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Page créée en 2011
Enrichie en 2013
Vitrail Scènes de la vie de la Vierge (La Visitation)

L'église Saint-Rémi est l'une des plus anciennes de Troyes. D'après certaines sources, elle existait déjà au XIe siècle - à l'extérieur des murs de la ville. Elle n'est englobée dans la cité qu'au XIIIe siècle et presque entièrement reconstruite au XIVe. De cette première époque il ne reste que la nef et la base de son curieux clocher tors. Jusqu'à la Révolution, les chroniques font état de sa magnifique verrière due au maître Linard Gontier.
La fougue révolutionnaire va dépouiller l'église : vitraux et mobilier disparaissent. Les cloches sont envoyées à Paris. Elles y seront fondues et transformées en canons. Le XIXe siècle et la prise de conscience naissante de l'importance du patrimoine vont l'enrichir à nouveau. On lui attribue des toiles de Jacques De Létin (né sur la paroisse au XVIIe siècle et baptisé à l'église) ; une importante série de vitraux historiés est mise en place à partir du Second Empire.
De par son clocher, l'aspect extérieur de Saint-Rémi ne fait pas très ancien, comme peut le faire Saint-Nizier par exemple. Néanmoins, certains la regardent comme la plus belle église de Troyes. Par son foisonnement de vitraux, de tableaux, par ses vieilles pierres médiévales dont les restaurations ont su respecter l'aspect, elle dégage une atmosphère singulière de beauté et de recueillement. Sa taille moyenne aide, d'ailleurs, à créer cette très agréable sensation de bouillonnement artistique et culturel.

Vue d'ensemble de l'église Saint-RémiCliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan
La nef de l'église Saint-Rémi date du XIVe siècle.
Le chœur est du XVIe siècle. La chaire à prêcher, sur la droite, est d'époque Louis XIII.
La façade
La façade date du XIVe siècle.
Elle a été remaniée au XIXe.
Aspect extérieur avec le clocher tors
Vue d'ensemble de l'église avec son curieux clocher tors
Selon une inscription dans son flanc sud, la construction
de la tour du clocher a commencé en 1386.
Le chevet
Le chevet et
ses chapelles latérales
Cadran d'horloge
Cadran d'horloge à une seule aiguille sur la tour du clocher. La fresque est de 1772.
À droite, saint Rémi. À gauche, sainte Célinie, sa mère.
Le portail de l'église Saint-Rémy remonte au XVe siècle Le célèbre escargot à tête de chien
Le célèbre escargot à tête de chien sur
la partie gauche de l'archivolte du portail
Colombe sur la partie droite de l'archivolte
Colombe sur la partie
droite de l'archivolte du portail
Vieillard portant un phylactère
Vieillard portant un phylactère
dans le coin gauche de la porte
«««--- À GAUCHE
Le portail de l'église Saint-Rémy remonte au XVe siècle
Élévations dans la nef
Élévations dans la nef, côté gauche
Le style de Saint-Rémi est du gothique classique

Les vitraux de la nef comprennent chacun trois lancettes à personnages. Ils ont été réalisés par l'atelier Florence ---»»»
À droite, saint Gélase, saint Louis et sainte Élisabeth (fin XIXe siècle). Cliquez sur le vitrail.
Vitrail dans la nef (XIXe siècle)
CHAPELLE DU SACRÉ CŒUR
Chapelle du Sacré-Cœur
Chapelle du Sacré Cœur
Elle est enrichie de toiles de Jacques de Létin
et de panneaux Renaissance en grisaille.
Vitrail «Les Noces de Cana»
Vitrail «Les Noces de Cana»
Atelier Vincent-Larcher, XIXe siècle
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.
Tableau XVIe-XVIIe siècles
«Jésus chez Marthe et Marie de Béthanie»
(XVIe-XVIIe siècle)
Marthe demande à sa sœur Marie de venir aider au service de la table, mais Jésus s'interpose : le service de Dieu prime tous les autres!
Voir le tableau de Jacques de Létin à l'église Sainte-Madeleine à
Troyes et les commentaires sur cet épisode du Nouveau Testament
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
dans la chapelle du Sacré Cœur
Épisode de la vie de saint Rémy
Le saint offre à Clovis, vêtu en romain, une gourde
qui ne se désemplit jamais.
Vitrail dans l'oculus de la chapelle du Sacré Cœur
Vitrail dans l'oculus de la chapelle du Sacré Cœur
Moïse montre les tables de la Loi à son retour de la montagne
XIXe siècle, atelier non indiqué
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle), détail
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle), détail
Clovis reçoit de Saint Rémy une gourde
qui ne se désemplit jamais.

