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Page créée en 2011
et enrichie en nov. 2014
Porcelaine de Sèvres
Musée de Céramique
de Sèvres
Porcelaine de Sèvres
Musée de Céramique
de Sèvres
Porcelaine de Sèvres
Musée de Céramique
de Sèvres
Porcelaine de Sèvres
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Musée de Céramique
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Porcelaine de Sèvres
Musée de Céramique
de Sèvres
Assiette de porcelaine de la manufacture Nast à Paris

Dans la visite de Paris, le musée de céramique de Sèvres est une étape incontournable. Sur deux niveaux, on y trouve des céramiques de la Renaissance, des majoliques, de l'art islamique, des faïences de Delft, en passant par les faïences françaises (Moustiers, Strasbourg, Rouen, etc.)
Pour les yeux, le meilleur - et le plus avancé technologiquement - est au premier étage : collections de biscuits, de vases, d'assiettes et autres depuis l'époque de Vincennes (avant l'installation de la manufacture à Sèvres en 1756) jusqu'au XXe siècle. Cette page propose des photos de quelques objets de porcelaine et de faïence ainsi que des vues des salles et des vitrines du musée. On peut voir aussi de la porcelaine de Sèvres au musée de Rouen.

"Le Parnasse de Russie", biscuit de Sèvres, détail
LA FAÏENCE AU NIVEAU 1
Céramique hispano-mauresque
Céramique hispano-mauresque et majoliques italiennes, XVe-XVIIe siècles.
Majolique Urbino
Majolique Urbino «Icare tombant».
Céramique islamique d'Iran 3 plats de céramique d'Iznik
.

CI-DESSUS,  Trois plats de céramique d'Iznik, Turquie, époque ottomane (vers 1490-1580).

«««---   Vitrine de céramique islamique d'Iran
Époques safavide et Qadjar, XVe-XIXe siècles.

Pichet en Grès du XVIe siècle provenant d'Allemagne.   ---»»»

Pichet en grès
Faïence hispano-mauresque
Faïence hispano-mauresque XVIe-XVIIe siècles.
Majolique Urbino
Majolique Urbino, école de Xanto
vers 1535-1540.
Plat à décor polychrome représentant Jupiter et Sémélé
Voir la page sur les majoliques au musée du Louvre sur ce site.
Majolique Urbino
Majolique Urbino
Plat à décor polychrome.
Majolique italienne
Majolique italienne Faenza, décor à compendiario (à la palette restreinte au bleu et jaune) 2e moitié XVIe siècle.

Faenza
Coupe à décor polychrome sur fond bleuté
« Homme à genoux à la lisière d'un bois»
Faenza, vers 1520-1530.

Terre vernissée, petite fontaine
Terre vernissée
Petite fontaine
Origine : Saintonge.
Salle des poteries antiques et des terres vernissées
Salle des poteries et des terres vernissées.

Fontaine d'applique en forme de façade de cathédrale ---»»»
Terre vernissée
Malicorne (Sarthe)
Vers 1830
Fontaine d'applique, terre vernissée
LA FAÏENCE ET LA PORCELAINE AU NIVEAU 2
Le grand escalier
Le grand escalier paré de ses plaques de porcelaine.
À DROITE, le Salon des vases en porcelaine de Sèvres ---»»»
Le Salon des vases en porcelaine de Sèvres
Vase étrusque
Vase étrusque dit des «Chasses royales historiques».
Vases et plaque de porcelaine
Vases et plaque de porcelaine.
«««--- SALON DES VASES EN PORCELAINE DE SÈVRES ---»»»
Vase XIXe siècle
Sèvres, vase du XIXe siècle.
porcelaine de Sèvres, vitrine
Assiettes et biscuits de porcelaine de Sèvres dans une vitrine.
porcelaine de Sèvres, vase
Vase «Afrique»
Porcelaine de Sèvres.
porcelaine de Sèvres, assiette de porcelaine
«Dragueur mû par la vapeur»
Assiette du service des arts industriels.
L'aile des assiettes de ce service est ornée d'une composition géométrique.
porcelaine de Sèvres, vitrine
Un aperçu d'une salle du premier étage avec, au premier plan, un vase décoré de scènes mythologiques.

