Entre-deux-guerres, les choses s'améliorent : Frédéric Blandin, banquier et ancien manufacturier de faïence, fait un important don à la Ville. Elle peut ainsi acheter le bâtiment de l'Évêché et y installer ses collections. Sous cette impulsion, le musée reçoit d'autres dons : les collections s'étoffent. Au début de la guerre de 40, les œuvres sont dispersées et mises à l'abri. À la Libération, le lycée, dont le bâtiment est détruit, s'installe à la place du musée qui ne conserve plus que trois salles. La plupart des œuvres restent en caisse. Il faut trouver un nouveau site. En 1975, le choix se porte sur l'ancienne abbaye Notre-Dame fondée en 624. À la Révolution, cette abbaye de moniales fut vendue, puis transformée, pour partie, en carrière de pierres, pour une autre partie, en logements. Aujourd'hui, Il reste l'église abbatiale (de la fin du XIIe siècle), la chapelle Saint-Michel, le chauffoir et la salle capitulaire. Point positif de ce choix : l'abbaye se trouve au cœur du quartier des faïenciers ; elle est proche de la porte du Croux, de l'ancienne église Saint-Genest (paroisse des faïenciers) et du four de l'Autruche, dernier four à étages encore debout. Ce quartier possède donc une haute valeur archéologique et historique.
Les années passent, le site vieillit tandis qu'un vrai besoin scientifique et culturel se fait jour. En 1995, la municipalité de Nevers décide de recréer entièrement le musée de la faïence de la ville. En 2000, la conception du nouveau musée est confiée à l'architecte Benoît Crépet, lauréat du concours. L'ancien musée ferme en 2003 et ne rouvre que dix ans plus tard. Les importants travaux d'aménagement seront d'ailleurs couplés à des fouilles archéologiques.
Le nouveau musée de Nevers, ouvert en 2013, est remarquable. L'aménagement intérieur, axé sur la faïence et les Beaux Arts, met en valeur les restes gothiques de l'abbaye. D'autres musées sont installés dans d'anciens couvents de moniales. Par exemple à Saint-Denis et à Vesoul. Certes, contrairement au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, on ne distingue plus, à Nevers, l'emplacement des anciennes cellules des nonnes (peut-être y en avait-il dans la grande salle des faïences de la photo ci-dessous). Le choix retenu par l'architecte et la conservation est le même que pour le musée Georges Garret de Vesoul : aménager l'intérieur pour l'agrément et la culture du visiteur.
Cette page ne propose pas un historique en images de la faïence de Nevers, pas plus qu'elle n'est une présentation exhaustive du musée. Elle offre quelques vues de la salle des faïences avec des photos des pièces jugées les plus belles, sans aucun souci d'importance historique. (Tous les objets en faïence du musée sont présentés sous verrière, il y a donc souvent des reflets dans les photos). De cette large collection, il faut mettre en exergue les verres émaillés (la ville de Nevers en possède une collection unique). La même démarche a été suivie pour les collections des Beaux Arts. Vous trouverez ici une présentation de la salle des sculptures, de la galerie des peintures du XIXe siècle, des salons aménagés des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi qu'une présentation rapide de la donation Bossuat.
L'excellent travail réalisé par les concepteurs de ce musée mérite assurément la visite de tous ceux qui aiment l'art et qui sont de passage à Nevers.

Plat décoratif «Persée délivrant Andromède» d'après François Chauveau, XVIIe siècle, détail
La grande salle des faïences occupe 200 mètres carrés
La grande salle des faïences occupe 220 mètres carrés et accueille environ 350 pièces.
La collection totale du musée comprend 1950 pièces en faïence de grand feu, du XVIe au XXe siècle.
Le jardin sud et le musée
Le jardin sud et le musée.
Le jardin sud et les bâtiments de l'ancienne abbaye Notre-Dame
Le jardin sud et les bâtiments de l'ancienne abbaye Notre-Dame.
Vestiges de l'ancienne abbaye Notre-Dame
Vestiges de l'ancienne abbaye Notre-Dame.
La Porte du Croux
La Porte du Croux.
Vestiges de l'abbaye
Vestiges de l'abbaye.

