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Page créée en janv. 2019
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Au XIe siècle, Notre-Dame est une collégiale créée par les seigneurs de Vitré. Peu à peu, l'inconduite des moines mène à un dépérissement de l'institution : ils ne sont plus que trois au début du XIIe siècle. En 1116, Marbode, évêque de Rennes, donne la collégiale aux bénédictins de Saint-Melaine de Rennes. Après quelques soubresauts et contestations entre chanoines et bénédictins, l'institution devient prieuré et peut prospérer.
L'église prieurale assurant également le rôle d'église paroissiale, les moines se réservent, pour leur culte, une petite «nef», l'actuelle chapelle orientale du Saint-Sacrement, appelée Chœur-aux-moines.
Entre 1480 et 1550 l'église est presque entièrement reconstruite. François de Laval, futur baron de Vitré, assure la totalité du financement des travaux. Il donne 1200 écus. Dans un acte rédigé en 1485, il ordonne de prendre cette somme sur les revenus de sa terre et baronnie de la Guerche.
C'est l'époque de la fin de la guerre de Cent Ans, marquée par une reprise économique dans le royaume de France (qui n'inclura la Bretagne qu'en 1491). Époque marquée aussi par une multiplicité des reconstructions d'églises fortement mises à mal par les grandes Compagnies et la soldatesque anglaise.
Le nouvel édifice vitréen jouit d'un atout architectural remarquable : c'est un trait d'union entre le gothique flamboyant et le style Renaissance. Peu présent à l'intérieur, ce passage d'un style à l'autre est très visible sur la façade sud. Celle-ci possède en outre une rareté : une belle chaire à prêcher extérieure où les prédicateurs de la Contre-Réforme pouvaient se déchaîner contre les huguenots... installés dans le bâtiment d'en face, de l'autre côté de la rue !
L'actuel Chœur-aux-moines n'a pas été touché par la reconstruction. Et le transept de l'église, très peu. Les aménagements intérieurs ont sans aucun doute été facilités par la richesse de la ville issue du commerce des toiles. Le rôle des pieux barons de Vitré et celui de la puissante confrérie des marchands d'Outre-mer, fondée en 1473, sont indéniables, notamment dans la création de retables enrichis de multiples écussons aux armes de leurs donateurs.
L'église est longue de 67 mètres. Son intérieur n'a guère impressionné Prosper Mérimée quand il est passé à Vitré en 1835 puisqu'il se contente d'en décrire les parties externes. En fait, il faudra attendre l'arrivée du dynamique curé Gilles Aubrée en 1850 pour aboutir à l'aspect que le visiteur peut découvrir aujourd'hui.
Parmi ses richesses, Notre-Dame offre un très beau vitrail Renaissance illustrant l'Entrée du Christ à Jérusalem, daté de 1537. Les autres vitraux sont du XIXe siècle (voir l'encadré).

Vue d'ensemble de la nef
Vue d'ensemble de la nef.
Au centre, à l'arrière-plan, la chapelle du Chœur-aux-moines.
Au XIXe siècle, le percement du chevet de la chapelle du Chœur-aux-moines permit d'éclairer le chœur et transept.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME

La FAÇADE SUD et sa suite de pignons.
Cette suite est caractérique des églises de Haute-Bretagne du XVe au XVIIe siècle.

Prosper Mérimée à Vitré.
En 1835, l'écrivain parcourt l'ouest de la France. La Bretagne est inscrite dans son périple, tout comme le Maine et l'Anjou. C'est en suivant la côte atlantique que l'écrivain découvre les villes et les monuments bretons. En décembre de la même année, il remet un rapport au ministre de l'Intérieur. Dans sa lettre d'introduction, il précise que Vitré est la première ville de l'ancienne Bretagne où il s'est arrêté.
On apprend ainsi que Mérimée n'aime pas du tout l'église Notre-Dame.
Il écrit : «L'église Notre-Dame dans la ville haute indique par son architecture la décadence complète de l'art gothique. Pauvre et mesquine d'ornementation, on y chercherait en vain quelque détail gracieux. Sa façade latérale se compose de quatre frontons garnis de crochets ; on dirait quatre maisons accolées l'une à l'autre. Ce système me paraît peu rationnel ; au lieu de donner l'idée d'un grand bâtiment, il le rapetisse en le divisant en plusieurs parties indépendantes. - Il faut citer comme une singularité très rare une chaire à prêcher en pierre, pratiquée extérieurement sur le côté méridional de l'église. Les sermons en plein air ayant été défendus de bonne heure, parce que dans la rue on ne pouvait exiger de l'auditoire un maintien aussi décent que dans l'intérieur d'une église, je ne me serais pas attendu à trouver un vestige de cet usage dans un édifice aussi moderne que Notre-Dame-de-Vitré.»
Prosper Mérimée ne dit pas un mot de l'intérieur du monument. Rien ne l'a donc particulièrement frappé, mais rien n'exigeait une restauration rapide non plus.
Source : Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France, Prosper Mérimée, 1836.


Le jardin des Bénédictins borde la FAÇADE NORD de l'église.

FAÇADE NORD.

Plan de l'église et parties extérieures.

Les façades nord, sud et ouest.
Ces façades de l'église sont très dissemblables.

La façade nord.
Riche comme la façade sud d'une suite de pignons typiquement bretons, elle n'est malheureusement pas vraiment accessible. Le haut muret du jardin des Bénédictins s'élève devant le soubassement. Et, en été, des arbres touffus cachent la majeure partie de l'architecture.

La façade sud.
C'est la plus pittoresque (photo ci-dessus), élevée d'est en ouest de 1480 à 1540. La succession rapprochée des pignons donne à ce style le nom de dents de scie. Des contreforts peu saillants séparent les fenêtres. Les pinacles fortement dentelés qui surmontent ces contreforts donnent à la façade cet aspect breton typique du gothique flamboyant de la Haute-Bretagne dans la période XVe-XVIIe siècles.

