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Page créée en juin 2016
Cliquez pour afficher la page 2 et les grandes verrières
La Vierge dans le vitrail Renaissance de la baie 28

L'église Saint-Gervais-Saint-Protais, située en face de l'Hôtel de ville de Paris, gagnerait à être davantage connue. C'est en effet l'une des plus belles de Paris, avec des vitraux Renaissance remarquables. Conçue par les marguilliers de la paroisse comme une refonte et un agrandissement d'une précédente église consacrée en 1420, il fallut près de cent cinquante ans pour la bâtir. On éleva d'abord les chapelles du chœur au nord, celle de l'axe, puis celles au sud. On refit ensuite le vaisseau central du chœur. La façade occidentale, où s'imposent les trois ordres classiques, n'est achevée qu'en 1621. Cette façade va servir de modèle à d'autres églises parisiennes. À la Révolution, Saint-Gervais restera fermée pendant quelques années. Elle est rouverte sous le Directoire et souffrira peu de la tourmente. En 1802, elle retrouve son statut de paroisse catholique. En 1918, un obus allemand tombe sur le transept, pendant l'office du Vendredi Saint, tuant près d'une centaine de personnes. Ajoutons que l'église a fait l'objet d'une restauration approfondie au début du XXIe siècle.
L'architecte de Saint-Gervais-Saint-Protais reste inconnu. Cependant les historiens ont de bonnes raisons d'attribuer les plans de l'édifice à Martin Chambiges. Quoi qu'il en soit, l'église possède une nef étroite, marquée par un effet d'élancement très étudié. Saint-Gervais s'inscrit dans l'histoire des églises Renaissance de Paris, au style gothique flamboyant, avec Saint-Étienne-du-Mont, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Séverin et Saint-Merry. Le XIXe siècle a paré ses nombreuses chapelles de peintures murales que l'exiguïté de l'architecture ou les reflets de la lumière ne permettent pas toujours d'apprécier dans de bonnes conditions. Dans le chœur (librement accessible), des stalles du XVIe siècle enchanteront le visiteur avec leur variété de scènes de la vie courante et de petits métiers sur les miséricordes.
Au second niveau de la nef et du chœur, de magnifiques et grandes verrières du XVIe siècle illuminent l'église. Jean Cousin serait l'auteur des dessins de trois d'entre elles. Les vitraux de la chapelle de la Vierge et le célèbre vitrail de la Sagesse de Salomon dans une chapelle sud du déambulatoire sont dus au formidable talent de Jean Chastellain. La deuxième page consacrée à cette église vous propose l'intégralité des grandes verrières Renaissance de la nef et du chœur. À noter que les anciens verres blancs des verrières disparues ont été remplacés par des créations d'artistes modernes (Le Chevallier, Claude Courageux et Sylvie Gaudin). Quelques-unes de ces créations abstraites sont données ici. Pour ce qui est du culte, depuis 1975, l'église Saint-Gervais n'est plus paroissiale, mais affectée aux liturgies monastiques des Fraternités de Jérusalem.

Condamnation des saints Gervais et Protais, Vitrail époque Renaissance, détail
Vue d'ensemble de la nef et du chœur
Vue d'ensemble de la nef et du chœur
pendant un office des moines des Fraternités monastiques de Jérusalem.
La façade de l'église Saint–Gervais–Saint–Protais est orientée vers l'ouest.
La façade de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais est orientée vers l'ouest.
En été, le feuillage d'un orme vient cacher la vue. Au Moyen Âge, on avait l'habitude
de planter un orme devant les églises dédiées aux saints martyrs.
Le chevet de l'église abrite la chapelle axiale dite «de la Vierge».
Le chevet de l'église abrite la chapelle axiale dite «de la Vierge».
À DROITE ---»»»
«Paris, église Saint-Gervais» de Maximilien Luce (1858-1941)
Huile sur toile, 1897
VERDAILLES, MUSÉE LAMBINET

La chapelle des Fonts baptismaux date du début du XVIIe siècle. Son existence est due à la création de la façade ouest, construite de 1616 à 1621 en avant de l'église. Il fallut à l'architecte insérer une travée supplémentaire pour relier la nouvelle façade à la nef. Au nord et au sud, il créa donc deux chapelles à pans octogonaux pour fermer l'édifice.
Avec cette petite chapelle au nord, le visiteur est tout de suite plongé dans la richesse principale de l'église : ses vitraux Renaissance. Le baptistère abrite deux grandes verrières (baies 29 et 31) enrichies de scènes historiées dans leur partie centrale. La plus belle est sans conteste, bien que restaurée, le Baptême du Christ, peinte à l'émail, et datée de 1625 (baie 29). Les visages du Christ et de Jean-Baptiste sont donnés en gros plan ci-dessous. Le vitrail est entouré d'une bordure à palmettes.
La deuxième scène a l'air nettement plus ancienne ; elle date pourtant de 1620. On y voit à nouveau saint Jean baptisant. Il est accompagné dans la lancette de droite de saint Nicolas bénissant les trois enfants qu'il vient de ressusciter. Le Corpus Vitrearum indique que cette baie a été offerte par le marguillier Jehan Nicolas.

Avec saint Jean, saint Matthieu couronne l'ordre ionique de l'église
Avec saint Jean, saint Matthieu couronne
l'ordre ionique de la façade.
La porte centrale de la façade.
La porte centrale de la façade.
Époque non précisée (XVIIIe siècle?)

L'extérieur de Saint-Gervais. Saint-Gervais n'est pas Saint-Eustache. Il n'est guère possible d'admirer ses côtés de loin. Au nord, l'église est cachée en presque totalité par des bâtiments dits du «pourtour-Saint-Gervais». Ils ont été construits par l'architecte Legrand en 1733 pour la fabrique de la paroisse. Au sud, un étroit passage longe le mur sans possibilité de recul. Il reste le chevet et la façade.
Heureusement la façade de Clément II Métezau, élève de Salomon de Brosse (vers 1571-1626), est digne d'éloges. C'est la première érigée en style classique à Paris. On est en 1616 et cette façade est un ajout à l'église déjà construite. L'architecte rattache donc sa façade à la nef gothique en créant une travée supplémentaire. Les deux extrémités sont fermées par une chapelle en quart de cercle ogival (ce qui est le cas de la chapelle des Fonts baptismaux).
L'œil averti y voit immédiatement les trois ordres classiques : dorique, ionique et corinthien.
Le premier niveau accueille quatre paires de colonnes. Ces paires se répètent au deuxième niveau, seulement enrichies de deux niches abritant les statues des deux saints légendaires Gervais et Protais. Gervais, donné ci-contre, est sculpté par Antoine-Auguste Préault (1809-1879), Protais par Antonin Moine (1796-1849). L'ordre ionique du deuxième niveau est couronné par saint Matthieu et saint Jean. L'élégance de la façade ne serait qu'un mot sans le bel élancement du troisième niveau. L'ordre corinthien n'occupe que la partie centrale. Deux paires de colonnes entourent une grande verrière, le tout est surmonté d'un fronton curviligne, évidé en son centre. Salomon de Brosse a inauguré un style. La façade de Saint-Gervais, qui va servir de modèle en France et en Europe, annonce l'arrivée du baroque.

