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Page créée en déc. 2014
«Captivité de Babylone», bas-relief du XVIIe siècle (détail)

La reine Marie de Médicis (1573-1642) posa la première pierre de l'église Sainte-Élisabeth en 1628. À l'origine, c'était la chapelle d'une communauté de religieuses du Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise. Elle ne comprenait que la nef actuelle et le bas-côté droit. Son chevet était plat. L'auteur des plans est inconnu et il n'y a guère de certitude sur les architectes qui en assurèrent la construction. Celle-ci fut terminée en 1645. L'église fut consacrée l'année suivante par le futur cardinal de Retz sous le nom de «Notre-Dame de Pitié et sainte Élisabeth de Hongrie».
Sous la Révolution, les religieuses sont chassées. La chapelle devient entrepôt à fourrage, puis est rendue au culte après le Concordat. Elle est alors l'église paroissiale du quartier du Temple en remplacement de l'église Sainte-Marie-du-Temple qui a été détruite en 1797. Sa superficie double presque sous la Restauration quand l'architecte Étienne-Hyppolyte Godde (1781-1869) est chargé de son agrandissement. On lui rajoute un chœur, un déambulatoire et les deux grandes chapelles dans le bas-côté gauche. Dans le déambulatoire, Godde fera même édifier une petite chapelle axiale dédiée à la Vierge, mais elle sera détruite en 1858 lors du percement de la rue Turbigo. En 1938, Sainte-Élisabeth devient l'église conventuelle des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelé ordre de Malte depuis son installation dans cette île en 1530.
Se dressant près de la place de la République, l'église Sainte-Élisabeth se trouve dans un quartier très animé de la capitale. Elle fait néanmoins partie de ces églises parisiennes dont les œuvres d'art justifient une visite : bas-reliefs du XVIIe siècle de facture flamande et grandes fresques allégoriques dans le déambulatoire ; vitraux du début du XIXe siècle réalisés par des peintres verriers anglais quand le savoir-faire français végétait encore ; grandes toiles en demi-cintre illustrant des scènes de la vie de Jésus dans la chapelle des catéchismes ; peinture murale dans la voûte du chœur.

Saint Joseph, vitrail anglais de 1829 (détail)
Vue d'ensemble de la nef de l'église Sainte-Élisabeth
Vue d'ensemble de la nef de l'église Sainte-Élisabeth
La façade
La façade est de style classique, d'inspiration jésuite.
Statue de Saint Louis, XIXe siècle
Statue de Saint Louis
dans une niche de la façade
XIXe siècle
Statue de sainte Élisabeth, XIXe siècle
Statue de sainte Élisabeth
XIXe siècle
Tympan du portail : Piéta de Joseph–Michel–Ange Pollet (1814–1870)
Tympan du portail Piéta de Joseph-Michel-Ange Pollet (1814-1870)
Vue d'ensemble du baptistère dans le bas-côté droit
Vue d'ensemble du baptistère dans le bas-côté droit
Les fonts baptismaux datent de 1654
Les fonts baptismaux datent de 1654
Pittoresque grille de métal autour du baptistère
Pittoresque grille de métal autour du baptistère
Saint Jean-Baptiste
Saint Jean-Baptiste
sur le dosseret de la chaire à prêcher
Chemin de croix, station V
Chemin de croix, station V
«Jésus jugé par Pilate», 2009
Le banc d'œuvre (XIXe siècle)
Le banc d'œuvre (XIXe siècle?)
Aspect du bas-côté droit
Aspect du bas-côté droit
avec le tableau de sainte Geneviève gardant ses moutons
La nef avec le côté droit et le chœur
La nef avec le côté droit et le chœur
Une corniche épaisse et saillante, accompagnée d'une large
frise, sépare nettement les deux niveaux d'élévation.
La frise qui accompagne la corniche est ornée de symboles liturgiques et des instruments de la Passion
La frise qui accompagne la corniche est ornée de symboles liturgiques et des instruments de la Passion

