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Page créée en août 2018
«Le Christ au jardin des Oliviers», tableau anonyme, XVIIIe siècle, détail

L'église Saint-Jacques de Lunéville est un édifice récent, lié à l'existence de l'ancienne abbaye Saint-Remy toute proche. Cette abbaye de moines bénédictins, fondée par un comte de la maison de Metz, Fulmar-le-Vieil, en 999, remonte aux origines de l'histoire de la ville. En 1034, les bénédictins laissent la place à des moniales, remplacées à leur tour par des chanoines réguliers de Saint-Augustin en 1135. L'histoire de Lunéville est ensuite très agitée : guerres entre Bourguignons et Lorrains, catholiques et réformés, Bourbons et Habsbourgs. Lors de multiples campagnes, la soldatesque passe dans la ville ou sous ses remparts, s'enferme dans le château, le libère, évacue la cité ou l'assiège. Lunéville change de maître au son du canon. En 1641, elle est aux mains de Louis XIII, mais Charles IV, duc de Lorraine, fait bientôt son retour. Dans l'Histoire des villes de France, l'historien Aristide Guilbert écrit : «Cependant, une misère horrible était répandue partout au milieu de ces cruelles vicissitudes de la guerre. Aux environs de la ville, les loups dévastaient la campagne, et, à l'intérieur, une famine si affreuse en décimait chaque jour la population, qu'on déterrait les cadavres pour les dévorer.» Pour fermer le ban, en 1678, l'armée française envahit le duché. Louis XIV fit démanteler les fortifications et raser le château.
Évidemment, au cours de cette période tumultueuse, la discipline du monastère Saint-Remy se relâcha gravement. En 1622, l'évêque de Toul y envoya Pierre Fourier pour la reprendre en main et lui imposer, dans le cadre de la réforme catholique, la réforme des chanoines dont les règles avaient été édictées par Pierre Fourier lui-même. Saint-Remy sera la première maison de la Congrégation de Notre-Sauveur, approuvée par Rome en 1625 et agent dynamique de la Contre-Réforme.
En 1703, les Français occupèrent Nancy. Conséquence : Lunéville devint une capitale et le château ducal fut entièrement rebâti. Cette mesure entraîna un renouveau architectural qui vint se greffer sur la frénésie de reconstruction dont faisait preuve le clergé lorrain depuis le début du XVIIIe siècle. À ce titre, François III étant duc de Lorraine, la première pierre d'un nouvel ensemble monastique fut posée à Lunéville le 19 juillet 1730. Mais, faute d'argent, le chantier fut interrompu.
En 1737, le roi Stanislas Lezsczynski fut l'un des vaincus de la guerre de Succession de Pologne. En compensation de la perte de son trône, un règlement européen lui offrit les duchés de Lorraine et de Bar (tandis que François III devenait grand-duc de Toscane). La politique du nouveau duc fut bienveillante. En 1743, s'intéressant à l'abbaye, il proposa d'y transférer l'église paroissiale Saint-Jacques, l'ancienne étant très délabrée. La nouvelle église serait donc à la fois abbatiale et paroissiale. Mais beaucoup doutèrent de cette possibilité : comment faire concilier deux offices différents? Sans oublier le partage des tours et des cloches : une tour pour les moines, une tour pour la paroisse... Pour faire taire les réticences, Stanislas ouvrit sa bourse et fit détruire l'ancienne paroissiale. La nouvelle église Saint-Remy-Saint-Jacques, de style baroque et dont l'abside était enserrée dans les bâtiments de l'abbaye, fut consacrée en octobre 1745.
À la Révolution, l'abbaye fut supprimée. L'église perdit son appellation d'abbatiale et devint simplement «Saint-Jacques».
Dans son état actuel, l'édifice, coloré d'un beau jaune Marie-Thérèse, est assez sobre. La décoration rocaille de ses chapiteaux et des pendentifs de sa croisée lui apporte une touche artistique d'agréable facture. Signalons la présence de nombreux tableaux des XVIIIe siècle et postérieurs, abondamment reproduits dans cette page. L'église Saint-Jacques possède encore ses grandes verrières du XVIIIe siècle que les guerres du XXe n'ont pas endommagées. Enfin, on notera qu'Émilie du Châtelet, mathématicienne et maîtresse de Voltaire, repose dans l'entrée de l'église.