Le musée est installé dans l'ancienne abbaye Notre-Dame. L'aménagement, réalisé entre 2003 et 2013, laisse apparaître quelques endroits avec voûtes d'ogives, piliers et chapiteaux. Les combles, qui abritaient des cellules pour les moniales, sont à présent occupés par les collections du XIXe siècle et la galerie de la donation Bossuat.
En 1847, la Porte du Croux abrita la collection archéologique Jacques Gallois. Aujourd'hui, elle abrite un musée rassemblant les trouvailles archéologiques, notamment des statues grecques et romaines du IIe siècle.

LA SALLE DES SCULPTURES (ANCIENNE SALLE DU CHAPITRE DE L'ABBAYE)
La salle des sculptures (Ancienne salle du chapitre)
La SALLE DES SCULPTURES est installée dans l'ancienne salle capitulaire du monastère.
Elle mesure 14,5 mètres de long sur 8 mètres de large. Deux colonnes à chapiteaux coupent l'espace en deux.
Les six croisées d'ogives sont datées des XIIIe et XIVe siècles.
«Clotilde de Surville», poétesse mythique du XIVe siècle
«Clotilde de Surville», poétesse mythique du XIVe siècle
par Jean Gautherin (1840-1890), plâtre 1877.
«Clotilde de Surville» Poétesse mythique du XIVe siècle
«Clotilde de Surville, poétesse mythique du XIVe siècle
Détail.

LES ŒUVRES DE LA SALLE CAPITULAIRE SONT D'ÉCOLE RÉGIONALISTE.
«David lançant sa fronde»
«David lançant sa fronde»
par Ernest Tixier, marbre blanc, XIXe siècle.
«Mademoiselle Lili ou l'enfant au chat»
«Mademoiselle Lili ou l'enfant au chat»
par André Allar (1845-1926), marbre blanc, 1878.
La salle des sculptures (ancienne salle du chapitre)
La salle des sculptures (ancienne salle du chapitre).
«Mme Marquet mère», Alix Marquet (1875-1939)
«Mme Marquet mère», Alix Marquet (1875-1939)
Plâtre patiné terre cuite, 1894.
«Louis Bouvault», Alix Marquet (1875-1939)
«Louis Bouvault», Alix Marquet (1875-1939)
Bronze 1910, Hohwiller Fondeur Paris.
Louis Bouvault était chimiste organicien.
Victoire du Monument du Centenaire de la Réunion
«Victoire du Monument du Centenaire de la Réunion
de Nice à la France», André Allar (1845-1926).
Bronze 1893.
«David lançant sa fronde»
«David lançant sa fronde»
par Ernest Tixier, marbre blanc, XIXe siècle.
Détail.
LA GRANDE SALLE DES FAÏENCES
Statue de sainte Madeleine, 1637
Statue de sainte Madeleine, 1637.
La gande salle des faïences
La gande salle des faïences.