La façade ouest.
Construite autour de 1550, cette façade semble bien pauvre.
À l'origine, elle était masquée par un bâtiment en bois utilisé pour le commerce : la Grande halle aux draps. Ce n'est qu'au XXe siècle que le vis-à-vis de la façade a disparu.
À part la grande verrière au-dessus de la porte, il n'y a aucune fenêtre sur les côtés. La suite de pinacles ornés de choux frisés en est la seule ornementation.

Les vantaux des trois portes.
Ceux de la porte d'En-Bas (côté ouest et de la porte du Milieu (photo ci-dessous) méritent un coup d'œil admiratif. On y retrouve, sculptées dans le bois, les scènes de l'Annonciation et de la Crucifixion ainsi que des apôtres, dont les quatre Évangélistes. Ces bas-reliefs sont datés des XVIe et XVIIe siècles.

«««--- La tour de la croisée, érigée entre 1440 et 1442, abrite le clocher.
Elle est vue ici depuis le jardin des Bénédictins.
La flèche qui domine le clocher date de 1858.
FAÇADE SUD : LA PORTE DU MILIEU

FAÇADE SUD : la porte du Milieu.
C'est la plus ouvragée des trois portes.

FAÇADE SUD : la porte du Milieu.
Les bas-reliefs en bois des vantaux sont du XVIIe siècle. On y lit le millésime 1689.

La Vierge à l'Enfant
FAÇADE SUD, porte du Milieu.

FAÇADE SUD, porte du Milieu
Détail des bas-reliefs des vantaux, XVIIe siècle.
Les deux médaillons du haut représentent une Annonciation.
FAÇADE SUD, porte du Milieu, bas-reliefs des vantaux.

Saint Pierre tient la clé du Paradis.

Saint Jean tenant un calice.

La Vierge de l'Annonciation.
FAÇADE SUD, porte du Milieu.

Ssaint Pierre niché dans le gothique flamboyant.
FAÇADE SUD, porte du Milieu.
FAÇADE SUD : LA PORTE D'EN-HAUT

Dais Renaissance au coin sud-ouest de l'église.
Blason portant les armes de Guy XV de Laval,
baron de Vitré de 1486 à 1501,
au-dessus de la porte d'En-Haut. ---»»»

FAÇADE SUD, la porte d'En-Haut.
Au-dessus de la porte : le blason de Guy XV de Laval.

Un aigle au-dessus de la 1ère fenêtre au sud-ouest.
FAÇADE OUEST : LA PORTE D'EN-BAS

La FAÇADE OUEST a été construite en 1550.
Ses contreforts à pinacles sont ornés de crosses et de choux frisés.

À l'origine, la façade ouest était masquée par un bâtiment en bois utilisé pour le commerce : la Grande halle aux draps

La porte d'En-Bas au milieu de la façade ouest.

On y reconnaît un agrégé de la seconde Renaissance, inspiré par l'Art antique : porte en plein cintre, fronton triangulaire et arcade cintrée.

FAÇADE OUEST : tmpan de la porte d'En-Bas
Ce tympan
illustre la Crucifixion avec les apôtres Pierre, Paul, Jean et André.

La Crucifixion
Porte d'En-Bas, XVIIe siècle.
LA CHAIRE À PRÊCHER EXTÉRIEURE

La chaire à prêcher extérieure repose sur un pédicule.

La chaire à prêcher extérieure.
Cette sorte de chaire, à l'extérieur d'un édifice, est très rare.
La cuve, savamment travaillée, accueille une suite d'arcatures trilobées, rehaussées de sculptures diverses (triple face, sirène, lion, etc.). Le dais est façonné en forme de clocheton.
Fidèle à l'ensemble des pinacles, il est lui-même garni de crochets.
La chaire aurait été créée à la fin du XVe siècle, avant l'apparition du protestantisme à Vitré. À quoi l'utilisait-on ? Selon Arcisse de Caumont cité par Arthur de la Borderie «probablement, pour prêcher les jours de grandes fêtes où l'église ne pouvait contenir toute la foule des fidèles.»
Quand des protestants s'installèrent en ville, elle servit évidemment de tribune pour réfuter la religion prétendument réformée.
La présence de cette chaire est-elle due à l'influence de saint Vincent Ferrier, moine dominicain qui prêchait à l'extérieur des églises et qui fut appelé par le duc de Bretagne Jean V en 1418 ? C'est l'opinion de l'historienne Denise Robert-Maynial dans le Dictionnaire des églises de France (Robert Laffont, 1966).


L'abat-son de la chaire à prêcher extérieure et ses sculptures.

Les sculptures de la cuve de la chaire à prêcher extérieure.

La triple face symbolisant la Trinité
sur la cuve de la chaire à prêcher extérieure.

Une sirène ou un atlante sur la cuve
de la chaire à prêcher extérieure.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME

La nef et les bas-côtés vus depuis l'entrée de l'église.
Le grand retable à droite est du XIXe siècle.

La voûte en bois peint du vaisseau central. La peinture date du XIXe siècle.

Détail des peintures de la voûte du vaisseau central.

Architecture interne.
La nef de l'église offre un ensemble très homogène, mais sans point d'accroche artistique réel. À tel point que la notice de l'Office de tourisme Laissez-vous conter l'église Notre-Dame ne parle que des aspects extérieurs !
En passant en 1835 à Vitré, Prosper Mérimée n'a rien dit sur l'intérieur de l'édifice. Celui-ci n'était donc pas menacé d'une ruine rapide (auquel cas l'écrivain aurait ajouté une description assez détaillée). Quant à l'abbé Gilles Aubrée, grand ordonnateur de la restauration de l'église au XIXe siècle, il n'a pris possession de la cure qu'en 1850.
La grande photo plus haut montre que la nef, à six travées, est séparée des bas-côtés par des arcades brisées assez sobres. Les piles octogonales possèdent des chapiteaux moulurés sans grande recherche ornementale. Comme souvent dans les anciennes églises bretonnes, la voûte est en bois. Elle présente des lambris peints selon un motif de rinceaux répétitif.
Les bas-côtés et les chapelles sont voûtés d'ogives en pierre dont les nervures retombent sur des consoles ornées d'anges ou d'animaux. Plus intéressant : les clés de voûte sont ornées des armes des barons de Vitré, des armes de la Bretagne ou encore du lion de Vitré. On a là la marque de plusieurs donateurs. Quelques-unes de ces clés sont données plus bas.
Les murs gouttereaux n'ont pas l'épaisseur voulue pour soutenir une voûte en pierre. Les églises de Bretagne mettaient à profit la présence de grandes forêts (et la proximité de la mer pour le transport). On faisait ainsi une première économie en faisant le choix de la charpente pour coiffer la nef et une seconde en diminuant le nombre de pierres ainsi que la masse des contreforts pour la soutenir. Pour avoir une idée du poids des différentes pierres par rapport au bois, on pourra se reporter à un encadré présenté à la basilique Notre-Dame du Roncier de Josselin, église qui possède également une voûte en bois.
Le plan de l'église Notre-Dame montre sur le côté sud, au niveau de la première travée orientale, la présence d'une pièce fermée (une petite sacristie). Celle-ci est surmontée d'une tribune qui était réservée autrefois aux barons de Vitré. Une photo plus bas en donne un aperçu. C'est à cet endroit que se trouve la célèbre sculpture de l'arracheur de dents.