Les écrits rapportent que, jusqu'à la Révolution, l'église Saint-Rémy disposait de vitraux dus à l'artiste troyen Linard Gontier, comme l'église Saint-Martin-ès-Vignes, au nord de Troyes. Les révolutionnaires ayant brisé toutes ces créations médiévales, on décida au début du XIXe siècle, pour les remplacer, de ne pas privilégier un style uniforme de vitraux en ne s'adressant qu'à un seul atelier, mais au contraire d'exposer une large gamme des possibilités de l'époque en confiant les cartons à cinq ateliers différents. On fit aussi appel au pastiche en imitant le style des XIIIe, XIVe et XVe siècles. Furent ainsi sollicités les ateliers Didron, celui de Florence (ex Lobin), devenu plus tard l'atelier JP Florence-Heinrich, celui de Vincent-Larcher et enfin celui de Champigneulle.

Les panneaux Renaissance en grisaille dans la chapelle du Sacré Cœur
Les panneaux Renaissance en grisaille
dans la chapelle du Sacré Cœur
Tableau «L'Annonciation» de Jacques de Létin (XVIIe siècle)
Tableau «L'Annonciation» de Jacques de Létin (XVIIe siècle)
Chapelle du Sacré Cœur
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
L'Annonciation
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle), vie de saint Rémy
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
Vie de saint Rémy
Le saint fait jaillir du vin d'un tonneau vide.
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle), vie de saint Rémy
Panneau Renaissance en grisaille (XVIe siècle)
Vie de saint Rémy
Le meunier revient trouver saint Rémy

Deux des panneaux en grisaille ci-dessus illustrent la vie de saint Rémy. Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine nous en donne la clé.
Pour le premier panneau, on lit dans l'histoire de «saint Rémi, évêque et confesseur» ce court texte traduit par Teodor de Wyzewa, aux éditions Diane de Selliers : «Ayant été un jour reçu dans la maison d'une dame et apprenant que celle-ci n'avait plus de vin, saint Rémi entra dans sa cave, fit un signe de croix sur le tonneau ; et voici que le vin en jaillit en telle abondance que toute la cave s'en trouva inondée.»
Le deuxième panneau trouve sa source dans l'histoire qui relate la «Translation de saint Rémi». On sait que Clovis fut baptisé dans la foi chrétienne par ce

saint. Un jour, le roi lui dit qu'il allait faire la sieste et que, à son réveil, il lui donnerait pour son église tout le terrain qu'il aura pu parcourir. Le saint se mit en marche. Mais sur le terrain, il y avait un meunier qui tenait son moulin. Et le meunier refusait que le saint le traversât. Et il s'obstinait dans son refus de ne pas partager son moulin. Saint Rémi parti, la roue du moulin se mit à tourner en sens contraire. Impressionné par ce prodige, le meunier rappela le saint (scène du panneau) et lui proposa de partager son moulin. Sur quoi Rémi lui déclara qu'il n'appartiendrait désormais plus à personne. En effet, la terre s'ouvrit aussitôt et engloutit le moulin.

Source : «La Légende Dorée» de Jacques de Voragine, éditions Diane de Selliers

Le sanctuaire depuis le déambulatoire
Le sanctuaire depuis le déambulatoire
Saint Michel Archange terrassant un démon
Saint Michel Archange terrassant le démon (XVIIe siècle)
Vitrail «La Sainte Vierge au Rosaire»
Le bas-côté droit
Le bas-côté droit offre un exemple très séduisant du charme des vieilles pierres.