La faïence de Nevers. Son histoire commence à la fin du XVIe siècle par la passage à Nevers de trois faïenciers italiens : Conrade, Perthuis et Gambin (leurs noms ont à l'époque été francisés). Ils s'y installent et créent leur atelier de poterie blanche, s'inspirant évidemment des modèle italiens. Des Français les imitent. En 1624, il existe six ateliers à Nevers, qui comptent deux atouts : le bois des forêts de la région et, dès les années 1610, le canal de Briare qui permet de transporter la production vers la clientèle intéressée. Ce canal ne sera achevé et mis en service dans sa totalité qu'en 1642, mais il sert d'aiguillon aux artisans en leur faisant espérer un avenir radieux. Car la région de Nevers n'est pas friande de faïence : c'est un produit de luxe destiné à la noblesse et aux riches bourgeois.
La faïence nivernaise connaît son apogée entre 1643 et 1700. Nevers domine le marché français et la manufacture de l'Autruche devient le modèle de l'époque avec une dimension pré-industrielle. Grâce au réseau fluvial, la production gagne le bassin de la Seine, dont Paris et Rouen. À Rouen, Nevers va contribuer à la création de sa propre concurrence : un premier atelier y est ouvert en 1644 avec l'aide de dix-neuf ouvriers nivervais.
En 1648 est fondée la manufacture Saint-Georges, la dixième en activité, ancêtre de la manufacture actuelle du Bout du Monde, dirigée par la famille Montagnon. Le décor en vogue est alors le camaïeu bleu, style originaire de Ligurie et qui se répand dans toute l'Europe. Antoine Conrade, petit-neveu du faïencier italien, s'en fait une spécialité et obtient même, en 1644, le brevet de fayencier de la maison du Roi.
Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, les camaïeux de bleu, parfaitement maîtrisés, voient s'épanouir le style dit franco-nivernais. Des thèmes pastoraux, religieux, des thèmes populaires tirés de la mythologie ou encore des scènes de chasse se répandent dans les assiettes, les plats, les aiguières, les vasques, etc. Car, avec sa multiplication, la faïence de Nevers a créé un modèle accessible aux petites gens : soit elle reste blanche ou est peinte a compendiario (des petites touches bleues ou jaunes mettent en évidence la blancheur de l'émail), soit elle est couverte d'un motif sommaire en camaïeu bleu.
Au XVIIe siècle, la concurrence de Rouen n'est pas une menace : la reine Anne d'Autriche l'a en effet bridée en accordant le monopole de la fabrication à l'atelier de Nicolas Poirel, un privilège racheté par Edme Poterat en 1674. Mais, en 1698, ce privilège s'éteint et les ateliers rouennais se multiplient. Cette concurrence avec son style propre (la broderie en camaïeu bleu reproduite sur faïence) va toucher de plein fouet la production nivernaise, choc encore aggravé par les nouvelles manufactures provençales de Moustiers et de Saint-Jean-du-Désert.
Le XVIIIe est le siècle des bouleversements. Derrière le manque de combustible et les incessants rachats d'ateliers se cache la recherche de la rentabilité dans un contexte économique difficile. Néanmoins, la production populaire subsiste ; les thèmes se renouvellent avec l'apogée de la polychromie (1763-1785).
En 1786, le traité de libre-échange avec l'Angleterre frappe toute la production de faïence française : la faïence anglaise, d'aussi bonne qualité, est meilleur marché. En 1818, les faïenciers nivernais s'associent pour créer un comptoir en commun. Le décor se simplifie : il faut gagner en productivité en embauchant des ouvriers sans qualification. En 1843, il reste six fabriques à Nevers et cent cinquante ouvriers. Entre-temps, la production de faïence fine et de porcelaine s'est industrialisée. Ses décors répondent au goût de la clientèle et le coût a diminué : c'est un nouveau coup dur pour la faïence. Après un court renouveau de 1863 à 1900 grâce à un retour vers l'artistique, la situation se stabilise au point que l'on connaît aujourd'hui : il reste trois ateliers en activité à Nevers. Montagnon a fermé en 2015.
Source : Musée de la Faïence de Nevers, L'Objet d'Art, hors série n°70, article de Jean Rosen.