La chapelle des Fonts.
C'est la seule chapelle fermée par une grille. À part un retable en pierre du XIXe siècle (donné à droite), elle possède un enfeu intéressant, malheureusement assez mutilé : celui de Pierre Hubert, mort en 1498.
Messire Pierre Hubert était prêtre doyen de Vitré, recteur de la chapelle d'Erbrée et chanoine prébendé de la collégiale de la Magdeleine de Vitré.
Dans son étude sur l'église en 1876, l'abbé Paul Paris-Jallobert écrit que cet ecclésiastique avait fondé en 1488 une chapellenie où il demandait que soit «(...) célébré à jamais par chacun jour de l'an, une messe à basse voix, à l'heure de neuf heures, et premier le chapelain doit tirer la cloche nommée le Gros-Saint, par quinze gobets (...)».
La sculpture du doyen comporte d'intéressants bas-reliefs illustrant les orfrois (c'est-à-dire les parements d'or et d'argent) de sa chasuble.

LA CHAPELLE DES FONTS

La chapelle des Fonts baptismaux.

Haut-relief sous un enfeu de Pierre Hubert,
mort en 1498, recteur de la chapelle-Erbrée.
Chapelle des Fonts baptismaux.

Enfeu de Pierre Hubert, détail de la chape
avec ses bas-reliefs qui représentent les orfrois.

Le Baptême du Christ
Vitrail signé : Claudius Lavergne et ses fils 1884
Chapelle des Fonts baptismaux.

Retable du XIXe siècle de la chapelle des Fonts.

Le lion de Vitré dans une clé de voûte.

Le Baptême du Christ, détail.
Vitrail signé : Claudius Lavergne et ses fils 1884
Chapelle des Fonts baptismaux.

La cuve de la chaire à prêcher s'inspire de celle de la chaire de
Geiler von Kaysersberg à la cathédrale de Strasbourg.

Le bas-cêté nord et ses chapelles latérales.
Au premier plan, le retable de Saint-Michel (XVIIe siècle)

Les retables du XVIIe siècle.
L'église Notre-Dame abrite quatre grands retables du XVIIe siècle dans ses chapelles latérales.
Ces retables étaient la plupart du temps financés non par des nobles, mais par des roturiers. Parmi ceux-ci, les confréries comptent pour une moitié. Sur l'image à droite, on peut voir un autre très grand retable, dressé au côté sud, mais il est du XIX siècle.
Dès le XVIIe siècle, la région de Laval connut plusieurs ateliers de fabrication de retables. La ville de Vitré, d'importance secondaire, subit l'influence de sa grande voisine et adopta peu ou prou le style conçu par les fabricants de Laval. On trouve ainsi à Vitré une décoration parfois un peu surchargée, typique des retables lavallois.
Comme Saint-Malo et Laval, Vitré pratiquait le commerce sur une grande échelle.
Dès 1473, les marchands vitréens constituèrent une confrérie : les Marchands d'Outre-mer. Vitré exportait des toiles assez grossières, mais très robustes, idéales pour les voiles des navires et la confection des ballots.
La bourgeoisie mettait à profit les petits ateliers domestiques des tisserands pauvres, disséminés dans la ville et ses alentours, et s'enrichissait. Ce commerce culmina lors d'une période de grand faste - qui fut courte : de la fin des guerres de Religion jusqu'à la politique anti-espagnole de Richelieu.
L'intervention de la France dans la guerre de Trente Ans, en 1635, gela les relations entre les ports bretons et la péninsule ibérique ainsi qu'avec toutes les possessions espagnoles du continent. Les exportations de toiles, via Saint-Malo, se tarirent.
C'est donc au début du XVIIe siècle (avant 1635) que se produisit l'enrichissement rapide des marchands vitréens. Les commandes de retables en découlèrent, accentuées par l'offensive de la Contre-Réforme.
Au sujet de cet enrichissement rapide, Jean-Claude Menou [cf source] signale en note une découverte de l'abbé Paris-Jallobert dans le registre de l'église Notre-Dame : en 1612, des corsaires (que J.-C. Menou appelle des pirates, terme impropre puisque les marchands vitréens y détiennent des parts) arraisonnèrent deux navires qui transportaient plus de deux cent cinquante mille écus, ainsi que beaucoup de pierreries et autres objets précieux.
L'abbé Paris-Jallobert ajoute que, de cette fabuleuse prise, les Vitréens reçurent «plus de deux cent mil livres». Ce qui a dû faciliter les commandes de retables...
Le style de ces retables est souvent à la démesure, propre à l'esprit espagnol. Le style classique (retable Saint-François) résiste malgré une offensive du style baroque, appuyée par «le goût tout espagnol pour les surfaces totalement décorées» [Menou].
Dans le style baroque, l'église possède ainsi les retables de Saint-Michel, de Saint-Melaine et de Saint-Sébastien. N'oublions pas que la démesure véhicule avec elle le triomphalisme et la beauté majestueuse. Les confréries qui passaient commande pouvaient être fières. Le Concile de Trente (1545-1563) avait d'ailleurs affirmé son credo artistique : les œuvres d'art belles et grandes sont idéales pour impressionner les fidèles. (Voir le phénomène de la prière des Quarante-Heures à Issoire au XVIIe siècle et l'impression produite par les processions.)
Dans son étude des retables vitréens Jean-Claude Menou fait remarquer que le retable Saint-Michel est en bois (par souci d'économie). L'historien ajoute qu'il n'est accepté que parce qu'il rappelle «en tous points la noble décoration que donnent les marbres jaspés, noirs et rose, des carrières du pays de Laval.»
Ajoutons que l'église Notre-Dame possédait, il n'y a pas encore longtemps, un très beau retable d'émaux peints daté du XVIe siècle. Ce retable est à présent exposé au musée du château de Vitré.
Source : Retables vitréens par Jean-Claude Menou, Bulletin et mémoires de la société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, 1971.