La verrière de l'église Sainte-Élisabeth est remarquable à plus d'un titre. En effet, les vitraux du bas-côté droit ont une place spéciale dans l'histoire du vitrail français au XIXe siècle. Après d'amples développements, le vitrail médiéval et celui de la Renaissance virent apparaître la peinture sur émail au début du XVIIe siècle (voir l'église Saint-Martin-es-Vignes à Troyes). Quelques grandes verrières furent encore réalisées durant ce siècle (voir la chapelle Saint-Vincent-de-Paul à Blois), puis ce fut la décadence dans cet art. Le XVIIIe siècle, celui des Lumières, le fut aussi dans les églises, qui voulaient de la clarté. On ne créa plus de vitraux. Pis, on en cassa. La notion de patrimoine artistique d'un pays n'existait pas encore.
L'art du vitrail revint à la mode au XIXe siècle. Pour les étapes de ce renouveau en France et celles des découvertes chimiques autour du vitrail, on se reportera au texte proposé à la page de la Chapelle royale des Orléans à Dreux. En Europe, au début du XIXe siècle, la France est à la traîne. Certes, le Directoire a créé le musée des Monuments français et Alexandre Lenoir, son directeur, peut y donner libre cours à son intérêt pour l'art et le commerce. À Paris, on voit arriver les premières commandes de vitraux pour les églises, mais l'Administration rejette les propositions en verre coloré des ateliers, jugées non satisfaisantes. Le comte de

La chaire à prêcher
La chaire à prêcher
Angelots sur le banc d'œuvre (XIXe siècle?)
Angelots sur le banc d'œuvre (XIXe siècle?)
«Sainte Geneviève gardant ses moutons»
«Sainte Geneviève gardant ses moutons»
Toile marouflée dans le bas-côté droit, XIXe siècle
Vitrail de saint Paul dans le côté droit
Vitrail de saint Paul dans le côté droit
Atelier inconnu (travail sans doute inspiré des trois verrières
de Warren-White et Edward Jones)
Vitrail de saint Joseph (vue partielle)
Vitrail de saint Joseph (vue partielle)
Atelier de Warren-White et Edward Jones, Angleterre, 1829
d'après un carton d'Abel de Pujol Saint Joseph
Voir le visage de saint Joseph en gros plan plus-bas.
Sainte Élisabeth de Hongrie faisant l'aumône à un vieillard
Sainte Élisabeth de Hongrie faisant l'aumône à un vieillard
Panneau de bois sculpté dans le bas-côté droit, XIXe siècle

Noé, conseiller du préfet Chabrol qui est en charge de la décision, propose de se tourner vers l'Angleterre, pays qu'il connaît bien et où la pratique du vitrail n'a jamais cessé. Ce sont donc les ateliers anglais qui vont répondre à la demande parisienne. Dès 1825, l'Administration passe commande de sept verrières pour les églises Saint-Étienne-du-Mont et Sainte-Élisabeth. «(...) Trois d'entre elles furent exécutées en Angleterre par William Collins et les quatre autres dans un atelier parisien mis à la disposition des Anglais Edward Jones et Warren-White», écrit Élisabeth Pillet dans son volumineux ouvrage du Corpus Vitrearum. À l'église Sainte-Élisabeth, ce sont ces deux derniers peintres verriers qui créent en 1829 les verrières de saint Joseph, saint Jean l'évangéliste (ci-contre, à gauche et à droite) et saint Jean-Baptiste, d'après des cartons du peintre français Abel de Pujol (1785-1861). On peut les voir dans le bas-côté droit de l'église. Dans le même bas-côté, il y a deux autres vitraux dans le même style : saint Pierre et saint Paul. D'après les sources, ils ne sont pas du même atelier. Concurrence et jalousie obligent, les trois verrières anglaises, qui sont pourtant superbes, furent décriées par les spécialistes français! Leurs arguments, rappelés dans le Corpus Vitrearum, paraissent pourtant bien spécieux. En gros, les procédés utilisés ne se rapprochent pas assez de ceux du Moyen Âge (!) : pas de verre teint dans la masse et pas d'émaux. Lenoir, Brongniart et Le Normant (inspecteur des Beaux-Arts à la Maison du roi) critiquaient de concert.
Sources : «Le vitrail, Image et Atmosphère» aux éditions Minerva (Aubanel) & «Le vitrail à Paris au XIXe siècle» d'Élisabeth Pillet, Corpus Vitrearum.