«««--- À GAUCHE, Vitrail «La Sainte Vierge au Rosaire»
Atelier Édouard-Amédée Didron (fin XIXe siècle)
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.
CHAPELLE SAINT-JOSEPH
Chapelle absidiale Saint-JosephCliquez sur le vitrail
Chapelle absidiale Saint-Joseph
De face, l'important vitrail montrant Pie IX proclamant saint Joseph patron de l'Église Universelle
Voir un autre vitrail sur le même peint par Jean Clamens (1894) à l'église Saint-Joseph d'Angers.
«Pie IX proclamant saint Joseph patron de l'Église Universelle»
«Pie IX proclamant saint Joseph patron de l'Église Universelle», 1870
Atelier Vincent-Larcher. Cliquer sur le vitrail.
Panneau polychrome : «L'Adoration des mages»
Panneau polychrome : «L'Adoration des mages»
Peinture sur bois (Renaissance, XVIe siècle), chapelle Saint-Joseph
L'autel Saint-Joseph devant un vitrail consacré à la vie de Joseph
L'autel Saint-Joseph devant un vitrail consacré à la vie de Joseph
dans la chapelle du même nom
Tableau «Le Christ à la piscine probatique» de Jacques de Létin
Tableau «Le Christ à la piscine probatique»
Jacques de Létin (XVIIe siècle)

À DROITE --- »»»
Panneau polychrome : «La Naissance de la Vierge»
Peinture sur bois (Renaissance, XVIe siècle), chapelle Saint-Joseph

Panneau polychrome : «La Naissance de la Vierge»

CHAPELLE SAINT-FROBERT
Vitrail «La Fuite en Égypte» Chapelle latérale Saint-Frobert
Chapelle latérale Saint-Frobert
Elle comprend des panneaux peints des XVIe et XVIIe siècles et des œuvres de Jacques de Létin

«««--- À GAUCHE, Vitrail «La Fuite en Egypte», Atelier Vincent-Larcher (fin XIXe siècle)
Le renouveau du vitrail à la fin du XIXe s'exprime par des décors très travaillés. Cliquez sur le vitrail.
L'autel Saint-Frobert
L'autel Saint-Frobert

Panneau polychrome Renaissance : La Pentecôte (partiel)
Panneau polychrome Renaissance : La Pentecôte (partiel)

Panneau polychrome Renaissance
Panneau polychrome Renaissance
XVIe siècle
Jésus est soumis au jugement du peuple
Chapelle Saint-Frobert

Panneau polychrome sur bois, Renaissance (XVIe siècle)
Panneau polychrome sur bois, Renaissance (XVIe siècle)
La Décollation de Jean-Baptiste
Panneau polychrome sur bois, Renaissance (XVIe siècle)
Panneau polychrome sur bois, Renaissance (XVIe siècle)
Jean-Baptiste prêche dans le désert
Déambulatoire
Le déambulatoire de Saint-Rémi date du XVIe siècle.
L'église Saint-Pierre de Dreux offre aussi un magnifique déambulatoire cerné de vitraux historiés.

À DROITE, Vitrail de l'Enfant prodigue, détail ---»»»
Atelier JP Florence Heinrich, Tours 1904 .Cliquez sur le vitrail pour l'afficher en gros plan.
Vitrail de l'Enfant prodigue
Vitrail Notre-Dame des Victoires
Vitrail Notre-Dame des Victoires - Atelier Didron, 1838
L'année de création est donnée dans l'inscription du bas.
La chapelle de la Vierge
Avec ses trois beaux vitraux historiés, la chapelle de la Vierge
présente une atmosphère féérique.
Élévations droites de la nef
Élévations droites de la nef : colonnettes en forte saillie et arcades en arc brisé
Vitrail «Le Jugement dernier»
Vitrail «Le Jugement dernier», atelier Champigneulle (fin XIXe)