Le Portement de croix
Vitrail de la Maison Clamens et Bordereau
Angers 1886.

Retable de SAINT-FRANÇOIS
dans une chapelle latérale sud.
XVIIe siècle.

Le Ravissement de saint François d'Assise
Lefebvre, XVIIe siècle
Retable de Saint-François.

Sainte tenant la palme du martyre
Retable d'une chapelle latérale.

Statue de saint André.
Retable d'une chapelle latérale.

Statue de la Vierge, 1536.
Retable de Saint-François.
XVIIe siècle.

Clé de voûte avec trois glaives d'argent
sur fond de gueules.

Ce sont les armes de Pierre Landais, marchand vitréen, trésorier du duc de Bretagne.
Pierre Landais fut exécuté en 1485.

LA CHAIRE À PRÊCHER DU XIXe SIÈCLE

La chaire à prêcher date de 1855.

La chaire à prêcher.
Datée de 1855, c'est l'œuvre de l'ébéniste rennais Hérault.
La cuve s'inspire de celle de la chaire à prêcher en pierre de la cathédrale de Strasbourg (chaire qui date de 1486).


L'abat-son de la chaire à prêcher et ses sculptures.

Retable du XIXe siècle dans une chapelle latérale sud.

L'adoration des bergers, scène centrale.
Atelier de Georges Claudius Lavergne, 1888.

Retable de SAINT-MICHEL, XVIIe siècle.

Ci-dessus, la statue, de style sulpicien, a vraisemblablement remplacé une statue de 1616 (Bulletin de la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1971).


Présentation de la Vierge au Temple
Atelier Champigneulle fils, Paris.
Seconde moitié du XIXe siècle.

Console de la statue de la Vierge.

Polychromie d'origine de la console :
Premier quart : trois fleurs de lys sur fond d'azur (le royaume de France) ;
2e et 3e quarts : une croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et contournée de seize alériens d'azur (les armes des Montmorency-Laval) ;
4e quart : fond d'azur à deux fleurs de lys d'or avec un bâton composé d'argent et de gueules (les armes du comte d'Évreux).


Statue de saint Jean.
XVIIe siècle.
Retable de Saint-François.

Bas-côté nord : retable de SAINT-MICHEL et retable de SAINT-SÉBASTIEN.
Les deux retables sont du XVIIe siècle.
QUATRE CLÉS DE VOÛTE DANS LES BAS-CÔTÉS

Le lion de Vitré.

Les armes des Laval-Montmorency.

Clé de voûte dans l'allée centrale.

Véronique et le visage du Christ.

La nef, le bas-côté sud et les chapelles latérales.
Sur la droite, le retable de SAINT-FRANÇOIS remonterait à 1636 d'après le Bulletin de la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1971.
À gauche, un grand retable du XIXe siècle.

Retable de SAINT-MELAINE, XVIIe siècle.
Chapelle Saint-Melaine.

La Vierge et Sainte Élisabeth avec l'Enfant Jésus et Jean-Baptiste, détail.
Vitrail du XIXe siècle avec un beau panorama médiéval.

Le retable de Saint-Melaine.
Ce retable est celui de la confrérie des menuisiers, fondée le 6 août 1632 par neuf maîtres menuisiers.
Le Bulletin de la Société Archéologique du département d'Ille-et-Vilaine daté de 1971 donne un extrait des archives de Notre-Dame à cette époque : neuf maîtres-menuisiers «demeurans es ville et forsbourgs dudict Vitré, lesquels, pour le zèle et affection qu'ils ont de l'augmentation du sainct service divin, ont fait et accordé une frayrie en l'église Nostre-Dame dudict Vitré, à perpuité, et prenne pour patronne Sainte Anne».
Selon le Bulletin, la date de construction du retable doit être proche de celle de la fondation.


Piéta du XIXe siècle dans la niche frontale
du retable de Saint-Melaine.

Colonnes torses avec pampres, XVIIe siècle.
Retable de Saint-Melaine.

La Vierge et Sainte Élisabeth
avec l'Enfant Jésus et Jean-Baptiste
Vitrail de Claudius Lavergne et ses fils ?

La Vierge présentant l'Enfant Jésus à sainte Anne
Jean Picart
Retable de Saint-Melaine, XVIIe siècle.

La Vierge intercédant pour les
pécheurs repentis
Atelier inconnu.
Sur le premier registre : sainte Monique
présente son fils Augustin à Adam et Ève.

La Sagittation de Saint Sébastien
Jean Picart, 1640.
Retable de Saint-Sébastien,.

La Vierge intercédant pour les pécheurs repentis.
Ce vitrail du XIXe siècle et d'atelier inconnu, dans la chapelle absidiale sud, est difficile d'interprétation.
Autant l'attitude de la Vierge face au Christ est clairement celle de l'intercession, autant l'attitude d'Adam et Ève d'un côté, et celle de Monique et Augustin de l'autre soulèvent des questions. Sainte Monique a l'air de présenter son fils à Adam et Ève qui prient devant elle).
D'après les documents consultés, les exégètes n'ont pas d'explication à donner.


Retable de SAINT-SÉBASTIEN, 1640
dans une chapelle latérale nord.

Statue de saint Sébastien.
Retable de Saint-Sébastien, 1640.
Art baroque.

