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Page créée en 2012
et refondue en juin 2021
L'Adoration des mages par Louis Licherie, détail

L'église Saint-Jacques et Saint-Christophe offre l'exemple d'un édifice cultuel bâti exclusivement avec les dons des habitants de la ville. Ni le clergé ni les seigneurs locaux n'ont participé à son financement. Et la construction aura pris deux cent cinquante ans... Au début du XIIe siècle, il y avait à Houdan deux églises : Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Jean. La première datait du XIe siècle et se trouvait à l'emplacement de l 'église actuelle ; la seconde a disparu. Un troisième petit édifice, la chapelle Saint-Matthieu, a été détruit en 1860 pour permettre l'arrivée du chemin de fer.
Au tout début du XVIe siècle, la ville de Houdan décide de reconstruire l'église Saint-Jacques. Grâce au commerce du grain, les marchands se sont enrichis et les dons affluent. Sans oublier que le vicaire général de Chartres, évêché dont dépend Houdan, a accordé quarante jours d'indulgence aux marguillers et à tous les fidèles qui donneront pour l'église et son ornementation. En 1510, le patronyme de saint Christophe est venu s'ajouter à celui de saint Jacques.
Les historiens situent le démarrage des travaux entre 1525 et 1540 : d'abord la façade, puis la nef jusqu'au transept, de l'ouest vers l'est. Le style retenu est bien sûr celui de l'époque, à savoir le gothique flamboyant. En 1545 commence l'élévation du chœur où l'on voit un début d'influence du style Renaissance avec des chapiteaux à grotesques et à têtes humaines dans les piliers est du transept. Puis, en 1561, on façonne les terrasses des chapelles rayonnantes, des chapelles qui ne seront d'ailleurs terminées que vers 1610. Cinquante années pour les bâtir. Est-ce la conséquence des guerres de Religion qui frappent le Royaume, qui refroidissent le commerce et qui assèchent les bourses ? Quoi qu'il en soit, le style architectural est cette fois clairement le style Renaissance avec son retour à l'antique : colonnes carrées surmontées d'un bandeau en forte saillie ; absence de chapiteaux ; clés pendantes et, à l'extérieur, colonnes cylindriques séparant les chapelles. Notons qu'en 1633 la voûte du chœur s'effondre. La nouvelle ne sera achevée qu'en 1647. En 1672, on note l'installation du retable du chœur et du maître-autel, œuvres de Thomas Rousseau, menuisier à Houdan.
En 1712, on reconstruit la voûte de la nef, on refait certains piliers et le mur qui termine le transept au nord. Remarquons que le transept de l'église ne possède pas de croisillon au nord et que le clocher reste inachevé, sans doute par manque de fonds. Louis-Alexandre Clicquot commence la construction de ses grandes orgues en 1734. Mobilier et ornementation suivent : banc d'œuvre et chaire à prêcher en 1744, stalles du chœur et lutrin en 1747.
Sous la Révolution, début juin 1794, l'église Saint-Jacques est transformée en temple de la Raison. Le linteau supérieur de sa façade possède à ce titre une très rare inscription à l'Être suprême (voir plus bas). Mais tout prend fin avec la chute de Robespierre. Au XIXe siècle, on met en place de nouvelles cloches et un orgue de chœur (ce qui va conduire au délaissement de l'orgue Clicquot qui ne reprendra vie qu'en 1972).
L'église Saint-Jacques et Saint-Christophe a été classée Monument historique en 1840. Avec une construction qui s'étale sur trois siècles, du XVIe au XVIIIe, elle illustre la transition du gothique flamboyant au style Renaissance. Longue de 50 mètres, avec un intérieur assez dépouillé, elle n'en vaut pas moins la visite pour sa juxtaposition des différents styles artistiques, ses élévations gothiques, son déambulatoire Renaissance et son beau retable du maître-autel daté de 1672. On mentionnera aussi une fresque de 1582 dans la chapelle rayonnante dédiée à Notre-Dame de Montserrat.
La verrière a compté quelques œuvres du XVIe siècle. Malheureusement, il n'en reste plus aujourd'hui que des fragments insérés dans des matrices losangées en verre blanc. Cette page en donne de nombreux extraits. On pourra regarder aussi avec intérêt le grand vitrail peu banal de 1862, situé dans la chapelle Sainte-Célestine. Offert par Étienne Flèche en ex voto de sa guérison, il s'y est fait représenter avec sa famille sous les traits de saints et saintes.

Vitrail de saint Roch, XVIe siècle, détail

Vue générale de la nef avec son aspect gothique flamboyant.
Les vitraux en verre blanc assurent à l'église une exceptionnelle luminosité.
La chaire à prêcher date de 1744, le retable du chœur de 1672.
L'église Saint-Jacques vue depuis le sommet du donjon
L'église Saint-Jacques vue depuis le sommet du donjon.
L'église Saint-Jacques vue depuis la campagne au sud de la ville
L'église Saint-Jacques vue depuis la campagne au sud de la ville.
La façade occidentale
La façade occidentale.
Les personnages des voussures ont été consciencieusement martelés à la Révolution.
Seul subsiste, intact, un buste de femme à la droite de l'horloge.
Le chevet de Saint-Jacques
Le chevet Renaissance de l'église Saint-Jacques.