Plat décoratif «La Bataille de Constantin» ---»»»
d'après Giulio Romano, XVIe siècle.
Manufacture Trousseau et Cie, XIXe. siècle, Nevers, détail.
Voir la pièce entière ci-dessous
.
Plat octogonal à décor de paysage et d'architecture
Plat octogonal à décor de paysage et d'architecture
Armand Hiver, entre 1894 et 1917, Manufacture Armand Hiver.
Vasque à décor mythologique
Vasque à décor mythologique
Eugène Huillier, Manufacture du Bout du Monde, 1864.
Plat décoratif «La Bataille de Constantin», détail
Faïences de Nevers : pichets et pots
Faïences de Nevers : pichets et pots.
Au centre : aiguière avec décor de scène champêtre, vers 1670-1680.
Carreaux de pavement à décor de personnages
Carreaux de pavement à décor de personnages.
Vers 1630-1640.
Plat rond «Jésus et la Samaritaine»
Plat rond «Jésus et la Samaritaine» (diamètre 50 cm).
Manufacture du Bout du Monde. Signature : «Alice Trotet Nevers, décembre 1881».
Plat décoratif «Persée délivrant Andromède» d'après François Chauveau
Plat décoratif «Persée délivrant Andromède» d'après François Chauveau,
XVIIe siècle.
Les armoiries des seigneurs de Charry (?), vers 1680.
Vitrine d'assiettes en faïence de Nevers
Vitrine d'assiettes en faïence de Nevers.
La salle des faïences
La salle des faïences.

Plat décoratif «La Bataille de Constantin» d'après Giulio Romano, XVIe siècle ---»»»
Manufacture Trousseau et Cie, XIXe. siècle, Nevers.
Plat décoratif «La Bataille de Constantin» d'après Giulio  Romano, 16e siècle, Manufacture Trousseau et Cie, XIXe
«La Vierge à la Pomme»
«La Vierge à la Pomme»
Décor «a compendiario»
Peinte par Denis Lefèvre
Manufacture de l'Autruche, 1636.
Gourde à décor mythologique, détail
Gourde à décor mythologique, détail.
Pigeons de faîtage, XVIIIe et XIXe siècles
Pigeons de faîtage
XVIIIe et XIXe siècles.
Plat ovale à décor floral, XVIIIe siècle
Plat ovale à décor floral, XVIIIe siècle.
Manufacture La Royale.
Plat décoratif avec paysage et ruines, vers 1680-1685
Plat décoratif avec paysage et ruines (d'après Pérelle), vers 1680-1685, faïence de Nevers.
À gauche, vase rouleau en faïence de Nevers avec un décor mythologique d'après Tempesta (vers 1680-1690).
Vitrine d'assiettes d'époque Révolution et Empire
Vitrine d'assiettes de Nevers d'époque Révolution et Empire.
«La Vierge à la Pomme», détail.
«La Vierge à la Pomme», détail.
Gourde à décor mythologique
Gourde à décor mythologique
«Méléagre et Atalante» et «L'immortalisation de Romulus»
d'après Antonio Tempesta, Italie, vers 1620-1640.
Plat rond «Glaucos et Scylla»
Assiette «Glaucus et Scylla», faïence de Nevers.
Inscription au revers «Gallatea Con. gliamore»
Vers 1641.
Plat commémoratif aux Sources de Veninges et Jeunot
Plat commémoratif aux Sources de Veninges et Jeunot
d'après François de Troy, 1878.
Faïence de grand feu de Nevers.

Les faïences révolutionnaires. Nevers a produit plus des trois quarts des décors en faïence relatifs à la Révolution. Ces décors évoquent surtout les idées d'égalité, de justice et de liberté et ne sont pas un historique de la Révolution. Le graphisme de cette époque est assez connu et ne brille pas par sa splendeur. Longtemps regardées comme décadentes, ces faïences révolutionnaires sont aujourd'hui très recherchées. Source : Musée de la Faïence de Nevers, L'Objet d'Art, hors série n°70.

Plat avec décor mythologique «Le Jugement de Pâris»
Plat avec décor mythologique «Le Jugement de Pâris»
d'après une gravure de Raimondi du XVIe siècle,
attribué à Urbino, vers 1620-1640.