Saint Gervais et saint Protais accompagnent l'ordre ionique au deuxième niveau de la façade.
Saint Gervais et saint Protais accompagnent l'ordre ionique au deuxième niveau de la façade.
Ici, saint Gervais, reconnaissable
au fouet qu'il tient dans la main, est sculpté
par Antoine-Auguste Préault (1809-1879).
«Paris, église Saint-Gervais» de Maximilien Luce (1858-1941)
Vue d'ensemble de la chapelle des Fonts baptismaux.
Vue d'ensemble de la chapelle des Fonts baptismaux.
Jésus baptisé par saint Jean-Baptiste
Jésus baptisé par saint Jean-Baptiste
dans le Baptême du Christ, 1625.
Vitrail de baie 29 dans le baptistère.
Saint Jean baptisant le Christ
Saint Jean baptisant le Christ
dans le Baptême du Christ, 1625.
Vitrail de baie 29 dans le baptistère.
Bordure à palmettes
Bordure à palmettes
du vitrail de
la baie 29.
Notre-Dame de Bonne Délivrance
Notre-Dame de Bonne Délivrance
Statue de la fin du XIVe siècle.
C'est la statue la plus ancienne de l'église.
La cuve baptismale date du XVIIe siècle.
La cuve baptismale date du XVIIe siècle.
Le Baptême de Jésus, 1625 (peinture à l'émail)
Le Baptême de Jésus, 1625 (peinture à l'émail)
Vitrail de baie 29 dans le baptistère.
Plan de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais.
Plan de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais (76 m de long).
Le côté nord, à l'extérieur, est inaccessible à cause de
la présence d'un grand bâtiment tout au long de la rue : le «pourtour Saint-Gervais». Celui-ci fait un angle avec le côté
de l'église, dégageant de la place pour une cour intérieure.
Ceci explique que les vitraux (de verre blanc) des chapelles nord
de l'église soient éclairés par la lumière du jour.
Les bénitiers de l'église Saint-Gervais
Les bénitiers de l'église Saint-Gervais
sont du XVIIe siècle.
Le baptistère abrite la reproduction en bois de la façade  de l'église.
Le baptistère abrite la reproduction en bois de la façade de l'église.
Datée de 1615, elle est attribuée au menuisier Antoine de Hansy.
Saint Jean–Baptiste et saint Nicolas
Saint Jean-Baptiste à gauche et saint Nicolas
bénissant les trois enfants, 1620.
Vitrail de baie 31 dans le baptistère.
Le bas-côté nord en direction de la chapelle du chevet.
Le bas-côté nord en direction de la chapelle du chevet.
L'église Saint-Gervais compense en élancement vertical
l'exiguïté de sa nef en largeur.

«««--- L'église Saint-Gervais a été construite sur près de cent cinquante ans avec de longues périodes d'interruption. Une fois bâties la chapelle axiale et les chapelles nord et sud autour du chœur, on put se lancer dans la construction d'une nouvelle façade au début du XVIIe siècle et des «raccords» pour la rattacher à la nef.

Notre–Dame de Bonne Délivrance, détail. Fin du XIVe siècle.
Notre-Dame de Bonne Délivrance, détail. Fin du XIVe siècle.
LES CHAPELLES LATÉRALES DE LA NEF
Le bas–côté sud de la nef et ses chapelles latérales
Le bas-côté sud de la nef et ses chapelles latérales qui resplendissent de vastes peintures murales du XIXe siècle.
Le Père céleste et le Christ adorés par les nations
Le Père céleste et le Christ adorés par les nations
Peinture murale de Félix Jobbé-Duval dans la chapelle commémorative.

Chapelle commémorative de la catastrophe du 29 mars 1918. Au début de l'année 1918, l'armistice de Brest-Litovsk permit à l'Allemagne de lancer une vaste offensive à l'Ouest. Les Allemands se rapprochaient de Paris. Vers Laon, avec des canons installés sur rail, ils se mirent à bombarder la capitale. Le 29 mars, un obus de gros calibre tomba sur la nef de Saint-Gervais. L'église, où la messe du Vendredi Saint allait commencer, était comble. L'obus perfora une partie de la voûte qui s'effondra sur les fidèles, tuant 89 personnes et en blessant 90 autres. L'émoi fut immense et la barbarie allemande une nouvelle fois conspuée.
La chapelle commémorative abrite un bas-relief à la mémoire des victimes. Il est surmonté d'un vitrail moderne aux teintes claires. Conséquence : le contre-jour est si aveuglant que le monument est à peine visible ! Le vitrail moderne est couronné par un magnifique vitrail Renaissance du XVIe siècle donné ci-dessous.

«Le Martyre de saint Pétronille»
«Le Martyre de saint Pétronille»
par Barbieri Giovanni (dit le Gerchin), XVIIe siècle.
Jésus chez Marthe et Marie (XVIIe siècle).
Jésus chez Marthe et Marie (XVIIe siècle).
On reconnaît Marthe qui vient chercher sa sœur Marie pour
qu'elle aide aux cuisines et Jésus qui lui fait la leçon.
Tympan de la baie 28, deuxième moitié du XVIe siècle.
Tympan de la baie 28, deuxième moitié du XVIe siècle.
Le Jugement dernier : le Christ entouré de la Vierge et de saint Jean.
Chapelle commémorative de la catastrophe du 29 mars 1918.

Le bas–relief à la mémoire des victimes de l'obus allemand de 1918
Le bas-relief à la mémoire des victimes de l'obus allemand.
Chapelle commémorative de la catastrophe du 29 mars 1918.

