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Page créée en sept. 2017
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Le cathédrale Saint-Étienne de Sens ne fait pas partie du circuit traditionnel des grandes cathédrales de France (Amiens, Paris, Chartres, Rouen, Reims, Bourges, Saint-Denis et Strasbourg). Pourtant, en tant que première cathédrale gothique de France, elle fait la jonction architecturale entre le roman et le gothique primitif. Bien des éléments de cet édifice sont dignes d'intérêt. On soulignera l'histoire de son architecture et le nombre impressionnant de verrières du XIIIe siècle et de la Renaissance.
En général, les historiens datent le début de la construction des années 1125-1130, c'est-à-dire avant la pose de la première pierre de la basilique Saint-Denis. Si l'archevêque Henri Sanglier fut le grand initiateur de Saint-Étienne, son talentueux architecte reste inconnu (voir l'encadré).
La construction commença par le chevet; puis se développa vers l'ouest, sans transept. Vers 1163, le gros œuvre était terminé (chœur, nef, voûtes et toitures). Cette année-là, le pape Alexandre III, en exil en France, fixa sa résidence à Sens. Ce monument immense, d'un style totalement inédit, avait en effet de quoi l'attirer.
Les tours nord et sud de la façade furent érigées peu après, le pape ayant, dans une bulle, sollicité les aumônes des fidèles. En 1184, un terrible incendie dévasta la ville, vraisemblablement sans conséquence pour Saint-Étienne. Néanmoins, une première modification intervint : on rehaussa toute la nef. Les fenêtres romanes du troisième niveau de l'élévation firent place à de larges ouvertures gothiques afin d'augmenter la luminosité.
À la même époque, on lança la construction du palais synodal.
En avril 1268, la tour sud s'écroula (voir encadré), faisant de nombreuses victimes et entraînant dans sa chute les travées voisines et une partie de la façade. La reconstruction fut lancée grâce à la vente d'indulgences accordées par les papes Clément IV et Nicolas IV. Dès la fin du XIIIe siècle, des chapelles latérales s'élèvent au nord et au sud de la nef, entre les contreforts. Comme à l'habitude, elles sont financées par des confréries, de riches chanoines ou des grandes familles de la ville. Trois chapelles sont érigées au flanc du déambulatoire.
À la fin du XVe siècle, on lance le grand chantier du transept. Le maître parisien Martin Chambiges est appelé pour dresser les plans et surveiller les travaux. C'est dans ce transept que de nombreux donateurs offriront de beaux vitraux Renaissance, dont un Arbre de Jessé original puisqu'il contient une Annonciation.
Au XVIIIe siècle, les chanoines de la cathédrale suivent la mode : badigeon uniforme et intégral pour couvrir tous les décors antérieurs ; nouveau dallage (et disparition des pierres tombales). En 1742, Servandoni érige le grand autel à baldaquin.
En 1793, les révolutionnaires se déchaînent : les statues sont renversées ; les bas-reliefs, mutilés ; les tombeaux, détruits ; le trésor est saccagé.
De nouvelles œuvres d'art viendront enrichir le monument au XIXe siècle (la plupart sont aujourd'hui au musée de Sens).
En 1848, le beffroi de la tour nord est démoli ; des statues géantes d'archevêques sont fixées à l'étage supérieur de la tour de pierre, au sud.
Enfin, à partir de 1863, l'architecte Adolphe Lance, voulant appliquer la théorie de l'unité de style (le roman) détruit les chapelles latérales de la nef (voir encadré) et déclenche une vigoureuse polémique.
En dehors de l'aspect architectural, les trois pages consacrées ici à la cathédrale Saint-Étienne mettent l'accent sur les vitraux du XIIIe et de la Renaissance. Créés au XIIIe siècle : le Bon Samaritain, le Fils prodigue, la vie de Thomas Becket et la vie de saint Eustache. Créés XVIe siècle : l'Arbre de Jessé, la Sibylle de Tibur, l'Invention et la Translation des reliques de saint Étienne, un très beau vitrail sur la vie de saint Eutrope, et, dans les roses du transept, le Jugement dernier et le Concert céleste.

La nef de la cathédrale Saint-Étienne de Sens
La nef de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.
La cathédrale Saint-Étienne est l'une des plus anciennes cathédrales gothiques de France avec la basilique Saint-Denis.
ASPECT EXTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE SAINT-ÉTIENNE

Façade occidentale de la cathédrale.
Au nord : tour de plomb ; au sud ; tour de pierre.
La tour nord était jadis chapeautée par un beffroi assez disgracieux. Au XIXe siècle, on le
remplaça par une toiture provisoire qui ne fut retirée qu'en 1990. Depuis, les projets sont en attente.

L'architecture externe vue par l'abbé Bourrassé.
La façade occidentale de la cathédrale de Sens ne peut pas rivaliser en beauté avec celles d'autres cathédrales françaises.
En 1880, la description que donne de tout l'extérieur l'abbé J.-J. Bourassé, chanoine de l'église métropolitaine de Tours et président de la société archéologique de Touraine, est sévère : «La cathédrale de Sens n'offre point à l'extérieur la magnificence d'un grand nombre de cathédrales françaises. Elle présente toute la rudesse du style, toute la pénurie d'ornements et la timidité de construction du siècle où la masse principale fut élevée. Quoique cette excessive sévérité ne déplaise pas à l'archéologue, heureux d'étudier sur des édifices de grande dimension toutes les transformations de l'architecture catholique, l'œil cependant ne repose qu'avec fatigue sur de larges surfaces nues, sur des contreforts massifs, sur des murailles lourdes. Les fenêtres sont étroites et peu divisées ; les arcs-boutants, rares et sans hardiesse. L'aspect général du monument ne présente à l'imagination que l'idée de la solidité, à laquelle on ne savait point encore unir l'élégance et la légèreté.»
Source : Les plus belles cathédrales de France par l'abbé J.-J. Bourassé, Alfred Mame et Fils éditeurs, 1880.


Réseau d'arcs-boutants sur le côté sud.
Les deux niveaux du bas correspondent à la restauration d'Adolphe Lance à partir de 1858.
Initialement, les côtés n'avaient que deux niveaux car les chapelles latérales étaient plus élevées.

Le Christ entre deux anges adorateurs sur la façade occidentale.
Ces sculptures ont été posées sur la façade en 1846 à la place d'un cadran qui datait de 1731.

Architecture externe.
La façade occidentale a subi une restauration générale à partir de 1837. La statuaire a été partiellement refaite.
Des sculptures nouvelles ornent depuis ce temps le haut de la partie principale (photo ci-dessus). Cinq statues d'archevêques, du sculpteur Hippolyte Maindron, sont posées en 1844 sur la tour sud, dite «tour de pierre».
Enfin, des petits personnages associés à des animaux viennent scander les élévations de la tour nord (photo ci-dessous).
De plus, le transept s'enrichit de trois statues : Abraham prêt à sacrifier son fils (au nord), la Vierge à l'Enfant et Moïse au sud.


Suite de personnages sur les consoles de la tour nord, dite «tour de plomb».
(Restauration du XIXe siècle).

Ces cinq statues d'archevêques en haut de la tour de pierre sur la façade occidentale
ont été installées en 1844. Elles sont dues au ciseau d'Hippolyte Maindron.

Détail de la «tour de pierre» (tour sud) sur le côté occidental.
Restauration du XIXe siècle.