Le Chemin de croix d'après Joseph von Fuhrich (1800-1876) ---»»»

Le chemin de croix en faïence. Exposée derrière une vitre qui multiplie les reflets, cette œuvre originale et fort belle réunit douze grandes pièces de faïence illustrant la Passion du Christ. Elle a été réalisée en 1895 pour la cathédrale de Nevers par la Manufacture du Bout du Monde dirigée par Antoine Montagnon. Mais, à l'époque, le préfet l'a refusée.
Les scènes sont inspirées de dessins de l'Autrichien Joseph von Fuhrich (1800-1876). On en donne trois en gros plan ci-dessous.

Le Chemin de croix d'après Joseph von Fuhrich (1800-1876), Autriche
Véronique essuie le visage de Jésus
Véronique essuie le visage de Jésus
Chemin de croix, station VI.
Jésus tombe pour la deuxième fois
Jésus tombe pour la deuxième fois
Chemin de croix, station VII.
Jésus console les filles de Jérusalem
Jésus console les filles de Jérusalem
Chemin de croix, station VIII.
LES VERRES ÉMAILLÊS
Un personnage en verre émaillé
Un personnage en verre émaillé.

Les verres émaillés. La ville de Nevers possède l'une des plus importantes collections de verres émaillés en Europe : près de 300 pièces sous forme de figurines ou boîtes ornées. C'est là le résultat de l'importante donation Jean Lyonel d'Estrie, un érudit passionné qui, dès l'Entre-deux-guerres, se jeta dans l'achat de ces pièces et en inonda son appartement. Un panneau du musée indique que la collection Jan Lyonel d'Estrie a été reçue par le musée du Louvre par dation en paiement de droits de succession. La quasi-totalité fut déposée au musée de Nevers en 1998, soit environ 200 pièces.
Le verre émaillé apparaît à Nevers à la fin du XVIe siècle. L'émailleur ne travaille pas au four, mais à la lampe alimentée à l'huile animale ou végétale. Des pinces permettent de mouler le verre - coloré ou pas - selon des formes plus ou moins complexes. Il faut voir là un travail plus compliqué que l'utilisation des émaux dans les vitraux. La formation d'un émailleur sur verre est l'une des plus longues parmi les métiers de l'artisanat de l'époque : six à sept ans, conclus par un chef-d'œuvre, ou dix ans d'apprentissage.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les aristocraties européennes s'entichèrent des personnages et des animaux en verre émaillé. En 1753, Nevers comptait vingt maîtres émailleurs.
Les émailleurs imaginèrent bientôt des «boîtes ornées» rassemblant figurines et animaux dans un décor de coquillages, de verre pilé, de végétaux séchés ou autre matériau «durable». Les boîtes représentaient des scènes profanes ou religieuses. Mais des conditions de travail difficiles et la transmission orale du savoir-faire eurent raison de cet art qui disparut au XIXe siècle. Source : Musée de la Faïence de Nevers, L'Objet d'Art, hors série n°70.

La salle des verres émaillés
La salle des verres émaillés.
«Paradis terrestre», XVIIIe siècle
«Paradis terrestre», boîte ornée du XVIIIe siècle.
Allégorie du théâtre, XVIIIe siècle
Allégorie du théâtre, boîte ornée du XVIIIe siècle.
Allégorie du théâtre, XVIIIe siècle, gros  plan sur la scène centrale
Allégorie du théâtre, XVIIIe siècle, gros plan sur la scène centrale.
Don Juan de Mozart, XVIIIe siècle
Don Juan de Mozart, boîte ornée du XVIIIe siècle.
Personnages en verre émaillé
Personnages en verre émaillé.
LE SALON DU XVIIe SIÈCLE
Le salon du XVIIe siècle
Le salon du XVIIe siècle.
Médaillons aux empereurs romains. Émaux peints de Limoges
Médaillons aux empereurs romains. Émaux peints de Limoges.
«Sainte Agathe guérie par saint Pierre», huile sur toile
«Sainte Agathe guérie par saint Pierre»
attribué à Bernardo Cavallino (1616-1656). Huile sur toile.