«Institution du Rosaire», tableau attribué à Van Schuppen, vers 1730, détail
Vue de la nef et du chœur de Saint–Jacques
Vue de la nef et du chœur de Saint-Jacques.
Dès l'entrée, le visiteur est frappé par la couleur jaune Marie-Thérèse qui domine dans l'intérieur de l'édifice.
La façade de l'église Saint-Jacques.
La façade de l'église Saint-Jacques.
Les tours de 58 mètres de haut dominent la ville.
Le côté sud de l'église
Le côté sud de l'église et ses grandes fenêtres en plein cintre.
L'Hôtel de ville de Lunéville (anciens bâtiments de l'abbaye Saint-Remy) cache en grande partie le chevet de l'église
L'Hôtel de ville de Lunéville (anciens bâtiments de l'abbaye Saint-Remy) cache en grande partie le chevet de l'église.
Statue de saint Népomucène sur le clocher
Statue de saint Népomucène sur le clocher.
Œuvre de Barthélemy Guibal (XVIIe siècle).

Architecture extérieure. Au premier coup d'œil, la façade de l'église Saint-Jacques paraît bien ramassée par rapport à la hauteur des deux tours qui la surmontent. Cette façade, très sobre, suit un ordre colossal ionique. Bien que soulignée par un avant-corps, elle semble être tout d'une pièce. En fait, elle annonce l'organisation spatiale interne : celle d'une église-halle. Le fronton, orné d'aigles et d'étendards sculptés, est porté par deux colonnes jumelées. Quant au groupe de l'horloge qui remplit le vide entre les deux tours, il n'a été érigé qu'en 1749. Et aux frais des habitants de la ville, alors que la plus grosse partie de la construction a été financée par le roi Stanislas.
La consécration de l'édifice a eu lieu le 2 octobre 1745 - les ouvriers s'activaient encore à la construction des tours. Les lanternons qui les coiffent - et qui culminent à 52 mètres - sont inspirés de ceux de la cathédrale de Nancy, mais dans une version rocaille.
La conception initiale de l'église - et de la façade - est due à Nicolas Jennesson. Celui-ci a ensuite été supplanté par Emmanuel Héré, dans des conditions restées obscures. Héré a remplacé les clochers bulbeux du plan initial par des lanternons. C'est également sur ses directives que les statues de saint Michel et de saint Jean Népomucène ont pris la place de celles de la Foi et de l'Espérance, prévues dans le plan initial pour le couronnement des tours. Les statues ont été ciselées par Barthélemy Guibal (1699-1757), sculpteur né à Nîmes et qui s'était fixé à Lunéville en 1720.
Source : Congrès archéologique de France, Nancy & Lorraine méridionale, article sur l'église Saint-Jacques de Lunéville par Pierre Sesmat, 2006

Le fronton de la façade.
Le fronton de la façade.
Surmonté de quatre angelots, il est orné d'emblèmes guerriers : aigles, faisceaux, étendards. Il rappelle le fronton de l'Hôtel de ville de Nancy.
LA NEF ET SES GRANDES FENÊTRES
La nef et le bas–côté sud avec ses colonnes cylindriques très sobres et ses grandes fenêtres.
La nef et le bas-côté sud avec ses colonnes cylindriques très sobres et ses grandes fenêtres.