Bas-relief autour du sommet de la tour de plomb.
Restauration du XIXe siècle.
LE PORTAIL SAINT-ÉTIENNE DE LA FAÇADE OCCIDENTALE

Le portail Saint-Étienne (années 1200) est le portail central de la cathédrale de Sens.
Le tympan a été réalisé dans les années 1230-1240.
Les deux médaillons au-dessus de l'archivolte symbolisent la Cité céleste, autrement dit Jérusalem.

Dans cet extrait des voussures droites, le travail sur les drapés est remarquable.
La voussure extérieure accueille seize femmes qui portent chacune
un motif végétal, lui-même symbole d'une vertu catholique.

Les soubassements nord et sud (1/2).
On donne ci-dessous des représentations des soubassements, du moins dans leur partie la plus intéressante : les deuxième et troisième niveaux. Au nord, le troisième niveau est consacré aux Arts libéraux. Au sud, il représente un calendrier avec sa succession des mois et de leurs symboles (la chasse pour mai, le battage du blé pour août, la préparation du vin pour octobre, etc.).
Si le deuxième niveau, au nord comme au sud, représente des animaux et des combats, sa force allégorique est plus profonde qu'il n'y paraît. Claire Pernuit (Sens, Première cathédrale gothique, éditions A˜Propos) rappelle qu'Émile Mâle y voyait l'illustration d'un cycle cosmographique qui puiserait ses sources dans les livres géographiques et les bestiaires de l'Antiquité. On observe ainsi des figures issus de pays lointains (Inde, Afrique), issus des océans (dauphin et sirène).
Citons le court paragraphe qu'Émile Mâle consacre à la description du deuxième niveau de ce soubassement (L'art religieux du XIIIe siècle en France).
---»» Suite 2/2 plus bas.

Le portail Saint-Étienne.
C'est le portail central de la façade occidentale.
Rappelons que tous les portails de la cathédrale ont été soigneusement martelés en 1793. Il ne reste plus aucune tête dans les sculptures. Si saint Étienne, sur le trumeau, est encore entier, on le doit au fait qu'un «patriote» lui flanqua un bonnet phrygien sur la tête, le protégeant ainsi de toute souillure...
La structure générale du portail est novatrice par rapport aux époques antérieures. Le chanoine Eugène Chartraire écrit même que ce portail et celui de la tour nord, «sont d'un intérêt capital pour l'histoire de la sculpture gothique dont ils offrent, croit-on, le plus ancien spécimen.»
Constat surprenant : le tympan (donné ci-contre) épouse le fenestrage d'un vitrail. Il illustre des scènes de la vie d'Étienne, premier diacre de l'Église.
Un mystère entoure ce tympan : est-il vraiment des années 1200 ? À cette époque, dans les portails centraux, on représentait plutôt le Jugement dernier. La présence des vierges sages et des vierges folles dans les piédroits, de part et d'autre de la porte, ainsi que celle de la Cité céleste dans les deux médaillons des écoinçons au-dessus de l'archivolte portent à le croire.
D'un autre côté, ce tympan ne serait-il pas celui qui aurait succédé au premier, détruit lors de l'écroulement de la tour sud en 1268, et conçu après 1270 ?
Problème : le style des vêtements (plis larges et volume accentué) correspond à celui des années 1230-1240...
Les incohérences font que les historiens ne tranchent pas.
Les voussures abritent une statuaire assez classique : anges, saints, guerriers, femmes brandissant les symboles des vertus catholiques dans des disques. Il faut regretter le vandalisme des révolutionnaires qui a fait disparaître toutes les têtes car les sculptures de ces voussures sont d'une très grande qualité. Assurément, le chapitre de l'époque ne s'est pas adressé à des artistes de second plan (voir photo ci-dessous).
La statue de saint Étienne (datée aux alentours de 1200) est la seule qui ait échappé au fanatisme destructeur de 1793. Le diacre (ci-dessous) présente le livre de l'Évangile, ouvrage dont les contours sont finement sculptés.
Dans le livre consacré à la cathédrale de Sens aux éditions À Propos, Claire Pernuit donne cette belle description : «L'attitude du saint semble figée, mais l'étoffe fine de ses vêtements aux plis multiples paraît comme animée d'un souffle de vent léger et confère à l'ensemble une certaine dynamique.»
De son côté, le chanoine Chartraire en souligne les caractéristiques romanes : la finesse des plis, l'agencement de la chevelure en boucles symétriques et la disposition des pieds sur un plan incliné. Le trumeau garde une très belle décoration au nord et au sud : rinceaux de vigne, motifs floraux sortant de la gueule d'un monstre.
Les soubassements sont aussi très riches en représentations allégoriques. Voir l'encadré plus bas.
Sources : 1) Sens, première cathédrale gothique, éditions A˜PROPOS ; 2) La cathédrale de Sens, collection des Petites monographies des grands édifices de la France par le chanoine Eugène Chartraire, 1928.


Le diacre Étienne (vers 1200)
Trumeau du portail central.
Habillé de la dalmatique, il présente
le livre de l'Évangile.

Motif de rinceaux et d'animaux
sur la face sud du trumeau du portail central.

Rinceaux et fleurs sortant de la gueule d'un monstre
sur la face nord du trumeau du portail central.

Un prophète tient un phylactère
dans une voussure.

Soubassement NORD du portail Saint-Étienne, deuxième et troisième niveaux.
Le deuxième niveau (en bas) est une suite de bas-reliefs montrant des animaux issus du monde entier (selon l'imaginaire de l'époque) et de combats.
Le troisième niveau est consacré aux Arts libéraux. On y voit des femmes assises tenant les attributs des arts :
Grammaire, Dialectique, Rhétorique, Arithmétique, Géométrie, Astronomie, et Philosophie.
Sur le piédroit, à droite du soubassement : des vierges sages.

Les soubassements nord et sud (2/2).
---»» L'historien vient de parler de la cathédrale de Paris et des symboles de la Terre et de la Mer dans deux bas-reliefs de cet édifice.
Il poursuit, dans son style toujours enlevé : «À Sens, le sculpteur exprime autrement l'immensité des terres et des mers. Il inscrit dans les médaillons de la façade l'éléphant de l'Inde, chargé de sa tour, le griffon, antique gardien des trésors de l'Asie, l'autruche et le chameau montés par des cavaliers d'Afrique. Une sirène symbolise le mystère de l'Océan. Un homme nu, couché sur le dos, le légendaire sciapode, lève son pied unique, comme une sorte de parasol, pour s'abriter contre les rayons du soleil : à lui seul il exprime tout l'inconnu de cet Orient où nul voyageur n'avait pénétré depuis Alexandre. On reconnaît là les différents chapitres d'une géographie universelle, telle qu'on la concevait alors. Honorius d'Autun dans son Imago mundi, Gervais de Tilbury dans ses Otia imperiala, Vincent de Beauvais dans son Speculum naturale, pour ne citer que des noms connus, ne manquent pas, à mesure qu'ils décrivent les pays de l'Orient, d'en signaler les monstres.

Ils recueillent toutes les fables éparses dans Pline, dans Solin, dans le De Monstris, dans la Lettre apocryphe d'Alexandre à Aristote. On ne peut douter que le portail de Sens ne soit une espèce de géographie du monde, illustrée à la manière d'un vieux portulan.»
Pour ce qui est de leur aspect actuel, précisons que ces sculptures sont très dégradées. Au vandalisme révolutionnaire s'est ajoutée l'usure du temps. Claire Pernuit (Sens, première cathédrale gothique), précise que la remontée de l'humidité depuis le sol de la place entraîne la desquamation de la surface et la chute des parties sculptées.