La façade occidentale. Du XVIe siècle, de style gothique flamboyant, elle devait être fort belle jadis avec ses statues nichées entre consoles et dais.
Sous la Révolution, en juin 1794, l'église de Houdan fut transformée en temple de la Raison. Au-dessus du portail, le linteau supérieur porte l'inscription assez rare : «LE PEUPLE FRANÇAIS RECONNOÎT L'EXISTENCE DE L'ÊTRE SUPRÊME ET DE L'IMMORTALITÉ DE L'ÂME». Le culte de l'Être suprême ne dura que cinquante jours : tout s'arrêta avec la chute de Robespierre, le 10 Thermidor de l'an II (28 juillet 1794).
Même s'il se trouvait quelques Houdanais zélés à cette époque, la ville n'eut guère à souffrir des exactions sanguinaires de la Révolution. On note seulement que toutes les têtes des personnages ornant l'archivolte furent martelées. De plus, la ville, grande place marchande de la Beauce, reçut à plusieurs reprises les injonctions de la Convention d'envoyer du blé à la capitale.
Les vantaux de bois de la double porte sont remarquables : la partie supérieure, sculptée, date de la Renaissance. Notons enfin qu'un beau buste de femme, haut perché, subsiste, intact.

La façade occidentale, Inscription révolutionnaire
«LE PEUPLE FRANÇAIS RECONNOÎT
L'EXISTENCE DE L'ÊTRE SUPRÊME
ET DE L'IMMORTALITÉ DE L'ÂME»
Cette inscription sur le linteau supérieur de la façade a été peinte sous la Terreur.
Le pignon de la façade ouest
Le pignon de la façade ouest.

Le pignon de la façade. Ce pignon très original est sans aucune doute la marque d'une profonde dévotion de la part des Houdanais du dernier âge gothique. On y trouve en effet la colonne de la flagellation entourée des fouets des bourreaux. Des personnages et des animaux fantastiques complètent le décor.

La rose de la façade
La rose de la façade.
Son dessin gothique est remarquable d'harmonie et de légèreté.
En son centre, une petite sculpture, posée entre console et dais, a disparu.
Buste de femme sur la partie droite de la façade
Situé à droite de la rose, ce très beau buste de femme
a échappé au marteau des révolutionnaires (contrairement à celui de gauche).
Faut-il y voir l'effet conjoint de sa beauté et de l'absence de signe religieux ?
Le portail de style gothique flamboyant de l'église Saint-Jacques
Le portail de style gothique flamboyant de l'église Saint-Jacques.
Première moitié du XVIe siècle.
Sculpture du portail : animal fantastique dans une frise florale
Sculpture du portail : animal fantastique dans une frise florale.
Détail d'un dais de style gothique flamboyant dans le portail
Détail d'un dais de style gothique flamboyant dans le portail.
La méticulosité des scuptures ne peut que faire regretter
les dégradations de l'époque révolutionnaire.
Frise avec animal et pampres
Frise avec animal et pampres
sur le côté du portail.
Détail des voussures de l'archivolte du portail
Détail des voussures de l'archivolte du portail.
Un personnage sans tête dans une voussure
Un personnage sans tête dans une voussure de l'archivolte du portail.
Détail des voussures de l'archivolte du portail
Détail des voussures de l'archivolte du portail.
À gauche, le personnage saisit de sa main les plis de sa robe.
Les détails de ce qui reste de cette sculpture
sont la marque de sculpteurs de haut niveau.
Détail d'un vantail : saint Christophe Partie supérieure du vantail gauche (époque Renaissance) Partie supérieure du vantail gauche.
Les vantaux sont consacrés aux Saints patrons de l'église : saint Jacques et saint Christophe.
La partie supérieure des vantaux de bois sculpté est d'époque Renaissance.

«««--- Saint Christophe porte l'Enfant sur ses épaules.
Saint Jacques le Majeur tient son bâton de pèlerin ---»»»
Détail d'un vantail : saint Jacques le Majeur
Le côté nord de l'église Le côté nord de l'église. Le transept n'a pas de de croisillon au nord.
La porte du côté nord comporte voussure et accolade La porte du côté nord comporte voussure et accolade.

STYLE GOTHIQUE FLAMBOYANT
Identité des remplages en tiers point au premier niveau, différentiation au second.

STYLE RENAISSANCE
Baies en plein cintre, simplification du dessin du remplage, colonnes monocylindriques séparant les chapelles.
LA NEF DE SAINT-JACQUES ET SAINT-CHRISTOPHE
La nef et le bas-côté nord
La nef et le bas-côté nord.
La chaire à prêcher, œuvre de Pierre Fillastre, a été achetée en 1744.

Plan de l'église Saint-Jacques et Saint-Christophe
Élévation sud de la nef (sur deux niveaux) vue depuis le transept
Élévation sud de la nef (sur deux niveaux) vue depuis le transept.