Vitrail de saint Jean l'évangéliste (vue partielle)
Vitrail de saint Jean l'évangéliste (vue partielle)
Atelier de Warren-White et Edward Jones, Angleterre, 1829
d'après un carton d'Abel de Pujol
Voir le visage de saint Jean en gros plan plus-bas.
«La Tour du Temple» (Les Adieux de Louis XVI à sa famille. 20 Janvier 1793)
«La Tour du Temple» (Les Adieux de Louis XVI à sa famille. 20 Janvier 1793)
Huile sur tôle de Gustave François (1862-1956)
Panneau de bois du XIXe siècle illustrant la vie de sainte Élisabeth dans le bas–côté droit
Panneau de bois du XIXe siècle illustrant la vie de sainte Élisabeth dans le bas-côté droit
Vue du bas-côté droit
Vue du bas-côté droit
La présence de boiseries sur tout le pourtour du premier niveau
donne à l'église un cachet ancien assez remarquable.
L'archange saint Michel
L'archange saint Michel
Sculpture dans le bas-côté gauche
Chemin de croix, station XIII
Chemin de croix, station XIII
«Jésus meurt sur la croix»
Le Chemin de croix, qui date de 2009, est
constitué de petits tableaux pittoresques dont l'aspect se rapproche des photos
argentiques vues en négatif.
Le magnifique visage de saint Joseph en gros plan
Le magnifique visage de saint Joseph
Peinture murale du XIXe siècle et vitraux anglais de saint Pierre  et saint Paul
Peinture murale du XIXe siècle et vitraux anglais de saint Pierre et saint Paul
dans le bas-côté droit
Le visage de saint Jean l'évangéliste en gros plan
Le visage de saint Jean l'évangéliste
«««---   Vitraux   ---»»»
Atelier anglais de Warren-White et Edward Jones, 1829
d'après des cartons d'Abel de Pujol
Piéta dans une peinture murale du bas–côté droit, XIXe siècle, détail
Piéta dans une peinture murale du bas-côté droit, détail
Auteur anonyme, XIXe siècle,

La statue de sainte Élisabeth de Joseph Pirz (ci-contre à droite) est un petit chef d'œuvre d'expressivité.
L'artiste a représenté en un seul mouvement deux attitudes de la sainte telles qu'elles sont rapportées par la légende. Dans un premier temps, elle cache sous son manteau les victuailles qu'elle a dérobées au château et qu'elle s'apprête à distribuer aux pauvres : sa robe est complètement fermée, voire hermétique. Dans un deuxième temps, surprise par son beau-frère (qui le lui a défendu) et qui lui demande ce qu'elle cache, elle répond que ce sont des roses. Ouvrant son tablier, les roses tombent à terre. Cette deuxième phase de l'histoire est symbolisée par une subtile ouverture des mains conçue par Pirz : une posture bien difficile à tenir avec les deux avant-bras joints ! Le symbole des roses miraculeuses qui tombent à terre quand le tablier s'ouvre n'en est que plus fort. Voir l'histoire de sainte Élisabeth de Hongrie à l'église Sainte-Élisabeth à Versailles.

Le bas–côté gauche
Le bas-côté gauche
Au fond, les fresques du déambulatoire
Sur la gauche, l'entrée vers la chapelle de la Vierge
Statue de saint François
Statue de saint François
par Suzanne Parvillée, XXe siècle
Statue de sainte Élisabeth
Statue de sainte Élisabeth
par Joseph Pirz, XXe siècle
Vitrail de saint Jean-Baptiste (vue partielle)... en Conan le Barbare  !
Vitrail de saint Jean-Baptiste (vue partielle)... en Conan le Barbare !
Atelier anglais de Warren-White et Edward Jones, 1829
d'après un carton d'Abel de Pujol
Vitrail de saint Pierre (vue partielle)
Vitrail de saint Pierre (vue partielle)
Atelier inconnu (travail sans doute inspiré des trois verrières
de Warren-White et Edward Jones)
LA PIÉTA DE L'ÉCOLE TROYENNE DU XVIe SIÈCLE
Piéta dans le bas–côté gauche, sculpture troyenne du XVIe siècle
Piéta dans le bas-côté gauche, sculpture troyenne du XVIe siècle
Cette Piéta est présentée, dans l'église, comme une œuvre du maître de Chaource.
Le visage du Christ dans la Piéta
Le visage du Christ dans la Piéta
Le visage a été redressé pour en faciliter l'appréciation.
La Vierge dans la Déploration de l'église Saint-Jean-au-Marché à Troyes
La Vierge dans la Déploration de l'église
Saint-Jean-au-Marché à Troyes
Le visage de la Vierge dans la Piéta
Le visage de la Vierge dans la Piéta
Sculpture troyenne du XVIe siècle