La Vierge intercédant pour les pécheurs repentis, détail :
Adam et Ève en prière.
Baie 16 : L'Entrée à Jérusalem, 1537.
Voir gros plan plus bas.

L'Entrée à Jérusalem, détail, 1537.

Les vitraux de l'église Notre-Dame.
D'après le Corpus Vitrearum sur les vitraux de Bretagne, il y aurait eu au moins une dizaine de vitraux Renaissance relevés dans l'église en 1848 par l'historien Guilhermy : une Résurrection des morts enrichie d'un Christ du Jugement dernier, un Couronnement de la Vierge et une Dormition, des débris d'une légende de saint Jean-Baptiste.
On trouve aussi une messe de saint Grégoire et des figures en pied de sainte Barbe, saint Christophe et sainte Anne.
Enfin, un vitrail entier nous est resté dans l'église : une magnifique Entrée à Jérusalem, datée de 1537 (donnée ci-contre en entier et en gros plan plus bas). Il faut lui rajouter un archange de l'Annonciation agenouillé et tenant un phylactère, remontant peut-être à l'année 1473 (ci-dessous). Enfin, un petit Calvaire subsiste dans le tympan d'un vitrail ornemental (non donné ici).
L'état de conservation de l'Entrée à Jérusalem est jugé «bon» par le Corpus Vitrearum qui indique que les restaurations sont plus nombreuses dans la lancette de gauche.
Après l'inventaire des vitraux Renaissance, le Corpus écrit dans une prose laconique : «Devenus fragmentaires, la plupart de ces vitraux ont été remplacés lors de campagnes menées pendant la seconde moitié du XIXe siècle.» C'est une information succincte qui conduit à bien des questions : quand sont-ils devenus fragmentaires et pourquoi ? quel était leur état réel en 1848 ? que sont-ils devenus après leur dépose ? Le Corpus n'apporte aucune réponse.
On ne peut s'empêcher de penser à une éventuelle destruction pendant la Révolution. Selon le rapport établi sur l'église en 1876 par l'abbé Paul Paris-Jallobert, membre de la Société d'Archéologie d'Ille-et-Vilaine, nous savons qu'en 1794 les volontaires du bataillon de la Montagne en garnison à Vitré se sont amusés, par simple plaisir de détruire, à saccager l'orgue du XVIIe siècle. Pourquoi pas les verrières ? Quand le Corpus parle de vitraux «devenus fragmentaires», ne s'agirait-il pas de vitraux saccagés à coups de pierre en 1794 ?
Quoi qu'il en soit, de nombreux vitraux modernes vinrent orner les bas-côtés, le transept et le chœur-aux-moines entre 1868 et 1900. L'atelier vitréen Chauvel a signé les grandes compositions de l'Arbre de Jessé et du Rosaire dans le transept. Le Carmel du Mans a réalisé une Vie de la Vierge. Enfin on retrouve l'atelier Champigneulle (Résurrection et Présentation de Marie au Temple) et celui de Lavergne (Baptême du Christ et Adoration des bergers, auxquels il faut peut-être rajouter l'intéressant Vierge et Sainte Élisabeth avec l'Enfant Jésus et Jean-Baptiste doté d'un beau panorama médiéval).
Les principaux vitraux historiés de l'église sont présentés dans cette page.


Le Couronnement de sainte Cécile
Fournier, 1646.

Baie 10 : l'archange de l'Annonciation
Troisième quart du XVe siècle.

L'archange saint Michel, 1884 (atelier Lavergne ?)

L'archange saint Michel, gros plan sur le démon.

Baie 16: l'Entrée à Jérusalem
Détail : les apôtres.

Le sacrifice d'Abraham
dans une clé de voûte.

Baie 16 : l'Entrée à Jérusalem, scène centrale.
Vitrail daté de 1537.

Chapelle latérale nord avec le monument au curé Gilles Aubrée (1805-1881).

La Résurrection, détail.
Vitrail de Charles Champigneulle Paris, 1896 (Ancienne Maison Coffetier)
Scène centrale du vitrail.

Sainte Barbe protégeant l'église Notre-Dame de la foudre
Philippe Matozrec, 1769.

L'abbé Gilles Aubrée (3/4).
---»» Bref, l'abbé Aubrée donnait sans compter, quitte à se trouver lui-même dans le besoin. Il se signala aussi par son aide indispensable dans la gestion financière du collège de Redon, placé sous la direction des Eudistes.
Après un passage d'un an à Pacé, près de Rennes, l'abbé fut nommé à la cure de Notre-Dame de Vitré, au début de l'année 1850, en remplacement du titulaire décédé.
Le faubourg populeux du Rachapt, inclus dans le périmètre de la paroisse, donna au nouveau curé l'occasion de montrer son énergie et sa détermination à secourir les âmes.
De l'énergie, il en fallut aussi beaucoup pour tirer l'église de son triste état : la flèche du clocher abattue par la foudre en 1704 ; le placître délimité par un petit muret sans forme qui cachait le premier niveau de l'édifice ; absence de voûte sous la tour de la croisée ; un seul et unique vitrail (qui demandait à être restauré) ; plus d'orgue ; chaire à prêcher et autels vieillots, repeints de temps à autre ; voûtes sales et aux douvelles disjointes qui laissaient passer la bise ; enfin une nef coupée en deux par un mur sous l'arcade ouest de la croisée et une cloison de bois sous l'arcade orientale (en 1626, les paroissiens et les moines bénédictins de l'ancien prieuré avaient religieusement délimité leur espace de prière). ---»» Suite 4/4 à droite ci-contre.


Chapelle latérale nord avec retable du XIXe siècle.

La Résurrection»
Vitrail de Charles Champigneulle Paris, 1896
(Ancienne Maison Coffetier).

L'abbé Gilles Aubrée (1805-1881) (1/4).
C'est un prélat qui compte dans l'histoire de l'église Notre-Dame.
Septième garçon d'une famille rennaise d'une modeste aisance, il fut instruit par son frère aîné. Entré au petit séminaire, sa vocation se déclare. Le grand séminaire suivit. En 1828, à 23 ans, il est ordonné prêtre à Rennes.
Il est d'abord vicaire à Saint-Aubin-du-Cormier, puis vicaire de la paroisse Saint-Sauveur de Redon dès 1835 (où il suit le curé de Saint-Aubin qui est nommé à la cure). ---»» Suite 2/4 à droite.