Architecture intérieure.
La longueur de Saint-Jacques-le-Majeur est de 50 mètres. On voit, sur le plan à gauche, que le chœur occupe la plus grande partie de l'édifice comme si tout avait été fait pour favoriser la déambulation des fidèles autour des reliques... qui n'ont jamais existé ici. Notons quand même que l'église était une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Le chœur affiche 28 mètres de large contre 17 pour la nef. Quant à la voûte, elle s'élève, de manière uniforme sur toute sa longueur, à 19 mètres.
La construction semble avoir commencé en 1525 par la nef qui est de style gothique flamboyant : arcades en tiers point avec intrados à moulure multiple ; absence de chapiteaux, mais retombées en pénétration sur les piles. Une mince corniche peu saillante sépare les deux niveaux de l'élévation. Le gothique flamboyant s'observe aussi dans le remplage des baies dont le dessin est identique au premier niveau. Au second, il diffère dans chaque fenêtre, tout en adoptant une forme très simple.
Le couvrement de l'église est voûté d'ogives, mais l'influence de la Renaissance se voit dès le transept avec la présence de clés pendantes. Trois photos les donnent en gros plan. On en trouve d'autres dans la voûte du chœur. Les chapiteaux du transept (qui se situent si haut qu'il faut un téléobjectif ou une paire de jumelles pour les observer vraiment) marquent aussi l'entrée dans la Renaissance : ils sont riches de grotesques et de têtes humaines. Enfin, le remplage des baies des chapelles rayonnantes a totalement abandonné le style flamboyant.
En s'étalant sur plus de deux siècles, la construction de Saint-Jacques-le-Majeur offre l'image d'une église illustrant une transition douce du style gothique vers le style Renaissance.

La voûte de l'église vue en grand angle
La voûte de l'église vue en grand angle.
Une travée de la nef
Une travée de la nef avec un vitrail typique de l'église Saint-Jacques :
un réemploi de vitraux du XVIe siècle dans une baie en verre blanc.
Ici, la baie 14 avec les saints Roch et Sébastien.
Vierge de l'Annonciation (XXe siècle)
Baie 13, détail : la Vierge de l'Annonciation.
Le tympan de cette baie reçoit une
recomposition du XXe siècle.
Vue d'ensemble de la baie 15
Baie 15 : vue d'ensemble.

Les vitraux de Saint-Jacques Le Majeur.
Même s'il n'y a jamais beaucoup de vitraux Renaissance dans l'église, ce qui nous en reste n'est malheureusement plus qu'à l'état de fragments, disséminés dans des verrières losangées dont on donne un exemple ci-contre à gauche. Ce travail de réintégration de l'ancien dans le moderne date de 1972.
Seule la baie axiale (baie 100) garde un semblant de vitrail d'origine. Datée de 1633, elle a cependant été très restaurée. On y voit une Annonciation et saint Jacques le Majeur debout avec son bâton.
Dans la nef, les baies 14, 19 et 20 sont les seules dont les lancettes abritent des fragments Renaissance (qu'on retrouve aussi dans le tympan d'ailleurs). La lancette centrale de la baie 19 n'abrite qu'un ange de petite taille, mais il est de très bonne facture. Dans les baies 13, 15 et 17, c'est exclusivement dans le tympan que l'on voit les fragments du XVIe siècle, parfois au milieu d'angelots créés au XXe siècle.
De l'époque Renaissance, le vitrail le plus intéressant est sans conteste celui de la baie 14 : il montre un saint Roch appuyé sur sa canne et un saint Sébastien couronné par deux anges. Notons encore, dans les mouchettes de la baie 19, deux fragments d'une Résurrection des morts et, au second niveau de la nef, dans la baie 116, les restes de ce qui pourrait être une Apparition du Christ à saint Hubert.
Dans le déambulatoire, la chapelle Sainte-Célestine accueille une très grande et belle verrière de 1862 offerte par Étienne Flèche en remerciement de sa guérison. Le donateur s'y est fait représenter avec sa famille. Pour être complet, la baie 7 de la chapelle Notre-Dame-de-Montserrat reçoit elle aussi un petit fragment du XVIe siècle, mais il est totalement illisible.
Le livre sur Houdan édité par le Syndicat d'Initiatives de la ville en 1982 écrit que les verrières ont toujours été une cause de soucis pour la Fabrique. Plus grave encore : «Les verrières tombent, peut-on y lire, et les entrepreneurs renoncent à en assurer l'entretien et les réparations.» En 1752, pour diminuer les coûts, les marguilliers décidèrent de murer la moitié inférieure des grandes fenêtres de la nef. Une situation qui se prolongea jusqu'en... 1968.

Baie 13, Piéta du XXe siècle dans le tympan
Baie 13, détail : Piéta du XXe siècle dans le tympan.
BAIE 14 - SAINT ROCH ET SAINT SÉBASTIEN
Fragments du XVIe siècle dans la baie 14
Baie 14 - Totalité des fragments du XVIe siècle
À gauche, saint Jacques le Majeur ; à droite, saint Sébastien couronné par les anges.
Au centre, deux colonnettes de réemplois de petits fragments Renaissance.
La partie supérieure de la baie 14 est constituée de créations du XXe siècle à thème floral. Elle n'est pas donnée dans cette page.
Saint Jacques le Majeur

Gros plans sur les visages en grisaille de la Baie 14 :
Premier tiers du XVIe siècle

Ci-dessus : saint Jacques le Majeur

À DROITE, saint Sébastien couronné par deux anges. ---»»»