La construction de l'église Saint-Gervais. À l'époque gothique, les maîtres d'œuvre avaient l'habitude de bâtir d'abord le vaisseau central et le chœur d'une grande église, le tout soutenu par une série d'arcs-boutants. Les chapelles adjacentes, surtout les chapelles latérales de la nef, étaient érigées dans un deuxième temps, entre les arcs boutants. Les travaux étaient financés par de riches familles ou des corporations de la ville. Ces chapelles pouvaient voir le jour plusieurs décennies après l'achèvement du vaisseau central, voire deux siècles comme ce fut le cas à la cathédrale d'Amiens.
À Saint-Gervais, le déroulement de la construction de l'église actuelle sur l'église qui existait déjà au début du XVe siècle est presque inversé. L'église du XVe comprend un vaisseau central et un chœur. Vers 1480, les marguilliers décident de rebâtir l'édifice en l'agrandissant. Le problème est qu'il est enserré dans un réseau de maisons et d'hôtels particuliers. Il y a même un hospice, l'Hôtel-Dieu Saint-Gervais, tenu par des religieux. Il faut donc argumenter, convaincre, acheter les terrains, puis y faire construire les chapelles. Il faut aussi compter sur la compréhension des voisins, mais aussi anticiper la mauvaise foi. Ainsi, en 1483, les religieux de l'Hôtel-Dieu autorisent les marguilliers à utiliser les terrains, situés au nord, qui séparent l'hospice et l'église pour y installer le charnier et y construire les bâtiments qu'il leur plaira. En 1522, les religieux intentent un procès aux marguilliers devant le Parlement de Paris. En fait, parce qu'ils trouvent que ceux-ci ont trop construit ! Sont en litige les quatre chapelles au nord du chœur. La construction des quatre chapelles du déambulatoire sud se fit sans recours à la justice, mais il fallut plus de temps. La chapelle de Brégy, notamment, est bâtie sur un terrain qui appartenait au Temple. Les marguilliers voulaient assurer la symétrie des deux chapelles qui se trouvent de chaque côté de la chapelle d'axe. Pas question de se contenter d'une chapelle réduite. L'occasion d'acheter cette parcelle de terrain ne se présenta pas avant le début du XVIIe siècle. La chapelle de Brégy fut achevée en 1623, soit presque cent cinquante ans après le début de la construction de la nouvelle église.
Le vaisseau central du chœur a-t-il été reconstruit avant ou après l'achèvement des chapelles du déambulatoire? Agnès Bos, dans son savant ouvrage sur les églises flamboyantes de Paris, pose clairement la question. En prenant exemple sur l'église Saint-Étienne-du-Mont et sur l'analyse publiée en 1938 par l'abbé Brochard, premier historien de l'église Saint-Gervais, elle opte pour une construction du vaisseau central du chœur postérieure à l'année 1530, «date à laquelle les chapelles méridionales sont terminées». Et la date de 1540, qui se trouve sur la clé de voûte du sanctuaire, marquerait - souligne-t-elle - l'achèvement du chœur de Saint-Gervais. En tout état de cause, il semble donc logique que le maître d'œuvre ait commencé par les chapelles et terminé par le vaisseau central.
Source : Les églises flamboyantes de Paris par Agnès Bos, éditions Picard, 2003.

La chaire à prêcher. Elle a été modifiée au XIXe siècle.
La chaire à prêcher a été modifiée au XIXe siècle.
Saint Jean et l'aigle (XIXe siècle)
Saint Jean et l'aigle (XIXe siècle)
Statue en bronze accompagnant la chaire à prêcher.
La Charité sur le panneau central de la cuve
La Charité sur le panneau central de la cuve
de la chaire à prêcher.

La chaire à prêcher. La cuve est ornée de trois bas-reliefs en bois représentant les vertus théologales. La chaire est embellie de quatre belles statues en bronze des évangélistes. Elles sont dues à Charles-François Lebœuf-Nanteuil (1792-1865) et Charles-René Laitié (1872-1862).

Saint Luc et le taureau (XIXe siècle)
Saint Luc et le taureau (XIXe siècle)
Statue en bronze accompagnant la chaire à prêcher.

Architecture. Bien que construite sur plus d'un siècle, l'église Saint-Gervais offre une nef très homogène. La photo ci-contre montre un vaisseau central assez étroit, bordé de hautes arcades. L'élévation, qui culmine à 25 mètres, est à deux niveaux (comme dans la plupart des églises Renaissance de Paris), la hauteur de chaque niveau étant sensiblement la même.
L'architecte a séparé les deux niveaux avec une petite moulure qui s'interrompt d'ailleurs au passage des colonnettes des piliers, piliers qui sont ici à multiples facettes. Ces colonnettes montent depuis les socles jusqu'à la naissance des voûtes, accentuant l'effet d'élancement de la nef. En fait, trois éléments se conjuguent pour renforcer cette impression d'élancement (qui paraît indispensable pour ne pas avoir la sensation d'être écrasé dans une nef étroite) : les colonnettes qui se dressent sans interruption ; les voûtes qui retombent assez haut, juste sous le tympan des grandes verrières ; enfin les nervures des ogives, des liernes et des tiercerons qui retombent en pénétration, à leur point de rencontre, ce qui donne cet agréable aspect de palmier. La photo ci-dessous en donne un exemple pour les bas-côtés et la voûte de la nef.

Le retable et l'autel de la chapelle Saint-Laurent.
Le retable et l'autel de la chapelle Saint-Laurent.
Clé de voûte dans le bas-côté sud
Clé de voûte dans le bas-côté nord
Clé de voûte dans le bas-côté sud
Trois clés de voûte dans les
bas-côtés nord et sud.
La Dormition de la Vierge, fin du XIIIe siècle
La Dormition de la Vierge, fin du XIIIe siècle
Soubassement de l'autel de la chapelle Saint-Laurent
On donne ici la copie qui a été faite de cette œuvre du XIIIe siècle
et qui se trouve dans le soubassement du maître-autel.
La Rencontre à la Porte dorée
La Rencontre à la Porte dorée
Peinture murale de la chapelle Sainte-Anne.
On a ici une version très «soft» de cette rencontre. Pour avoir des explications sur
cet événement biblique qui a tant inspiré les peintres, voir l'église Sainte-Jeanne d'Arc à Rouen.
Les clés de voûte
Les clés de voûte
de la chapelle Sainte-Anne.
La chapelle latérale Sainte-Anne dans le bas-côté nord
La nef et le bas-côté sud
La nef et le bas-côté sud
La petite moulure horizontale qui sépare les deux niveaux de l'élévation vient
à peine troubler l'impression d'élancement voulue par l'architecte.
Le Martyre de saint Laurent (XIXe siècle)
Le Martyre de saint Laurent (XIXe siècle)
Peinture murale dans la chapelle latérale Saint-Laurent.
Les retombées en pénétration sur les voûtes et les arcades des bas–côtés
Les retombées en pénétration, que ce soit des voûtes ou des arcades dans les bas-côtés,
sont bien visibles dans cette photographie (voir encadré plus haut).
Le haut du retable de la chapelle Sainte-Anne.
Le haut du retable de la chapelle Sainte-Anne.
«««--- La chapelle latérale Sainte-Anne dans le bas-côté nord.
Accueil de Marie au temple, XIXe siècle.
Accueil de Marie au temple, XIXe siècle.
Peinture murale de la chapelle Sainte-Anne.
Saint Nicolas et sainte Catherine.
Saint Nicolas et sainte Catherine.
Vitrail de la baie 26, chapelle Sainte-Catherine, Année 1620.