Le service des Arts industriels est l'un des plus beaux services d'assiettes de la manufacture de Sèvres. Historiquement, c'est l'un des plus utiles aussi. Il a été créé entre 1820 et 1835 à l'initiative d'Alexandre Brongniart, alors directeur de l'établissement. Sous la Restauration, un véritable progrès technologique commence à poindre. Le but de la collection est d'illustrer ce progrès par des vues d'ateliers ou de plein air où s'activent des artisans et des ouvriers. Il y a cent huit assiettes. Cent huit dessins portent ainsi témoignage d'une époque et de ses techniques. Au XIXe siècle, le palais du Louvre accueillait tous les trois ans (puis tous les cinq ans) une exposition des produits de l'industrie. Ce service de Sèvres illustre tout à fait cet esprit de culture technologique.
La Manufacture possédait un peintre de grand talent : Jean-Charles Develly (1785-1849). Il créa les compositions et les réalisa. Sans s'inspirer des gravures qui

existaient sur ces thèmes, il partit de l'observation précise des métiers et de l'activité des artisans. Son art lui permit d'aboutir à de vrais petits chefs d'œuvre très riches de détails. L'activité des porcelainiers de Sèvres ne fut d'ailleurs pas oubliée dans la collection : elle compte plusieurs assiettes consacrées au travail de la Manufacture.
En plus des cent huit assiettes, le service comprenait seize compotiers, quatre corbeilles, deux glacières, etc. Aucun acheteur ne fut intéressé. En 1836, le roi Louis-Philippe l'offrit au prince de Metternich.
Ajoutons que les assiettes de ce service peuvent aujourd'hui encore être commandées auprès de la Manufacture. Elle compte toujours dans ses rangs des artistes, peintres sur porcelaine, capables de reproduire le savoir-faire de Jean-Charles Develly.
Source
: Panneau du musée.

Porcelaine de Sèvres : couverte et encastage
Fabrication des draps : dégraissage, laineries.
Service des Arts Industriels.
Charpentier, opérations diverses
Fondeurs d'or et d'argent
Service des Arts Industriels.
Porcelaine de Sèvres : sculpteurs et garnisseurs
Verrerie - Bouteilles de Sèvres
Service des Arts Industriels.

La verrerie de Sèvres. L'image de droite, ci-dessus, n'est autre qu'une illustration de la verrerie qui se trouvait au Bas-Meudon, à quelques centaines de mètres de la Manufacture. On doit la création de cet atelier à la marquise de Pompadour dans les années 1750, après son rachat d'une partie de la Seigneurie de Sèvres, toute proche de son château de Bellevue. L'établissement deviendra cristallerie en 1835 et fermera ses portes en 1932.
Le musée d'Art et d'Histoire de Meudon expose une toile du peintre Louis Tauzin (1842-1915) qui illustre le travail effectué par les souffleurs du même atelier. Intitulée La verrerie de Sèvres au Bas-Meudon, elle date de 1902 alors que le dessin de Jean-Charles Develly, dans la collection des Arts industriels, date du début des années 1820. D'une illustration à l'autre, le processus de soufflage du verre n'a bien sûr pas changé (c'est toujours le même en ce début de XXIe siècle), la grande salle soutenue par des arcades de pierre non plus.

Porcelaine de Sèvres : couverte et encastage
Porcelaine de Sèvres : couverte et encastage.
Service des Arts Industriels.
Charpentier, opérations diverses
Charpentier, opérations diverses.
Service des Arts Industriels.
Porcelaine de Sèvres : sculpteurs et garnisseurs
Porcelaine de Sèvres : sculpteurs et garnisseurs.
Service des Arts Industriels.
porcelaine de Sèvres, vitrine
Partie d'une grande salle du premier étage. Dans les vitrines, des vases et des biscuits.

À DROITE, Biscuit de Sèvres, Le Parnasse de Russie, 1779, modèle de Boizot.      ---»»»
Surtout du service en porcelaine de Sèvres créé pour Catherine II
Les figures représentent les Arts, les Sciences et les Lettres.
Elles rendent hommage à la souveraine, qui a pris les traits de Minerve.
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres, détail
Le Parnasse de Russie, détail.

La Meurthe - La cathédrale de Pont-à Mousson.
Assiette du service des Départements.
La cathédrale est actuellement l'église Saint-Martin.
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres, détail
Le Parnasse de Russie, détail.