Architecture intérieure. L'église Saint-Jacques se compose de deux parties distinctes : 1) le chœur et le transept forment un ensemble cohérent de trois absides à peu près identiques (la travée droite du chœur étant un peu plus profonde que celles des croisillons nord et sud) ; 2) la nef et ses deux bas-côtés constituent à eux trois une nef-halle. Si le vaisseau central accuse une hauteur imposante de 19,30 mètres, c'est néanmoins la largeur des trois vaisseaux qui retient l'attention. Vaisseau central : 10 mètres, bas-côtés : 6 mètres. Cette largeur des allées latérales donne l'impression que les murs gouttereaux ont été rejetés le plus loin possible vers l'extérieur. Conséquence : les fenêtres sont insérées, entre les piles qui servent de contreforts, dans un large ébrasement concave qui assure un maximum de lumière, une lumière que les vitraux en verre blanc n'obstruent pas (voir plus bas). Autre point remarquable : vaisseau central et collatéraux n'utilisent qu'un seul type de voûtement, une voûte en pendentifs scandée d'arcs-doubleaux peints en jaune Marie-Thérèse. De la sorte, la différence de hauteur entre vaisseau central (19,30m) et collatéraux (16,70m) passe inaperçue.
L'historien Pierre Sesmat écrit dans son étude de l'église pour le Congrès archéologique de France tenu à Nancy en 2006 : «Ainsi Saint-Jacques paraît juxtaposer deux types d'architecture différents. C'est que, lors de sa conception, les bâtisseurs ont vraisemblablement voulu concilier deux références. Le dispositif du chœur et du transept est visiblement inspiré de la cathédrale de Nancy et met en valeur le statut de Saint-Remy-Saint-Jacques comme principale église de Lunéville, capitale politique. Quant à la nef-halle, sa référence se trouve dans les grandes abbatiales lorraines des ordres réformés dont les chantiers viennent de s'achever et qui n'ont pas manqué d'impressionner par leur nouveauté.» Pierre Sesmat fait référence à l'abbatiale Saint-Clément de Metz, l'abbatiale de Saint-Mihiel, celle d'Autrey et surtout celle des Prémontrés à Pont-à-Mousson. À propos de la nef-halle,  ---»»

La Piéta du monument aux morts
La Piéta du monument aux morts.
Plan de l'église Saint-Jacques
Plan de l'église Saint-Jacques.

---»»  l'historien questionne : «On doit s'interroger sur les motifs qui ont poussé les promoteurs religieux de tous ces édifices à adopter l'église-halle : s'agit-il d'un simple phénomène de mode ou bien ne pourrait-on pas émettre l'hypothèse que le type spatial de la halle fonctionne comme une sorte d'emblème propre aux religieux lorrains des siècles classiques, comme un signe d'appartenance à la réforme catholique? En tout cas, cette double référence à des édifices majeurs lorrains démontre clairement l'ambition du projet de Saint-Remy-Saint-Jacques».
Au niveau artistique, les six colonnes ioniques qui bordent le vaisseau central sont surmontées de chapiteaux baroques (voir un exemple plus bas), fortement inspirés par le style en vogue en Europe centrale : on y reconnaît sans conteste le goût artistique du roi Stanislas. Il en va de même dans le chœur et le transept.
Source : Congrès archéologique de France, Nancy & Lorraine méridionale, article sur l'église Saint-Jacques de Lunéville par Pierre Sesmat, 2006.

Le tympan du monument aux morts : un ange veille sur un mort de la Grande Guerre (sculpteurs Huel, Wolf et Martin).
Le tympan du monument aux morts : un ange veille sur un mort de la Grande Guerre.
(Sculpteurs Huel, Wolf et Martin).
Tambour de la porte, milieu du XVIIIe siècle
Le tambour de la porte est attribué à François Vallier
(milieu du XVIIIe siècle).
Le bas-côté sud et le monument aux morts.
Le bas-côté sud et le monument aux morts.
Emplacement de la tombe d'Émilie du Châtelet (1706-1749).
Emplacement de la tombe d'Émilie du Châtelet (1706-1749).
L'autel Saint-Joseph est à l'arrière-plan.

Émilie du Châtelet (1706-1749) est une mathématicienne et physicienne française qui fut un temps la maîtresse de Voltaire. Sa traduction des Principia Mathematica de Newton a fait sa renommée. Elle arrive à Lunéville, à la cour du roi Stanislas en 1746. Et meurt le 10 septembre. 1749, à 42 ans, six jours après avoir mis au monde une fille, qui meurt le même jour que sa mère. Elle repose sous la dalle noire de la photo ci-dessus.