Accueil de Marie au temple. Dans cette peinture murale (donnée ci-dessus), on admirera la touche du peintre qui a donné à la petite Marie l'impression d'être un zéphir entrant dans le Temple. La légèreté qui embrasse toute sa silhouette est un vrai tour de force. Sa position légèrement penchée vers l'avant, accentuée par le rejet vers l'arrière de son vêtement qui semble voler au vent, fait même croire qu'elle va tomber ! Que l'on se rassure : en regardant bien, on voit que son pied droit est posé sur la dernière marche de l'escalier, ce qui assure son équilibre.

«Ecce Homo», tableau du XIXe siècle.
«Ecce Homo», tableau du XIXe siècle.
Le réseau étoilé de la voûte de la nef.
Le réseau étoilé de la voûte de la nef.
Les retombées en pénétration sont une part de l'impression d'élancement que l'architecte a voulu donner à son œuvre.
La chapelle Sainte-Catherine dans le bas-côté sud
La chapelle Sainte-Catherine dans le bas-côté sud
Le retable de la chapelle Sainte-Philomène
Le retable de la chapelle Sainte-Philomène
et le Christ en croix attribué à Quentin Varin (vers 1570-1634).
La voûte de la chapelle Sainte-Philomène
Sainte Philomène refuse la couronne impériale
Sainte Philomène refuse la couronne impériale
de Constant-Félix Smith, deuxième quart du XIXe siècle.
Petite scène de la vie de sainte Philomène
accompagnant le tableau de Quentin Varin.
Sainte Philomène sauvée par les anges
Sainte Philomène sauvée par les anges
de Constant-Félix Smith, deuxième quart du XIXe siècle.
Petite scène de la vie de sainte Philomène
accompagnant le tableau de Quentin Varin.
«««--- À GAUCHE
La voûte de la chapelle Sainte-Philomène
et ses clés.
«Les Confrères du Saint-Nom de Jésus»
«Les Confrères du Saint-Nom de Jésus»
Rondel dans la baie 26, daté de 1600.
«Le Christ en croix»
«Le Christ en croix»
Tableau attribué à Quentin Varin (vers 1570-1634)
Chapelle Sainte-Philomène
LE TRANSEPT (NON SAILLANT) DE L'ÉGLISE SAINT-GERVAIS-SAINT-PROTAIS
Le croisillon nord du transept
Le croisillon nord du transept
avec l'autel de la chapelle du Sacré-Cœur et son petit orgue moderne.
Les croisillons du transept ne sont pas saillants.
Apparition du Sacré-Cœur à Marie Marguerite Alacoque, détail.
Apparition du Sacré-Cœur à Marie Marguerite Alacoque, détail.
Transept nord, baie 21, XIXe siècle.
Vitrail moderne de Claude Courageux
Moïse et Élie
Vitrail moderne de Claude Courageux
Baie 118 dans le transept sud.
La voûte à la croisée du transept.
La voûte à la croisée du transept.
Dans le coin du bas à droite, les vitraux en verre blanc
sont ceux de la tribune du transept, sur le côté nord.
«Le Martyre de sainte Juliette et de son fils saint Cyr»
«Le Martyre de sainte Juliette et de son fils saint Cyr»
Tableau de François-Joseph Heim (1787-1865) dans le transept nord.
Vue d'ensemble du transept sud.
Vue d'ensemble du transept sud.
Au nord et au sud, le premier niveau du transept est coiffé d'une voûte
avec clés pendantes. La voûte au sud est néanmoins la plus riche.
La voûte du premier niveau du transept sud.
La voûte du premier niveau du transept sud.
Le retable du transept sud
Le retable du transept sud
et son tableau du XVIIe siècle illustrant la Pentecôte.
Un ange jouant du violon (XIXe siècle).
Un ange jouant du violon (XIXe siècle).
Détail du vitrail de la baie 19 dans le transept nord.
Clé pendante au centre de la voûte du transept nord.
Clé pendante au centre de la voûte du transept nord.

Les Scènes de la Passion. Le croisillon nord de l'église Saint-Gervais conserve une remarquable œuvre d'art du XVIe siècle : les Scènes de la Passion, peintes par l'artiste allemand Heinrich Aldegraever (1502-1558). Cette œuvre, digne d'admiration, contient encore toute la palette archaïque des primitifs allemands. Les historiens d'art y décèlent néanmoins les premières traces des nouveautés apportées par la peinture italienne.
Nota : À des fins évidentes de protection, ce tableau est présenté sous verre, ce qui rend les photographies très difficiles et enlaidies de nombreux reflets, d'autant plus que le transept nord est assez sombre.

Scènes de la Passion par Heinrich Aldegraever (1502-1558)
Scènes de la Passion par Heinrich Aldegraever (1502-1558)
Transept nord.
Le tableau étant protégé par du verre, il est quasiment impossible
d'éviter les reflets (bandes claires à gauche et à droite).
Scènes de la Passion, détail : la Déploration
Scènes de la Passion, détail : la Déploration
Heinrich Aldegraever (1502-1558).
Scènes de la Passion, détail : la Résurrection
Scènes de la Passion, détail : la Résurrection
Heinrich Aldegraever (1502-1558).
Le transept sud, ses boiseries et ses vitraux modernes.
Le transept sud, ses boiseries et ses vitraux modernes.
Clé pendante au centre de la voûte du transept  sud.
Clé pendante au centre de la voûte du transept sud.
C'est la plus belle et la plus imposante
des clés pendantes de l'église Saint-Gervais.
«Saint Ambroise refusant l'entrée du temple à l'empereur Théodose»
«Saint Ambroise refusant l'entrée du temple
à l'empereur Théodose» par Louis-charles Couder (1790-1873)
Peinture datée 1826.

Saint Ambroise refusant l'entrée du temple à l'empereur Théodose. Pour les explications, on se reportera au grand tableau plus expressif du peintre Lenepveu, sur le même thème, à l'église Saint-Ambroise de Paris. L'empereur Théodose y est accompagné de son épouse. Tous deux sont couverts de bijoux.

LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-GERVAIS ET SES STALLES DE L'ANNÉE 1500
Le chœur et ses grandes arcades
Le chœur et ses grandes arcades
Au premier plan : les stalles des XVIe et XVIIe siècles.
Deux stalles et leurs sellettes de miséricorde dans le chœur.
Deux stalles et leurs sellettes de miséricorde dans le chœur.
Les miséricordes permettaient aux chanoines de se reposer quelque peu, en position debout,
pendant les cérémonies qui duraient plusieurs heures.
Saint Jean et l'aigle
Saint Jean et l'aigle
dans une jouée des stalles.
Un prophète dans une jouée des stalles.
Un prophète dans une jouée des stalles.
Deux artisans dans une sellette de miséricorde
Deux artisans dans une sellette de miséricorde
Un changeur et ses clients (?)
Un changeur et ses clients (?)
dans une sellette de miséricorde
Statue de saint Gervais en bois
Statue de saint Gervais en bois
à côté du maître-autel.
Œuvre de Michel Bourdin (vers 1620).
Saint Gervais et saint Protais
Saint Gervais et saint Protais
Seconde moitié du XIXe siècle
Vitrail de la baie 102 dans l'abside.
À DROITE ---»»»
Le Christ bénissant et la Vierge, détail
Vitrail axial dans l'abside
Seconde moitié du XIXe siècle
Baie 100.
Un tonnelier
Un tonnelier.
Les tourneurs de broche
Les tourneurs de broche.
Un homme endormi
Un homme endormi.
Trois sellettes de miséricorde dans les stalles du chœur de Saint-Gervais.