Priant du curé Gilles Aubrée sous un dais
dans une chapelle latérale nord, XIXe siècle.
Œuvre du sculpteur Jean-Marie Valentin.

L'abbé Gilles Aubré (2/4).
---»» Gilles Aubrée reste quatorze ans à ce poste où il se fait remarquer en revitalisant la congrégation des hommes de Redon, groupement catholique mis à mal par la Révolution.
L'historien Arthur de la Borderie qualifie l'abbé Aubrée d'«âme ardente», c'est-à-dire une âme propre à soulever l'enthousiasme et à entraîner les gens dans ses louables desseins.
Sa lutte pour le bien se concrétise par la charité et l'aumône... avec l'argent des riches ! De la Borderie écrit que l'abbé Aubrée obtenait des riches tout ce qu'il voulait !
(Il y a toujours eu des prélats pour harceler leurs ouailles et leur faire ouvrir leur porte-monnaie. L'ornementation de l'église nancéenne de Notre-Dame de Lourdes est en partie le résultat d'un harcèlement similaire.)
---»» Suite 3/4 plus bas.

Sainte Barbe protégeant l'église Notre-Dame de la foudre.
Ce tableau de 1769 a l'avantage de faire découvrir deux choses disparues : le clocheton qui surmontait le clocher depuis le XVe siècle et le placître de l'église.
L'historien Arthur de la Borderie, dans sa relation de la vie de l'abbé Aubrée (1805-1881), nous donne quelques détails sur ces parties architecturales.
Le clocheton était couronné par une «belle et haute flèche de pierre» qui fut brisée par la foudre en 1704. On la remplaça bientôt par une construction fort peu solide : une flèche à lanterne, fort élancée, en ardoise et en charpente.
Quatre-vingts ans plus tard, on préféra l'abattre pour éviter un accident. Vint la remplacer un «affreux petit toit d'ardoise, sorte de parapluie rapiécé, planté à la diable au-dessus de la tour pour empêcher les cloches de mouiller.» La flèche actuelle, en pierre de Crazannes, fut construite en 1858, à l'initiative de l'abbé Aubrée et sous la direction de l'architecte Raffray.
Elle donne au monument une hauteur de 62,70 mètres.
Le placître est l'espace clos qui entourait jadis une église. Celui de Notre-Dame, surélevé par rapport à la rue, fut démoli au XIXe siècle, toujours à l'initiative de l'abbé Aubrée.
De la Borderie écrit à ce sujet que l'abbé «rasa et détruisit sans pitié ce mauvais petit terre-plein qui emprisonnait l'église et engageait vilainement sa base en diminuant sa hauteur. Les assises inférieures, une fois dégagées, furent reprises et rétablies en beau granit, et l'aspect du monument renouvelé, on peut le dire, de la tête aux pieds et rendu à ses proportions et à ses lignes primitives, se trouva changé du tout au tout.».
Source : M. L'abbé Aubrée, curé de Notre-Dame de Vitré par A. de la Borderie, 1880.


La Vie de la Vierge
A
telier du Carmel du Mans, avant 1876.

La Vie de la Vierge, détail
Le Mariage de la Vierge
et l'Annonciation.
Atelier du Carmel du Mans, avant 1876.


Bas-relief d'apôtres sous des dais gothiques provenant du tombeau de Guy X de Laval.
XVe siècle.
Détail du soubassement d'un autel latéral.
Voir les fragments du tombeau au musée du château de Vitré.

L'abbé Gilles Aubrée (4/4).
---»» L'abbé Aubrée se mit au travail. Nul doute qu'il s'en alla frapper à la porte des riches familles de Vitré, muni d'un plan de restauration en bonne et due forme. Tous les points négatifs listés ci-dessus reçurent une solution.
L'abbé commença par l'intérieur : on construisit une voûte sous la croisée ; les murs qui coupaient la nef furent abattus ; le maître-autel fut replacé ; le chevet du chœur-aux-moines, percé d'une fenêtre pour éclairer l'édifice.
À l'extérieur, dirigés par l'architecte Raffray, les travaux se multiplièrent aussi : on créa une nouvelle flèche au-dessus de la tour ; ensuite on abattit le muret du placître, les assises inférieures seules étant rétablies en beau granit.
L'abbé revint alors vers les travaux intérieurs : les voûtes en lambris furent renouvelées et peintes (notamment celles du chœur-aux-moines) ; on répara toutes les fenêtres avec pose éventuelle de vitraux ; un nouvel orgue fut installé en 1852 ; puis ce fut le tour de la chaire à prêcher et des autels en pierre (au nombre de sept) auxquels on ajouta les vases sacrés, les habits de messe, les ostensoirs, etc.
Visiblement les sources de financement ne manquaient pas puisque le curé fit même poser un somptueux dallage de granit autour de l'édifice à l'ancien emplacement du pourpris (c'est-à-dire l'enceinte délimitée par l'ancienne clôture).
L'historien Arthur de la Borderie conclut le résultat heureux de ce travail incessant en rappelant les principes de base suivis par l'abbé : «Dans tous les travaux accomplis à Notre-Dame par M. Aubrée, écrit-il, deux principes l'ont constamment dirigé#8239;: 1° ne rien détruire d'ancien ayant quelque valeur, quelque intérêt soit pour l'art, soit pour l'histoire ; 2° suivre exactement, scrupuleusement, dans toute réparation ou restauration, le style primitif du monument». À cette fin, l'abbé Aubrée fut épaulé par l'abbé Paul Brune, un spécialiste réputé dans tout le diocèse de Rennes à cette époque.
L'abbé Aubrée est mort en novembre 1881, à l'âge de 76 ans. L'église actuelle de Notre-Dame de Vitré est le résultat de sa détermination.
Source : M. L'abbé Aubrée, curé de Notre-Dame de Vitré par Arthur de la Borderie, années 1880.