Les verrières de l'église Saint-Jacques.
L'église de Lunéville a la particularité de posséder encore ses vitraux du XVIIIe siècle (à part deux vitraux des années 1870 dans le chœur, voir plus bas). Ces vitraux du XVIIIe sont remarquables à plus titre. En effet, ils illustrent la volonté des chanoines de l'époque de tirer un trait sur les vitraux historiés plus ou moins opaques afin de voir clair dans leur église et de pouvoir y lire bréviaires ou Bible. Ce phénomène français s'est soldé, en partie, par la dépose des vitraux anciens et, en partie aussi, par leur destruction pure et simple.
Les nouveaux vitraux étaient en verre blanc caractérisé par un circuit de plomb multipliant les figures géométriques savantes. Les deux photos ci-dessous en donnent un bon aperçu. Seul le bord du vitrail pouvait faire l'objet d'une certaine recherche artistique. La frise accueillait fleurs, coquilles, rinceaux et médaillons qui se mariaient les uns aux autres, en se gardant bien de trop déborder sur la partie vive de la verrière. Parfois, le haut du tympan bénéficiait d'un décor plus travaillé, comme le montre le visage du chérubin donné ci-contre. La conséquence fut rapide : le savoir-faire français dans l'art du vitrail s'appauvrit, puis disparu. Au XVIIIe siècle, les verrières en place à la cathédrale Notre-Dame de Rouen obéissaient à cet impératif du verre blanc. Quand la seconde guerre mondiale éclata, les services municipaux et ceux du Patrimoine ne jugèrent pas utile de les déposer : la tâche aurait été trop fastidieuse pour la perte artistique toute relative qu'on acceptait de subir. Et, de fait, ces vitraux ont bel et bien été tous détruits par le souffle des explosions lors des combats de l'été 1944...
Si les vitraux du XVIIIe siècle inondaient de lumière les nefs et les chapelles, on s'aperçut bien vite qu'ils ne favorisaient en aucun cas le recueillement et la prière des fidèles. Le clergé en vint donc à installer des rideaux pour atténuer cette lumière envahissante. Au fil des décennies, évidemment, l'état de ces étoffes se dégrada. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, avec le renouveau du vitrail en France qui suivit l'arrivée de maîtres verriers anglais (voir la chapelle royale des Orléans à Dreux, les églises Sainte-Élisabeth et Saint-Laurent à Paris), on en revint à la pratique des vitraux colorés figuratifs.

Vitrail du XVIIIe siècle
Vitrail du XVIIIe siècle :
la priorité est donnée à la lumière.
Vitrail du XVIIIe siècle : la frise du bord
Vitrail du XVIIIe siècle
la frise rocaille du bord.

Saint Pierre Fourrier (1565-1640) est l'un des saint lorrains les plus importants par son œuvre monastique et la part qu'il prit à l'édification de la Réforme catholique. Au XVIe siècle et jusqu'au début du XVIIe, à une époque de famines et de peste, la région de Lunéville est en plus frappée par le passage fréquent de la soldatesque : les armées des Bourbon guerroient sans cesse contre celles des Habsbourg. La discipline du monastère Saint-Rémy se relâche. Pierre Fourier y est envoyé par l'évêque de Toul en 1622 pour réformer l'abbaye : elle deviendra la première maison de la Congrégation de Notre-Sauveur.

Vitrail du XVIIIe siècle, détail du tympan
Tympan d'un vitrail du XVIIIe siècle.
Le sommet du tympan bénéficie d'une décoration rocaille que l'on retrouve au bas du vitrail et sur les côtés.
C'est le maximum que l'on puisse faire pour ne pas boucher le passage de la lumière.
Autel secondaire Saint-Joseph dans le bas-côté nord
Autel secondaire Saint-Joseph dans le bas-côté nord.
Cénotaphe du roi Stanislas Leszczynski
Cénotaphe du roi Stanislas Leszczynski
dans le bas-côté nord.