La Piéta de la sculpture troyenne du XVIe siècle est présentée, sur un carton de l'église, comme une œuvre du Maître de Chaource. L'assimilation est peut-être un peu rapide. Les spécificités artistiques de ce sculpteur anonyme du XVIe siècle (ou de son atelier) ont été exposées à la page de l'église Sainte-Madeleine de Troyes. Elles accompagnent la magnifique sculpture de la sainte Marthe tenant en laisse la tarasque (animal qui a d'ailleurs disparu du groupe sculpté).
Dans les visages de la Vierge et du Christ, tels qu'on peut les admirer dans cette œuvre de l'église Sainte-Élisabeth, on retrouve l'essentiel des expressions faciales du maître de Chaource : un nez fort et droit, à méplat, avec des sourcils légèrement froncés et une bouche un peu entrouverte (bien visible ici sur le visage du Christ). Quant à la tristesse, autre élément des œuvres attribuées au maître de Chaource, elle fait bien sûr ici partie intégrante de la scène, d'où tout sentiment joyeux est par nature exclu.
Un facteur peut néanmoins faire douter de l'attribution de la pièce à ce maître troyen : le manque de beauté. Le visage de la Vierge, ci-contre, semble rude, grossier, sans aucune douceur. Certes, c'est le visage d'une femme qui approche de la cinquantaine, mais l'un n'empêche pas l'autre. Et la «griffe» de la sainte Marthe ou même celle de la Vierge dans le groupe sculpté de la Déploration dans l'église Saint-Jean à Troyes lui est bel et bien étrangère. En comparant les trois œuvres, on conçoit difficilement que la Vierge de la Piéta soit issue du même ciseau que les deux autres. Le visage de la Vierge n'a pas ici de quoi plonger le fidèle dans le ravissement et lui faire partager la méditation douloureuse du personnage.

La sainte Marthe de l'église Sainte-Madeleine à Troyes
ÉGLISE SAINTE-MADELEINE À TROYES
La sainte Marthe de l'église Sainte-Madeleine à Troyes
Le chef-d'œuvre du maître de Chaource
La Vierge à l'Enfant (Art populaire)
La Vierge à l'Enfant (Art populaire)
dans la chapelle Notre-Dame de la Paix
Chemin de croix, station I
Chemin de croix, station I
«Jésus jugé par le Sanhédrin»
2009
Peinture murale encadrant une porte
Cette peinture sur bois qui encadre une porte du bas-côté gauche est le portrait de G. Girault,
chapelain des religieuses de Sainte-Élisabeth (auteur inconnu)
LA CHAPELLE DE LA VIERGE DANS LE BAS-CÔTÉ GAUCHE
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
Le côté droit de la chapelle est orné de deux vitraux à personnage, le côté gauche de deux toiles marouflées.
Saint Joseph et l'Enfant, XIXe siècle
Saint Joseph et l'Enfant, XIXe siècle
Chapelle de la Vierge
«Élisabeth déposant sa couronne au pied de l'image de notre Seigneur»
«Élisabeth déposant sa couronne au pied de l'image de notre Seigneur»
par Merry-Joseph Blondel (1781-1853)
Chapelle de la Vierge
Le soubassement de l'autel de la chapelle de la Vierge reçoit les trois vertus théologales
Le soubassement de l'autel de la chapelle de la Vierge reçoit les trois vertus théologales.
De gauche à droite : La Foi, la Charité et l'Espérance (peintures d'Abel de Pujol)
Statue de sainte Élisabeth
Statue de sainte Élisabeth
par Louis-Denis Caillouette
1845, plâtre peint
La Foi par Abel de Pujol
La Foi par Abel de Pujol
dans le soubassement de l'autel de la chapelle de la Vierge
Marie de Béthanie en prière
«Marie de Béthanie en prière», XIXe siècle
Peinture murale dans la chapelle de la Vierge
Vitrail de saint Jean l'évangéliste, XIXe siècle
Vitrail de saint Jean l'évangéliste
XIXe siècle
Chapelle de la Vierge
Vitrail de saint Joseph portant l'Enfant Jésus
Vitrail de saint Joseph portant l'Enfant Jésus
dans la chapelle de la Vierge
Une magnifique tête de petit Jésus toute en sensibilité !
On pourra voir une autre tête d'Enfant Jésus intéressante
dans un vitrail de l'église Saint Michel à Dijon
Jésus en dispute avec Marthe !
Une scène rare dans un tableau : Jésus en dispute avec Marthe !
Arrière-plan du tableau «Marie de Béthanie en prière», XIXe siècle
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
Vue d'ensemble de la chapelle de la Vierge
avec ses deux peintures murales