Les salons. En réalisant les deux petits salons (XVIIe et XVIIIe siècles), l'objectif du musée a été de recréer l'atmosphère du siècle concerné. Ces deux pièces, situées dans l'ancien hôtel Roussignhol, comprennent du mobilier, des tableaux, des faïences (souvent de Limoges) et, dans des vitrines, des objets décoratifs. Les tableaux sont de petite taille : comme ceux que l'on trouvait dans les demeures de la bourgeoisie de province à l'époque.

Plaque décorative «Saint Pierre» attribuée  à Jacques Laudin, 1er quart du XVIIe siècle.
Plaque décorative «Saint Pierre» attribuée à Jacques Laudin, 1er quart du XVIIe siècle.
Émail peint en grisaille de Limoges.
L'empereur DOMITIEN
L'empereur DOMITIEN
Émail peint de Limoges.
Plaque décorative à la Descente de croix
Plaque décorative à la Descente de croix
Émaux peints de Limoges, vers 1560-1570.
«Le Repos de la Sainte Famille»
«Le Repos de la Sainte Famille»
Huile sur bois attribuée à Pier Francesco Mola (1612-1666).
«Nature morte aux fruits et fleurs»
«Nature morte aux fruits et fleurs»
Huile sur toile de Guiseppe Ruoppoli (1639-1710).
Plaque de bénitier «Saint Jean-Baptiste»
Plaque de bénitier «Saint Jean-Baptiste»
Émaux peints de Limoges, Nicolas Laudin II (1629-1695)
«Le Jugement de Salomon»
«Le Jugement de Salomon»
Atelier de Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
Huile sur toile.
«Portrait de femme à collerette»
«Portrait de femme à collerette»
Huile sur toile attribuée à Roger de Piles (1636-1709).
LE SALON DU XVIIIe SIÈCLE
Le salon du XVIIIe siècle
Le salon du XVIIIe siècle.
«La Toilette de Vénus» de Pierre–Jacques Cažes (1676–1754). Huile sur toile.
«La Toilette de Vénus» de Pierre-Jacques Cazes (1676-1754). Huile sur toile.

La Toilette de Vénus de Pierre-Jacques Cazes. On remarque dans la toile donnée ci-dessus un détail pittoresque : un angelot noue un cordon autour de la cheville droite de la déesse. Il est intéressant de rapprocher cette toile d'une œuvre bien connue du sculpteur Louis-Simon Boizot (1743-1809) : la toilette de Vénus. Cette céramique (donnée ci-dessous) figure aujourd'hui dans le catalogue de la Cité de la Céramique à Sèvres, anciennement Manufacture de Sèvres, dont Boizot fut un temps directeur de l'atelier de sculpture. La question est simple : Boizot (né en 1743) s'est-il inspiré du tableau de Cazes (mort en 1754) ? Cela est probable, d'autant plus que l'attitude générale de Vénus est la même dans les deux œuvres (tête tournée vers la gauche et quasi-identité dans le relâché du bras droit).

«Le Jugement de Pâris»
«Le Jugement de Pâris»
Pierre-Jacques Cazes (1676-1754), huile sur toile.
«Saint Joseph et l'Enfant»
«Saint Joseph et l'Enfant»
d'après Tiepolo Giovanni-Battista (1696-1770)
Huile sur bois.
Buste «L'Inconnue de Nevers»
Buste «L'Inconnue de Nevers»
Portrait présumé de Madame Roland.