LA CHAPELLE ABSIDIALE NORD ET SES PEINTURES REDÉCOUVERTES EN 2007

Jésus parmi les Docteurs,, détail.
Année 1619.

«««--- Chapelle absidiale nord, XIXe siècle.

En 2007, des peintures du début du XVIIe siècle
y ont été mises à jour sur les parois latérales.

La chapelle absidiale nord.
Elle était autrefois celle de la confrérie des Anges gardiens, fondée en 1639.
C'est à la faveur d'une restauration de cette chapelle en 2007 que l'on a mis à jour les restes de peintures illustrant les mystères du Rosaire. Celles qui sont sur le mur de droite sont en meilleur état que celles du mur de gauche.
Ces peintures auraient été créées en l'année 1619 (sans doute une date repérée par les restaurateurs lors des travaux).


La Crucifixion
Année, 1619.

La Résurrection du Christ, 1619.

La Descente de croix
Année 1619

La Vierge de l'Annonciation, détail.
Année 1619.

««--- Vue d'ensemble des peintures sur le mur oriental de la chapelle absidiale nord.

LA CHAPELLE ABSIDIALE SUD

La chapelle absidiale sud.
Avec le Chœur-aux-moines, c'est la chapelle la plus restaurée au XIXe siècle. Elle suit les canons artistiques de cette époque. Murs et retombées d'ogive sont peints. La voûte est étoilée sur un fond bleu noir.
Les clés de voûte et les consoles ont-elles été recréées pour l'occasion ? Les clés de voûte probablement pas, mais les consoles, d'un style assez neuf, sèment le doute. Un bas-relief en plâtre illustrant la Crucifixion est disposé sur l'autel.


Les Mystères du Rosaire
Vitrail de l'atelier Joseph Chauvel, 1876.

La chapelle absidiale sud a été aménagée au XIXe siècle.

La voûte peinte, étoilée de la chapelle absidiale sud.

Clé de voûte, XIXe siècle (?)

Un ange tenant un phylactère
dans une console de la chapelle absidiale sud.

Un prophète tenant un phylactère
dans une console de la chapelle absidiale sud.

Les Mystères du Rosaire
Détail : Annonciation, Visitation, Nativité et Circoncision.
Vitrail de l'atelier vitréen Joseph Chauvel, 1876.
LE MAÎTRE-AUTEL DANS LA PREMIÈRE TRAVÉE ORIENTALE

Le maître-autel est installé dans la première travée orientale de la nef.

Le maître-autel dans la première travée.
Les piliers de la croisée portent des consoles à personnages (voir ci-contre).
L'ARBRE DE JESSÉ

L'Arbre de Jessé
Vitrail de l'atelier Chauvel à Vitré, 1868.

Vue d'ensemble de la première travée et du maître-autel. Au second plan, la petite sacristie
et la tribune autrefois réservée aux barons de Vitré.

Console dans la croisée : un moine

Console dans la croisée :
un homme assis en tailleur

Console dans la croisée :
un homme de loi (?) tenant un bâton.

Le croisillon sud du transept avec le vitrail de l'Arbre de Jessé.
À gauche : l'entrée dans la chapelle absidiale sud.

Arbre de Jessé, détail : le roi Roboam, 1868.

Arbre de Jessé : le roi Joathan, 1868.

L'Arbre de Jessé.
Exposé à la fenêtre du croisillon sud du transept, ce vitrail de l'atelier Chauvel n'est certainement pas le plus beau qu'il soit donné de voir.
Les gros plans des différents rois de Juda proposés ici montrent un graphisme un peu grossier. Comme toujours, David est accompagné de sa lyre, tandis que Salomon tient le parchemin où est dessiné le plan du temple qu'il aurait - selon les textes - fait reconstruire. Sur le premier registre, Jessé est présenté allongé en train de dormir.
Le tympan est construit d'une manière classique : la Trinité au centre ; les prophètes autour. Parmi eux on trouve Moïse et son frère Aaron, Isaïe et Jérémie, Daniel et Ezéchiel.
On pourra préférer l'Arbre de Jessé de l'église Sainte-Madeleine à Troyes ou celui d'Engrand le Prince à l'église Saint-Étienne de Beauvais.



Arbre de Jessé : Jessé endormi.

Arbre de Jessé : le roi Ézéchias.

Arbre de Jessé : le roi Salomon.
Il tient le parchemin où est dessiné le plan du Temple.
LA PLUS CÉLÈBRE SCULPTURE DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME : L'ARRACHEUR DE DENTS, XVIe siècle ---»»»

Arbre de Jessé, partie basse (vitrail du XIXe siècle).
Tête de lion
sur une
console de la
chapelle
latérale nord
Saint-Michel.
LE CHŒUR-AUX-MOINES (CHAPELLE DU SAINT-SACREMENT)

Le Chœur-aux-moines est une ancienne nef romane du XIIe siècle restaurée au XIXe.

Le retable du XIXe siècle
Chapelle du Chœur-aux-moines.

L'Assomption
Atelier du maître-verrier nantais René Échappé.

La Vierge dans l'Assomption de René Échappé.

L'Assomption (1/2).
Œuvre du maître verrier rennais René Échappé, ce vitrail, placé dans l'axe de l'église, a subi bien des critiques.
Si le visage de la Vierge est acceptable, les visages des anges qui l'entourent sont laids.
Autour du tombeau vide, on retrouve l'attitude interloquée des apôtres, mais là encore le graphisme laisse à désirer. ---»» Suite 2/2 à gauche.


Un ange dans l'Assomption de René Échappé.

L'Assomption (2/2).
---»» La cathédrale Saint-Étienne de Bourges propose un vitrail de 1619, de bien meilleure qualité, sur le même thème. S'inspirant d'une œuvre du peintre maniériste italien du XVIe siècle, Taddeo Zuccaro, le maître verrier Louis Pinaigrier a placé la Vierge au sommet du tympan.
Voir aussi le vitrail de Claudius Lavergne, réalisé en 1880, à l'église Notre-Dame de Combourg. Dans ces deux vitraux, les apôtres découvrent un tombeau garni de fleurs. Moins riche, le vitrail de René Échappé montre un tombeau vide.