Le service des Départements a été créé de 1824 à 1832. Selon la source consultée, c'est l'exposition des «Produits de l'Industrie» de 1823 au palais du Louvre qui aurait donné à Alexandre Brongniart, directeur de la Manufacture de Sèvres, l'idée de créer un service dédié aux personnages glorieux de chaque département, tout en mettant en exergue une spécificité architecturale ou un paysage. En 1820, Brongniart avait déjà lancé la création du service des Arts industriels pour illustrer les techniques industrielles de son temps.
Quand il créa le service des départements, la France était en pleine polémique sur le découpage administratif du pays. Dès 1790, la Révolution avait supprimé les provinces et les généralités de l'Ancien Régime pour les remplacer par les départements. En 1822, on en comptait quatre-vingt-six. Mais le parti des Ultras, arrivé au pouvoir avec Charles X en 1824, forçait les voiles pour revenir au système ancien. Quoi qu'il en soit, Brongniart retint l'idée des départements auxquels il adjoignit les colonies - ou ce qu'il en restait depuis le traité de Paris de 1763.
En regardant les photos des quatre assiettes du service des départements proposées dans cette page, on s'aperçoit que l'aile n'est pas uniforme ou, du moins, qu'elle ne présente pas une variation de motifs géométriques plus ou moins savants. Chaque aile reprend divers thèmes du département à illustrer : personnages célèbres, caractéristiques arboricoles ou forestières, céréales produites, animaux les plus fréquents, ustensiles des arts les plus pratiqués. Le tout est enrichi d'une suite de guirlandes. Brongniart se refusa à inclure Napoléon Ier dans un médaillon de l'assiette dédiée à la Corse (ci-dessous au centre), sans doute par respect pour les Bourbons, toujours sur le trône.
Il fallait donc créer une liste iconographique en bonne et due forme, une liste plus ou moins savante qui exigeait de se plonger dans les bibliothèques, et arrêter la disposition générale de l'aile de l'assiette. Bref, un travail lourd qui ne se fit pas sans atermoiements ni désaccords, notamment pour les thèmes animaliers et arboricoles des colonies. Contrairement au service des Arts industriels, créé et réalisé par un seul homme (Jean-Charles Develly), Brongniart mit au travail plusieurs de ses artistes sur le projet.
La première assiette terminée fut celle de la Seine-Inférieure avec le château d'Arques, lieu d'une victoire d'Henri IV et choix, sans nul doute, destiné à flatter les Bourbons.

Sortie le 21 septembre 1824, elle est la seule à porter les marques de Louis XVIII, mort ce même mois. Toutes les autres portent l'estampille de Charles X. Le service devait être entièrement terminé pour sa présentation au public lors de l'exposition-vente des produits de Sèvres au Louvre le 1er janvier 1828, exposition privilégiée qui était un héritage de l'Ancien Régime. Là aussi, comme pour le service des Arts industriels, aux assiettes il fallait ajouter des compotiers, des beurriers, des plats à glace, des corbeilles, etc. - bien davantage que pour le premier service. À cette date, soixante-dix-huit assiettes (sur les cent prévues) étaient terminées (certains départements en avaient deux). D'après le journal de Brongniart, en novembre 1828, quatre-vingt-six étaient achevées ; en juillet 1830, quatre-vingt-onze. Le dernier décompte en donnera quatre-vingt-seize.
Restait le problème de la vente de la collection. Pierre Ennès, dans son ouvrage sur ce service de Sèvres [cf source], nous confie que les idées originales de Brongniart rendaient souvent difficile la recherche d'un acquéreur. On a déjà noté que l'aile de l'assiette, avec son fond crème, ses guirlandes et ses médaillons tranchait avec les autres productions d'assiettes de la Manufacture. Elle donne un aspect légèrement surchargé, sans contraste véritable, et on peut la trouver peu engageante. Toujours est-il que Brongniart avait espéré la vendre à Charles X. Son offre ne reçut aucune réponse. Idem avec Louis-Philippe en 1832. La collection était chère, notamment les assiettes. Le prix en était fixé à trois cents francs chacune - une somme élevée à l'époque. En septembre 1848, le président de l'Assemblée nationale prit réception du service, mais le renvoya deux ans plus tard, la dépense étant jugée trop onéreuse. Ce n'est qu'en mars 1852 que l'acquéreur définitif fut enfin trouvé. Le ministère des Affaires étrangères acheta l'ensemble - d'ailleurs considérablement réduit. Les quatre-vingt-seize assiettes plates en faisaient partie. Le service y est toujours. On l'utilise dans certaines grandes occasions.
Ajoutons que les assiettes de ce service peuvent aujourd'hui encore être commandées auprès de la Manufacture de la Cité de la Céramique à Sèvres.