Les stalles. Point n'est besoin pour les Parisiens d'aller à Amiens s'ils veulent contempler de belles stalles. L'église Saint-Gervais a tout ce qu'il faut pour les contenter. Certes, il n'y a pas les parties hautes, mais les sellettes et les jouées des parties basses offrent un spectacle varié et riche en couleurs. (Il faut d'ailleurs remercier la paroisse de donner libre accès au chœur.)
Les stalles ont été mises en place sous les règnes de François Ier et d'Henri II. Les jouées (qui ne sont jamais cachées) restent réservées aux personnages bibliques, aux évangélistes, aux saints et aux saintes. On en donne deux exemples à gauche. En revanche, pour les sellettes (qui sont cachées quand le siège est rabattu), les sculpteurs ont laissé libre cours à leur imagination. Les sujets profanes se mélangent aux têtes de grotesques, aux scènes de rue et aux corps de métiers.

Le maître-autel date du Premier Empire.
Le maître-autel date du Premier Empire.

Le soubassement du maître-autel abrite une copie de la Dormition de la Vierge. Cette œuvre, datée du XIIIe siècle, se trouve dans le soubassement de l'autel de la chapelle latérale nord Saint-Laurent. De part et d'autre de l'autel prennent place les deux statues de bois de Gervais et Protais, sculptées par Michel Bourdin vers 1620.

Le chœur et l'abside de l'église Saint-Gervais.
Le chœur et l'abside de l'église Saint-Gervais.
Les trois vitraux centraux de l'abside sont du XIXe siècle.
Vitraux des trois baies d'axe (101, 100 et 102) de l'abside
Vitraux des trois baies d'axe (101, 100 et 102) de l'abside
Vitraux de la seconde moitié du XIXe siècle
Saints Pierre et Paul, le Christ et la Vierge, saints Gervais et Protais.
Vue sur les grandes verrières du chœur et sur la voûte étoilée.
Vue sur les grandes verrières du chœur et sur la voûte étoilée.
Dans la partie gauche de la photo, on voit deux grandes verrières du XVIIe siècle attribuées à Jean Cousin :
La Résurrection de Lazare et la Guérison du paralytique.
Le Christ et la Vierge, détail
LE DÉAMBULATOIRE ET SES CHAPELLES
Peintures murales dans les chapelles du déambulatoire sud.
Peintures murales dans les chapelles du déambulatoire sud.
Vitrail moderne de la Pentecôte par Sylvie Gaudin
Vitrail moderne de la Pentecôte par Sylvie Gaudin
Seconde moitié du XXe siècle
Chapelle Le Tellier, baie 14.
Chapelle Le Tellier
Chapelle Le Tellier
Peintures du XIXe siècle sur le côté est.
La Sagesse de Salomon
La Sagesse de Salomon
Verrière de 1531 attribuée à Jean Chastellain.
Baie 16 dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste.
L'un des plus beaux vitraux Renaissance des églises de Paris.
La scène du Jugement est inspirée d'un dessin du Flamand Jan de Beer.
«L'Adoration des mages»
«L'Adoration des mages»
Claude Vignon (1593-1670).
Sainte Geneviève arrête Attila et les Huns
Sainte Geneviève arrête Attila et les Huns
Peinture murale dans une chapelle sud du déambulatoire.
Vue d'ensemble de la chapelle «Le Tellier»
Vue d'ensemble de la chapelle «Le Tellier»
avec ses vitraux modernes de Sylvie Gaudin
Baies 12 et 14.
La Sagesse de Salomon, détail : un courtisan
La Sagesse de Salomon, détail : un courtisan
Jean Chastellain, 1531.
À DROITE ---»»»
Vitrail moderne de la Crucifixion par Sylvie Gaudin
«Tout est accompli»
Seconde moitié du XXe siècle
Chapelle Le Tellier, baie 10.
«Sainte Geneviève rendant la vue à sa mère»
«Sainte Geneviève rendant la vue à sa mère»
par Boulanger, deuxième quart du XIXe siècle
Chapelle le Tellier.
Vitrail moderne de la Crucifixion par Sylvie Gaudin
Salomon sur son trône et la visite de la reine de Saba.
Salomon sur son trône et la visite de la reine de Saba.
Tympan du vitrail de la Sagesse de Salomon, baie 16.

Le vitrail de la Sagesse de Salomon (1531). C'est l'un des plus beaux vitraux Renaissance de Paris. Grâce à une restauration récente qui a permis aux historiens du vitrail de l'examiner de près, on dispose d'une longue analyse critique sur cette œuvre dans l'ouvrage Vitraux parisiens de la Renaissance, une analyse qui remet en cause tout ce qui a été écrit auparavant. D'abord le titre. Le Jugement de Salomon ne concerne que la scène centrale. Les scènes incluses dans les ajours et le tympan conduisent à élargir le champ de l'œuvre et à adopter comme titre la Sagesse de Salomon. En effet, on voit dans les ajours de gauche le Sacrifice et le Songe de Salomon à Gabaon et, dans ceux de droite, la Visite de la reine de Saba (donnée ci-dessus). On y voit ainsi Salomon à deux époques de sa vie puisqu'il porte une longue barbe quand il accueille la reine.
L'état de conservation de ce vitrail, créé en 1531, est si exceptionnel que des experts du XXe siècle ont pris des morceaux d'origine pour des restaurations du XIXe (!) Cependant, le socle architectural sous la scène du Jugement est une restauration de 1868. Qu'y avait-il à l'origine à cet emplacement? Il n'y a pas assez de hauteur pour accueillir les donateurs (dont on ne sait rien) en prière. Il faut plutôt imaginer des armoiries qui auraient été cassées à la Révolution et remplacées par une vitrerie incolore. Le restaurateur de 1868, Joseph Félon, a aussi créé un entablement de type Renaissance dans les écoinçons losangés au-dessus de la scène principale. Enfin, dans la scène du Jugement, il a refait la tête des deux mères et celle de l'homme au chapeau, peint de profil, à l'extrême droite de la scène.
Le vitrail est d'un très haut niveau technique. Le chatoiement des couleurs éclipse l'importante proportion des verres blancs. Lors de leur examen minutieux, les historiens ont constaté aussi une grande maîtrise dans l'art de la découpe : le peintre verrier a fait montre de virtuosité dans des coupes savantes et dans l'emboîtement de formes complexes. Les trois teintes de grisaille utilisées et le large emploi du jaune d'argent assurent un rendu plein de vie, rehaussé par les nombreuses nuances de couleurs.
Le Jugement s'étale sur quatre lancettes et n'est constitué que d'une scène. C'est une verrière dite «unifiée» et, en 1531, c'est même l'une des premières verrières unifiées posées à Paris.
L'auteur du vitrail, d'abord inconnu, a été appelé le «Maître de Montmorency», un artiste parisien de génie qui fut au service du connétable Anne de Montmorency, après avoir exécuté cinq verrières pour des églises de la capitale. Après des recherches savantes, des comparaisons pointues de multiples dessins et vitraux, les historiens sont parvenus à la conclusion que l'auteur du vitrail de la Sagesse de Salomon était Jean Chastellain, déjà auteur des verrières de la chapelle de la Vierge en 1517. Cette conclusion n'a rien d'immédiat que le style de cet artiste est difficile à saisir. En effet, il a évolué grandement au cours de sa carrière «en fonction des progrès de son art et de l'origine des modèles qui lui servaient de source d'inspiration», écrit Guy-Michel Leproux dans l'ouvrage cité en source. Notons enfin que le peintre verrier Robert Pinaigrier, dont le nom est inscrit dans un cartouche du socle architectural n'a rien à voir avec cette verrière.
Source : Vitraux parisiens de la Renaissance, Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, 1993.