Attribué à Marie-Anne Collot (1748-1821),
élève de Falconnet.
Terre cuite de Nevers.
La Toilette de Vénus par Boizot
La Toilette de Vénus
par Louis-Simon Boizot
Biscuit de porcelaine de Sèvres.
Au premier plan, un angelot noue un cordon
autour de la cheville droite de la déesse.
«Alceste rendue à son époux par Hercule», détail
«Alceste rendue à son époux par Hercule», détail.
«Alceste rendue à son époux par Hercule», huile sur toile
«Alceste rendue à son époux par Hercule», huile sur toile
Charles-Antoine Coypel (1694-1752) .
«Hercule et Omphale»
«Hercule et Omphale»
Pierre Jouffroy (1743-1796).
«Vénus et Anchise»
«Vénus et Anchise»
Pierre Jouffroy (1743-1796)
«L'Enlèvement de Perséphone»
«L'Enlèvement de Perséphone»
Pierre Jouffroy (1743-1796).
LA GALERIE DES PEINTURES DU XIXe SIÈCLE
La galerie des collections du XIXe siècle
La galerie des collections du XIXe siècle.
«Crépuscule» d'Hector Hanoteau (1823-1890)
«Crépuscule» d'Hector Hanoteau (1823-1890)
Huile sur toile.
«La Revenderie» de Paul–Louis Martin dit des Amoignes (1850–1925). Huile sur toile, 1898.
«La Revenderie» de Paul-Louis Martin dit des Amoignes (1850-1925). Huile sur toile, 1898.
«Monsieur Hector Hanoteau»
«Monsieur Hector Hanoteau»
Terre Cuite
de Philippe Louis Edmond Cougny (1831-1900),
1873.
«Paul-Louis Martin des Amoignes (dit)»
«Paul-Louis Martin des Amoignes (dit)»
Plâtre patiné bronze
d'Alix Marquet (1875-1939).
«La Croisade des enfants» d'Eugène Jandelle (1816-1885).
«La Croisade des enfants» d'Eugène Jandelle (1816-1885)
Huile sur toile.
«Le Repos du modèle»
«Le Repos du modèle»
Adrien Tannoux (1865-1923)
Huile sur toile 1923.
«Fleurs»
«Fleurs»
Dominique Rozier (1840-1901)
Huile sur toile.
«Femme au turban»
«Femme au turban»
attribué à Antoine-Jean Gros (1771-1835)
Huile sur toile.
«Rue Saint-Genest à Nevers»
«Rue Saint-Genest à Nevers»
Johann Barthold Jongkind (1819-1891)
Huile sur toile, 1875.
«Les Femmes franques» d'Amédée Bar (1799-1857) ---»»»
D'après Eugène Lepoittevin. Huile sur toile 1845.
Gros plan sur la scène centrale.
«Les Nénuphars» d'Hector Hanoteau (1823-1890)
«Les Nénuphars» d'Hector Hanoteau (1823-1890)
Huile sur toile, 1885.
«Forêt de Fontainebleau» d'Eugène Ciceri (1813–1890)
«Forêt de Fontainebleau» d'Eugène Ciceri (1813-1890)
Huile sur toile.
«Les Bœufs» de Paul–Louis Martin dit «des Amoignes» (1850–1925)
«Les Bœufs» de Paul-Louis Martin dit «des Amoignes» (1850-1925)
Huile sur toile.
«Les Femmes franques» d'Amédée Bar (1799-1857)
«Les Femmes franques» d'Amédée Bar (1799-1857)
D'après Eugène Lepoittevin. Huile sur toile, 1845.

«Les femmes franques». Cet intéressant tableau d'Amédée Bar (1799-1857) appelle un éclaircissement. Intitulé sobrement Les Femmes franques, il illustre en fait les supplices auxquels furent soumises certaines reines franques sous la dynastie des Mérovingiens. Rappelons que les Francs Saliens, tribu germanique originaire du nord de l'Allemagne actuelle, comptent parmi les plus féroces et les plus cruels des envahisseurs de la Gaule au Ve siècle. On estime que, vers l'an 490, il y avait en Gaule 425 000 Barbares immigrés contre 4 600 000 Gaulois. Assimilables à des occupants, les Barbares Francs tenaient l'appareil d'État. Après s'être imposés par la force brutale, ils ont continué à coups de guerres, de complots, d'assassinats et de supplices, leurs luttes intestines pour le Pouvoir et la mainmise sur l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne, les trois territoires-clé du royaume franc.
La plus célèbre des «femmes franques» est sans doute la reine Brunehaut (543-613), suppliciée dans sa quatre-vingtième année. Accusée d'avoir fait tuer dix rois et de nombreux princes, on la chargea aussi des crimes de la reine Frédégonde, morte en 597. Dans son livre Dagobert, roi des Francs, l'historien Maurice Bouvier-Ajam décrit le supplice de la reine Brunehaut : «Elle fut torturée pendant trois jours, puis hissée nue sur un chameau et livrée aux injures et aux jets de pierres et de boue des soldats rassemblés à cette fin, enfin, attachée par la chevelure, un bras et un pied à la queue d'un cheval fougueux qu'on lança à la course et qui dispersa ses restes.»