L'inscription indique :
«À Stanislas Leszczynski.
Roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar.
Décédé à Lunéville le 23 février 1766.
Les entrailles de ce bon roi,
surnommé le Bienfaisant,
ont été déposées dans ce monument.»
«Saint Pierre Fourier»
«Saint Pierre Fourier»
Tableau anonyme, 1731.
«Saint Bruno»«Saint Bruno»
Tableau de F. Bilet ou Bilge, 1732.
Statue de saint Joseph par Seyer, fin du XIXe siècle
Statue de saint Joseph par Seyer, fin du XIXe siècle
Autel secondaire Saint-Joseph.
«Le Christ au jardin des Oliviers», détail
«Le Christ au jardin des Oliviers», détail.
Le regard du Christ, à la fois dirigé vers l'ange et vers le Père,
confère à ce tableau une force tragique exceptionnelle.
Chapiteau baroque dans le goût du baroque d'Europe de l'Est
Chapiteau ornant un pilier dans le goût du baroque d'Europe centrale.
Le baptistère avec une toile du baptême du Christ (anonyme, XVIIIe siècle)
Le baptistère avec un toile du baptême du Christ (anonyme, XVIIIe siècle).
«Le Christ au jardin des Oliviers»
«Annonciation»
«Annonciation»
Tableau anonyme du XVIIIe siècle.

Le Christ au jardin des Oliviers.
Ce tableau du XVIIIe siècle, qui reste anonyme, peut être regardé comme un chef-d'œuvre. C'est une toile imposante de 2 mètres sur 1,50 mètre.
Le questionnement tragique du Christ, soutenu par un ange, rappelle le tableau d'Eugène Delacroix à l'église Saint-Paul-Saint-Louis de Paris. Delacroix a peint un Christ déchiré entre son devoir divin et son supplice à venir en tant qu'être de chair.
Dans la peinture anonyme ci-contre, le caractère à la fois tragique et pathétique de la scène vient du fait que le Christ détourne son regard du calice qui vient d'apparaître, à contre-jour, sur le rocher. Comme il le sait lui-même, ce calice est destiné à recevoir son sang, dans une des symboliques les plus fortes du christianisme. L'ange qui le soutient lui rappelle doucement son devoir en désignant ce calice d'un doigt de sa main gauche.
Le gros plan à gauche permet de mieux appréhender le puissant regard du Christ qui, levant les yeux vers le Ciel, interroge son Père. Dans la toile de Delacroix à l'église Saint-Paul-Saint-Louis, le peintre a choisi une autre posture : le Christ, pratiquement couché, accepte son sort en levant un bras vers son Père, tout en baissant la tête, résigné. Ici, la symbolique du calice, futur réceptacle de son sacrifice pour sauver l'humanité, dégage plus de force. Et ce symbole est encore accentué par la lumière qui illumine le visage du Christ et l'épaule de l'ange : cette lumière vient tout entière du calice qui se dresse sur le rocher.
Selon la base Palissy, la toile a été restaurée peu avant 1935.