L'Assomption, détail : les apôtres, interloqués, découvrent le tombeau vide.

La voûte peinte du Chœur-aux-moines (XIXe siècle).

Le Chœur-aux-moines.
C'est une ancienne nef romane remontant au XIIe siècle. Les travaux de construction de l'église aux XVe et XVIe siècles ne l'ont pas concerné.
On observe qu'il dévie un peu sur la droite par rapport à la nef.
Extérieurement, ce chœur est caché par les bâtiments et les jardins qui l'entourent.
En 1626, les religieux, qui en avaient peut-être assez d'être dérangés par les fidèles, firent ériger une cloison de bois pour fermer l'arcade orientale de la croisée. À leur tour, les paroissiens délimitèrent leur fief en élevant un mur de pierre au niveau de l'arcade occidentale. Contre ce mur, le curé fit dresser un autel dédié à saint Pierre.
À partir de 1850, l'abbé Aubrée mit fin à cette séparation : mur et cloison furent abattus ; l'autel fut supprimé. Un nouvel autel sans retable prit place sous l'arcade. Il fallait de la lumière : on perça la paroi du chevet qui reçut plus tard le vitrail de l'Assomption. Deux autres fenêtres, de bonne taille, furent percées dans les murs latéraux.
Le Chœur-aux-moines a été embelli au XIXe siècle. On note la présence d'un très riche retable au chevet et d'une voûte en berceau dont les lambris ont été peints dans le goût néogothique.


La Descente de croix
Bonnecamp Mathurin, deuxième quart du XVIIe siècle.
Tableau d'après le Rubens de la cathédrale d'Anvers

La voûte peinte du Chœur-aux-moines, détail.
L'ORGUE DE TRIBUNE

L'orgue de tribune est un Ducroquet de 1850,
entièrement restauré de 1987 à 1994.

Bénitier avec mufle de lion.
Deuxième moitié du XVIe siècle.

Le Sacré-Cœur entre François de Sales et Augustin, détail :
Saint François de Sales.
Vitrail de 1885.
Le fond bleu damassé est imité de l'art du vitrail du XVe siècle.

L'orgue de tribune.
En matière d'orgue, la ville de Vitré est assez riche. Les documents anciens montrent qu'un orgue était déjà présent dans la cité au début du XVIIe siècle. En effet, un dénommé Paul Maillard construisit un grand orgue pour l'église Notre-Dame de 1636 à 1639 après un don de René Nouail de Briettes.
L'instrument comprenait un buffet double avec deux claviers et un pédalier. Il subit de multiples restaurations et modifications aux XVIIe et XVIIIe siècles si bien qu'en 1780 l'orgue possédait trois claviers et un nombre de jeux augmenté.
À la Révolution, en 1794, il est démoli pièce à pièce, pour le plaisir de détruire, par les volontaires du bataillon de la Montagne en garnison à Vitré. L'église Notre-Dame resta sans orgue pendant plus de cinquante ans.
En 1847, l'abbé Guillois, curé de l'église, se tourne vers le facteur Ducroquet afin d'obtenir un devis pour un nouvel orgue. Après son décès, au début de 1850, l'abbé Aubrée est nommé à la cure. Il a de la chance : dès 1851, la fabrique bénéficiera d'un important don. Elle pourra ainsi financer l'achat d'un instrument plus riche (deux claviers et un pédalier) que celui du devis initial - et sûrement de grande qualité puisque l'entreprise Ducroquet remporta une médaille d'or à Londres lors de l'Exposition universelle de 1851.
Félix Danjou, grand organiste du XIXe siècle eut l'honneur de l'inaugurer. L'instrument subit de nombreuses modifications jusqu'en 1961. Cette année-là, son titulaire décéda et personne ne le remplaça. L'orgue se dégrada et faillit être vendu en 1968. Finalement, il fut classé monument historique en 1986 et totalement restauré par le facteur Yves Sévère de 1987 à 1994.
Sources : 1) Vitré de A à Z par Ludovic Billon, éditions Alan Sutton, 2007 ; 2) Rapport sur les excursions archéologiques dans la ville de Vitré par l'abbé Paul Paris-Jallobert, 1876.


Sainte Cécile au sommet de l'orgue de tribune.

Bénitier mural de la première Renaissance (1563)
dans le bras sud du transept.

Armes de Guy XV de Laval
dans une clé de voûte du transept.

Le Sacré-Cœur entre François de Sales et Augustin
Vitrail de l'atelier Claudius Lavergne, 1885.

Le Sacré-Cœur entre François de Sales et Augustin, vitrail de 1885.
Détail : le Père céleste dans le tympan (atelier Claudius Lavergne).

Le Sacré-Cœur entre saint François de Sales et saint Augustin
Ce vitrail de 1885 se remarque pour son tympan où le Père Céleste bénit son fils (ci-dessus). L'atelier Claudius Lavergne a affublé le Créateur d'une attitude nonchalante qui mérite d'être soulignée. Avec son bras gauche appuyé sur une sphère symbolisant le Monde, il semble jeter un regard distant, concrétisé par le geste désinvolte de la main qui bénit.


La nef et l'orgue de tribune vus depuis le maître-autel.

Documentation : «Rapport sur les excursions archéologiques dans la ville de Vitré» par l'abbé Paul Paris-Jallobert, 1876
+ «Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France», Prosper Mérimée, 1836
+ «Vitré de A à Z» par Ludovic Billon, éditions Alan Sutton, 2007
+ «Laissez-vous conter l'église Notre-Dame et le prieuré des Bénédictins», feuillet de l'Office de Tourisme de Vitré
+ «M. L'abbé Aurée, curé de Notre-Dame de Vitré» par Arthur de la Borderie, années 1880
+ «Corpus Vitrearum, les vitraux de Bretagne» de Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Presses Universitaires de Rennes, 2005
+ «Retables vitréens» par Jean-Claude Menou, in Bulletin et mémoires de la société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, 1971
+ «Vitré et son pays» de Daniel Pichot et Hervé Ronné, éditions Ouest-France, 2005
+ Dictionnaire des églises de France, éditions Robert Laffont, 1967
+ Panneau de présentation de l'église dans la nef.
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