Saint Sébastien couronné par deux anges
BAIE 15 - TYMPAN RENAISSANCE
BAIE 116 - FRAGMENT RENAISSANCE
Baie 15 : Fragments de vitraux du XVI siècle restaurés dans le tympan
Baie 15
: Fragments de vitraux du XVI siècle restaurés dans le tympan :
Saint Jacques le Majeur (ou saint Roch), le roi David
et un personnage non identifié.
Baie 15, le roi David
Baie 15, détail :e le roi David
XVIe siècle.
Baie 116 : fragment du XVIe siècle
Baie 116 : fragment du XVIe siècle.
Reste d'une Apparition du Christ à saint Hubert ?
CLÉS PENDANTES DE LA NEF ET DES BAS-CÔTÉS
Clé de voûte
Clé de voûte
Le gothique flamboyant de la nef et des bas-côtés s'orne de
très belles clés pendantes de style Renaissance.
Leur besoin de restauration nuit à leur éclat.
Clé de voûte
BAIE 17 - TYMPAN RENAISSANCE
Bas-côté sud et entrée dans le déambulatoire
Le bas-côté sud. La voûte est ornée de clés pendantes.
À l'arrière-plan, l'entrée dans le déambulatoire.

Baie 17, détail du tympan : Dieu le Père et les quatre prophètes qui l'entourent sont du XVIe siècle.
La partie haute (Trinité souffrante et deux anges) est du XXe siècle.

Baie 17, détail du tympan : Dieu le Père, deux angelots et deux des quatre prophètes qui l'entourent.
XVIe siècle.
Tableau : Deux anges portant l'ostensoir
Deux anges portant l'ostensoir.
Tableau anonyme, XVIIIe siècle ?

Baie 17, détail du tympan : le prophète Ézéchiel
avec une roue de ses visions. ---»»»
XVIe siècle.

Baie 17, détail : le prophète Ézéchiel
Clé pendante dans un bas-côté.
Clé pendante dans un bas-côté.
BAIE 19 - FRAGMENTS RENAISSANCE
Baie 19 : le tympan (XVIe siècle et XXe siècle)
Baie 19 : le tympan (XVIe siècle et XXe siècle).
Le Martyre de saint Étienne
Le Martyre de saint Étienne
Auteur inconnu, XVIIe siècle ?

Baie 19, tympan.
Les quatre fragments d'une Résurrection des morts (sur fond blanc) sont du milieu du XVIe siècle.
Le Christ des deux soufflets supérieurs et les anges des mouchettes du bas (tous sur fond bleu) sont du XXe siècle.

Baie 19, détail : un ange dans la lancette centrale
Baie 19, détail : Magnifique grisaille d'un ange dans la lancette centrale.
Milieu du XVIe siècle.
Baie 19, détail du tympan : deux scènes de résurrection dans des mouchettes
Baie 19, détail du tympan : deux scènes de résurrection dans des mouchettes.
Milieu du XVIe siècle.
BAIE 20 - QUATRE FRAGMENTS RENAISSANCE
Le bas-côté sud et sa verrière occidentale (baie 20)
Le bas-côté sud et sa verrière occidentale (baie 20).
Fragments de vitraux du XVIe siècle assemblés dans une verrière en verre blanc

Baie 20. Dans sa lancette centrale, cette baie abrite quatre fragments du XVIe siècle assemblés en «macédoine» et donnés à droite et à gauche, ci-contre.
Dans son tympan figure l'Agneau pascal accompagné par deux anges tenant les instruments de la Passion, le tout également du XVIe siècle.
Source : Corpus Vitrearum.

«««--- Baie 20, détails ---»»»

Fragments de vitraux du XVIe siècle
disposés en «macédoine».

Baie 20, le tympan : vue d'ensemble
Baie 20, le tympan : vue d'ensemble
XVIe siècle.

Baie 20, détail du tympan, XVIe siècle ---»»»
Deux anges portant les instruments de la Passion accompagnent l'Agneau pascal.

Baie 20, détail du tympan, XVIe siècle
La nef et son élévation sud vues du chœur
La nef et son élévation sud vues du chœur.
Au premier plan, les deux piles qui ouvrent sur le transept sont ornées de chapiteaux Renaissance.
Perchés très haut, il faut une paire de jumelles pour en observer les ornements.
Sur la gauche de la photo : le croisillon sud du transept.
Baie 20, détail du tympan : un ange portant les instruments de la Passion
Baie 20, détail du tympan :
Un ange portant les instruments de la Passion.
XVIe siècle.
LA CROISÉE DU TRANSEPT ET SES CHAPITEAUX RENAISSANCE

Croisée du transept, autel de messe et autel dédié à Notre-Dame des Sept Douleurs.

Les chapiteaux ouest de style Renaissance dans le transept : têtes humaines, têtes animales et grotesques.


Le transept vu en grand angle depuis le croisillon sud.
Un ange tenant un phylactère sur la pile sud-ouest de la croisée Un ange tenant un phylactère sur la pile sud-ouest de la croisée.