L'Espérance par Abel de Pujol
L'Espérance par Abel de Pujol
dans le soubassement de l'autel de la chapelle de la Vierge

«Marie de Béthanie en prière». Cette toile marouflée d'un peintre anonyme, dans la chapelle de la Vierge, est plus qu'intéressante. On y découvre à l'arrière-plan une scène rare : une femme qui se querelle avec le Christ, en l'occurrence Marthe de Béthanie, la sœur de Marie.
On sait que, dans le Nouveau Testament, Jésus était invité de temps en temps à déjeuner dans la maison de Lazare, à Béthanie, non loin de Jérusalem. Il y retrouvait ses deux sœurs Marthe et Marie. L'iconographie chrétienne a, de tout temps, représenté une Marie recueillie, écoutant l'enseignement du Christ, tandis que sa sœur lui demande d'aller aider aux cuisines pour le service de la table. Jésus prend alors la défense de Marie en disant que le service de Dieu passe avant celui de la table. Sur le gros plan ci-contre, on voit une Marthe furieuse, qui martèle ses propos avec des gestes énergiques, refusant de s'en laisser conter par le Christ. On sent que ça barde ! Jésus, de la main droite, désigne Marie, en prière au premier plan du tableau. Une dispute rarement représentée à ce degré de véhémence.
Voir à ce sujet un grand tableau de la même scène à l'église Sainte Madeleine de Troyes : «Jésus chez Marthe et Marie de Béthanie» de Jacques de Létin (XVIIe siècle). Marthe y fait un geste énergique commandant à sa sœur de venir aider aux cuisines.

Vitrail de saint Jean l'évangéliste, détail
Vitrail de saint Jean l'évangéliste, XIXe siècle, détail
«Élisabeth déposant sa couronne au pied de l'image de notre Seigneur», détail
«Élisabeth déposant sa couronne au pied de l'image de notre Seigneur», détail
par Merry-Joseph Blondel (1781-1853) dans la chapelle de la Vierge
La Charité par Abel de Pujol
La Charité par Abel de Pujol (XIXe siècle)
Soubassement de l'autel de la chapelle de la Vierge
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ÉLISABETH
Vu d'ensemble du chœur
Le chœur de l'église Sainte-Élisabeth (construit par l'architecte Godde sous la Restauration)
On aperçoit une des grandes fresques en demi-cintre dans le déambulatoire.
«La Glorification de sainte Élisabeth de Hongrie accueillie par les anges dans le ciel» par Jean Alaux (1786–1864)
«La Glorification de sainte Élisabeth de Hongrie accueillie par les anges dans le ciel» par Jean Alaux (1786-1864)
Élisabeth a revêtu l'habit franciscain. Elle est saluée par les trois vertus théologales
(Foi, Espérance et Charité) et par les archanges saint Michel et saint Gabriel.
Voûte en demi-coupole du chœur
Vue générale du chœur
Vue générale du chœur
«Le Miracle des roses»
«Le Miracle des roses»
Vitrail dans le chœur. Atelier Lobin, 1891
Un ange en adoration
Un ange en adoration
Détail du maître-autel, XIXe siècle
Le chœur des anges accueille sainte Élisabeth au ciel par Jean Alaux (1786–1864)
Le chœur des anges accueille sainte Élisabeth au ciel par Jean Alaux (1786-1864)
Détail de la voûte du chœur
Le soubassement du maître–autel est enrichi d'un bas–relief de la Résurrection en bronže (XIXe siècle)
Le soubassement du maître-autel est enrichi d'un bas-relief de la Résurrection en bronze (XIXe siècle)
La Charité
La Charité
dans «la Glorification de sainte Élisabeth» de Jean Alaux
La Foi (qui tient un calice) et l'Espérance (qui tient une  ancre)
La Foi (qui tient un calice) et l'Espérance (qui tient une ancre)
dans «la Glorification de sainte Élisabeth» de Jean Alaux
Peinture d'anges en adoration
Peinture d'anges en adoration
Décor du maître-autel, XIXe siècle
«La Canonisation de sainte Elisabeth par le pape Grégoire»
«La Canonisation de sainte Elisabeth par le pape Grégoire»
Atelier Lobin, 1891
LE DÉAMBULATOIRE ET SES BAS-RELIEFS FLAMANDS DU DÉBUT DU XVIIe SIÈCLE