La Sagesse de Salomon
La Sagesse de Salomon
Vitrail de la baie 16 peint par Jean Chastellain, 1531. Restauré en 1868.
L'un des plus beaux vitraux Renaissance de Paris.
L'auteur du dessin a placé Salomon sur la gauche. Au centre, agenouillée, se trouve la vraie mère et, derrière elle, debout, se tient la mauvaise mère.

La Sagesse de Salomon : le Sacrifice et le Songe de Salomon à Gabaon (Jean Chastellain, 1531).
La Sagesse de Salomon : le Sacrifice et le Songe de Salomon à Gabaon (Jean Chastellain, 1531).
La Résurrection par Sylvie Gaudin, baie 12
«Le Bon Samaritain» de Henri-Joseph Forestier.
«Le Bon Samaritain» de Henri-Joseph Forestier.
Deuxième quart du XIXe siècle.
«««--- À GAUCHE
La Résurrection par Sylvie Gaudin, XXe siècle.
Baie 12 dans la chapelle Le Tellier.
La Condamnation de saint Gervais et de saint Protais
La Condamnation de saint Gervais et de saint Protais
Partie principale du vitrail de la baie 18, deuxième quart du XVIe siècle.
Restauré par Lafaye en 1864.
La Condamnation des saints Gervais et Protais, détail.
La Condamnation des saints Gervais et Protais, détail.
Vitrail de la baie 18, deuxième quart du XVIe siècle.
Restauré par Prosper Lafaye en 1864.
Dieu le Père faisant couronner la Vierge par un ange
Dieu le Père faisant couronner la Vierge par un ange
Deuxième quart du XVIe siècle.
Tympan du vitrail de la baie 18.
«Tu es Pierre», tableau du XIXe siècle
«Tu es Pierre», tableau du XIXe siècle
dans la chapelle Saint-Pierre.
Un courtisan dans la scène de la Condamnation des saints Gervais et Protais
Un courtisan dans la scène de la Condamnation des
saints Gervais et Protais, deuxième quart du XVIe siècle.
Tympan du vitrail de la baie 15
Tympan du vitrail de la baie 15
Légende de Marie-Madeleine et du comte de Provence
Vers 1500.
Détail de la Légende de Marie-Madeleine
Détail de la Légende de Marie-Madeleine
Le Ravissement de la sainte (vers 1500).
Détail de la Légende de Marie-Madeleine
Détail de la Légende de Marie-Madeleine
Dernière communion de la sainte (vers 1500).
LA CHAPELLE DE BRÉGY DANS LE DÉAMBULATOIRE SUD
La chapelle de Brégy et le bas-côté sud.
La chapelle de Brégy et le bas-côté sud.
Les peinture murales de la chapelle de Brégy sont d'Alexandre Hesse (1806-1879).
L'artiste a illustré des épisodes de la vie légendaire des deux saints d'une manière très théâtrale.
Fragment du monument funéraire de Michel Le Tellier (1603–1685) dans la chapelle de Brégy.
Fragment du monument funéraire de Michel Le Tellier (1603-1685) dans la chapelle de Brégy.
Œuvre de Pierre Mazeline (1632-1708) et de Simon Hurtrelle (1648-1724)
d'après les dessins de Jules Hardouin-Mansart.

La chapelle de Brégy. Hormis trois grandes peintures murales d'Alexandre Hesse (1806-1879), le chapelle de Brégy abrite le fragment du monument funéraire de Michel Le Tellier (1603-1685), une œuvre du XVIIe siècle conçue d'après les dessins de Jules Hardouin-Mansart. Tout à côté, on peut aussi admirer trois priants : ceux de la famille Potier, mari, femme et fils. Les deux vitraux sont modernes. L'artiste Sylvie Gaudin a en tout réalisé cinq représentations très futuristes des grands thèmes du christianisme (Nativité, Crucifixion, Pentecôte, etc.) Trois sont données dans cette page.