Chapiteau sud-est avec l'inscription : «1545».
La voûte du transept
Voûte de la croisée et du bas-côté sud dans le transept.
Notez les clés pendantes au sommet des ogives.
Clé pendante à la croisée du transept
Clé pendante à la croisée du transept.
Tableau d'une Piéta d'un auteur inconnu
Tableau d'une Piéta d'un auteur inconnu (XVIIIe siècle ?)
Autel de Notre-Dame des Sept Douleurs dans le transept.
Autel du XVIe siècle dans le bras sud du transept
Autel du XVIe siècle
dans le croisillon sud du transept.
Voûte en étoile du clocher dans le bras sud du transept
Voûte en étoile du clocher dans le bras sud du transept.
L'orifice pour le passage des cordes est orné de quatre clés pendantes.
LE CHŒUR DE SAINT-JACQUES ET SAINT-CHRISTOPHE
Le chœur de Saint-Jacques
Le chœur et son retable Renaissance.
On remarque que les piliers à l'arrière-plan, avec leur large entablement, sont différents des autres.
Leur construction est postérieure et les goûts ont changé.

Architecture du chœur. Une suite de grandes arcades en arc brisé sépare le chœur du déambulatoire. Les piles, qui s'élèvent jusqu'au couvrement, sont ornées de deux chapiteaux de style Renaissance : le premier reçoit la retombée des arcades ; le second reçoit celles des voûtes.
Les fenêtres hautes sont typiquement de style Renaissance, un style bien différent du gothique de la nef. Elles sont en plein cintre, mais partagées en deux moitiés par un épais meneau (photo ci-contre). Chaque moitié est à son tour coupée en deux par un meneau plus fin. Les quatre lancettes ainsi créées sont en plein cintre. Leur réunion par deux l'est aussi. Enfin, à son sommet, la fenêtre est ornée d'une clé sculptée.

Élévation du chœur
Élévation du chœur et ses fenêtres hautes de style Renaissance.
Soubassement de l'autel de messe
Le Christ et les Évangélistes dans le soubassement de l'autel de messe
XXe siècle.

Statue de saint Christophe portant l'Enfant sur la droite du retable ---»»»
Détail, XVIIe siècle

Fenêtre Renaissance dans l'élévation du chœur
Fenêtre haute de style Renaissance dans l'élévation du chœur.
Le chœur et les chapelles du déambulatoire sud
Le chœur et les chapelles du déambulatoire sud.
À l'arrière-plan, au centre, la chapelle du Souvenir
Statue de saint Christophe portant l'Enfant
LE RETABLE DU CHŒUR (1672)

Le Père céleste dans le haut du retable.
L'Adoration des mages de Louis Ligerie
«L'Adoration des Mages», 1670.
Peinture de Louis Ligerie (élève, puis collaborateur de Charles le Brun).
Le Concile de Trente a modifié la représentation de la Vierge dans la Nativité.
Elle n’est plus en prière devant l’Enfant, mais elle le présente, assise sur une sorte de trône.
Le retable du maître-autel
Le retable du chœur date de 1672.

Le retable de Thomas Rousseau, menuisier houdanais. Le tableau central est entouré de quatre colonnes cannelées de style corinthien. Ce tableau, daté de 1670, représente l'Adoration des mages. C'est l'œuvre de l'artiste houdanais Louis Licherie qui fut l'élève de Charles le Brun, puis son collaborateur. Le tableau supérieur est une gravure sur bois représentant le Père Céleste. Deux médaillons du XVIIe siècle ornent les côtés. L'un montre le Baptême du Christ, l'autre une Adoration des mages.

Anges musiciens rajoutés au retable en 1675.


L'abside avec sa voûte Renaissance. Le vitrail de la baie 100 est daté de l'année 1633.

Clé pendante dans la première travée du chœur.

Clé pendante à l'abside.

«L'Adoration des mages»
Médaillon anonyme du XVIIe siècle dans le retable du chœur.
BAIE 100 - RENAISSANCE
Baie axiale (n° 100)
Baie axiale (n° 100) : Annonciation et saint Jacques le Majeur
Année 1633.
L'Annonciation
Baie 100, détail : l'Annonciation (1633).
Saint Jacques le Majeur
Baie 100, détail : Saint Jacques le Majeur (1633).
Le voyageur se tient devant un beau paysage avec maisons et lac,
L'Ange de l'Annonciation, détail
L'Ange de l'Annonciation, détail
1633.
La Vierge de l'Annonciation, détail
La Vierge de l'Annonciation, détail.
1633.
Peinture Renaissance sur un pilier du chœur
Peinture Renaissance sur un pilier du chœur.
Le Christ en croix au-dessus du retable du chœur
Le Christ en croix au-dessus du retable du chœur.

«Le Baptême du Christ»
Médaillon anonyme du XVIIe siècle dans le retable du chœur.

«««--- Peinture Renaissance.
Sous cette peinture est inscrit en caractères gothiques :

Rappelons qu'à cette époque un povre correspond à un concept très précis : c'est une personne qui ne peut subvenir à ses besoins. Ce qui veut dire essentiellement les malades, les estropiés (souvent par faits de guerre), les vieillards et les veuves avec enfants.
Un homme en pleine santé n'est jamais un povre.
Voir l'encadré proposé sur la pauvreté à la fin du Moyen Âge à propos d'un vitrail Renaissance de la cathédrale de Bourges.