«««--- À GAUCHE
«Le Christ au jardin des Oliviers»
Tableau anonyme du XVIIIe siècle.
La chaire à prêcher de François Vallier, 1745
La chaire à prêcher de François Vallier, 1745.
«Décapitation de saint Jacques»
«Décapitation de saint Jacques»
Tableau anonyme du XVIIIe siècle.
Guirlandes et têtes de chérubins ornent l'abat–son de la chaire à prêcher
Guirlandes et têtes de chérubins ornent l'abat-son de la chaire à prêcher.
La chaire, créée par François Vallier, date de 1745.
«Saint François de Paule»
«Saint François de Paule»
Tableau anonyme du XVIIIe siècle.
Détail de la sculpture en stuc sur un pilier de la croisée
Détail de la sculpture en stuc sur un pilier de la croisée.
À DROITE ---»»»
Saint Ambroise
Cuve de la chaire à prêcher (1745).
Saint Jérôme
Saint Jérôme
Cuve de la chaire à prêcher (1745).
Saint Augustin
Saint Augustin
Cuve de la chaire à prêcher (1745).
Saint Ambroise
LE TRANSEPT ET SA DÉCORATION EN STUC
Le transept avec l'autel de messe et le retable du croisillon sud (dédié au Sacré–Cœur)
Le transept avec l'autel de messe et le retable du croisillon sud (dédié au Sacré-Cœur).
Le haut des piliers et des pilastres est orné d'un décor baroque rappelant le style en vogue en Europe centrale.
«Christ en croix»
«Christ en croix»
Tableau de Jean Girardet (milieu du XVIIIe siècle).
Le taureau de Luc (stuc)
Le taureau de Luc (stuc)
sur la voûte de la croisée.
La statue du Sacré-Cœur, détail
La statue du Sacré-Cœur, détail
Œuvre de Victor Hue (fin du XIXe siècle).
La Vierge à l'Enfant
La Vierge à l'Enfant
Statue de Victor Huel (1886) dans le croisillon nord.
À DROITE ---»»»
«Le Christ apparaissant à saint Jean de la Croix»
Tableau de Charles Mulnier, 2e moitié du XVIIIe siècle.

Le transept. C'est grâce au soutien financier du roi Stanislas Leszczynski que l'église de l'abbaye Saint-Rémy de Lunéville put être achevée. Le goût du roi pour le baroque d'Europe centrale a laissé sa trace dans l'édifice. On le voit de façon frappante au niveau du transept et, plus particulièrement de la croisée. Les quatre pendentifs qui la soutiennent sont ornés d'un décor en stuc exubérant où les angelots, les guirlandes, les fleurs et les livres accompagnent les symboles des quatre évangélistes (voir le taureau de Luc ci-dessous à gauche).
C'est aussi sur la voûte de la croisée que figurent quatre médaillons rappelant la générosité du roi. L'un d'entre eux est donné ci-dessous à droite. Enfin, la voûte des croisillons reçoit en son centre un décor en stuc représentant soit les instruments du culte, soit les attributs épiscopaux.

Croisillon nord du transept : les attributs épiscopaux
Croisillon nord du transept : les attributs épiscopaux.
La voûte de la croisée et du croisillon sud du transept
La voûte de la croisée et du croisillon sud du transept.
Retable du Sacré-Cœur (stuc et marbre)
Retable du Sacré-Cœur (stuc et marbre)
dans le croisillon sud du transept.
Le retable est dû à Louis et Joseph Mansiaux (milieu du XVIIIe siècle).
La statue du Sacré-Cœur est de Victor Huel (fin du XIXe siècle).
«Le Christ apparaissant à saint Jean de la Croix»
La croisée, le chœur et le croisillon sud
La croisée, le chœur et le croisillon sud.
«Institution du Rosaire»
«Institution du Rosaire»
Tableau attribué à Van Schuppen (vers 1730).
Les instruments du culte, en stuc, décorent la voûte de l'abside
Les instruments du culte, en stuc
décorent la voûte du croisillon sud du transept.
«Stanislas, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar»
«Stanislas , roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar»,
Écusson dans la voûte de la croisée.
«Calvaire»
«Calvaire»
Tableau de Franz-Pieter Grebber (1630).
La croisée et le croisillon nord du transept
La croisée et le croisillon nord du transept.
La Vierge à l'Enfant, détail
La Vierge à l'Enfant, détail.
Statue de Victor Huel (1886) dans le croisillon nord.
«Trinité et Sainte Famille»
«Trinité et Sainte Famille»
Tableau anonyme.
«Saint Joseph portant l'Enfant Jésus»
«Saint Joseph portant l'Enfant Jésus»
Tableau de Jean Girardet, 1ère moitié du XVIIIe siècle.
«Saint Joseph portant l'Enfant Jésus», détail
«Saint Joseph portant l'Enfant Jésus», détail
Tableau de Jean Girardet, 1ère moitié du XVIIIe siècle.
LE CHŒUR
Le chœur de l'église Saint-Jacques
L'autel de messe à la croisée et le chœur de l'église Saint-Jacques.
«Sainte Famille et saint Ignace»
«Sainte Famille et saint Ignace»
Tableau anonyme (début du XVIIIe siècle).
«Sainte Catherine d'Alexandrie défendant sa foi devant les docteurs»
«Sainte Catherine d'Alexandrie défendant sa foi devant les docteurs»
Fresque de Jean Girardet (milieu du XVIIIe siècle).
Le chœur est éclairé par deux vitraux au nord et au sud