Translation des corps de saint Gervais et saint Protais
Translation des corps de saint Gervais et saint Protais
Peinture murale d'Alexandre Hesse (1806-1879)
Chapelle de Brégy.
Découverte des corps des saints Gervais et Protais
Découverte des corps de
saint Gervais et saint Protais
Peinture murale par Alexandre Hesse
Marguerite de Piney Luxembourg
Marguerite de Piney Luxembourg
Priante en marbre
Chapelle de Brégy, Famille Potier
La Religion, détail.
La Religion, détail.
Fragment du monument funéraire de Michel Le Tellier dans la chapelle de Brégy.
Tête humaine
Tête humaine sur le support
Fragment du monument funéraire
de Michel Le Tellier
dans la chapelle de Brégy.
Saint Gervais et saint Protais refusent de sacrifier aux idoles, détail.
Saint Gervais et saint Protais refusent de sacrifier aux idoles, détail.
Peinture murale d'Alexandre Hesse dans la chapelle de Brégy.
Vue d'ensemble de la famille Potier dans la chapelle de Brégy.
Vue d'ensemble de la famille Potier dans la chapelle de Brégy.
LA CHAPELLE DE LA PIÉTA DANS LE DÉAMBULATOIRE NORD
Chapelle de la Piéta et chapelle Sainte-Geneviève-et-sainte-Barbe
Chapelle de la Piéta et chapelle Sainte-Geneviève-et-sainte-Barbe
dans le déambulatoire nord.
Le visage de la Vierge dans la Piéta
Le visage de la Vierge dans la Piéta
de Jean-Pierre Cortot (1787-1843).
Le visage du Christ mort dans la Piéta
Le visage du Christ mort dans la Piéta
de Jean-Pierre Cortot (1787-1843).
«Le Bon Berger»
«Le Bon Berger»
dans un retable de la chapelle de la Piéta (XIXe siècle).
«Ecce Homo»
«Ecce Homo»
de Jean-Pierre Cortot (1787-1843)
dans la chapelle de la Piéta.
«Moïse frappant le rocher»
«Moïse frappant le rocher»
par Sébastien Norblin de la Gourdaine
(1796-1884)
Peinture murale datée de 1868
dans la chapelle de la Piéta.
À DROITE ---»»»
L'ouverture dans le mur donne accès à la
chapelle Sainte-Geneviève-et-sainte-Barbe
où l'on voit le Christ en croix
d'Antoine-Auguste Préault (1809-1879).
La Piéta de Jean–Pierre Cortot (1787–1843) est entourée des anges adorateurs de Lebœuf–Nanteuil
La Piéta de Jean-Pierre Cortot (1787-1843) est entourée des anges adorateurs de Lebœuf-Nanteuil.
La peinture murale au-dessus illustre «Les Œuvres de miséricorde»
par Sébastien Norblin de la Gourdaine (1796-1884).
Chapelle de la Piéta.

La chapelle de la Piéta. Cette chapelle latérale nord, très bien éclairée par deux vitraux en verre blanc, propose une très belle Piéta de Jean-Pierre Cortot (1787-1843) entourée de deux anges en adoration du sculpteur Lebœuf-Nanteuil. Jean-Pierre Cortot a également ciselé un bel Ecce Homo, riche en draperies. Enfin le peintre Sébastien Norblin de la Gourdaine (1796-1884) a enrichi les murs de quatre belles peintures murales dont Les Œuvres de miséricorde (peinture donnée ci-dessus) et Jésus et les évangélistes (ci-dessous) montrant les évangélistes écrivant sous l'inspiration du Christ.
L'une des deux baies possède un reste de vitrail Renaissance dans le tympan. Il illustre le martyre de saint Jacques (scène donnée plus bas).

Une vue de la chapelle de la Piéta
Une vue de la chapelle de la Piéta
Peintures murales : «Moïse reçoit les tables de la Loi» et «Jésus et les évangélistes»
par Sébastien Norblin de la Gourdaine (1796-1884).
LA CHAPELLE SAINTE GENEVIÈVE-ET-SAINTE BARBE DANS LE DÉAMBULATOIRE NORD
La Descente de croix
La Descente de croix
Groupe sculpté par Edme-Étienne Gois (1765-1836).
Chapelle Sainte-Geneviève-et-sainte-Barbe
Vitrail de la baie 7 (XVIe et XIXe siècle)
Vitrail de la baie 7 (XVIe et XIXe siècle)
Tympan : scènes de la Passion, début du XVIe siècle
Lancettes du XIXe siècle : Apparitions et Résurrection du Christ.
Atelier Gsell et Laurent.
Jésus au jardin des Oliviers secouru par un ange
Jésus au jardin des Oliviers secouru par un ange
Antoine Bouzonnet, XVIIIe siècle.
Chapelle Sainte-Geneviève-et-sainte-Barbe.
La Descente de croix, détail : la Vierge
La Descente de croix, détail : la Vierge
Edme-Étienne Gois (1765-1836).
La Descente de croix, détail : Joseph d'Arimathie
La Descente de croix, détail : Joseph d'Arimathie
Edme-Étienne Gois (1765-1836).
«Noli me tangere»
«Noli me tangere»
(«Ne me touche pas» ou la rencontre
du Christ ressuscité et de Marie-Madeleine)
Vitrail de la baie 7, Atelier Gsell et Laurent,
XIXe siècle
Le Martyre de saint Jacques, premier quart du XVIe siècle.
Le Martyre de saint Jacques, premier quart du XVIe siècle.
Vitrail de la baie 11 dans la chapelle de la Piéta.
Flagellation, Baiser de Judas et Crucifixion
Flagellation, Baiser de Judas et Crucifixion
Tympan du vitrail de la baie 7, début du XVIe siècle.
La Déploration
La Déploration
Tympan du vitrail de la baie 7, début du XVIe siècle.
«La Décollation de saint Jean-Baptiste»
«La Décollation de saint Jean-Baptiste»
de Claude Vignon (1593-1670).
Le Christ en croix
Le Christ en croix
de Antoine-Auguste Préault (1809-1879)
Le Christ en croix
Le Christ en croix
Antoine-Auguste Préault (1809-1879), détail
Illustration de la prise de Damiette
Illustration de la prise de Damiette
Histoire de sainte Isabelle et de saint Louis
Baie 9, début du XVIe siècle.

Le Christ en croix d'Antoine-Auguste Préault (1809-1879) a créé un petit scandale à l'époque de sa création. En effet, cette œuvre déroge aux règles de la représentation de la Crucifixion qui exigent un Christ avec la tête baissée, plus méditatif que souffrant. Avec sa tête rejetée sur le côté, ses bras aux muscles crispés et sa bouche d'où semble exhaler un râle, Préault a sculpté un Christ très expressif où l'on ne lit que souffrance.
Pour ce qui est de sa situation dans l'église, la paroisse de Saint-Gervais a été fidèle à la tradition : l'œuvre est rejetée contre un mur dans une chapelle. Il semble hors de question de la dresser dans le chœur...

Deuxième enterrement de sainte Isabelle
Deuxième enterrement de sainte Isabelle
Détail de l'histoire de sainte Isabelle et de saint Louis
Tympan du vitrail de la baie 9, début du XVIe siècle.
Miracle de saint Louis devant le cercueil de sa sœur.
Miracle de saint Louis devant le cercueil de sa sœur.
Détail de l'histoire de sainte Isabelle et de saint Louis
Tympan du vitrail de la baie 9, début du XVIe siècle.
Histoire de sainte Isabelle et de saint Louis, surmontée par le Père  Céleste
Histoire de sainte Isabelle et de saint Louis, surmontée par le Père Céleste
Tympan du vitrail de la baie 9.
Début du XVIe siècle (le bas est moderne).
LA CHAPELLE AXIALE DITE «DE LA VIERGE»
La partie nord de la chapelle de la Vierge
La partie nord de la chapelle de la Vierge
avec ses vitraux et ses peintures murales.