Source
: «Le tour de France en 100 assiettes, le service des départements» par Pierre Ennès, publié par la Réunion des Musées Nationaux.

L'Orne - Château et Hôtel de Ville d'Alençon
L'Orne - Château et Hôtel de Ville d'Alençon
Assiette du service des Départements.
La Corse - Vue d'Ajaccio
La Corse - Vue d'Ajaccio
Assiette du service des Départements.
Les Côtes du Nord - Vue de Guingamp
Les Côtes du Nord - Vue de Guingamp
Assiette du service des Départements.

Sur l'assiette du département de la Corse, donnée au centre ci-dessus, il avait été prévu par Alexandre Brongniart de faire figurer l'empereur Napoléon Ier dans un médaillon. Finalement, le directeur de la Manufacture y renonça - sans doute pour ne pas heurter les Bourbons qui siégeaient alors sur le trône. De fait, l'assiette de la Corse est l'une des plus pauvres en personnages célèbres. On y voit seulement Pascal Paoli et Charles Abratucci.
Source : «Le tour de France en 100 assiettes, le service des départements» par Pierre Ennès.


Le Haut-Rhin - La cathédrale de Colmar.
Assiette du service des Départements.

Indre-et-Loire - Château d'Amboise.
Assiette du service des Départements.

Tarn - Cathédrale et Préfecture d'Albi.
Assiette du service des Départements.

porcelaine de Sèvres, assiette du service des "Petites vues de France"
«Le château de Nantes»
Sèvres, assiette du service des «Petites vues de France».

porcelaine de Sèvres, vitrine
Vitrine d'assiettes de porcelaine. Au-dessus, une série de vases de Sèvres et de Nast.
Table de faïences françaises

La Manufacture de Sèvres possède des assiettes, des plats et des tasses en quantité. Il arrive que, dans une salle
du musée, «le couvert soit mis». CI-DESSUS, une table de faïence française avec deux jolis dindons.

A DROITE, tableau «Corinne au cap Misène» de Gérard (musée des Beaux-Arts de Lyon) revu par      ---»»»
Marie-Victoire Jaquotot, l'un des meilleurs peintres sur porcelaine du XIXe siècle en France.
Ce tableau peint sur une plaque de porcelaine date de 1825.

Corinne au cap Misène, peinture sur porcelaine
Jean-Bart, peinture sur porcelaine
«Jean Bart, chef d'escadre»
Peinture sur plaque de porcelaine par Marie-Victoire Jaquotot, 1836.
Vitrine du musée de Céramique de Sèvres
Vitrine d'assiettes et de personnages en porcelaine de Vienne.
Au-dessus, tableaux translucides peints sur porcelaine. Au centre, deux tableaux de Marie-Victoire Jaquotot, dont «Corinne».
«Portrait de Jules II», plaque de porcelaine
«Portrait de Jules II» de Raphaël
par Marie-Victoire Jaquotot, 1840.
Peinture sur plaque de porcelaine.
«La Maîtresse du Titien», plaque de porcelaine
«La Maîtresse du Titien» d'après le Titien
par Jean-François Robert, 1826.
Peinture sur plaque de porcelaine.
«La Madone dite au Grand-Duc», plaque de porcelaine
«La Madone dite au Grand-Duc» de Raphaël
par Abraham Constantin, 1824.
Peinture sur plaque de porcelaine.