  Il ne appartient à nul hom
Tant soit il maistre ou
Grand Seigneur
se mettre au desus
du povre.
LE DÉAMBULATOIRE ET LES CHAPELLES RAYONNANTES
La chapelle rayonnante Saint-Roch et le déambulatoire nord
La chapelle rayonnante Saint-Roch et le déambulatoire nord.
Déambulatoire et chapelles rayonnantes sont de style Renaissance.
Sur tous les croisements d'ogives, les clés pendantes sont de règle.
Le déambulatoire
Le déambulatoire est de style Renaissance.
À gauche, la chapelle Saint-Joseph ; à droite, celle de la Vierge.
Chapelle axiale de la Vierge et son retable
Chapelle axiale de la Vierge et son retable.
Vierge à l'Enfant
Vierge à l'Enfant
Tableau anonyme dans une chapelle rayonnante.
XVIIIe siècle ?

Quatre chapelles rayonnantes ont une voûte remarquable. Le dessin des nervures, qu'il soit simple ou sophistiqué, fait preuve d'une belle imagination. Deux voûtes sont données ci-dessous.


Voûte de la chapelle Saint-Joseph.

Voûte de la chapelle de la Vierge.
CHAPELLE RAYONNANTE SAINTE-CÉLESTINE
Chapelle Sainte-Célestine Chapelle rayonnante Sainte-Célestine avec son retable.
On remarquera, sur la voûte, la croix peinte ornée de bas-reliefs dorés.

Croix peinte ornée de bas-reliefs sur la voûte de la chapelle Sainte-Célestine.
Saint Matthieu et l'Ange (XVIIe siècle)
Saint Matthieu et l'Ange (XVIIe siècle)
Bas-relief sur la voûte de la chapelle Sainte-Célestine.
Vitrail du XIXe siècle
Cette grande verrière date de 1862.
Le donateur, Étienne Flèche, s'y est fait représenter avec sa famille sous
les traits de sainte Célestine, saint Étienne, saint Georges et sainte Catherine.
L'inscription du bas en donne l'origine :
« CE VITRAIL A ÉTÉ OFFERT À L'ÉGLISE DE HOUDAN
PAR ÉTIENNE FLÈCHE EN RECONNAISSANCE
DE SA GUÉRISON DU VINGT OCTOBRE 1839».
Le Père Céleste Saint Jean et son aigle
Le Père céleste et, saint Jean (XVIIe siècle)
Bas-reliefs sur la voûte de la chapelle Sainte-Célestine.
CHAPELLE RAYONNANTE NOTRE-DAME DE MONTSERRAT

Chapelle rayonnante Notre-Dame de Montserrat dans le déambulatoire nord
et sa fresque de 1582.

La fresque du pèlerinage de Monserrat. Cette vaste peinture murale, datée de 1582, a été redécouverte en 1949, cachée sous un badigeon jaune, et remise en état en 1956. Elle s'étale sur 4,60 mètres de long et 4,10 mètres de haut. Composée de deux Vierges à l'Enfant, d'architecture et d'une multitude de personnages, elle représente le pèlerinage d’une trentaine de Houdanais à Notre-Dame de Montserrat (Catalogne) au XVIe siècle. Ces gens entreprirent le voyage pour demander à la Vierge de faire cesser l'épidémie de peste qui sévissait dans leur région. Survenue à Paris en août 1578 et aggravée par une épidémie de coqueluche, la peste s'était propagée tout autour de la capitale à la suite de l'exil précipité des Parisiens vers leurs demeures de l'Ile-de-France (quand ils en avaient une). Le virus voyagea avec eux. En quelques courtes années, il fit des dizaines de milliers de morts.
Au centre du dessin se tient, assise, une Vierge à l'Enfant. C'est la copie du sceau des moines du XVIe siècle, lit-on dans le livre sur Houdan édité par le Syndicat d'Initiatives en 1982. La seule différence est que, sur le sceau, l'Enfant se tient sur le genou gauche de Marie. On remarquera que la couronne de la Vierge est en dents de scie et que l'Enfant-Jésus tient lui-même une scie, rappels de l'étymologie de Monserrat (Mont scié). Une autre Vierge à l'Enfant, aux contours plus précis, mais incolore, se trouve sur la droite du dessin. Appelée Notre Dame de la Roche, elle veut rappeler la découverte à Montserrat de la statue de la Vierge dans l'anfractuosité d'un rocher.
La fresque est assez étonnante dans la personnalisation des participants car les noms sont écrits. Sans doute peut-on aussi compter sur la ressemblance des visages. On y voit des marchands et des artisans, des cordonniers et des tourneurs, mais aucun notable ni seigneur de la contrée.
Les historiens ne connaissent pas avec certitude la raison du choix de Montserrat. L'église Saint-Jacques d'Houdan était une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle (et l'est toujours). Alors pourquoi ne pas aller à Compostelle ? Pourquoi ne pas aller au Mont-Saint-Michel, plus proche et très fréquenté ? Le livre du Syndicat d'Initiatives Houdan, son histoire, ses monuments, sa vie dans le passé apporte des éléments de réponse.
Il y aurait deux explications : l'une bretonne ; l'autre normande. Après les calamités de la guerre de Cent Ans, Houdan et sa contrée sont dépeuplés. Les ducs de Bretagne (qui ont la haute main sur la région) font alors venir des populations de l'Armorique. Au début du XVIe siècle, on arrive ainsi à une estimation de 4000 Houdanais. Ce qui fait de la ville, pour l'époque, une cité importante. Les Bretons sont arrivés avec leurs us et coutumes, notamment leur dévotion à Notre-Dame de Montserrat. Cette dévotion tire sa source de l'intense prédication menée en Bretagne par saint Vincent Ferrier au XIVe siècle. L'espagnol Vincent Ferrier, originaire de Valence, développa le culte de Notre-Dame partout où il passa.
L'explication normande est à rattacher aux confréries de Charité. Ces associations avaient pour but premier d'assurer l'ensevelissement des morts (évidemment nombreux en période de peste) et de prier pour leur salut. Aux marches de la Normandie, à Évreux précisément, il y avait une chapelle dédiée à Notre Dame de Montserrat. Et vraisemblablement une confrérie lui était liée. Or des liens particuliers existaient entre Évreux et Houdan. Par exemple, un péage avait été créé à l'entrée de Houdan pour assurer l'entretien des tombeaux des Monfort dans la cathédrale d'Évreux. Mais c'est davantage dans le commerce que florissait la relation entre les deux villes : les fabricants de draps de la région d'Évreux et d'Elbeuf s'approvisionnaient en toison de mouton à Houdan. De plus, une main d'œuvre agricole descendait chaque année de cette marche de Normandie pour prendre part aux moissons et au rouissage du chanvre.
À cette époque, à Houdan, il y avait un bâtiment que l'on appelait «la maison de la Charité». Les historiens locaux en déduisent l'existence, dans la ville, d'une confrérie de Charité. Et c'est elle qui aurait eu l'idée du pèlerinage à Montserrat : le lieu était à la mode à Houdan (par le biais des anciens Bretons comme on l'a vu plus haut) et le voyage, long et pénible, pouvait être associé à une pénitence. Enfin, sur place, on obtiendrait, de la part du monastère, l'investiture d'une confrérie de Montserrat qui allait être créée à Houdan au retour des pèlerins.
En 1982, cinq Houdanais refirent le pèlerinage à pied en 45 jours. Ils en rapportèrent la «Morenata», la statue d'une Vierge noire présentant l'Enfant, donnée ci-contre.
Source : Houdan, son histoire, ses monuments, sa vie dans le passé, ouvrage édité par le Syndicat d'Initiatives de Houdan, 1982.