«Les Femmes franques» d'Amédée Bar (1799–1857), détail
«Les Glaneuses des Amognes»
«Les Glaneuses des Amognes»
Charles Le Blanc Bellevaux (1852-1898)
Huile sur toile, vers 1896.
«Le Port de Fécamp»
«Le Port de Fécamp»
Jules Noël (1810-1881). Huile sur toile, 1877.
«Le Père Jean Gelé»
«Le Père Jean Gelé»
Gustave Molher (1836-1920)
Huile sur toile, 1886.
«La Mort de Rachel»
«La Mort de Rachel»
Auguste Sutat (1814-1842)
Huile sur toile, vers 1840.
«Rue du singe à Nevers»
«Rue du singe à Nevers»
Charles Schmit (1873-?)
Aquarelle 1915.
Salle des aquarelles.
LA COLLECTION BOSSUAT
«Le Lapin agile»
«Le Lapin agile»
Maurice Utrillo (1883-1955)
Huile sur toile, 1934.

La Collection Bossuat. Victor Bossuat (1873-1948), natif de la Nièvre, exerce la pharmacie à Paris. Lui et son épouse Marguerite ont enrichi le musée de Nevers en peintures de la première moitié du XXe siècle et en céramique Art Nouveau. Victor Bossuat fréquente les milieux artistiques et littéraires parisiens. Jouissant d'une certaine fortune, souvent conseillé par son épouse, il va acquérir des peintures qui formeront un tout cohérent, à l'écart du cubisme et de l'abstraction. On note ainsi des œuvres de Vlaminck, Seurat, Derain, Modigliani, Kiesling, Utrillo, Valadon, Goerg, etc.
Les achats de céramique vont du japonisme à l'Art nouveau de l'École de Nancy. L'entrée de sa collection au musée s'est faite en deux temps. En 1935, la municipalité de Nevers accepte la quasi-totalité du fonds actuel. Puis, en 1948, elle accepte les termes du testament concernant un double portrait de Félix Fénéon et de son épouse par Maximilien Luce.

«Le Moulin hollandais»
«Le Moulin hollandais»
Émile Boyer (1877-1948). Huile sur toile.
«Le Grand Arbre ou le Châtaignier à Ségalas»
«Le Grand Arbre ou le Châtaignier à Ségalas»
Suzanne Valadon (1865-1938). Huile sur toile.
«Le Port d'Honfleur»
«Le Port d'Honfleur»
Pierre Hodé (1889-1942).
Huile sur toile.
«La Table de l'artiste»
«La Table de l'artiste»
Maurice Vlaminck (1876-1958)
Huile sur toile.
La collection Bossuat est exposée sous les combles
La collection Bossuat est exposée sous les combles
du bâtiment conventuel.
«La Rivière, bord de la doucine»
«La Rivière, bord de la doucine»
Francis Picabia (1878-1953). Huile sur toile.
Sans titre
Sans titre
Moïse Kisling (1891-1953)
Huile sur toile.

Documentation : «Musée de la Faïence de Nevers», L'Objet d'Art, hors série n°70, éditions Faton
+ Panneaux d'information affichés dans le musée.
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