Pourquoi des tableaux reproduits sur plaques de porcelaine?
À la fin du XVIIIe siècle, on commença à prendre conscience du problème que posait la conservation des tableaux. Le temps paraissait avoir une action destructrice jugée irréversible. Il fallait agir et reproduire ces chefs-d'œuvre du passé sous peine de les perdre à jamais. C'était d'ailleurs l'époque où l'imitation était regardée comme un art. Plusieurs voies s'offraient : la copie sur émail, la copie en mosaïque, les copies sur pierres dures et sur marbre, enfin la céramique. Avec son caractère d'absolue inaltérabilité, la peinture sur céramique finit par s'imposer. Les recherches sur les pâtes, les tests sur les «poudres» pour obtenir les meilleures couleurs créaient une émulation vive entre les porcelainiers (notamment parisiens). Cette concurrence acharnée fit croître la qualité des créations à un niveau inaccessible aux autres styles de copies. La céramique tirait ainsi profit de la présence d'artistes de très haut niveau qui, souvent, se disputaient les commandes. On peut citer ainsi Marie-Victoire Jaquotot (1772-1855), considérée comme l'une des plus talentueuses, Abraham Constantin (1785-1855) et Marie-Adélaïde Durand-Ducluzeau. Le musée de Sèvres expose plusieurs de leurs œuvres et certaines sont reproduites dans cette page.
Convaincus de travailler pour la postérité, ces artistes jouissaient d'une réputation flatteuse dans les milieux artistiques et gouvernementaux (la notion de «sauvegarde du patrimoine national» gagnant les esprits dans les ministères). Dans sa thèse de doctorat en Histoire de l'Art, Anne Lajoix cite ce court extrait des Mémoires d'un touriste de Stendhal : «Dans deux cents ans, on ne connaîtra les fresques de Raphaël que par Monsieur Constantin». La perte annoncée des chefs-d'œuvre de la peinture paraissait certaine à tous.
Raphaël - regardé à l'époque comme le maître des maîtres - fut l'un des peintres les plus copiés. Et beaucoup le furent. Le catalogue des œuvres réalisées par Marie-Victoire Jaquotot montre deux grandes familles : les copies des tableaux admirés par les générations ---»»

«La Sainte Famille» d'après Raphaël
«La Sainte Famille» d'après Raphaël.
Peinture sur plaque de porcelaine par Octave Grousset, 1816.
Sainte Thérèse d'après Gérard, détail
Sainte Thérèse d'après Gérard, détail.
Peinture sur plaque de porcelaine par Marie-Adélaïde Ducluzeau, 1829.
«La Belle Jardinière» d'après Raphaël «La Belle Jardinière» d'après Raphaël.
Peinture sur plaque de porcelaine de Marie-Victoire Jaquotot, 1815.

---»» antérieures et les portraits. On trouve ainsi des copies de Raphaël bien sûr, de Holbein, Mantegna, Léonard de Vinci, Rubens, Titien, Mignard, Nattier, Champaigne, Tintoret, van Dyck, van Loo, etc., ainsi que des contemporains comme Quentin de la Tour, Girodet, Gérard et Isabey. Les tableaux étaient ôtés des musées pour plusieurs mois, ce qui n'allait pas sans heurt avec les conservateurs. Évidemment, lorsqu'on demandait à un artiste de confier sa toile à un peintre sur porcelaine, il se sentait très flatté.
Cependant il y avait un obstacle de taille. Outre l'obligation de travailler sur une dimension réduite du fait de la matière utilisée, les contraintes de la peinture sur porcelaine rendaient ces œuvres très chères. En effet, pour obtenir une copie parfaite, il fallait un artiste très habile comme peintre et, en même temps, expert dans l'art de mélanger les «poudres». Car seuls de savants mélanges permettaient d'obtenir des couleurs conformes à celles du modèle. Et dans cet art Marie-Victoire Jaquotot excellait. Si l'on ajoute enfin la possibilité des accidents de cuisson qui réduisaient le travail à néant, on comprend aisément l'envolée des prix... et le désappointement des Pouvoirs publics, commanditaires d'une bonne partie des créations.
La peinture sur céramique connut des heures glorieuses de l'Empire à la Monarchie de Juillet. Puis vinrent les premières découvertes en photographie... L'on comprit alors que cette invention, marquée par des progrès rapides, allait permettre de reproduire les chefs d'œuvre du passé à un coût bien moindre et - par exemple - de se servir à des fins pédagogiques des «copies» qu'on allait en tirer. L'engouement pour la reproduction sur céramique fit place au désintérêt, bientôt accentué par le mépris des artistes, après 1850, envers la copie (un type d'œuvre qui fut désormais exclu du domaine de l'art). Enfin l'oubli s'installa. Les plus grands peintres sur porcelaine, à l'époque de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, sont à présent des inconnus. (Source, voir ci-dessous)

Source : «Marie-Victoire Jaquotot, 1772-1855, Peintre sur porcelaine» d'Anne Lajoix, Société de l'Histoire de l'Art français (Éditions Le Trait d'Union - Florence Hatier)

Le visage de la Vierge ---»»»
On ne peut qu'être admiratif sur le rendu de la porcelaine quand on observe de près le visage de la Vierge. On n'y décèle aucun coup de pinceau car la cuisson les fait disparaître. La peau du visage est ainsi d'une pureté absolue. Les peintures traditionnelles n'offrent jamais cet aspect, à l'exception des œuvres de quelques artistes perfectionnistes qui réalisent des prodiges et qui s'en donnent le temps. La toile de L'Enlèvement des Sabines de Willem van Mieris (1662-1747), visible au musée des Beaux-Arts d'Angers, répond à ces conditions.