Le déambulatoire en hémicycle de l'église Sainte-Élisabeth a été construit dans la première moitié du XIXe siècle lors de l'agrandissement de l'édifice mené par l'architecte Godde. Sa richesse artistique est digne d'éloges.
On peut y admirer cent bas-reliefs en chêne sculpté, du début du XVIIe siècle, de facture flamande, illustrant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce magnifique ensemble se trouvait dans l'abbaye Saint-Vaast à Arras et y décorait les stalles. Il a été placé dans le déambulatoire de l'église en 1845.
Les boiseries sont surmontées de quatre grandes fresques en demi-cintre datant du XIXe siècle. L'une illustre le Jugement dernier ; les trois autres se veulent allégoriques. On y voit Les Béatitudes, Les Sept sacrements et Les Sept œuvres de Miséricorde.
Les sources indiquent que le peintre Jean-Louis Bézard (1799-1881), auteur des Sept œuvres de Miséricorde était fidèle au style de Raphaël. On le constate dans les figures féminines et dans l'art de disposer les composantes du tableau. La jeune femme, au centre de la toile au premier plan, qui tient deux jeunes enfants avec elle, rappelle tout à fait la manière de Raphaël.

Le déambulatoire et ses boiseries sculptées du XVIIe siècle (Art de facture flamande)
Le déambulatoire avec ses boiseries sculptées du XVIIe siècle et ses quatre grandes fresques du XXe siècle.
«Les soldats tirent au sort la robe de Jésus»
«Les soldats tirent au sort la robe de Jésus»
Panneau de bois, école flamande, début du XVIIe s.

Panneaux de bois du déambulatoire
Les panneaux de bois du déambulatoire illustrent :
- en haut, des scènes du Nouveau Testament et surtout de la Passion
- en bas, des scènes de l'Ancien Testament
Chêne sculpté, École flamande du début du XVIIe siècle (jadis à l'abbaye Saint-Vaast à Arras)

«Massacre des Saints Innocents»
«Massacre des Saints Innocents»
Panneau de bois, école flamande, début du XVIIe
«Les Sept œuvres de Miséricorde» de Jean–Louis Béžard (1799–1881)
«Les Sept œuvres de Miséricorde» de Jean-Louis Bézard (1799-1881)
«Jésus devant Hérode»
«Jésus devant Hérode»
Boiserie sculptée du XVIIe siècle
Art flamand
Panneau de bois «Consécration du Grand Prêtre», début du XVIIe siècle
«Consécration du Grand Prêtre»
Panneau de bois «Daniel dans la fosse aux lions», début du XVIIe siècle
«Daniel dans la fosse aux lions»
«Captivité à Babylone» (les Juifs ont les fers aux pieds) ---»»»
«Les Sept œuvres de Miséricorde» de Jean–Louis Béžard (1799–1881), détail central
«Les Sept œuvres de Miséricorde» de Jean-Louis Bézard (1799-1881), détail central
Panneau de bois «Daniel dans la fosse aux lions», début du XVIIe siècle
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy (1805–1856)
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy (1805-1856)
«Jugement dernier»
«Jugement dernier»
Boiserie sculptée du XVIIe siècle, Art flamand
Moïse reçoit les tables de la Loi
«Moïse reçoit les tables de la Loi» (panneau de bois du XVIIe siècle)
Le triomphe de Joseph
«Le triomphe de Joseph» (panneau de bois du XVIIe siècle)
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy
Détail : L'extrême-onction