Sources : 1) Sens, première cathédrale gothique, éditions A˜PROPOS ; 2) L'Art religieux du XIIIe siècle en France d'Émile Mâle, éditions Armand Colin.


Soubassement SUD du portail Saint-Étienne, deuxième et troisième niveaux.
Les douze bas-reliefs du deuxième niveau (en bas) font suite à ceux du soubassement nord.
Le troisième niveau représente le calendrier et ses douze mois, chacun associé à son symbole agricole.
On voit ainsi, à droite, la préparation du vin en octobre.
LE PORTAIL SAINT-JEAN-BAPTISTE (PORTAIL NORD DE LA FAÇADE OCCIDENTALE)
 
Portail Saint-Jean-Baptiste
Vers 1190-1200.
C'est le plus ancien des trois portails de la façade occidentale.
Les figurines à la base des statues-colonnes, ainsi que les bas-reliefs des soubassements sont des copies.
Les pièces originales font partie des collections lapidaires du musée du Palais synodal.

Le festin d'Hérode : Salomé, à droite, apporte la tête de Jean-Baptiste.
ortail Saint-Jean-Baptiste (vers 1190-1200)
Partie inférieure du tympan.

Le portail Saint-Jean-Baptiste (tour nord de la façade occidentale).
Ce portail remonte à la décennie 1190-1200. C'est le plus ancien des trois portails de la façade et le seul à conserver presque entièrement sa sculpture originelle.
Les statues-colonnes sont remplacées (ci-contre) par de simples colonnettes. Les figurines qui en cachent les socles sont des copies, tout comme les bas-reliefs des soubassements.
Les originaux sont conservés aux musées de Sens.
Les médaillons octogones des bas-reliefs (ci-contre) illustrent l'opposition entre l'Avarice au nord, et la Largesse au sud.
L'Avarice est assise sur un coffre dont elle défend l'accès. La Largesse étend les bras sur deux coffres ouverts qui débordent de richesses. Il saute aux yeux que le style de sculpture de ces médaillons n'a rien à voir avec le reste des figures du portail. D'après l'ouvrage Sens, Première cathédrale gothique, il semblerait que cette différence soit tout simplement due à la griffe de deux artistes qui auraient travaillé en même temps sur les portails de la façade.
La partie haute du portail (tympan et voussures) illustre la vie de saint Jean-Baptiste. La plupart des sculptures des voussures se termine par un élégant dais.
Le tympan illustre trois scènes de la vie du Précurseur : le baptême du Christ ; le festin d'Hérode avec Salomé apportant la tête du saint sur un plateau ; la décollation de Jean-Baptiste. Notons que la tête du Christ dans la scène du baptême et la tête de Jean-Baptiste sur le plateau tenu par Salomé (voir ci-dessous), toutes deux mutilées à la Révolution, ont été restaurées sous forme de moulage.
Les deux voussures internes abritent des scènes de la vie de Zacharie et de son épouse Élisabeth jusqu'à la naissance de Jean-Baptiste.
La voussure externe illustre l'histoire des reliques du Précurseur, une histoire d'ailleurs mal maîtrisée par les historiens d'art.
Comme au portail Saint-Étienne, les sculptures de la partie haute du portail Saint-Jean-Baptiste font honneur à l'art médiéval de la fin du XIIe siècle


Le couronnement du portail de Saint-Jean-Baptiste est une magnifique œuvre d'art datée des années 1190-1200.
La mutilation des têtes par les révolutionnaires de 1793 parvient à peine à en diminuer la beauté artistique.
Voussure externe : histoire des reliques de saint Jean-Baptiste.
Voussures internes : histoire de la vie de Jean-Baptiste illustrée par des scènes de la vie de ses parents, Zacharie et Élisabeth.
Tympan : trois scènes de la vie de Jean-Baptiste surmontées du Christ entre deux anges.
Trois saynètes dans les voussures du portail Saint-Jean-Baptiste

La Visitation

La Naissance de Jean-Baptiste

Zacharie écrit : «Son nom sera Jean».
LE PORTAIL DE LA VIERGE (PORTAIL SUD DE LA FAÇADE OCCIDENTALE)

Le portail de la Vierge date des années 1270-1300.
C'est le portail sud de la façade occidentale.

Tympan et archivolte du portail de la Vierge.

Le portail de la Vierge.
Ce portail date de la reconstruction qui a suivi l'écroulement de la tour de pierre en 1268 et remonte donc aux dernières décennies du XIIIe siècle. Les soubassements, en bas-relief peu saillant, représentent des prophètes. Ces statues ont, comme les autres, été décapitées à la Révolution. Les voussures sont peuplées d'anges.
Donné ci-dessus, le tympan illustre la Mort de la Vierge : Dormition, Sépulture, Assomption et, dans la partie supérieure, le Couronnement par le Christ (entouré de deux anges).
Dans la photo ci-contre, on voit en haut et à droite du portail le commencement d'une niche (une colonnette est visible). Elle ne contient qu'un bout de pierre complètement martelée. Claire Pernuit (Sens, Première cathédrale gothique, Éditions A˜Propos) écrit que, selon la tradition locale, ce bout de pierre serait le reste d'une représentation équestre de Philippe VI de Valois, mis à l'honneur «pour avoir défendu les privilèges du clergé contestés par le parlement de 1335».

LE CROISILLON SUD DU TRANSEPT (œuvre de MARTIN CHAMBIGES)

Le bras sud du transept est de style gothique flamboyant.
Il a été créé par Martin Chambiges à la toute fin du XVe siècle.
Le portail, dit portail de Moïse, a été très dégradé à la Révolution.

La rose du bras sud est l'œuvre de Martin Chambiges.
Fin du XVe siècle.

Le chevet de la cathédrale Saint-Étienne (XIIe siècle).