Le chœur se présente sous la même forme que les croisillons nord et sud : une travée droite couverte d'une voûte en pendentifs et une extrémité semi-circulaire. Si les croisillons possèdent trois ouvertures assez lumineuses, l'abside du chœur n'en possède que deux. Encore sont-elles mal éclairées car elles donnent sur des cours étroites. De plus, l'Hôtel de ville, sur le chevet, fait obstacle à la lumière.
La baie axiale accueille une peinture de Jean Girardet : Le Baptême de Clovis. Les deux autres baies reçoivent les deux seuls vitraux historiés de l'église, relatant deux épisodes de la vie de saint Jacques, apôtre (atelier Maréchal de Metz), vers 1870.
Artistiquement, le chœur est d'essence baroque, scandé de grandes bandes verticales peintes en jaune Marie-Thérèse. Les lambris et les stalles qui encadrent le maître-autel sont l'une des richesses de l'édifice. Ils ont été créés par François Vallier, vers 1745. En revanche, le maître-autel est plus ancien. C'est même la seule partie du mobilier qui vienne de l'ancienne église Saint-Jacques, détruite vers 1746. Il est en marbre et a été réalisé par Renoult en 1713.

Détail des boiseries du chœur
Détail des boiseries du chœur.
Elles sont l'œuvre de François Vallier, vers 1745.
«Le Christ et sa mère, Piéta», détail
«Le Christ et sa mère, Piéta», détail.
Pierre polychrome XVe siècle.
«Le Christ et sa mère, Piéta»
«Le Christ et sa mère, Piéta»
Pierre polychrome XVe siècle.
Détail des boiseries du chœur
Détail des boiseries du chœur.
«Saint Hyacinthe»
«Saint Hyacinthe»
Tableau anonyme du XVIIIe siècle
(Hyacinthe sauve la Sainte Réserve et la statue de la Vierge
lors de la prise de Kiev par les Tartares.)
Vitrail du XVIIIe siècle à formes géométriques
Vitrail du XVIIIe siècle
à formes géométriques.

Saint Hyacinthe est un moine dominicain du XIIIe siècle qui reçut la charge d'évangéliser les peuples de l'Europe de l'Est. Dans la toile ci-dessus, les Tartares attaquent Kiev. Une partie de la ville est en flammes. Hyacinthe sauve la Sainte Réserve et une statue de la Vierge qui aurait eu la particularité d'être plus lourde que lui.
Cette histoire n'est guère traitée en Europe occidentale où saint Hyacinthe est quasiment ignoré. Cependant, il est vénéré en Pologne. C'est sans doute au fait que Stanislas Leszczynski avait pu continuer à porter le titre de roi de Pologne durant son exil en Lorraine que l'on doit la présence de cette toile dans l'église Saint-Jacques.

«««--- À GAUCHE
Le chœur est éclairé par deux vitraux au nord et au sud.
Une fresque de Jean Girardet (Le Baptême du Christ) remplace le vitrail axial.
«Saint Antoine de Padoue»
«Saint Antoine de Padoue»
Tableau de 1653.
Les armoiries d'Étienne de la Tour (1621-1692), fils du peintre,
sont visibles sur la droite.
Le maître-autel et les boiseries de 1745
Le maître-autel de 1713 et les boiseries de 1745.
«Saint Rémy baptisant Clovis»
«Saint Rémy baptisant Clovis»
Fresque de Jean Girardet (milieu du XVIIIe siècle).
Cette fresque occupe la baie axiale du chœur.
«La Vocation de saint Jacques»
«La Vocation de saint Jacques»
Vitrail de l'atelier Maréchal de Metz
(vers 1870).
«La Vocation de saint Jacques», détail
«La Vocation de saint Jacques», détail.
Vitrail de l'Atelier Maréchal de Metz (vers 1870).
«Saint Augustin et les religieuses de la congrégation Notre–Dame»
«Saint Augustin et les religieuses de la congrégation Notre-Dame»
Tableau anonyme de 1730.
«L'Arrestation de saint Jacques», détail
«L'Arrestation de saint Jacques», détail.
Vitrail de l'atelier Maréchal de Metz, vers 1870.
Saint Jacques est l'un des deux apôtres vénérés à Compostelle.
«La Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste»
«La Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste»
Tableau anonyme du XVIIIe ou XIXe siècle.
La croisée et la nef
La croisée et la nef.