«La Belle Jardinière» d'après Raphaël
«Langlacé pinxit», 1829 d'après le Poussin
«Langlacé pinxit», 1829 d'après le Poussin.
Peinture sur plaque de porcelaine fabriquée à Sèvres .

L'engouement pour les tableaux sur plaque de porcelaine, de l'Empire à la Monarchie de Juillet, associé à ce que l'on considérait être un devoir culturel de sauvegarde du patrimoine artistique, conduisit à encadrer ces œuvres aussi somptueusement que les plus beaux tableaux des grands maîtres de la peinture.

Vitrines des faïences françaises (Moustiers, Strasbourg)
Vitrines des faïences françaises (Moustiers, Strasbourg, etc.) au premier étage.
Vitrine
Vitrine du premier étage.
En face, armoire des porcelaines de Vincennes.
Vitrine d'objets des manufactures de porcelaine de Paris, XIXe siècle
Vitrines d'assiettes et de vases des manufactures de porcelaine de Paris au XIXe siècle (Nast, Petit Caroussel, Diehl, etc.).
Assiette 1er Empire, Manufacture Nast
Assiette 1er Empire
Manufacture de Nast
Si vous aimez les biscuits de porcelaine, voir «L'Alliance»
(modèle de Boizot) dans la page de la Préfecture des Yvelines.
Biscuit de porcelaine, "La Beauté couronnée par les Grâces"
Biscuit de porcelaine : «La Beauté couronnée par les Grâces», vers 1775. Modèle de Boizot.
Rappelons qu'un biscuit est une pâte de porcelaine cuite, sans couverte, donc sans émaillage, ce qui lui garantit un aspect mat particulièrement chaleureux.
Vase de Lafosse
Vase de Lafosse, porcelaine dure.
Décor en pâte sur pâte, 1886.
Manufacture de Sèvres.
Les Muses, plaque de porcelaine (détail)
Secrétaire
Plaque de porcelaine avec les muses, détail.
(La plaque entière est donnée ci-dessous.)

Le repos de Diane
Modèle de Boizot.

La toilette de Vénus
Modèle de Boizot.

Ensemble de biscuits de Sèvres.

Apelle et Alexandre
Modèle de Boizot, biscuit de 1906.

Le Sacrifice d'Iphigénie
Modèle de Boizot, biscuit de 1906.

Les Adieux de Pâris et d'Hélène
Modèle de Boizot, biscuit de 1906.

Les Adieux d'Hector et d'Andromaque
Modèle de Boizot.
Assiette du service «A vues diverses» : «le port de Flessingue»
Assiette du service «A vues diverses» : «le port de Flessingue».

Bustes de Louis XVIII et du Comte d'Artois encadrant un superbe
secrétaire où trônent les muses sur une plaque de porcelaine. ---»»»»
Porcelaine de Sèvres, bustes et meuble
Biscuit de Sèvres, "Les mangeurs de raisins"
Biscuit de Sèvres, «les Mangeurs de raisins», vers 1757.
porcelaine de Sèvres, vase
Vase XVIIIe siècle.
porcelaine de Sèvres, vase
Vase de Sèvres
à motif de guirlandes.
porcelaine de Paris, "Vénus et l'Amour"
«Vénus et l'amour»
Biscuit de porcelaine dure
Paris, fabrique de Locré, XVIIIe siècle.

Documentation : Panneaux dans le musée de la Céramique de Sèvres
+ «Marie-Victoire Jaquotot, 1772-1855, Peintre sur porcelaine» d'Anne Lajoix, Société de l'Histoire de l'Art français (Éditions Le Trait d'Union - Florence Hatier)
+ «Le tour de France en 100 assiettes, le service des départements» de Pierre Ennès, publié par la Réunion des Musées Nationaux, ISBN 2-7118-4554-0
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