Le transept de la cathédrale Saint-Étienne.
La cathédrale a été construite au début du XIIe siècle sans transept. La chapelle de la Vierge s'élève au sud à un emplacement qui pourrait faire penser à l'existence d'un transept. En fait, au tout début du XIVe siècle, on entreprit bel et bien de construire, toujours au sud, un vrai transept. Mais le chanoine Eugène Chartraire révèle que «ce travail, interrompu à quelques mètres du sol, devait rester dans cet état jusqu'à la fin du XVe siècle.»
Pendant tout ce temps, en effet, on privilgia le rehaussement du troisième niveau de l'élévation de la nef et l'agrandissement de ses fenêtres (pour gagner en luminosité).
Vers 1440, le chapitre mit tout en œuvre pour remplir ses coffres (voir encadré) et envisager enfin de terminer ce fameux croisillon sud «qui déshonorait la nef de son "appenti de bois qui obscurcissait l'église"» [Chartraire]. On fit appel à Martin Chambiges, architecte parisien renommé. Le croisillon sud fut ainsi élevé dans la dernière décennie du XVe siècle.
En 1500, on creusa les fondations du croisillon nord dont l'érection prit plus temps par manque de ressources et parce que maître Chambiges partageait son temps entre les chantiers de Sens et de Beauvais. En 1512, cette construction était achevée. L'entrée par le bras sud du transept était réservée à l'archevêque ; celle du bras nord, aux chanoines du chapitre.
Pour les vitraux du bras sud, le chapitre s'adressa à trois verriers troyens : Liévin Varin, Jean Verrat et Baltazar Godon. Au bras nord, les verrières sont dues à Jean Hympe, père et fils. La rose nord est l'œuvre, vers 1517-1519, de Jean Hympe fils et de Tassin Gassot [Corpus Vitrearum].
Ces deux magnifiques croisillons nord et sud de Martin Chambiges sont en gothique flamboyant. Ils furent gravement mutilés par les révolutionnaires de 1793, en particulier les portails. Claire Pernuit (Sens, Première cathédrale gothique, éditions A˜Propos) résume les caractéristiques du style flamboyant sur les croisillons : «un jeu de courbes et de contre-courbes, des pinacles dentelés, des arcs festonnées et des feuilles repliées sur elles-mêmes (nommés plus communément "chou frisé".»
Le portail sud, donné ci-contre, est appelé portail de Moïse. Le gable de la porte est surmonté de la statue de Moïse portant les tables de la Loi. Elle a été refaite au XIXe siècle.
Le portail nord est appelé portail d'Abraham. Comme la précédente, la statue d'Abraham s'apprêtant à sacrifier son fils, qui domine le bras nord, a été refaite au XIXe siècle.
Le portail nord est riche de sept voussures, dont deux abritent des petits personnages décapités à la Révolution. On y voit, dans l'une, les douze tribus d'Israël et, dans l'autre, des prophètes et des sibylles. Là encore, la qualité de la sculpture est remarquable.
On n'oubliera pas d'admirer le dessin des roses nord et sud, reproduits ci-dessous. Ces roses, dues au crayon de Martin Chambiges, sont très similaires. À titre de comparaison, on pourra se reporter aux roses des croisillons nord et sud de la cathédrale de Rouen.


Moïse tenant les tables de la Loi.
Statue refaite au XIXe siècle.
Portail du bras sud du transept.

Abraham s'apprêtant à sacrifier son fils.
Statue refaite au XIXe siècle.
Sommet du bras nord du transept.
Les voussures du portail nord et leur magnifique collection de figurines ---»»»
Elles représentent les douze tributs d'Israël, des prophètes et des sibylles
ŒUVRE de PIERRE GRAMAIN
Début du XVIe siècle.

Le bras nord du transept et son élévation.

Personnage dans les voussures
du portail nord (mutilé à la Révolution).
Début du XVIe siècle.
Pour une statuette d'environ 25 cm de
hauteur, la sophistication de la sculpture,
notamment sur les bordures de la
tunique, est remarquable.


Il est toujours impressionnant d'observer de près la structure d'une rose.
La finesse des éléments de contour est surprenante.
Ici, la rose nord dessinée par Martin Chambiges (début du XVIe siècle).

«««--- La rose du bras nord est de Martin Chambiges, début du XVIe siècle.

Les douze tribus d'Israël ---»»»
Personnage dans les voussures du portail nord (mutilé à la Révolution).
Début du XVIe siècle, œuvre de Pierre Gramain.

LA NEF DE LA CATHÉDRALE SAINT-ÉTIENNE DE SENS

La nef et l'élévation sud de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.
L'alternance piles fortes-piles faibles correspondant à la voûte sexpartite est bien visible.
Au début du XIIe siècle, le «maître de Sens» a choisi, pour les piles faibles, un système de double colonnes particulièrement élégant.

Plan de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

La chaire à prêcher.
D'après son style, elle doit être du XIXe siècle.

La pile faible reconstruite après l'écroulement
de la tour sud en 1268 a reçu un profilé à base de colonnettes.
Toutes les autres piles faibles sont à double-colonnes.

L'écroulement de la tour sud.
Survenu le 5 avril 1268, cet écroulement a entraîné des travaux de restauration dès la fin du XIIIe siècle. Sur le côté sud, les trois premières travées et les piles furent reconstruites depuis le sol.
Le point le plus intéressant, pour le visiteur de la cathédrale, en est l'étonnante structure de la pile faible reconstruite entre les deuxième et troisième travées occidentales (photo ci-dessus).
On voit que sa structure cruciforme est à base de colonnettes et qu'elle se rapproche, dans son élévation jusqu'à la retombée des voûtes, de celle des piles fortes. Au nord, la pile faible qui lui fait face possède deux colonnes jumelles, comme toutes les piles faibles de la cathédrale.
Sur la photo, on remarque aussi que l'arc brisé des deuxième et troisième travées est nettement plus aigu que dans les travées du XIIe siècle.
Le style des fausses tribunes du triforium a, quant à lui, été conservé, certainement pour ne pas altérer la belle unité architecturale de l'édifice. La seule liberté que s'est donnée le restaurateur a été d'orner d'un quadrilobe l'arcature des doubles baies du triforium dans les travées rebâties.
Source : Bulletin monumental, La cathédrale de Sens, 1982.


Baie 114, détail : Abraham dans le trilobe.
XIIIe siècle. (fenêtre haute du chœur).

Architecture interne de la cathédrale.
En observant l'élévation à trois niveaux de la cathédrale de Sens, on est frappé, d'un côté, par l'aspect très ordonné de l'architecture et, d'un autre côté, par une réminiscence certaine de l'art roman dans la suite des doubles baies du triforium. Rappelons que la cathédrale de Sens et la basilique Saint-Denis sont les deux plus anciennes cathédrales gothiques de France (sans que l'on sache exactement laquelle a la primeur sur l'autre). Que certains aspects romans s'en dégagent n'a rien de surprenant.
«Le souci de fusion de l'ensemble de la cathédrale en un volume unique est évident», écrit Jacque Henriet dans le Bulletin monumental consacré à Saint-Étienne de Sens en 1982. Il ajoute que les idées directrices du maître de Sens furent la continuité, l'ampleur et l'articulation de l'espace en vastes unités par les piles fortes.
Ceci est d'autant plus vrai que, lors de la construction du début du XIIe siècle, il n'y avait pas de transept, mais une alternance ininterrompue de piles fortes et de piles faibles (voir explication plus bas), de l'avant-nef jusqu'à l'extrémité du sanctuaire (disposition adaptée à la voûte sexpartite). Entre les deux piles fortes qui délimitent aujourd'hui le transept au nord et au sud s'élevait une pile faible à double colonne.
Jacques Henriet parle de l'ampleur de l'édifice. La largeur du vaisseau central est de quinze mètres, une distance respectable qui a sans doute créé des problèmes pour le voûtement.
L'historien poursuit : «(...) à l'exception de la travée entre les tours occidentales, le haut vaisseau présente une unité structurelle et formelle parfaite, qu'il s'agisse des sept travées de la nef (neuf avant la construction du transept au XVe siècle) ou des quatre travées droites du chœur. Piles fortes aux quatorze colonnettes disposées autour d'un noyau asymétrique et piles faibles composées de deux colonnes jumelles alternent, et tandis que les premières s'élèvent d'un seul jet jusqu'aux retombées des voûtes, les secondes sont surmontées d'une fine colonnette en délit qui reçoit le doubleau intermédiaire des voûtes sexpartites.»
Le 23 juin 1184, un terrible incendie dévasta Sens. Si l'on en croit Jacques Henriet, rien ne prouve que la cathédrale fût touchée. Le chanoine Eugène Chartraire, dans sa Petite monographie de la cathédrale de Sens (1928), retient pourtant cet événement pour dater le démarrage des importants travaux de rehaussement des baies du troisième niveau de la nef.
Claire Pernuit (Sens, Première cathédrale gothique) privilégie plus sagement, pour le même démarrage, l'année 1221 et l'arrivée à l'épiscopat sénonais d'un archevêque bâtisseur, Gauthier Cornut.
Ce serait donc dans les années 1230-1240 qu'aurait été exhaussé le troisième niveau en style gothique, un niveau jusque-là percé de petites baies jumelles (dans un style proche du roman). De ces baies, il ne resterait que des traces dans l'hémicycle du chœur.
C'est aussi de cette période que dateraient la construction du palais synodal, la mise en place d'un jubé dans la cathédrale et la réfection de sa chapelle axiale.
La cathédrale du maître de Sens doit être regardée à la fois comme un édifice novateur et de transition. De transition parce que c'est un maillon essentiel dans la longue marche du roman vers le gothique. Novateur parce que c'en est le point de départ. À Sens, en effet, on note déjà l'utilisation conjointe de l'arc brisé, de la voûte sur croisée d'ogives et de l'arc-boutant. À cela s'ajoute l'abandon des chapiteaux romans historiés, remplacés par toute une variété de chapiteaux à feuillages. Voir photos ci-dessous.
Sources : 1) La cathédrale de Sens par Eugène Chartraire, collection Petites monographies des grands édifices de la France, 1928 ; 2) Sens, première cathédrale gothique, éd. A˜PROPOS ; 3) Bulletin monumental, 1982.