Deux pèlerins en prière dans la chapelle
Notre-Dame de Montserrat (fresque de 1582).
La «Morenata»
La «Morenata» : Vierge noire rapportée de Monserrat en 1982.
Deux pèlerins dans la fresque de 1582
Deux pèlerins dans la fresque de 1582.
Le pèlerinage de 1582 en Catalogne est représenté sur le mur de la chapelle de Notre-Dame de Montserrat
Le pèlerinage de 1582 en Catalogne est représenté sur le mur de la chapelle de Notre-Dame de Montserrat.
La Vierge de Monserrat est au centre de la composition
La Vierge de Monserrat est au centre de la composition.
L'Enfant-Jésus tient une scie (rappelant l'origine «Mont scié»).

Quatre pèlerins en prière dans la chapelle Notre-Dame de Montserrat.
D'après la date indiquée, ce dessin a été rajouté en 1596 sur le mur gouttereau de la chapelle.

Notre Dame de la Roche
sur la partie droite du dessin.
Le pèlerinage en Catalogne, détails de la fresque de 1582

Le pèlerinage en Catalogne, détails de la fresque de 1582.

Le pèlerinage en Catalogne, détails de la fresque de 1582
AUTRES CHAPELLES RAYONNANTES
Chapelle rayonnante du Souvenir
Chapelle du Souvenir dans le déambulatoire sud.
Chapelle rayonnante Sainte-Geneviève
Chapelle Sainte-Geneviève dans le déambulatoire sud.

Visage de la Vierge ou d'une sainte (XVIIIe siècle?)
dans un tableau d'une chapelle du déambulatoire, détail.

La rose occidentale, détail.