Les vitraux XIXe siècle. L'atelier Maréchal de Metz a réalisé les deux vitraux de l'abside vers 1870. Ils sont consacrés à deux épisodes de la vie de saint Jacques : sa vocation et son arrestation. Les gros plans donnés dans cette page montrent que ce sont des vitraux-tableaux : une scène de grande ampleur est découpée par un quadrillage régulier de barlotières. On remarquera que l'atelier a respecté le style rocaille de l'église dans les tympans des verrières. Le gros plan donné plus bas en donne une illustration.
Détail pratique : la présence de l'Hôtel de Ville contre le chevet (voir photo plus haut) perturbe totalement la mesure colorimétrique calculée par les appareils photos numériques. Le haut est surexposé alors que le bas est plongé dans la pénombre.

«L'Arrestation de saint Jacques»
«L'Arrestation de saint Jacques»
Vitrail de l'atelier Maréchal de Metz
(vers 1870).
«La Vocation de saint Jacques», le tympan
«La Vocation de saint Jacques», le tympan du vitrail reproduit le style rocaille de l'église.
Vitrail de l'atelier Maréchal de Metz (vers 1870).
«Saint Rémy baptisant Clovis», détail
«Saint Rémy baptisant Clovis», détail
Fresque de Jean Girardet (milieu du XVIIIe siècle).
L'ORGUE DE TRIBUNE
L'orgue de tribune et l'entrée ouest
L'orgue de tribune et l'entrée ouest.

L'orgue de tribune. Orgue et buffet ont été exécutés entre 1749 et 1751. Le buffet, qui n'a aucun tuyau apparent, a été imaginé par Emmanuel Héré. Cette dissimulation de l'orgue derrière un décor de théâtre est unique en Europe. L'instrument en lui-même a été installé par le facteur d'orgue Nicolas Dupont (1714-1781). La fresque en trompe-l'œil, œuvre d'André Joly, représente les portes du paradis. L'orgue possède 3880 tuyaux. Remanié en 1823, il a été transformé en orgue romantique en 1852 par Jean-Nicolas JeanPierre (1811-1873). La dernière restauration a eu lieu en 2003.
Source : Document sur l'église disponible dans la nef.

Ange musicien de la tribune d'orgue : Haut-bois
Le haut-bois.
Ange musicien de la tribune d'orgue : Violon
Le violon.
ANGES MUSICIENS EN STUC DANS LE BUFFET D'ORGUE
Ange musicien de la tribune d'orgue : Mandoline
La mandoline ou le Luth.
Ange musicien de la tribune d'orgue : Flûte
La flûte.
L'orgue de tribune est caché par un somptueux décor baroque en trompe–l'œil
L'orgue de tribune est caché par un somptueux décor baroque en trompe-l'œil qui réprésente les portes du paradis.
Les armoiries sur la tribune d'orgue
Les armoiries de Stanislas Leszczynski
trônent au centre du buffet d'orgue.
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur
La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur.

Documentation : «Congrès archéologique de France, Nancy & Lorraine méridionale», article sur l'église Saint-Jacques de Lunéville par Pierre Sesmat, 2006
+ «Dictionnaire des églises de France», éditions Robert Laffont, 1971
+ Feuillets de présentation de l'église disponibles dans l'église Saint-Jacques.
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