Pile faible dans la nef, côté sud.
Derrière, une pile forte
avec ses colonnettes.
Deux chapiteaux à feuillages sur les piles faibles de la nef.
Les chapiteaux historiés de l'âge roman sont passés de mode.

Une innovation technique : les piles faibles à double colonnes. Une voûte sexpartite répartit l'essentiel de son poids sur les piles fortes. Les piles faibles peuvent donc être de simples piles cylindriques de diamètre plus ou moins grand, ou bien une pile à colonnettes dont le nombre est réduit par rapport à celui d'une pile forte.
À Sens, comme le souligne le Bulletin monumental de 1982, pour la première fois dans l'histoire de l'alternance pile forte - pile faible, le Maître a choisi deux colonnes disposées sur un socle de plan rectangulaire et surmontées d'un tailloir unique.
Le Bulletin ajoute : «Ainsi se trouvait résolu le problème technique d'une assise suffisamment large sans qu'il soit besoin de recourir aux lourdes piles cylindriques fréquentes dans l'architecture anglaise. Ce parti plus élégant était, certes, d'une réalisation plus complexe ; en effet, le souci de disposer les deux colonnes très près l'une de l'autre exigeait notamment que les corbeilles des chapiteaux comportent une certaine asymétrie et que le sculpteur adapte à celle-ci sa composition.»
Source : Bulletin monumental, La cathédrale de Sens, 1982.


Saint Paul
Tableau dans la chapelle du Sacré-Cœur.
Auteur inconnu.
«««--- La voûte sexpartite du vaisseau central.

La cuve de la chaire à prêcher, XIXe siècle.
Les évangélistes portent leur symbole sur un bras et entourent l'Agneau.

L'ange musicien sur l'abat-son
de la chaire à prêcher.

La résurrection du fils de la veuve de Naïm
Huile sur toile de Joseph Chabord (1786-1848).

Élévations nord dans la nef avec les trois monuments sculptés décrits plus bas.
La verrière de la nef est du XXe siècle (figures géométriques, parfois enrichis de petits blasons).
Dans la partie gauche de la photo, on voit le tombeau de Jean de Salazar et de Marguerite de la Trémoille, (baldaquin et aute)l.

Archétype des vitraux modernes
au troisième niveau de la nef.
Ici le trilobe du tympan abrite
une représentation de saint Savinien,
XXe siècle.

Les vitraux de la cathédrale de Sens.
En plus des œuvres d'art des XVIe et XVIIIe siècles, la cathédrale Saint-Étienne offre une magnifique collection de verrières des XIIIe et XVIe siècles. On leur ajoutera une ou deux verrières des XIVe et XVe siècles. Dans le déambulatoire, la chapelle Sainte-Colombe propose un rare vitrail du XVIIIe siècle avec un Christ en croix et Marie-Madeleine.
On voit ci-dessus que la nef n'est éclairée que par des vitraux décoratifs, chacun dominé par un trilobe abritant un personnage : XIXe siècle au niveau des chapelles ; XXe sous la voûte. La seule exception étant le beau vitrail de Saint-Eutrope, du XVIe siècle dans la nef sud.
Les vitraux du XIIIe siècle, tous rassemblés dans le déambulatoire et dans l'élévation du chœur, comptent parmi les plus beaux que l'on puisse voir en France avec ceux de Chartres et de Bourges. On citera notamment la Parabole du Bon Samaritain, le Fils prodigue et saint Thomas Becket. On peut ajouter d'intéressants trilobes dans les fenêtres hautes.
Les vitraux du XVIe siècle se trouvent essentiellement dans le transept. On trouve parmi eux un Arbre de Jesse sur un fond rouge assez original, incluant une Annonciation et une licorne. Ceux qui apprécient la diversité des styles dans les vitraux du XVIe pourront opposer le vitrail de Saint-Eutrope aux deux vitraux relatifs à l'Invention et à la Translation des reliques de Saint-Étienne. Dans le déambulatoire, une très belle Sibylle de Tibur, du XVIe siècle, orne la chapelle du Sacré-Cœur.
Les roses qui éclairent les croisillons, dessinées par Martin Chambiges, abritent aussi des vitraux renommés du XVIe siècle : au nord, le Concert céleste, qui domine les Apparitions de l'archange Gabriel ; au sud; le Jugement dernier, qui domine la vie de saint Étienne.
Pour tous les amateurs de vitraux, la cathédrale Saint-Étienne de Sens est un site incontournable. Les trois pages consacrées à la cathédrale présentent la plupart des vitraux historiés.

LES ŒUVRES D'ART DANS LE BAS-CÔTÉ NORD

Le mausolée des frères Davy du Perron.
L'œuvre a été mise en place dans la cathédrale en 1637.

Jean Davy du Perron, archevêque de Sens, mort en 1621,
vraisemblablement de la peste, à Montauban.

Baie 132, détail : saint Alpaïs dans le trilobe ((XXe siècle).
Fenêtre haute de la nef.

Christ en croix dans la nef.
Ce Christ en croix est une sculpture en bois, datée du XVe siècle. Sa présence dans la cathédrale est inexpliquée car
son style évoque l'est de la France et l'Allemagne.

Le mausolée des frères Davy du Perron.
Il aurait été conçu sur l'ordre de Richelieu, déçu de voir qu'il n'y avait aucun monument à leur gloire dans la cathédrale de Sens. L'auteur en pourrait être Michel Bourdin, sculpteur à Orléans. Source : Sens, première cathédrale gothique, éditions A˜Propos.