L'orgue Clicquot. Les célèbres grandes orgues de Saint-Jacques ont été construites en 1734 par Louis-Alexandre Clicquot, facteur d'orgues du roi. Les archives de la paroisse conservent toujours l'acte original du marché passé entre la fabrique et le facteur d'orgues. L'instrument commandé possédait 21 jeux et coûta 3200 livres à la fabrique. Cette somme devait être payée en trois fois. D'abord, mille livres le 1er septembre 1734, puis encore mille à la fête de Pâques 1735 - à la condition toutefois que l'instrument «raisonne» (terme utilisé dans le contrat). De son côté, Clicquot s'engageait à avoir terminé le tout dix-huit mois plus tard. Le contrat prévoyait de s'en remettre au jugement d'experts nommés par le curé de Saint-Jacques et les marguillers de la fabrique. Si l'orgue était reçu comme parfait et achevé, le troisième paiement de 1200 livres serait versé six mois après cet avis de bonne fin.
La construction commença dans les normes et Clicquot reçut ses deux premiers paiements. Ce qui veut dire que, à Pâques 1735, l'instrument «raisonnait». Mais, en 1738, il n'était toujours pas achevé. La fabrique, qui ne plaisantait pas, porta l'affaire en Justice. Clicquot perdit le procès et fut en plus condamné à en payer les frais.
La construction du buffet se retrouva aussi devant les tribunaux. Elle avait été confiée au maître menuisier de Houdan, Robert Lisant. Mais, outre le paiement contractuel, celui-ci exigea 425 livres supplémentaires parce qu'il avait dû bâtir un escalier et des colonnes non prévus au devis. Pour la fabrique, ces éléments allaient de soi et n'avaient pas à être inscrits au devis. La Justice donna gain de cause au menuisier. Ces tracasseries retardèrent la réception de l'orgue qui n'eut lieu qu'en avril 1739. On se servait pourtant de l'instrument depuis Pâques 1735...
Le premier organiste, un certain Nicolas Simon, venait de Picardie. Quelques termes de son contrat méritent d'être cités : il reçut 200 livres d'appointement annuel avec exemption de taille et de capitation, ainsi que la suppression de l'obligation de loger les gens de guerre. Après lui, trois autres se succédèrent. On sait que, en 1772, l'organiste en place (un quatrième) s'appelait Saint-Clerc. Il était marchand mercier et, cette année-là, reçut 300 livres pour ses bons services. Fait notable : c'est grâce à lui que la Révolution épargna les grandes orgues de Clicquot. Saint-Clerc plaida habilement que l'orgue était un instrument de valeur et qu'il fallait le conserver pour la postérité. Il eut la chance d'être écouté. Le musicien reprit son poste en 1795, jouant bénévolement. Ce n'est qu'en 1802 que la fabrique recommença à le rétribuer. L'organiste assura sa charge jusqu'à sa mort survenue en 1818. Ensuite, ce sont deux femmes qui se succédèrent au poste de titulaire des orgues.
L'orgue subit une première restauration en 1772. Exécutée par un facteur rouennais, celle-ci n'eut aucune incidence sur la structure de l'instrument qui ne fut en rien modifiée. En 1819, madame Imbaut, l'organiste titulaire, suscita une nouvelle restauration et en chargea une de ses relations, le facteur Momigny de Châteaudun. Mais, en 1873, le contexte musical de l'église se modifia complètement : le chœur de Saint-Jacques reçut un orgue de deux claviers et douze jeux répondant au goût du XIXe siècle. Conséquence : l'orgue de tribune fut délaissé et, au début du XXe siècle, il était devenu pratiquement inutilisable.
En 1931, le curé de l'église, sans doute chagriné de la décrépitude de l'instrument, voulut le faire moderniser. Il fit appel au facteur Jules Boissier de Dijon qui, malheureusement, avait «la réputation d'avoir massacré plusieurs orgues historiques», lit-on dans la note affichée dans l'église. Coup du sort providentiel, le curé décéda peu après et les travaux purent être énergiquement interrompus. Les successeurs à la cure connaissaient la réputation de Boissier. La situation était donc gelée. «Les tuyaux restèrent entassés en vrac sur la tribune», lit-on encore dans la note.
Après 1945, les Monuments historiques lancèrent la restauration des vitraux, ce qui conduisit la municipalité à relancer l'idée de rétablir les grandes orgues dans leur splendeur passée. On prit avis, on délibéra. Finalement, la tâche, qui se révélait ardue, fut confiée à des connaisseurs : Robert et Jean Loup Boisseau, facteurs d'orgue à Poitiers, spécialistes de Clicquot et chargés, entre autres, de l'entretien des grandes orgues de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers et de celles de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Cette restauration suscita un grand enthousiasme parmi les Houdanais et des souscriptions furent organisées. L'Administration des Beaux Arts n'apporta aucune aide. Enfin, en 1972, en présence de madame Georges Pompidou, le nouvel instrument résonna comme il l'avait fait au XVIIIe siècle.
Les orgues de Saint-Jacques suscitèrent aussitôt l'engouement des organistes dans le monde entier. Non seulement ses qualités avaient été reconnues comme exceptionnelles dès les années 1750, non seulement l'instrument avait été construit en réutilisant du matériel issu de l'orgue Desenclos Carouge, datant de 1667, de la chapelle de la Charité à Paris, mais les restaurateurs des années 1960 avaient scrupuleusement respecté l'authenticité de l'instrument, refusant de céder à la mode de l'époque qui voulait qu'on modernisât les orgues de manière à y jouer les partitions modernes.
Les orgues Clicquot de Saint-Jacques comptent parmi les orgues les plus anciennes de France. Elles utilisent une excellente mécanique ancienne qui permet de réaliser des prouesses inaccessibles aux instruments modernes. On lit dans la note de l'église : «Houdan est un des rares endroits où l'on peut exécuter et entendre la musique d'orgue des 17e et 18e siècles comme pouvaient le faire les gens qui vivaient à cette époque. (...) Dans le domaine sonore proprement dit, l'orgue a gardé le diapason ancien et est accordé, comme à l'origine, au tempérament inégal.»
Source : note affichée dans l'église.

L'orgue de Louis-Alexandre Cliquot
L'orgue de Cliquot est daté de 1739.
Le buffet d'orgue a été créé par le menuisier houdanais Robert Lisant.

«Christ de pitié», tableau d'un auteur anonyme, XVIIIe siècle ?
La nef vue du maître-autel
La nef de Saint-Jacques-le-Majeur vue du maître-autel.

Documentation : Panneaux affichés dans la nef
+ «Houdan, son histoire, ses monuments, sa vie dans le passé», édité par le Syndicat d'Initiatives de Houdan, 1982
+ «Les vitraux de la Région Parisienne et de Picardie», CORPUS VITREARUM, éditions du CNRS, 1978
+ site Internet de la paroisse Saint-Jacques.
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