Le triomphe de Joseph. Dans la Bible (livre de la Genèse), après avoir été jeté dans un puits par ses frères qui le jalousent, Joseph est emmené comme esclave en Égypte et se retrouve serviteur de Putiphar. La femme de Putiphar lui fait des avances, mais en vain. Alors elle l'accuse d'avoir voulu la séduire. Joseph est mis en prison. Il a ensuite l'occasion d'expliquer les songes, y compris ceux du roi d'Égypte. Sorti de sa prison, il peut étaler ses capacités de gestionnaire en gérant une famine de sept ans. Il devient ainsi le principal personnage de l'État égyptien après le roi.

«Le Jugement dernier» par Adolphe Roger (1800–1880)
«Le Jugement dernier» par Adolphe Roger (1800-1880)
«Le Jugement dernier» par Adolphe Roger (1800–1880)
«Le Jugement dernier» par Adolphe Roger (1800-1880)
Détail : Les damnés
Bas–relief en bronže dans le soubassement de l'autel du Sacré–Cœur : Mort de sainte Élisabeth (), XIXe siècle
Bas-relief en bronze dans le soubassement de l'autel du Sacré-Cœur : Mort de sainte Élisabeth (?), XIXe siècle
«Les Béatitudes» de Guermann Von Bohn (1812-1899)
L'autel du Sacré–Cœur dans le déambulatoire
L'autel du Sacré-Cœur dans le déambulatoire
Panneau de bois «Première institution du mariage», début du XVIIe siècle
Panneau de bois «Première institution du mariage», début du XVIIe siècle
«««--- À GAUCHE
«Les Béatitudes» de Guermann Von Bohn (1812-1899)
Boiseries sculptées du XVIIe siècle, détail
Boiseries sculptées du XVIIe siècle, détail
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy, détail
«Les Sept sacrements» de Paul Jourdy, détail
LA CHAPELLE DES CATÉCHISMES

La chapelle des catéchismes, dans le bas-côté droit, n'est pas souvent ouverte. C'est bien dommage pour le visiteur car elle contient quatre grandes toiles en demi-cintre marouflées du XIXe siècle. Trois possèdent un style académique et relatent des épisodes de la vie de Jésus («Les Docteurs de la Loi», «Jésus parmi les enfants» et «Le Sermon sur la montagne»). La quatrième toile est une «Éducation de la Vierge», thème classique permettant de présenter à la fois sainte Anne et Marie. Le style en est bien différent de celui des trois autres. Dans le gros plan de 'l'Éducation' donné ci-dessous, on pourra remarquer une erreur commise par le peintre : le bras gauche de sainte Anne (qui passe derrière Marie) est d'une longueur démesurée. La retombée de la manche n'arrange pas les choses et la direction de l'avant-bras au niveau de la main montre bien que celui-ci descend vers le bas de la retombée). Le peintre a dû dessiner Marie avant de s'apercevoir de son erreur...

«L'Éducation de la Vierge», détail central
«Laissez venir à moi les petits enfants»
«Laissez venir à moi les petits enfants»
Auteur inconnu
«L'Éducation de la Vierge»
«L'Éducation de la Vierge»
Auteur inconnu
«««--- À GAUCHE
«L'Éducation de la Vierge», détail central
Auteur inconnu
«Jésus parmi les docteurs de la Loi»
«Jésus parmi les docteurs de la Loi»
L.J. Lafon, 1894
«Le Sermon sur la montagne»
«Le Sermon sur la montagne»
par Nicolas-Auguste Hesse (1795-1869)
L'orgue de tribune et le haut du positif avec le roi David et deux anges  souffleurs
L'orgue de tribune et le haut du positif avec le roi David et deux anges souffleurs
L'orgue de tribune a été construit par Suret en 1853, puis modifié par Gutschenritter en 1954-59.
Au cours des années 1994-98, il est restauré à son état d'origine par la société «Orgues Giroud et Successeurs».
La nef et l'orgue de tribune vus du chœur
La nef et l'orgue de tribune vus du chœur

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4
+ «Le vitrail à Paris au XIXe siècle» d'Élisabeth Pillet, Corpus Vitrearum
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