Qui est le «maître de Sens» ?
On appelle ainsi le maître maçon en charge de la construction de la cathédrale au début du XIIe siècle. À l'heure actuelle, le nom de ce talentueux bâtisseur reste inconnu. Cependant, en 1907, à l'occasion du Congrès archéologique tenu à Avallon, l'historien Charles Porée en attribue la paternité à Guillaume de Sens.
Charles Porée fait démarrer la construction de l'édifice aux environs de 1125 sous l'épiscopat d'Henri le Sanglier. Il ajoute ensuite dans son mémoire : «Un chroniqueur anglais de la seconde moitié du XIIe siècle, Gervais de Cantorbéry, nous rapporte que, le chœur de la cathédrale de cette ville ayant été incendié en 1174, le Chapitre fit venir pour le reconstruire un architecte du nom de Guillaume de Sens. On a conclu avec vraisemblance que ce Guillaume, dont la réputation avait passé la mer, était le maître de l'œuvre de la cathédrale de Sens. L'étranger auquel fit appel le Chapitre de Cantorbéry devait en effet avoir fait ses preuves et, pour ainsi dire, s'imposer. Cette hypothèse séduit d'autant plus que le célèbre Thomas Becket, pendant les années de son exil en France (1164-1170), séjourna longtemps à Sens et y put apprécier le talent de l'architecte de la cathédrale, dont la construction touchait à sa fin. N'est-il pas plausible de supposer que les chanoines de Cantorbéry, obligés de recourir à un homme de l'art, s'adressèrent précisément à celui dont leur ancien archevêque leur avait vanté la maîtrise ?»
Charles Porée continue avec une comparaison des chœurs des deux édifices, Sens et Cantorbéry, très proches l'un de l'autre, afin d'achever de convaincre le lecteur avec un argument purement architectural.
Se pose la question de l'âge de l'architecte. Si l'on est «homme de l'art» en 1125, choisi par l'archevêque, donc avec une certaine expérience, peut-on encore l'être en 1175 ? Évidemment non, et il est curieux que Charles Porée n'ait pas pensé à cet argument.
En 1928, dans sa petite monographie de la cathédrale de Sens, le très érudit chanoine Eugène Chartraire fit un sort à cette erreur bien primaire. On lit en effet sous sa plume : «On sait qu'un architecte sénonais fut choisi, en 1175, parmi de nombreux concurrents, pour relever la cathédrale de Cantorbéry ruinée par un incendie. Guillaume de Sens accomplit ce prodige de construire, en cinq ans, à Cantorbéry une seconde cathédrale de Sens, tout en conservant les parties de l'édifice ancien que le feu avait respectées. On a cru pouvoir attribuer également à Guillaume la cathédrale de Sens ; mais cette hypothèse, qu'aucun texte ne justifie, est invraisemblable. Certainement Guillaume travailla à l'achèvement de Saint-Étienne de Sens. Mais, à moins de lui prêter une longévité extraordinaire, il ne saurait être l'architecte, déjà assez expérimenté et assez hardi pour oser s'écarter des méthodes traditionnelles, qui en 1130 jetait les fondements de la cathédrale de Sens. S'il vivait encore en 1179, cet homme devait être d'un âge bien avancé. Or, à cette époque, Guillaume de Sens était encore dans la force de l'âge : il dirigeait lui-même le chantier de Cantorbéry puisqu'il tomba d'un échafaudage et dut revenir en France où il mourut en 1180.»
Conclusion : on ne connaît pas le nom de l'esprit visionnaire qui a conçu les plans de la cathédrale Saint-Étienne de Sens au début du XIIe siècle.
Sources : 1) Congrès archéologique tenu à Avallon en 1907 (74e session), article sur la cathédrale de Sens par Charles Porée ; 2) La cathédrale de Sens par Eugène Chartraire, collection Petites monographies des grands édifices de la France, 1928.


Baldaquin du monument des Salazar, érigé en 1515
par l'archevêque Tristan de Salazar.

Retable de l'autel de Jean de Salazar et de
Marguerite de la Trémoille, son épouse.
Début du XVIe siècle.

L'Assassinat de l'archevêque de Canterbury par quatre chevaliers normands
Huile sur toile de Camille Bouchet (1799-1890).

Un enfant pleureur.
Mausolée des frères Davy du Perron,
début du XVIIe siècle.

Vierge à l'Enfant par Guillaume Chaleveau
Retable de l'autel des Salazar (XVIe siècle).

Statue de saint Étienne
par Guillaume Chaleveau.
Retable de l'autel des Salazar
(XVIe siècle).

Vierge à l'Enfant par Guillaume Chaleveau, détail.
XVIe siècle
Tombeau de Jean de Salazar et de Marguerite de la Tremoille
C'est sans aucun doute l'une des plus belles œuvres de Guillaume Chaleveau.
On remarquera que la Vierge est coiffée d'un chaperon.

Le monument des Salazar.
Sur le côté nord de la nef se dresse un monument assez curieux, constitué de deux pièces en vis-à-vis : un baldaquin surmonté d'une statue sans tête et un magnifique retable d'autel.
L'ensemble d'origine a été érigé par l'archevêque Tristan de Salazar (1474-1519) pour servir de sépulture à ses parents (qui n'ont en fait jamais reposé à cet endroit).
Dans le passé, le chapitre d'une église vendait l'espace autour des colonnes des bas-côtés pour que les heureux acheteurs y créent une chapelle privée. Il vendait d'ailleurs aussi l'espace entre les arcs-boutants dans le même dessein (voir l'église Notre-Dame à Dole). Cette chapelle des Salazar, adossée à une pile forte, est la seule qui subsiste dans la cathédrale. Les autres ont disparu au XVIIIe siècle.
C'est en 1493 que Tristan Salazar donna les fonds nécessaires afin de célébrer deux messes quotidiennes pour le salut de l'âme de ses parents. On construisit d'abord l'autel contre le pilier de la nef, puis une table de marbre sur quatre piliers, avec les statues de son père et de sa mère.
En 1514, le sculpteur Guillaume Chevaleau réalisa, pour le retable du pilier, trois grandes figures (saint Jean-Baptiste, saint Étienne et une Vierge à l'Enfant), ainsi que huit plus petites.
Deux des grandes figures subsistent : la Vierge et saint Étienne. Une statue de saint Savinien remplace celle de saint Jean-Baptiste, volée en 1534. (Plus tard, c'est la statue de remplacement qui a aussi été dérobée). Ces statues sont surmontées de trois dais somptueusement sculptés dans la pierre. L'auteur de ce chef-d'œuvre est inconnu.
La statue sans tête sur le baldaquin représente Jean Salazar, le père de l'archevêque. La statue de son épouse a disparu.
Source : Sens, Première cathédrale gothique, éd. A˜Propos.


Détail d'une colonne du baldaqin décorée d'étoiles et de feuilles de nénuphar (blason des Salazar)

Les anges nourrissant la Sainte Famille
Huile sur toile de Louis Boulanger (1806-1867).

Retable de l'autel des Salazar, vue partielle.

Retable de l'autel des Salazar.
La Vierge à l'Enfant et saint Étienne (à droite) sont du sculpteur Guillaume Chaleveau (vers 1514).
La statue de saint Savinien (à gauche), d'un sculpteur inconnu, est du XVIIe siècle.
Les statues sont surmontées de trois magnifiques dais qui sont une véritable dentelle de pierre (dont l'auteur reste inconnu).
Le médaillon en haut à droite donne un extrait du culot de la statue de saint Étienne : un «petit génie» étrangle deux serpents. Est-ce une allusion à Hercule nourrisson, terrassant les serpents que la déesse Héra avait glissés dans son berceau ?

LE RETABLE DE LA PASSION (CHAPELLE DU DÉAMBULATOIRE)

Le retable de la Passion dans la chapelle Saint-Martial.
Œuvre de 1531 attribuée à Nicolas Gaudinet.