La chapelle de la Vierge. Par sa profondeur, elle rappelle celle de la cathédrale d'Évreux et celle de la cathédrale de Rouen. La chapelle d'axe de Saint-Gervais a été achevée en 1517. L'imposante clé de voûte en porte témoignage. On peut y lire l'inscription : PARFAITTE EN L'AN 1517 EN JUILLET FVS PEINT EN 1[5]52. À la suite de quoi les travaux de construction des chapelles sud ralentirent. Sans doute à cause du procès intenté par les religieux de l'Hôtel-Dieu Saint-Gervais à propos des chapelles nord déjà bâties. La chapelle fut restaurée par l'architecte Baltard dans la seconde moitié du XIXe siècle.
La chapelle de la Vierge est un haut lieu artistique de l'église Saint-Gervais. La Renaissance y a laissé l'architecture d'ensemble et les vitraux, le XIXe siècle l'a enrichie de peintures, d'un retable et d'une statue de la Vierge. Cette œuvre d'Eugène-André Oudiné (1810-1887) ne brille pas d'un génie particulier. Pour voir une Vierge à l'Enfant réellement expressive, on se reportera à celle de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) de l'église Saint-Eustache à Paris
Les trois verrières axiales, datées de 1517, année d'achèvement de la chapelle, et qui illustrent des scènes de la vie de la Vierge, sont de Jean Chastellain, à qui l'on doit aussi le vitrail de la Sagesse de Salomon dans une chapelle sud. Les peintures du XIXe siècle illustrent des scènes de la vie de la Vierge ainsi que des vertus. Elles sont dues à Pierre-François Delorme (1783-1859). Ajoutons que les vitraux au nord montrent un restant d'Arbre de Jessé du XVIe siècle avec la Vierge et les patriarches Isaac et Abraham. Cet Arbre a été complété partiellement au XIXe par l'atelier Gsell. Ont été ajoutés : David, Jacob et Salomon.

Le retable de la chapelle de la Vierge.
Le retable de la chapelle de la Vierge.
La Vierge à l'Enfant
La Vierge à l'Enfant
Eugène-André Oudiné (1810-1887).
Les vitraux des trois baies centrales de la chapelle de la Vierge  sont dus à Jean Chastellain, 1517.
Les vitraux des trois baies centrales de la chapelle de la Vierge sont dus à Jean Chastellain, 1517.
Ils illustrent des scènes de la vie de la Vierge.
La Vierge à l'Enfant, détail.
La Vierge à l'Enfant, détail.
Eugène-André Oudiné (1810-1887).
Scènes de la vie de la Vierge
Scènes de la vie de la Vierge
Pierre-François Delorme (1783-1859).
dans la chapelle de la Vierge.
La Rencontre à la Porte dorée
La clé de voûte de la chapelle de la Vierge a un diamètre  de 2,5 mètres.
La clé de voûte de la chapelle de la Vierge a un diamètre de 2,5 mètres.
Ses liernes, tiercerons et petites clés pendantes sont de style gothique,
bien que la chapelle ait été achevée en 1517, âge du début de la Renaissance.
Peinture de quatre vertus par Pierre-François Delorme (1783-1859)
Peinture de quatre vertus par Pierre-François Delorme (1783-1859)
Chapelle de la Vierge.
L'Arbre de Jessé dans le tympan de la baie 3 de la chapelle  de la Vierge.
L'ARBRE DE JESSÉ dans le tympan de la baie 3 de la chapelle de la Vierge.
La partie haute est du XVIe siècle : la Vierge et les patriarches Isaac et Abraham.
Les trois personnages du bas (David, Jacob patriarche et Salomon) sont
du XIXe siècle (atelier Gsell).
Le Mariage de la Vierge (restauré) et la Vierge au temple, 1517
Le Mariage de la Vierge (restauré) et la Vierge au temple, 1517
Vitrail de la baie d'axe dans la chapelle de la Vierge.
«««--- À GAUCHE
La Rencontre à la Porte dorée
Vitrail de Jean Chastellain, 1517, tympan de la baie 1.
Voir une présentation de la Rencontre à la Porte dorée
à l'église Sainte-Jeanne d'Arc à Rouen.
La Justice
La Justice
L'une des vertus peintes au XIXe siècle
par Pierre-François Delorme (1783-1859).
David dans l'Arbre de Jessé
David dans l'Arbre de Jessé
de la chapelle de la Vierge
Vitrail de la baie 3
Atelier Gsell, XIXe siècle.
Isaac patriarche, XVIe siècle (baie 3)
Isaac patriarche, XVIe siècle (baie 3).
Abraham patriarche, XVIe siècle (baie 3)
Abraham patriarche, XVIe siècle (baie 3).
La Visitation par Jean Chastellain, 1517.
La Visitation par Jean Chastellain, 1517.
Chapelle de la Vierge, détail du vitrail de la baie 2.
Le doute de Joseph et la Nativité par Jean Chastellain, 1517.
Le doute de Joseph et la Nativité par Jean Chastellain, 1517.
Chapelle de la Vierge, détail du vitrail de la baie 2.
L'ORGUE DE TRIBUNE DE LA DYNASTIE DES COUPERIN
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur.
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur.
Malgré ses grandes verrières historiées, l'église Saint-Gervais
bénéficie d'une bonne luminosité.
L'orgue de tribune tenu par la famille Couperin de 1656 à 1826.
L'orgue de tribune tenu par la famille Couperin de 1656 à 1826.
Au second plan, un vitrail contemporain illustrant
la Jérusalem céleste par Claude Courageux.

L'orgue de tribune. de Saint-Gervais est un spécimen unique à Paris des orgues des XVIe et XVIIe siècles.
D'abord construit dans le transept sud en 1601 par le facteur Mathieu Langhedul d'Ypres, l'orgue fut transféré en 1628 sur la tribune occidentale, une fois celle-ci achevée.
Le grand buffet date de 1601. Il a été décoré en 1759 par Fichon. L'instrument a été enrichi à trois reprises (XVIIe et début du XVIIIe siècle) et desservi par la dynastie des Couperin, de 1656 à 1826. Dans cette dynastie, on retiendra Louis Couperin (1626-1661) qui fut gambiste et claveciniste, et surtout François Couperin (1668-1733), dit «le Grand», organiste officiel de Saint-Gervais de 1685 à 1723.
Source : panneau dans la nef.

L'ange qui soutient le positif.
L'ange qui soutient le positif.
La tribune et ses anges.
La tribune et ses anges.
Le positif date de 1763. Les ornements et les sculptures
Le positif date de 1763. Les ornements et les sculptures
sont dus à N. Rebillé, sculpteur du Roy.
Cliquez pour afficher la page des grandes verrières de Saint-Gervais

Documentation : «Paris d'église en église», édition Massin
+ «Les églises flamboyantes de Paris» par Agnès Bos, éditions Picard
+ «Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais», Corpus Vitrearum
+«Vitraux parisiens de la Renaissance», Délégation à l'action artistique de la ville de Paris
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