Les vitraux de Saint-Rémi sont tous issus des ateliers peintres verriers français du XIXe siècle. Malgré une touche artistique propre à chaque atelier, ils reflètent tous ce que les historiens appellent le renouveau de l'art du vitrail à la fin du XIXe siècle : ils comportent des scènes pleines d'expression enrichies d'une palette de couleurs chatoyantes. Le vitrail de la Fuite en Égypte en donne une illustration. L'atelier Vincent-Larcher a signé un grand vitrail historié : «Pie IX proclamant saint Joseph patron de l'Église Universelle» dans la chapelle Saint-Joseph. Le maître-verrier Champigneulle n'a réalisé qu'une seule verrière pour Saint-Rémi : le très foisonnant «Jugement dernier» donné ci-contre et sa série de diables dans les panneaux inférieurs. Le célèbre atelier d'Édouard-Amédée Didron a réalisé deux types de verrières : des verrières style XIXe (La Sainte Vierge au Rosaire) et d'autres avec la touche médiévale. Enfin l'atelier de Florence et ses associés (Lobin et Heinrich) a été très prolifique : les grands vitraux à personnages de la nef ainsi que des vitraux des chapelles du déambulatoire et certains des bas-côtés.

Vitrail «Le Jugement dernier»
Vitrail «Le Jugement dernier, l'enfer et les sept péchés capitaux »
Atelier Champigneulle (fin du XIXe siècle)

Dans le vitrail du Jugement dernier de l'atelier Champigneulle, les auteurs du carton ont laissé leur imagination créer des diables à profusion... Les péchés capitaux sont inscrits sur le corps ou sur les ailes des diables.
Détail intéressant : dans son ouvrage «Vocabulaire illustré de l'ornement» aux éditions Eyrolles, Evelyne Thomas rappelle que, dans l'iconographie chrétienne, à partir du XIIIe siècle, les ailes des anges sont couvertes de plumes tandis que

celles des êtres démoniaques sont membraneuses, comme chez les chauve-souris. On peut remarquer que l'atelier Champigneulle n'a pas tenu compte de cette règle puisqu'au moins deux démons dans le vitrail ont des ailes portant des plumes. C'est notamment le cas de celui du centre : ce diable se saisit d'un homme qui est vraisemblablement un assassin puisqu'il tient un poignard dans sa main droite.

Le chœur
Le chœur de l'église Saint-Rémi date du XVIe siècle. Il a été remanié au XIXe siècle.

Le chœur et l'abside de Saint-Rémi
Le chœur et l'abside de Saint-Rémi

À DROITE, Scènes de l'Histoire Sainte (Abraham et Moïse)
dans un vitrail de la nef
Atelier Florence (fin XIXe siècle) ---»»»
Cliquez sur le vitrail pour l'afficher dans sa totalité.
L'orgue de tribune et les parties hautes
L'orgue de tribune et les parties hautes avec les vitraux à personnages de l'atelier Florence
Vitrail Scènes de l'Histoire Sainte
Vitrail «Scènes de la vie de saint Louis»Cliquez pour voir le vitrail de la cathédrale de BloisCliquez pour voir le vitrail de la cathédrale de BloisCliquez pour voir le vitral du vœu de saint Louis à Saint-Maclou (Pontoise)
Vitrail «Scènes de la vie de Saint Louis»
Partie haute de la nef et ses vitraux
Partie haute de la nef et ses vitraux à trois lancettes à personnages (atelier Florence)
À DROITE ---»»»
Détail du vitrail du Sacré-Cœur
dans le transept sud
Atelier Florence (ex Lobin)

«««--- Les vitraux des scènes de la vie de saint Louis ont visiblement été créés à partir des mêmes cartons que ceux du chœur de la cathédrale Saint-Louis de Blois (panneaux Mansourah et Couronne d'épines). Le vitrail de gauche de la rangée inférieure illustre le vœu de saint Louis.

Détail du vitrail du Sacré-Cœur
La nef et l'orgue de tribune
La nef et l'orgue de tribune (qui date de 1853) vus depuis le chœur

Documentation : «Troyes en Champagne» de Didier Guy et Patrick Dupré, ISBN 2-913052-24-6 et article «Saint-Rémy de Troyes» de Wikipédia
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