Le retable de la Passion (1531).
Ce retable, situé dans la chapelle Saint-Martial du déambulatoire, est l'une des plus belles œuvres d'art de la cathédrale. Malheureusement la chapelle Saint-Martial est fermée par une haute grille. Il est impossible d'approcher l'œuvre de près. Et toutes les photos présentées ici sont prises de biais !
Le retable a été exécuté en 1531. La date est sûre (elle est gravée sur un pilastre de l'entablement), mais l'artiste est incertain : l'œuvre est seulement «attribuée» à Nicolas Gaudinet qui dirigeait les tailleurs de pierre lors de la reconstruction de la tour sud. Ce même Gaudinet est d'ailleurs l'auteur du campanile qui coiffe la tour de pierre. Ce campanile a été achevé en 1535.
L'autel devant le retable est de la fin du XIXe siècle.
Le retable est une pièce imposante : 2,50 mètres de large pour 2 mètres de haut. Il présente dix bas-reliefs de la Passion. Un détail suscite l'intérêt : conformément à sa formation «à l'antique» (ce qui était un style fraîchement arrivé d'Italie), l'artiste a retenu l'ornement antique traditionnel (architrave-frise-corniche) pour le haut, pour le bas et pour la séparation des deux registres.
Les panneaux sont séparés horizontalement par d'élégantes sculptures des apôtres sous des dais, tandis que le Christ sur la croix est entouré de la Vierge et de Jean.
D'après les sources, les révolutionnaires, jamais à cours de vandalisme, auraient utilisé ce chef-d'œuvre en le retournant, pour en faire un marchepied ! Ce qui aurait détérioré maintes sculptures fragiles.
Le retable a bénéficié d'une restauration importante au XIXe siècle. Certaines parties détériorées ont été complétées avec du plâtre recouvert d'un enduit rouge, lui-même recouvert d'une peinture de couleur pierre.
Source : Sens, Première cathédrale gothique, éd. A˜Propos, article de Bernard Brousse.


Marie-Madeleine au pied de la croix.
Retable de la Passion, 1531.

Registre supérieur du retable de la Passion.
Daté de 1531, ce retable de pierre est attribué à Nicolas Gaudinet
De gaucha à droite : la Cène, l'Arrestation de Jésus, la Flagellation.
LES BAS-CÔTÉS DE LA CATHÉDRALE SAINT-ÉTIENNE

Le bas-côté nord vu du transept et sa suite de chapelles du XIXe siècle.
Cette suite de chapelles «néo-romanes» est le résultat du saccage architectural d'Adolphe Lance à partir de 1858.
Les grandes verrières au-dessus de l'arcature datent de la même époque.

Les bas-côtés et les chapelles latérales de la cathédrale Saint-Étienne.
Ces bas-côtés et ces chapelles ont une histoire. Dans la photo ci-dessus, on constate que les chapelles des bas-côtés (ici, au nord) ne sont pas conformes à tout ce que l'on voit ailleurs. En général, les bas-côtés d'une cathédrale médiévale française sont bordés de hautes chapelles avec des voûtes élevées, parfois barrées par des grilles. Ici, on observe une suite d'ouvertures à trois petites arcades en plein cintre qui donne une étrange impression de cellules de reclus.
Au Moyen Âge, dans toute église de bonne taille, une fois la construction achevée, on organisait une vente d'espaces : celui autour des piliers des bas-côtés et, à l'extérieur de l'édifice, celui compris entre les arcs-boutants. Parfois, ces espaces étaient vendus sur plan, avant même le début des travaux (ce qui permettait d'en financer une partie). On aboutissait de la sorte à deux catégories de chapelle : dans les bas-côtés, les chapelles de pilier ; sur les bords des bas-côtés, les chapelles d'enceinte.
La toile Intérieur d'église de Hendrick II van Steenwick (vers 1580-1649) au musée des Beaux-Arts de Cambrai en donne un bon aperçu.
C'est bien ce qui se produisit au XIVe siècle dans la cathédrale de Sens. De multiples documents et dessins anciens sont là pour l'attester. On sait ainsi que les chapelles des bas-côtés avaient une voûte aussi élevée que celle des collatéraux et qu'elles possédaient une grande verrière à remplage gothique. En fait, elles étaient à l'image des chapelles que l'on peut voir au flanc du déambulatoire et qui datent de la même époque (cf les chapelles Saint-Martial et Sainte-Apolline).
L'histoire des chapelles actuelles commence avec Adolphe Lance en 1858. Cet architecte, désigné pour poursuivre les restaurations à la suite du décès précoce de son prédécesseur, alerta l'Administration sur l'état de dégradation de ces chapelles (ce qui d'ailleurs avait déjà été signalé au XVIIIe siècle).
Ensuite, la redoutable et consternante école de «l'unité de style», initiée par Viollet-le-Duc (et dont Lance était un adepte), décida de frapper un grand coup. Constatant la présence d'arcatures romanes de faible hauteur dans le déambulatoire, notre architecte eut l'idée d'implanter la même architecture dans les bas-côtés. Une série de grandes verrières dominerait cette arcature sur le mur gouttereau (ce que l'on voit en effet dans la photo ci-dessus). Pour ce faire, il détruisit les chapelles médiévales, d'abord au nord, à partir de 1858, puis - l'unité de style étant un dogme - au sud, à partir de 1863. Le Bulletin monumental signale que ces chapelles sud avaient été restaurées quelques décennies plus tôt...
Des protestations énergiques s'élevèrent de toutes parts, mais Adolphe Lance n'en tint aucun compte. Ni l'épiscopat, ni la Société archéologique n'avaient été consultés. Pour le besoin du culte, Lance éleva des chapelles latérales entre les arcs-boutants et ajoura l'arcature néo-romane. Mais ces chapelles, dépendantes de la hauteur de l'arcature, ont une voûte si basse qu'elles en deviennent ridicules.
Conséquence sur l'architecture externe : l'élévation des côtés, qui était depuis l'origine à deux niveaux, est passée à trois niveaux (voir photo plus haut). Saint-Étienne de Sens est l'une des rares cathédrales de France où ce que l'on voit de l'extérieur ne correspond pas du tout à ce qu'a construit le Moyen Âge.
Les grandes verrières au-dessus de l'arcature néo-romane occupent un espace qui était autrefois la partie haute de l'entrée des chapelles médiévales, tel qu'on le voit dans les chapelles Saint-Martial, Sainte-Apolline et Saint-Thomas-Becket du déambulatoire.
De la sorte, le visiteur actuel de la cathédrale doit savoir qu'il a sous les yeux, dans les bas-côtés, l'image d'un saccage opéré au XIXe siècle par un restaurateur dogmatique, sans aucun accord des autorités religieuses ni des archéologues officiels.
Ajoutons que la société Gérente reçut la commande des vitraux du côté nord et l'atelier d'Édouard Didron, de ceux du côté sud. Ces verrières (voir ci-contre) sont des pastiches des XIIe et XIIIe siècles.
Dans l'ouvrage des éditions A˜Propos sur la cathédrale de Sens, l'historien Bernard Brousse livre un épisode cocasse d'histoire fiction. En janvier 1865, un membre de la société archéologique de Sens, à l'humour aiguisé, s'imagina un siècle dans le futur. Il rédigea un rapport, daté de janvier 1965, annonçant une fin de travaux originale : à la satisfaction de tous, les chapelles de Lance étaient - enfin - entièrement détruites et remplacées par les chapelles du XIVe siècle, reconstruites à l'identique. Bernard Brousse fait remarquer que ce n'était là qu'anticiper sur les «dérestaurations» entreprises au XXe siècle.
Sources : 1) Bulletin monumental, La cathédrale de Sens, 1982 ; 2) Sens, première cathédrale gothique.


Chapelle latérale créée par l'architecte Adolphe Lance dans un bas-côté (entre 1858 et 1863).
En général, ces petites chapelles contiennent un autel et une statue, mais elles sont toutes fermées par des grilles.
UNE CURIOSITÉ DE LA CATHÉDRALE : LES RETOMBÉES DES NERVURES D'OGIVES

L'architecture de la voûte des bas-côtés.
La cathédrale de Sens appartient au gothique primitif, une époque où les maîtres maçons ne suivaient pas encore des règles architecturales clairement définies, des règles qui seront regardées plus tard comme la marque du bon goût. En se promenant dans les bas-côtés de la nef, le visiteur pourra remarquer un décalage dans les retombées des voûtes d'ogives, côté mur gouttereau (photo B ci-contre) : la nervure d'ogive ne retombe pas au niveau des retombées de l'arc doubleau et du formeret. Cette nervure d'ogive se termine d'ailleurs par un amusant grotesque (on en donne une série plus bas).
La photo A ci-contre présente le type traditionnel de la retombée d'ogive, celui que tous les visiteurs d'églises connaissent : un large tailloir reçoit - au même niveau - toutes les retombées. Dans les bas-côtés de la nef de Saint-Étienne, les retombées sont de type «traditionnel» sur le côté nef, et de type «décalé» sur les murs extérieurs. La photo ci-dessous, prise dans la bas-côté sud, donne un aperçu global de ce «décalage».
Pourquoi cette différence ? L'architecte s'est-il trompé dans ces mesures lors de la construction et a-t-il été obligé de réparer son erreur par ce repentir ? On aura déjà une idée de la réponse si l'on note que, à la cathédrale de Sens, ce décalage dans les retombées a d'abord été introduit dans le déambulatoire (construit avant la nef), puis reproduit plus tard dans les collatéraux.
Le Bulletin monumental de 1982, sous la plume de Jacques Henriet, nous apporte les réponses.
Premier constat : si la nervure d'ogive ne tombe pas sur le tailloir, c'est qu'il n'y a pas de colonnette correspondante montant du sol et s'arrêtant au tailloir, alors qu'il y en a une pour l'arc doubleau et une autre pour le formeret (voir photo B ci-contre). Jacques Henriet écrit : «l'absence, dans les piles, de colonnettes montant de fond et destinées à recevoir les nervures d'ogives, n'implique nullement que l'utilisation de celles-ci soit le résultat d'un repentir. En effet, à l'heure où se mettent en place les nouvelles techniques et où s'ébauche une nouvelle conception de l'espace, la logique constructive qui triomphera plus tard n'a pas encore toute sa rigueur.»
Cette association nervure d'ogive-colonnette ne deviendra la règle que plus tard, une fois l'art gothique parvenu à l'âge classique. Dans le gothique primitif, ce «décalage» s'observe dans des églises de Provins, de Saint-Germer-de-Fly, de Montargis ou encore d'Étampes.
Ainsi, à Sens, le nouveau style n'est pas encore devenu un système qui s'impose à tous - sous la marque du bon goût. Le Bulletin ajoute que le Maître de Sens, «s'il se révèle révolutionnaire dans un certain nombre de domaines, n'en n'a [sic] pas moins été formé dans ce monde roman où la voûte d'arêtes d'un emploi très courant est utilisée avec une extraordinaire souplesse et comporte rarement des colonnettes de retombées.»
L'architecte du déambulatoire a donc utilisé son savoir roman en installant des culots pour les retombées de nervures d'ogives. Trente à quarante ans plus tard (vers 1160), les maîtres d'œuvre qui prirent sa suite observèrent le même principe dans les bas-côtés, alors que, nous apprend le Bulletin monumental, dans les années 1160-1170, ce procédé tendait à devenir archaïsant. Pourquoi cette volonté de coller au passé ?
Le chanoine Eugène Chartraire, dans sa Petite monographie de la cathédrale de Sens, apporte sa réponse personnelle : en se refusant à mettre en place, côté mur extérieur, un système de colonnettes apte à recevoir toutes les retombées (ce qu'il a fait côté nef), l'architecte souhaitait peut-être ne pas rétrécir les nefs latérales par des piles trop compliquées et trop saillantes.
On peut voir les choses plus simplement : l'architecte des bas-côtés de la nef aura voulu rester fidèle à son prédécesseur et, en même temps, assurer un minimum d'unité architecturale.
Le Bulletin monumental nous donne une réponse bien ancrée dans le XIIe siècle : «Il serait vain d'épiloguer sur les causes de cette fidélité : simple conservatisme ou respect de l'admirable équilibre des volumes défini au début des travaux et de tous les éléments structurels qui y contribuaient ; mais il faut souligner son caractère exceptionnel dans cette période de mutations rapides et d'invention foisonnantes.»
Voir le complément de cette analyse architecturale à la page 3 dans la présentation du déambulatoire.
Sources : 1) Bulletin monumental, La cathédrale de Sens, 1982 ; 2) La cathédrale de Sens, collection des Petites monographies des grands édifices de la France par Eugène Chartraire, 1928.


Élévations nord vues du chœur.
Deux des monuments de la Renaissance sont visibles :
la chapelle Salazar et le mausolée des frères Davy du Perron.

Saint Fiacre et quatre épisodes de la vie de saint Fiacre
Atelier Gérente, 1862
Chapelle Saint-Fiacre.

Vitrail de la chapelle latérale Saint-Sulpice.
Atelier Alfred Gérente, 1862.

Baie 111, détail :Moïse et les Tables de la Loi dans le trilobe.
Fenêtre haute du chœur, XIIIe siècle.
UNE CURIOSITÉ DE LA CATHÉDRALE :

LES RETOMBÉES DES NERVURES D'OGIVES

Photo A - Large tailloir traditionnel à la retombée des voûtes
vu dans le collatéral sud de la cathédrale du côté du vaisseau central.
Arc doubleau, «formeret» et nervure d'ogive tombent au même niveau.

Photo B - Tailloir et nervure dans le collatéral sud sur le mur gouttereau.
La nervure d'ogive ne tombe pas au même niveau
que l'arc doubleau et le formeret.

Le bas-côté sud et les retombées des voûtes.
Les nervures d'ogives ne retombent pas sur les tailloirs (une caractéristique du gothique primitif).
TÊTES DE GROTESQUES SUR LES RETOMBÉES DES NERVURES D'OGIVES DANS LE BAS-CÔTÉ SUD (XIIe siècle).

Documentation : «Sens, première cathédrale gothique», éditions À PROPOS 2014
+ «Les vitraux de la cathédrale de Sens», éditions À PROPOS 2013
+ «La cathédrale de Sens» d'Eugène Chartraire, Petite monographie des grands édifices de la France, 1928
+ «Congrès archéologique tenu à Avallon en 1907» (74e session), article sur la cathédrale de Sens par Charles Porée
+ «Bulletin monumental, La cathédrale de Sens», 1982
+ «Corpus Vitrearum, Les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté et Rhône-Alpes», Éditions du CNRS
+ «Les origines du culte des martyrs», Hippolyte Delehaye, Bureaux de la société des Bollandistes, Bruxelles, 1912.
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